‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 24 sur 340 · INCINÉRATION · texte numérisé non relu

INCINÉRATION

L incinération est une opération particulière à l’analyse organique; lorsqu on soumet a 1 action d’une haute température les substances organiques

DES OPÉRATIONS CHIMIQUES

qui renferment des principes minéraux, celles-ci sont décomposées : la partie organique est complètement brûlée, tandis que les principes minéraux fixes forment un résidu dans lequel, il est vrai, quelques-uns de ces principes se trouvent avec une composition différente de celle qu’ils avaient primitivement; c’est sur ce fait qu’est basée l’incinération.

Cette opération a par conséquent pour but de séparer les éléments minéraux fixes d’une substance animale des principes organiques, que l’on perd alors avec intention.

L’incinération se pratique soit dans un creuset de platine, soit dans un petit têt en porcelaine. Lorsqu’on a affaire à des corps organiques contenant du phosphore, ainsi qu'à ceux qui renferment des phosphates (et presque toutes les matières animales sont dans ce cas), les cieusels de platine sont facilement endommagés, parce que, sous 1 influence du charbon de la substance en combustion, l’acide phosphorique est facilement réduit à l’état de phosphore, qui forme avec le métal un phosphure de platine trèsfusible. Aussi doit-on généralement préférer les creusets de porcelaine.

On place le creuset avec la substance sur le triangle d’une lampe à gaz,

et on carbonise à une température modérée et en faisant attention à ce que les substances, qui quelquefois se boursouflent beaucoup pendant la décomposition, ne débordent pas le vase.

Lorsqu’on craint que cela n’arrive, on modère immédiatement la chaleur en réglant la flamme. Quand la substance organique est complètement carbonisée, on chauffe plus fortement et l’on élève peu à peu la température jusqu’au rouge sombre. Le charbon brûle plus ou moins complètement; on active beaucoup sa combustion en donnant au creuset une position inclinée, et on facilite l’accès de l’air en plaçant le couvercle horizontalement.

(Fig. 12.) ’

Cette méthode de dosage des éléments minéraux d’une substance organique ne peut être employée que lorsqu’il s agit d une détermination ap

proximative. .

Mais dans les cas où une analyse plus exacte est nécessaire, on doit avoir recours à des méthodes qui permettent de se mettre aussi complètement que possible à l’abri des inconvénients de l’incinération qui vient detre décrite. En effet, sous l’influence d’une chaleur rouge intense et continue, certains éléments de la cendre, comme le chlore et 1 acide sulfuiique, sont volatilisés (l’acide sulfurique est transformé en sulfure métallique par 1 ac-

Fig. 12.

DIALYSE.

tion réductrice du charbon et une partie du soufre du sulfure formé est expulsée sous forme d’acide sulfureux), et pendant l’incinération les éléments minéraux se groupent autrement et quelques-uns d’entre eux se trouvent dans la cendre dans un état autre que celui qu’ils avaient dans la substance primitive.

Dans. les méthodes plus exactes, qui seront décrites avec détails dans la deuxième partie, on carbonise d’abord à une chaleur modérée la substance desséchée, puis on dépouille le charbon des sels solubles (chlorures, phosphates, sulfates alcalins, etc.) en le lessivant avec de l’eau, et on l’incinère ensuite complètement.

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