ANALYSE QUALITATIVE DES LIQUIDES SÉREUX
Pour déterminer la nature des matières albuminoides contenues dans ces liquides, on procède comme il suit, d'après Hoppe-Seyler :
1. On mélange une partie du liquide avec 10 ou 20 fois son volume d’eau, on ajoute goutte à goutte de l’acide acétique très-étendu, puis on fait passer un courant continu d’acide carbonique à travers le mélange et on laisse reposer. S’il se forme un précipité floconneux, le liquide renferme une modification de la globuline ou d’un albuminate alcalin.
2. On sépare le liquide du précipité par décanlation et on le chauffe à l’ébullition. L’apparition d’un coagulum indique la présence de 1 albumine du sérum.
5. On divise en deux parties le précipité obtenu en 1 avec le reste du liquide, et l’on ajoute à une partie quelques gouttes d’une solution concentrée de sel marin; si le précipité se dissout en donnant une solution limpide, le liquide contient de la myosine ou des substances analogues fournissant de la fibrine. Si le précipité ne se dissout pas dans la solution de sel marin, il peut être formé de caséine.
\ l’autre partie du précipité mélangé avec le reste du liquide ( I )■* oïl
ANALYSE QUALITATIVE. 419
ajoute de l’eau acidulée avec 1/10 p. 1 00 d’acide chlorhydrique. Si le précipité se dissout, cela indique également la présence de la myosine ou de substances iibrinogènes, ou même de la caséine.
4. On mélange une partie du liquide séreux avec quelques goultes de sang défibriné (obtenu en exprimant un caillot sanguin) on agite et on laisse reposer pendant 24 heures dans un endroit chaud. Si pendant ce temps, il se produit une coagulation, le liquide contient du fibrinogène.
5. On dissout dans l’eau, en ajoutant une trace de lessive de soude, une partie du liquide à essayer ou celui obtenu en 1, on ajoute de la sérosité péricardique de bœuf, on agite et laisse reposer pendant un jour. S’il se produit une coagulation, si faible qu’elle soit, le liquide contient de la substance fibrinoplastique (paraglobuline).
La présence de la mucine et de la paralbumine dans les exsudations séreuses peut être déterminée convenablement de la manière suivante :
A une partie du liquide on ajoute de Y acide acétique. S’il se forme un précipité insoluble dans un excès d’acide acétique et dans la solution de sel marin, c’est l’indice de la présence de la mucine. S’il y a de la paralbumine, le précipité produit par une goutte d’acide acétique se redissout avec facilité dans le plus petit excès d’acide acétique. Afin de pousser plus loin la recherche de la paralbumine, on précipite une portion du liquide à essayer avec au moins trois fois son volume d’alcool, on filtre, on dissout le précipité dans l’eau et on laisse reposer. Si le liquide examiné renfermait de la paralbumine, on obtient une solution qui reprend peu à peu une consistance visqueuse (Hoppe-Seyler) . (Voy.
du reste, § 44, c).
Les indications nécessaires pour la recherche des autres éléments des liquides séreux, ont déjà été donnés à propos du sang (g 191) et de chacune de ces substances; il nous suffira donc de renvoyer aux paragraphes correspondants.
L’analyse qualitative du pus exige un procédé un peu différent, parce qu’il contient un très-grand nombre d éléments organisés qui lui sont propres (les corpuscules clu pus , fig. 124),
et pour ce liquide, de même que pour le sang, il faut s’efforcer de séparer es éléments réellement dissous de ceux qui n’y sont que suspendus sous oi me de corpuscules. Mais la solution de ce problème rencontre des difficultés analogues à celles qui se présentent pour le sang. Les corpuscules du pus ont une tendance à se précipiter beaucoup plus faible que les "lobules sanguins, aussi ne se déposent-ils que très-lentement; ils peuvent
Fig. 1-24. — Pus devenu acide (on voit, outre les corpuscules de pus un peu gonflés, des cristaux aiguillés d’acides gras et des tables de choléstérine).