ANALYSE DU SUC INTESTINAL
tinales et pour celle raison on ne connaît bien que la sécrétion intestinale des animaux, celle du chien principalement. Cependant, par suite des conditions dans lesquelles se fait l’extraction de ce produit, on n’est pas absolument certain de l'avoir parfaitement pur.
Le suc intestinal du chien, tel qu’il a été extrait, est un liquide peu épais, de couleur jaunâtre, offrant une réaction fortement alcaline et faisant effervescence avec les acides.
Parmi ses éléments chimiques on rencontre un peu d'albumine, des sels inoiganiques, des carbonates alcalins notamment, et des matières organiques imparfaitement connues.
[Suivant Cl. Bernard , le suc intestianl contient un ferment soluble, qui peut en être extrait par 1 alcool avec toutes ses propriétés; ce ferment translorme rapidement le sucre de canne en sucre interverti (mélange de glucose et de lévulose), et on lui a donné le nom de ferment inversif.
V. Paschutin a extrait de la muqueuse intestinale du chien deux ferments, dont l’un (analogue au ferment inversif de Cl. Bernard) transforme le sucre de canne en sucre interverti, et l’autre l’amidon en sucre. Il a isolé ces ferments en suivant la môme méthode que pour la séparation des ferments pancréatiques, en soumettant à la dialyse à travers une paroi d’argile l’extrait aqueux de la muqueuse préparé avec des solutions salines (voyez g 57, page 125). La muqueuse intestinale bien lavée, puis mise en macération pendant quelques jours dans de l’alcool à 95 % et complètement dépouillée de ce dernier, abandonne au chlorate de potasse le ferment qui agit sur le sucre de canne, tandis que l’azotate et le carbonate de soude enlèvent l’agent transformateur de l’amidon. L’action dissolvante des sulfates de potasse et de soude, du phosphate et du bicarbonate de soude est à peu
près égale à celle de 1 eau distillée; le sel de Seignelte ne dissout aucun des deux ferments J.
Dans de pareilles conditions, et comme en outre on n’a pas de renseignements positivement exacts relativement au pouvoir digestif du suc intestinal, on ne peut songer à une analyse qualitative et quantitative exacte de cette sécrétion. Mais si l’on voulait exécuter une pareille analyse, il faudrait avoir recours aux procédés indiqués à propos des liquides séreux.
Appendice.
Analyse chimique des crachats, des matières vomies et des excréments .
L’examen chimique des crachats, des matières vomies et des excréments ne peut comprendre que la recherche ou peut-être aussi la détermination quantitative de quelques-uns de leurs éléments chimiques. Il ne peut être question avec ces substances d’une analyse complète, car elles sont de
ANALYSE des sucs digestifs.
nature très-complexe et toujours variable, les éléments qu’elles renferment varient avec les différentes conditions et, abstraction faite des substances qui s y trouvent à 1 état de dissolution, elles sont mélangées avecles éléments organisés les plus variés : portions de tissus, restes d’aliments, etc. ; en outre, elles ne constituent pas un objet de recherche pur dans le sens chimique, car dans la plupart des cas il est impossible de séparer ces éléments organisés des substances réellement dissoutes et essentielles. Ces objets sont aussi très-variables même dans leurs caractères physiques extérieurs, leur degré de consistance, etc., de sorte qu’il est impossible de comprendre leur histoire dans un même cadre, et encore moins de songer à une méthode générale pour leur étude chimique. Que l’on se rappelle seulement les caractères des excréments normaux et des selles blanchâtres et opalines des cholériques, du mucus bronchique normal et des crachats des tuberculeux, ou des matières vomies après une indigestion simple et par les malades atteints de catarrhe chronique de l’estomac.
L’examen microscopique de ces matières fournit, dans la plupart des cas, au médecin et au physiologiste, des indications plus importantes que l’analyse chimique ; du reste, lorsque celle-ci a un but déterminé, elle ne peut l’atteindre qu’avec le concours de l’analyse microscopique.
Pour ces raisons, nous sommes forcé de ne nous étendre que très-brièvement sur ce sujet, parce que d’une part l’analyse microscopique sort des limites que nous nous sommes imposées et que, d’autre part, les procédés à suivre pour la détermination de chacune des combinaisons qui peuvent se trouver dans ces matières, ont déjà été décrites dans la première partie à propos de ces combinaisons elles-mêmes.
Nous nous bornerons donc à énumérer les éléments microscopiques et chimiques que l’on peut rencontrer dans les crachats, les matières vomies et les excréments, et nous nous contenterons de donner des indications générales sur leur recherche et la marche de l’analyse.