‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 295 sur 340 · ÉLÉMENTS CHIMIQUES DES EXCRÉMENTS · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS CHIMIQUES DES EXCRÉMENTS

Les excréments solides des individus adultes en santé renferment environ 25 pour 100 de matières solides, dont la majeure partiese compose des résidus insolubles des aliments et de sels insolubles : phosphates terreux.

Dans la portion du résidu solide des excréments soluble dans l’eau, l’esprit-de’vin et l’éther on trouve, mais pas constamment, de petites quantités de corps albuminoïdes, des acides gras volatils (acides butyrique et acétique), de Vacide lactique, du sucre quelquefois, de la taurine (Frerichs), des acides et des pigments biliaires (seulement lorsque les aliments ont traversé rapidement le canal intestinal, dans la diarrhée, dans la tuberculose, et lorsqu’il se produit une abondante sécrétion de bile), des produits de transformation des acides biliaires, notamment de Vacide choloïdique et de la dyslisine, de la graisse (quelquefois en quantité considérable et en masses ayant la consistance de la palmitine : selles graisseuses ), de V excrétine , de Vacide excrétoléique , de la stercorine ou séroline \ et des sels solubles, parmi

[> L’excrétine, l’acide excrétoléique et la stercorine sont des produits azotés d’origine encore douteuse.

L ’ excrétine, C78H7SSO*, a été découverte par Marcel dans les excréments humains seulement. Elle cristallise en aiguilles soyeuses insolubles dans l’eau froide et dans l’eau chaude, et qui au contact de l’eau bouillante se transforment en une masse résineuse, molle et de couleur jaune. Elle esta peine soluble dans l’alcool et l’éther froids, mais elle s’y dissout facilement à chaud; les solutions sont complètement neutres. Elle fond à 92 ou 90° en répandant une odeur aromatique. Elle n’est dissoute ni par les alcalis caustiques, ni par les acides minéraux étendus; l’acide azotique bouillant la décompose en dégageant des

vapeurs rouges. .

Marcel a obtenu l’excrétine en épuisant les excrements humains par 1 alcool bouillant et traitant la solution alcoolique filtrée par un lait de chaux; le précipité brun' ainsi produit fut desséché et repris par l’éther, et la solution éthérée laissa déposer des cristaux d’excrétine. — Hinterberger extrait l’excrétine en suivant un procédé différent. Il fait chauffer une grande quantité d’excréments frais avec 90 % d’alcool; la liqueur, filtrée et concentrée laisse déposer, par le repos, une combinaison magnésienne des acides biliaires. Un filtre et au liquide filtré on ajoute un lait de chaux étendu d’eau et on obtient un précipité légèrement brun qui contient l’excrétine. On le lave, on le dessèche et on le reprend par un mélange d’alcool et d’éther. On obtient ainsi l’excrétine brute cristallisée, qui par recrislallisations répétées dans 1 alcool à une température inférieure à 0». peut être obtenue pure. Ce produit ne contiendrait pas de soufre; il serait donc différent de l’excretine de Marcet (C78il'8S02), et il aurait la formule 'C401I5C02), qui le rapproche de ea cho-

lestérine (C46H440). . .. ,

Quand on maintient pendant longtemps au-dessous de 0° la solution alcoolique des ex-

créments il s’en sépare une substance granuleuse verdâtre, qui est. Vacide excrétoléique ; cet acide gras fond à 25 ou 2(5% il est insoluble dans l’eau, mais il se dissout à chaud dans

l’alcool et dans l’éther. , . . , . . , ,

La slcrcoriue de Baudet ou la séroline de F tint, a d’abord ete découverte dans le sang, puis dans les excréments. D’après F Uni, c’est un produit de transformation delà cholestérine • c’est une matière grasse, noire, saponifiable, neutre, inodore, insoluble dans 1 eau,

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lesquels prédominent des phosphates alcalins ; on ne rencontre au contraire que des traces de chlorure de sodium et de sulfates solubles, et plus de potasse que de soude. La portion insoluble dans l’eau, l’esprit-de-vin et l’éther renferme, outre les restes d’aliments, des phosphates terreux et du peroxyde île fer. Dans les selles sanguines et purulentes, on trouve en outre les éléments du sang et du pus.

Apiès I usage du calomel, les selles renferment ordinairement des acides et des pigments biliaires, et presque constamment du sulfure de mercure.

A la suite de 1 usage des préparations de fer ou des eaux ferrugineuses, elles contiennent du monosulfure de fer, et de la quinine, après l’adminislratration de ce médicament.

Les excréments des enfants à la mamelle sont très-riches en graisse et ils renferment ordinairement des acides et des pigments biliaires.

Les tôces des dysentériques et des cholériques doivent être considérées comme des exsudats îles capillaires de l’intestin; celles de la dysenterie sont très-riches en albumine, celles du choléra n’en contiennent au contraire que très-peu, mais elles sont très-riches en sels solubles, surtout en chlorure de sodium. On trouve aussi beaucoup de chlorure de sodium dans les selles typhoïdes, tandis que dans les selles normales il n’y en a pour ainsi dire pas du tout. “

Méconium. — On désigne sous ce nom la matière contenue dans l’intestin grele de I enfant nouveau-né ; le méconium, évacué par l’enfant dans les premiers jours qui suivent sa naissance, constitue une niasse vert brun once presque noire, sans odeur, généralement acide, rarement neutre, et offrant au microscope des épithéliums colorés en vert et des corpuscules colonies; on y a trouvé, comme éléments chimiques, de la graisse, de la cholestenne, des pigments et des acides biliaires. L’alcool enlève au méconium des matières extractives, visqueuses, qui sont probablement des produits de décomposition de la bile. Parmi les sels inorganiques, on trouve beaucoup de phosphate de magnésie et de phosphate de chaux, de V oxyde dejer et du chlorure de sodium, mais les sulfates y font complètement dé-

Determmation des taches de méconium dans les expertises chimico-léqales. Le chimiste est quelquefois appelé à déterminer si des taches qui se trouvent sur du linge sont produites par du méconium.

Les taches de méconium ont une couleur vert brunâtre, et lorsqu’on

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ANALYSE DES SUCS DIGESTIFS

Iroisse le tissu, elles s en détachent assez facilement. A cause de la viscosité du méconium, elles ne traversent pas le linge ; elles sont inodores, et même apiès avoir été humectées avec de l’eau elles n’offrent aucune odeur particulière. Mais lorsqu’on les chauffe avec de l’acide sulfurique étendu, il se dégage une odeur très-sensible, différente de celle des excréments humains.

Elles sont en partie solubles dans l’eau froide, avec laquelle elles donnent un liquide visqueux, jaune vert, neutre, difficile à filtrer, et dans lequel sont répandues des masses brunâtres. La solution se coagule par la chaleur, et 1 acide acétique y produit un trouble qui ne disparait pas avec un excès de léactif, avec 1 acide azotique nitreux, elle donne la réaction des pigments biliaiies, avec 1 q sucre et 1 acide sulfurique , elle fournit avec plus ou moins de netteté, mais jamais tout à fait pure, la réaction de la bile. — Si 1 on traite la tache avec de l’eau, puis avec une lessive de potasse concentrée, on obtient une solution jaune brunâtre trouble, qui, chauffée, dégage une odeur analogue à celle de la bile de bœuf. En traitant les taches par 1 alcool étendu, on obtient une solution jaune verdâtre, qui est précipitée par l’acétate neutre de plomb. Dans le liquide séparé par filtration du précipité plombique, l’acétate ba'sique de plomb produit un nouveau précipité. — L’éther mis en digestion avec les tâches ne se colore pas. L’extrait éthéré, évaporé sur un verre de montre, laisse une graisse incolore.

[En examinant au microscope les taches de méconium, préalablement gonflées dans 1 eau, on aperçoit en suspension du mucus, des granules grisâtres et des granules graisseux ; des cellules prismatiques épithéliales de l’intestin légèrement colorées en jaune verdâtre ; des cristaux lamelleux, minces, incolores, transparents, rhomboïdes isolés ou superposés les uns aux autres (cholestérine) ; des grumeaux ou grains ovoïdes ou polyédriques à angles arrondis, parfois globuleux (bilirubine). Ces grumeaux ou grains de matière colorante de la bile sont remarquables par leur belle couleur verte, lorsqu’ils sont vus par transparence. Cette couleur, qui est trèsimportante pour les déterminer, ne doit point être examinée à la lumière d’une lampe, car alors les grains prennent une teinte violacée ou grise, à reflets violets, qui est moins caractéristique. Leur contour est net, plus pâle que le centre, qui est homogène et quelquefois un peu granuleux. Traités par l'acide nitrique, ils prennent rapidement une teinte rougeâtre, passant bientôt au brun-violet (réaction propre à la matière colorante de la bile)]1.

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