‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 308 sur 340 · ANALYSE QUALITATIVE DE ^EXTRAIT DE LA CHAIR · texte numérisé non relu

ANALYSE QUALITATIVE DE ^EXTRAIT DE LA CHAIR

Dans le liquide obtenu par extraction du tissu musculaire avec de l’eau froide, on a trouvé jusqu’à présent les éléments suivants : albumine soluble, créaline, créatinine, hypoxanthine (sarkine), xanthine, carnine , acide urique , acide inosique (pas constamment), glucose, inosite, lactates et sels d'acides gras volatils, chlorures alcalins et phosphates alcalins acides.

Dans la chair du cheval on trouve, en outre, de la dextrine (pas constamment), dans la chair des poissons de l’urée, de la taurine, de l'acide pratique et de la scyllite.

a. — Recherche de la créaline.

On délaye avec de l’eau froide de la chair contenant aussi peu de graisse que possible et finement divisée (à l’aide d’une machine à hacher), on la laisse macérer pendant environ une heure, puis on décante l’eau, on arrose encore une fois la masse avec de nouvelle eau, on laisse encore macérer et on jette le tout sur une tuile à filtrer, on réunit la colature avec le premier extrait aqueux, à l’aide d’une presse on exprime avec soin la matière restée sur la toile, et l’on ajoute le liquide ainsi obtenu aux extraits aqueux.

On obtient ainsi un liquide plus ou moins coloré en rougeâtre, trouble et généralement faiblement acide; si par le repos il se forme une couche de graisse à sa surface, on l’enlève. mécaniquement. On chauffe ensuite tout le liquide dans une chaudière étamée, en le portant rapidement à l’ébullition, on le retire du feu, on le passe à travers une toile, on exprime bien le coagulum albumineux et l’on filtre sur du papier les liquides réunis. Le liquide filtré ainsi obtenu est clair, peu coloré, et il offre encore une réaction acide.

Afin d’éliminer l’acide libre, on ajoute de l’eau de baryte concentrée, jusqu’à ce qu’il ne se produise plus de précipité ou de trouble. Le précipité formé renferme du phosphate de baryte et un peu de sulfate de baryte, mais il peut aussi contenir de l’acide urique et de l'hypoxanthine ; on le sépare par le filtre et on le met de côté pour le soumettre- à un examen ultérieur. Dans le liquide filtré on fait passer un courant rapide d’acide carbonique, on chauffe à l’ébullition pour précipiter complètement le carbonate de baryte et l'on filtre de nouveau. Leprécipiléde carbonate de baryte doit aussi être conservé.

Le liquide filtré distribué dans des capsules de porcelaine est concentré au bain-marie à une température inférieure à celle de l’ébullition de 1 eau; les pellicules visqueuses, qui se forment pendant l’évaporation, doiventètre enlevées, mais non rejetées. Elles contiennent du carbonate de baryte et

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une matière analogue à la caséine, mais elles peuvent aussi renfermer de l’acide urique et de l'hypoxanthine.

Lorsque le liquide est réduit à environ 1/20 de son volume primitif, et qu’il a acquis une consistance un peu épaisse, on le place dans un lieu chaud et on le laisse se concentrer encore plus. La créatine se sépare peu à peu, partie à la surface, partie au fond du vase sous forme de courtes aiguilles incolores, qui augmentent avec le temps. On les sépare de l’eau mère à l’aide d’un filtre, si c’est possible, on lave avec un peu d’eau, puis avec un peu d’esprit- de-vin et on fait recristalliser dans l’eau. Voyez § 1 12, page 225.

L’eau mère, encore plus concentrée et abandonnée dans un lieu froid (à la cave par exemple), laisse généralement déposer encore des cristaux de créatine, que l’on purifie comme précédemment.

b. — Recherche des acides yras volatils, de l'acide lactique et de Vinosité.

On mélange l'eau mère de la créatine avec de l’acide sulfurique étendu jusqu’à réaction fortement acide, on filtre, s’il se sépare encore un précipité de sulfate de baryte, et l’on soumet le liquide filtré à la distillation en le chauffant au bain de sable à une douce chaleur. Les acides gras volatils qui se trouvent dans le produit distillé : acides formique , acétique et butyrique sont étudiés et séparés d’après le g 70, page 151.

La distillation terminée (on doit l’interrompre lorsque les gouttes qui distillent n’offrent plus une réaction acide), on introduit le résidu dans une éprouvette munie d’un bouchon de verre, et l’on agite à plusieurs reprises avec de l’éther. A l’aide d’une pipette ou d’un entonnoir à séparation, on isole les solutions éthérées de la couche aqueuse inférieure, on les évapore à consistance sirupeuse à une douce chaleur, on traite le résidu avec un mélange d’alcool et d’éther, on chauffe doucement la solution afin de chasser l’éther et on mélange avec un lait de chaux, jusqu’à réaction fortement alcaline ; on chauffe jusqu’à ce que le liquide commence à entrer en ébullition et on filtre. Le liquide filtré laisse déposer peu à peu du lactatedechaux , que l’on étudie d’après le § 86, p. 168.

On mélange avec de l’alcool bouillant la solution aqueuse qui reste après le traitement par l’éther ; s’il se forme un abondant précipité adhérant au fond du vase, on verse sur un filtre la solution alcoolique qui surnagemais s’il se produit une précipitation floconneuse, non visqueuse, on la 'sépare par filtration. S’il y a (dans le muscle du cœur) de Vinosité, elle se sépare dans le liquide filtré.

c. — Recherche de la créatine , de l'hypoxanthine et de la xantkine, d'après

Neubauer.

On mélange intimement avec son poids d eau de la chair finement hachée, on chauffe au bain-marie à environ 60", puis on passe à travers une

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toile, on comprime avec soin le résidu, on le délaye encore avec de l’eau, on passe sur une toile, et l’on presse de nouveau le résidu.

Afin d’éliminer l’albumine, on chauffe les liquides réunis à feu nu en les portant aussi rapidement que possible à l’ébullition et l’on passe. On mélange maintenant avec précaution la colalure complètement refroidie avec de l’acétate basique de plomb, tant qu’il se forme un précipité, et en évitant autant que possible d’ajouter un excès de réactif, on rassemble le précipité plombique sur un filtre et on le met à part. Du liquide filtré on précipite par l’hydrogène sulfuré l’excès de plomb qu’il peut contenir, on filtre et on concentre avec précaution au bain-marie, jusqu’à consistance d’un sirop peu épais. On abandonne le résidu pendant un ou deux jours dans un lieu froid, où la créatine se sépare peu à peu sous forme cristalline. Lorsqu’on remarque que les cristaux de créaline n’augmentent plus, on les lave sur un filtre avec de l’alcool, et on procède ensuite comme en a.

On réunit l’eau mère de la créatine avec l’alcool employé pour le lavage de celle-ci, on chasse l’alcool en chauffantau bain-marie, on étend leliquide, on ajoute de l’ammoniaque jusqu’à réaction alcaline, et l’on précipite la sarkine et la xanthine à l’aide d’une solution ammoniacale d'azotate d’argent. Pour extraire ces deux corps du précipité rassemblé sur un filtre et lavé et les séparer, on procède d’après le § 107, page 216.

d. — Recherche de l'acide urique et de Vinosité.

Lorsque de l’acide urique se trouve dans la chair (on en a rencontré de grandes quantités dans le tissu musculaire de poulets nourris avec de la viande), il est, si l’on procède d’après a, en partie contenu dans les précipités barytiqueset dans les pellicules qui se forment quand on évapore leliquide. Mais une autre portion se sépare aussi, lorsqu’on précipitepar un excès d’alcool l’eau mère de la créatine. Pour extraire cet acide, on réunit les précipités barytiques avec les dépôts produits par l’alcool et les pellicules formées durant l’évaporation, on délaye le tout avec de l’eau et l’on acidifie fortement avec de l’acide acétique concentré. Après un repos de 56 à 48 heures, l’acide urique, s’il y eu a, s’est séparé en même temps qu’un peu de xanthine. On examine le dépôt au microscope, on le traite par l’ammoniaque étendue qui dissout la xanthine, mais qui laisse de l’urate d’ammoniaque, et avec le résidu on produit la réaction de la murexidc (vov. § 92, 1, page 180).

Si l’on a procédé à la recherche de la créatine, etc. d’après e, l’acide urique, s’il est présent, se trouve dans le précipité plombique. Pour rechercher l’acide urique, et en même temps Vinosité, qui peut aussi être contenue dans le précipité plombique, on délaye ce dernier avec de l’eau, on décompose complètement par l'hydrogène sulluré, on filtre pour séparer le sulfure de plomb et l’on concentre leliquide (il tré au bain-marie ; les cristaux d acide urique, que l’on connaît, se séparent peu à peu ; on isole ceux-ci par filtration et l’on évapore le liquide filtré, jusqu a ce qu il se trouble d une manière persistante au contact de l’alcool ; si on mélange ensuite, enchauh

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faut, avec un égal volume d’alcool, le trouble disparait et au bout de quelque temps des cristaux d ’inosite se séparent.

G. Meissner procède de la manière suivante à la i echerclie de l’acide urique dans la cliair du poulet.

On épuise par 1 eau chaude, en exprimant fortement, la chair préalablement hachée. On passe 1 extrait à travers une toile et on le coagule par la ehaleui , en ajoutant une quantité convenable d acide sulfurique; on précipite l’extrait filtré presque incolore avec de l’eau de baryte, on élimine l’excès de baryte par 1 acidesulfurique et on évapore à consistance sirupeuse. Après quelque temps de repos dans un lieu froid, la majeure partie de la créatine se sépare ; on mélange l’eau mère, en chauffant, avec son volume d’alcool ; un précipité brun se forme alors peu à peu et il se sépare encore une assez grande quantité de créatine. Le liquide, isolé du dépôt, est alors de nouveau mélangé a 1 ébullition avec de 1 alcool, et l’on continue ainsi, jusqu’à ce qu’il se produise un trouble persistant dans le liquide bouillant. Abandonné pendant longtemps à lui-même dans un lieu froid, le liquide dépose encore un sirop brun épais avec des cristaux de créatine. La solution, séparée de ce depot, est mélangée avec de l’alcool, jusqu’à ce que le liquide ne produise plus de trouble. Par le repos, il se sépare alors peu à peu une masse jaunâtre, visqueuse, qu’on lave à l’alcool et qu’on dissoul dans l’eau. La solution aqueuse est précipitée par l’acétate de plomb basique, le précipité plomnque est suspendu dans l’eau et décomposé par l’hydrogène sulfuré; la iqueur hltree est concentrée à un petit volume. Au bout de quelque temps

m.Vrn ™0 T d<!pÔt !*“" P"lvél'ulenl- dalls lequel on peut découvrir au microscope de gros cristaux bruns, caractéristiques d’acide urique.

e- — Recherche de la créatinine.

D'après des recherches récenles, il est probable que le liquide musculaire fims ne contienl pas de créatinine, et que dans les cas où l'on a trouvé ce coi (>s, .1 avait pris naissance aux dépens de la créatine sous l’influence du traitement auquel la chair avait été soumise pour la recherche de la eréatine (action de 1 eau de baryte, en suivant le procédé a)

tenueUd'amésCrClnr *? 0,1 “ swl de l'eau mère de la créatine ob-

tenue d api es a. On la concentre, on l'épuise par l'alcool, on concentre la

de zinc’ tXnd " “'V” T'"'6 S°lulio" siruPeuse dechloJe

ae zinc. Au bout de quelques heures, le chlorure de zinc et de créatinine

est séparé sous forme d’une masse cristalline mamelonnée Pour l’élude

deg,a comb.na.son double et sa décomposition nous renvoyons a,I gm!

/. — Recherche du sucre musculaire, d'après G. Meissner.

l’eau de baryte, le^i^uide'n^^ dépo u il lù de‘ l^xcès de ^ T

S*T aj°U'6 aVM PréCaUÜ011’ »“» Palpité d’abord ^par* l'acétate

GOnüP-BfcSANEZ. ANALYSE ZOOCIII1I1QÜE,

ANALYSIS DES TISSUS

neutre de plomb, ensuite par l’acétate basique et enfin par l'ammoniaque et l 'acétate de plomb basique. Le dernier précipité est suspendu dans l'eau et décomposé par l’hydrogène sulfuré; le sulfure de plomb est séparé par le filtre et le liquide filtré est mis en digestion avec de l’acétate de cuivre, afin d’éliminer l’hypoxanthine. Après plusieurs heures de digestion, on filtre de nouveau le liquide filtré, on précipite le cuivre en excès par l’hydrogène sulfuré, ou filtre, on concentre le liquide filtré et on le mélange avec G ou 10 fois son volume d’alcool absolu ; on sépare également par le filtre le précipité ainsi obtenu et on mélange le liquide filtré avec une petite quantité de lessive potasse très-concentrée. Il se sépare peu à peu un précipité contenant du saccharate de potasse. On traite ce précipité par l’acide tarlrique, qui donne naissance à du tartrate de potasse, puis on ajoute de l’alcool, dans lequel le sucre se dissout, tandis que le bitartrate de potasse reste insoluble, et l’on évapore le liquide filtré à consistance sirupeuse. Après un long repos, le sucre se sépare en cristaux.

g. — Recherche de V acide protique et de la tau rine dans la chair des poissons.

L’extrait aqueux préparé à froid de la chair du poisson [Lenciscus rutilus) est dépouillé de l’albumine comme en a et précipité par l’eau de baryte ; le liquide séparé par filtration du précipité barvtique et suffisamment concentré laisse déposer de la créaline. Si l’on mélange l’eau-mère avec précaution avec un acide, elle se transforme en une bouillie, par suite de la formation d’un précipité blanc et floconneux d’acide protique. (Voy. §47, o.) Si au liquide séparé du précipité et concentré de nouveau par évaporation, on ajoute avec précaution de l’alcool absolu, il se précipite d’abord des sulfates, après l’élimination desquels il se sépare bientôt du liquide clair des aiguilles de taurine , dont la quantité augmente encore lorsqu’on ajoute une nouvelle quantité d’alcool absolu. Ces aiguilles doivent naturellement être étudiées d’après le §117.

11 reste en dissolution dans l’alcool : de l’acide lactique, de la sarkine, de grandes quantités de chlorhydrate de créatinine et d’autres substances imparfaitement étudiées.

h. — Recherche de l'urée dans la chair des poissons ( plagiostomes ).

La chair du poisson est broyée avec de la poudre de verre grossière, délayée avec 1 fois 1/2 ou 2 fois son volume d esprit-de-vin et comprimée, le résidu est traité encore une fois avec une petite quantité d esprit-de-vin^ Les extraits obtenus, préalablement filtrés, sont évaporés jusqu’à expulsion de l’esprit-de-vin, les résidus sont repris par l’eau et débarrasses par le filtre des matières grasses qu'ils tiennent en suspension; le liquide filtre est évaporé jusqu’à consistance d’un sirop épais. Ce dernier est traité par ■ l’alcool absolu bouillant, et abandonné à lui-même pendant environ vingtquatre heures; pendant ce temps le liquide se sépare en deux parties : j une solution alcoolique peu colorée et un dépôt brun insoluble.

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La solution alcoolique est d’abord débarrassée de l’esprit-de-vin, par chauffage au bain-marie ; elle est ensuite mélangée avec de l’eau et jetée sur un filtre sur lequel restent les matières grasses qui se sont séparées de nouveau ; le liquide filtré est précipité par l’acétate basique de plomb et filtré, afin de 1 isoler du précipité plombique, elle est ensuite dépouillée du plomb en excès par 1 hydrogène sulluré et évaporée. 11 reste un résidu sirupeux, qui, mélangé avec son volume d’acide azotique, se transforme en une bouillie d azotate d urée. Les cristaux doivent être étudiés d’après le §105, page 210.

Le dépôt brun contient de la taurine et de la scyllite, que l’on peut facilement séparei 1 une de 1 autre en traitant la solution aqueuse modérément concentrée par 1 acétate de plomb basique, qui précipite la scyllite, mais non la taurine, qui reste dans la solution ( Stàdeler ).

L — Recherche de ta dexlrine dans la chair de cheval.

La dexlrine, qui a été rencontrée dans la chair de jeunes chevaux, se trouve, lorsqu elle est présente, dans les eaux mères delà créa line. Lorsqu’on évaporé celles-ci, elles donnent naissance à des pellicules gélatineuses, qui contiennent la dexlrine et se transforment, lorsqu’on les redissout dans eau et qu’on précipite la solutionpar l’alcool absolu, en une poudre blanche, iegere et brillante de dexlrine assez pure. Le liquide séparé des pellicules ge atmeuses, mélangé avec de l’alcool absolu, dépose encore généralement de grandes quantités de dextrine (. Limpricht ).

déterminations QUANTITATIVES.

Les méthodes à suivre pour la détermination de l’eau, des matières solides,. *a paisse, des substances extractives en général et des sels inorganiques de la chair sont tellement semblables à celles que l’on emploie dans 1 analyse des organes glandulaires que nous ne les mentionnerons que plus loin, a propos de 1 examen de ces derniers organes.

DOSAGE DE LA C11ÉATINE, d’aPRÈS NEUBAUER.

200 à 250 grammes de chair fraîche fmeme.il hachée sont mêla, mes intime.,,en. avec un égal volume d'eau, et la masse, brassée sans interruption “ « bal“ à 55 o» «0". de manière à ce que l'album^ “ s a?ï ? !)asse cnsuile le li(Iuide è travers une toile et on ,1 c résidu (avec la main). On délaye encore une lois le résidu

maTntegnTntVsur , °'{ *° C‘ '**" * “ '«de nouveau. Ou chauffe me lampe a gaz les liquides réunis en les agitant, jusqu’à

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coagulation complote de l’albumine, et l’on filtre après refroidissement. On mélange le liquide filtré tout à fait refroidi avec de l’acétate de plomb basique, tant qu’il se produit un précipité, mais en évitant d’ajouter un excès de réactif. Au bout d'une heure, le précipité est rassemblé sur un filtre à plis, lavé deux fois, et l’excès de plomb précipité du liquide filtré par l’hydrogène sulfuré. On filtre pour séparer le sulfure de plomb et la liqueur limpide est évaporée avec précaution au bain-marie. L’évaporation peut être commencée dans une grande capsule, mais lorsque le liquide est réduit à 40 ou 50 c. c., il est convenable de le verser dans une capsule plus petite et l’on continue la concentration jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un résidu de 5 c. c. Pour éviter la formation de dépôts annulaires de substance sèche sur les parois du vase, le mieux est de retirer fréquemment la capsule du bain-marie et d’imprimer au liquide un mouvement d’oscillation dans tous les sens. Si l’on a opéré en suivant exactement les indications précédentes, le résidu se présente sous l’aspect d’un sirop peu épais, coloré en jaunâtre (un résidu devenu brun doit absolument être rejeté), qui abandonné à luimême dans un lieu froid pendant deux ou trois jours, fournit une abondante cristallisation de créatine. Pour rassembler complètement celle-ci, on procède maintenant de la manière suivante :

On décante l’eau mère des cristaux dans un petit gobelet de verre et on laisse la cristallisation s’égoutter dans la capsule aussi complètement que possible. Le liquide décanté ne tient en suspension que quelques cristaux isolés de créatine ; pour ne pas perdre ceux-ci, on étend le liquide dans le gobelet de verre avec deux ou trois fois son volume d’alcool à 90 pour 100. On verse maintenant le mélange avec les cristaux de créatine sur un petit filtre sans plis, desséché à 100° et pesé, et humecté avec de l’alcool ; on laisse égoutter complètement , puis on arrose la masse cristalline contenue dans la capsule avec de 1 alcool à 90 pour 100 et Ion \eise le tout sur le filtre; on peut aussi se servir, pour enlever les cristaux, du liquide alcoolique provenant de la première filtration. Lorsque toute la masse est réunie sur le filtre, on lave bien la capsule, et lorsque le liquide s’est complètement écoulé, on lave les cristaux une ou deux fois sur le filtre avec un peu d’alcool à 90 pour 100, puis avec de 1 alcool absolu, on dessèche à 100° et on pèse. En retranchant le poids du filtre, on obtient celui de la créatine.

Comme la créatine cristallisée perd à 100° 12,17 pour 100 d’eau, il faut multiplier par 1,1580 la quantité de créatine pesée à 100° pour obtenir la teneur en créatine cristallisée.

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