DU P0LAR1MÈTRE ET DE SON EMPLOI
tôrieu remont. Pour effectuer le remplissage, on dévisse une des plaques de verre, par l’orifice ouvert on verse le liquide jusqu’à ce qu’il déborde et l’on revisse la plaque, mais en faisant bien attention à ce qu’il ne reste pas de bulles d’air dans le tube. Un tube ayant la forme de celui qui est représenté par la figure 55 est beaucoup plus commode.
Les deux extrémités du tube ah sont également fermées par des plaques de verre fixées au moyen d’une garniture à vis, mais pour remplir le tube placé horizontalement on verse le liquide par l’ajutage c. Pans les tubes de ce genre on ne dévisse les plaques de verre qu’après l’expérience, afin de les nettoyer. Lorsque les tubes sont en verre, ils doivent être placés dans une enveloppe de bois ou de laiton pour empêcher l’accès de la lumière extérieure. Les appareils sont généralement munis de tubes de 1/2, de 1 et de 2 décimètres de longueur.
Pour faire un essai, on place le tube plein de liquide entre les deux prismes de Nicot et l’on observe de nouveau la flamme. Si les deux moitiés du champ visuel présentent encore dans toute leur étendue la teinte de passage, cela indique que le corps dissous est inactif; mais si la solution est active, les deux moitiés du champ visuel n’offrent pas la môme coloration. Dans ce cas, on cherche en tournant avec précaution le prisme oculaire, à rétablir la teinte de passage; si on y arrive en «0**. - :
tournant à droite, la substance est dextrogyre; si au contraire il faut tourner à gauche, elle Fis- 53
est lævogyre. Dans les deux cas, lorsqu’on a obtenu la teinte de passage, on lit sur le cercle gradué les degrés et les minutes qui correspondent à l’angle de rotation. Afin d’être bien sûr d’obtenir un résultat exact, il est convenable de dépasser d’abord un peu la teinte de passage, puis de la rétablir avec beaucoup de précaution.
Relativement au saccharimètre de Venlzke-Soleil, qui est plus exact, mais beaucoup plus compliqué, nous renvoyons aux traités de physique et à l’instruction qui accompagne l’instrument. En principe, l’appareil est le même que celui de Mitscherlich, il est seulement complété par le compensateur, sur la monture duquel est également marquée une graduation. Le saccharimètre de Ventzke-Soleil coûte de 260 à 500 francs, tandis qu’on peut se procurer un polarimètre de Mitscherlich, comme celui qui a été décrit précédemment, pour 100 ou 1 10 francs environ.
Pour les deux appareils il est indispensable que les dissolutions soient claires, parfaitement transparentes et aussi incolores que possible. Une coloration jaune foncé suffit pour nuire à l’exactitude de l’observation. Les liquides fortement colorés doivent être décolorés avant d’être soumis à l’essai.
Nous renverrons à ce sujet et relativement aux applications particulières de l’appareil à la deuxième partie de cet ouvrage. Mais c’est ici le lieu de parler du principe de la détermination de la rotation spécifique, parce qu elle peut dans certaines circonstances venir puissamment en aide aux recherches zoochimiques.
42 DES OPÉRATIONS CHIMIQUES
On est convenu do nommer rotation spécifique ou pouvoir rolatoire spé ci Pique, la rotation qui serait produite, avec la lumière jaune, par 1 gramme de substance dissous dans 1 centimètre cube de liquide, le tube ayant une longueur de 1 décimètre. Pour déterminer la rotation spécifique d’un coips actif, il est naturellement tout ù fait indispensable qu’il n’y ait que
ce corps dans la dissolution. L’opération se pratique de la manière suivante :
On dissout d abord une quantité de la substance exactement pesée dans un volume déterminé de liquide exprimé en centimètres cubes; la solution doit être concentrée; on verse celle-ci dans le tube d’observation qui a une longueur déterminée et on détermine par l’expérience le pouvoir rotatoire, en tenant compte de la température. Si l’on représente par p le poids de la substance active contenue dans 1 C. G. de liquide, par a la rotation observée, par l la longueur du tubè d’observation, et par S la rotation spécifique pour la lumière jaune, on a :