OXYDE DE CUIVRE
La solution se comporte comme il suit:
Si la teneur en cuivre n’est pas trop petite, l 'hydrogène sulfuré donne immédiatement un précipité brun noir d e sulfure de cuivre , si la solution est très-étendue, il ne se produit d’abord qu’une coloration brunâtre.
La potasse forme, dans les solutions pas trop étendues, un précipité bleu d'hydrate d'oxyde de cuivre, qui, au bout d’un certain temps, et même à froid, devient noir; le même effet est produit immédiatement par l’ébullition. Ce phénomène est dû à la transformation de l’hydrate CuOJIO en un autre moins riche en eau, 5 Cu0,I10. Dans les solutions très-étendues, cette réaction n’a pas lieu.
V ammoniaque, ajoutée en petite quantité, donne, dans les solutions pas trop étendues, un précipité vert bleu qui se dissout dans le moindre excès du précipitant en un liquide d’un beau bleu d’azur. Si les solutions sont très-étendues, la coloration bleu d’azur apparaît immédiatement, et même lorsque la dilution est très-considérable, il se produit encore une coloration dans les points de contact des liquides. (Réaction très-sensible.)
Le ferrocyanure de potassium produit, dans les dissolutions modérément étendues, un précipité brun rouge de ferrocyanure de cuivre (Cu2Cfy) ; si la liqueur est très-étendue, il ne se forme qu’une coloration rougeâtre. (Réaction extrêmement sensible.)
Si on verse la solution dans un creuset ou dans une petite capsule de platine, si on l’acidule, si elle n’est pas déjà acide, et si on plonge dans la dissolution un fil de fer poli, de manière que le platine et le fer se touchent en dehors du liquide, du cuivre métallique se précipite, sous forme d’un enduit rouge très-visible, sur la face interne du vase de platine.
La réaction est encore plus sensible si l’on procède à l’électrolyse avec l’appareil représenté par la figure 41.
Dans le vase A, rempli avec de l’acide sulfurique très-étendu, est fixé, au moyen d’un bouchon percé, le tube de verre B, dont l’orifice inférieur est exactement fermé
par une membrane animale ou un morceau de papier-parchemin. Dans le vase se trouve, tout près du diaphragme, et fixé à un fil de platine, une lame de platine a. Le til traverse un bouchon qui ferme l’orifice supérieur du tube, et il est attaché à une lame de zinc h qui descend presque jusqu’au fond du vase A. Lorsqu’on veut se servir de l’appareil, on remplit le tube B avec la solution dans laquelle on veut rechercher le cuivre, on le fait descendre dans le vase A, de manière que le liquide se trouve à peu près au même niveau dans les deux vases. On fait communiquer l’extrémité supérieure du fil de platine avec la lame de zinc, et le courant s’é-tablit. La moindre trace de cuivre se dépose alors sur la lame de platine, et, après l’interruption du Fig. ai.
courant, on peut examiner le dépôt ; dans ce but,
on place la lame de platine dans un peu d’acide azotique étendu, et l’on essaye par
les réactifs précédents la solution cuprique obtenue. Il est convenable de maintenir le courant pendant 12 heures au moins.
OXYDE DE PLOMlt : PbO.
État naturel : on en trouve des traces, mais pas constamment, dans le sang, dans le foie et dans d’autres organes de l’homme; il doit être regardé comme un principe accidentel, pénétrant dans l’organisme par l’intermédiaire des aliments, des boissons, etc.
Les solutions de l’oxyde de plomb se comportent comme il suit en présence des réactifs :
L’hydrogène sulfuré et le sulfure d’ammonium donnent un précipité noir de sulfure de plomb , PbS, insoluble dans l’acide chlorhydrique et les alcalis. Dans les solutions très-étendues, il ne se produit tout d’abord qu’une coloration brunâtre.
L’acide sulfurique étendu précipite du sulfate de plomb blanc, pulvérulent. Dans les solutions étendues, la précipitation n’a lieu qu’au bout de quelque temps. Il e?t avantageux d’ajouter un excès d’acide sulfurique, parce que le suliate de plomb est encore plus difficilement soluble dans l'acide sulfurique dilué que dans l’eau. La réaction est encore plus sensible, si l’on concentre au bain de sable le liquide mélangé avec de l’acide sulfurique, et si l’on arrose le résidu avec de l’alcool.
Le chromate de potasse donne, dans les solutions de plomb pas trop étendues, un précipité jaune de chromate de plomb difficilement soluble dans l’acide azotique dilué.
L’acide chlorhydrique et les chlorures métalliques solubles ne précipitent que les solutions concentrées, avec lesquelles ils donnent du chlorure de plomb soluble dans beaucoup d’eau.
Recherche. — Lorsqu'il s’agit de découvrir des traces de plomb dans des matières animales, la méthode ordinairement employée pour l’incinération de celles-ci ne peut pas convenir, parce que, par suite de la haute température, le plomb réduit pourrait se volatiliser. Il faut alors carboniser les substances à une température aussi basse que possible et épuiser le charbon, ou bien détruire la partie organique delà substance par le chlorate de potasse et l’acide chlorhydrique. Dans les deux cas, les solutions filtrées sont concentrées, et, après refroidissement, soumises a 1 électrolyse à 1 aide de l’appareil représenté par la figure 41, ou bien on place les électrolytes dans le courant de quatre éléments de Grove ou de Bunsen. La catode et l’anode sont faites avec des lames de platine. Le plomb se dépose sui la catode. Après l’interruption du courant, la catode est placée dans de 1 acide azotique étendu, et la solution ainsi obtenue est essayée a\ec 1 hydrogène sulfuré, l’acide sulfurique étendu et le chromate de potasse.