‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 90 sur 340 · HÉMOGLOBINE · texte numérisé non relu

HÉMOGLOBINE

I or.

L’hémoglobine est cristallisable : mais ses cristaux, toujours colorés en rouge, présentent des formes qui varient avec l’espèce animale; cependant, à l’exception des cristaux de l’écureuil, qui appartiennent au système hexagonal, toutes les formes peuvent être rapportées au système rhombigve. (Fig. 42; voyez aussi Furike , Atlas, pl. X, fig. 1, 2, 5, 4, 5 et 6.)

Les cristaux de l’hémoglobine sont biréfringents et pléochromatiques.

Les cristaux humides forment une masse pâteuse de couleur rouge cinabre, qui, desséchée au-dessous de 0°, se transforme rapidement en une poudre rouge brique clair. Si la dessiccation a lieu à une température supérieure à 0°, la couleur rouge de la masse devient de plus en plus foncée, par suite de la décomposition de l’hémoglobine. L’hémoglobine contient de l’eau de cristallisation, dont elle abandonne une partie par dessiccation à 0°, en présence d’acide sulfurique ou de chlorure de zinc, et l’autre partie à HO ou 120° (mais à cette température elle commence déjà à se décomposer). Sa teneur totale en eau s’élève à 5 ou 4 pour 100.

L’hémoglobine est soluble dans Veau, avec laquelle elle donne un liquide d’un beau rouge, mais la solubilité des cristaux d'hémoglobine des différentes espèces de sang est très-variable. Les plus solubles sont ceux du sang de bœuf, de porc et d’homme ; les moins solubles sont ceux du sang de cochon d’Inde.

Lorsqu’on mélange les solutions aqueuses refroidies à 0° avec de l’alcool à 80 pour 100 et qu’on agite avec de l’air atmosphérique, l’hémoglobine se sépare en cristaux après un repos de un ou deux jours à une température de 0° à — 10ü.

Fig-. 42. — Cristaux d’Ilémoglobine du sang du cochon d’Inde (moitié supérieure de la figure) et du sang du cheval (moitié inférieure.)

. Les solutions aqueuses de l’hémoglobine se décomposent au-dessus de 0°, et d’autant plus facilement que la température est. plus élevée et la solution plus concentrée.

L’hémoglobine se dissout aussi dans les alcalis et les carbonates alcalins très-etendus, ainsi que dans X ammoniaque également très-étendue; lessolutions dans les carbonates alcalins étendus se conservent souvent pendant des semaines sans se décomposer. Elle est aussi un peu soluble dans une solution concentrée de sel marin.

[Les cristaux d hémoglobine sont en outre solubles dans l’urine humaine normale, dans les solutions albumineuses très-étendues, dans les liquides séreux, dans la bile, dans la glycérine aqueuse et dans certains sels neutres ; ils sont insolubles dans l’alcool, 1 éther, la benzine, les huiles grasses et

\oluliles, flans le chloroforme, dans l’alcool amylique el dans le sulfure de c.u onc. Ils peuvent se conserver pendant longtemps dans l’alcool absolu sans changer notablement de forme; mais ils perdent leur couleur, leur éclat et leur pouvoir biréfringent.]

Lorsque les solutions concentrées d’hémoglobine se décomposent spontanément, leur couleur rouge s’altère, elle parait brune par réflexion et vert sale par transparence; le liquide acquiert en même temps une réaction de Plus en plus acide et il renferme alors, indépendamment des produits azotés de la décomposition de I hémoglobine, de Y acide formique et de 1 acide butyrique.

Si l’on chauffe à l’ébullition les solutions de l’hémoglobine, on obtient un coagulum composé de matières albuminoïdes, et en même temps il se forme de 1 hématine et des acides gras volatils.

Les solutions d’hémoglobine éprouvent la même décomposition lorsqu’on les précipite avec de 1 alcool à chaud, lorsqu’on les traite par des acides (même par l’acide carbonique) et des alcalis étendus.

Jjes sels métalliques , le sulfate de cuivre, le sidfate de protoxyde de fer, le perchlorure de fer, le bichlorure de mercure el Y azotate d'argent , ajoutés dans les solutions d’hémoglobine, détruisent d’abord leur belle couleur, qui est remplacée par celle de l’hématine, et produisent ensuite des précipités.

Quand on chauffe les cristaux d’hémoglobine sur une lame de platine, ils se boursouflent, dégagent une odeur de corne brûlée, prennent feu et laissent une cendre couleur de rouille, qui se compose de peroxyde de fer avec des traces cl’acide phosphorique.

[L’hémoglobine possède la propriété de rendre l’oxygène de l’air actif (de l’ozoniser), et c’est pour cela qu’en présence de l’air ses solutions bleuissent la teinture de gaïae; en outre, elle peut transporter l’oxygène actif de corps contenant de l’ozone (l’essence de térébenthine ozonisée par exemple) sur des corps facilement oxydables, comme par exemple la teinture de gaïae ; cette propriété est diminuée ou tout à fait détruite par la présence de trèspetites quantités de quinine. Enfin, elle peut catalyser le peroxyde d’hydrogène.]

[Pour obtenir rapidement des cristaux d’hémoglobine, afin de les soumettre à l’examen microscopique, on mélange quelques centimètres cubes de sang défibriné avec une quantité d’gau suffisante pour que le mélange donne une solution limpide. Souvent une goutte de celle-ci, recouverte avec le couvre-objet, fournil immédiatement en s’évaporant à froid des cristaux d’hémoglobine. Dans le cas contraire, on ajoute à la dissolution environ 1/4 de son volume d’alcool et l’on place le mélange dans une capsule de platine ou d’argent contenant un mélange' réfrigérant. (Preyer.) J

Propriétés optiques des solutions d’hémoglobine.

Si dans une petite cuve en verre à parois parallèles el planes on introduit des solutions d’hémoglobine préparées, en permettant l’accès de l’air, et si l’on place ce vase à une distance de 1 centimètre devant la fente du spectroscope, à l’aide duquel on observe le spectre solaire ou celui d’une lampe

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