Hémoglobine réduite
tiennent qu aux solutions d hémoglobine oxygénée, que par suite elles doivent disparaître si par des agents réducteurs on enlève l’oxygène à ces
COMPOSITION DES CORPS
solutions ( hémoglobine réduite). Dans le fait, nous savons que les globules sanguins 'peuvent se combiner chimiquement avec l’oxygène, et que le passage de 1 oxygène des poumons dans le sang, abstraction faite du coefficient i absorption, est produit par une attraction chimique exercée par les <doules sanguins, Enfin, 1 hémoglobine préparée avec du sang oxygéné contient de l’oxygène faiblement lié, qu’elle abandonne dans le vide, tandis que d un autre côté 1 hémoglobine peut former avec l’oxvgènc une combinaison véritable.
Hémoglobine oxycarbonée. L’hémoglobine peut aussi absorber de l 'oxyde de carbone et s’y combiner, et la combinaison parait encore plus stable que celle qu elle forme avec l’oxygène, car l’oxyde de carbone chasse l’oxygène de l’hémoglobine, et le volume du gaz absorbé est égal à celui du gaz déplacé. Si a la température de 0° et en agitant fréquemment, on fait passer pendant quelques minutes un courant d oxyde de carbone à travers une solution d’hémoglobine ou de globules sanguins, si l’on ajoute à 4 volumes de la solution 1 volume d alcool, si l’on agite bien et si l’on abandonne le tout pendant vingt-quatre heures à la température de 0°, il se forme un dépôt composé de beaux cristaux rouge bleuâtre d’hémoglobine oxycarbonée, ayant souvent plus d une ligne de longueur, et qui dans le vide dégagent un peu d oxyde de carbone. Les cristaux paraissent être un peu plus solubles dans 1 eau que ceux de l’oxyhémoglobine, les solutions offrent aussi une coloration plus foncée. Les propriétés optiques de ces dernieres présentent une très-grande analogie avec celles des solutions de l’oxyhémoglobine. On observe également entre les raies de Frauenhofer D et E deux bandes d absorption, seulement celles-ci sont légèrement déplacées vers le violet.
Enfin, ces bandes d’absorption se distinguent surtout de celles de l’oxyhémoglobine parce qu’elles ne disparaissent pas sous l’influence des corps réducteurs, comme le sulfure d' ammonium, le tartrate de -protoxyde de fer et d'ammoniaque , ou les solutions ammoniacales du tartrate de protoxyde d’etain. Les solutions de protochlorure de cuivre dans l' ammoniaque ne les détruisent que très-lentement.
Hémoglobine oxyazotée. Le bioxyde d’azote se comporte en présence des solutions d’hémoglobine d’une manière analogue à celle de l’oxyde de carbone. Si l’on fait passer un courant de bioxyde d’azote dans une solution d’oxyhèmoglobine, sans permettre l’accès de l’air, le gaz est absorbé, et il se produit une combinaison de celui-ci avec l’hémoglobine, combinaison qui parait être encore plus intime que celle de l’oxyde de carbone, car si l’on dirige un courant de bioxyde d’azote dans une solution d 'hémoglobine oxycarbonée , l'oxyde de carbone est mis en liberté et le bioxyde d’azote est absorbé. Les caractères optiques des solutions d’hémoglobine oxyazotée sont semblables à ceux des solutions d’oxyhèmoglobine; lorsqu'elles sont suffisamment étendues, elles offrent les deux bandes d’absorption exactement à la même place, mais plus pâles. Les agents réducteurs ne les font pas disparaître.
HEUATINE ET HEMINE.
Si à une solution d’oxyhémoglobine on ajoute de l'ammoniaque , et si on y fait ensuite passer un courant de bioxyde d' azote, la liqueur prend d’abord une couleur très-foncée, par suite de la formation d’acide azoteux, qui réduit l’oxyhémoglobine ; mais si l’on continue à faire passer le courant gazeux, le liquide s’éclaircit et l’on voit apparaitre les deux bandes d’absorplion de l’hémoglobine oxyazotée.
Si dans la solution d’hémoglobine oxycarbonée on fait passer un courant de bioxyde d’azote, la bande d’absorption a de l’hémoglobine oxycarbonée est rapprochée de la raie de Frauenhofer C, parce que l’oxyde de carbone est expulsé.
[Hémoglobine et acétylène. D’après les observations de Liebreich et Bistrow, l’acétylène (C2Ilr>) se combinerait avec l’hémoglobine de la même manière que l’oxyde de carbone; la combinaison aurait la même couleur que l’hémoglobine oxycarbonée, mais elle sérail plus facilement décomposable que 2ette dernière, parce qu’elle est facilement réduite par le sulfure d’ammonum et le tartrate de protoxyde d’étain.]
Hémoglobine et acide cyanhydrique. L’acide cyanhydrique se combine directement avec l’hémoglobine, et après addition de 1/4 d’alcool en volume au mélange concentré et refroidissement à 0°, la combinaison se îèpare de la même manière et sous la même forme que l’oxyhémoglojine, etc.; elle est plus stable que celte dernière. L’hémoglobine hydrocyaîée se comporte au spectroscope exactement de la même manière que l'oxyîémoglobine ; les deux bandes d’absorption disparaissent aussi rapidement sous l’influence des agents réducteurs qu’avec les solutions d’oxyhémo- .lobine, et elles sont remplacées par la bande de l’hémoglobine réduite. Les olutions d’oxyhémoglobine mélangées avec quelques gouttes d'acule cyanhydrique et conservées dans des tubes fermés ne contenant que très-peu l’air, présentent encore au bout de plusieurs mois les deux raies caractéistiques de 1 oxyhémoglobine, tandis qu’en dehors de la présence de cet eide la décomposition se manifeste en peu de jours.
HÉMATINE ET HEMINE.
Lors de la décomposition de l’hémoglobine, il se forme une matière colomlc fen ugineuse, dont les propriétés optiques sont très-différentes de elles de l’hémoglobine et très-précieuses pour sa caractérisation. On la omme hématine. Sous cette, désignation on a décrit pendant longtemps un rand nombre de corps différents, que l’on considérait comme la véritable latière colorante du sang, et que l’on retirait de ce liquide d’après des léthodes très-différentes1. Depuis que l’on sait que toutes ces diverses hélatines ne sont pas le véritable pigment du sang, mais seulement des pro-
1 Voyez Gorup-Besanez, Lehrbuch lier physiol. Cliemie, 5° édit., p. lüô.
110 COMPOSITION LES COUPS
duits de décomposition de ce pigment, et qu’aucune d’elles ne présente une garantie sulfisante de pureté, elles n’offrent plus maintenant qu’un intérêt purement historique.
Les propriétés optiques des dissolutions dans lesquelles l’hémoglobine a éprouvé la décomposition mentionnée précédemment sont cependant importantes au point de vue pratique.
Si à une solution d hémoglobine présentant les deux bandes d’absorption caractéristiques on ajoute un peu d’acide acétique, celles-ci disparaissent presque instantanément, et sont remplacées par une autre bande dans le rouge, qui coïncide avec la raie G de Frauenhofer, mais la dépasse des deux côtés.
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