‹ Traité d'analyse zoochimique qualitative et quantitative; guide pratique pour les recherches physiologiques et cliniques à l'usage des médecins, des pharmaciens, des chimistes et des étudiants, [electronic resource]Chapitre 93 sur 340 · Hématine sans fer en solution alcaline · texte numérisé non relu

Hématine sans fer en solution alcaline

B. Hématine sans fer dissoute dans l’alcool sulfurique.

Si l’on sursature la dissolution avec de l’ ammoniaque caustique ou un autre alcali, la bande d’absorption se déplace un peu vers la raie D, et se trouve maintenant entre C et D, près de l) (fig. 44 — 1). En outre, elle parait un peu plus diffuse que celle de l’hématine en solution acide. Si l’on acidifie la liqueur, la bande de l’hématine acide réapparaît.

Ces phénomènes sont tout à fait propres pour reconnaître de petites quantités d’hémoglobine altérée ou de sang ancien. D’après les déterminations de Hoppe-Seyler, ils apparaissent encore avec netteté, avec une solulution de 1 gramme d’hématine dans 6,607 centimètres cubes de dissolvant, la couche liquide ayant une épaisseur de 1 centimètre.

Si l’on traite par les agents réducteurs, comme le tartrate de protoxyde

11ÉMATINE ET HÉM1NE.

de fer , et”., îles solutions offrant les caractères optiques de 1 hénialine, les bandes d’absorption de celle-ci disparaissent, et à leur place se montrent deux raies, dont l’une, étroite, obscure et assez nettement limitée, se trouve entre D et E, plus près de U, et l’autre plus pâle est placée sur E et b. Uématine réduite (fig. 44 — 2).

Cristaux d'hémine. Si l’on chauffe de l’hémoglobine ou du sang desséché avec de Y acide acétique cristallisable et une trace de chlorure de sodium, on obtient des cristaux qui, appelés d’abord cristaux de Teiclimann, du nom de l’auteur de leur découverte, et plus tard cristaux d'hémine , ont été considérés comme identiques avec l’hématine, et enfin regardés comme une combinaison d’acide chlorhydrique et d’hématine ; ces cristaux peuvent aussi être obtenus par d'autres méthodes: ainsi, par exemple, ils se forment lorsqu’on traite le sang par l’éther alcoolisé contenant de l’acide acétique ou de l’acide oxalique, ou lorsque, après avoir précipité le sang par le carbonate de potasse, on épuise le coagulum desséché par l’alcool absolu, qu’on précipite la potasse au moyen d’une solution alcoolique d’acide tarlrique, et qu’on concentre le liquide filtré à une douce chaleur.

L’hémine constitue des lamelles rhombiques ordinairement microscopiques, bien formées, brun noir ou rouge brun, ou des aiguilles rhombiques aplaties fréquemment croisées (fig. 45, voyez aussi Funke, Allas, planche IX, figure 2).

Desséchés, ou suspendus dans un liquide incolore, ils se présentent sous forme d’une masse bleu noirâtre, cha-

froid aucune action sensible sur les cristaux d’hémine, mais à chaud ils les dissolvent en partie. L 'acide azotique d’un poids spécifique de 1,2 ne les attaque pas à la température ordinaire, tandis qu’au-dessus de 100° il les décompose complètement. L'acide sulfurique étendu et l 'acide phosphorique ne les attaquent pas à froid. L’acide sulfurique concentré donne même à la température ordinaire une solution rouge violet, et il se dégage de V acide chlorhydrique lorsqu’on chauffe.

Le carbonate de soude en solution aqueuse étendue est sons action sur l’hémine, qui est au contraire dissoute par les alcalis caustiques, même par L ammoniaque, mais sans décomposition. Les acides et les sels alcalino-lerreux produisent un précipité dans les solutions alcalines.

Chauffée jusqu’à 200°, l’hémine n’est pas altérée, mais si on élève encore plus la température en permettant l’accès de l’air, elle brûle et laisse du

tovante, à éclat métallique et paraissant brune par transparence. Les petits cristaux sont biréfringents et pléocbromatiques; ils donnent une empreinte brune lorsqu’on les frotte sur de la porcelaine.

Les cristaux d’hémine sont insolubles

dans l’eau, l’alcool et l’éther, ainsi que dans le chloroforme.

L’acide chlorhydrique concentré ainsi que Yacide acétique n’exercent à

COMPOSITION DES CORPS

I>ci oxyde de fer pur (8,77 pour 100). Si l’on évapore à siccité la solution ammoniacale de l'hémine, si l’on chauffe pendant longtemps le résidu à l.>0° et si on le traite par 1 eau bouillante, celle-ci dissout du chlorure d ammonium, et il reste une poudre amorphe, noir bleu, et brun rouge lorsqu’on la broie (, liémaline de Hoppe-Seyler) .

Celle poudre est insoluble dans l’eau, l’alcool, l’éther et le chloroforme, un peu soluble dans 1 acide acétique cris lal 1 isable, facilement soluble dans 1 ammoniaque aqueuse et alcoolique, dans l’alcool contenant de l’acide sulfurique et de 1 acide chlorhydrique, ainsi que dans les alcalis caustiques. La solution ammoniacale évaporée au bain-marie laisse un résidu renfermant de l’ammoniaque et presque entièrement soluble dans l'eau. Le chlorure de calcium et le chlorure de baryum précipitent des flocons bruns de la solution ammoniacale.

Les solutions alcalines aqueuses ou alcooliques de l’hématine de Hoppe- Seyler sont dicroïques ; à la lumière réfléchie et par transparence, elles paraissent rouge grenat en couche épaisse et vert olive en couche mince; elles o firent la bande d absorption indiquée précédemment (fig. 44 — 1). Les solutions acides brunes sont monochromatiques.

[La solution dans 1 alcool sulfurique donne une bande d’absorption située près de Ü, entre C et I), et une autre bande moins nettement limitée, un peu plus large, qui se trouve entre D et F (fig. 44 — 4). Lorsqu’on étend le liquide avec précaution, cette dernière bande se dédouble en deux bandes obscures inégales; celle qui se trouve auprès de F est plus sombre. A un certain degré de dilution, on voit aussi apparaître une bande très-étroite entre D et E près de D.

Si à une solution alcaline d’hêmatine on ajoute du cyanure de potassium, la solution devient transparente, brun-rouge, et elle présente, si elle est suffisamment étendue, une bande d’absorption mal limitée entre D et E (fig. 44-3).]

L'acide azotique bouillant décompose l’hématine; le chlore produit la même action lorsque l’hématine est en solution alcaline. L’acide sulfurique concentré la dissout en donnant un liquide dieroïque qui, étendu avec de l’eau, fournit un précipitébrun. Ce dernier est facilement soluble dans les alcalis et dans l’ammoniaque. Lorsqu’on évapore la solution ammoniacale, il reste un résidu noir bleu, à éclat métallique et ne contenant pas de fer (■ hématine sans fer de Hoppe-Seyler , dont les spectres sont représentés dans la figure 44 — 5 et 6).

Hoppe-Seyler attribue à son hématine la formule : C54H55Az4Fe05 et, s’appuyant sur ce que l’hémine renferme du chlore, il a considéré celle-ci comme du chlorhydrate d’ hématine, C34H54Az4FeOs, HCl; mais plus tard il a abandonné lui-même celte manière de voir. Ni l’hémine, ni l’hématine ne paraissent être des combinaisons pures.

Préparation de l'hémine. — La préparation de l’hémine en grande quantité est longue, coûteuse, et les méthodes jusqu'ici en usage ne donnent qu’un très-faible rendement. Mais la production des cristaux d’hémine par voie

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