ARTICLE V
DBS PARTIBS MOLLES DU BASSIN CHBZ L'HOMMB.
Plusieurs auteurs ont admis ici quatre régions, savoir : l*" la région pubienne^ pénil ou muni de Vénus; T la région pénienne ou la verge; 8® la région scrotale ou le scrotum ; et enfin, à° le périnée ou région ano-périnéale. Cette division ne me parait logique ni en physiologie, ni en chirurgie, ni même au ()oint de vue anaiomique. La région pubienne se rattache au |)énis, et si on l'en isole elle n'a plus aucun intérêt. L'urètre n'ap|)artieni exclusivement ni à la verge ni au périnée, et son importance mérite bien un paragraphe spécial. Enfin, on a confondu sous le nom de périnée le périnée proprement dit, qui se rattache à l'appareil génito-urioaire, et la région anale qui ap|)artieiit à ra))pareil de la déiécation : deux régions que séparent à la fois et leur structure, et leurs rapports, et les considérations chirurgicales auxquelles elles prêtenL
J'ai préféré la marche suivante. L'appareil génital chez l'homme est en partie réuni avec l'appareil urinaire ; le scrotum seul est parfaiiemciit
C'€it ptr rétode de cette fvartio ifiie je cominence, ala 4e pou- ▼oir soivre ensuite, sans interruption, l'histoire de ces organes et de cet régioos si inlinnement liées les unes aui autres : la région pubienne, Vwitre^ le pMnée, la vesiie. Enfin, nous terminerons naturellement ptr la description de la région anale et du rectum,
1* Anatomie des plans.
Le scrotum a des limites parfaitement marquées en arrière et sur les oAtéa; en avant seulement, il ne remonte pas à proprement parler plus kaut que la racine de la verge ; mais pour Tutilité rie la description, j'y ajouterai cette petite portion du mont de Vénns qui le sépare de raoneaa inguinal inférieur.
Il contient d'abord le cordon spermatique, auquel fait suite en bas le testicule, enveloppé de la tunique vaginale. Nous avons étudié ailleurs (voir ci devant page 265) la structure du cordon, et décrit les enveloppes qtt'il reçoit dans son trajet, y compris le crémaster et l'eipansion de l'aponévrose du grand oblique. Si donc nous considérons maintenant les couches extérieures qui constituent le scrotum proprement, nous tfoovons, à partir de l'anneau inguinal jusqu'au voisinage du testicule ;
I* La peau, garnie d'un tissu adipeux d'autant plus abondant qn'oo ae rapproche plus de l'anneau inguinal ;
2* Le fascia super ficialis ;
3* Le dartos;
Après quoi viennent les enveloppes du cordon et le cordon lui*méme.
Au niveau du testicule, on retrouve également ces trois couches, mais plus minces et sans tissu adipeux ; au-dessous, une expansion des enve* loppes du cordon, mais généralement confondues ensemble; enfin la to- ■îque vaginale et le testicule.
Les artères du scrotum, en dehors des artères propres au cordon, sont rnrlere de la cloison et les deux honteuses externes,
V artère de la cloison^ branche inférieure de la honteuse interne, en Bitt près de l'attache des muscles iscbio-caverneux et transverse, marche entre ce dernier et la peau, passe sur le muscle bulbo<avemeux ; et enfin, arrivée sur la ligne médiane, s'enfonce dans la cloison du dartos, et se 4istribne au dartos et aux autres couches du scrotum.
Li'S honteuses externes naissent de la fémorale un peu au-dessous da iipmeiil de Faliope ; la superficielle se porte tout d'abord entre la peaa
384 nu TRONC.
et l*apoDévrosc , la profonde reste plus longleaips sons-apooérrotiqae ; toutes deux se jettent enfin dans le scrotum.
Les veines suivent à peu près le même trajet que leurs artères ; mais les veines spermatîques forment un plexus fort remarquable sur lequel je reviendrai, et les veines honteuses externes se jettent dans la saphène interne.
Les lymphatiques do scrotum vont aux ganglions superficiels de l'aine ; ceux du testicule suivent Tarière spermatique et aboutissent aux ganglions lombaires.
Les nerfs proviennent d*abord du nerf crémastérique, qui abandonne le coixlon pour se répandre dans le scrotum ; puis des branches musculocutanées du plexus lombaire, et du nerf honteux, branche du plexus sciatique.
2" Considérations spéciales.
Le scrotum se présente sous la forme d'une bourse à double fond, \ collet rétréci, de longueur variable selon les individus, et dont un côté descend presque toujours plus bas que l'autre. C'est une idée généralement reçue que la portion gauche descend plus bas que la droite, diflé« rence que quelques-uns ont attribuée à la courbure latérale gauche dn tronc, et que Blandin rapportait h la dilatation habituellement plus grande des veines testiculaircs de ce côté, li raison de la pression de l'S iliaque du colnn. J'ai noté la disposition des deux moitiés du scrotum sur soixantecinq individus affectés de hernies, pensant que peut-être la proclivitë plus grande du testicule ne serait pas sans connexion avec cette maladie, et, pour le dire d'abord, je n'ai pu saisir aucun rapport de ce genre; mais sur les 65 individus, ^3 avaient le testicule gauche plus bas que le droit, 21 le droit plus bas que le gauche ; 1 les avait à peu près de même niveau, et lorsqu'il toussait, c'était tantôt l'un et tantôt l'autre qui remontait plus haut. D'ailleurs, parmi les autres, il y en avait où la différence allait à 3 centimètres et môme davantage, tandis que d'autres fois elle était tellement légère, qu'il fallait une attention spéciale pour ia découvrir.
La peau du scrotum présente sur la ligne médiane le raphé le pins prononcé de tout le corps. Elle est mince, molle, extensible, se relâche et s'allonge par la chaleur, se resserre et se plisse par le froid, de ma« nière à faire quelquefois remonter le testicule jusque près de Tannean inguinal On a profité de cette circonstance pour la réduction des hernies étranglées ; le malade étant couche sur le dos, on lui jette un sean d'eao
froide sur ratac et les bourses, et Ton a quelquefois obtenu ainsi une rMaction qui avait échoué sous le taxis.
EHe contient en abondance des glandes sébacées qui sont quelquefois le siège de petites tannes, et qui d'ailleurs sécrètent une matière huileui odorante, laquelle devient acre par un long séjour, et surtout par la malpropreté qui laisse s*y agglomérer en masse plus ou moins épaisse h corpuscules extérieurs. De là un érythkme iniertrvjo qui prend habij tuellcment le caractère chronique ; et copmc le pantalon oblige à porti • h masse du scrotum soit à droite, soit à gauche, et le plus ordinairemei . dans ce dernier sens, il en résulte que la peau de la cuisse en coiitac I avec le scrotum participe à cet éry thème. Peut-être le cancer des ramo)| I Deors est-il dû aussi \ raccumulaiion de la suie entre les plis de la peau,\ ' et à son mélange arec cette sécrétion irritante.
Le derme est ici extrêmement mince et peu serré, en sorte qu*on voit au travers les vaisseaux qui rampent dans le dartos. On dirait que l'organisation a dépassé à peine l'état muqueux des téguments du fœtus; aussi la gangrène s'en empare avec une extrême facilité ; et, chose remarquable, les eschares produites par l'inflammation, même les plus larges et les plus profondes, gardent souvent ici une couleur d'un blanc mat, comme celles du tissu cellulaire, comme aussi o Iles de la peau de la verge et des paupières, qui s'en rapproche [ox sa minceur.
Le fascia superficiaiis se détache de la peau avec assez de facilité ; ii s*étend sur tout le scrotum et se continue arec le feuillet du même nom aux cuisses, au périnée et à l'abdomen.
Le dartos est une membrane fibnM^elluieuse spéciale, offrant quelquefeb un aspect rougeâlre et une rétractilité très prononcée. Il y a deux dartos, un pour chaque moitié du scrotum. On n'est pas bien d'accord sur leur origine; pour moi, j'ai trouvé qu'ils s'insèrent en dehors, comme Tavait vu Winsinw, à la branche du pubis, entre les muscles adducteurs de la cuisse et la naissance des cor s caveraeux jusqu'au bas de la symphyse pubienne ; au ligament de Fallope et à l'aponévrose du grand oblique au-dessus de l'anneau ; en dedans à la symphyse pubienne, oà leur adossement contribue à former le ligament suspenseur de la verge. Ib s'écartent ensuite de chaque côté de celle-ci, s'adossent derechef sur la ligne médbne pour former la clobon du scrotum ; enfin, tout & fait en arrière, ib se continuent et se confondent avec le ùscia sons-cutané profond do périnée.
Les anatombtes diffèrent également sur le nombre des couches souscoianées do scrotum. Tandb qu'A. Cooper, par exemple, n'admet aa« 11. S5
9«( PU TBDNC.
dessous de la peau que le dartos, M. Yelpeau, à rinùtation d*A. IliMBMa, compte jusqu'à cinq couches, savoir : l"* la peao, 2"" le tisau adipeoz aoo»* catané, 3° le fasda sous-cutané superficiel, (i° le dartos. S*" le fascia souscutané profond. A tout prendre, il n*y a que ce dernier iascia qui reste entre nous en litige; or, il est vrai qu'aux environs de Tanucau inguinal» on peut arriver par une dissection minutieuse à isoler une troisième lame celluleuse figurant le fascia sous-cutané profond; mais en descendant sur le scrotum, elle finit par se confondre avec le dartos, au poiat qu'il esl I impossible de les séparer. Il faut bien confesser ensuite que si le scalpel \ ^ parvient à isoler toutes ces lames, il n'en est pas de même pour le 1ns- ' touri ; et c'est tout au plus si, après l'incision de la peau, on reconoatl bien clairement le darlos.
On a essayé de tirer de l'anatomie de ces cooches quelques dédoctioQs an profit de la pathologie. Ainsi, un cedème siégeant sous la peau eC le fascia superficialis.sie propagerait facilement des cuisses et de l'abdomen par tout le scrotum, en s'arrêtant toutekùsà la limite du dartos; tandis qu'un épanchement situé sous le fascia profond pourrait pénétrer à l'intérieur du darlos. Je ne saurais qualifier cela autrement que de rêveries anatomiques. Le dartos est aussi perméable que les autres lames celluleuses : quand le scrotum s'infiltre de sérosité, elle se répand partout dès qu'elle esi en quantité suffisante. Dans une opération d'hydrocèle par injection, le malade, par un mouvement brusque, ayant fait sortir la canule de la tunique vaginale, nous vîmes l'injection gonfler d*abord le côté correspondant du scrotum, puis gagner l'autre côté, occupant eu même temps les couches superficielles et les couches profondes : je donnai un simple coup de lancette, et des pressions réitérées suffirent pour expulser par cette voie unique le liquide répandu dans les divers fasdas et dans les deux côtés du scrotum.
La laxité du tissu cellulaire qui unit toutes ces lames est connue ; k chirurgie l'a mise à profit dans l'ablation des testicules; après la première incision faite, il suffit d'attirer en arrière les bords de la divisioQ pour faire saillir le testicule au dehors de la plaiei procédé connu aoes le nom d'énucléalion.
Arrivons maintenant aux enveloppes propres du cordon, et voyons comment elles se comportent en dehors de Taoneau inguinal inférieur.
Tout d'abord, la gaine fibreuse qui descend du pourtour de cet anneau n'a d'existence indépendante que jusqu'au niveau de la verge environ ; plus bas, il m'a été impossible de la séparer des couches sousjlaceutes.
su BAfSHt. $«7
La crtaatlirt qii Tient après, aiiste bien pour h acalpel ; mais c*est
è peine ai Je biatoori peoi en tenir compte. Noua avons dit qu'il provient dea fibrea inftrieqres do petit oUiqoe entralnéea par le teaticnle qnand celoi-ei franchit l'annean inguinal ; cea fibrea qui étaient droitea et I peo prèe faoriiontalea, deviennent courbea et verticalea : eliea deacendent donc an-desaooa de l'annean en formant aocceasivement en avant da cordon de grandes anses renversées, à concavité supérieure, et qu'on peut suivre quelqnefoia juaqu'au fond du acrotnm ; M. h Gloquet a mesuré de ces anses qui avaient jusqu'à 16 centimètres de longueur. Mais souvent elles sont beaucoup plua courtes ; M. J. Cloquet les a vues deux loia a'arrêter à 3 centimètrea de l'anneau ; et, en pareil caa, on chercbenit vainement sur le scrotum l'enveloppe fournie d'ordinaire par le crémaster.
Or, si j'en juge par mes dissections, ce cas ne serait paa auasi rare qu'il a paru à M. J. Gloquet; et je citerais encore volontiers à l'appui quelques expéfiences physiologiques. Dans mes recherches sur les hernies, je m'aperçus que quand, après avoir réduit une oachéocèle, je bi« aaia tousser les malades, chex la plupart les testicules remontaient brusquement i chaque effort de toux. Ce phénomène me frappa d'autant plua que personne n'en avait parlé; je reconnus bientôt qu'il offrait de grandes variétés. Chex ceitaias sujets, le testicule, fût-il à 12 et 15 centimètres de l'anneau, remonte jusqu'à son niveau avec un mouvement fxtrêmement brusque; chex la plupart, il ne fait que la moitié du chemin ; enfin, il est des individus chex lesquels il bouge à peine, ou même il ne bouge pas. En général il y a un testicule qui remonte toujours moins que l'autre, lant6t le droit, tantôt le gauche indifféremment Toutefois, quand le mouvement est trop faible ou même nul, la même chose a ordinairement lieu des deux côtés. On pourrait donc quelquefois, au UMment d'opérer une oschéocèle, par la force avec laquelle le crémaster ût remonter le testicule du côté sain, préjuger jusqu'à quel point cette refoppe charnue est développée du côté malade. Peut*ôtreeat-ce à une semblable contraction du crémaster qu'est due h rétractiott bien connue du cordon spermatique, forsqu'on vient à le diviser dans l'ablatfon du testicule. Si l'on n'a pas soin de le retenir, frë« quemment il se retire jusque dans le canal inguiial, et la ligature de ses vaiaseaux devient très difficile. Pour éviter cet inconvénient, les uns ont lié le cordon en masse; les autres le saisissent entre les doigts au-dessus do point où ils vont le couper ; mais il risque encore de leur échapper lu'ils relâchent U pression imur reconnaître an jet du sang les artèrea
38 s DU TRONC.
â lier. D'autres coupent le cordon par degrés, liant les vaisseaux k me* sure qu'ils sont ouverts, et te moyen est excellent si les trois artères ont pu être saisies avant la section complète ; mais j'ai vu une fois la troi-* sième cachée dans les dernières fibres à diviser, et il en résulta une bé^ morrhagie aussi embarrassante que si elle était venue des trois vaisseaux à la fois. J'ai conseillé, en conséquence, de diviser d'abord le cordon aux trois quarts, en liant à mesure les artères ouvertes ; puis de le retenir avec un ténacnlum au moment d'achever la section, pour être en mesura de placer au besoin une dernière ligature.
Maison laisse ainsi au fond de la plaie des fils qui en retardent la dca* Irisation ; et l'anatomie m'a indiqué un meilleur procédé, qui a déjk reçu plus d'une fois la sanction de Texpéiience. Le cordon se retire dans le canal inguinal, où il peut être facilement comprimé ; il n'y a pas à craindre d'hémorrhagic veineuse, puisque les veines ont été coupées au même niveau ; et en laissant un bandage herniaire appliqué sur le trajet du canal seulement ))endant vingt-quatre heures, le sang est arrêté sans retour et sans aucune influence sur la plaie extérieure.
Reste enfin la tunique propre du cordon, provenant du foMcia trans^ versalis. Celle-ci a bien été refoulée par le testicule, et devrait conséquemment lui fournir aussi une enveloppe; mais au delà du cordon elle devient tellement adhérente aux tissus ambiants, qu'il est impossible de l'en isoler; et les hernies même s'arrêtent dans le cul-de-sac qu'elle forme là où s'arrête le cordon proprement dit, vers la partie supérieure da testicule.
L'étude des vaisseaux du cordon offre au chirurgien plus d'un genre d'intérêt.
J'ai indiqué, page 263, l'origine des trois artères du cordon; suivons* les maintenant dans leurs rapports et leur distribution. Vartère spertna^ tique occupe à peu près le centre du cordon, entourée et enveloppée par les veines, et éloignée du canal déférent ({ui est plus en arrière par un intervalle qu'A. Cooper évalue de 6 à Ti millimètres. A une certaine distance de l'épididyme, qui \arie de 3 à 8 centimètres, elle se divise en deux branches : l'une, qui se i^nd au testicule ; l'autre, qui se distribue à la fois au testicule et à l'épididyme, et qui communique par de larges anastomoses avec Vartbre déférente. Celle-ci, un peu plus petite que la précédente, descend en serpentant sur la tunique du canal déférent, dans toute la longueur du cordon ; et vers la queue de l'épididyme se divise à son tour en deux branches dont l'une, anastomosée avec l'artère sper* matiqno, va comme elle an testicule et à l'épididynie, et l'autre se rend
è h tmiqne vaginale et au crémaster . Enfio Y artère a'émotiérifue^ la plus aeperficîelle des Irais, descend le long du crémaster, et flnit en s*anasto- Hwsant , d*une part avec la spermaiique* de Taulre avec les dernières nmificaiions de Tartère de la cloison et des honteuses externes (1).
Ainsi, i la partie supérieure du cordon, où on le coupe généralement dans Textirpation du testicule, on ne trouve guère que les trois artères à lier ; plus bas, outre la bifurcation de Tartère spermatîqne (et A. Gooper en a fait dessiner une qui offre trois branches de terminaison à peu près égaies), il faut compter encore les ramuscules latéraux fournis par toutes ces artères, et qui, lorsque le testicule est malade depuis longtemps, peu* vent acquérir un volume k réclamer la ligature.
Ces données nous permettront de rectifier certaines idées entrele-^ nues par les chirurgiens au sujet des opérations qui se pratiquent sur les vaisseaux du cordon. Cih. Alaunoir avait imaginé d'atrophier le testi* cole, dans les cas de sarcocèlc, en liant l'artère spermatique. D'abord c'est déjï une opération laborieuse que d'aller fouiller au milieu du cordon pour y chercher cette artère ; la seule fois où je l'aie vu pratiquer, la gangrène survint et emporta le malade. Mais, tout danger li part, cornment le chirurgien parviendra-t-il à se diriger? Mannoir tenta trois fois cette ligature; toujours il fut obligé de lier plusieurs artères, sans jamais savoir au juste celles qu'il liait. L'oblitération de l'artère spermatique remplirait mal d'ailleu» l'indication proposée; le sang reviendrait trop facilement au testicule par tes deux autres, illalgré la multipitcité de ses futures, Maunoir n'obtint l'atrophie de l'organe que sur son premier naïade ; chez le second, le testicule revint tout simplement i son volume normal; le unoisième n'obtint aucune diminution de sa tumeur, et en ré^ ctama rampuution (2).
Si donc on se croyait autorisé à renouveler ces tentatives, le premier soin de l'opérateur, an lieu de lier une seule artère, devrait être de les lier tontes trois. Serait*on même alors assuré de réussir? Amussat avait fût celte triple ligature pour un énonne varicocèle ; le testicule s'atrophia et le varicocèle parut guéri, mais il récidiva plus tard (3).
Si comment expliquer cette récidive ? D'abord les anastomoses natiH
(1) A. Cooper, Obs. on the Structure amd DUeatetof tke r«il»s, p. Î9 i 38 ;— Hnsekke, Eneifçtopédi» anaiomiquôt Paris, 1845, t. V, p. 368.
(3) Mélangée de chirurgie étrangèrûf Genève, 1825, t. Il, p. 317.
(3) Voir ÀreMvee générales de médacnie, i829, t. XIX, p. 461 ; et 1845, t. Vni,p. 288.
m) TRONC.
f^les des artères da scrotum avec l'artère crémMtériqne fnBinieiit déjà pour ramener le sang dans les taisseaux liés ; mais nous savons d« pins <(u*on ne lie nulle part les artères principales sans que la nature t«nd« à créer une circulation collatérale. Ajoutée Finfluence d*une affection déjà ancienne, et vous comprendrez que ches son dernier malade, qui avait eu trois artères liées, Maunoir pratiquant, au bout de quatre nioiSi t'extirpatioti du testicule, ait eu k faire près de vingt-cinq ligatures, toit au scrotum soit au cordon.
H y a une autre opération où les artères du cordon sont compromises: c'est lorsque, par un procédé quelconque, on divise les veines affectées de varicocèle. Lorsque Brescbet imagina de les attaquer sans dtKsection préalable, il s'attacha surtout à écarter des veines le canal déférent : ê quant aux artèreê et aux nerfs, disait- il, ieur petit volume ne per* mettait pas de les isoler et de les mettre de côté. » Mais un peu plus l^rd, il imagina que l'artère spermatique était intimement unie au canal déférent, facile en conséquence k séparer des veines; et M. loindoucy ne sraignit pas d'écrire : Cest sur cette donnée anotomique qu*est fondé le procédé de M. Breschet (1). C'était commettre deux erreurs d'un coup, tt l'erreur anatomique n*c8t pas la moindre. Elle a cependant été adoptée sans réclamation par les chirurgiens qui, en sauvant l'artère spermatique, as figurent être suflSsamment en garde contre l'atrophie du testicule. Répétons d'abord qu'ils ménagent ainsi tout au plus l'artère déftreote; et s'il est vrai que celle-ci entretienne généralement la nutrition do testi* oale, rappeloiis-nous pourtant que Hlaunoir. en liant les autres artères du cordon, a obtenu une fois l'atrophie qu'il désirait ; et que Delpech est mon assassiné par un homme auquel il avait lié les veines sperme* tiques, et que Tatrophie consécutive des deux testicules avait réduit k ' l'impuissance (2). Amussat, Kant les trois artères, a vu pareillement le testicule s'atrophier sans même assurer à sou malade nue guérisos par* ODaaente ; de tels faits valent la peine d'être médités.
Les veiws du cordon viennent à la fois du testicule et de répididjrmes elles sont fort nombreuses et irrégulières, se contourneot, s'enroukot Isa unes sur les antres, el communiquent par de si nombreuses anastomoses, qu'une injection poussée par les branches supérieures pénètre
(1) ^xtÊC\ïti^Mémoir9surunen»HveU9méihoA9âs traUÊrlêmr(eoeèk;Oû9$t»$ médicale, 1834, p. 35; — Landouiy, Sur la nalwrêellê irailamem dueorfaocêU; Jowrn, est eonnaiss» médleo-ehlrurffiealatt mars !83S, p. 90.
(2) GazeUe médicale, 1832, p. 739.
nu BASStN. 394
tMment dans tout le réseau. Cette maltiplicité des commanlcations rend infltsamnient compte d'un phénomène pour lequel on avait cherché Aeè . eipHcations tout hypothétiques ; je veux parler des récidives du varicocèle, tîdal (de Ca&sk), après bien d'autres, sMmaginait que les veines coapées pir la ligature ou de toute autre manière redeviennent perméables an sang, par l'absorption plus ou moins complète des caillots ; et II avait combiné son procédé d'enroulement dans le but de diviser les teines du cordon à plusieurs hauteurs différentes (1). J'ai fait justice de la théorie ; les veines sont aussi solidement oblitérées par une simple ligature que par tout autre procédé ; et comme il n'en est aucun qui oblitère tontes les anastomoses à la fois, aucun aussi ne met ï l'abri de k réddlve.
Le varicocèle est une affection fort commune, surtout à gauche; sur cent vingt sujets, Breschet ne l'avait vu à droite qu'une seule fois. Pour apfiquer sa fréquence, M. Landouzy a allégué l'absence de valvules dans les veines du cordon ; et celte erreur a été répétée par d'autres. IL Pmnaire a disséqué ces veines sur douze sujets ; non-seulement il les a trouvées constamment munies de valvules, mais, chose remarquable, les veines du côté gauche semblent même en avoir un peu plus que les autres (2).
Quant à la prédisposition Incontestable du côté gauche, on en a aussi demandé le secret à l'anatomie, et les théories anatomiques sont déjli asKl nombreuses. Ainsi, l'ou s'en est pris à la disposition des veines speroiatiqDes dans l'abdomen. Lorsqu'elles ont dépassé en haut l'anneau inguinal supérieur, elles se réunissent assez promptement en un trono eonmon qui remonte le long du muscle psoas, et va se jeter, à droite, éuM la veine cave au-dessous de la veine rénale ; I gauche, dans la veine #éDale même. Tout d'abord J.-L. Petit avait été frappé de la pression qM peuvent exercer sur la veine spermatique gauche les matières fécales •ecaraulées dans 1*8 iliaque. Par malheur H. Landouzy a noté précisément qoe, Mf dht-sept individus porteurs de varicocèles k gauche, du seul Hilt Mijnt I one constipation habituelle.
Mnrgagni an siède dernier, A . Gooper dans le nôtre, ont appuyé sur fmnèaniliuii tf fléreniir des dent veines. Ainsi h veine droite rejoignant
(t) Vidal, De la cure du varicocèle par l'enroulement^ etc. ; Annales de la eMmryitf, t. XII, p. 146. — Voir aoMi ce que J*ai dit de la question générale, 1. 1, p. MY et SS9.
t3) Pranalre, Du Mnooc^, tlièse inaog., StraslNmrg, iS5l .
398 DU TfiONC.
la Teine^cave aoos an angle trèg aigu, le cours du sang est presque pa« rallèle dans Tune et dans Tautre, el les denx courants se mêlent sans aucun obstacle ; tandis que la veine spermatique gauche arrivant à angle droit dans la veine rénale, la colonne sanguine qui parcourt celle-ci semble devoir admettre plus difficilement le mincç filet qui revient par Tautre. A Tappui de cette idée, Vidal (de Cassis) racontait que sur ua sujet qui portait un varicocèle à droite, le cœur et les vaisseaux étaient transposais. Je ne peux toutefois regarder ce fait que comme une simple coïncidence ; et ayant eu occasion d'opérer un varicocèle du côté droit« je me suis assuré que le cœur était bien à sa place (t).
On a aussi accusé la longueur plus grande des veines spermaliques gauches. D*abnrd le tronc veineux de ce coté remonte plus haut que Tautre pour atteindre la veine rénale ; M. Pruoaire estime la différence i 3 centimètres. Mais pour plus de rigueur, sur quatorze sujets de Vàg^à de trois mois à soixante-dix ans, il a mesuré ces veines depuis leur embouchure jusqu'au testicule, et il a trouvé pour différence :
Sur 3 cnfaDts de 3 mois à 2 ans 1 à 2 ceofimètref .
6ar 10 adultes ou vieillards, de 30 à 70 ans, t à 3 —
Cela s'accorderait assez mal avec les 3 centimètres de différence do niveau des embouchures, d'autant que le testicule gauche est lui-même généralement situé plus bas que le droit M. Pruoaire dit aussi avoir trouvé le testicule gauche plus lourd que l'autre ; je reviendrai sur ce point tout à l'heure.
Le canal déférent, situé en arrière du cordon, a des parois qui ont près de i millimètre d'épaisseur pour un canal d'une laiigeur à peine égale ; aussi peut-on facilement le sentir à travers b peau, où il présente sous les doigts un cordon cylindrique résistant. Je. n'ai pas pour le moment à le suivre dans l'abdomen et le bassin, où il va rejoindre les vésicules séminales ; dans le cordon proprement dit, il descend verticale* ment jusqu'au sommet du testicule, puis se place derrière l'épididyme qu'il longe jusqu'à sa partie inférieure, mais en décrivant dans cette courte partie de son trajet des flexuosités si nombreuses, que lorsqu'ea le déplisse, on ne lui trouve pas moins de 16 à 18 centimètres. C'est le canal excréteur du sperme ; et l'on a aussi songé à ToUitérer pour pro«
(I) Malgatgne, Des tumeurs du cordon spermatiquet thèse decouamn, 1849» p. 3G.
DU BASSIN. a93
cnrer Tatrophie du testicule. Morgan avait eo l'idée d'éviter ainsi la tratioti chez le cheval; et Lambert ayant expérimenté aar des chiens la section et la résection du canal déférent, dit avoir en effet obtenu TatrcH phie de Torgane (1). Mais ce résultat est loin d*étre constant: bien avanl Lambert, dès 1823, Â. Cooper avait divisé ce canal snr un chien ; et six ans après, le testicule, loin d*étre atrophié, avait plutôt un peu augmenté de volume. Curliug et M. Gosselin ont depuis répété ces expériences : one fois seulement Fatrophie a eu lieu ; dans tous les autres cas, après deux, quatre, huit et dix mois, les testicules étaient en excellent eut et gorgéa de sperme (2).
M. Gosselin a vu aussi plusieurs fois chez Thomme roMitération complète, soit du canal déférent, soit de Tépididyme, sans atrophie et mémo sans altération sensible de la sécrétion du testicule; et notamment ches un sujet âgé de vingt à vingtTcinq ans, roblitératioii devait être bien ancienne, puisque le canal déférent était ramené à Tétat de tissu celhi* laire dans une étendue de 8 à 10 centimètres (3).
D'où vient une telle disparité dans les résultats? Snr le chien qui eot k testicule atrophié. Curling avait divisé en môme temps l'artère défé« rente ; et k Tautopsie il trouva Tartère spermalique oblitérée, probablement par Teffet de l'inflammation traumatique ambiante. Si donc on voulait obtenir une atrophie semblable, ce ne serait pas assez de détruire l'un des éléments du cordon, et le plus sûr serait de les attaquer en masse. Curling a ainsi déterminé l'atrophie chez un chien, en coupant le canal déférent et liant le reste du cordon, qu'il coupa aussi an-deasoQi de la ligature. Peut-être cependant risquerait-on de voir le testicule tomber en gangrène ; et le cas est arrivé à la suite de sections du cordon bien moins complètes. Enfin il convient de rappeler que, si l'atrophie peut s'emparer d'un testicule sain on pris seulement d'une affection bénigne, il n'en serait probablement pas de même si le tissu était àétuh tnré par une dégénérescence.
Tenons maintenant aux enveloppes du testicule et an testicnle même. Le testicule est enveloppé comme le cordon, d'abord par l'expansion fibro-celluleuse du grand oblique qui descend du pourtour de l'i
(t) ArehivM génér. éd mOacku^ f 8S8, t. XVII, p. 613.
(S) À. Cooper, Op. cUaio^ p. 51 ci pi. X ; --• Curling, Trailé te motodief du tM/kiiie, trad. fr., p. 12.
(3; Gûsselio, Mémoire sur lei oblUéraikms det oofos tpermailque$; Àrckkm génér. de médfcinf, I8A7, 1. \lVy p. 405; et t. XV, p. 40.
iogoinal, pvis fNrr k prolongement do fascia transverêolis, comprenant «atra eai les dernières anses du crêmaster. J'ai dit que {^expansion da gniid olbliqae n'a gnère d'existence indépendante qu'aa-dessns dn nivean de la verge, et qoe plus bas elle se confond avec les lames sous- Jaoentes. Mais un fait Important à signaler, c'est que, dans l'état normal, elle est toojoors facile â séparer avec le doigt du dartos ; bien plus, sur des sujets qui portaient des hernies énormes, j'ai pu plus d'une fois, après avoir mis à nu cette enveloppe, énucléer d'un seul coup le testi- OQle avec le cordon et la hernie. De là un précepte nouveau pour l'opé^ ration de la castration. Dnpuytren commençait par saisir le testicule en arrière et sur les côtés, au moyen du pouce et des doigts placés en sens opposé, de manière k le repousser en avant et à tendre la peau dans le Blême sens ;k peine l'incision des téguments avait-elle une dimension suffisante, que l'organe malade s'échappait au travers comme un noyau qu'on «basse d'entre les doigts (1). Riais le testicule demeure alors enveloppé du dartoSy qu'il faut séparer sur la ligne médiane de celui de l'autre côté ; et Vtm blesse ainsi presque à coup sûr l'artère de la cloison. L'énucléatioo se fyt plus nettement et i moins de frais de la manière suivante ; je divise lOBtes les couches appartenant au scrotum, le dartos compris, et alors (pissant le doigt entre le dartos et les envelop|)es du testicule, j'isole celui-ci de leiis côtés. Dans le cas même où le testicule semble adhérer aux cou*ohes sous -cutanées, H suffit de séparer celles-ci avec l'ongle ou le bout d'mie spatule, et le doigt opère ensuite Ténucléation avec une rapidité Mlmirable, sans léser ni vaisseaux ni aucun des organes voisins.
La itmique veginûle est une séreuse dont le feuillet pariétal enveloppe It testicule en avant et sur les côtés; et le feuillet interne est si inlimeF- BBSBt confondu avec la tunique aibuginée qu'on ne peut les séparer, et qa'eHe est réduite en réalité k l'état de surface séreuse. Âu côté interne, eHs se réfléchit sur le testlenle au voisinage de l'épididyme, sans que ce dernier en soit recouvert; au côté externe au contraire, elle commence par reeDovrtf la tête et une partie du corps de l'épididyme, qui fait ainai QM sslHie très apparente dans sa cavité, ce qui peut servir à distinguer !• lailieiile droH en poche. De la tête de l'épididyme, la séreuse passe immédiatement sur le testicule ; mais en dedans du corps de l'épididyme, elle se porte un peu en arrière avant de rejoindre le testlcole, de manière à laisser entre eoi on iniervalle creusé on eoMesac, que quelques* ons ont appelé le sac de t'épididyme^ et qui peut admettre le bout du doigt
(1) Méi»ekkê opérak^ ê$ SoèoMsr, tSS9,l. 111, p. 9SI.
DU lASStN. IM
A. Geoptr, le pramler, a?iit tigiialé une tariété 4'bydroeèleoè b Hqoido i'amasBe en arrière dans aoe poche apéciaie eommuniqoant aree la tiN nique vaginale ; mais il ne l'avait pas rapportée h sa véritable origine* CorKng a pins attentivement considéré les choses ; il a résonna qoe la poche anormale est située en dedans dn testlcole, mais a tonjonrs sm ouverture de commonicadon en dehors* entre le testicule et le corps d^ i'épidldyme, et qu'elle est formée par la distension dn sac de i'épldidymew
La tunique vaginale recouvre complètement Textrémité inférieure da testicule I elle ne tapisse qu'en partie son extrémité supérieure, au doih de laquelle elle remonte sur la tète de Tépldidyine et même un peu sur le cordon. Tandis que le testicule n'offre guère en hauteur que hkS ceiH timèires, la tunique vaginale en a près de 7, et même plus encore) tandin que sa largeur ne dépasse pas 5 centimètres et demi. CJeh n'est pas sani intérêt pour l'histoire de Thydrocèle ; Boyer raconte que dans le principe il affecte une forme ronde, qu'il change en grossissant pour une fariM ovale à grosse eilrémité inférieure: Curling le décrit comme one tumeof avale ou pîriforme. Je me sols attaché depuis une diiaine d'aimées à vérIAer la forme de tous les hydrocèles que j'ai eus k traiter; je n'en aï pas vu un seul rond, comme le veut Boyer; assez fréquemmenl ils ioai ovofdes, mais le plus souvent peut-être ils se présentent avec un léger renflement supérieur séparé de l'autre par un rélrécissesMUt trèi lea^ aîMe, rétrécissement qui siège pour l'ordinaire au point oA le eardaa atteint le testicule, en sorte que le renflement supérieur occupe un pn^ kmgement de la tunique vaginale qui remonte plus oh mmns luint le cordon.
D*oè provient cependant le rétrécissemantî De b dbpositioa •araique de la gaine Gbretise du cordon. Dans tonte l'étendue de orini*ai| sa gaine est séparée des nerfs et des vaisseaux de l'intérieur par m tbm odhibire Hche, abondant, quelquefois mêlé de graisse. Au moment où b cordon cesse, elle se continue sur la tunique vaginale, mais en y adhè» ram fortement, et présentant même quelquefois un rétrécissenient draniaira. C'est pourquoi la plupart des tumeurs et des engorgenmta éa cordas s'arrêtent II la partb supérieure du testicule ; tas hernies vagî^ naies accidentelles ne descendent plus bas qu'en refouhm la laniqna ▼aginate même, ce qui est rare. Ajoutez enfin, pour ce qui concerne l'hydrocèle, qoe fréquemment la tunique vaginab elb-méme, au lieu de s'oblitérer aa bas du cordon, ne présente là qu*ua rétrécissement communiquant avec une autre portion qui a aussi persisté plus haut, comme nous le Terrons à l'article du développement.
Il faut noter encore que la tunîqae yaginale à sa partie sapfrieore ne tapisse que la partie antérieure des vaisseaux du cordon, en sorte qu*ane bemie accidcoteile suivant ceux-ci jusqu'à la partie supérieure du tesdenle, se trouve en partie recouverte par la tunique vaginale même; et c'est pourquoi Hey recommande. lorsqu'on ouvre le sac herniaire, de ne pas prolonger Tindsion jusqu'en bas, de peur d'ouvrir la tunique vagi« naie« Hais lorsque celle-ci remonte en avant du cordon au-dessus de ses limites accoutumées, elle peut recouvrir le sac herniaire dans presque toute son étendue, et embarrasser le chirurgien qui, l'ayant ouverte, se croit dans le sac et n'y rencontre pas d'intestin. A. Cooper a décrit eette disposition sous le nom de hernie enkystée de la tunique vagi-* nale, en la rattachant à la hernie vaginale même. Comment il était arrivé à cette détermination , c'est ce que je me réserve de dire plus tard ; bornons-nous pour le moment à constater que cette sorte d'emboîtement du sac s'explique naturellement dans les hernies accidentelles , et beaa* coup mieux assurément que dans les hernies vaginales.
Le testicule se trouve donc placé au-dessous du cordon, coiffé 11 sa partie supérieure par la tétc de l'épididyme, enveloppé en avant, sur les côtés, et en bas par la tunique vaginale ; et déjà de ces rapports on peat déduire que dans l'hydrocèle, il se trouvera à la partie postérieure, et plus ou moins élevé dans le scrotum ; suivant A. Cooper, il répond anx deux tiers inférieurs de la tumeur; Curling dit un peu au-dessous du centre; sa position varie d'ailleurs avec la quantité du liquide. Une anomalie assez grave est celle où le cordon et conséquemment Tépididyme et le testicule répondent à la partie antérieure de la tunique vaginale, disposition heureusement très rare, mais qui n'en fait pas moins une loi au chirurgien de s'assurer de la position du testicule avant de pratiquer la ponction.
Les testicules n'ont pas le même volume. M. J. Cloquet, en les pesant comparativement avec leurs épididymes sur un sujet très fort et bkn conformé, avait trouvé, pour le droit, 2M',32 ; pour le gauche, 22*\8&; près de 1 gramme et demi de différence. An contraire, H. Prunaire, en pesant les testicules seuls, a vu presque constamment le testicule gauche fopArieur en poids. La différence éuit :
Ches 3 enftintt de S mois k S aof . . • . OfSOi à 0,30
^ 3 bommes de 80 à 35 ani 1,00 à 9,oe
-« 6 — de40à70aot 0,40 à 3,00
Un f ieillard de Boixante et dix ai» les avait égnox eo poids; on aotre dtt méfne âge avait le testicalc droit plus pesant de i gramme, mais il portail M hydrocèle k gauche ; enfin, chex on liomme de dnqnante-doq ans, où un faricocèle ancien avait commencé d'atrophier le testicule gauchot M pesait l^^^SO de moins que le testicule droit. Sans doute ces iails son! enoore en bien petit nombre ; mais le résolut paratt si étrange an pre« mier abord, qu*il sera bon de poursuivre ces recherches, et peut-être k poids do testicule gauche ne serait pas sans résulut sur la plus grande jongoeur du cordon et sur la production do varicocèle.
Le testicule est composé d'une tunique fibreuse et d'un parenchyme spécial. La tuoique fibreuse, dite membt^ant albuginée, est d'un bhnc opaque nacré, à raison de la séreuse qui la revêt, dense, forte et rési»^ tante ; et Rocheux avait tiré de cette résistance un puissant aigument contre l'opinion qui regardait comme une orchite la chaudepiase tombée dans les bourses. Ou voit quelquefois dans cette affection le scratom prendre en quelques heures le volume d'un œuf d'oie : évidemment la membrane alboginée ne permettrait pas on dévefoppement si subit d9 testicule.
Le parenchyme testiculaire, très mou, se présente d'abord sous Tap* parence dune pulpe jaunâtre ou grise« avec des marbrures rongeltres; mais examiné avec soin, on reconnaît qu'il est formé d'une immense quantité de filaments très déliés, entrelacés et repliés en tous sens, et lâchement unis les uns aux autres; ce sont les tuiuli ou canaiieule$ ëémmiferes. Monro évaluait leur diamètre k un huitième environ de mil» limètrc, la longueur de chacun d'eux â 25 millimètres, leur nombre ) 62,500, ce qui ferait nnc longueur totale de plus de 1 kitomètre et demi. Dans les plaies qui intéressent le testicule, ce parenchyme se tuméfie, et bit saillie i travers la membrane albuginée : il faut prendre garde de k tirer au dehors, en le confondant avec du pus ou nue eschare. J.«L. Petit est tombé dans cette erreur ; heureusement 11 s'aperçut â temps qu'il tirait la propre substance du testicule, laqueik se développait, dit«îl, comme im peloton de fiL II cite un autre cas où le testicule avait été ainsi dévidé tout entier et réduit â sa tunique albuginée. Quelque chooe d'analogue peut avoir lieu lorsqu'un épanchement de sang s'étant Ut à h fois dans le cordon, la membrane vaginale et le teslicok, tous les rap* ports sont masqués; et k parenchyme testiculaire, mêlé de sang, res* sembk â une pulpe sans organisatkn et sans vie. J'ai vu, dans un cas de ce genre, im chirurgien habile d*aillenrs pénétrer avec le bisloori dans k testicnk, en extraire tonte cette pulpe* et s'étonner ensuite de l'ab^
iOMse dt l'«rgioe. La mort da malade ine permit de constater là méprise par aoe exacte disseclîoii.
Quelquefois la hernie da parenchyme se fait à travers une niptaré <m une ulcération spontanée de la tunique alboginée; c'est ce que l'on • appelé /bngus bénin du tesiieule. Le traitement en est resté longtenq» sinfulièrement irrationnel et barbare ; on cherchait à le recoovrh* d'une dcatrice à l'aide do topiques astringents ou cathérétiques ; à le refouler I l'intérieur par la coiiipreesion ; à le détruire par la cautérisation, la ligature, l'excision; et l'onnvait même eu recours à la castration. J'ai essayé ée recouf rir le fongus avec les téguments par une sorte d'oschéopiastie, •t j'avais complètement réussi^ lorsque j'ai appris que M. Syme (d'Edimbourg) avait eu avant moi la même idée et le même succès.
Les canalicules séminifères sont d'ailleurs réunis en lobules, lesqueb iont séparés par de miuces cloisons de tissu cellulaire. Ces lobules sont oonoides, ayant leur base tournée vers les parties antérieures et latérales dn testicule, leur sommet vers son bord su{)érieor et postérieur. Vers ce point, chaque lobe se termine'par un canal droit; ces canaux s'anasto-* mosent de manière à former un réseau, duquel enfin partent les cmuluiiê tfférenU^ qui traversent la membrane albuginée pour se rendre à la tête de l'épididyme. Jusqu'ici ces données semblent se rapporter seulement h l'anatomie pure ; nous arrivons au point où elles intéressent la chî» nrgie.
Vépididyme est un petit corps obloog, vermiforme, recourbé eo •roissant le long du bord postérieur et supérieur du testicule, auquel il ^latt comme surajouté. Son extrémité supérieure ou sa têie, plus volo* mineuse que tout le reste, recouvre et coiffe en quelque façon l'eitré- ■lité supérieure du testicule ; sa partie moyenne, ou sou cotyM, s'écarte tu dehors de manière à laisser en^re elle et le testicule cet espace connu anus le nom de tac de fépididyme; enfin sa ^necie.ou partie inférieure, le rapproche du testicule auquel elle adhère intimemeut L'épididyme est essentiellement formé par un canal unique très grêle et très étroit, car on ne lui donne guère qu'un quart à un tiers de millimètre, inab tellement replié et pelotonné sur lui-même, que lorsqu'on le déploie il acquiert une longueur de 6 à 10 mètrea. Ces replis multipliés sont reliés entre eux par un tissu cellule fibreux qui donne à l'épididyme sa fonsi et sa consistance, et là parait être le sii*ge principal de la chaodepiase tombée dans les bourses ; il est rare même, après que toute inflauim** tiao a disparu, d'obtenir la résolution complète du gonflement de l'épi* didyaie. Or, oomme le canal épididymique aboutit au canal déiénuit, et
DO tâS8lM« M*
qpH n'exiite pM d'antre von poar VnçrtAm ém sptrtM, «^teh om quesUoQ gra?e que de safoir jiisqa*à quel poîot k ionflooiait chnMriqiM de répidid^me faisait obstacle au paaiage da liquide fécoadant. La qMi^ tioo a été réaoliie par lee recherchée de M. GoaeeiiQ* Sor qDÎjiie iodii idos ayant ks deux épididymea indurée depuis quel* . I ques semaines on quelques mois, le sperme on plutôt la liqueur éjacniéu \ \ n'offrait aocaoe apparence de spemiatoioides;treiie n'ont pu être suiTÎs; \ ches les deux derniers, les spermatosoides, après avoir manqué duraul quelques mois, out heureusement reparu, et leur retour a ooincidé a? ec U disparition complète de l'une des indorations.
Sur qoatire autres individus ayant les deux épididyoïeB indurés depuis \ qinatre, cinq, six et dix ans, il y avait pareiHemeat absenoe complète de 1 ipermatoxoîdes; trois d'entre eux étaient mariés depuis plusieufs années ' sans avoir eu d'enfants.
Ainsi l'épididymite chronique £ùt obstacle au passage du spenne; et si elle existe des deux côtés, elle a pour conséquence la stérilités Tout** fois» chose remarquable, tous ces sujets conservaient, quant à l'apparenoe leurs facultés viriles complètes; désirs, érections, éjaculations, tout se passait à Tordinaîre ; les testicules n'avaient rien perdu de leur volume} Us ne souffraient jamais, même après l'éjacnlatioo ; et enin le liqnide rendu ressemblait au sperme normal par la quantité, l'odeur et la ooo* leur (i).
Lorsque le corps ou la queue de l'épididyme sont envahis par h tubercttlisation, l'excrétion du sperme est également abolie, et l'extirpaliou du tubercule n'ajoute rien au dommage causé par la mahdie. Dans la discussion que je soutins sur ce siqet à l'Académie en 1851, on n'ob» jectait que le testicule demeurait pour le moins inutile, et qu'autant valait l'amputer lui-même. Je répMidais par l'expérience d'A. Gooper «t les premières observations de tM. Gosselin ; celles qu'on vient de lire jettent encore un nouveau poids dans la balance. La sécrétion du speme, même sans excrétion possible, entretient à la fois la vigueur physique et morale; et les malades, consolés par ce qui leur reste de virilité apparente» ne se préoccupent pas trop de la réalké perdue. Il en va tout autrement quand les testicules out été enlevés ; l'eunuchisme ne tarde fas à se développer avec toutes ses conséquences, heurvux quand il ne réduit pas l'opéré au désespoir. A. Gooper a suivi le décroissement des
(i) Gsfltelio, SouvéUn ékiHks sur VoUUérotitm dn voies ipumifiiusi, Ank. §émir. 4ê médee,^ 1853, i. II, p. 257.
fonctions sexodies sur on homme qui avait perda un testicule en 1791 et Taatre en 1801. Pendant la première année qui suivit, il eut des ërec* tions, se livra au coït, eut des émissions liquides. La deuxième année, érections et coït, sans émission ni sensation. Après ces deux ans, émissions rares, très imparfaites, cessant d*ordinaire dès qu'il tentait le coït. Dans la dixième année, un seul essai. Enfin, revu après vingt-huit ans, il n'avait depuis longtemps que des érections excessivement rares et incomplètes; la verge était flétrie et atrophiée (1).
Mais lorsque les tubercules attaquent une partie seulement de la tête de répididyme, il est possible de les enlever sans abolir absolument Fexcrétion du sperme ; ceci tient à la disposition anatomique que voici.
Le canal épididymique remonte bien jusqu'au sommet ; mais il reçoit isolément, et les uns au-dessous des autres, les conduits ciïérents sortis du testicule. Le nombre de ces conduits varie ; A. Cooper le porte i treixe ou quinze à l'état normal ; mais souvent on en trouve plusieurs oblitérés, et il n'en reste que six ou sept de perméables, ce qui suffit à l'accomplissement des fonctions génératrices. D'après les expériences de M. Gosselin, les canalicules séminifères correspondant aux conduits oblitérés ne perdraient même pas toujours pour cela leur sécrétion. En portant une injection très fine dans l'épididyme, une fois que le liquide est arriré dans un ou deux des conduits efférents, le plus souvent la tête de l'épi* didyme cesse de se remplir, l'injection marchant dans le testicule ; mais un peu phis tard, on la voit refluer de bas en haut dans ceux des conduits efiérenls qui ne s'étaient point injectés par la voie directe, et cette injection rétrograde remplit plus ou moins la tête de l'épididyme ; chex quelques sujets même elle la remplit complètement. A quoi sont dues ces oblitérations? Probablement, dans beaucoup de cas, aux inflammations de l'épididyme ; mais comme M. Gosselin les a trouvées plus fré* qnentes chez les adultes et les vieillards, il incline à croire qu'elles arrivent aussi par les progrès de l'âge. Souvent aussi elles coïncident avec la présence de kystes plus ou moins volumineux dans cette région; M. Sappey regarde ces kystes comme le pit)duit de la dilatation consécutive des conduits efl'érents ; et déjà A. Cooper inclinait à rapporter la formation des kystes de l'intérieur du testicule à l'oblitération des canalicules séminifères. M. Gosselin semble accepter cette origine dans quel*
(I) Mfllgaigne, Du traUement des ulcères tuberculeux du tesUcule par une opé*' rolfon pouvtlle; Revuemédiv(hchirurg,t U X, p. 17 ; ^ et Résumé de la ditcuê^ 9km dû fAcaaémi9 sur ce sujet; Bulletin de l'Académie de médecine^ t. X?I| y. 1054etinS.
qiMs GUv bien qu'il la rejette pour le plas grand nombre; la question est encore à jager (l).
3° Développement.
Le développement da scrotum se fait par deux moitiés latérales, et le raphé de la ligne médiane est un dernier vestige de la séparation primitive. Quelquefois elle persiste; les deux moitiés du scrotum simulent les grandes lèvres de la vulve, et presque toujours Tarrêt du développement, s'étendant à l'urètre et k la verge, laisse des doutes sur le sexe réel de rindividu, ou bit croire à un prétendu hermaphrodisme. Je reviendrai sur ce point en traitant du développement de la verge et du périnée; ce qui doit en ce moment appeler toute notre attention, c'est le développement et la descente des testicules.
Jusque vers le septième mois de la yie intra-utérine , le testicule se trouve dans l'abdomen , d'abord immédiatement au-dessous des reins, puis s'en éloignant peu à peu , en sorte qu'à sept mois on le trouve appliqué immédiatement sur l'extrémité supérieure du canal inguinal, ou même déjà un peu engagé dans l'intérieur. Il est alors aussi complètement enveloppé du péritoine qu'il le sera de la tunique vaginale dans le scrotum; il en est de même de l'épididyme, qui peut ainsi servir à distinguer le testicule droit du gauche; bien plus, le péritoine envoie dans le canal inguinal un petit cuMe-sac, analogue à celui qui accompagne le ligament rond chez la femme, et qui, précédant le testicule dans sa descente, formera le fond de la tunique Taginale. Enfin l'extrémité inférieure du testicule et la queue de l'épididyme sont fortement attachées au gubemaculum testis, sorte de ligament très volumineux en ce point, qui traverse en s'effilant le canal inguinal, et s'élargit au-dessous pour aller s'insérer à trois endroits diflérents, savoir : les fibres les plus externes sur le ligament de Fallope, les plus internes au niveau du pubis, les moyennes à la partie externe et postérieure du scrotum, et jusqu'au fond du scrotum même. Sur un jeune homme qui pouvait à volonté faire remonter son testicule à l'anneau par la contraction du crémaster, M. Godard a noté que la partie inférieure des bourses, au heu de rester pendante» se retournait en dedans et formait lu creux sensible sur le côté
(i) QofMliDy Prûmier mémoirû; Areh, génér. de méiêcin$f 1847« C XY, p. 46.