‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2 (volume 2)Chapitre 5 sur 51 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le radds est la partie fondamentale du corps humain, celle qui natt la première, et à laquelle se rattachent toutes les antres ; si bien que des intelligences élevées ont pensé que la vertèbre, élément du racUs, était également l'élément radimentaire de tout l'organisme, que chaque partie du corps n'était qu'une vertèbre surajoutée aux antres; et ce système, appoyé sur des raisons puissantes lorsqu'on le restreint an bassin et au crâne, a eu comme toot système ses exagérations, lorsqu'on a voulu l'appliquer à la formation des membres.

Le rachis nous présente à étudier : 1* les parties molles qui le recouvrent, n^on rachidierme ou spinale; 2" le squelette ou colonne épinière ; 3* sa cavité avec les organes qui y sont contenus.

S S«v. — Béntai epteale»

1* Limùe$»

Les limites de cette région sont assez bien marquées supérieurement par la racine des cheveux, inférieurement par le sommet du coccyx, ùdie h sentir sips la peau ; mais sur les côtés ^lles ne sont pas aussi maniiestes. An cou, je l'étendrai jusqu'au bord antérieur du trapèze, en y comprenant les attaches de ce muscle k la clavicule et à l'omoplate. Plus bas, je prendrai pour limites le bord postérieur de l'omoplate ; puis, h II. 5

«t tV TRONC.

pAttlir de l'angle inférieur de cet os, les angles des côtes et le bord externe da inttÉele sacro-spinal ; tout à fait en bas, la région se limite d'elletUême dans les gouttières du sacrum.

Ce Vaste espace a été divisé par les auteurs en quatre régions secondaifêft : 1* la nugue ou région arviadei limitée en bas par une ligne tkéé de Tapôphyse épineuse de la 7* vertèbre à rattache daviculaire du trapèse ; s* la i^égion dorsale^ terminée par le bord libre des dernières OMei ; I* la région lombaire; et enOn k* la i^^ion sacrai

Cette division est très naturelle si Ton ne considère que le squelette ; elle Test beaucoup moins quand on l'applique aux parties molles, et il serait plus simple de décrire en totalité la région spinale, comme a fait Meckel, avec ses quatre couches musculaires : la première formée du trapèze et du grand dorsal, et occupant presque toute la région ; la seconde, moins régulière, oohstiltiée par le rhomboïde, Fangulaire de Tomoplate, les dentelés postérieurs et le splénius ; la troisième par le sacro-spinal, le grand et le petit compleins ; enGn la quatrième, consti tnée par les inter-épineuz et les inter-transversaires, auxquels se rallient les muscles droits posténeurs, les deux obliques et le droit latéral de la Mte. J'ai suivi cependant la marche ordinaire, dans le but de préciser mieux Tétude des rapports en les considérant sur des surfaces moins étendutaL

Région cervicale. — Les couches à traverser pour arriver aux vertèbres sont :

!*> La péàu, très dctiiie et très épaisse, ct^atitatlt plus adhérente qu'on b considère plus haut et principalement sur la ligne médiane ;

2'' Une couche cellulo-graisseuse dense, oÛ il est assez difûcile de reconnaître le fascia superficialis, et la lame d'enveloppe du trapèze;

5° Sur la ligne médiane, le ligament cervical, très mince et presque réduit à la texture fibro-celluleuse ; sur les côtés, dans presque toute l'étendue de la région, le muscle trapète; en haut et en dehors seulement, l'extrémité du sleruo-mastoïdien, laissant entre lui et le précédent un espace où l'on aperçoit une partie du splénius et de l'angnlaire de Fomoplate ;

ù* Un second plan charnu soUs-jacent au trapèze et^u stertfo^mastoîdien, constitué en haut et en detlans par le splénius de la tète; en dehors par le splénius du con et Tangulairc de l'omoplate; en bas et en dedans par une pciilc portion du ilioniboïde, qui remonte Jusque ^-ers l'épine

DU RÀCHn. 67

de h sixièiiie on même de k ciaqniéme verlèbre cenrkale, et qni re^ coQTre eo ce point le splénius ;

5» La troisième couche masculeafte, formée en dedans par le grand, eo dehors pir le petit oomplexos ;

e* La quatrième coache mnacaleose, formée en hant, entre l'axis et roodpital, par les mbscles grand et petit dix)its postérieurs, FoMique sopériear et l'oblique inférieur, et enfin le droit latéral ; plus bas, par les inter-épineux et les inter^transversalrcs do cou, et par la portion sapérieure du sacro-spinal ;

7« Enfin, le squelette, offrant au centre les apophyses épineuses, laténlemenc les gouttières rertébraies, plUK en dehors les apopbjrsés transferses. Les gonltières cervicales sont formées, à partir de i'akis, par des lames osseuses qui se recouvrent parfaitement et protègent a?ec efficacité la caTÎté rachidienne; mais entre Taxis et l'atlas, et entre l'athls et l'occipHal, il reste et» viêes t^mplis seulement par des ligamen» assez lâches, et par lesquels un instrument arriverait facilement Jtosqne dans le canal Je reriendrai plus bas sur cette disposition.

Xéfion dùTsûie. ** Les couches saccessires sont :

1* la peau;

2* La oottche cdluto-gnussense ;

3* Le trapèie, dont le bord externe monte obliquement de la dernièra èpiM dorsale I réptne de l'omoplate,* il kisse donc entre kii et le bord postérieur du même os un espace irhngokire oA k couche suivante est à DQ Boos les deux premières;

h* En haut le rimmboide, dont le bord inlérieur descend de k qila-* triècne ou cinquième épine dorsale jusqu'il l'angle inférieiir de Tomoplate t en lias te commenoamitti da grand dorsal, dont les attaches TertèbMdei amiteat en général jusqu'à k septième épine dorsale, et quatquefahjus qa*à k quatrième ;

5* Une trokiôme coocke fibro^nrascakosa fort incomplète, formée en Inat par le petit dentelé supérieur et poslérieuri qui naft par une très nynce apottêVMse du ligaineat sarépineat cervical et des deok au trou premières épines dorsales, pour se rendre aux deuxième, traf^ lièraa, qaatrftme at eiaqaiènie oètes ; en bas par une portion da petit èMelé infifiriear, né des trok dernières épines dorsales et des atik oa qaaire premières imnbaires, et qui se reûd aux quatre dernières côtes;

6p L'afMmévroae tertébrate ;

1* Les anicies des goottières vetlébraiiles, réanis ea bas aa on faisceait

presque inextricable, dont se dégagent supériearenicnt le spiéoius et les deux coniplcxns ;

8* Enfin le squelette, constitué par les gouttières verlébraks, les ariiculations vertébro-costales, et une portion des côtes et des espaces iniercostaux. En laissant à la région intercostale les muscles qui en empruntent leur nom, les petits muscles surcostaux reviennent encore à la région dorsale.

Méffùm lombaire. — On y trouve :

1« La peau ;

2* La couche cellnlo-graisseuse ;

Z"" Le grand dorsal, et au-dessous de lui l'origine d'une portion du petit dentelé inférieur, confondu en ce point avec Taponévrose du grand dorsal;

4'' L'aponévrose vertébrale ;

5* La masse du muscle sacro-spinal, dont le bord externe, qui sert de limite à la région, est très saillant chex les individus secs et mus« culeux ;

6* En dedans le squelette des gouttières vertébrales ; plus en dehors un plan formé par les apophyses transverses des vertèbres lombaires, les muscles inter-transversaires et le feuillet moyen de l'aponévrose du muscle transverse, qui recouvre la face postérieure du muscle carré des lombes. Mais nous retrouverons ce dernier muscle et les parties sous* jacentes en traitant de la cavité abdominale.

Région sacrée. — Le squelette en est uniquement formé par les gouttières du sacrum, si Ton en excepte les épines iliaques postérieures qui leur servent supérieurement de limites externes. Ces gouttières sont d'autant moins profondes qu'on les examine plus inférieurement; ainsi en haut il faut encore traverser pour y arriver : 1* la peau ; 2* une couche cellulo-fibreuse qui admet peu de graisse dans ses cellules ; 3' l'aponévrose du grand dorsal; 4* l'aponévrose très forte du sacro-spinal et l'origine charnue de ce muscle. Mais tout à fait en bas, la peau n'est séparée du coccyx que par du tissu cellulaire et quelques productions fibreuses.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères de cette région sont, de haut en bas : V occipitale f la vertébrale^ la cervicale profonde^ la cervicale truM' verse, les branches dorsales des intercostales^ et enfin ks branches pas* térieures des artères lombaires et des sacrées latérales.

Vartère occipitale arrive dans cette région après avoir passé entre l'apophyse transverse de l'allas et l'apophyse mastoide ; elle monte im-

méifiatement dans la région sous-occîpitalc. Les rameaux qu'elle fournit an muscles postérieurs du cou et aux téguments sont nombreux, mais sans importance.

Vartère vertébrale n'occupe également qu'un très petit espace de la région spinale ; entre l'axis et l'atlas, elle abandonne le canal qui loi est Jbnné par les trous des apophyses transverses, et forme au-dessous du petit complexus une courbure verticale dont la convexité regarde en arrière, en haut et en dedans. Elle passe ensuite dans le trou de l'apophyse transverse de l'atlas; entre cette vertèbre et l'occipital, elle se porte de nouveau en arrière et en dedans, et forme une courbure transversale à convexité postérieure, qui occupe l'espace triangulaire des muscles droits postérieurs et obliques de la tête, et qui est recouverte par le grand complexus et le grand droit postérieur; enfin après ces deux détours, l'artère pénètre dans le crâne par le grand trou occipital. Elle envoie aux muscles cervicaux des rameaux assez nombreux, mais d'un calibre trop exigu pour avoir quelque importance.

La cervicale transverse arrive dans la région cervicale, à deux travers de doigt environ au-dessus de la clavicule, sous les muscles trapèie et aognhire de l'omoplate. Elle descend presque aussitôt obliquement en arrière, gagne l'angle supérieur et postérieur de l'omoplate, et descend verticalement le long du bord postérieur de cet os, au-dessous du muscle rhomboïde. Elle envoie des rameaux peu volumineux aux muscles déjà nommés et à quelques autres» et aux téguments de la région dorsale.

La cervicale profonde sort d'entre les apophyses transverses de la sixième et de h septième vertèbre cervicale, monte en arrière et en de* dans entre la portion cervicale du sacro-spinal et le grand complexus, et se perd dans les muscles et les téguments.

Les branches dorsaleê des intercostales sortent entre les apophyses transverses des vertèbres, comme les artères occipitale et cervicale profonde qui les représentent au cou ; elles se perdent presque iounédiatement dans les muscles des gouttières vertébrales.

Les branches postérieures des lombaires sont fort grêles comme les précédentes, suivent la même marche, et ont la même distribution.

Les rameaux qui arrivent aux gouttières sacrées des artères sacrées latérales^ ne valent pas la peine d'être décrits.

Les neines suivent partout le trajet des artères ; toutefois, Blandin a décrit, d*après Godman, une veine superficielle peu volumineuse, placée dans la rcgiou dorsale sur la ligne médiane; simple en bas où elle a son origine , s^rée snpérienrement en deux branches qui se rendent en

presque inextricable, dont se dégagent 8upérieui*emciit le splénids et les deux coniplexns ;

8* Enfin le squeielle, conslitaé par les gouttières veriébrales, les articulations vertébro-costales, et une portion des côtes et des espaces inicr» costaux. En laissant à la région intercostale les muscles qui en empruntent leur nom, les petits muscles surcostaux reviennent encore à la r^on dorsale.

Région lombaire. — On y trouve :

1" La peau ;

2"* La couche cellolo-graisseuse ;

V* Le grand dorsal, et au-dessous de lui l'origine d'une portion du petit dentelé inférieur, confondu en ce point avec l'aponévrose du grand dorsal;

W L'aponévrose vertébrale;

5« La masse du muscle sacro-spinal, dont le bord externe, qui sert de limite à la région, est très saillant ches les individus secs et mus« culeux ;

6* En dedans le squelette des gouttières vertébrales; plus en dehors un plan formé par les apophyses transverses des vertèbres lombaires, les muscles inter-transversaires et le feuillet moyen de l'aponévrose du muscle transverse, qui recouvre la face postérieure du muscle carré des lombes. Mais nous retrouverons ce dernier muscle et les parties sousjacentes en traitant de la cavité abdomioatei

Région sacrée. — Le squelette en est uniquement formé par les gouttières du sacrum, si l'on en excepte les épines iliaques postérieures qui leur servent supérieurement de limites externes. Ces gouttières sont d'autant moins profondes qu'on les examine plus inférieurement ; ainsi en haut il faut encore traverser pour y arriver : 1* la peau ; 2* une couche cellulo-fibreuse qui admet peu de graisse dans ses cellules ; 3"* Taponévrose du grand dorsal; &* Taponévrose très forte du sacro-spinal et l'origine charnue de ce muscle. Mais tout à fait en bas, la peau n'est séparée du coccyx que par du tissu cellulahre et quelques productions fibreuses.

Vaisseaux et nerfs, — Les artères de cette région sont, de haut en bas : Voccipitale^ la vertébrale^ la cervicale profonde^ la cervicale tranS" verse^ les branches dorsales des intercostalest et enfin les branches poS' térieures des artères lombaires et des sacrées latérales.

Vartère occipitale arrive dans celte région après avoir passé entre l'apophyse transverse de l'allas et l'apophyse mastoîde ; elle monte im-

DU RÂCHIS. 69

médiatement dans la région sons-occipîtalc. Les rameaux qaVlIc fournît anz muscles postérieurs du cou et aux téguments sont nombreux, mais sans importance.

Vartère vertébrale n*occupe également qu'un très petit espace de ta région spinale ; entre Taxis et l'atlas, elle abandonne le canal qui lui est formé par les trous des apophyses transverses, et forme au-dessous da petit complexus une courbure verticale dont la convexité regarde en arrière, en haut et en dedans. Elle passe ensuite dans le trou de Tapophyse transverse de Tatlas; entre cette vertèbre et l'occipital, elle se porte de nouveau en arrière et en dedans, et forme une courbure transversale à convexité postérieure, qui occupe l'espace triangulaire des muscles droits postérieurs et obliques de la tête, et qui est recouverte par le grand complexus et le grand droit postérieur; enfin après ces deux détours, l'artère pénètre dans le crâne par le grand trou occipital. Elle envoie aux muscles cervicaux des rameaux assez nombreux, mais d'un calibre trop exigu pour avoir quelque importance.

La cervicale transverse arrive dans la région cervicale, ^ deux travers de doigt environ au-dessus de la clavicule, sous les muscles trapèze et angulaire de l'omoplate. EUe descend presque aussitôt obliquement en arrière, gagne l'angle supérieur et postérieur de l'omoplate, et descend verticalement le long du bord postérieur de cet os, au-dessous du muscle riiomboide. Elle envoie des rameaux peu volumineux aux muscles déjà nommés et à quelques autres, et aux téguments de la région dorsale.

La cervicale pvfonde sort d'entre les apophyses transverses de la sixième et de h septième vertèbre cervicale, nuMite en arrière et en dedans entre la portion cervicale du sacro-spinal et le grand compkxus» et se perd dans les muscles et les téguments.

Les branche» dorsales des irUercosiales sortent entre les apophyses trutfverses des vertèbres, comme les artères occipitale et cervicale profonde qui les représentent au cou ; elles se perdent presque immédiatement dans les muscles des gouttières vertébrales.

Les branches postérieures des lombaires sont fort grêles comme les précédentes, suivent la même marche, et ont la même distribution.

Les rameaux qui arrivent aux gouttières sacrées des artères sacrées ImtéraleSj ne valent pas la peine d'être décrits.

Les veines suivent partout le trajet des artères ; toutefois, Blandin a décrit, d'après Godman, une veine superficielle peu volumineuse, placée dans la région dorsale surla ligne médiane; simple en basoà ellea son prigiiie , séparée sopérieurenient en deux branches qui se rendent eo

70 pu TRONC.

perçant le trapèze dam la veine cervicale transverse ; c*csl la veine azjfgoi du dos, qui parait constante, mais qui n'a pour nous aucun intérêt.

Les lymphatiques superficiels de la nuque vont partie aux ganglions sous-occipitans, partie à ceux de Taisseile ; ceux du dos vont aux ganglions de Taisselle et de l'aine, ceux des lombes aux ganglions inguinaux. Quant aux lymphatiques profonds, ceux de la nuque se pendent aus ganglions latéraux du cou, ceux du dos aux ganglions intercostaux, ceux des tombes et du sacrum aux gangUous lombaires et pelviens.

Les nerfs de la région spinale viennent presque exclusivement des branches postérieures des nerfs cervicaux, dorsaux, lombaires et sauvés, qui suivent presque absolument le trajet des vaisseaux correspon^fonts» Seulement la région cervicale reçoit en outre quelques filets du plexus cervical superficiel, et Iç muscle trapèze en particulier absorbe \ lui seul tous les filets de terminaison du nerf spinal.

2® Considérations spéciales.

La régîoii spinale, en ia limitant comme je l'ai fait aux parties mcdles, est me de celles qui offrent le moins d'intérêt au chénirgien. Les plaies (fui s'arrêtent au squelette sont des plaies rauscufaiîres* aucun vaisseau, ancQii nerf importurt ne s'y trouve lésé. Il faut en excepter les deux espaces qui ee trouvent entre rocdfNtal et Tatbe, et eim« Tatias et l'axis; dans le {»reaiier, un instrament piquant et tnmciiant peut léser à la fois l'artère oocipitale et l'artère vertébrale ; dans le seoend, l'artère vertébrale ; par to«s les deux , on pent pénétrer dans le canal vertébnl et atteindre la MoeHe dont ia lésion li cette hanleur est presque inévitaMe* nMnt moiteHe.

 la région dorsale, l'instrument porté en dehors des gouttières vertébrales fKwrrait arrifer sans dMtacle dans la cavtté thoradqoe; aux loinbesdans la cavité abdonkieie. Cnfin à la régies eaeiée, on lutin OMMt pifHant pourrMt «usai aonver par les trous sacrés Hostérienffs dans la cavité racbidienne, et mène traverser ks trens sacrés antérieurs et léser les oif^anes oontenus dans le tiassin. Béclard citait dans ses <oow« un fait de ce genre.

Dans tonte l'étendoe de cette région, la peau est dense, épaisBe, doublée d'un pannicule graissevx abondant, et par là tonle disposée ans inflanimations loronculenses. Vers la partie inférieare dn sacrara, elle repose pi*«sqoe direciement sur les os; de là la compression qu'elle sobk dans te^léciibilos prolongé et qui peut amener la gangrène. Le voisinage éa b caoiié façUdionno ajoute à la graviié de cet aocidont ; Blandin a

ou IliCHiB. T4

coMtalé ém% ibis à la choie des eschires qoe U cavité de raracimolde se troavah onverte.

On admei, entre la peaa du coo et do dos et divers orgaoes» dei ayni* pathies qui anraieiit besoin d'être plus rigoareasemant déoMotfiéM. Qot ko esotoires placés au niveao d'ooe vertèbre malade aient qoelqoe uti« Klé, s'ils en ont, cela Expliquerait par le voisinage. Mais qoand on arpdte on épistaxis, par eseoiple» en apptiqoant sur le dos une clef ou tout aotro earps froid, cda résulte uniquement de la sensatioo géoéralOi et Teflot est bien plos paissant eocore si Too plonge le scrotum dans Teau froide, oo ai Ton admiustse un lavement à la glace. On choisit aussi généralement k noqoe poor y placer à demesie des séUms destinés k faire merveille contre les athctioas des yeux t vieille routioe qui 8*est introduite daos Fart sans aueone preuve, et qui s'y maintient de méQie(l). Geili; qui placent eneore des sétnns à la nuque, feront bien cependant de se sonve* nîr d'une chose : c'est que la peau y est teUemeot adhérente aox omadesi qa'ii ne faut pas traverser le pU qu'on loi fait faire trop près de sa baiOf si l'on ne veut intéresser ceux-ci ; et Blandio a vu cette lésion eioeœr le tétanos et la mort.

S 9. — Be la eolonne mrîéhrmte.

La colooio veNbnde est Ik la fois la botte osseuse de Ui looeUe épioiëret et la base qui supporte la tête en haut, eo devaAt la poitrine et le ventre, A part sji pofijon sacrée qui est ion^obile et dont nous n'avons à dire que quelques mots, elle se compose de vlogt-quatre anneaux o$seu)^ ou vcTtèbras. réoQÎa 4^ telle aorte qne la colonne daps son ensemble peut exécuter des mouf eioeots coosidéral)le9 et très variés, tandis que celui de cbaqoe vertèbre est si borné qqe la moelle épinière n'en peut éprouver eucone compressien, e( qqe la colonne conserve toyte la mobilité qp\ lui cumécessairOi

Oo divise généralemeot la colonne en trois régiona: U région cervicale liamée de sept vertèbres, la région dorsale de dooze, la région lombaire «k cinq. Ces trois portioqa çoqstitoent la tige vertébrale mobile oo la cokmne proprement dite; eo génériU, elles égalept epaemble li peoprèsle tîera de h baoteor totale do corpas et les dimeo^ions les plus ordinaires poiur k longueor de chaeooe sont de quip^e centimètres pour h cenricale, treote pour la dorrale et aeize poor la lomhaire. Nais eo \^ considérant d*un point de vue plos élevé, on y ajoute la région sacrée et coc-

(1) Mslesigne, Ihi aéienst àê as vaimr g^reseuNeos; Jkwi» eiéMns 9kir. ai Pmris, 1855, t. XVUI,p. 257. — Bntt, de l'Aead. d9méd.,i. X}|, p,5^ ft «i^

n DU TRONC.

eygîenne, et mciiie la lêle qui n*est en effet qa*ua reDflemeDt dn caoal vertébral. Or, il est remarquable que dans sa totaliit's la colonne offre alteroativement des portions mobiles et d'autres qui ne le sont pas, ou le sont à peine ; les portions mobiles, le coccyx, la région lombaire, la région cervicale, sont réduites aux seules vertèbres ; l'immobilité des antres vient surtout de l'addition d'arcs osseux formant en avant des cavités importantes, celles de la face, de la poitrine et du bassin (1 ).|La capacité de la poitrine et du bassin se trouve accrue par une disposition particulière ; la portion de la colonne qui les regarde est concave en avant, tandis que dans les régions intermédiaires, elle présente une concavité postérieure pour loger les masses des muscles cervicaux et lombaires. La colonne décrit donc d'abord deux couii>ures peu mobiles ou immobiles^ h concavité antérieure, et deux courbures mobiles qui ont leur concavité •en arrière; constamment aussi, chez l'adnlte, la région dorsale offre une courbure latérale dont la convexité regarde le plus souvent à droite. Je re* viendrai tout à l'heure sur le mode de formation de toutes ces courbures.

L'épaisseur de la colonne va généralement en augmentant de bas en haut, mais non d'une manière uniforme ; ainsi la seconde vertèbre lombaire est la plus volumineuse de toutes ; de là elles vont en diminuant jusqu'à la cinquième vertèbre dorsale, puis elles augmentent jusqu'à la première, et elles diminuent de nouveau jusqu'à l'axis et l'atlas, beaucoup plus larges que les autres vertèbres cervicales.

On considère à la colonne quatre faces: une antérieure, une/N»/e* rieure et deux latérales.

La face antérieure est constituée, pour les r^ons lombaire et dorsale, uniquement par la série des corps des vertèbres, limités en arrière par les trous de conjugaison. Il n'en est plus ainsi à la région cervicale. En avant des trous de conjugaison se trouvent les racines antérieures des apophyses trausverses, naissant du corps même des vertèbres, et terminées à lemr extrémité libre par un petit renflement assez sensible. Il y a donc, en dehors de la série des corps des vertèbres cervicales, une goût* tière longitudinale occupée par le muscle long du cou ; puis la série de ces renflements de ces apophyses uransverses. Cette série s'arrête bnisquement à la sixième vertèbre, l'apophyse transverse de la septième se déjetant en arrière, à l'imitation de celles des vertèbres dorsales; en sorte que le renflement de la sixième vertèbre proéminerait plus que les

(1) weber, Recherches anatomco-physioL iurquelqtiesdispoiilions particulières dont h mécanisme delà coUmne vertétfrale chez ^homme; Jawm. compUmentairc^ t.XXlX, p. 271.

autres, Ion même qa*il ne serait pas déjà plus dAfeloppé. C'est ce reniemeot que M. Chassaigoac a désigné sons le nom de tubercule car(4i^ dien; j*y reviendrai dans la région trachélienne.

La face postérieure présente sur la ligne moyenne la série des apo* physes épineuses ; de chaque côté les gouttières fertébraks. I^s apophyses épineuses sont horiiotttales dans la région cervicale» inclinées et imbriquées au dos, et de nouveau horizontales aux lombes ; les intervalles qui les séparent sont aussi plus étroits au dos que partout ailleurs. On peut en conclure à priori que la flexion de la colonne en arrière se fait principalement au dos et aux lombes ; cepeàdant les apophyses épineuses des cinq dernières vertèbresdorsales diminuant gradueUemeot de longueur et d'obliquité, donnent à cette partie de la région un peu plus de mobilité.

Bien que les épines vertébrales se suivent généralement sur la ligne médiane, rien de plus commun, comme on sait, que d'en voir une ou pluneors se dévier à droite ou à gauche. Il n'est pas rare non plus d'en voir quelques-unes proéminer plus que de coutume, et la saillie constante de la septième épine cervicale a même fait donnera sa vertèbre le nom de proéminente. Il semblerait superflu d'insister sur ces dispositions, si leur ooUi n'avait donné lieu plus d'une fois dans la pratique à des erreurs de diagnostic Maisonabe a vu deux fois prendre pour la carie vertébrale et traiter en conséquence des douleurs probablement rhumatismales de la colonne épinière. Dans le premier cas, les apophyses épineuses de la septième cervicale et de la première dorsale formaient à gauche une saii* lie assez prononcée : dans l'autre, les épines des deux premières vertèbres lombaires étaient un peu plus longues que d'ordinab*e, et l'apophyse transverse de la seconde du côté gauche était aussi un peu hors de ligne (1).

Les gouttières vertébrales, assez larges à la région cervicale, vont eu se rétrécissant jusqu'à la fin de la région sacrée. On enseigne générale-» ment qu'elles sont limitées en dehors par les apophyses transverses, ce qui est inexact, si l'on prend la dénomination d'apophyses transvor^es dans le sens ordinaire. Dans la région dorsale, cette limite est bien réelle ; mais si l'on suit en haut et en bas la série des éminences formées par les apophyses transverses du dos, on voit qu'elle se continue dans b région himbaire avec des tobérosités très sensiMes, bien que négligées par la pliqiart des anatomistes, et que quelques-uns ont nommées tubercules apophyunres; on les suit de même dans la région sacrée, où elles sont inoins apparentes, mais où elles existent jusqu'à la dernière vertèbre. Dans la r^;ion cervicale, on retrouve des tubercules analogues, qui

(1) liaiiooabe, Journal oHnique sur Im ikfformMs^ 1. 1, p. S5.

figarent d'aaiant mieuiL les apoi^iyses traoa? «rw, qii*ib domwoi réelle* ment attache aa muscle transveraaire épineux.

Que représentent donc les apophyses ti^ttMTerses, teilss que les ansto* mîstes les décrivent au cou et aux hiuibes? Dans uo méBioire lu en 18S19 à la Société anatooiique et dans lequel j'ai essayé de déterminer le rap* port des divers éléments de la verCèbns huniainei j'ai fait yoir qu*aui lombes, les prétendues apophyses transverass sont les rndiments des c6ies , tandis qu'au cou les côtes sont représentées seulcanept par la rar eine antérieure de ces apophyses; et Ton sait que celle de la septième ▼enèbre est assez souvent mobile sur la racine postérieure» eonune les côtes sur les apophyses transverses dorsales.

Les face$ latérales du rachis sont occupées par les côtes» les apopbysee trausverses et les trous de conjugaison.

Étudions miintenant la colonne vertébrale mobile, ayant toutes ses pièces osseuses réunies par les fibro-cartilagest les ligaments jaunes, etc.» et par les arthrodies des apophyses articulaires. La colonne jouit de quatM mouvementH principaux, la flexion en avant, la flexion en arrière» la flexion latérale, et la rotation ou toreion sur son axe.

Weher a étudié ces mouvements sur trois sujets vivants el sur Urnii cadavres; chez ces derniers, les muscles dorsaux avaient été enlovés, et des aiguilles implantées dans les apophyses épineuses et transverses» da telle sorte que leur direction fut dans le sens de ces mêmes apophyses^ et que les flexions et torsions fussent rendues pins sensibles par cel alloa* gement des leviers.

Flexion en avant et enttrrière.^là seconde vertèbre ne s'infléchissait pas du tout ou presque pas sur la troisième; la troisième s'infléchissait beaucoup sur la quatrième, la quatrième sur la cinquième, la cinquième sur la sixième; la sixième moins sur la septième ; ta ^ptième moins encore sur la première dorsde.

Le mouvement était extrêmement bible entre les sept pnemières ver»* tèbres dorsales ; sur celles qui portent les fausses côtes» il reparaissait no peu de mobilité qui, sur les dernièses de toutes et sur les lombaires, da^ venait tiés considérable, quoique toujours pfais iuble qu'au cou.

Au reste, il y a d'assez nombreuses variétés louchant les points âà la flexion est la plus forte. Ainsi M. Chasaaignac a vu (1), et j'ai rencontré aussi plusieurs Ans le principal nmuvemettt de flexion à h réf

(t) Chssfafgnac, Sur quelques points â*anatomie,9ic,i â$ la càkmne verîébrti^ ; Archives génériin ((# nrd<iecin#, l«M» t. IV» f». é^iiS,

DU RAIIWf. n

gkm cervicale, eoire la sixième et la septiâSM vertèbre. Swr les sujets mêmes de Weber, le plas grand mouvement an bas de la région dorsale se troavait chez Tun entre la première et la seconde vertèbre lombaire ; chez le second entre la douzième dorsale et la première lombaire ; chez le troisième enfin entre la onzième et la douzième dorsale. Tout à fait en bas, ce fut toujours rarticulation de la quatrième et de la cinquième lombaire qui se montra la plus mobile, et après elle Tarticulation de la dernière vertèbre avec le sacrum.

5Iais ^n définitive il y a tniis points priocipauz où se cooctoirent les mouvements de flexion de la colonne ; ces points sont compriSi le pse^ mier entre la troisième et la septième vertèbre cervicale, le seouad entre la onzième vertèbre dorsale et la deqsièiQe lombaire , k denier entre la quatrième lombaire et le sacrum. Quand on considère un hammê nu courbé en arrière, on remarque que la cjoionn^ veitébrale o*esl pu infléchie d'une manière uniforme au haut des lombes et près du sacnNO. mais qu'elle y forme des angles obtus : les artistes ont do tnmpi imoié* morial assez bien observé la nature sous ce rapport. J'ajontecai que onlia thpie flexion se révèle à la face antérieure du corps par t«*oi» plis cutwaéi plus ou moins marqués selon les sujets ; Vun au i:pu, qu'on appoUe chez les femmes le colfier ie Vénus; les deux autres i| Tabdomn*. J4 pwH tioo de ce pU cb^ngis coaune la mobilité des vertèbres, qui passe 4'«M articulatioit à l'autre, $41^ ^passer toutefois les limites indiquées. WelNr» qyj a partj<;uUèremeot insisté sur les de^x points de flexion ioféiieurst reaunmande aux chirurgiens d'y porter leur attention à l'égard de l'orip* gine des déviations qui tirent leur source d'une attitude oblique dii corpe devenue habituelle.

Je leur ai trouvé fine autre importance eupope m pathologie ; comme c'est là que les ligaments sont les moins serrés, c'est dans ces points aussi qu*oot lieu presque exclusivemep^ les luxations des veitèbres, seit sim« pies, soit compliquées de fractures articulaires. Ainsi, sur 57 déplacoT ments de ce genre vérifiés à i'autqpsie, bk portaiept sur les six dsniièr&s vertèbres pervicales, 13 seulement sur le resud§ I4 colonne. Les 44 luxations cervicales étaient amai réparties :

De la 2* vertèbre lur la 3* •...«.. 3

De la 3' vertèbre sur la 4' 1

De la 4«Tcrlèbre sur la 5*. 9

De la 5* Ténèbre sur la 6* 15

de la 6* venèbw mt la 7* 12

De la V rar la première dorsale 4

Des 13 antres, il y en avait :

De la 6* vertèbre dorial« .; i

De la 9* vertèbre dorsale • i

De la 10* vertèbre dorsale • 2

De la i 2* vertèbre dorsale ..• 5

De la !*• lombaire 3

De la 2* lombaire 1

Les fractures uiéines, ayant lien par contre-<X)np dans la grande majorité des cas, suivent à pen près la même règle (1).

Flexion latérale.— Lii fleïion à droite ou à gauche était le plus considérable aux vertèbres du cou, notamment aux six supérieures; elle diminuait beaucoup entre la septième cervicale et la première dorsale, devenait très faible entre les six ou sept dorsales supérieures, puis allait en croissant jusqu'au sacrum , en restant cependant toujours moindre aux lombes qu'au cou. Les points où elle était le plus manifeste se rapprochent donc de ceux de la flexion antéro-postérieure, cependant sans siéger toujours constamment dans les mêmes articulations.

Tarrion de la colonne sur son axe. --Ce mouvement est encore le plus étendu entre les vertèbres cervicales ; de la septième cervicale jusqu'au niveau de la septième à la neuvième dorsales, il est presque nul ; il y a là ensuite trois ou quatre vertèbres entre lesquelles la torsion est très prononcée; mais de la onzième ou douzième dorsale jusqu'à la fin de la région lombaire, elle est si peu marquée qu'à peine en peut-on constater l'existence.

Il résulte de tout ceci t

l"» Que les vertèbres du cou en général, et particulièrement de la troisième à la septième, sont les plus mobiles de toutes. Il va sans dire que Taniculation de l'atlas avec l'axis est hors de ligne et doit être considérée à part;

2* Que les vertèbres dorsales qui supportent les vraies côtes ont très peu de mouvement; les autres jouissent de mouvements de flexion médiocres, mais la torsion y est très prononcée ;

3* Au contraire les vertèbres lombaires ont la flexion en tous sens très marquée, et la torsion à peu près nulle.

A cet égard, je crois avoir fait remarquer le premier un désaccord bien

(i) Voy. mon Traité des Fractures ci dss Luxûtians^ U I, p. 4iS, et t. U, p. 357 à 385.

singulier entre VéM physiologique et Tétat pathoiogiqoe de la colonne éplniëre. Ce sont précisément les points où la rotation des vertèbres est presque nulle à l'état nonual, qui offrent la rotation la plus prononcée dans les déviations de la taille; c'est au centre de la région lombaire et vers la moitié supérieure de la r^ion dorsale que les courbures sont le plus considérables» et en même temps la rotation. Je reviendrai sur ce singulier phénomène.

Ce défaut de torsion dans les vertèbres lombaires à l'état normal s'explique asses bien par la direction de leurs apophyses articulaires* cellee de chaque vertèbre supérieure étant enclavées dans celles de la vertèbre située au-dessous, et leurs surfaces regardant en dedans ou en dehors» de telle sorte que les rayons prolongés qu'on tirerait de l'axe d'une vertèbre vers sa périphérie se trouveraient à peu près parallèles à ces surfaces* tandis qu'ils tomberaient presque perpendiculairement sur les snriiMes articulaires des vertèbres dorsales et surtout des cervicalesL Les apophyses articulaires dans ces deux r^ious |)euvent donc tourner l'une sur l'autre de la même manière que deux cylindres concentriques dont l'un est renfermé en partie dans l'auure, tandis que les vertèbres lom* baires ne le peuvent pas plus que deux roues dont les dents s'engrènent mutuellement.

D'où vient cependant la presque immobilité des vertèbres dorsales supérieures? On peut répondre : d'abord de l'imbriquement et de l'obliquité de hun longues apophyses épineuses, ensuite de leur jonction avec les vraies côtes, mais principalement de leur mode d'unioa avec les vertèbres voisines» La structure des ligaments ordinaires et même des ligaments jaunes est suffisamment connue ; je m'arrêterai seulement sur celle des fibnnrartilages, qui jouent ici le riUe le plus important

Chaque plaque interposée entre deux vertèbres se compose de lamelles fibreuses, concentriques et perpendiculaires, qu'on peut se représenter sotts l'aspea d'un grand nombre de tubes peu élevés, perpendiculaireSt emboîtés les uns dans les autres et adhérents, dont les bords s'attachent en haut et en bas aux faces des deux vertèbres qui les regardent Chaque labe se compose de fibres obliques, ayant souvent dans les divers tubes une direction alternativement en sens inverse. Entre tous ces tubes se trouve une substance particulière, molle, gélatiniforme, qui an centre existe à peu près seule, et forme une sorte de lentille pulpeuse et très élastique. Lorsqu'on incline en avant la colonne vertébrale d* un cadavre, la onsse ligamenteuse fait saillie entre les bords voisins des vertèbres et

7ê Dtf ÏRONC.

semble jusqo*! un certain point en eourdns; le contraire a lien quand on étend la colonne.

Ces plaques llganlentenaes paraissent être en état de compression perttfanenic et de résistance élastique, soit pendant la tie, soit même après la mort ; car lorsqu*on partage rerticalcmeiit la colonne Tertébrale en deux moitié^ latérales, la masse ligamenteose fait d^elle-méme saillie au-dessus de la tranche; et cette saillie est d*autant pins considérable que les vertèbres avaient entre elles plus de mobilité. M. Chassaignac a émis une autre idée au sujet de la lentille pulpeuse centrale, qui partage, selon lut, Tincompressibilité des liquides ; en sorte que les fibrocartilages peuvent bien être comprimés d*on côté dans les inflexions dé la colonne, à la condition de se distendre dd tôté opposé ; mais que nulle (Compression ne saurait les affaisser absolument dans toute leur étendue.

La hauteur de ces plaques varie dans les divers points de la colonne. Weber l'a vue constamment diminuer beaucoup depuis les vertèbres les plus ififérieures jusqu*) celles de la moitié supérieure du dos. Le point où elle est le moins considérable est la région située entre la troisième et h sixième vertèbre dorsale ; de là jusque Vers la quatrième vertèbre cer* vicale, elle augmente un peu ; puis entre la seconde et la troisième, die diminue de nouveau. Les vertèbres les moins flexibles ont les plaques les plus minces; à la vérité, les vertèbres du con ne les ont pas è beancoo(> près aussi épaisses que celles des lombes; mais leurs faces articulaires sont très petites et leurs corps eux-mêmes très bas, tandis que les lombaires, avec des corps très hauts et très larges, devaient atoir des plaques beaucoup plus hautes, même pont un moindre degré de mobilité.

Cette hauteur n*est pas non plus égale dans toute l'étendue de chacune des plaques. Elles sont généralement pins épaisses au centre qu'à la èfrcontèrence, ce qui tient à ce que les faces articolaîres du corps d'un grand nombre de vertèbres sont en réalité concaves. Wéber prétend aussi qu'elles sont plus épaisses en avant qn'en arriére, ce qui n^est trai que des régions où la colonne offre une courbure à cottvexilé antérieure, comme au cou et aux lombes ; mais je i^vlendrai sur œ sujet dans tin instant.

Au toul, il est fort difficile, pour ne pas dire impossible, de mesurer exactement pour quelle part les fibi-o-cartilages entrent dans la bau* tenr totale de la colonne. Sur un cadavre de femme, dont la haate«r totale était de i^'.SO, la hauteur totale de la coiomie mesurée en ligne

W KilGBtS. 79

imite de fitlas au Mcnim étth de U5 mOliiiiètres ; me» ea suhaat tontes les coarbam de la hce antérielire, on arrivait à IZk millimètres. Or la haittenr collectife de toutes les plaques, ligameotetises était en ■mit de iiO mUlimètres; danslear ceatrë» lè9; ea srrièra, seulement 71 mlilimèires.

Que Toii jage combien ces variétés dans nlle mé«t oobdne apportetident de dMcolté ao médecin légiste qui chercherait h déterminer la taille d'un Indltidn par la mensuratioa des rertëbres privées de leurs AhrtMxrtIiages t Ajoutes que cette proporticm de la hauteur des fibro* caitilagcs I celle dÂ$ ? ertèbits tarie encore suivant les individus; Charles Wënsel avait pensé qu'en général ces pfaKfues étaient plus épaisses chez la femsM que chez l'homme ; Weber^ en mesurant deux siyets de seie diMrent, rtt arrivé h on résultat tout contraire Ainsi les sis Gbrecartilages des lombes formaient les 97/100 de la hauteur totale de la région cfaa l'homme, H seulement les 8S/iOO chcs la femme. On trou- Teralt probaMemeut plus de dilKrence encore pour la perte que les courbures normales font éprouver à la hauteur totale de la cotonne : sur le cadavre de femme mesuré par Weber« cette perte était de 179 millimètres «ar un total de 736 miUimètt^s, c*est-à«*dire près du quart, ce qui ne ne rencontrerait pas sans doute ches tous les sujets. Mais d'ailleurs nous avons suffisamment fait voir ailleurs <ine, parvînt-^m même à déterminer rigoureusement la hauteur de la colonne, il n'y a nul rapport exaa entre cette hauteur et la longueur des membres» et Ton n'en saturait rien déduire pour la stature.

Il résulte de toutes ces recherches ipie les fibro-cartilages sont les parties de la disposition desquelles dépend principalement la mobilité des venèbresi Un segment de la cokmne est d'autant plus mobile dans êcs parties, 1* qu'il contient à hauteur égale plus de plaques ligamealeuses, ou ce qui revient an mémoi que les corps des vertèbres soat moins iMutS) a* que ces plaques sont plus hautes; 3* que les surfaces artlcftlaires des corps des vertèbres sont moins larges;

Ici se présente une autre question à abords*. Mous venons de consi* dérer le rachls chez l'adulte, avec ses courbives alternes en avant et en arrière ; mais ces coorbores, bien que normales et physiologiques, ne sont cependant point origioelles ; le rachis, dans l'utérus, ne présente qu'une courbe unique à concavité antérieure, qui est elle-même le résultat de l'attitude du fœtus et de la pression qu'il supporte ; car si on l'éfeod sur ua plsa horiiontal, cette courbure disparaît, et le rachîs est à peu près rectiligne. G'est (fuand reilfant commence à se tenir droit,

80 DU mmc.

soit assis encore sur le bras de sa noorrice, soit dans la stitfoB et h inarche, que le poids de la tête et des parties supérieures du tronc force la colonne à fléchir; et quand les ligaments sont sains, elle aflecte naturellement la courbe à laquelle elle était accoutumée dans Tutérus, et que le jeu de ses articulations rend d'ailleurs la plus facile; elle s'inflédiit en avant. Mais comme elle ne saurait s'écarter beaucoup en ce sens de la perpendiculaire sans compromettre l'équilibre, les muscles agissent instinctivement pour la redr^ser ou i'inflédûr en sens contraire; et c*est par le concours de ces deux puissances, le poids des parties supérieures et la réaction musculaire, que se forment les trois courbures physiologiques, savoir la courbure primitive en avant, puis en arrière les deux courbures secondaires ou de balancement. D'ailleurs, ces courbures sont d'abord passagères et cessent en même temps que l'action des causes qui les avaient produites ; l'enfant couché sur un plan horizontal pré* sente encore longtemps son rachis redressé. Mais avec l'âge elles deviennent permanentes, et il importe de rechercher la part qu'y prennent alors les os et les ligaments.

Pour y arriver, les frères Weber ont enfermé dans du plâtre le tronc d'un cadavre auquel ils avaient enlevé autant de viscères et de muscles qu'il avait été possible, sans léser les ligaments du rachis et du thorax; après quoi ils ont scié le bloc de plâtre avec le rachis en deux moitiéé latérales, et mesuré la hauteur des corps des vertèbres et des fibro^ cartilages intermédiaires. Leur conclusion a été qu'au cou et aux lombes la courbure dépend principalement de la forme des cartilages, tandis qu'au dos elle dépend très peu des cartilages, et beaucoup de la forme en coin des corps des vertèbres (1).

Cependant M. L. Hirschfeld, qui s'est occupé plus récemment de cette question, après des mesures prises avec soin sur des vertèbres de différents sujets, n'a pas trouvé de différence notable entre la hauteur de leurs faces antérieures et postérieures ; ou si quelques vieillards lui en ont offert, elle, était si peu sensible qu'on ne saurait raisonnablement lui attribuer ces courbures (2).

(1) G. et E. Weber , Mécanique de la locomotion ; Encyclopédie ancUomique^ 1. 1, p. 289 et saivanteB.— Il ne faut pas confondre ces deux frères, Goillsume et Edouard, avec le troisième E.-H. weber, dont J*af cité un Mémoire tootl Theure (voy. Encycl anat., 1. 1, p. 199, note 2).

(2) U Hirschfeld, Nouvel aperçu sur les coMdWons anatonUq^m te o<mfbwre$ delà eoUmne vertébrale; Gas, dm hùpUaux^ 1649, p. 363*

DU RÀCHIS. SI

Vjm aamtion sont fort contraires ; les faits beureosemeiit le sont beaoconp moins. Si da tableau dressé par les frères Weber on élimine, d'nne part le corps de Taxis, de l'antre celui de la dernière lombaire atec le cartilage sons-jacent, dont la coope oUiqoe est étrangère aax courbures que nous étudions, voici ce qu'on trouve pour les diverses légions du rachis.

A la région cervicale, tantôt les corps des vertèbres sont un peu plus élevés en avant qu'ai arrière, tantôt ils le sont moins, et la difHrence totale, pour les dnq vertèbres, ne dépasse pas i/10* de millimètre.

I^es six cartilages ontouemble une hauteur totale de 20*^,70; et leur face antérieure est plus haute queTautrede 7"",80, plus d'un tiers.

A la région lombaire, même variation pour les corps des vertèbres, de telle sorte que la diUérence totale se r^ut par 1"^,50 au profit de la lace intérieiH^

Les cinq cartilages ont ensemble une hauteur de 31"*", 95; et leur face amérienre est plus haute que l'antre de i4"™,09, plus du tiers, comme à la r^ion cervicale.

An dos, où la convexité est en arrière, les douze vertèbres ont ensemble ^i^'^.QS de hauteur ; la face antérieure présente 4 3"^,30 de diminution SOT l'antérieure, aviron 1/48*.

Lesonze cartilages intermédiaires ont ensemble une hauteur de 34*^,90; leur bce antérieure est moins haute que l'autre de 9™", 20, près d'un quart. En sorte que dans toutes les régions, ce sont surtout les fibro-cartilages qui s'affûssent dans un sens pour produire les courbures , mais que les os peuvent y prendre part, spécialement dans la région dorsale ; et c'est un élément qui ne doit pas être négligé.

Quelle est maintenant la cause de cet affaissement permanent des fibrocartHages? Ont-ib subi une rétraction lente, ou une atrophie par suite de la pression à laquelle ils sont soumis ? Je suis très disposé b croire qu'il en est ainsi à la longue, surtout si l'on songe que la vieillesse seule suffit k leur enlever leur souplesse et leur élasticité. Mais à une période moins avancée de la vie, les choses se passent différemment ; les fibro-cartilages semblent garder leur élasticité, et n'être retenus, comprimés, affaissés, que par une puissance tout à fait en dehors d'eux. Ce ne sont pas les muscles, car les courbures physiologiques se maintiennent après que tous les mittcles ont été enlevés; ce sont donc les autres ligaments de la colonne, antérieurs et postérieurs.

M. L. HifBchfeM a démontré la part d'action des ligaments jaunes par l'expérience suivante : Il dépouille le rachis de tous ses muscles, en con- II. 6

82 fiD TtONC^

servant les Ugaraeala, et aipar • du corp6 de» vertàbre» ks wumm apopbysaires par «ne coupe faite sur to pédicule»; à Tinaianlr aw^ riigiofis cervicale et loii]jBaire« les coarbures s'effacent, teikro»cartilageirf|vtiiiieBi en arrière uae augmeatation de bauteur coimidftia avec une dkniMitÎM proportioaaelie de leur face aatérieure ; ia«di» au «ositrairt que ks Uga* ments jaunes se rétractent encore, et la masse apophymife sépatée m raccourcit d'environ un sept^kme.

M. U Hirschfeld, exclusivement préeccopâ des UgameM jawiea» wè s'est pas demandé si le rtdresseusmt subit deawiibures ne serait pas dû» au moios en partie, à la rétractiiu» des ligaiw#U aotiiritiwai Ostie rétrao% tion me parait mise hors de doute par la derwèra partie de l'eiiAMOCik, qui a trait k la courbure dorsale. D'abord la masse apQphyauve se raccourcit uu peu noioinft que daos les régjîoiia préeMaUtes» ce qui stnUai indiquer que l'état de distension forcée des ligaments jaunes leur a oilevé une portion de leur réUractilité ; mais ce qul^ est surtout à noler , c'est que la courbure antérieure, au lieu de s'efiaetr, sa proMaoi davaulagr^ Les ligaments jaunes sont ici hors de cause ; il faut chercher silkiirs les agents rétractUes qui emptehe«t les fibro-cartiiaBes de reprendre leur élasticité, et il n'y eu a pas d'autre qm 1^ grau«l ligaïawil ceummo^ aati* rieur, rétracté comme les autres par le ra^procJl^eoMiit preiaMt^ ^ MU poinu d'attache.

Ainsi, chez rbourae adulte, dans Vétai oïdinaire et qu'il serait diftciio d'appeler anormal, il y a cependant descourbures permanentes eatrelenues par la rétraction des ligaments antérieurs et postérieursi £a(«ee k dim qu'alprs La forme du rachia esA foécii et que k poids des parties supérîenres et l'action musculaire ont perdu toute^ influence? Quant aoa umedes^ on sait de reste qu'ils continuent d'imprimer à la colonne tonte» soncs de mouvements, seulement avec tmm d'étendue k masure qjm l'an ananco en âge. Quant au poids des parties suj^rkures^l'ai à^k dit (is i, pi. iôt) que la tailk diminue un peu k snir« ce que j'ai expliqué par un accroissement des courbures pkjsiologîques. L'abbé do Fontenn avait bit k ce( ^^d des expériences cwrkuses dont il avait déduit une antre Uiéerk i A ne sera pas sans intérêt de ks exposer ici.

Pendant près d'une année, il prit soin dftse meaurtr plusieurs fais par jour, debout d'abord et eu se tenant aussi droit que possible* Or, eu gé* néral, il se trouvait le seir diminué de 6 lignes, la i23' pank de sa laiik. Cette diminution provenait exclusivenieui du tronc, car «Ue élait la mémo lorsc^u'il se mesurait assi& ou à genoux; resLpérimeujbitenr, allant plus loin,^ voulait ^'eUe fût k t^sultat do l'alliisaeoieot des cactilageSk Or,

il ivaîl noté un phénomèoe qui eût pa servir à l« détromper; c*est que ta dimlnation ne s'opère pis d'une façon continue ; après chaque repas, ta luUe reprend un certain accroissement qu'elle reperdra un peu plus tard* 6f idemmeot les repas ont pour effet de restaurer la force muscntaire, ce qui permet à l'individu de se redresser davantage. Autre fait: Je soir, quand il avait perdu ses 6 lignes, il n'avait qu'à s'étendre sur un canapé pour les regagner; et, chose plus curieuse encore, le matin quand, étant dehovt, il possédait toute sa taille , le décubitus horizontal l'allongeait encore de 6 à 7 lignes. Il est impossible d'admettre ici Taftaissement et ta redreasemest subit des fibro-cartilages; ce sont les courbures de la eokmne qui s'effacent ou se prononcent davantage, et c'est par un méca* nisnie du même genre que le décubitus horizontal efface instantanément tas ooorbnres tatérales dans les dévtations récentes du rachis. AL Chas- HJgnac 9*est assuré d'ailleurs, par des expériences directes, que les prertoof dans le sens vertical ne diminuent ta longueur du rachis qtt'en accroissant ses courbures, et non en affaissant les fibro-carlitages.

Enfin, l'abbé de Fontenu arriva à un autre résultat fort inattendu, et qui offre on haut intérêt pour la pratique. Après s'être ainsi mesuré fdoaieiirs fois par jour dorant un mois, il s'aperçut que sa taille s'était accrue d'une ligne, et en continuant ainsi près d'une année, il arriva à m bénéfice persistant de 6 lignes (1). Or il avait passé l'âge de la crois* , et je n'imagine pas qu'on suppose qu'il avait accru la hauteur de fibro-€artilage& Qo'était-il donc arrivé ? Par un exercice fréquemment répété, il avait renforcé les muscles de ta colonne et diminué aes conrbnres; ce n'est pas autrement que le soldat se maintient ta taille pins droite que d'autres, et l'on yoit par là tout le parti qu'on peut tirer contre les courbures rachidiennes de l'exercice du redres-

Une autre application pratique ressort aussi de ces expériences. On f oit combien le poids seul des parties snpérieiu-es du tronc agit sur ta coloooe, puisque, sur un homme sain et reposé, la station debout diminue ta taille de 13 à 1& millimètres. Que penser donc de l'idée d'Andry et d'aaurn orthopédistes, qui, lorsque ta courbure physiologique de ta colonne en avant tend à prendre des proportions pathologiques et à passer à l'état de vouuure^ veulent qu'on place un poids léger sur la tête des nidadea peur exciter un plus grand effort musculaire? iM. Bouvier, qui

(1) Mémtirtiiê lÀeaA, dsi ictmces, 1723} Histoére^ p. i6.

regarde encore ce conseil comme tj^ès rationnel ei qui en a usé lui-inémc, finit par confesser qu*il est plutôt nuisible qu'utile (1).

ÂTant de passer à un autre sujet, remarquons qu'entre la courbure normale du dos et la voussure anormale, il y a des degrés tels qu'il est quelquefois bien difficile de dire où Tune finit et où l'autre commence. Les sujets affaiblis par une maladie aiguS ou chronique, les anémiques, marchent le dos toute; il en est de même des jeunes gens dont la croissance a été trop rapide, et, en un mot, de tous ceux qui pèchent par la débilité musculaire.

Ainsi, d'une part, faiblesse des muscles, de l'autre, faiblesse des ligaments qui ne peuvent seuls résister au poids du tronc ; voilà les causes les plus fréquentes de la voussure à son début, et l'on sait que le retour des forces suffit à la faire disparaître. D'autres fois cependant elle est provoquée par la continuité de mauvaises habitudes, comme dans les professions qui obligent à courber la tête et le dos, horlogers, vignerons, etc. ; les muscles exercent alors une influence active qui a besoin d'être corrigée. Pendant un certain temps, les effets peuvent disparaître avec les causes ; mais, h un certain degré, il n'en est plus ainsi : les ligaments distendus d'un côté, rétractés de l'autre, les fibro-cartilages et même les os atrophiés dans le sens de la concavité rendent toute gaérison impossible.

Ces données sur les courbures antéro-postérieures nous feront mieux comprendre la formation des courbures latérales. Il y a d'abord une de ces courbures qui peut passer pour physiologique, bien qu'elle ne soit pas non plus congéniale : c'est cette légère courbure à droite, que nous avons rapportée à l'inégalité de développement des deux moitiés de la colonne (voy. t. I""', p. U et 5). Sabatier, qui l'a notée le premier, dit qu'elle commence vers la troisième vertèbre dorsale pour finir vers la huitième ou neuvième ; mais elle est souvent moins étendue, et peut même manquer absolument; il l'a trouvée particulièrement très marquée sur quelques sujets d'une taille fort au-dessus de la médiocre. Il l'attribue à la présence de l'aorte, soit que cette action exerce une véritable pression sur les vertèbres, soit qu'elle les empêche de croître du côté qui lui répond. A cette théorie, Béclard a opposé d'abord deux faits de dissection : dans le premier, l'aorte étant transposée de gauche à droite avec le cœur et d'autres viscères, la courbure rachidienne était restée k droite ; dans l'autre, chez un gaucher, l'aorte occupant sa position nor*

(1) Bouvier, Leçons sur Iss maladies de l'appareil locomoteur, 1958, p. 336.

maie, il avail Ironvé h cokmne coarbée h gaache. D*une autre part, il coonaissait plusieurs gauchers qui avaient Tépaule gauche plus grosse et plus élevée que la droite; et, rencontraot chez les droitiers une disposition inverse, il en accusait la prédooiinance d'action du bras gauche chez les uns, du bras droit chez les autres (i). M. Bouvier a observé lui-même des faits analogues à ceux de Béclard ; mais il ne s'en range pas moins à Topinion de Sabatier, et les exceptions ne sont pour lui que des cas de courbures pathologiques venant renverser une courbure normale. Ceci peut s'appeler une explication désespérée, et plus propre à ruiner la théorie qu'à la soutenir.

Alais M. BouTier a ûJt sur cette courbure latérale d^autres observa- Uons qui réclament une attention sérieuse. D'abord, selon lui, elle n'existe pas avant l'âge de sept ans ; alors elle commence à se montrer sous la forme d'une simple dépression, on plutôt d'une sorte d'aplatissement d'un côté des vertèbres; et au delà de la vingtième année, à peine si l'on trouve un cas sur cent où les deux moitiés du rachis soient parfaitement symétriques. Plus tard arrive une véritable courbure, qui peut être regardée comme constante chez les vieillards ; et enfin quand la courbure existe, au-dessus et au-dessous il s'en forme de plus petites en sens inverse, véritables courbures de compensation (2).

Le premier point qui frappe ici estTabsence de tout indice de la courbure latérale dans le premier âge. Je ne sais cependant si, à cet ^ard, M. Bouvier ne s'en est pas rapporté trop exclusivement à Tinspeclion du cadavre, sur lequel la courbure pourrait disparaître par le seul fait de la position horizontale. Mais du moins est-il certain que les vertèbres n'en ont pas encore reçu d'empreinte bien manifeste ; il semble même que la déviation à droite du rachis ne se fixe que beaucoup plus tard, et que jusqu'à la puberté il s'infléchit assez indifféremment à droite et à gauche. âl. Bouvier a examiné une série de 16 enfants, de l'âge de 8 à 16 ans; la moitié offrait des indices d'une courbure latérale droite, et tous les autres d'une courbure latérale gauche (3).

Quoi qu'il en soit, cette absence d'incurvation latérale bien décidée, OQ si l'on veut, cette indifférence de la colonne pour le côté où elle s'in-

(1) Sabatier, Mémoire sur la sittiolUm des gros vaisseaux; I la tuile de ion Traiiédranaiomie, 1791, t. lll, p. 406 ; — Béclard, BullHin de la Faculté de mé- % 1S13, t. in, p. 434.

(S) Bouvier, Ouv. cUé, p. 372 1 384.

(3) Bouvier, lOid,, p. 380.

fléchira, a donné l\ M. Bouvier la clef d'un fait pathologique qu'il a mis le premier en lumière. J'ai dit ailleurs quelle était la minime proportion des déviations gauches observées par moi-même et par les orthopédistes que j'ai consultés ; I\L Bouvier partage aussi cette opinion d'une manière générale, mais il fait une exception pour la première enfance: au-dessous de 7 ans, dit-il, les scolioses dorsales gauches sont aussi fréquentes que les droites. Et j*ajoute que les faits, en petit nombre Si la vérité, qu'il a fait passer devant ses auditeurs, conduiraient à une proportion beaucoup plus forte encore ; sur ? déviations qui avaient débuté avant Tâge de 6 ans, il y en avait 6 à gauche (1 ).

À quoi rapporter cette exception étrange? Les enfants montrés par M. Bouvier à l'hôpital appartenaient naturellement à la classe pauvre , et 5 d'entre eux avaient été atteints du rachitis. Ne faudrait-il pas accuser ces trois causes combinées, le très jeune âge, la misère et le rachitis? En me reportant à l'enquête que je poursuivis en i^Uk sur les résultats de la myotomie racbidienne, je trouve aussi que sur 22 pauvres enfants traités à l'hôpital, il y avait 5 déviations à gauche ; et 20 d'entre eux m*ayant pu apprendre la date de la première manifestation de leur difformité, 8 fois elle s'était montrée de 15 mois à 6 ans; et enfln li fois le rachitis avait précédé (2). Je regrette de n'avoir pas recherché alors la date spéciale des déviations à gauche; mais le résultat général, qui ne m'avait pas sufiBsamment frappé alors, semble témoigner en faveur de l'assertion de M. Bouvier.

N'allez pas toutefois attribuer au rachitis plus d'influence qu'il n'en a réellement. Tandis que, dans le reste du squelette, il agit sur le tissu des os même qu'il ramollit et plie à son gré, le plus souvent il respecte les vertèbres, à ce point qu'une déviation latérale rachitique est à peu près impossible à distinguer de toute autre. La colonne plie sous le poids des parties supérieures, à raison de la faiblesse des ligaments et des muscles; dans le rachitis, la tête est plus grosse et plus lourde, la débilité générale plus prononcée ; c'est par là qu'il prédispose surtout aux déviations. Mais pour celles qui se produisent en dehors de son influence, la cause la plus commune et la plus puissante sci-a encore la débilité générale, amenant tout h la fois la faiblesse des muscles de la colonne et le relâchement de ses ligaments.

(1) Bouvier, p. 383 h. 438.

(2) Malgaigne, Mémoire sur la valeur rvelle de Vorlhopédle et spécialement de la myotomie rcrhidienur; BnllPtiu de V Académie de mi'decine, 18tl, l X, p. 307.

DU RACHIg. 87

Mais pourquoi là oolonDe ne d«neiire*t*elle pu flécUe miqtteiiieBt en avant ; et poorqooi les déviations latéraies se tet-elles à, droite de pi^férente? P. Peiletan a établi à cet égard ane théorie fondée sar vn fait physiologique très réel, et qui appartient en conaéqoence à notre sqec.

Toutes les fois qu'une partie du corps doit exécuter des aMuvenieiift Mr son ensemblb, la pretnièfs condition est la fixité des points miKqMls s*insèrent les muscles qui vont la mouvoir. Le bras ne sanraii agir par ceux de ses musdes qui s'attachent I l'omoplate, que l'omoplate ne soit Solidement fixée, et elle ne peut l'être qn'autant que ses muscles propres, le trapèze, le rhomboïde, raBgnlaire« le grand dentelé, trouvent enx^ mêmes un point fixe niUeoti ; ce point fixe pour les trois premien est la colonne vertébrale.

Chez un sujet à muscles forts, à ligaments serrés, les musdes propres k k oohMBoe suffisent pour la maintenir droite et sudile ; un si^et faible n*y arrire pas toujours, mais il obtient cette stabilité d'une autre mahiôre. Anisi le rachis dans sa rectitude est un corps élastique et flexible que le Bhoindre effiM-t peut entraîner dans une direction quelconque; mais si cette tige vient k être courbée* eHe offre tout k coup une rigidité proporlionnelle k l'étendue de sa courbure, et qui résulte d'un antagonisme entre sa force élastique qui tend à la redresser et la puissance qui la Courbe. Yoyes le tireur en garde dans l'escrime, il a le rachis fortement courbé k gauche; l'enftntqul s'essaye à ouvrir de la main droite une porte qui résiste est contourné en arc presque demi-circulaire, etc. Ils courbent la colonne pour lui donner plus de fixité.

Or cette fixité nécessaire aux mouvements énergiques ne l'est pas moins h des mouvements Ugers, mais qui demandent beaucoup de précision. La jeune fille qui brode au plumetis, qui dessine ou qui écrit, doit se prémimir contre la vacillation du racbis qui entraînerait celle de Tépaulo et de la main ; elle Ib tient donc légèrement courbé dans sa partie supérieure; cette fléxiioaité, qu'on regarde généralement comme une habitude videuset ui'esl autre chose que la condition indispensable pour un sujet bible de rexécution de certains actes du bras droit. Aussi est- il irèssou^ vent impossible* malgré les remontrances les plus fréquences, d'obtenir de b jeane fille la plus docile cette rectitude tant désirée des mères do famille, et l'on comprend ce que peut amener à la longue celle inflexion fréquemment répétée et devenue en quelque sorte habituelle (1).

(1) Peltetto, M/leûâiaili wr lêicùMet ^uidéUrminent la courbure iU la çôlonnâ

Cette théorie h*^oxpiif|UG pas seulement le mécanisme des .'inflexions par suite dépositions vicieuses habituelles, elle indique encore le moyen de les arrêter. Éviter les actions qui rendent nécessaire la flexion pro-> longée de la colonne dans le même sens, augmenter les forces physiques* chercher, soit par des exercices, soit par un appareil, à incliner la colonne dans le sens opposé, telles sont les indications à remplir; et je pois ajouter, d'après ma propre expérience, que la déviation prise à temps et convenablement traitée disparait complètement et sans retour.

Alais ici se présentent plusieurs questions encore controversées et qui ne sauraient être éludées. Les attitudes vicieuses sont-elles cause ou eflet des déviations de Tépine ? Celles-ci peuvent-elles exister sans déformation des fibro-cartilages et des os? et enfin sont-elles ou ne sont-elles pas incaraUes 7

Shaw avait vu dans les attitudes vicieuses la cause principale des dévia-* tiens latérales; Delpech veut au contraire qu'elles en soient (dus souvent reflet; et M. Bouvier est revenu à cette opinion. Sans aucun doute, un sojet fort et bien constitué peut supporter toutes sortes d'attitudes sans inconvénient notable , sans quoi certaines professions ne seraient peuplées que de bossus. Déjà toutefois, avec une vigueur médiocre, il n'est pas sûr d'aflecler longtemps des poses vicieuses ; Werner rapporte qu'une jeune fille de dix-huit ans, qui se plaisait à se tenir hanchée, c'est-à-dire le bassin incliné de côté» finit par contracter une déviation lombaire; j'ai vu moi* même une malade venue belle etdroite jusqu'à l'âge deonzeans, et quiavait commencé à se dévier dans une condition où elle était obligée de porter un enfant sur le bras. Mais quand muscles et ligaments sont affaiblis par avance, le poids seul de la tête et du tronc sur le rachis, n'étant plus contre-balancé par la résistance musculaire, détermine forcément des inflexions vicieuses, qui sont ainsi l'effet du relâchement articulaire, et qui, si on les tolère, aggravent le mal et deviennent des causes très actives de déviations. Il y a là un enchaînement réciproque qui détermine et accroît la déviation par les attitudes vicieuses, et qui vide de plus en plus les attitudes à mesure qu'augmente la déviation. Elles se présentent donc au début comme causes, à la fin comme effets; et comme causes et effets tout à la fois quand la déviation est dans la période d'accroissemenL

Cela suppose, à la vérité, que l'affaiblissement se traduit pour les 1^ ments de la colonne en un relâchement réel ; et M. Bouvier regarde ce relâchement comme imaginaire. Je me trompe : dans les déviations rachitiques, il l'admet sans difficulté; mais il le nie pour toutes lesautres. D'où vient? Il a vu, sur un enfant rachiiiquot une courbure à convexité pos-

lérîeurc, âuuiant une véritable gibbosité, si bien qu'on avait cro an mal de Polt et appliqué des cautères Or, la conrbure provenait uniquement de la laxité des ligaments ; elle disparaissait dans reitension, et à l'au« topàe, on trouva les corps des vertèbres paiement épais en arrière et en avant Mais le même pbénomène se remarque tous les jours dans lea dévialioas latérales commençantes, sans complication de rachitis; et M. fioavier n'en a-t-il pas montré nombre de fois lui-même qui di^«> raîasaient dans ledécubitus horizontal, pour se reproduire dans la station T J'ai vu un jeune garçon traité par le corset spécial de MM. Cbailly et Godier, sans extension, chose importante à dire. Le corset enlevé, je cber-^ cbai vainement quelque indice de la difformité, et déjà je pensais avoir trouvé un exemple de gnérison complète, quand le pauvre enfant, fatigué de se tenir debout sans support, fléchit sur ses reins, et une déviation hmibaûre très forte reparut immédiatement sous mes yeux. J'ai vu dans mi antre établissement, sous l'influence de l'extension parallèle, une jeune fille gagner, en moins de quinze jours, un accroissement de taille de plus de 8 centimètres; eUe le gardait en se soutenant sur des béquilles; les béquilles êtées, elle le perdait presque immédiatement L'autopsie n'est pas nécessaire pour annoncer en pareil cas un relâchement de ligaments.

Ce qui a probablement abusé M. Bouvier, c'est la distinction malheureuse qu'il établit entre ce qu'il appelle la scoliose fausse ou par flexion^ et la scoliose vraiCy par déformation. Dans cette dernière, selon lui, la déformation des vertèbres est primitive ; elle débute avec la scoliose, qui sans elle n'existerait pas; il n'admet pas même que l'affaissement htéral des fibro-cartiiages précède l'affaissement des os; et en preuve 9 dte les nombreux exemples de déviations conservées dans nos Musées» où en effet les vertèbres sont déformées en même temps que les cartilages. Pauvre preuve, en vérité I car personne ne nie que ces déformations surviennent à la longue dans les déviations anciennes, et ce sont les dèviatioos andennes qui se rencontrent surtout dans nos Musées.

Mais ces déviations* même à l'état exrême, portent encore témoignage contre la théorie de M. Bouvier. M. Cruveilhier a mesuré les vertèbres et les fibro-cartilages d'un sujet dont la déviation était si forte que la flèche de la courbure dorsale allait à 189 millimètres. Neuf vertèbres y prenaient part, de la troisième à la onzième» avec leurs cartilages. Or les neuf vertèbres offraient en hauteur, du côté concave, *2i5 millimètres; de l'autre, 222 ; différence, 7 millimètres, environ un trentième. Les huit cartilages avaient, du côté concave, AS millimètres ; du côté convexe, 65 : I, 20 nûlUmètres, près d'un tiers. C'étaient donc les fibro-car-

^ bV THONC.

tilago» qnî avaient le plus souffert \ et l'on peut ftjonter que eélui qoi sépare la deuxième et la troiaiètne vertèbre lombaire avait entièremeni disparu du cô(é de la concavité. Mais cette même pièce oflhiit en outre la preuve que les fibro-cartilages sont atteints les premiers, et avant tonte Ksion des vertèbres. La neuvième, la dixième, la onxiéme vertèbre dor« sales étaient aussi élevées d*nn cftté que de l'antre, tandis que les quatre flbro-cartîlages correspondants oflft*aient 28 millimètres du o6té convexe» et 16 seulement du côté concave. Ce n'est pas là d'ailleurs un phénomène qui appartienne exclusivement aux déviations rachidiennes; les choses se passent de même dans tontes les sabluxatlons par relâchement des ligaments ; la pression exagérée sur nn dké des os en amène l'atrophié, tnidis que l'autre côté conserve sa forme, ou même reçoit, grtos an dMmt de pression, un dôvelopi>ement hypertrophtqne.

Une courbure de la colonne entraîne presque inévitablement voê^ seconde courbure en sens opposé, qui reconnaît comme cause esseniiene l'action des muscles. Soit en effet une courbure à droite de la région dorsale ; si le corps se penche fortement de ce cèté« réquilibro de hi colonne sur le bassin étant rompu, la station et la marehe seront iapo»> sibles. Pour rétablir cet équilibre, les muscles attirent la portion iom«bairc de la colonne à gauche, comme contre-poids à la courbure droite; et pour peu que les inflexions soient considérables, il y a même une troisième courbure vers le cou, produite également par les mosoles qui len« dent à maintenir la tête en équilibre sur le tronc.

Lorsque le rachis se présente ainsi avec deux courbures Uen établiett il n'est pas sans intérêt de rechercher quelle est la courbure primitivu et quelle est la courbure secondaire. Or, la courbure primitive me paraît devoir être presque toujours la supérieure. En effet, une courbure dorsale étant donnée, toute la moitié supérieure du corps étant IncHoéu d'un côté, ce ne serait pas assez pour faire contre-poids qo*nne courbure inverse dans la région cervicale. Il faut que la base de la courbure dorsale soit rejetée en sens contraire pour partager le haut du tronc en deux moitiés latérales à peu près égales en poids, condition nécessaire de l'équilibre ; et cela ne peut être obtenu sans une courbure lombaire. Mais si la courbure lombaire était primitive, ne pourrait^elle être corrigée par une courbure dorsale secondaire? Sans doute cela se peut; mais dans les cas que j*ai pu ol)server, c'est encore par une inclinaisou inverse inférieure que l'équilibre se rétablit d'abord i le poids du corps est porté presque tout entier sur la hanche do même côté que la courn bure, ou en d'atitrcs termes la base de celte courbure est reportée de

DU RÂCHI3. . 91

Pantre côté da centre de graTÎté ; il y a une saiHie trës forte de la hanche, et le malade botte. Cette claudication ne disparaît plus tard que quand la formation de la courbure dorsale permet de rapporter le centre de gravité du tronc à peu près entre les deut articulations coxo-fémorales ; encore toujours y a-t^l une hanche qui demeure pins saillante que rautre.

Il résulte de ce qui précède qu*i] peut y avoir des courbures lombaires sans courbures dorsales de la colonne, l'équilibre étant rétabli par la déviation du bassin ; c'était le cas de cette fameuse Jenny Guéry, dont la déviation prétendue supposée agita de si violentes discussions à TAcadémie de médecine en i8S6; elle n'avait qu'une seule courbure dorso-lombaire, mais le bassin était très oblique, et la claudication considérable. Â la vérité, on a pu mettre en question si la courbure n'avait pas été artificiellement exagérée ; mais à part son étendue, sa réalité est demeurée hors de doute ; d'ailleurs Dclpcch avait cité un fait du même genre, et M. Bouvier en a fait voir un autre sans réplique sur une pièce an atomique (1).

Ces cas sont du reste fort rares, parce que tes déviations lombaires primitives sont rares elles-mêmes. Dès 1837, les faits que j'avais observés m'avaient conduit à cette conclusion, qu'elles sont le plus souvent dé^ terminées par le rachitis, et se montrent conséqucmment dans la première enfance. M. Bouvier est arrivé, de son côté, an même résultat. Il y a sans doute des exceptions , le cas de Jenny Guéry en est même un exemple remarquable ; mais je ne parle que des cas les plus ordinaires ; et parmi les symptômes différentiels les plus remarquables, je noterai que la courbure dorsale fait saillir de Ixinne heure une épaule plus que Tautre, tandis que c'est sur la hanche que la courbure lombaire agît spécialement

Outre ces courbures secondaires, dites de balancement ou de com^ pensation, un phénomène moins facile à expliquer ne tarde pas à compliquer les déviations latérales; je veux parler de la torsion des vertèbres. Tous les squelettes de bossus que renferment nos Musées présentent cette torsion, qui est telle que la face antérieure du corps des vertèbres se porte du côté de la convexité de la courbure, sans entraîner une torsion 9i kieaucoup près aussi forte des apophyses épineuses ; car j'ai vu au Musée anatomique des hôpitaux un squelette où la ligne des épines était tout à ftiît droite, tandis que les corps des vertèbres étaient déjeiés h droite et h gauche altei-nativement.

{V Caselle mfdicale, 1836, p. 395.

P. Peiletan en a donné h théorie de cette manière. Dans une courbure prononcée de la colonne continuant k supporter le poids du corps» les vertèbres du milieu de cette courbure sont dans les mêmes conditions que si elles étaient poussées par une force directe et horizontale, du côté de la concavité vers celui de la convexité. Dans cette impulsion, le corps de la vertèbre isolée dans sa partie antérieure et latérale n*éprouve aucune résistance, mais les apophyses articulaires sont puissamment retenues par leur eDchainement réciproque; les apophyses transverses trouvent dans leur articulation avec la tubérosité des côtes une résistance à leur déplacement qui serait très faible de la part d'une côte isolée» mais qui devient considérable par son union avec les côtes voisines. En sorte qu'en arrière du centre de la verièbre, il y a des résistances efficaces h son déplacement latéral ; en avant, il n'y en a aucune, et la vertèbre doit conséquemment tourner sur son axe.

M. J. Guérin considère la chose d'un poiot de vue beaucoup plus mécanique. £n physique, lorsqu'on fléchit une tige sur une arête, ou dans le sens de sa plus grande épaisseur et de sa plus grande résistance, la tige fixée par ses deux extrémités éprouve, dans les points diamétralement soumis à la force de flexion, un mouvement de torsion qui lui permet de présenter son côté ou sa face la moins épaisse et la moins résistante. Or, selon M. Guérin, la colonne vertébrale se trouve parfaitement dans les conditions de cette tige (i).

M. Guérin, dans sa comparaison, a oublié un peu les côtes qui se trouvent précisément au point où se font la plupart des courbures primitives. Mais, sans nous attacher à prouver que la tige vertébrale diiïere plus ou moins d'une tige d'acier, disons seulement que les plus grandes courbures produites volontairement par les muscles, celles plus fortes encore qu'on imprime à une colonne vertébrale fraîchement disséquée, par la puissance des mains, ne produisent pas le moindre vestige de cette torsion, et qu'il faut en chercher la cause ailleurs que dans la configu* ration anatomique normale et les flexions physiologiques.

Mais d'abord il y a un fait assez important à éclaircir. Est-il vrai que toute courbure simulée ou provoquée artificiellement sera exempte de cette torsion, et que toute courbure pathologique la présentera d'une manière invariable? Ni l'un ni l'autre n'a été démontré et ne parait même probable. Toute courbure pathologique de la colonne, à part le cas de ramollissement des os, se fait d'abord par le même mécanisme que les courbures physiologiques et volontaires, par l'affaissement d'un

(1) Gaxeue médicale, 1836, p. 380.

eOlé des fibro-cartilages; roniqae didérence est que les unes sont perimnentes et les antres ne le sont pas ; ni les unes ni les antres ne présentent de torsion. M. Goérin, qui insiste beaucoup sur ce prétendu signe différentid, allègne que tous les squelettes de bossus de nos Musées ont les ¥ertèbres tordues. G*est le même vice de raisonnement que nous reprochions tout à Theore à M. Bouvier. Tous ces squelettes représentent des déviations anciennes, et ne prouvent rien pour les symptômes des déviations récentes; et l'on peut affirmer hardiment que dans une déviation légère et commençante, il n'y a aucune apparence de torsion.

D'une autre part, si la déviation simulée est portée à un haut degré, est*il vrai que h torsion ne surviendra pas ? Nulle expérience n'ayant été Êûte à cet égard, on ne saurait rien aflBrmer pour ou contre ; cependant je ferai remarquer que dans toutes les théories et dans celle de M. Guérin lui-même, la torsion serait aussi inévitable que dans les déviations pathologiques.

On voit qu'il faut beaucoup rabattre de la valeur des principaux signes donnés par cet auteur comme caractéristiques des déviations aitiûcielles et des déviations pathologiques; les autres sont moins importants et n'ont pas plus de réalité ; et je regarde comme parfaitement impossible de distinguer, soit sur les plâtres, soit sur les individus mêmes, une déviation commençante d'une déviation simulée.

Cette impossibilité reçoit une démonstration nouvelle d'un fait qui avait échappé aux orthopédistes. Le premier effet de la torsion du corps des vertèbres est de faire saillir en arrière les côtes du côté de la convexité de la courbure ; or chez un très grand nombre de sujets, au moins dans l'âge adulte, les côtes d'un côté sont naturellement plus saillantes que celles du côté opposé. Sur 116 individus du sexe masculin examinés par M. Voiliez, 59 offraient une saillie sensible du côté droit de la poitrine en arrière, sans qu'on en pût accuser aucune cause pathologique. Ainsi» dans l'état normal de la colonne, il se pourrait qu'un individu dépourvu de cette saillie eût un commencement de déviation pathologique sans aucun symptôme de torsion, tandis qu'un antre, pris parmi les 59 sujets de M.Woillez, aurait offert le symptôme de la torsion sans avoir besoin de s*arrangcr une déviation artificielle.

A quoi est due cette saillie des côtes chez des sujets sains? Probablement à la courbure latérale physiologique de la région dorsale, un peu phis prononcée que d'ordinaire. Voici d'ailleurs comme je conçois le mécanisme de la torsion.

Dans l'eut normal et dans la station, les vertèbres se supportent spé«

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