‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 19 sur 65 · JOUI · texte numérisé non relu

JOUI

7«J0UR.l

Ainsi, pendant les trois premiers jours, l'enfiBuit profite peu de là nourriture qu'on lui donne ; il vit aux dépens de Tembonpoint amassé durant la vie intra-utérine. Bonôls avait remarqué aussi qu'à cette époque il supporte fort bien la diète qui lui serait si nuisible plus tard^ et il en a conclu qu'il y a un réel avantage à pratiquer immédiatement après la naissance l'opération du bec-de-lièvre (1).

Après ces premiers moments d'oscillation, le développement marche avec une rapidité vraiment extraordinaire, en sorte qu'un enfant qui pesait 3 kilogrammes à sa naissance, en a gagné 6 en un an, ce qui fait un bénéfice moyen de 500 grammes par mois. La deuxième année n'ajoute pas même un quart au poids acquis dans la première ; dans la troisième année, l'accroissement s'est bien autrement ralenti, car il ne va pas à un dixième. Or, comme toute opération, entraînant plus ou moins de douleurs et de fièvre, entrave la nutrition et le développement de l'enfant, il s'en-

(1) Voyei Gax> Méd,, 1832, p. 666, où j'ai exposé les Idées de Booflls et discuté leur valeur.

«ait que, lorsqu'il Ti*y a pas une véritable urgence, il faut reculer h râlions le plus loin possible, pour araoindiir la perte qu'elles feront àreofant

ravais vivement regretté que ces éludes sur le développement pro| sir de Tenfant, n'eussent pas porté sur diverses époques de cette preiB année^ si remarquable eu Ire toutes par rénergie d^ la nutrition et < croissance. Tai eu moi-même Toccasion de tenter un essai de ce genn deui pelites filles jumcties, venues au monde tellement chétives, q 16« jour de la naissance la plus forte ne pesait que 2100 grammes, la faible seulement 1800.

Cette première pesée fut faite le %i mars, et l'autre eut lieu 2Ô j après^ le 10 avril*

L'aînée pesaît alortt. . . . SSSO gr. ; ^ U cad€Uâ< .... 2760 gr* <

(Test-â-dirc que Tune et l'autre avaient gagné un quart sur la primitif.

Troisième pesée le 19 mai.

L'alnâe donna , , , , a&OO gr \ — la cadette aïOO gr.

Ainsi, dans le deuxième mois^ elles s'étaient accrues d'environ un

Quatrième pesée^ le ÎO juin.

L'tdnée donna* .. . ...**. 41 SO gr. ; ~ la cadette 362& gr.

Accroissement d'un lixtème.

Dans le mois qui suivit, une bouffée de variole qui sévit dans le nage m'engagea a les vacciner. La vaccine eut une marcbe trèâ-régt et ne parut influer en rkn sur leur appétit^ ni sur la santé géuéraleJ

tefoiSf à la cinquième pesée, le 20 juillet^

L'aînée donna seulement^ \khù gr*; ^ la cadette *.. 3g&0 gr*

Était-ce bien reflet de la vaccine, ou Tindice d'une diminution qq dans raccroissement î Évidemment c^était la vaccine; en ciîel, La sixième pesée, le 19 août, donna :

Pour rtlaée 4800 gr* i — pour ta cadette. * 4eS0 gr. '

Et la septièmep le 8 septembre :

Paar l'iilnée. , , , 5500 gr. ; -- p&ur la cadette, . S05Û gr.

Sur la fin de septembre, eîles furent toutes deux prises de rhunil Ûuence s'en lit sentii^àla pesée suivante, le 13 octobre ;

L'aînée pesait seulement. S&50 gr. ^ — la cadette.*.. 5200 gr.

Le 8 noT^nbre,

L'atiiée pesait. 5800 gr.; — la cadette.... 5600 gr.

En décembre, elles eurent tontes deux une diarrhée très-intense qui ruina .-liiir naissant embonpoint; je ne les soumis à la pesée que le 8 janiMLL*ainée avait juste le même poids que le 8 novembre ; la cadette avait leidement gagné 200 grammes. Le 9 février, la santé bien revenue, allies n'avaient plus gagné à elles deux que 500 grammes ; le 9 mars, également 500 grammes : à chacune une dent avait poussé. Néanmoins à cette époque, 9 mars^ premier jour de la deuxième année,

L'aînée avait passé de 2100 gr. à 6325

La cadette de 1800 gr. à 6275

Et ponr chacune, le poids primitif avait plus que triplé. Si maintenaof on veut saisir d*im coup d*œii Taccroissement apporté par chaque peséâi à des intervalles d'un mois pour Tordinaire, voici la moyenne prise suc les deux enduits:

l« mois (26 jours), accroissement moyen 500 gr.

4« — (vaccine) 262

e« — (20joar«) 550

7« — (85 Jours; rhome) 100

8» — (26jour8) 325

10* — (61 jours ; diarrhée) 100

D'où il semble résulter que Taccroissement est surtout nuirqué dans les premiers mois, et beaucoup moindre dans les derniers.

l'ai inibté sur ces expériences, parce que, jusqu'à présent, je n*en connais pas d*aulres qui aient été poussées aussi loin. M. Natalis Guillot, mon collègne, en avait institué de semblables à rhôpilai des Enfants trouvés, mais avec des obstacles tels quMl n'a pu les pousser aussi loin que moi. Il a noté cependant, chose remarquable, qu'un enfant bien portant prend le sein plus de 40 fois par jour, et soustrait à sa nourrice plus de 2 kilogrammes de lait. Des pesées pratiquées sur 3 enfants d'un à deux mois^ après 8, 40 et 18 jours, ont signalé une augmentation de poids qui équivaudrait à 1 kilogramme par mois. M. Guillot a constaté aussi l'inûuence Acheuse de la vaccine sur le mouvement de la nutrition ; chei deux entants pesés avec soin tous les jours, le poids augmenta jusqu'au 8^ jour

ANATOHIE CH]KURGICAL£.

après la piqûre, diminua âtisuitei che£ un sujet, jusqu'au 9"* jour, chez Vautre jusqu'au 14% après quoi il reprit peu à peu; de telle sorte

qu'au IS^* jour chez Tuii, au 2H* che^ Tautre, le poids était redefenu le même qu'au jour de la piqûre. 11 en rësuiUï que, chez cesentauts, la vac* CÎDG avait déterminé uu arrêt de 18 et 21 jours dans le développemêut gëaéraL

La diarrhée, la rougeole, le moindre éry thème entralneut des conséquences encore plus fâcheuseâ ; Tappiication d*un vésicatoire détermine une perte de poids presque imm4dtate. On voit par là combien il faut être Tf^servé sur les opifrations dans le premier âge ; Dupuytren, qui rejetait l'opération du bec-de-lièvre à la Dalsiaoce, après avoir recommandé d'attendre jusqu'à 3 ans j avait adopté Tâge de 3 mois (t), sans se douter de la perte énorme qu'il allait faire subir à ses petits opérés. D'un autre côté, U serait périlleux d'attendre le deuxième semestre de la première année, 4 cause de la dentition et de ses orages. A moins donc de circonstances spéciales, j*eslime que le plus sage» lorsque T en faut a passé la première gemaine, serait d'attendre à deux ans ou deui ans et demij quand la première dentition est terminée.

Si des afTections aussi légères, et si des opérations aussi légères ont une telle influence, on peut juger de ce qui menace après des a0eo-

tel bdpiUux de Paris de 1836 à 1842, il y en avait 34 de 2 à 15 ans. En les partageant en deux catégories, j'ai trouvé :

De 2 à '6 ans, 6 taillés, 3 morts, 1 sur 2 De 6 à 15 — 38 — 4 — 1 sur 7

La différence est effroyable. Smith a donné un relevé de 354 calculeux taillés à Finfirmerie de Bristol^ dont 173 au-dessous de 15 ans (1). 11 en a ftdt trois catégories qui se résument comme il suit :

Agés de 8 ans, 16 udllés, 6 morts, 1 sur 2,60

— de 4 à 10 ans, 117 — 23 — 1 sur 5,99

— de 10 à 15 ans, 40 — 9 — 1 snr 4,44

Notei que le calcul vésical, affection chronique^ a déjà entraîné un certain dépérissement, qui rend les effets de Topération moins sensibles sur te nutrition générale. Il en est de même pour les amputations de cause pathologique. Tai dressé un relevé de 61 amputetions de ce genre, les votei:

De 2 à 6 ans, 4 opérés, 2 morts, 1 sur 2 De 5 à 16 — 57 — 16 — 1 sur 3,80

La mortalité a été presque double pour le premier âge.

losque-là du moins Topinion générale est justifiée pour les sujets audessus de 5 ans; mais quand il s'agit d'opérations d'urgence, nécessitées par des lésions traumatiques ou qui saisissent l'enfant au milieu d'une floriiiante santé, l'enfance, même jusqu'à 15 ans, est un flge funeste, et qui ne résiste mfime pas autant que Textrème vieillesse. Sur un total de 220 opérations de hernie étranglée, j'en ai compté 4 chez des sujets au-dessous de 15 ans; 56 chez des vieillards de 65 à 80 ans.

De 2 à 15 ans, 2 opérés, 2 morts.

Deesàso— 56— se-

rai réuni pareillement un certain nombre de grandes amputetions tranmatiques dans ces ftges extrêmes ; que ron<:ompare et qu'on juge :

De 2 à 16 ans, 10 amputés, 8 morts.

Dee5à85— 8— 6 —

Pour les deux opérations, l'avantoge demeure à la vieillesse (2).

rai Ciit voir ailleurs combien il importe de soutenir les matedes après les grandes opérations, dès que l'estomac le permet. Cette règle est

(1) Smith, A itaiitîical Inquiry, etc.; Medico-chir. Tramactions^ 1821, vol. XI.

^2) Voir mes tlmdet slatUUguêt tur let grandes opérations dans les Mfit, 4$ HHs ; Arduv. pém. de wM.^ 1842, t XIV, p. 58 et solv.

3t ANATOMÏE CHIRURGICALE.

d'une nécetjsitébkn plus étroite encore pour les enfants d*abord, et surtout pour Iês enfanls à k mamelle, qui à Tétai de sauté irnouveJieal leurs repas plus de 40 fois par jour. Ils n'ont pas seulement besoin de nourriture; il leur faut un degré de chaleur dont les autres Âges peuvent plus ai^éjuent se passer. Ainsi, pour les grandes amputations patbotogiqueii, chei l&È sujets de moins de 20 ans, l'tiiver est la saison la plus dësâ»treuse, l'été la plus favorable. Laisseï-moi ajouter enfin qu'on ne saurait trop veiller cbez les enfants à pt^rdre le moins de sang possibk ; mais je reviendrai sur ce sujet important.

Si nous reprenons maintenant Tétude. de t'accroisse ment après les premières années de la Tie^ nous avons vu qu'à Tàge d'un an, le poids de TenCant a tripïé; pour le doubler ensuite, il faut 6 ans, et 7 autres années pour le doubler encore ; après quoi l'accroissement se raieniit, et à 40 ans, terme de son développement complet, Thomme nWrive pas au double du poids qu'il avatt à i4. 11 y a quelque chose de particulier dans le développemeot de la femme* Toujours d'un moindre volume et d'iui moindre poids que T homme, elle arrive cependant à Tégalité à une époque marquée^ Tâge de i% ans. M* Quetelet explique ce phénomène d'une manière fort ingénieuse. L'augmentation absolue du poids est peu considérable Jusqu'aux approches delà puherlé; alors au contraire elle devient très-sensible; et comme la puberté est plus précoce chez la femme, cette accéîéi'atiûn fait disparaître momentanément l' in égalité du poids, qui

manquons souvent de données. L'osstûcation et la soudure des épiph^ses ne Jettent sur cette question qu'une imparfaite lumière; la taille seule est insuffisante ; mais le rapport moyen du poids avec la taille, qui indique le véritable degré de développement, peut fournir des données nouvelles et précieuses. Ces données ne seront pas applicables à l'âge adulte, où le poids varie trop, tandis que la taille reste la même ; elles ne peuvent servir qu'aux âges où le poids et la taille varient à la fois. M. Quetelet a dressé à cet effet le tableau suivant.

BGBSLLU DU DKVILOPPKMENT DB LA TIILLB BT DU POUM.

AGB.

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