‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 20 sur 65 · fl · texte numérisé non relu

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SO

Pour arriver, à Taide de ces données, à la déterminalion de l'âge d'un individu non adulte, supposons, dit M. Quetelet, que cet individu ait i m. 23 de hauteur, et 24 kilogrammes de poids, et que de plus il soit du sexe masculin. Mous verrons d'abord par la table précédente qu'il a un petit

o^i^rT.*'^ ^^.

eicès de poids par rapport \ sa taille. En ne con^uUaot que La taille, il aurait un peu plus de 9 ans; en se bornant au poids^il aurait un peu moms de 10 ans; ou pourrait donc conclure arec beaucoup de probabilité qu^il doit avoir de 9 à 10 ans (J).

Enfin une étude curieuse, dont j'ai essaye de poser les jalons^ consisterait à comparer avec les principales épeques du développement, les a0ec* tions chirurgicales que Ton y rencontre de préférence. Beaucoup d€ choses ont été alléguées à ce sujel, qui ue tiennent guère devant les résul' tats observés^ et surtout confirmés par la statistique, Â l'enfance appar-* tiennent généralement les aflections scrofuleuses^ ophthalmies, engorge* mentâ ganglionnaires, caries des articulations. L'enfance est encore Tâge de prédilection des déviations articulaires ou luiations pathologiques- Sur 110 pieds-bots survenus après la naissance, M. V. Duval atteste que les 19 vingtièmes s^ëtaicnt développés depuis 3 mois jusqu'à 9 ans. Selon le même observateur, c'est aussi deTÂge de 10 mois jusqu'à 7 ou 8 ans qu^apparaissent les déviations du genou en dedans, et de Tàge de 4 à 5 mois jusqu'à 15 ans que se montrent les déviations de Tépine. Pour mon compte, sur 20 déviations étudiées à ce point de vue, j'en ai trouvé S qui avaient débuté entre 15 mois et G ans, et ii de S à 14 ans, EdQei j'ai établi que bon nombre de luxations dites congéniales^ même du bras et de la cuisse, ne datent en rcalîlé que de la première enfance (2).

Arrivons maintenant \ quelque chose de plus précis, ou qui du moios

I des années de cette période. Encore les chiffres indiqués n'accusent qam l'âge des si:yets au moment de l'obsenration ; et sur les hernies àm Iges snitants, il y en a un bon nombre qui datent de la première en- Huioe. Ainsi en 1835, sur 410 hemieux par moi directement observés, 6 seulement étaient Agés de moins d'un an ; tandis que, dans cette même séries sur 900 hernies inguinales de date certaine, 22 remontaient à la pnoiière année (I).

Yen Fige de 3 ans^ commence une prédisposition nouvelle, qui s'exerce avec une intensité remarquable jusque vers TAge de 18 ans. Déjà Dupuytien» ayant rassemblé 356 opérations de taille faites à Paris ou dans les environs, dans un espace de 10 années, les répartissait comme il

suit:

De s à 15 ans 104

Aa-dessns de 15 ans 262

Mais Dupujtren n'a pas dit comment il avait recueilli ces chiflfres, et je craindrais d*y attacher une trop grande confiance. En réunissant moimême 75 opérations de taille pratiquées de 1836 à 1842 dans les hôpitaux de Paris, j'en avais trouvé 28 pour TAge de 5 à 15 ans, plus du tiers. Sur un total de 1058 calculeux traités dans les hôpitaux de Bristol, Leeds et NcMTwicb^ Prout en comptait 509 au-dessous de 14 ans, près de moitié. lA proportion dans certaines localités va même plus loin encore ; sur 1629 : traités à Thôpital de Lunéville, Saucerotte en trouvait :

De 1 anetdemlàS ans 34

De S à l&ana 1221

Au-dessuf de IS ans S84

M. Civiale, réunissant aux chiffres déjà connus des chiffres nouveaax recueillis par toute TEurope pour la période de 1820 à 1830, en a foroié une masse de 5376 calculeux, ainsi répartis :

De la naissance à 3 ans 73

DeSà 15 ans 2S48

An-dessus de 15 ans 2960

11 n'y arien de plus éloquent que de tels chiffres (2).

(1) Malfalgne, MmÊwrcka sw la fréquence du hemies, etc.; Annales d^hygUne pM.t 1840, t. XXiV, et Leçons dmiques sur Us hernies, 1841, p. 34.

(2) Voir Dnpnytren, Mém. sur la taille bilatérale, et Leçons orales, t. IV, p. 671 ; — Maleaigne, ttmdêt siatistiquet sur les grandes opératione; Arch. gén, de méd., tUt^U XIV, p. 60; — ProQt, On Gravel, et S. Gooper, Dict. de chirurgie, art CalcMlt; — Saoeerotte, Mélanges de chirurgie, t. 11, p. 553 ; — Clvlale, Trotta éê ^agdeHom caUmkuse, p. 64e.

n ANATDMIE CQIBURGICALE.

De iS à 30 aDS se mouirânt les affections vénériennes, le Taricoeèle; les hernies reprennent ausai en plus gmnd nombre ; les hernies cniralet mêmeft n*âp parai ssent guère avant Tâge de 20 ans (1), Mais une cbose bien curieuse j c'est la fréquence des ulcères aux jambes h cette époque ^ ia vie.

Bans un travail qui ne tient pas tout ce qu'il promet, Parent-DuchâtelÊt a rcuni un total de 3373 ulcères visités dans Tespace de il années par k bureau central (2). Sur ce chiA're il y avait 2607 hommes, 766 fdinities ; et ils se ré parti Etaient ainsi suivant les âges :

ÂGE

10 à ÏO am.

40 à ÏO aai.

50 à iO

BQft.

50 à 00 am.

eo à 70

ans.

; HommeS' Femmes,

Totaux.

ÛS&

se7

L'auteur remarque lui-même, que la plupart des sujets placés dans la première période avaient de 1 5 à 26 ans, et qu'il s'en trouvait fort peu

pour lël femmes ; et pourquoi elles sont aussi moins communes dans un sexe que dans Tautre.

Pourquoi cependant plus de plaies de 15 à 30 ans, que de 30 à 40, par exemple? D'abord la population est plus forte; probablement aussi il faut Caire la part de Tinexpérience. M. Fenger, examinant à ce point de Tue les ontriers enrégimentés de la marine danoise, dans une période de 15 années, a trouvé un chiffre de 1363 plaies, ainsi réparties (i) :

De 15 à 20 ans 177

De 20 à 30. ans 435

De 30 à 40 ans 814

De 40 à 50an8 2l8

De 50 à 70 ans et au-dessus. ... 219

Il semble que les mêmes causes qui multiplient dans la jeunesse les plaies extérieures deTraient amener une égale muUiplication des sohitioni de continuité intérieures, fractures, luxations^ hernies. 11 n'en Ta pas cependant ainsi, sans doute à raison de la résistance plus énergique des tissus osseux et fibreux ; et il faut que cette résistance soit affaiblie par un plus long âge pour que ces tissus cèdent plus facilement même à des violences moindres. C'est à 25 ans que les fractures acquièrent une firéquence qui se maintient jusqu'à 60 ans. On en jugera d'après le tableau suivant qui comprend un total de 2377 fractures (2).

De 2 à 5 ans. . . 13 Moyenne annuelle 4

De 5 à 15 ans... 101 — 10

De 15 à 35 ans... 389 — 29

De 25 à 60 ans... 14ftS — 42

De eo à 70 ans... 316 — 31

De 70 à 75 ans... 103 — 20

De 75 à 80 ans. . . 51 *- 10

Àa d«là de 80 ans. 16 — 1 à 2

Chose remarquable^ les luxations, qui s'opèrent surtout par la rupture des liens fibreux articulaires, semblent un peu en retard sur les fractures, comme si les ligaments conservaient leur résistance plus longtemps que les os. Ainsi ce n'est qu'à 30 ans qu'elles prennent un accroissement qui se soutiendra jusqu'à 50, pour être dépassé dans la période de

(1) Fengitr, De l'infiuince de Vâge, etc., sur la fréquence des wialadiesi Annoitf Mygtèie, iSfO, t XXIV, p. 421.

(2) Maltsigne, Eludée tUxtittiqHet lur Ut fractures; Annales d'hygiine^ 1389,

t.xxn.

M AKATOMIE CHIRURGICALE.

SO à 61 anf. Voyez comment au divine cette masse de 643 luxalions (11.

De 3 i â àtu.^* I Ifoyenne annaeUe, »

De  à }5 ADS... 2D 3

DelSàSOiBi... 139 ^^^ 9

De 30 à &a 8111... S24 — tt

De &0 É as ans. . * isa — i2

De 6& à 70 ftQi.«, 46 — 9

De 70 à 7S ans . . 22 j^ 4

De T& à M ans... IS -- I

EuAn les hernies, qui d liaient sans les rompre les tissus fibre ux, lont plus tardives encore ; leur premier accroissement notable se fait de 30 à 10 ans ; le second, de 40 à SO ; le dernier enfin, de 50 à 60 ; après quoi, de 60 i 10 f elles oJTrent encore une Tréquence plus considérable que de la 30« à U 40* amiée* Le tableau qui suit porte sur un total de S 140 hemleux, dont Y m déjà donné les proportions pour les premières années de la vie :

De lânaL&fiânce â iSans. ZhZ Moyenne annuelle^ »

De la à 20 ana.* 114 — 3b

De 20 A 30 aiu 367 — Il

De 30 à iO ans . , SOS — SO

De 40 à &0 ans.. Bfii — 90

De 50 à 00 an» 1059 ^ lOft

De 60 a 70 ani 010 — 91

De 70 t 7^ ana 314 — 6}

De 75 Â SO aofl, ....... îh5 — Il

Id la période de 40 à 50 ans est presque aussi charge que celle de 30 à 40; mais peut-être aussi ces tableaux dressés à la hftte, et non pas même par Lisfranc, auraient-ils besoin de vérification. J'ai réuni pour mon compte 56 cas d'anévrismes de la r^on inguinale, avec Fftge des sujets (i ) ; et ils se r^jMurtissaient ainsi :

De 24 à 80 ans 9

De 30 à 40 ans 32

De 40 à 50 ans 16

DeSOàeOans 7

DeOOàTSans 3

Norris, un peu après, a colligé un grand tableau comprenant les anévrismes qui avaient été traités par la ligature de la fémorale (2), conséquemment situés plus bas que les précédents. En triant avec soin les anévrismei purement spontanés, j'en ai trouvé 159, ainsi répartis :

A 9 ans 1

De 20 à 30 ans 37

De 30 à 40 ans 7S

De 40 à &0 ans 39

De 50 à 60 ans 14

De 60 à 90 ans 3

Enfin, pins récemment, M. Broca (3) a essayé de relever tous les anévrismes traités par la compression j usqu^en i 854 ; et en y prenant les anévrismesspoDtanés^je suis arrivé au chiffre de 137, qui se distribuaient ainsi :

De 30 à 35 ans 9

D635à30aQS 31

De 30 à 40 ans 75

De 40 à 50 ans 31

De 50 à 60 ans 7

De 60 à 67 ans 4

;i} MalgtffBe, Mém, gur les anévrism^t de ki région imguMMalê ; Jaunuil de ekirurgiêt 1846, p. 7.

(3) Norrii, Sfsliffîct ofthe MortalUy following the Oper. of T)fing the /emorol Jftery s Tke Amer. jowm. of med. Seienees, octob. 1849. *- Norris lai-méme a essayé de Ikire nn relevé pareil ao mien, mais il y a laissé des Inexaetltudes. Ainsi il compte 4 anévrismes de 10 à 30 ans ; dans ces 4 cas, il s'agisMlt de plaies artérielles, que f ai dû nécessairement élaguer. Le cas d'anévrlsme à l^flge de 9 ans a été rapporté par Syme, The London and Edênb. MontMy Journal, oct. 1844.

(8) Broea, Dm traUemeni d$t amévriniMi par la towapreitiont extrait de la GMVfteMdom.. 1853-54.

4< ANATOMIE CHinURGICALE,

Les varicâs semblent suivre la même loi que les ânérrismes^ à en ju^ gerdu moins par les chiffres que nous devons à M. Briquet. lia ex&mJQé Î5$ hommes et i^'à Té m mes de divers âges ^ et il a trouvé :

r Sur 50 hommes au*de«sotif de 30 ane., ,. 4 T3d([0«iix. % -

Sur 60 de 30 â 60 ûfii 15 — ^

Sur 158 au-de&âui de 60 ui£>..*. hZ —

Et pour les femmes : •

Bar 30 au-dessous de 30 ans 1 TSiiqaeuse.

Sur 93 de 30 â ËO ans.... U —

Sur aso au>de9Bu$ de 60 ans 30 — <

Eu sorte qu*en réunissant les deux sexes, avant 30 anSg on ne trouve que 1 variqueux sur 16; de 30 à 60 ans^ 1 sur 6; au delà de 60 9ns^ 1 sur 9 environ (1). Il convient d^ajouter que M, Briquet n'a jamais tu da varices chex les euTants ; c'est au moment de la puberté seulement qu'on commence a les rencontrer.

Les polypes flbreux de Tutérus se montrent particulièrement de 30 à 50 ans. Bajle avait écrit que les tumeurs fibreuses, noyaux de ces polypes, ne se dévehpptnt peut-être jamais avant Cage de ^^ à AO âsu^ 11 convient de noter que Dayle, lorsqu'il émettait cette assertion, n^a^ait vu en tout que 1 4 exemples de ces tumeurs sur le cadavre (2). J*ai k

m CORPS HUMAIN AUX DIFFÉRENTS AGES. 47

point €lC iTantant plut important à établir, qu'an praticien qui a joui en MO temps d'une grande célébrité, Lisfranc, a écrit et répété que le cancer de Tatérus sévit plus spécialement sur les femmes de 18 à 30 ou 35 ans (i). Déjà M. Leroy d'Étiolles, d'après des renseignements obtenus par toute la France des praticiens contemporains, avait trouvé que, sur 1781 sujets cancéreux,

1327 avaient passé 40 ans.

lOCO avaient paué eo ans.

TancboUy ayant fouillé dans le même but les registres de Tétat civil du département de la Seine de 4830 à i840 inclusivement, sur 9118 morts attribuées au cancer, avait trouvé les diverses périodes de la vie ainsi partagées :

De la naissance à 30 ans 40 cas.

De 30 à 80 ans 231

De 80 à 40 ans 1012

De 40 à 50 ans 1976

De 50 à 60 ans 2108

De60à70ans 2067

Au delà de 70 ans 1676

Gela rejetait bien loin les assertions de Lisfranc (2). Mais peut-être pou- ▼aiU» reprocher à ces deux statistiques Tincertilude des sources et du i ; et peut-être aussi le cancer utérin suivait-il des lois dilTérentes s. M. Lebert nous a donné un tableau qui échappe à toute objectfon de ee genre, le diagnostic ayant toujours été assuré par Vautopsie et le nricroicope, et chaque organe ayant sa part distincte dans le tableau. Four montrer d*abord le développement du cancer dans les divers âges, tant distinction d'organes, je prendrai les chiffres généraux ; sur 377 cas. Il y eu avait:

De la naissance à 10 ans 13

De 10 à 20 ans 9

De 20 à 30 ans 20

De 80 à 40 ans 60

De 40 à 50 ans 93

De 50 à 60 ans 89

De 60 à 70 ans 65

Aià-dessos de 70 ans 28

(1) Usfrane, Clinique chirurgicale, t. Il, p. 646, et 1. 111, p. 610.

C9 leroy d'ÊUolles, Journal de chirurgie, 1848, p. 184 ; * Tanchoa, tbtd.,

p.rt.

48 ANATOMÎE CHIRURGICALE,

Lecftncer de rutérus n« s'était pa$ présenté avtmt 25 ans* A partir dé €3

ège, il comptait 50 cas, ainsi répartia ;

De 25 à 30 ans &

De 30 ù 35 ani &

De U à iO tD£ 9

Dfl *0à 50 an» 16

De 50 à fiO aos S

De GO A 70 ans. 6

Au delà de TO an» 1

Le cancer dti sein ne débute pas non plus avant S 5 ans ; jusqi'à 35 ans il ne comptait que 5 cas; de 35 à 55 ansj 41 cas ; de 55 h 80. seulem^tit Il cà$ (!]* M. Velpcau, avec des chiffres plus élevés^ donne TAge de 40 à 60 ans comme le plus exposé h ce cancer. Sur 256 squtrrhes ou encéphalotdes oJ)9erYés à* sa clinique avec iadicatîoii de Vàge, il en a trouvé (2) :

De 30 à 00 ans..,. 7

De 30 k 40 aoi M

Be iO à 50 aD£. U

De M» à eo ana 79

De eo à Su ant.... ST

Au delà de 80 aot 7

D&VBLOPPEMENT DU FCETUS. 49

en r^gird Crois statistiques, de Fabini, de M. Maunoir nevea, et de M . Slchel, portant ensemble sur 1253 malades (1).

i'anêto ici ces recherches* non que j'ignore ce qui leur manque ; mais, entré le premier dans cette voie, il me suffira d'avoir montré par ce qui a été Dût ce qui reste encore à faire. Un premier reproche à adresser à ces tableaux, c'est qu'en général ils disent bien Tftge du malade au moment de Tobsenration, mais non la date où a commencé la maladie. Ces deux dates se confondent d'ordinaire pour les plaies, les fractures, les luxations; il en est tout autrement pour les hernies et les affections organiques. M. Maunoir a essayé de remplir cette lacune pour la cataracte; je Tai fait moi-même pour les andvrismes inguinaux et pour les hernies. Même pour la fréquence relative des maladies aux divers âges, à part la question d'origine, j'ai signalé il y a longtemps un vice radical. U ne suffit pas en effet de calculer le nombre des malades à un ftge donné, il faut comparer ce nombre au chiffre de la population de cet ftge; ainsi, par exemple, comme sur une masse de 10 millions d'ftmes, on en compte près de 2 millions de 10 à 20 ans, et qu'il n'en existe pas 900,000 de 50 à 60 ans, le même chiffre de malades à ces deux époques de la vie accuse une bien plus grande fréquence à la seconde qu'à la première. J'ai essayé d'établir ces rapports nouveaux pour les hernies dans le travail déjà cité ; je me bornerai à y renvoyer le lecteur.

Dans cette revue des principales affections considérées selon les ftges, on a vu que la femme, à part celles qui lui sont propres, en prend toujours une bien moindre part que l'homme. Le peu d'activité qu'exigent les professions auxquelles elle s'adonne, peut servir à expliquer ce résultat.

I S. 9m développemeBt embryoBsalre de PhoBune.

On ne croit plus, de nos jours, à la préexistence des germes, et dans le germe à la préexistence des organes. Les recherches de Malpighi et de Haller ont battu en brèche cette théorie, en montrant que les organes prenaient successivement diverses positions et diverses formes ; mais comme ces observations ne remontaient guère au delà de l'époque où les premières formations sont accomplies, on avait beaucoup trop attribué à l'influence du cœur, regardé comme le premier organe vivant, primum vivem, et le générateur de tous les autres. Cette théorie du dévdoppement

(I) Fabioi, Journal eofnpléfneniaire, t. XLL P- 92 ; — Maunoir, Mémoira de la Société wiéd. d'observation, 1. 1, p. 70 : — Siebel. Revue médico-chirurgicale de Pwit, t. XVIII, p. 107.

m ANAT0M1Ë CHIRURGICALE.

centrifugé, admise jusqu'à nos jours^ ne saurait subsister en face é9$ qui la démentent, et M. Serres a créé une ère nouvelle en organogà^j élevant sur ses ruines sa grande Igi du développemmt centHpèle ou é trique. \

M. Serres établit ; que tous les organes se développent de la ciri renée au centre; tous sont d'abord symétriques ou doubles; les <» placés sur la ligne médiane^ et que noua nommons impair», oui mttivemenl élé pairs, c'est-à-dîre composés de deux moitiés anal A <fest la loi de syméirie. *

Ces deux moitiés analogues, en marchant de dehors en dedans amenées au point de eonlact ; parvenues à ce point, elles s'engrèn s^unissênt intimement, de tella sorte que deux parties organiques xi*e plus qu'une seule. De pair Forgane devient impair. C'est la lui ^ jugaiitm et tf affinité^ I

L*embryon de tous les vertébrés se forme et se développe suiTi lois constantes* Tout embryon ou tout organe qui n'arrive pas m qui lui est propre, le doit à une déviation de ces règles. Tout em ou tout organe qui dépasse ce type leur est également assujetti (l)i

TeU^ sont les larges* données qui doivent éclairer, pour le chirti la question si obscure des vices de conrormation et des monstruosili en révéler Torigine, et même, dans certains cas difSciles^ lui îoisti indications. Nous allons passer en revue les faits sttr lesquels elle! puient, en examinant successivement le développement du trotio^ des membres, et celui de quelques monstres par excès qui peuYen|!| mer les secours de l'art,

1** Développement du (rone. — A quelque époque qu'on ait ed le fœtus humain, et M. Serres a eu sous les yeux un embryon dej lîmëtres de longueur, et T^tckels dit tnême en avoir vu un de 2 millî^ un qnart , Jamais on n'a observé la séparation originaire du corps eiq moitiés. 11 a donc faîlu recourir à l'embryon du poulet j sur leqi peut suivre heure par heure, pour ainsi dire, les progrès du deyel ment. Voici ce que nous apprennent, à cet égard, 1^ recherches le; récentes (2). ^Ij

(1) Serrei, Btcherehes d'anafofnie traviûfndanÎÊ eî pathaîo^ue, (3) Voyez Panda r, Mémoirt sur U dévelûppement du poulet dam f^m/ le Journal det prngrêiA' V, 1821 ; — Serres, leçons orales, déjà tiléea, loi* de l'oatéogéniet put^Ué ert SKirsit dms VEneyciopédtê d^t *ciffn«;f méd t 111* p. Seî; — Puckels, Nouvel tstoi tur l'hùloire du dévdùpptmtni di hryon pendant tes trois premières âemaines de la coneepkon^ dans le i« des progrh, t. XVI, p* IS*. 4

DÉVELOPPEaiENT DU FŒTUS. SI

Vm la 12* heure de rincubation, on aperçoU dans Faire du germe de« petttei raies parallèles et loDgitudioales, que Pander appelle les pUs primiHfi^ et qui sont les premiers rudiments de TembryoD, D*abord tout à Ikit isolëap peu après leur naissance ils se réunissent par un petit are à Tune de leurs exlrcmités ; cet arc est le premier rudiment de la tête; cetle extrémttë, qui se réunit la première, est donc Textrémité supérieure (i). Dans Pespaoe transparent qui sépare ces deux replis» apparaît, une ou deux heures après, la moelle épinière sous forme d*une strie délicate^ ronde en haut, large inrérieurement. Bientôt après, les plis primitifs se rapprochent vers leur partie moyenne, et leurs bords, s^appliquani l'un contre TauMie, forment en ce point une enveloppe complète à Isi moelle épinière. En haut et en bas cette réunion ne se fait que plus tard. C'est eocore dans cette région moyenne que se montre d*abord, vers la 18* ou 20* heure, de chaque côté de la moelle, une rangée de surfaces quadrilatère qui sont les rudiments des vertèbres. L.es premières qui paraissent sont pour les vertèbres dorsales, puis pour les lombaires, et enûn, plus tard» pour les vertèbres cervicales (2).

De ces premiers détails on peut donc conclure que le corps se développe en elTet par deux moitiés isolées. Là réunion commence à la partie supérieure : c'est là le premier indice de cette énergie de développement que nous avons signalée dans la moitié supérieure du corps.

La symétrie latérale est jusqu'ici parfaite ; rien ne semble trahir la i«périorité de la moitié droite sur la moitié gauche, et ^toutefois M. Serres a signalé un fait primitif d'organogénie qui rend raison de oe phëno* mène. Dans l'embryon du poulet, l'artère ombilicale droite est si peu développée par rapport à la gauche, qu'elle semble frappée d'une atrophie origiDelle ; cette observation, qu'avaient déjà faite Malpighi, Haller, Dutrochet et Meckel, est aussi réelle, quoique moins sensible, chei rembryon de l'homme. Or, Tarière ombilicale droite correspond et coqcourt à U formation du côté gauche de Taorte et du corps ; et les ooodA-

(i) Ou Ittdsns l'extrait des Lois d§ l'ottéogéniê de M. Serres, que ces plis se rapproehenl d'abord par leur partie inférieure. Je me suis assuré près de X. Serres loi-aBtee que e'esi une erreur typographique.

(3) BIschoff, étudiant ce développement sur des œufs de chienne et de lapine, a TU apparaître d'abord une aorte de gouUière, dont Je s bords se rapproebent et se réunlaseot pour former un canal, qui sera le canal de la moelle éphiière, et de ehaqie côlé duquel apparaissent de petites plaques carrées qui sont les eommea* wiiui rts des vertèbres. En même temps, l'eitrc^mité supérieure se renfle en trois petites vésicules qui contiendront le cerveau. {Traité du développnMht de VhomwM et iêtmamm[èn$; Encyelopédie anatomique, Paris, 1843, t. Tlll, p. 117.)

n ANATOMIE CHTRUHtilCALE.

lions d'existence des organes étant liées à celle? des artères, Tatrophie de celle-ci doit se faire ressûatir dans toute retendue de son ressort^ et tout le côté gauche demeurer naolns développé et plus faible que le cAlé droit (1). On en a nn indice sensible y ers la fin du 5* ou du 6* mois^ lorsque le foie, jusque-là parfailemeot symétrique^ s^atrophie dan? sa moitié gauche, tandis que la moitié droite continue de s'accroître.

L* embryon humain, lorsqu'on peut l'examiner, répète également ce que l'on a tu dans le poulet pour le premier développement de Torga- 11 la me.

Ainsi j auÎYant H. Yelpeau, le rachis en est la partie fondamentale; il parait a^ant tous les organes, et existe même seul assez longtemps. Mais M* Serres y a fait Toir le premier les preuves et les conséquence de cette loi de symétrie que les Allemands ont appelée de son nom, ifx Serriana, Sur des embryons de 3 à i4 millimèireB de long^ après aTOîr incisé la pdlicule mince qui recouvre le dos, il trouva sur les c^tés Ûi la moelle deux replis membraneux, d'abord isolés, et commençant à se réunir dans la région dorsale. Sur un aulre de 16 millimètres, il disUngua en dehors de ces replis sept surfaces quadrilatères correspondant aux sept premières vertèbres dorsales* H s'en développe promptement d^ autres tout le long de la moelle, et bientôt ces surfaces tendent à se réunir; à 25 millimètres de grandeur, toute la région dorsale était formée, aimi

DÉVELOPPEMENT DU FOSTUS. 53

selon Bédard, de haut en bas. La même loi de symétrie est applicable anz os dn crâne et de la tàce, même au vomer, ainsi qu'au sternum et à Ycê hyoïde.

Ce déreloppemenk par moitiés latérales n'est pas moins frappant poAr le système nerreux, qui en garde des traces jusqu'à Tâge le plus aTanoé. Qui ne connaît les profondes scissures qui divisent sur la ligne médiane le cerfean et la moelle ? Le système vasculaire obéit à la même loi ; seulement, comme il consiste presque tout entier en de longs canaux, il suit une marche de développement qui lui est commune avec quelques autres canaux de l'économie, et qui fait voir avec quelle force s*exerce, même à rétat[normal, cette loi de conjugaison qui tend à réunir et à conibiidre les parties symétriques.

Pen après Tapparition du cœur, Pander avait vu sur Tembryon du poulet deux artères parallèles sortir de cet organe et descendre de chaqœ cAté des vertèbres jusqu'à la terminaison du rachis. 11 les avait regardées comme représentant les deux iliaques; et d'abord cette comparaison m*avait paru fondée. Mais les recherches de M. Serres ne permettent plus de soutenir cette idée; ces deux artères sortant du coeur sont deux aortes, telles qu'on les trouve encore chez certains reptiles ; sur des oeulii incubés 65 heures^ M. Serres les a vues réunies en un seul tronc au haut de la région dorsale; à 68, 69 et 70 heures, la réunion était effectuée dans toute cette région et dans la moitié de Taorte abdominale; au troisième Jour, ou au plus tard vers la 85* heure, l'aorte ne forme plus qu'un seul tronc; les deux artères sont réunies dans toute leur longueur, et plus d'une fois l'habile observateur que nous suivons à la trace, a remarqué un petit sillon sur l'endroit où s'était effectuée cette jonction ; d'autres fois encore il lui est arrivé de trouver la réunion opérée sur deux ou trois points à la fois, les parties intermédiaires restant doubles (i). Toutes les artères impaires et médianes, l'artère spinale antérieure, l'artère hasilaîre, se forment de cette manière.

Ainsi la loi de conjugaison s'exerce, tantôt en rapprochant deux por^ lions d'organes en un seul tout, comme le rachis, par exemple ; tantôt en rapprochant deux organes pairs, complets, qui arrivent peu à peu au contact, s'unissent, se fondent l'un dans l'autre, se pénètrent réciproquement et finissent par n'en former qu'un seul. L'anatomie comparée nous fournit d'ailleurs des exemples de ce développement si étrange : ainsi. Tes canon des rum jnants, d'abord formé de deux métacarpiens, puis deve-

(I) Serres, Qualriime mémoiu d^anatomi§ irantcmidante ; Loi de sfWiétriê tf di tfmjmfûiiOH dm lyitMs «aii|niiii; Ànnaki d€t idêncêi natur., t. IV.

54 AFfATOMIE CHIBtmGfCALE,

nânt ua os simple dont les deu^c canauït, séparés par une cloison médiaae, attestent cepeodaDL la double origine^ tititt etifm, la cloison ayant disparu, par constiluer un os unique à cavité unique. ' ■

Parmi les Tiscèrcs ciem, la vessie^ le Tagin, l'utânis, paraîsseot se foriUËr ainsi par Tadossement de doux cavités qui se fondent plus tard en une seule ; Tintestin et la IrachéCj au contraire^ semblent résulter de Ja réanion de deux demi-mnaui latéraux, comme le rachis. Et enfin, d^aprës les observations de Pander^ ce sont encore des plî5 lalcraïut spéciaux, marcbant à la rencontre Tun de Tautre sur la ligne moyeniier qui sont Forigine des téguments extérleurSp

On compiend dès Jor^ comment se produisent les vices de coafonfiation qui consistent en une division sur la ligne médiane. Que rcissincation s'arrête avanl la réunion des moitiés latérales du corps des vertébrée, et rou aura un spina-bitlda antéi ieurj pins fréquent dans la région cer- Ticaleque partout ailleurs ; ou, si ce sont les arcs qui demeurent incom*plels, un spina-bifîda postérieur, qui affecle de préféi-ence la région lombaire ou sacrée ; lieux d'élection qu'explique assez bien Tobservaiion de Béclard. Toutefois Tarrêl de développement peut ft^pper toutes le$ régions ; on a TU le sacrum ouvert par devant sur la ligne moyenne, et le rectum ou TS iliaque faire hernie à travers les deux moitiés de Tos séparées- Les mêmes tnonslniosités ont élé observées an crâne, qui oflï'Ê tant d'analogies avec les vertèbres, et la solution de continuité peut se rencctn*

DÉVELOPPEMENT DU FCETUS. 55

«yfttne et de chaque région en particalier, sur les aberratioDS spéciales de ces légfions et de ces systèmes ; ici je ne veux parler que des grandes défcrmations qui tiennent au déTcloppement général de Fembryon hunuin. renonce les lois générales, que j'appliquerai plus tard aux cas partkattsK

Le neliis formé, son extrémité supérieure ne tarde pas à se dérelqpper outre 'mesure pour constituer la tête, qui, à 20 jours, égale au moins la moitié de la longueur totale. Le développement de la partie antérieure dn troDoa lieu d'une manière remarquable. Jusqu'au 12* jour après la fécondation, Tembryon humain est placé entre Tamnios et le cborion, le dos eontre la première, le ventre contre la dernière de ces membranes ; en sorte qu'on peut reulever de dessus l'amnios sans ouvrir cette vésicule (Pdckels). A mesure qu'il s'accrott, il déprime Tamnios et s'en enveloppe, oomme les intestins sont enveloppés du péritoine ; et s'éloignent de plus en plvB du chorion^ il n'y est bientôt rattaché que par un repA de Tarnniof en fonne de gaine, qui fait à son égard roffice que remplit le mésentère poor les intestins, et qui sera plus tard le cordon ombilical. Ainiî la gaine amniotique enveloppait d'abord tout le fœtus et lui formait en quelque sorte un tégument général ; bientôt un tégument véritable prend sa place à la partie dorsale et supérieure de l'embryon ; alors il se trouve réellement^ comme il sera au jour de l'accouchement, dans la cavité de l^anmloe ; et la gatne amniotique, continue avec les téguments nouveaux à la partie inférieure du tronc, n'enveloppe déjà plus que les viscères . du faa»-ventre. A mesure que la transformation tégumenteuse a lieu, cette gaine se rétrécit davantage, jusqu'à ce qu'enfin sa cavité s'oblitère et qu'elle soit réduite à un cordon plein et mince, qui est le véritable coidott ombilical. Pour les téguments du bas-ventre, le développement I donc évidemment des côtés sur la ligne médiane; et nous ajoot qu'il est concentrique, c'est-à-dire que ce ne sont pas seulement les deux moitiés latérales qui se réunissent, mais que la partie qui est ao-desso«s de Tombilic et la partie qui est au-dessus se rapprochent également, et que de tous ces points les téguments vont à la rencontre les uns des antres jusqu'à ce qu'ils se soudent enfin en une cicatrice centrale et circulaire qui est l'ombilic.

^ Ainsi se passent les choses à l'état normal. Que si le développement iTarrêtc k une époque voisine de la conception, la cavité abdominale in- €kmiplète ne contiendra pas les viscères, que l'on trouvera presque en entier dans la gaine ombilicale, et presque uniquement recouverts par l'amnios. Si l'arrêt de développement a lieu plus tard, les parois al)do-

se ANATOMIE CHtRimCICALE.

minales auront gagné en étendue: uae pelile portion des Tiscèreii kment sera bors de la cavité, et logée encore dans la base dti g^ ombilical ; ce qo'ôn a appdé quelquefois eiomphale congënial ^ 4 mînËtion impropre^ qui fait confondre ce déplacement avec une h^ ordinaire. En eflel. M, Isidora GeofTroy Saint-Hilaire a trÈs-justa( remarqué que, dans ce prétendu eiomphale, les ^iscèreii ne sont | sortis de Tabdomen ; leur présence à Textérieur vient de ce qu'ill sont pas encore entrés, tandis que dans la hernie réelle» ils y él| entres et contenus avant d'en être ressortis. Cette distinction easent en théorie ne Test pas moins dans la pratique ; le pi*emier cas est g ralement incurable et mortel ; le second peut très-bien se pallier et j ver même à une cure radicale*

A côté de ces défauts de développement, il faut mentionner une f anomalie qui semble tenir à une disposition contraire; îa transfoi tion tégu mente use se fait quelquefois avec tant d'énergie, qu'elle em même une portion du cordon jusqu'à la hauteur de 15 millîmèln plus. Nul inconvénient n'en lésulle ; seulement Torabilic présente^ ces individus une saillie persistante au Heu d*une cicatrice forte menl primée. I

Il y a cependant un vice de conformation qui semble attester à la même dans celte région, et le développement à part de chaque moiti térale, et la supériorité de la moitié supérieure sur Tinfërieure.^l Textrophie de la vessie, lésion aaseai peu rare, tandis qu'on ne cite ai exemple t'e défaut de réunion limité aux parties molles au-dessus de ï bllic. Mais ce qui est bien remarquable, c'est que le défaut de réunion tend presque constamment jusqu'à Fom bi lie ; cette cicatrice se trouve fois située beaucoup plus bas que dans l'état prd in ai re, et cachée aux gards par la sailhe de la muqueuse vésicale ; en sorte que quelques ol valeurs s'y sont trompés et ont cru que l'ombilic n'existait pas (i), C circonstance vient appuyer Topinion que j'ui émise sur le développen concentrique des téguments de Tabdomen ; ici c'est le développemen la partie inférieure qui a manqué.

Ainsi^ jusqu'à présent^ toutes ces déformations si dif^ciles à expUc

(l) On ne cite que deux cas dans lesquels rombllic ait été trouvé au-deesuft < tsineiir véalcalc. (U. Geoffroy S.-Hilalre, op. cîL, p. asî.} — M. Velpeaupenie le» évenlrationi et reitiroversion de la vea&îe dépendent ptas communéineni ce que ta paroi abdominale a'est rompue, ou eâi tombée en disaolulion pei lempa après avoir été formée ; Il dit avoir recuelJli troia cîîemplei où ce m cisme n'élait pas douleus. {Ovologiê huwwint. Paria, ISâa, p, g2.)

DÉVELOPPEMENT DU FCETUS. 57^

pov les ancieiu anatomistes, se rangent parfiiitement sons la nooTelle théorie: arrêt de dëTeloppement, défaillance de la force de conjugaison, ToOà la loi qui les régit toutes. Cette loi de conjugaison n'existe pas seulement pour les deux grandes moitiés du corps, mais pour toutes les régions et pour ainsi dire pour tous les organes ; ainsi le cerveau, le rein,* sont tbrmés de plusieurs pièces d*abord distinctes qui se réunissent plus tard; cette multiplicité de pièces d'origine est incontestable dans le système osseux, et c'est de la non-réunion de quelques-unes de ces pièces que dépendent par exemple le bec-de-lièvre, la fissure congéuialede la joue. Parmi les organes pairs, quelques-uns par leur forme symétrique se rattachent plus fortement à la loi de symétrie ; ils sont, comme le corps luimême, composés de deux moitiés latérales, et si la force de conjugaison pèche par défaut, il y a une fissure sur leur ligne moyenne ; telles sont les fissures congéniales de Tiris, etc.

Et toyes comme cette théorie se déroule en magnifiques conséquences! Tous œs cas d'arrêt simple de développement n'étant que des dispositions embryonnaires qui persistent au delà de leur terme ordinaire, un état tranritoire devenu permanent, chaque déformation de ce genre est donc pour nous le type en grand d*un état de développement à une époque donnée de la formation ; et comme Torganogénie nous a révélé le secret de ces aberrations, ces aberrations à leur tour nous redisent l'histoire de rorganogénie. De même aussi Tembryon dans ses phases transitoires, répétant plus ou moins les conditions de vie permanentes des animaux inférienis, on est conduit naturellement à cette loi de Tanatomie pathologique exprimée par M. Serres :

Quê pour les aberraiians de forme ou de nombre des partiei orgamqueê^ TmMÊomiê pathologique rCest autre qu^une répétition de Vembryogime^ ou la fêproéueiion de Vanatomie comparative.

Vétaàe du mode de développement des muqueuses et de leurs orifices donne à ces idées une nouvelle confirmation. J'ai dit que Pander, sur le poulet, avait vu dans l'origine le tube intestinal se former comme le rachls par deux plis latéraux, qui, se soudant sur la ligne moyenne, constîtnent nn canal complet; de plus, il est bien reconnu que le rectum et l'ossophage se présentent sous la forme de deux entonnoirs fermés d'un côté, ouverts de l'autre, et marchant l'un vers l'autre par le côté ouvert. 11 n'y a pu encore d'ouvertures à la surface extérieure; elles ne se forment que plus tard et par divers mécanismes, selon que l'orifice est simple ou garni de voiles membraneux. Ainsi, pour l'anus, on voit se dessiner sur la peau tm point Doir, lequel se creuse peu à peu et va pour ainsi dire au-devant

ÂNATOMtS: CniBURGTCALE.

du rectum qui descend vers lui ; en sorte que si les deux portîOQS d'un même canal ne se rejoignent pas, il ^ aura entre elks ou une cl0bûi3 simple^ Bituëe à une liauieur plus ou moins considérable, ou même uoe notable épaisseur de parties. C'est de cette manière que j^expliquerabauatsi et l'oblj[ération de Tcesophage^ qui est fermé supéneurement^ comme il a été dit, lors de sa première apparition ; et les oblitérations du vagiD, soit qu'elles se bornent à une simple membrane, soit qu'elles occupent une grande étendue de ce conduit ; et enfin les cloisons tran s versées du vagin qui ont si fort embarrassé M. Isidore GeolTroy Saint-Hilaire, et qui ne sont que des oblilératians membraneuses à une certaine prafoiideiir« Â rétat physiologique il reste deux exemples de ces imperfections, rime incomplète, la membrane bymen ; Tautre complète, la membrane tjfm^ panique.

Dans tous ces cas^ l'imperforatlon est réelle et primitive ; elle aép&re deui portions d'un même canal qui n^ont jamais été continues. Il en va autrement pour les onQcesà lèvres, comme les paupières, la bouche, la Tulve, qu'il ne faut pas confondre avecronûce du vagin. Ces voiles meoir braneux et mobiles n'ciistaient pas dans l'origine : Tœil est nu d'abcurd et continu avec la peau; la bouche est pendant longtemps béante et sans lèvres. Du contour de ces orifices E^ëiendent peu à peu des replis des lé* gumeots qui en s'accroissant rétrécissent déplus en plus l'ouverture qu'ils circonscrlv^ent, et arrivent enGn jusqu*au contact. K ce poinl^ la force

DËEVELOPPEMENT DU FOBTUS. 99

riode, fl y anra donc une cloison médiane plus ou moins étendue entre let deoz eigmei. A Tappaî de cette ingénieuse théorie, M. Isidore Geoffiroy Salnl^ilalre apporte Tanalogie des organes sexuels de quelques marsupians, dool la cloison^ existant dans le jeune âge, disparait dans Tflge adulte. Or, celte disposition singulière d*uiie matrice tantôt complètement double, tentM seulement séparée par une cloison, image d'un état embryomicire transitoire, ou d'un état permanent cliei plusieurs aninuiux inlérieurty on l'a retrouvée à tous les degrés chez la femme ; arrêt de développement dû encore à une défaillance de la force de conjugaison. Mais d*aill«irt, dans Thomme même, cette fusion de deux organes pleins en un seul, par excès de la force de réunion, s'observe quelquefois dans di- T^n orgUMS, pour les yeux, les reins, les testicules ; il y a alors non pas arrêt, mais bien excès de déTeloppement.

TsUm sont les anomalies principales qui se rencontrent dans le développement du tronc du fœtus, celles au moins qui présentent quelque intérêt sons le rapport chirurgical. Jusqu'ici la plupart s'expliquent phis ou moins par vn arrêt de développement soumis à des lois générales. Il en est d'antres» dont quelques-unes déjà ont été mentionnées, qui échappent à ces Ms, mais qu'on peut expliquer encore par des arrêts de développement spéeknx ; et d'autres enfin où le nisus formativtu n'est plus seulement enrafé dans sa marche, mais troublé et bouleversé sans que la cause en soit Uen connue ; telles sont les embouchures anormales du rectum dans le vagin oo dans Turètre, de Turctre dans le rectum, etc. Nous reviendrons anr ees vices de conformation en traitant des régions où ils se montrant; ratons seulement ici qu'ils sont bien plus fréquents dans la moitié inCMeure do tronc que dans la supérieure.

t* Développement de$ memhrei. — J'ai déjà dit que les membres supérienis sont également moins sujets aux vices de conformation que les infUenn ; ce qui parait tenir à la vitalité plus forte des membres thoi effet, malgré l'assertion contraire de M. Velpeau, ils sont, en il^ lit premiers à paraître ; sur un embryon de 8 millimètres, observé par M. Serres, deux points obscurs en forme de mamelons indiqnaient la place des membres supérieurs, tandis que les inrériours n'étalent point visibles. La chose est admise d'ailleurs par la plupart des embryologistes. Mais ce développement des membres présente des circonslanem importantes à étudier.

Cest dans le courant de la 5* semaine que les membres commcneent à se montrer. La mahi sort la première sous la forme d'une palette à bord libre, mince et non divisé ; le pied fait aussi le premier

saillie tous la même forme- De 30 à 40 jours, Tavant-bras et la jamb montrent. A 43 ou 50 jours, le coude et le bras s'isolent du tronc à tour, de même que le genou et Ja came ; mais la cuisse et le braa moins de longueur que l'avant-bras et la jambe* On voit que les racm sortent du tronc par une sorte de végétation, l'extrémité libre la prem et, comme dit M, Velpeaii, à la manière des bourgeons qui sortent d branche d'arbre ou deraisselte d'une plante ; en sorte que ai le déve pement venait à s^arréter, on aurait, selon les diverses époquea di arrêt, un individu avec des mains et des pieds attachés aux épaules i bassin, comme il en existe un remarquable exemple dans le musée puïtren; ou bien avec des mains ei des avant- bras sans bras, des i et des jambes sans cuisses ; ou enfin des membres complets, mais cuisses et des bras très-courts. En suivant cette idée^ on arrive à se rei compte d'une allection assez commune^ la luxation originelle du fé par UD arrêt de développement à son extrémité supérieure ; et telle l'opinion de plusieurs chirurgiens que je me réserve de discuter plus t Mais un point d'embr:yogénie éclairé encore par M, Serres, a donc mon avis, la solution la plus satisfaisante d'une déformation trèsquente, surtout au pied, et que Fart est souvent appelé à corriger. I main ni le pied ne se Torment à la fois et de toutes pièces ; le dév€ pement du tarse et du carpe s'opère de dehors en dedans, du c6té ext au côté interne, dernier indice de révolution centripète. Le côté inti demeure donc quelque temps plus petit et plus faible ; aussi tous jeunes embryons paraissent a^'ectés d'une déviation du pied et d main en dedans (1). Si le déTeloppement s'arrête à ce point, la dévia persiste; c'est le pied-bot congénial, qui a lieu eu elTet si habituellen eu dedans, qu'on cile à peine 'quelques cas o(i la déviation ait eu lie! dehors.

D*autres anomalies s'expliquent par le développement de la main i même. Sur la palette unique qui constitue cet organe lors de sa soi se développe une éminence simple en manière de bandelette, qui eE séparée par un enfoncement (Meckel]. Cette éminence ne tarde pas i tendre peu à peu en cinq divisions représentant les doigts ; ceni d'abord courts et épais, sont jusqu*au 3» mois unis les uns aux au par une substance mince semblable à la membrane qui existe entre doigts des cétacés et des oiseaux palmipèdes, ou entre les rayons dei geoires chez les poissons. Cette membrane peut persister jusqu'à la n

(ï) Ikchitchei d'analômit tfanscendanî^f p. 630.

DEVELOPPEMENT DU FCETUS. 61

1^ et par cette prolongation de Tëtat embryonnaire produire ce qa'on

appelle improprement réunion deidoigti^ et ce qui devrait s'appeler déftnu i§ Moltian. Il faut ajouter que cette bandelette spéciale pour les doigts ne a^ofaierfe pas toujours; mais toujours la séparation a lieu de la manière indiquée. I^es orteils se divisent suivant le même mécanisme. D*ailleun^ kf doigts comme les orteils se développent dans le même ordre que le caipe et le tarse, c'est-à-dire de dehors en dedans. Si quelque avortemoit te fiidt sur ces organes, il affectera donc la partie interne plutôt que rextame; ainsi, s'il n'y a qu'un doigt, ce sera le cinquième; s'il y en a dem ou plusieurs, ce seront le cinquième et le quatrième^ puis le médias, puis l'index ; et le pouce ou le gros orteil est celui qui est le plus si^et à manquer (Serres).

Les doigts et les orteils sont symétriques; et suivant la loi du développement symétrique de M. Serres, ils devraient être constitués par le rapprochement de deux moitiés latérales. La preuve directe manque ici à cette théorie ; mais, chose remarquable et qui donne à réfléchir, quelques pliénomènes anormaux en paraissent la conséquence manifeste. Telle est surtout cette déformation des doigts qui ofirent quelquefois la phalangette bifurquée^ ou deux ongles sur une phalangette simple.

Quoi qu*il en soit, les explications manquent pour certaines autres difformités de la main et du pied, les doigts surnuméraires, TaugmentatioD da nombre des phalanges^ etc. Nous pouvons bien alléguer toiyonrs un exeès, nn défiiut, une perturbation de la force créatrice ; mais c'est un simple changement de mots qui laisse au problème toute son obscurité; tandis que les belles théories de M. Serres nous ont fiadt faire un pas, en nous montrant dans un grand nombre d'anomalies, la persistance d'un éM embryonnaire antérieur , et même un état embryonnaire qui est soavent l'état normal d'animaux d'un ordre inférieur. Du reste, on comprend todlement que ces arrêts de développement doivent fréquemment agir sur plosieurs régions à la fois et produire des difformités multiples; cela arrlia surtout pour les plus graves, et pour tous ceux en général qui se fiml à une époque plus rapprochée de la conception.

3* Armotion da monttres doubles. — Cette question, qui semblait réservée aux anatomistes spéculatifs, a remué depuis quelque temps Timagination des chirurgiens. Lisfranc d'abord, à la nouvelle qu'il existait i Benab un enfant vivant à l'abdomen duquel adhérait un autre petit I acéphale, avait conçu l'idée de faire l'ablation de cette partie para-

\ qui gênait les fonctions de l'être régulier. Un peu plus tard, dans la I à laquelle donna lieu, à l'Académie de médecine, l'intéressant

travail de M, Dubois d'Amiens sur les jumeaux Siamois, on agita la quo- Uqû de convenance et de possibilité d'une opérallon qui les séf^arerait 1^ de Ta Litre ; et bien que celle séparation fût contre leurs vœux pendant leur double vie^ on pouvait prévoir le cas ou Tun des orgaïusmes venad à mourir^ amènerait la nécessité de le retrancher de l'organisme vivani Jusqu'à quel point ces opérations sont-elles possibles ? Pour n^soudre et problème, il devient indispensable d^avoir des notions positives sur ks rapports organiques de ces parties surnuméraires ou de ces qrganiania surajoutés Tun à Vautre. N'y a-t-il, en effet, que simple greffe super^ ficielle, sans communication des grands troncs vasculaîres? U'opératioe serait alors très -simple. Si, au contraire, les vaisseaux ont de larges communïcaiionSj si les cavités viscérales sont confondues, on conçoit quelk masse de difficultés et de dangei's pourra refroidir et même tmkre re^ culer Topérateur,

La plupart des sujets doubles présentant une conformation différente^ c'était ta loi générale de leur développement qu'il fallait découvrir pour ponvoir reconnaître à T avenir leurs dispositions analomiques. Diaprés U loi du dcveloppemeol gï ce n trique, chaque partie du corps se développe primitivement h part, sans relations vase u lai res avec le centre ; elle jouît de ses vaisseau i propres qui marchent ensuite du côté des gros troncs ou du cœur^ pour s'| aboucher. Si celte règle était la même pour les parties surajoutées, on voit donc que toute amputation d'un membre sumniné'

DÉVELOPPEMEin' DU FŒTUS. 41

pluén en regard, ou bien non. Dans le cas de la nëgatife, aacune afllmti n^esl exercée; chaque germe reste enfermé dans sa poche et se développe à part, Pun régulièrement, Tautre monstrueusement. S*il arrive, au contraire, à des parties respectivement les mémes^ de se rencontrer Cioe à boe, la force d^affinité s^exerce entre eux ; ils s*approchent, se joignent et se soudent ensemble; et les cicatrices qu'on retrouve après k naismnce sont les indices des brides anormales qui ont commencé la réunion. Geoffroy Saint-Hilaire fait jouer un grand rôle à ces brides dans la production de diverses déformations ; j*aurai plusieurs fois occasion de revenir sur sa théorie (I).

Une objection capitale, est que fréquemment il n'y a ni dcatriees Hi rien qui indique Texistence antérieure de ces brides. La théorie de M. Serres est plus large et mieux en rapport avec les faits. Pour lui^ les mens* très doubles n'existent qu'à la condition du développement de deux embryons dans une seule poche (2).

Ainsi, que deux embryons aient chacun une poche séparée, si la mère suffit à leur développement, ils se développent régulièrement tous deux ; ee sont des jumeaux bien conformés. Si la mère est trop faible pour nourrir tous les deux, ou bien si, par quelque anomalie de cause inconnue, fun des placentas s'atrophie, Tembryon^ dont il est la racine, dépérit et s'atrophie avec lui ; son développement s'arrête ; c'est un monstre par défiant^ qpii naîtra en même temps qu'un enfant bien conformé ; ainsi se passent les choses quand les deux placentas sont séparés, et vraisemblablemèat quand les deux conceptions sont successives.

Mais supposes deux conceptions simultanées, deux placentas. dans les mêmes enveloppes, comme on Tobserve dans h duplicité monstrueuse; la force de conjugaison réunira en un seul placenta ces deux placentas, et tes deox cordons en un seul cordon ombilical. Si les deux enfants se dëveteppent également, ils resteront unis par l'ombilic à la naissance : c*cttte cas des frères Siamois. Si, avec un développement égal, la loi de conjugaison s'exerce avec une énergie surabondante, il y anra fusion^ pénétration des parties et des organes homogènes; et comme quelquefois calte afOnilé organique, même à Tétat normal, réunit deux organes en un, ainsi que nous l'avons vu pour les aortes; de même aussi que, dans

,.(t) Geoffiroy Stlnt-Hilaire, Mém* tur im infant quadrupède né fC vhatU à Paru, dans les Mém. de Vlmiitut, t. XI, 1832, p. 43S.

(ï) Serres, Mémoire tur Corganitation anatomique det monstres hétéradeir pto appliquée à la pathologie, dans les Archives gin, deméd,, mars 1828; el Mmkntkes d'analoaiie f raatceiidaiile, déjà citées.

04 ANATOMIÊ CHIRURGICALE.

des conditions différentes et chez un sujet unique, Tâxcès de cette peut coafûndre deux organes qui devaient rester séparés, réunir les yeui en un seul œil, les deux reins en un seul rein, les deux jaml] une jambe unique ; ainsi^ quand deux embryons sont en présenc mêmes parties s^attirent et se pénètrent suivant les mêmes lois, bien remarquable qu'alors s'exerce une afûnité toute comparable I qui meut les molécules de deux sels difrérenls qu'on fait cristalïisi semble ; Tun ne se mêle point avec l'autre; de même ici, des organ rérents ne s'abouchent jamais : le cœur ne se réunit qu'au cœur^ le 1 qu'au bassin, les membres iorérieurs qu'aux membres inrérieurs;€ pas trouvé encore d'exception à cette règle,

La même loi préside à la réunion d'un sujet complet avec un eml incomplet, d*^veîoppés dans la même poche fœtale, ce qui constiti bétéradelphes. Si l'embr]fon avorté possède k moindre portion du 1 ou deTabdomen, ce bassin et cet abdomen communiquent avec eei sujet entier ; les intestins mêmes sont le plus souvent abouchés ense: et enfin il y a des iliaques ou même une aorte pour le bassin ou V men surnuméraire comme pour ceux de Tenfant régulier- Dans ces cas, une opération qui aurait pour effet d'emporter tout parties surajoutées serait donc impossible, puisqu'elle obligerait à< le péritoine et à diviser le plus souvent le tube intestinal* Quand il n' que des membres, Tamputation peut en être faite, mais aux mème^ ditions et avec les mêmes dangers que pour les membres réguliers tefois, le chirurgien doit savoir que si le membre surnuméraire eî développé» celle atrophie tient à celle de ses vaisseaux, et l'hémo: est beaucoup moins à redouter.

Quand l'union^ entre deux sujets entiers, est très-limitée et a lieu vaut la règle ordinaire, à l'ombilic, la séparation est-elle praticable? est la question qui s'est présentée pour les frères Siamois. Il est po que la conjugaison n'ait pas été plus loin que les parois abdomii ropération serait alors sans aucun danger; plus probablement^ la nion des cordons ombilicaux aura entraîné une communication ent cavités abdominales, et alors elle serait d'une haute gravité. Ou voit combien un examen rigoureux est ici indispensable, et combien matière appelle encore Faltention des anatomistes et des chirurgien 4° Accroissemmt du fcetus en îmgueuT et en vohme, — H ne reste, compléter ces données générales sur le développement du fœtus, rechercher les augmentations successives que chaque période de 1 iutra-utérinè ajoute à sa taille et à son volume. Beaucoup d'auteu

DÉVELOPPEMENT DU FCETUS.

sont oecapés à déterminer sa taille; mais il faut bien reconnaître que la plupart ont platôt consulté leur imagination ou des souTenirs fugitifs que des ikiti réels et présents. M. Velpeau objecte aux diverses proportions indiquées, que les observateurs eussent dû commencer par dire quelle méthode de mensuration ils ont suivie ; la flexion de la tête et des membres abdominaux étant trop difficile à vaincre dans les premiers temps pour arriver à une détermination rigoureuse. Il s'est donc borné à mesurer jusqu'à quatre mois le plus grand diamètre de Tembryon lorsqu'il est naturellement recourbé^ c'est-à-dire l'espace qui sépare dans cette position Toccipot du coccyx. A partir du 4* mois, il indique la hauteur du fœtus dans cette position et la longueur totale des membres infiérieurs allongés. D'après des mesures prises sur un nombre considérable de sujets, il est arrivé aux résultats suivants (1) :

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