CHAPITRE XïL
DU AÏSTÊME PCEBVEDX, § l*r. — Disposition ^fiifrale.
Depuis Bichat^ on dislmgne gémîralemetitdtHix syslèmeiî nervpiri, n qui apparlieivl à la vie de relation, l'autre attribué à la vie organique aux ronctions ntUrilives. Ce dernier, connu sous le Dom de grand $3^1 pathique ou Irisplanchnîque, ne dfmne Heu sous te couteau du chin gien, à aucun pbéiiomène upprêciiibtti ; son élude n'est doue pour ne d'aucun intérêt |
Le aplème nerveux de la vte animale est eomposé de masses tenm ei de branches qui en partent pour se rendre à tous le^ organes. Le m mier caractère qui Trappe dans son étude, est la syruétrie de ses d| moitiés lalérales, bien plus marqureque pour les s^ystèmes Tasculiil A voir les scissures pmfuntles <]ui séparent sur la ligne médiane lei É moitiés de l^encépbale et de k moelLe éptnière^ on est tenté de dire à Bicbat qu'il y a réellement deux sysièmes nerycux dans ce système, \ à droite, Pau ire à gauche ; et les phénomènes pathologiques vieil nâ^ Tappui de cette idée*. Les convulsions, la paralysie incomplète ou co plète, se bornent Irès^ fréquemment à l'une des moitiés latérales du col et sVrêtent alors exactement sur ta ligne médiane, (
Ce n'est pas à dire pour cela que ces deux moitiés du système nerts lotent parfaitement isolées. Probablement Les dernières extrémitéi nerïs se touchent et s*anastomosenl sur la ligne médiane ; mais c^^t I tout dans les diverses parties de IVncépbale et de la moelle ëpinière^i Ton rencontre de nombreuses commissures qui Tonl communiquer. 1 moitié avec l'autre : telles sont pour le c^^rvtau le corps calleux, la n à trois piliers, etc. ; pour le cervdet, le lobe médian ; pour la moelle ntère, la bandelette blanche qui réunit dans toute leur longueur les 4 faisceaux antérieurs au fond de la scissure qui extérieui\'ment teasép La plus célèbre de toutes ces commissures est celle qui se rencontre i partie supérieure de la moelle épinière, entre ces mêmes faisceaux 1 rieurs, et qui est constituée par rentres; roi se ment de plusieurs band^ tes médullaires qui vont de droite k gaucbe et réciproquement, C't^ât cet entre-croisement bien mauî Teste, que s'expliquent les elTets croisék
toutes les lésions qui afTtictent des portions de Tencéphale eu rapport 4^
DISPOSnKm GÉNtiRALB. 3M
tm bandelettes. Ainsi, quand rhëmisphère cérébral droit est (Irappë d'apoplexie, la paralysie se montre généralement du côté opposé du corps. 11 est à remarquer que les bandelettes entre-croisées appartiennent exclufivement aux faisceaux antérieurs de la moelle, et même qu'elles ne les constituent pas tout entiers. Or comme, dans la tbéorie la plus généralement reçue, les faisceaux antérieurs président aux mouvements musculaires, cela n'eipliqueraitil pas pourquoi les paralysies croisées n'alTeotent presque jamais que le mouvement et non le sentiment? De même les libres qui échappent à Tentre-croiseroent ont servi à Gall à expliquer quelques observations aujourd'hui bien constatées de paralysie du mou- Yement siégeant du même côté que la lésion cérébrale. Dans deux cas de ce genre, rencontrés par Biandin, la lésion occupait Textrémité postérieure des hémisphères.
Toutefois, il ne faut pas accorder à cet entre-croisement une importance exagérée; la pratique vient fréquemment ici, comme en bien d'autres circonstances, démentir les conséquences théoriques indiquées par l'anatomie. Ainsi, les lésions du cervelet, où le scalpel ne montre aucun entre-croisement, donnent souvent lieu à des paralysies croisées. Ainsi encore on conçoit bien qu'une affection cérébrale entraine la paralysie croisée des nerfs situés au-dessous de Tentre-croisement, mais non pour les nerfs dont Torigine est située au-dessus, et cependant les paralysies de la face s'observent également du côté opposé à la lésion du cerveau ; les yeux seuls, selon Rochoux, font peut-être exception à la règle générale (i), et il est à remarquer que les nerfs optiques sont précisément entre-croisés.
A part l'entre-croisement bien reconnu des pyramides, Saucerotte avait été conduit par ses expériences à en admettre un autre de la partie antérieure du cerveau à la postérieure, et vice versd; de façon que l'origine des nerfs destinés au mouvement des extrémités supérieures (antérieures chez les animaux) se trouverait dans la partie postérieure du cerveau, et réciproquement dans l'antérieure pour les extrémités inférieures (2). La dissection n'a pas justifié cette idée, et les mêmes expériences, tentées par d'autres, n'ont pas toujours donné les mêmes résultats.
Les masses centrales du système nerveux sont logées dans des cavités osseuses, et protégées ainsi jus({u'à un certain point contre l'action directe des corps vulnérants; mais, en revanche, elles sont singulièrement
(1) Article Àpoplewiê, da Dictionnaire en 30 vol.
{7) SaueeroUe, Ditiertat sur les amtre-coupt à la tête ; Prix de fAcoA. de wurwr^ê»
cxposéee h leur înfluetice indi recto, comme la commolion, les contiil!^ kft déchirureB par contre-coup. H résulte aussi de la tolidilé de lenr»1 rebppes oiseuses que rintroductiou de corps étrangers. solides ou llquid peut eiercerune compression fâcheuse j mais ce sujet sera mteui lorsque nous parlerons du cerveau et de la moelle en particulier.
Eludions mainlenaut les nt^rl:* sous le triple point de vue : l* âei origine ; 2" de leur trajet ; 3" de leurs terminaisons,
On compte ordinal remetU 12 paires de nerfs cérébraui et 30 à 31 ]
de nerfs rachidiens* Ces dorniers ont ceci de remarquable qiiMsaîîi^
tous la même dispos! Itun et naissent tous par deux origines^ Si Van \
mine attentivement la moelle, <m voit que chacune de ses moitiés I
raies e^st réellement divisée en deui portions bien distinctes^ Futie i
tërieure pluâ peiirej Taiitre antérieure plus considérable, s^paréeii
un prolongement de la lubslance grise centrale qui arrive jusqut
surface de Torgane. 0*eat à ce prolongement de la substance grts«<
j'ai toujours vu s*al>oucher les racines postérieures des tierfs; maiil
cbercbë vainement À pimrstitvre ces racines dans Tin té rie or de la mil
On dirait qu'il n*y a pas mAme eorstmuilé de substance, et qnc les'l
n'y sont qu'accolés. Les mrines antérieures sont disposées sur une 1
et même ligne qui divise en deux fkisceaux secondaires ta portion g
rieure delà moelle;? mais cette division est toute superûcielle : à H
rieur, il n'en existe aucune trace; partout la substance blancbe du
ceau tnoyen est confoiiftue avec celle du faisceau antërii^ur, et les rêi
des nerfs ne paraissent m toucber qu'a la substance blanche. Nousi
rons toutefois que le microscope les a poursuivies plus loin. Quoiqii
soit, les racines antérieure sont généralement moins volumineusef J
racines pnslérieures» avant de rejoindre les autres, se réunissent )
former un ganglion, duquel part un cordon unique qui pour ré
au œrdon des racines anlérieurea, et c'est celte union de toutes \ei
cines qui constitue le nerf proprement dit. h
Les nerfs cérébraux nïTreni des dispositions fort différentes* It i|
Gaulle ressemblance entre le mode d'origine et de terminaison éeé
nerfs des sens supérieurs : la vue^ l'ouïe, Todoral* Des neuf antrei pt
les unes n'ont qu'une sorte de racines, les autres en ont deux. Nous vq)
plus loin les belles uonséqut ncesque Ch. Bell a tirées de cette dispâil
* Les nerfs parcourent un trajet plus ou moins considérable avto
sortir du crâne ou du canal rachidien. Ceux qui traversent les trou
^ crâne gagnent asseï prompte ment rextérieur, k Texceplion des nerfi
tiques^ du pathétique et du spinal ; d'où il suit que, pour les autres, |,
DISPÛSmON GÊNtiXULE. 167
t^ratton de leurs fonctions indique plut communément une lésion du tronc nerveux hors du crftoe. Les nerfs de J'ëpine parcourent nn tn^^ d'autant plus grand qu'ils naissent plus bas de la moelle épinière^en sorte que les plus inférieurs ont plus de 46 centimètres dans le canal, et correspondent pvr consdquent à plusieurs trous de conjugaison ayant d*at(eindre le leur. De là il résulte que, pour appliquer ou moxas ou cautères vi8-à-?is Torigine des nerfs paralysés, il ne faut pas s'en fier à l'indication que semblent fournir les apophyses épineuses. Je reviendrai sur ce point en traitant de la région rachidienne.
Au sortir des cavités osseuses, les nerfs présentent différentes disposi- ; tiens. Les nerCs des trois sens supérieurs vont à leur destination sans communiquer avec aucun autre; les autres nerfs encéphaliques offrent déjà des communications fréquentes; mais elles sont surtout trè»-marquées pour les nerfs rachidicns, qui forment ainsi quatre grands plexus, cenricalv brachial, lombaire et sciatique. Ici se présente une question : ces communications ont-elles lieu entre toutes les paires des nerfs rachidieus, en sorte qu'ils formeraient entre eux une chaîne non interrompue?
M. Velpeau avait .rassemblé, dans un travail fort curieux, un certain ^nombre d'observations, dans lesquelles la moelle épinière comprimée, détruite par la maladie, divisée par des blessures, absente même chex certains monstres, n'avait pas mis obstacle à l'exercice de la motilité et de -la sensibilité. Gomment expliquer de tels faits? comment comprendre la puissance de la motilité dans les membres iniérieurs, après une interruption traumatique ou pathologique de la moelle ?
M. Velpeau se demandait si l'influence nerveuse n'avait pu se transnietire par le moyen des ramifications latérales, et par exemple, par les anses nerveuses que produisent les branches raehidiennes au-devant des apophyses transverses, en sortant du trou de conjugaison. Suivant lui, ces arcades formeraient une chaîne non interrompue de la tête au coccyx, de manière que, en y joignant les ganglions des racines sensitives, on aurait presque la répétition du grand sympathique (1).
'M. Longet a répondu que ces anses n'existent pas dans la région dorsale (2). Il y a en effet, dans la distribution des anastomoses nerveuses, des différences assez curieuses à signaler.
(1) Velpeau, Mémoire sur une altération profonde de la moêlU allongée, tans quê le$ fonctions nerveuses aient été troublées; — et Mémoire sur quelques altérenions de ta moelle épinière; Archiv. gin. de méd,, 1S)5, t. VII, p. 52 et 829.
(2) Longet, Recherches sur les foneîiomde la moelle épinière; Archiv. gén. de [., 1841, t. XI, p. 138.'
UB
Si Ton examine les branches aniérieures des nerf* rachldîDnSj on i
il e les quatre [»remières s'a nast amusent en arcades pour dotiner tu
ance au plexus cervical ; les quatre aunes, jaintes à la première pafn* d
^•ale^ se rejoiguenl à angle aigu pour foi mer le pleïus bratrhial ; ap
|Uiii Ton ckle dfs anastomoses bien plus éloignées du point d^origine,
L denïième et de la troisiëm^î paire dorsale avec Taccessoire du bracl culanë interne, branche du pïe%(is braihiut. Puis» de ta troisième h douzième paire Horf aie, rien ; mais les anastomoses recomtnencent J| continuent jusqu'à la dernière paire sacrée. ■
Quant aux branches pos Ut i taures, il y a des anastomoses de la prem paire cervicale à la troisième, fermant ce que M. Cru veil hier appelli pleœu» cervical profond ; puis les communications cessent tout à coup riprenneiit que pour les quatre dernières paires dorsales et les cinq pi lombaires, qui encore ne se rejoignent que par des rameaui: termini jusqu'à ce qne, pour les six paires sacrées, on retrouve les anasiomo arcades comme aui tmis premières cervicales.
Telle est la descripiion de nos analomistes les plus récents, MJ M. Ludovic Hirchretd. Cela est-il parraitament exact t Déjà Vale menlionné des anastomoses assez fréquentes entre les branches anl4 res des 2«, 3« et 4* pairrs dorsales, et il déi:nt comme constantij anastomoses assi^t éli lignées à la vérité entre les iO", iUet !t* | dorsales. M, L, HirchTeld n'en dil rien ; mats sa figure 53 montre 4 maslomoses Tort dtsiiuctes entre les rameaux terminaux des 6% t 10* et li* dorsales. i
Demême« p>iur les brancbes postérieures, Valenlin a signalé un^ slomose des derniers rameaux de la 3* paire cervicale avec la 4e, et il i que les six pri'miêres paires dorsales s'anastomosent quelquefois ed bie. Ce n'est pas là, sans doutt>, la chaîne continue d'arcades allégué M. Vclpeau; mais la communication n'est pas aussi complètement t rompue que le dit M. Longet, et peut-être des recherches yllérf diminue ront encore les lacunes.
Du reste, il y s encore entre les nerfs rachidiens une commumr •péciale, et cette fois bien coroplèle, de la première paire jusqu'à li nière; c'est une série d'anses par leâqnrlles tous ces nerfs se reliei ganglions du grand lymphalique. tl n'y a ici nulle interruption, et \ être est-ce ctLtc chaîne que M, Velpeau avait en vue* le ne veu| ^ prétendre que ces communications soii nt capables de transmettre le tj^ f ement et td seusibililé ; M. Velpeau lui-même, en émelUnt cette h||^ thèse, a pris soin d'ajouter qu'il ne s'en constituait pas le défenseur;
ainsi qm nous k dirons, les micrographes modernes profeaent même que les nerfs, en se réunissant en apparence, ne font en réalité que s'aecoler sans se confondre par de véritables anastomoses. Nous venons d'ailleurs que ies faits rassemblés par M. Velpeau reçoivent des explications beaucoup plus satisfaisantes. A quoi servent cependant ces réunions si fréquentes, ces entrelacements plexiformes? La science est muette à eet égard.
Quoi qu*il en soit, des plexus indiqués naissent enfin les cordons oo troncs nerveux destinés à se rendre dans les organes. Les troncs ont une longueur variable, en raison de la distance qui sépare leur origine des organes auxquels ils se rendent; les nerfs des membres sont les plus longs sous ce rapport. A mesure qu'ils avancent, il s'en détache des branches et des rameaux sous des angles variables, bien qu*en général à angle aigu. Bichat a noté que cette séparation se fait plus ou moins haut, suivant les divers sujets, et que l'endroit où elle arrive n'est jamais rigoureusement déterminé. Dans cette division des nerfs en branches et en rameaux, on observe que les filets vont toujours en grossissant, en sorte que Fensemble des ramifications est bien plus considérable que le nerf qui les a fournis; les trois branches de la cinquième paire, par exemple, surpassent en volume le tronc primitif.
Les gros troncs nerveux sont tantôt accompagnés d'une arière et d^une ▼eine correspondantes, et d'autres fois ils sont isolés. Foulhioux a cherché à ramener à des lois générales le rapport des nerfe et des vaisseaux ; il établit que, dans les régions placées au-dessus du diaphragme, le nerf satellite d'une artère correspond à celle-ci dam le tens où elle est le phu éioignée de Vaœe de laparHe du corps où eUe se trouve; tandis que, pour le bassin et les membres inférieurs, le nerf répond toujours au vaisseau dans le MRS où oelui-d est plus rapproché de Vaœe de la partie du membre où on Vobserve.
Ainsi, le nerf hypoglosse, puis le nerf lingual, sont placés en dehors de l'artère linguale ; le pneumogastrique au côté externe de la carotide ; la plexus brachial est plus éloigné du centre de l'épaule que l'artère axU< kdre; le nerf médian est au côté interne de Tarière humérale, le cubital également en dedans de son artère , le radial en dehors de la sienne, mais tous trois plus éloignés que leurs vaisseaux de l'axe du membre. Au basstai, au contraire, le nerf crural est plus rapproché de Taxe de la hanche que Tarière iliaque externe, et de même plus voisin de Taxe de la cuisse que Tarière fémorale, puisqu*!! est à son côté externe ; le nerf ti- Ual postérieur est évidemment plus central que le vaisseau du même
im DU SYSTÈME NERVEUX. ^^M
nom ; eaSn Foiilhioux faii remarquer, comme ime circonstance i cîilej que le tierf tibial anttf rieur longe k côté externe de son arlèrt é là moitié iupërieure de la jambe, où k vaisseau est en dedans de Tdu membre ï tandis que, plus bâi^ rartcre devenant plus externe, leu la croise et suit dès lura son côté interne (i). M
Cette théorie montre TefTort d'un esprit ingénieux qui essaie de tav I ane ditlicuUé insoluble; mats il faut reconnaître que les faîU ne plient pas aussi bien que fauteur voudrait le Taife croire. Le nerfméd par exemple, est en réalité an càié externe de l'arlère humérale dan? trois quarts supérieurs du bras, et consëquemmeiit pjus rapproclu I Taxe du membre. Le nerf paplité est plus supetQciel que son arièf«d ' esta remarquer que Fonlliioux Ta pas^é sous BÎlence. i
[ H. Yelpeau, qui rejette la loi de Foulbioux^ en a établi unei ÊDCore moins admissible, savoir : qu^en partant de Tos, le nerfji toujours en troisième lieu^ tandis qu^on le rencontre le preml tenant de la peau. L'aWèra, la veîne^ le nerf, dans le premier ê&â mrf, la veim^ V artère , dans le second* Cette donnée serait assuii fort utile pour soulager la mémoire de ropéraleur. Malheureusq li Velpeau lui-même a déjà restreint Texpression iottjours quïli employée* en ajoutant que ces rapports sont à peu près constants ;J (kits sur lesquels Foulhioux appuyait sa théorie montrent que cett prfes est soumis encore à d'assez nombreuses eir(?ptians, f
Les branches nerveuses sont presque toutes accompagnées d^unei et d'une veine, à l'exception louteroisde celles qui rampent sous la^ soit an tronc, soit aux membres. ToutefoiSj les branches aous-culaii rapprochent en général du trajet des veines, les croist^nt dans desi lions indéterminées, et exposent le chirurgien k les blesser dans la botomie, sans que nulle précaution puisse certainement le gan^ ce danger.
Les nerfs se terminent en se réunissant avec d'au très branches on, ou bien en se perdant dans le tissu des organes, Bichat pensait k \ ivait fusion et anastomose réelle entre ceHains nerfs, entre le facial ^ eiemple, et le sous-orbitaire. 11 croyait aussi que quelques nerfs stip^^ ciels du cou, du menton* etc.^ s^anastomosent mv la ligne médiane, ^ eipliquait par là comment certains mouvements peuvent subsister ||| une partie aO'ectée de paralysie. C'était une hypothèse pure, que la mie graphie parait avoir détruite sans retour.*
(1) Poulbioui, Expùtide la diipùHtion anatomii^ des artiru ei danâ Uun rappoflf respecUft; Rwue m/d., 1S2&, t. IV, p. m.
DISrasmON GtNÉRALB. «71
Jft terminerai ce paragraphe par une remarque importante. On a beaucoup insisté sur la symétrie parfaite, sur la constance d^origine et de distribution du système nerveux ; je pense, au contraire, qu'il y a de Ms-grandes variétés à cet égard selon les individus d'une même espèce, el surtout dans les animaux d'espèces différentes. Examinez le cerveau dte homme : les circonvolutions d*un côté ne sont jamais disposées 4ans leurs détails comme celles du côté opposé ; et si les organes phré* nologiques siègent dans ces circonvolutions, la conclusion nécessaire sera que ces organes ne sont pas les mêmes dans les deux hémisphères. Les différences sont plus manifestes encore, si l'on compare deux cerveaux entre eux. Pour n'en citer qu'un exemple^ le plus souvent il n'y a qu'une commissure optique; assez fréquemment je l'ai trouvée double, et d'autres fèiselle manquait complètement. Entre les cerveaux de diverses es-* pèces d'animaux, les différences n'ont presque aucune limite. Le cerveleC ne varie pas moins, quant au nombre et à la disposition de ses lamelles. L'origine exacte des nerfs n'est guère plus fixe ; ainsi, pour les paires rachidiennes, il arrive souvent que le nerf d'un côté est situé plus lumt que l'autre, et le nombre des racines est fréquemment plus consîdâable de deux ou de trois sur un côté que sur Tautre. Le nerf hypoglosse naît tantôt par quatre et tantôt par huit racines. Les variétés d'origine du nerf spinal sont plus célèbres que les autres ; mais il n'est pas on seul des nerfs encéphaliques qui n'en présente. Blêmes variétés dané la structure. On a vu les nerfs optiques s^entre-eroiser complètement dans kor ehiatmaj et, chez d'autres sujets, se louclier à peine, ou même d»* meurer complètement isolés ; Uindis que, dans le plus giand nombre des cas que j'ai examinés, j'ai trouvé que la moitié interne environ de eiuique nerf concourait seule à former le chiatma, les fibres de la moitié -externe continuant librement leur marche. Le spinal, le pneumogastrique, le maxillaire supérieur offrent parfois des renflements ganglionnaires, qui d'autres fois n'existent pas. Les branches d'anastomoses varient à Finfini ; et quant à la terminaison dans les organes, il suffit de rap* peler que les nerfs du larynx, étudiés par Magendie, par Blandin et par iBoi^ se sont montrés à chacun de nous avec une distribution di£E6rente (i).
N'est-ce pas à des anomalies de ce genre qu'est due en partie la diveri> iité des résultats fournis par les expériences? Comparez les vivisections ém cerveau et du cervelet : à part quelques grands phénomènes gènérauHt
(1) Malgaigne, Nouvelle théorie de la voim; Archiva gén. de méieeme, 1881, t.XXT, p.SiS.
nt
m SYSTÈME NERVEUX,
il n'y È. pas deux observateurs à qui elbs aient dotiné les mêmes rhÊÛ- Uts, et les blessures observées sur T homme ont produit les accidents ks plus dissemblables* Il en est de même pour la moelle et de tnôme encore pour les nerfs; je pourrais signaler de nombreuses diiïërences dans les résultats ofterts, soit f>ar de$ animaux d'espèce divet^e^ soit par âeA anfm&ux de même race, soit enOu par l*homme même. Il sufQt d€ rappeter ici tes expériences sur les nerfs de la face et de la langue et sur le netf pneumogastrique ; roccasion se pi ésentera d'y revenir.
I 9. — litrii«tiirc «i pr«prl^té«,
L^élémeut essentiel du système nerreui est la substance mëdullaîre, divisée en deux grandes if ariétës» substance grise et substance blanche^et diversement disposée dans les diverses portions du système.
Dans te cerveau et le cervelet^ la majeure partie de la substance grîK esta l'extérieur et forme à la substauee blanche une espèce d'enveloppe; dans la protubérance cérébrale et la moelle, c'est le contraire qui a lîea. Nous verrons bieniût à quelles fondions difTérentes paraît répondre cette différiiice de structure, t*es nerfs sont presque absolument formés de substance blan^^he, à part leurs ganglions.
Chaque nerf est doue fonné par un nombre plus ou moins considérabie de cordons juxtaposés, qui résultent eux-mêmes de ÛLets médullaires également juxtaposés et unis entre eux comme les cordons par du tissu cellulaire. C'est ce tissu cellulaire que l'on uomme névrilemme, et qui constitue l'enveloppe générale du nerf, ainsi que celle du moindre de sei aiets.
Ch* Bell a cherché à établir une différence entre la slrncture de cettains nerfs auxquels il attribuait des fonctions diverses. Ainsi, selon lut, le trlfacial^ par exemple^ est formé de gros Hiamenls ronds^ tandis que le facial est composé de Ûlament^ d'un tissu très^erré, semblables à un plexus très-On* M> Cruveiihier nie ces différences; et^ è l'exception det trois nerfs olfactif^ optique et acoustique qui ont une disposition toute particulière, et du grand sympathique qui forme un système à part, il professe que tous les nerfs ont une texture identique. Je ne saurais adopter complètement cette opinion ; et après le nerf faciaU le nerf pneumogastrique m'a paru différer évidemment par sa texture des nerfs or* dinaires* Les ûlets nerveux du grand sympathique ont une teinte griie qui les distingue des nerfs de la vie animale*
Le système nerveux cérébro-spinal tient sous sa dépendance la
STRUGTURB ET PROPRIâTÉS. m
UUté et kf mooTemenU. Les nerfii sont les amdoetenrt de cet influx m|stërieiix, qui ramène de tous les organes à la moelle et de la moelle en oenreau les impressions sensitiyes; qui porte du cerveau à la moelle el de la moelle aux muscles les ordres de la volonté pour les mouve* ments. De là résulte d'abord qu'il y a des nerfs purement sensitifs, ceux qui vont à la peau et aux organes des sens^ et des nerfs moteurs qui se vendent aux muscles, bien qu'à ceux-ci on ne puisse refuser une certaine sensibilité . Mais, à part les organes où ils aboutissent, peut-on re* IrouTer ailleurs des traces de cette différence? Et puis il y a des mouvements volontaires et des mouvements involontaires ; sonl-ce les mêmes nerfs qui y président, ou y a-t-il encore là deux sortes de nerfo? Et enfin dans le crâne, le cerveau, le cervelet et le reste ont-ils des fonctions uniformes ou distinctes? Questions ardues qui partagent encore les physiologistes, et dont la solution, comme on le verra, n'est nullement indi^ férente aux chirurgiens.
Sans remonter plus haut, on sait que Gh. Bell le premier démontra, par une expérience frappante, la différence d'action des racines antérieures et des racines postérieures des nerfs rachidiens. Ayant frappé un li^in derrière Toreiile de manière à le priver de toute sensibilité, il mit à nu la moelle épinière, et irrita successivement avec des pinces les deux ordres de racines. 11 eut beau pincer les racines postérieures, aucun muscle ne bougea, tandis que Tirritation des racines antérieures déterminait constamment des contractions nerveuses. Ces expériences, reprises par d'autres, n'ont pas toujours donné les mêmes résultats. Bellingeri, par exemple, a cru voir que la section des racines postérieures paralysait les mouvements d'eitension (i); et pour mon compte, quand j'ai Toulu répéter l'expérience sur un animal vivant, je n'ai eu réellement que des résultats incertains. Cependant les expéiîmentateurs les plus exercés se sont rangés aujourd'hui de l'avis de Ch. Bell, et la question parait jugée, du moins jusqu'à nouvel ordre.
Mais Ch. Bell alla plus loin. Voyant les racines antérieures aboutir aux fidsceaux antérieurs de la moelle, il suivit ces faisceaux jusque dans le crâne, et déclara purement moteurs tous les nerfs qui paraissaient en provenir exclusivement : l'hypoglosse, le moteur oculaire externe, le moteur oculaire commun. Puis il crut remarquer que d'autres nerfs crâniens sortaient des faisceaux latéraux de la moelle , savoir , de
(1) Bellingeri, KmpérieAeti tur l'aniagonisfM dt$ nêrfii Journal d9t PfQgfèi, 1. 1, p. 136.
174 DU SYSTÈME PTERVEUX, •^
b&s en baut« le nerf spinal, le pueumogâstrique, le glosso-pharjngieiii facial, le palhéiique; et comme ce* faisceaux^ selon lui, n*éta»eat ; moteurs ni sensitits, il jugea qu'ils devaient présider aui niouvemeQ reâpiraluires, diiïérenti des autrei mouTêinenU en cei{ii'ili ne mni tju'e cepUonneUemint volontaires. Ici, comme nouis le verrons en parlant < ces nerfs en particulier, la vérité se trouvait déjà mêlée d'erreur j et tomba dans une erreur complète en alléguant que le» mêmes faiBceai fournissaient aux nerfs rachidiens des racines respiratoires. Que les nej crâniens soient, les uns purement moteurs, les autres purement sensiti c'est aujourd'hui un fait démontré; que les racines des nerfs racbidii soient motrices en avani, sensitîve!» en arrière, cela louche pour le mù de bien prés à la démonsL ration. Voilà ce que Texpérience ft eanctiol des doctrines de Ch. Bell sur les nerfs; le reste a été légitimemeu ieté(i).
Enfin, transportant aux faîsceaui de la moelle les fonctions qui! assignées aux racines nerveuses, Ch. Bdt les avait partagés en fais tmtérieurs ou moteurs^ faisceaux posiérieufs ou ieniiiifs, et faisceatll | rautc ou Têtpifaimres, Les nerfs respiratoires écartés, leurs faisceani valent également l'être ; et Ton ne recormaît aujourd'hui que des ) ceaux antérieurs et pùstérieurs^ séparés par les cornes postérieures d substance grise* Les expériences tentées sur ces faisceaux ne furen^ moins contradictoirES qne celles qui avaient eu pour objet les ra^ nerveuses; cependant, en 184t^ H, Longel, ayant soumis à une séfl critique les travaux de ses dt*vanciers, et institué des expériences i rigoureuses, arriva àcetleconclusioor que les faisceaux nntérieurs é^ exclusivement aflectés au mouvement^ les postérieurs à la sensibilHl cette doctrine a prévalu pendant près de quinze ans parmi nous (3^ ne s'étayait pas seulement sur des expériences ; elle expliquait, poq médecinSj les phénomènes dus à TaUération de tel ou tel faisceau i moelle ; et la véri&calion de réitération à Tsutopt^ie ne lut serval d'ane médiocre confirmation. Il en était de même pour les chiniiig|| et Ton connaît le brillant diagnostic de M* Bégin, qui, trouvant m
dm
(I) Ch. Belt, E^oniiûn dit système naiufil dei nifft du eorpt humain ;W française, Parii* I82à« f
(î} Lonir^*, Rêch^rehÊS cliniqu^t tt txnérimenîalei lur Ut fùntiiom , faù€faiii£ de ta moHle éftiniête ft dei meinu dft ner/i rachtditnt; Ar&ki^ gén, d€ médeeinf, ifill, t. X, p. }»« et iW, ei t. XI, p. tn et a25* — M. U^ idin«ltaU cependant encore les rslteeaut laléraux, qu'il déclarail nicitf un, i^ •xerçint sur tes mouvements uae influence moindre que les faisceaux autérien
STHDCmaB ET PROPRIÉTÉS. 319
Mldift hkdÊÊé §m cou, ime paralysie du mouYemaot crnsplèle dans la OMmbre abdominal droit, incomplète dans le membre iboraciqae, saw MsioD de la sensibilité, annonça une lésion du faisceau antérieur droit de la moelle, qui fut en effet constatée après la mort (1).
Cette doctrine offrait cependant une grande lacune ; la substance grise de la moelle n'y jouait aucun rôle. Dès 1823, Bellingeri, voyant la sensîbilité subsister après la section des faisceaux postérieurs, avait conclu que la substance grise sert aussi à transmettre les impressions i mais M. Longet lui avait résolument refusé cette iuoction, par la raison qu'il l'avait toujours trouvée insensible.
Cette raison n*était pas assurément péremptoire ; et en 1855, M. Brown- Séquard, multipliant et variant les expériences plus qu'on n'avait fait avant lui, a de nouveau sapé et fait crouler tout Tédifice si laborieusement élevé par M. Longet. Je relaterai seulement ici quelques-unes des expériences pratiquées devant une commission de la Société de biologie, et qui dès lors semblent mieux échapper à toute contestation.
Après la section des faisceaux postérieurs, sur un mouton, la sensibilité des membres abdominaux fut trouvée trèi^idemfneni exagérée. Uezcitation du bout céphalique provoquait une douleur passagère, TezcitatioH du segment caudal une douleur beaucoup plus vive et plus durable. Dans une autre eipérience, sur un cochon d*lnde, cette hypéresthésie des membres abdominaux persistait encore au bout de cinq jours.
La section ayant porté sur les faisceaux postérieurs, le tiers des faisceaux latéraux et la commissure grise, en respectant la totalité des faisceaux antérieurs, la sensibilité et le mouvement furent complètement abolis dans le train postérieur, et le segment caudal des faisceaux postérieurs demeura insensible à toutes les excitations.
La section de la portion antérieure de la moelle, opérée de manière à ne laisser intacts que les faisceaux postérieurs et un millimètre environ de répaisseur du faisceau latéral droit (sur un lapin), amena dans les membres abdominaux des contractions convulsives qui durèrent plusieurs minutes ; après quoi tout le train postérieur demeura complètement paralysé du sentiment et du mouvement.
Une section en long de la moelle, sur la ligne médiane, effleurant à peine le faisceau postérieur droit, traversant la sub;itance grise et le cordon antérieur gauche, abolit complètement la sensibilité des membres postérieurs, laissant la motilité à peu près intacte.
(1) Longet, Mémoire eHi; t. XI, p. 140.
^ AÎDâi la section des cordons postérieurs accroîtrait la sentibïHté an \im de la détruire, non-seulemenl dans les membres^ mais enc^r^daos le sef* ment caudal de ces cordatis. Alors évidemment la sensibilité De |>oumil être transmise au cerveau que par la substance grifte ou les cordons ati^ téro-iâtéraui. Oi, si l'on conserve ceuï-ci , en coupant le reste de U moelle, la sensibilité n'eat plus transmise; si Ton B6 borne à détruire la fubstance grise, le résultat est le même encore; c'est donc la substance grise qui est l'agent de transmission. Mais maintenant la sensibilité eft plus vivedansie segment caudal des cordons postérieurs que dans li^ segment céphalique ; il faut donc que les fibres qui vont de ces cordons à k substance grise suivent de préférence une direction descendante nucen* trifuge* EnTm, puisque la section de la substance grise« en respectanl 1^ cordons antérieurs, paralyse aussi le mouvement, il faut que ce soit cette substance qui transmette à ces cordons les eicïta lions de la volonté.
Telles étaient les conclusions que M. Broea avait tirées des expéneJices dont il avait été témoin ; depuis lors, M. Brown-Séqusrd les a formuléei à peu près de la même manière ; et il en a ajouté d'autres non moÎBi étranges^ fondées aussi sur des eipériences. Voici le résumé fidèle dit point» les plus i mpor tan Ls de celle théorie^ pour lequel j'ai tutvi autant que possible les expressions derauteur,
1*^ A leur arrivée à la moelle épinière, les impressions sensîtives pro^venaut du tronc et des membres passent par ks cordons porter tettri^ par tes cornes grises posté rieures^ et probablecpeni aussi par i?f tiMiigM li-
STRUCTORB ET- PROPRIÉTÉS. 377
f * Li trtDtmMon des imprewions sensitires s^opère malgré des lésions considérables des faisceaux postérieurs, des corps restiformes, et même do cenrelet ; elle est plus oa moins empêchée par les lésions de la sobstanee grise, suirant lenr étendue.
T Les lésions limitées à la moitié latérale de la substance grise paralysent la sensibilité du côté opposé du corps. Il en est de même des lésions limitées à une moitié latérale de la protubérance ou de la moelle allongée (i).
J'ai voulu exposer avec quelques détails cette doctrine nouvelle, ne fûtce que pour avertir les chirurgiens du bouleversement de la doctrine ancienne, à laquelle les esprits étaient si bien accoutumés. Cette fois du moins tenons-nous la vérité, et le mystère des transmissions à travers la moelle nous est-il définitivement révélé T C'est beaucoup plus que je ne Tondrais dire; et je confesserai d'abord que ces circuits, ces croisements, ces détours me paraissent singulièrement compliqués. Je sais bien que des recherches récentes faites sur la moelle à l'aide du microscope, notamment par Lockhart-Clarke, semblent cependant apporter à cette théorie une confirmation inattendue. Les racines postérieures des nerfs, dit'^n, envoient dans rinlérieur de la moelle trois ordres de fibres, savoir : i* des fibres €ucendante8, se portant pour la plupart dans Tintërieur de la substance grise, tandis que quelques autres montent longitudinalement dans les cordons postérieurs ; 2» des fibres descendantes, qui se rendent presque tontes dans Tintérieur de la substance grise ; 3* des fibres transversales, qui se portent dans les cordons postérieurs et latéraux, dans la mibstance grise, et enfin dans les racines antérieures de Tun et de Tautre côté. Mais cette disposition est loin d'être généralement admise; par exemple, certains micrographes envoient le plus grand nombre des fibres des racines postérieures aux cordons postérieurs et latéraux; d'autres n*y en laissent pénétrer qu'un petit nombre ; d'autres n'y en envoient point du tout (2). Enfin tout récemment M. Chauveau, toujours armé d'expériences, a culbuté la plupart des conclusions de M. Brown-Séquard, sans mettre rien de bien positif àla place (3). Attendonsque lalumière soit fkite.
(l}Broea, Happorifur kt espérieneet de M. Brown-Séquard, relatives auœ pr9prUtés et aus foneiUms de la moelle épinière ; Mémoires de Ut Société de Bkiogie; S* série, t. II, p. 23. — Le même volume eonUent trois mémoires de M. Brown-Séquard sor le même sojet, p. 6 1, 77 et 331.
(2) Voir les Mémoires de M. Brown-Séq%Mrd, vol. cité, p. 59 et 347.
(3) ChaDVeau, iVonvflte Étude ewpérim. des propriétés de la moelle épinière: CMo» médicale, 18S7, p. 250, 253, 230 et 370.
îra DU SYSTÈME NERVEUX.
* - Au tûtd, U reste établi du moins que Us raciriet antériem^es des Hfirfr sei veut au mouvement^ lea postérieures au sentimenl^ ùi que U mmUt transmet aux premières i'excitatioa de la votofilé et rapporta des autrui les 101 pression s sensitives ; mata la valon té et k sensation siëg^it pltii haut : c'est l'encéphale qui en est le siège. Seulement il n^'est pas indifférent de rechercher le rôle que jouent dans ces gr&ndes roncUons Ui diverses parties de l'encéphale. C'est ce qu'a fait M. Flourensavec uoe rare sagacité, et il est remarquable que, depuis bientôt quarante aaa, sa Ihéorie n*ait pas été sérieusement ébranJée (1)*
Sur des pigeons il enleva d*abord un lobe eérébrat, puis les dpux lobef à la fois. L^ablation d'uu seul lobe détermine une raibie^se assez marquée dans tout le cùlé opposé du corps ; mais cette faiblesse disparaît peu à peu : ranimai entend^ se tient debout, marche^ Yole ï la vuâ seulement a disparu dans Tœ il du côté opposé.
L'ablation des deux lobes détermine une faiblesse générale plus profonde, qui n'empêcbe pas cependant l'animal de survivre asseï longtemps; mais il ne voit plus^ n'entend plus, ne se meut plus spontanéiïieut, et ressemble à un animal assoupi* Cependant il se tient debout, vole quanit on le jette en Tdir^ marcbe quand on le pousse, avale quand on hii met de l'eau dans le bec; et dans quelque position qu'on le mette, suf le doi par exemple, il se relève j reprend parfaitement réquitibrêt et ne se repoie pas qu'il ne Tait repris.
Ainsi^ perle absolue de la Tolonté^ d'où iliuil que Ife* lobas Banthrani
STRDOraRB'BT^FRORIUtiTâS. m
Inr dfÉotm t^igaou, M. Floorens enleva le cenrelet La tue et l'oole taraDi conservées^ mais tous les mouvements étaient déréglés ; l'animal iDagitait follement et presque continuellement ; si on le plaçait sur le doi, il s*épuisait en efforts pour se relever sans pouvoir y réussir.
Ici les sensations, la volonté, la motîlité persistaient, mais les mouvements n*étaient plus coordonnés. Le cervelet parait donc être Torgane de la coordination des mouvements volontaires.
Avant d'aller plus loin, n*avez-vou8 pas été (hippés de ce fait significatif, que l'ablation des lobes cérébraux plonge les animaux dans un état qui ressemble beaucoup au sommeil^ et i^ablation du cervelet dans un état approchant de l'ivresse? On est amené à penser, par une analogie toute naturelle, que les substances narcotiques^ telles que Topium, doivent agir spécialement sur le cerveau, et les substances enivrantes, comme Talcool, sur le cervelet. La diftlculté était de donner à cette déduction le caractère précis de Teipérience. M. Flourens y est par-
D fit avaler à de petits oiseaux de Tei trait aqueux d'opium à la dose de 5 à 6 centigrammes; ils étaient dans un assoupissement profond, ne voyant plus, n'entendant plus ; mais, chose remarquable, ils conservaient leur équilibre, marchaient quand on les poussait, volaient quand oo les jetait en Tair, se tenaient parfaitement d*aplomb sur leurs jambes : c'étaient absolument les phénomènes produits par l'ablation des lobes cérébraux. Une dose de 10 centigrammes amène, après Passoupis» •ement, la perte de Téquilibre, puis des convulsions brusques et répétées, et enfin la mort. Or, sur des oiseaux ainsi tués par Topinm, les lobes cérébraux furent trouvés rouges et gorges de sang ; les tubercules qua» drijumeaux, le cervelet et la moelle allongée n*étant altérés ni dans leur tissu, ni dans leur couleur. Bien plus, avant la mort, en prenant soin de mettre à nu les os du crâne, on pouvait voir par transparence la région -d« cerveau rougir à Texclusion du reste du crâne.
L*alcool, à la dose de quelques gouttes, fait perdre aux moineaux tout équilibre des mouvements, comme Tablation du cervelet ; et, à mesure ^e ses effets se produisent, en découvrant les os du crâne, on peut voir sn travers la région du cervelet, à Texclusion des autres, teinte d'un rouge foncé et gorgée de sang.
Revenons. Nous voilà donc en possession d*un organe spécial pour la sensation et la volonté, d*un autre pour la coordination des mouvements prescrits par la volonté ; mais, chose remarquable, ni le cerveau ni le cervelet n*ont la puissance de produire ces mouvements qu'ils près-
m SYSTÈME NERVEUX,
criveot et quHlseoordontienu Ynus pouvez les piquer, les dHacéreft Im brûler, aucun muscle ne t>ougera. CeUe pui&iançe spéL^Eale, à laquelle M. Floureofi a donné le nom d'eajcitabiiiU^ où réside-l-dleT Si l'on pince un des nerts qui vodI aux membres^ à Fin s t au t ou a des contraclicm conrulsives des muscles auxquels il se distribue; si Ton pique la CDoelk épiniére, IcB convulsions sonl d'autant plus g<^néraies qu'on se rappnxihe plus de Tencéphale. La moelle allongée en détermine de Tioientes, la pi* qùre des tubercules quadnjumeaux en eotdte encore, mais plus Caibka* Là est la limite de rexcUabilild.
(Test ici le lieu de rappeler la dilTérenee déstructure des diverses pai^ tie^ des centres nerveux : toutes les parties excitatrices, moelle épinièfê, moelle allongée, tubercules quadrijumeaui, ayant la substance gtte à l'intérieur^ recouv^erle au dehors par la substance blanc be ; ks parlici non excitatrices, cerveau et cervelet^ ayant la substance tïlancbe à rtnté» rieur, recouverte par la substance grise.
Maintenant, tout est prévu pour les mouvements volontaires, tels que sont les mouvements de préhension et de locomotion ; mais U eiî est d'autres qui sont plus ou moi us soustraits à la volonté et que M* Flourtns appelle mouvemÊnis de conjen>a£ion, les mûuvements rÊsplratoires» par exemple, L'eipérimentatîon va nous révéler leur organe excitateur et régulateur. Vous avez vu que Tablât Ion du cerveau et du cervelet laisse la respiration subsister avec une régularité parfaite. En enlevant partrmacbes successives la moelle allongée, d'a^vant en arrière^ on ^q
STRUCTURB ET PnOPlUÉltS. 881
pottériMiiet, é Impohiiêdu V d$la tuhttaiiM grim^ si Tm pkmge un emporte-pièce d'un millimètre seulement de diamètre^ tons les mouvements respiratoires sont abolis (i).
Mais ce n'est pas seulement à la respiration que M. Piourens fiiisait présider la moelle allongée. Tous les mouvements qui en dérivent, le cri» le rire bruyant, le bâillement, certaines déjections gastriques ou viscérales, certaines attitudes automatiques, y puisaient également leur pre» mier principe.
U retrancha à un lapin le cerveau et le cervelet; l'animal respirait toi^oursy et quand on le pinçait fortement, il criait. Sur un autre lapin, k moelle allongée elle-même fut retranchée ; si on le pinçait violemment, il s*agitait bien encore, mais il ne criait plus.
Un phénomène furt curieux chez les animaux est la tendance invincible qui les pousse éprendre une position fixe et équilibrée; quand on les en détourne, ils n*ont pas de repos qu*ils ne l'aient reprise; privés de cervelet et ne pouvant réussir à la reprendre, ils s'épuisent en vains efforts. Or, la moelle allongée détruite, cette tendance n*existe plus; quelque position qu'on leur donne, ils y restent indifférents.
Telles sont les expériences qui tendent à démontrer le rôle que M. Floorans assigne à la moelle allongée : mais, si curieuses qu'elles soient, trop évidemment elles ne suffisent pas pour légitimer ses conclusions. Car ii l'animal se meut encore sous Tinfluence d'un pincement violent, sans moelle allongée, c'est un mouvement dont la moelle allongée ne peut plus rendre compte, et qu*il faut rapporter à la moelle épinière. Pour celle-d, U se borne à dire qu>l(a lie les etmtractioni imiscutotres en mouoementê d^ênsetMe, expressions obscures, que nulle expérience d'ailleurs ne vient ni expliquer ni confirmer.
En résumé, suivant M. Flourens, chaque partie essentiellement distincte du système nerveux a une action propre et déterminée. Les lobes cérébraux veulent, eenieni, jugent, se souviennent; le cervelet coordonne les mouvements de locomotion et de préhension, la moelle allongée ceux de conservation; la moelle épinière lie en mouvements d'ensemble les contractions musculaires immédiatement excitées par les nerfs.
Mais outre leur action propre, toutes ces parties ont une action commune, c'est-à-dire de chacune sur toutes, de toutes sur chacune, et c'est là ce qui constitue Vunité du système nerveux. Ainsi Tablation du cerveau affaiblit déjà les mouvements, celle du cervelet plus encore, celle de
(1) Académie dee icimuet, séance dn 87 oetobrs IS&I.
■mê DU SYSTÈME NER\^UX,
la moelle allongée, de la moeUe épinière ou des nerfs leffêtiûlii ndleile* ment* De là une dislinciion à faire entre tes diverses paralysies* CéUcf qui dépenfient du cerveau et du cervelet se traduisent {lar an ataqilt mffaiOlissemerU des Taculté^ iocoaiotives , tandis que raUëralion de 11 moelle allongée ou de la moelle épioière emporte VaboUtion mdicaU et ces Taculléâ.
Nous aurons à revenir sur ces dernières idées, qui ne sont pas stiSisamment en accord avec Tobservalion clinique; mais, auparâTaxit^ Il convient de mentionner une objection asseï grave adressée par M> Lcmgft à la localisation de toutes les perceptions dans les lobi^s cérébraui, et foi, cbose assez curieu^e^ était fondée sur une expérience de H^ Floâreni même. Nous avons vu qu^tn lapin dépouillé de cerveau et de cervelet erimt et s'agitait lorsqu'on le pinçait forttinicnt* Or« sur les animaui qui ne peuvent rendre compte de leur^ ^enâaliona^ quel est pour nous V'mâict delà douleur perçue? L'agi laiton^ et surtout les cris* M. Longet a donc conclu que, puls^^ue l'animal avait crié, il avait senti; que le eerYcatt D'étant plus là pour recevoir la sensation, elle avait été perçue par qud* qin: autre partie, et il a dévolu à la protubérance annulaire te f^le it cmire perceptif des impremons tac files et douioureusiâ,
A la vérité, il fallait aller plus loin, dire aussi que Fagitation et iei cris étaient TefTet d'une réaction jusqu'à un certain point volontaire, at^ tribuer donc ainsi une certaine part de volonté h la piolubéraTice; car dca ^nonvements tOQl à fait involootain^ n'impliqaeot pas la itéceaiili
STROCTURB ET PROPRIÉTÉS. 363
Il feenUé 40 iTigltor et de crier (i). le reriendrai tout à nieiire eor kf phénamtoef de TétliériBatioD. Qu*on me permette seulement de dire id qne le seul témoignage irrécusable d'une sensation perçue est bien celui de tliomme qui l'a perçue. D'ailleurs^ M. Longet n'a pas fait attention à une autre eipérience de M. Flourens, dans laquelle on enlève à un lapin eervean, cervelet, moelle allongée; et quand on le pince fortement, ranimai s'agite encore. Dirons-nous qu'il a perçu la douleur? Mais alors Toilà la moelle allongée déshéritée, et le titre de centre perceptif des tin* ffnstUmê dmUoweuies dévolu à la moelle épinière, ce que personne, prokablement» ne sera disposé à admettre.
M. Flourens a donné une autre théorie de Fétbérisation. Selon lui, l'action de l'éther, par exemple, est successive et pr<»gressive; elle va d*abord aux lobes cérébraux, perie de Tintelligence; puis au cervelet, perte de l'équilibre des mouvements; après quoi, la moelle épioièreperd le principe du eentimeni d'abord, et enfin le principe du mouvement» Ainsi, sur un chien éthérisé, on a piqué les racines postérieures et les fidsceaux postérieurs de la moelle; l'animal n'a rien senti, tandis que le pincement des racines antérieures provoquait encore un léger mouvement. Mais l'éthérisation poussée plus loin, ni les racines antérieures, ni tes cordons antérieurs ne lurent plus trouvés excitables; la moelle épinière avait donc perdu les deux principes du sentiment et du mouvemeaU Cependant la vie et la respiration persistent encore; comment? Pftr la moelle allongée. Quand la moelle épiiiière a perdu toutes ses Jàr cnltés, la moelle allongée conserve les siennes^ si on la pique, l'animal, pousse un cri et les muscles du cou se contractent. Si l'éthérisation va Jusqu'à atteindre la moelle allongée, tout est perdu : la cessation des fonctions de cette moelle est la cessation de la vie même (2).
Ces expériences sont curieuses, sans doute; mais le malheur de toutes ces théories fondées sur l'expérimentation, c'est qu'il est bien rare qu'on les puisse appliquer rigoureusement à l'homme. Parmi ceux même qui Andiaient exclusivement sur l'homme les effets de l'éther, plusieurs avaient voulu établir dans son action trois périodes : période d'eficcttottoti, période d^engourdisiement, période de siupeur. Il ne fallut pas beaucoup de ftdts pour démontrer l'inanité de cette généralisation prématurée, et j'en ai cité de bien remarquables. Quelquefois Télher endort immédiafment, et alors la première période manque ; d'autres fois le sommeil est
(1) Voir Bulletin de VÀeadénne de médecine, t. XII, p. 31S, S65 et sulv. (3) Académie du eeieneee^ séance du S février 1S47.
plus lent à sa produire; alors les uns sont catmes, les ftutres gaifi^ Im autres agités; eu un mot, on peut dire de Téther commâ du vin, que, sdoo les gens, il eit gai ou Iriate^ tendre ou furleui^ bavard ou tacUume, CertainB sujeU arrivent à i'inseusibilité pour la douleur, en conservant d*aiUeurs toute leur connaissance i Ils voient, entendent, parlent, aui^eût les progrès de Topera (ion, et semblent n'avoir perdu que Ja faculté de soufTrir : ce qui m'avait fait demander s'il n'y aurait pas deux centres de perception, l'un pour les sensations normales, rantre pour la. douleur ou les sensatioos anormales. Par conirei il est des sujets qui sont assoupli^ qui ont enlièrement perdu coonaissancet et qui cependant^ par leun cris, par leurs gestes, semblent souffrir, bien qu'ils attestent le contraire au réveil (1).
Le chloroforme a une action à la fois plus rapide et plus prxîfoode ; les phénomènes initiani, ayant moins de temps pour se manifester^ semblent aussi un peu moitis variés. En général, d'après mon eipérience, avant d'arriver au sommeil complet^ les maJades passent par une pé' riode d'excitation spéciale dans laquelle ils crachent fréquemment, et se livrent à un babil oii les mots perdent peu à peu leur suite^ jusqu^à dé> générer endu en sons à peine articulés. Mais il n*y a là encore rien de constant. Quelques-uns s'endorment directement après quelques intiaJitiODS; d'autres veulent plus de temps, s^agtlent fort ei ont même besoin d'être contenue. Il y en a de gais, il y en a de tristes, il y en a de funeui; comment appliquer à des conditions si diverses les lois constantes <
STRUCTDRE ET PROPRIÉTÉS. 385
ttOMNiphériqney soit que la respiration ne s'exécutât point librement. Aussi, en faisant abstraction de certaines contre-indications tirées d^une affection préalable du cœur ou des poumons, j*ai établi, dès 1848, au nom d*une commission académique, les règles suivantes pour l'administration du chloroforme , qui furent adoptées par TAcadémie ellemême :
« Frendre êoin, durant l'infuUaHon^ que Voir se mêle suffisamment aux vapeurs du chloroforme, et que la respiration s'exécute avec une entière Uherté;
€ Suspendre l'inhalation aussitôt Vinsennibilité obtenue, sauf à y revenir quand la sensibilité se réveille avant la fin de l'opération, »
Aujourd'hui, [après 9 ans écoulés, une expérience certes bien étendue n*a fait qu*en confirmer Telticacité. Je n*ai trouvé, pour mon compte, rien à y retrancher, rien à y ajouter ; afin même de mieux fixer toute l'attention dermes élèves sur la régularité de la respiration, je ne veux pas quMls interrogent le pouls ; et moyennant l'observation scrupuleuse de ces deux règles, je n*ai pas encore vu survenir un seul accident.
Dans la théorie émise par M. Flourens, un mot a dû frapper le lecteur : c*e8t le principe du sentiment accordé à la moelle épinière. J*ose dire que cela est peu d'accord avec la grande doctrine de Fauteur sur le système nerveux. Cest lui qui, le premier, a établi que le cerveau seul sent; la moelle ne saurait être ici qu'un organe de transmission. Mais il en est tout autrement du principe du mouvement; déjà M. Flourens Tavait localisé dans la moelle allongée ct^dans la moelle épinière, sous le nom ^eœdtabilité ; à M. Marshall-Hall était réservé d*en mieux préciser l'indépendance et les effets.
M. Marshall-Hall considère la moelle comme composée de deux organes, Tun communiquant avec le cerveau, lui rapportant les sensations, et en recevant Tordre des mouvements volontaires pour les transmettre aux muscles; Tautre, centre nerveux spécial, indépendant du cerveau, recevant par des nerfs incidents des excitations qu'elle renvoie aux muselés par des nerfs réflecteurs y sans aucune intervention du sentiment ni de la volonté. Ce serait là, selon lui, la vraie moelle épinière, siège exclusif de cette propriété excito-motrice, qu'il a aussi appelée fonction réflexe de la moelle.
Disons tout d*abord que cette division de la moelle en deux organes est une hypothèse pure, et l'auteur lui-même reconnaît que ces deux organes sont anatomiquement inséparables. Je ne comprends pas dès lors pourqpnnA il a embarrassé d'une pareille superfluité une théorie physiologique I. as
d'ailleurs très>betleêt très-i m parlante; U su Usait, pour s« leoJr daoi ief faits, dt! dire que la moelle a deux fonctions distinctes, Vune dé trin^ mission, Taulre d*eïcitation propre et iiidêpendante. Voyons iDAioteaaoi ûonimenL celle-ci s'eierco..
Sur une salamandre, la queue complètement séparée du corps contt^ nuait à se mouvoir Idi^l^u'uu passait It^gèremen^ ïa pointe d'une aii^uUk à sa sur-face. Après la deâtructioa de la portion de moelle qu'eita contenait, e\ie ne bougea plus«
La tête d'une grenouille fut s^parde du tronc entre ia 3e et ta 4' vertèbre. Alors, en touchant l'œil, uu déterminait sa rétraetioci et U cautnction de la paupière; le cerveau détruit, ces mouvements furent abolii. 0e même, en pinçant la peau d'un des membres du tronc décapîté, on déterminait des mouvements de l'ensemble du mefubre; puis^ La moelle épinière détruite^ on ne proJni^it pins rien de semblable*
On pt'uL regretter le cboist de ces animauit pour de parejlleâ expérien* ces; nmls h\. Maii^hdll-HâH en rap porte d'autres faites avaut lui par Gilbert Blanesur des animaui à saug chaud. Sur un chat âgé de quelquÊ£ jûunî, la moelle épinière, divisée près du cou, en piquant ou brûlant les pattes de derrière, on les voyait se rétracter par ractioa de lêtirt muscl«s; la moelle coupée entre lea vertèbres et le sacrum, la quetie conserfatt pareillement son irritabilité*
M. Marshall-Hall lui-même a fait L'eipérience suivaote. Une jutnentt
STRUCTURE ET PROPRlâTËS. 387
te moaTemenUi par en haut, tandis que jusqu'alors on amit juge qne l'excitation de la moelle réagissait toujours sur les muscles placés plus bas. Un lapin de dix jours fut décapité, puis on stimula rextrëinité de la moelle attenant à la tête. 11 y eut à riastant uu mouvement de bâillement. On pouvait accuser là un reste d'action cérébrale ; mais, sur le même animal, la moelle ayant été divisée dans le dos, l'excitation du bout inférieur de ce nouveau tronçon fit mouvoir les extrémités antérieures.
Ainsi le système médullaire spinal, simplement excitateur et moteur, ippandt bien indépendant du système cérébral, sensitif et volontaire. A celui-ci appartiennent la perception^ le jugement, la volonté, et uniquement les mouvements volontaires ; il est le siège de l'intelligence. L'autre ne possède ni sensation^ ni volonté. Le système cérébral se repose dans le aommeil; le système spinal ne se repose jamais. Selon M. Marshall-Hall^ c'est lui qui préside aux ingestions et aux égestions; il tient sous son influence les orifices et les sphincters, et conséquemment la respiration, la déglutition, la rétention et l'expulsion des fèces et de Turine, l'éjaculation au sperme. U est, sous un certain rapport, Torgane des désirs et te passions. C'est par lui que les émotions de Tàme affectent non-seulement la physionomie et la respiration, mais encore le pharynx, le larynx, les aphincters, les muscles expulseurs, tout le système musculaire. Sans doute U peut être influencé par la volonté, et sous ce rapport quelques-unes de ses fonctions sont mixtes; mais il n'a pas besoin pour agir de cette influence étrangère; ni le sommeil ni le coma n'interrompent son
Pour la déglutition, par exemple, il est parfaitement connu qu'une fois
lebol alimentaire en contact avec le pharynx, il est saisi et entraîné par
-edui-ci avec une force irrésistible. Si, à l'aide d'une incision au cou, on
porte le doigt dans le pharynx d'un animal vivant, ce doigt est serré avec
fiurce; qu'on lui coupe la tète, la contraction aura lieu encore ; mais si on
> détruit la moelle épinière, elle ne s'opère plus.
De même pour la glotte, si on vient à la toucher avec une plume ou 406 sonde sur un animal vivant, elle se ferme avec force. Enlevés les lobes cérébraux, le phénomène restera le même; détruises la moelle allongée, il ne se produira plus.
Enfin, c'est encore au système excito-moteur que M. Marshall-Hall rapporte la tonicité de la fibre musculaire. On coupa la tête k un lapin; à mi autre on coupa la tête et l'on détruisit la moelle épinière. Les membres du premier conservèrent un certain degré de résistance et d'é-
lasticité; chez le second, ii y eut relâcbêment tyoïnplet : la difTérence était frûfipanle (!)♦
Oji Tia saurait nier que ces idées niaient une grande part ce, soit en physiologie^ 50 il en pathologie. Elle^ nous donnenl d'abord reipticalioii de ceilaines ressources empiriques d^ine application vulgaire* Dans li syncope, on parvient assez souvent à ranimer là respiration en jetant de l'eau froide à la figure, et Ton prétendait s^attaquer ainsi à la sensihiiité. Le sujet en syncope ne sent pas^ et le tressai Uetnent qui suit souvent cette asper&ion d'eau froide est manirestement dû à L'action reCleie. Pour susciter cette action reûexe, reïpérîroen talion a fait voir que tes piqûres, les déchirures ont moins de puissance que le simple ebatoulllement de la peau et des muqueuses ; et, dans la syncope oti l'asphyxie, nous savons aussi qu'une barl>e de plume portée sur la muqueuse des foiseB nasales ou du voile du palais réussit mieux qu'une révulsion par le fer ou le feu.
On a dit justement que la mort apparente difl^i^de k mort réelle en ce que dans la première la vie animale Seule est suspendue* tandis que dan? Tautre la vie animale et la vie organique ont cessé à la fois. On pourrait dire d*une manière plus précise que la mort apparente est la suppression de Tactiou cérébrale et d'une partie des fonctions de la moelle, tandis que la mort réelle est la cessation de toutes ces fonctions ensemble. Or Tact ion réflexe de la moelle tient sous sa dépendance la contractiim des sphincters^ qui pei^istc même alors que la respiration et la circula* lion sont suspendues. M. Bouchut a établi comme un des signes certains et immédiats de lamortj le relâchement simultané de tous les sphincUri^ iris^ orbiculmtê des paupières, orhicuiaire des lèvres, sphincter de raiiitf, M« Bouchut rattache ce phénomëne à la eessation des fonctions du e#fmau{2). Évidemment, ce n'est pasauLre cbose que Tabolition de l'action reÛexe.
Cett encore Faction refleie qui a jeté une lumière inalteoduc sur divers phénomènes jusqu'alors inexpliqués. J^ei mentionné plus haut les faits eitiaord in aires rassemblés par M. Velpeau, datis It^squels rinterritption de la moelle n'avait pas aboli les mouvements; il y en a deux turtout qui devaient frapper particulièrement les chirurgiens, eu ce qu'il s'agissait de sections traumatiques. Â la vérité» le récit de cei
(]} Uarshill-Hàll, Mtffnoire sur la moêile épinière proprerwnl dite, ti tutwm s^$tèm« de nerfi earcito-moïeun , ÀnnaUs des icien€€t natur^Ueê ^ î» lérli t Vtl, p. 331,
(1) Bouchut^ Trail^ du êiffnei é* ia niôri, elc<, tB49, p* tlT H j
SmUGTDRB ET PRCmUÊTfeS. 389
deia fidts laine beaucoup à désirer. Ainsi, le premier, transmis à Ferlein par CuTiliiers, est fort incomplet, et tend seulement à démontrer qu^nne épée peut traverser le canal rachidien vers la 12* vertèbre lombaire sans léser trop fortement la moelle; Tautre, inséré dans le Jouir^ naj de Desault, concerne un blessé qui, avec une section complète de la mœlie au niveau de la iO« vertèbre dorsale, avait uriné sans difficulté et remué jusqu'à la tin le bassin et les extrémités inférieures. D'abord, à cette hauteur, les nerfs qui animent les parois abdominales sont conservés, et il n'est pas étonnant qu'ils fonctionnent ; quant aux membres inférieurs dont les nerfs naissent plus bas, toute la question est de savoir ai leurs mouvements étaient volontaires ou involontaires; dans ce dernier cas, ils auraient dépendu de Faction réflexe. On comprend de même qu'un fœtus anencéphale exécute quelques mouvements, surtout en réponse aune excitation extérieure; tout le merveilleux de ces faits s'évanouit, et ils rentrent naturellement dans le cadre physiologique.
Mais c'est surtout dans l'étude des affections propres aux deux grands centres nerveux que M. Marshall-Hall a poursuivi l'application de ses idées; et, bien qu'il s'y soit plus d*une fois égaré, il est arrivé cependant à des résultats dignes d'une sérieuse attention.
Tout d'abord, chacun de ces centres revendique exclusivement un certain ordre d'affections. Au cerveau, l'exaltation, la diminution, la perversion de la sensibilité et de la volonté ; à la moelle, les affections purement spasmodiques, le tétanos, la chorée, etc.; puis enfin il y a des aiTections qui peuvent relever soit de l'un, soit de l'autre, comme les paralysies, ou de l'un et de l'autre à la fois, l'épilepsie par exemple.
M. Marshall-Bail établit une distinction essentielle entre les paralysies du mouvement, qu'il nomme paralyne cérébrale ou paralysie epinaU^ selon que les muscles sont soustraits à l'influence du cerveau ou à l'inflaence de la moelle. Dans le premier cas, les muscles n'obéissent plus à la volonté, mais ils gardent leur irritabilité, qu'ils reçoivent de la moelle ; dans le second cas, leur irritabilité est perdue. 11 faut bien se fixer sur la valeur de ces dénominations, qui ont amené plus d'un malentendu. On est porté à penser qu'une paralysie cérébrale tient essentiellement à une lésion du cerveau; or, quoiqu'il en soit souvent ainsi, le cerveau peut perdre aussi son influence par une interruption de la moelle; et par exemple, une section de la moelle épinière à la première vertèbre dorsale entraînerait une paralysie cérébraUj puisque les membres inférieurs recevraient encore Tinfluence de la partie inférieure de la moelle et seraient soustraits à celle du cerveau. De même
une paralysie ipinaîe peut bien être due à uoe altération de là moeïïti ' devenue impropre à remf^lr ses roncliang; mais l'exemple le roietix caractérisé qu^oD puis*^ en donner serait la paralysie résultant de la sectia d'un nerf. Peut-être eùt-il mieux valu choisir des dénomi nations m<»iDi^ équivoques; mais eiifin, idle^^ qu^'eJles sont, nous gommes tenus de lei" actepter.
Pour étudier eipérîmenlalement ces deux ordres de paralysie, lursii^ grenou il les j fauteur coupa la moelle épinlèreimmédiatemeDl au-dessou du plexus brachial; et de plus il réséqua une portion du nerfaeialique di côté dioit. Naturellement les membres postérieurs restèrent soustraits i Taction du cerveau ou de la volonté; mais si on pinçait la patte postép^> riuure gancbe, restée en rapport a?ec la m^velle, elle s'agitait éùergjquement ; la patte droite, au cootraire^ isolée de la moeile, était mseiist'-< ble à toutes les excitations^
QueK^ues «^ mai nés après « les grenouilles ayant été soumises à un llgâf courant g:alvani(iue, on crut voir que rirritabilité de la patte gaucllâ s'était accrue, laniiis que celle de la patte dmite avait diminué. On administra ta strychnine» et la patte gauche fut prise de tétanos auâsi bien que les patli's antérieures, la patte postérieure droite seule restant danf un complet relâchement. • t<
Ainsi, là où les muscles paralysés étaient encore en eommuntcatiM* aveclamoelleépinièi^ej rirritabilite s'étaitconservëe^ peut<§tre tnâoii accrue; là où la communication nerveuse était rompue, rirritabilité
STRUCTURE ET PROPRl£TfiS. M
mettre mr It voie; îl s'agissait d'appUqoer le galTaniniie à difenet espèoet de partlisief .
Sur on tajet affecté d*hëinip1ég1e et de paralysie de la face {parahfslê cérébrale), un léger courant galvanique agit très-énergiquement sur les muscles du côlé paralysé. Au contraire, dans deux cas de lésion du nerf facial (para/ysM fpinale), Torbiculaire des paupières du côté sain se contracta sous le oourant galvanique; l'autre resta immobile. De mèm^ dans une paralysie complète du bras, suite d'hémiplégie y les muscles paralysés se montrèrent plus sensibles au galvanisme que cetu du cAté' sain; dans une paralysie consécutive à une luxation de répaule, ce fut' teot le contraire.
M. Marshall conclut de ces faits que, dans les paralysies cérébrales des muscles, rirritabilité est augmentée; dans les paralysies spinales, diminuée. Cette diminution s'explique parce que les muscles ne commu* niquent plus avec la moelle, source de leur irritabilité. Quant à son augmentation, ce serait l'absence du stimulus de la volonté qui en serait la cause, le cerveau, par cela seul qu'il est le siège de la volonté, nôsorbant Virritatilité musculaire. Ceci est quelque peu obscur et aurait demandé à être mieux établi ; mais, quoi qu*on puisse penser de la théorie, les phénomènes du moins paraissent si certains à Fauteur, qu'il n'hésite pas à donner comme un moyen absolu de diagnostic différentiel, pour la paralysie cérébrale Taugmentation de l'irritabilité musculaire, et sa diminution pour la paralysie spinale (i).
Ces idées ont suscité de vives contradictions, soit à Londres, soit à Paris. Le docteur Todd a nié formellement qu'elles pussent aider an diagnostic différentiel des paralysies, et a produit des faits contraires. M. Longet pense qu'on n'a pas assez tenu compte des différences d'époques où l'on agissait sur les muscles paralysés, et à ce qu'on n'a pas distingué les paralysies du mouvement de celles qui affectent le mouvement et le sentiment à la fois. D'autres ont accusé les procédés de galvanisation suivis par M. Marshall-Hall, et les discussions ne sont pas finies. Toutefois M. Dochenne de Boulogne, expérimentant sur des paralysies eérébraies^ sans constater d'accroissement dans l'irritabilité musculaire, l'a trouvée du moins aussi bien conservée que dans les muscles sains ; tandis que, dans les paralysies spinales^ la diminution de cette irritabilité s'est trouvée toujours d'une exactitude merveUleuse^ sauf un seul cas ei-
(1) Marshall- Hall, Mémoires mr quelqmt principes de pathologie du eyetéme nerveux; Arehiv. gin, ie médecine^ 1S40, t. VU, p. 36.
DU SYSTÈME NERVEIÎX.
Géplionnel (i)u Cest déjà quelque chose, el Ton voit que la question offre un aâ&ez grand intérél pratique, Pi^ul-etrc en aurait-on avancé davantage kgolutiûu, iài.pourapprécîer l'irritabiUté itiusculatret on eût employé la strychninei au lieu des procédés de galvatiisalton dont la valeur est en- ' eore une source de cotUeslation.
Ce n^est pas seulement la sLrycliEiine et te galvanisme qui révèlent la persistance ou l'accroissement de T irritabilité musculaire dans tes pai^alysies cérébrales ; elle se mani Teste aussi dans d'autres circonstances où une excitation quelconque provoque raction refleie de la moelle. Un jeune homme de 1 9 ans clait tombé d'une trcB^grande hauteur, et avait eu la moelle ëpinière presque divisée au cou, comme te montra plus tard l*autopsie. tl fut donc Trap^^é dèsTorigine d'une paraplégie incurable. Or, voici ce qu'on observa chez lui trois mois après sa chute : « Les tnem^ bres inférieurs el la partie inférieure du tronc étaient complètement insensibles, complètement privés de mouvement volontaire. Cependant, st l^on pinçait k jambe, et surtout si Ton chatouillait la plante du pied, le membre se retirait avec une grande force, » Un peu d'eau froide projetée à ta surface du corps produisait Je même effel* quoi^ull n*y eût aucune senïvation de froid. Une des jambes était toujours fléchie; elJe reprenait 4 l'instant cette position si on Tavait étendue. L'introduction d^une sonde déterminait Péreclion, et en même temps un mouvement des jambes. Brodie a vu des efTets semblables succéder à t'introduclion de la sonde cbes un sujet qui n'avait pas la sensation du contact de rinslrumeiiU M. Hudd a communiqué à M. Marshall-Hall un cas de paraplégie où les mouvements le^ plus violents avaient lieu à chaque selle (i). Le bâillement , l'éteroumenl déterminent aussi parfois les mômes phénomènes.
Ils se reproduisent encore sous j 'influence d'aune émotion morale. M.Mai-shall-Hall rappoite le cas d^un homme de 44 ans atteint d'une liémiplégie qui datait de vingt années; toute émotion déterminait dans le bras paralysé des convulsions énergiques.
Vous voycï là combien de temps peut subsister irîrritabilité muicolaire dans la paralysie cérébrale. Quelquefois elle est portée à ce point^ dans les hémiplégies Irès-aEiciennes, que les membres paralysés, prin-
(I) Longeï, De VirrilobiUté muscvlaire; ârcMv^ Qén. rf» médtcine, I84îp L Xlllt p.St» — Todd, ibtit., 1S48, t, XVI, p. 232.— Mirshall-Hall. ibid.^ U XVUL p. 4â4, — Duchenne, Brckerches nar iViai df la conîrocUlit^ dant Us paral^fsiet dumembtf supérieur, iiid., I»j5l>, t..XXtt, p. S.— Hëdamûlion de JT. MarshaH' ffnU ei Réponse de M. Duchmne, L XXIV, p. 4Sfl.
{%} Annakê dit tçitnces fia$ureUes, î« série» L VIL P- ^^^*
, kf bras et les mains, sont dans un état permanent de oootractioo. Le même phénomène s'observe chez les idiots nés avec une atrophie du cerveau, et chez qui la moelle exerce une influence que l'action cérébrale ne contre-balance plus. Il n'y a queraffaiblissement de la nutrition arrivant à la longue dans les muscles paralysés qui diminue enân cette irritabilité (1).
Voilà pour les paralysies. Quant aux affections convulsives et spasmodiques, Tauteur les partage en trois catégories : les unes sont le résultat d*une maladie de la moelle, les autres ont leur source dans les nerfs excitateurs ; enfin quelques-unes proviennent du nerf moteur lui-même, comme le tic douloureux.
Dans presque toutes, les organes qui sont le plus immédiatement en rapport avec les fonctions d'ingestion ou d'excrétion sont principalement afiectés : ainsi le larynx est pris de spasme dans le tétanos, Thydi ophobie, rhystérie, comme aussi dans les convulsions des enfants, l'éclamp* aie, i'épilepsie. Cette observation fort juste a conduit M. Marshall-Hall à des conséquences théoriques qui n'ont pas toujours le mérite de la clarté, surtout avec le néologisme dont l'auteur fait abus; mais il y a joint des conséquences pratiques dignes d'une sérieuse attention.
Ainsi Tocclusion spasmodique de la glotte, qu'il appelle laryngismê, est parfois portée au point de rendre la suffocation imminente; alors il nfy a pas à hésiter; la trachéotomie, qui ne peut rien contre l'affection principale, est, du moins pour le moment, l'unique moyen de salut; et moi-même je n'ai pas hésité à la proposer dans le tétanos (2). Mais selon que le laryngisme s'accompagne ou non d'efforts expirateurs, les conséquences, selon M. Marshall-Hall, sont tout à fait différentes; avec le laryngisme seul, vous pourrez avoir des affections purement spasmodiques, hystériques, jusqu'au tétanos même ; vous n'aurez pas de convulsions générales ; ce sont les violents efforts d'expiration qui les déterminent.
Prenons pour exemple I'épilepsie. L'épilepsie peut se présenter sous une forme très-légère, comprenant les troubles des sens, les vertiges, la perte de mémoire, le trouble de l'intelligence, la perte de connaissance, des spasmes^de la face, des yeux, des membres. C'est là le petit mal, qui ii*a pas de gravité. Mais qu'à un degré de plus survienne le laryngisme, l'occlusion plus ou moins complète de la glotte avec efforts violents
(1) Mémoire eiU; Arehiv. gén. de médw:ine, 1S40, t. VU.
(2) Revue médieo-ehirwrgieale, 1862, t. XI. p. 383.
ZU Wî SYSTÈME NERYEW-
d'er pi ration, immédiateménl éclatt^ni di^s convulsions généra les^ lerribtei, qoî précipitent le malade sur le sol^ dans k feuj éàm l'eau, et unissent par amener le coma, L'apoplexie, le délire^ la manie, la défnence.
Or^ rocclusion de la glotte, les effarta violenta dVxpiratioti étant aia^ réputés la cause esseuUelle des convulBinns, une indication taule natfirelk se présente ; supprimez-les, vous aurez supprimé les conTulsJoai êlJes-itiémes. Que l'on mette un épileptique irabrt du laryngtsme en lui ouvrant la tractvée et y plaçant une eanule à demeure, ou Taura préeenré du hautmat^ c'est-à-dire de répîlepsie avec convulsions générale»; ÎJ n'aura tout au plus à craiodre que le petit mol, lequel, en T absence de toute atteinte au système nerveux, pourra même reculer et disparaftre*
C'est là tout ce que J'ai pu tirer d'une exposition morcelée, confus^ où j'ai négligé nombre d'idées puiemeut théoriques, que je n'étais pat bien sûr de comprendre; et peu I -être même ûe court résutné que je nie suis elToi'cé de rendre clair^ ne repondra pas exactenient k la pensée éê^ l^auteur. Pourquoi cependant me »uia-je engagé dans cet obscur labyrinthe? Cest que deux faits déjà ont paru donner une cûnErmalioil inattendue à Taudacieuse indication posée par M, Marsfaall*HaJt, detil faits qu'il n'est pas permis de négliger. Les voici ~
Le 1" février 1351, IL Cane fut appelé piès d*UTi jeune homme de 24 ans, qui depuis dix-neuf heures se trouvait sans connaismnee, et en proie à des convulsions épileptique^. La suHocation ciait Imminente: M. Cane prati [ua la trachéotomie, l.e sujet revenu à lui apprit à son
STRlXTrURE ET PROPRIÉTÉS. 3tt
d*iiii éptteptiqiie uniquement par mesure préventive; mais si la trachéotomie avait dû être pratiquée comme moyen de salut, j'estime qu'on serait pleinement autorisé à laisser la canule en permanence, pour éviter le retour des accès.
Peut-être enfin serait-ce une sorte de laryngisme qui expliquerait Tabsence de respiration chez certains sujets qu'on éthérise, et qui jouerait un rôle dans quelques-unes de ces morts presque subites où les pommons présentent des traces irrécusables d^aspbyxie.
Depuis longtemps j'ai fait remarquer que, dès les premières inhalations ' d*étber ou de chloroforme, fréquemment la poitrine demeure immobile,' comme si le besoin de respirer était anéanti ; quelquefois alors la figure' devient pourpre et accuse la contraction des muscles expirateurs ; plus fréquemment elle garde sa couleur naturelle, et il n'y a aucune trace d'effort. Si le sommeil est incomplet, en commandant énergiquement au malade de respirer, il soulève la poitrine, et le jeu de la respiration reprend d'une manière régulière; s*il n'entend plus le commandement, quelques pressions sur l'alidomen aboutissent au même résultat. (Test surtout pendant cette suspension momentanée des mouvements respiratoires que le chloroforme doit être éloigné des narines, et c'est pourquoi je veux que le chirurgien ait son attention fixée sur la respiration & Texclusion de toute autre fonction. Moyennant cette surveillance incessante, je répète que depuis bientôt dix années je n'ai vu survenir aucune sorte d'accident. *
En voilà assez sur les fonctions de la moelle ; arrivons maintenant à celles des nerfs. De ce qui précède il résulte clairement qu'ils ne possèdent pas Texcitabilité par eux-mêmes, mais qu'ils la reçoivent de la moelle. A la vérité, si, après avoir coupé un nerf, on pince le bout infé-^ rieur, on suscite des contractions dans tous les muscles où il envoie ses filets. Mais cette propriété ne tarde pas à s'épuiser ; et c'est ici surtout que se vérifie la loi de M. Marshall-Hall pour les paralysies par défaut d'action de la moelle. M. Longet opéra la résection d'un nerf; puis le lendemain, iirita le bout inférieur, soit par des agents mécaniques, soit avec la pile galvanique , les muscles se contractaient encore. Mais en renouvelant Texpérience, constamment Texcitabilité du nerf était complètement éteinte après soixante-douze heures. A la vérité, le muscle garde beaucoup plus longtemps son irritabilité ; ainsi un muscle dont le nerf moteur n'est plus excitable depuis près de trois mois, oscille encore quand on lui applique un stimulant immédiat quelconque (i). Mais cette pro-
(i)Aead. des seienut, 17 mai 1S41 t^ti Areh. gén. de méd., tS42, t. XIII, p. 82.
priélé même finit par se perdre : M. Duchenne a fait à cet égard sur àeux malades des eipériences intéressâmes* Une feoime aTtil reçu an coup assez vialont sur la partie interne du coude droit; de là ime très^ vive duuleur, propagée (e lowg du nerf cubital jusqu'au! Jeui deruterï doigts, qui tout aussitôt reâlf^reul étendus et écartés, sans que ta malade pût les rapprocher ni l^s fléchir. Une dizaine de jours après, M. Duchentie fioumit riulerosseux dur^al de l^'aonulaire au CDuraul galvaniqne te plus intense, tHins y déterminer aucune contraction. Près de deux mois s'étant écoulés, il constata de nouveau que tous les muscles de ta région kjpothénar et rititerosseux dorsal de Tannulaire étaient insensibles au galvanisme. L'autre sujet avait eu le neri radial détruit par un coup de feu vers le tiers inférieur du bras gauche; quatre mois après, tes musckt posiérieurs de Tavant-hras et de la main étaieot atrophiés^ pai^l^sés, complètement insensibles au courant galvanique. En Un M. [>iic benne ajoute qu'il a vu, [dans d'autres cas analogues, la contractilité électromusculaire perdue dii jout^ après l' interruption de la communication des muscles avec la moelle épinière (1)*
11 y eut, chez le premier malade, un phénomène peu étudié encore, cl qui n'a pas échappé à Tobservateur, Les muselés de Ta v an t^ bras animés par d'autres nerfs que te cubital, étaient arrivés peu h peu à une paralysie presque complète, tellement que le malade ne pouvait plus porter les aliments à sa bouche; cependant ils Jouissaient de leur contractililé électrique normale. M. Ûuchenne en induit que petjt-^tre pour les mouvements volontaires, il v a mie sorte de solidarité entre tons les nerfs
mien fllels qai todI aux membres postérieurs proTiennent de la 6* ou de la fH* paire lombaire) : voilà une solidarité bien marquée. Mais tandis que chez la malade de M. Duchenne, cette solidarité s'était accrue avec le temps, ici au contraire le temps l'avait fait disparaître. Et comme pour accroître Tobscurité, il y a des cas où cette solidarité manque tout à fait. Penlevai en i 850 la tète du péroné pour une tumeur de nature suspecte, et le nerf tibial antérieur fut nécessairement détruit dans une asses grande étendue. Néanmoins, un mois et demi après, à part les muscles qu'anime ce nerf, le reste de la jambe reprenait déjà de la force (1). J'ai revu mon opéré deux ans plus tard ; aucun des muscles étrangers au nerf coupé n*avait souffert, et la jambe remplissait très-bien ses fonctions. Pourquoi cette indépendance des autres nerfs dans certains cas, pourquoi dans d'autres cette solidarité apparente ? 11 y a là un curieux problème à résoudre.
Si Ton observe de telles irrégularités dans la fonction motrice des nerfli, leur fonction sensitive en offre de bien plus étranges encore. En général, quand on irrite un nerf sensitif, la douleur est perçue par le cerveau et rapportée au lieu de la lésion ; toutefois , dans un grand nombre de cas, Tirritation locale d'un tronc fait souffrir dans toutes ses branches. La compression du cubital au coude, du sciatique vers la tubérosité du même nom, détermine dans les ramifications inférieures de ces nerfo des fourmillements, des picotements, de l'engourdissement, et enfin des douleurs cruelles. Il arrive assez souvent dans la saignée qu'on pique une des branches des nerfs saphènes, du cutané interne, du musculo-cutané ; la douleur ou l'engourdissement se répand alors dans toute la partie sous-jacente. Bichat irrita sur un chien le nerf sciatique ; tout le membre était gonflé et douloureux le lendemain. On voit qu'il n'est pas besoin pour ces phénomènes que toutes les branches soient irritées ; la lésion locale sufflt, et répond au cerveau pour tout ce qui est au-dessous d'elle. Cela posé, si Ton coupait le nerf au-dessous de cette lésion, renverrait-elle encore les mêmes sensations à l'encéphale ? On ne saurait demander de réponse aux vivisections, les animaux ne manifestant que de la douleur sans en indiquer le siège. Mais les expériences se présentent toutes faites jusqu'à un certain point sur l'homme : nombre de fois, après la section du tronc affecté dans les névralgies, la douleur a reparu dans la journée même ou plus tard ; et après les amputations, l'initation du moignon par un temps d'orage réveille des douleurs que
(1) Malgalgoe. lUwe médieo-ckimrgicaU, It&O. t VIII, p. 144.
DU SYSTÈME rîERVEUX.
le malade rapporte aux ramiflcalions nerveuses qu'il n'm pins. H pW que ^i la section nu même la résection a si fréquemment éehtMié diOi Ig5 névralgies, Tune des grandes causes d'itt succès e&t que ropéntlûii n'avait point été faite au-dessus de la portion malade du utuf oévral» gique.
Ces derniors faits n^'ont pas souffert de contradiction; loin de là. M^ Ri-^ chet , les prcsentant comme constauts, a nié résolument ce que j^âvijg avancé d^abord^ savoir^ que, en général, quand on irrite un nerf^ ta dûuJmÊf est rapportée ati lieu d« ta lésion ; et il professe au contraire que , dant k» lésions d'unnfrfsensiiifj quel que soil h point [ésë, h înalade rapporté la douleur awo txparuiom périphériques dé ce ner/l Celle contràdi^lion aura, je Tempère, cet avantage d'appeler rattenlion des chjruiigicnf et des pb|siologistes sur une question trop négligée jusqu'à pré^nU Pour moi, je maintiens ce que j*ai état>li, et voici sur qu^ii je me fonde. i'aTali cité la compression du cuhiial an coude» comme e^iempte de doulmrsqui ie propagent dans les rarniHcations du nerf; il faut bien reconnaître cependant que la principale douleur est rapportée par le malade au point comprimé, et que souvent même IL n'y a de douleur réelle que Là. Quajid Charles IX eut un nerf piqué dans une saignée, il ressentit une douleur eitréme, tant à l'endroit de la piqûre que dans tout k bras (!}. Il | acor^ tainement des amputés qui souffrent au bout des membres qu'ils Q*ant plus; il y en a d'antres qui rapportent exclusivemeot leurs douleurs au moignon même. J*ai i>bservé récemment un fait plus curieui eocore. Sur
STRUCTORB ET PROPRIÉTÉS. 399
Mre ém airralgiêt. Il n'est pas rare de foir dans la nëtitlgia sdatfque la 4oiilear conflnéa à la partie supérieure du nerf, et même dans un point asseï circonscrit pour avoir permis quelquefois de la confondre avec la douleur de la coxalgie. Il est bien plus commun encore de voir la douleur fliéger dans un ou plusieurs points, où elle est flxe, continue, d'où elle sUnradie seulement par intervalles dans le reste du nerf| et même quand elle occupe une grande étendue , non-seulement il y a des points intermédiaires du nerf qui ne sont point affectés ; mais Je n'ai pas iouvenir d'un seul cas où les névralgies les plus violentes du nerf sclatique s'étendissent à Textrémité de tous les orteils. Enfin il faut i^outer qae> dans les lésions des nerfs, les irradiations de la douleur, au lieu de descendre dans les rameaux, peuvent remonter dans les troncs mêmes. Haaiilton rapporte le cas d*un jeune homme qui^ s'ëtant fait une coupure au c6xé externe de Tindicateur, éprouva le lendemain une sensation de f icotements et d'élancements qui remontait de la blèssureau eétë radial As ravani-bras. Uue jeune fille, à la suite d'une plaie superficielle dans la commissore qui sépare le pouce de Tindicateur. eut des douleurs très- ▼ivee le long de l'avant-bras et du côté interne du bras Jusqu*à ralsselle. Hamilton cite d'autres faits du même genre. Bien plus, la douleur peut remonter plus haut que le tronc nerveux qui a souffert la lésion et l'étendre à d'autres nerfs. Scherwin a tu une saignée suivie de douleurs dans la piqûre, d'élancements qui descendaient vers les doigts et remontaîeut vers le deltoïde et les parties latérales du cou et de la fkce, et qui ameoèrent des spasmes, des contractions de la main, du bru et de la CMe niêiDe(l).
Id, la douleur n'était pas seulement arrivée au cerveau comme sensatîoo ; eDe avait agi sur la moelle, et amené des contnicthmi Involontaires <n mettant en jeu Faction réflexe. Dans les névralgies de la 5« paire, fné' fwment le nerf flMrlal répond à la douleur par des contractions eoilvabives; et il faut bien distinguer les spasmes musenlaires simples de ceux qià sont produiu par la douleur. Quand la contraction convuMve proyifBBl uniqueuient d'un nerf moteur, tel que le fisdal, c*est sur eelul«el q/Tû Curt agir directement; sa section mettra in an spasme en détrrmi' ■ml k paralysie. Mais s*il s'agit de mouvements réflexes dus à la léifin #ma nerf aensitif, le moyeu le plus efficace dimposer silence tm mrt ' est de couper ou réséquer le nerf sensHif , avec cette coodMen e,qae la tedkm soil Isile au-dessus du point aflMé^ en d^iu-
(i? ■■■ntm, Méwiùtresmr^eiqmetefeU qmi réSÊMmi de la kkêêmi été mrf$i t fimênUt de mMweimt, ISiS, u 11, p. 174.
très lermeSj au-dessus du pomi où la douleur commence* Hamîltoii rapporte un cas remarquable ^ communiqué par Cramptou. Â la d'une saignée, uue jeune dame avait éprouvé d'abord une raideur îni CQUtutnée, et bientôt une douleur intolérable, s^'étendant jusqu'au tioyl des doigls. Puis lit douleur s'étendit vers la face, et au bout de sept moit, auit douleurs s'ajouta un phénomène nou nioins grave , la contraction permanente du pouce et des doigts. Â, Coopern» J. Dell, Baillte, H. CtiDe^ furent consultés^ Baillie et Â* Cooper se déclarèrent pour la reseetbu du nerfi qui fut pratiquée |)ar Crampton, un an environ après la saignée* Làcontraction était tellement forte que les ongles s'étaient enfoncés dansk paume de la main, où ils avaient fait nahre un ulcère sordide ; TeSet immédiat de la résection fut le relâL^hement complet des doigts et la disparition de la douleur. Il ^ eut bien des retours, soit de La douleur, sort des spasmes, mais à la longue la guérison fui complète.
il ne faut pas oublier, quand od doit pratiquer la resectiou d'un ueifi que la première section a paralysé son extrémité périphérique, eu laissant toute sa sensibilité à la portion cérébrale; et en conséquencent la seconde section doit toujours être faite sur la portion périphérique, pour éviter au malade des douleurs iuutili^s. C'est pour cela aussi que, dan^ rablatioo d'une tumeur, il faut , lorsqu'on le peut , pratiquer la première mcisioa du côté de l'origine des nerfs, pour rendre la seconde moins douloureuse.
La sensibilité s'épuise quand on l'eicite trop longtemps et sans mesure, Blcbat a observé qu'en tiraillant le nerf pneumogastrique, ranimai crie et s'agite beaucoup; mais que, si t*on répète plusieurs fois la même ehose^ il finit par ne plus donner de marques d'une sensation pénible. Qu'on laisse ensuite reposer le nerf une heure ou deux, puis qu^m recommence, la seiisibihté se réveille avec une nouvelle énergie. Nous avons vu dans nos expériences sur les muscles quM en était de même de la propriété motrice^ qu^ Ton fatigue par des efforts continus et qui se retrempe par le repos. J'ajouterai à ces cotisidérations que c'est surtout dans rase cérébro-epinal , source de toutes les propriétés nerveuses « qu'il Ctut prendre garde de les épuiser. Toute opération qui dure ti^p tong(emps produit plus ou moins cet efTel, et est suivie d*un affaissement considé* rable. De là cette règle importante, que, quand la dissection doit dorer plus d'une heure, il vaut mieux taire Topération en deux ou trois temps, en laissant entre chacun un intervalle suffisant pour rendre au système nerveux son énergie; de là encore cette coutume de beaucoup de ctiiruï^ giens , de faire prendre au malade une potion cordiale immédiateoieDt
STRUCTURE ET PROPRIÉTÉS. 40i
après ropëration. Larrej suivait constamment cette pratique; je la mets fréquemment en usage chez les sujets débilités^ et m'en suis toujours bien trouvé.
Ces propriétés des nerfs résident uniquement dans leur substance médullaire; le névrilemme n'en jouit point. Aussi le simple contact sans compression est peu douloureux ; l'exposition à Tair n'a pas plus d'effet ; on peut même, comme Ta fait Bichat sur un animal vivant, isoler les uns des autres, avec la pointe d'un scalpel très-fin, les différents filets d'un nerf un pou gros, du sciatiquc par exemple, sans que l'animal s'en ressente beaucoup ; il faut traverser le névrilemme et arriver jusqu'à la substance médullaire pour produire la douleur. Enfin, par là s'explique en pathologie comment un nerf peut presque impunément baigner dans un liquide purulent, ichoreux, dans la sanie même du cancer.
D'après ce qui vient d'ôtre dit, on peut comprendre pourquoi une ligature qui comprend un nerf avec l'artère, tantôt produit des accidents, et d'autres fois ne détermine qu'une douleur d'un moment, qui cesse dès que la striction est opérée. C'est que, dans le premier cas, la striction incomplète n'u fait que comprimer, étrangler la substance médullaire, cause de douleur qui persiste tant que le lien demeure appliqué ; dans le second, au contraire, une forte striction a complètement interrompu la continuité de la moelle nerveuse, et produit le même eilet qu'une section.
Recherchons maintenant ce qui arrive, lorsque, par une cause ou par une autre, la continuité d'un nerf a été interrompue. Elle peut l'être par un accident; elle peut être opérée aussidansun but thérapeutique, et l'art mèmea eu recoui-sà divers moyens, lasection,larésection,lacautérisation.
Après la section les deux bouts du nerf s'écartent à peine; lors de l'inflammation traumatique, ils se gonflent et deviennent vasculaires, particulièrement le bout supérieur; l'inflammation se propage aussi au tissu cellulaire ambiant qui devient compacte. Le gonflement et la rougeur du nerf s'étendent, chose remaïquable, dans le bout supérieur, au-dessus de la blessure et non dans l'autre Et quand par la suite la rougeur inflammatoire se dissipe, le gonflement du nerf au-dessus de la blessure persiste, et la cicatrice reste rétrécie entre les deux bouts qui sont renflés, surtout le supérieur (i).
Quels sont les éléments et quelle est la nature de cette cicatrice? Cruikshank, qui le premier institua des expériences sur la régénération des nerfs, croyait, selon les idées de lluntcr, que le sang seul en fournissait
(1) Descot, Diti. sur les affections locales des nerfa^ p. 21.— J'emprunte également à cette excellente thèse la plupart des faits qu'on va lire.
léa matériaux; suivaiit Michai>lîs, ce ferait la lymphe cutigtil&blii (1}; nl^ mnl Descot, le t\^m cellulaîre interposai; en un mot, on a ap^l|llé kk touLcs ks Ihihities timides; sur la rJunion des parUes flivi»ëe9i. l^ftûîtl I j reveuir (ian^ lu c Lia pitre suivant.
Qttaitt u li nature d<^ cette citatrice» on a nié qa'dle fût nfrrptïSê» 0 peut-èuv dans les pivmiers temps la snbî^tance nerTttJSf vit* elle nioîl» appart^ule; tauLelbis te doiae ne parait, pas pm'mU apfCS l& eipéfiéetnai de Me^er. Le ^ octobre (t796)j il txâm sur un etiieri mu* ligne an octf tiiiial; le I8< il divisa le nerf cubital; le t^' novembre, ruiiitual niant mon, les nerfs furent e ta mi ne s par i 'acide nilrltjue, cl tmis deu% ctateot ivofiii par la £u balance inédutlaire : ainsi la reproduction de la moelle a'^élÉit faite Ëû 13 jours pour le nerf cubital. D'autres ûïsai» f&iti sur des ckiilrv ces plus anuieunefi ont danoë Je mi^mt^ rét^uUal. D'ailleurs sur let aniuuia les funclions du nurf commencent à se rétablir du I' au Û* J4?ur«
Cesl dutiLi à tort qut* B^yer a prt! tendu i\iiti Von né pvut pas rieJnédicrl la sectiuD complète d'un n^rf ; pourvu <in'on maintlenmi en eouUid hm bouts divisé^j la cicatiûsatian se fait ausi&t bien clict rbtimnia que dbA les animaux; ut Da^i^r lui*mèmo â trù^bieu remarqué qiw dans la Ile douloureux, la douleur q^holie par la sec 11 on du tierf rt'puraU 9{^ràf lilft» eat-risalian. M. Bonnet, de Lyon, avait pensé que, danst U névrotomte cutanée, le sangexlravasé, écailant les deux bouts du nerf elt'arg^iti entre eux, pouvait bien leur rendre leur eonUrmitë mat^dellei
sant Cependant il est remarquable que, dans un bon nombre de cas, lei douleurs les plus vives et les plus rebelles ont dû être rapportées à des imprudences des malades; et il est probable que Timmobilité, jointe à une position convenable pour rapprocher les fibres divisées, amènerait une réunion prompte et sans accidents. Une malade saignée par Swan sê plaignit au moment delà ponction d'une douleur trè:i-aiguê qui dura plusieurs heures; il se contenta de bander le bras de manière à rap* procher exactement les lèvres de la plaie, et de recommander un repos absolu ; la réunion se fit par première intention, et la douleur ne reparut plus. Mais jusqu'à présent cet exemple n'a pas eu beaucoup d'imitateurs. A. Paré, pour Charles IX, employa un bandage serré sur tout le bras, de la main à Tépaule, et Ut pénétrer dans la plaie de Thuile de térébenthine mêlée d'eau-de-vic; son royal malade fut trois mois à guérir. Petit, de Lyon, appliqua le cautère actuel sur la cicatrice ; Wilson divisa le nerf blessé à 3 centimètres au-dessus de la lésion. J*ai cité plus haut la résec* tien employée par Crampton avec succès.
La résection est plus sûre en eiîet que la section simple, et a été asseï fréquemment appliquée dans les névralgies. D'après Descot, si la perte da substance est de quelques millimètres seulement, les deux bouts se réunissent par une cicatrice plus mince qu'eux-mêmes, et dont l'étroitesse est en général proportionnée à la perte de substance. Quand celle-ci est pluf considérable, chaque bout se cicatrise à part, le supérieur présentant un gros renflement, rinférieur en montrant un à peine sensible, plongés tous les deux dans le tissu cellulaire commun.
Mais quelle est retendue à donner à la résection pour n'avoir pas à craindre de récidive? A. Bérard ayant excisé 9 millimètres du nerf sous-orbitaire, la guérisoo se soutenait encore au bout de huit mois et était donnée comme radicale; la névralgie récidiva peu après, et la malade dut être placée dans le service des incurables à la Salpètrière (I). Descot rapporte, d'après Swan, uu fait bien plus remarquable. On avait excisé à un cheval, pour une claudication, un pouce de chacun des nerflii qui vont au pied ; la claudication d'abord guérie reparut au tK)ut de sis mois. L'animal fut tué au 1 1* mois ; on trouva à l'autopsie que les nerfs s'étaient réunis, et la substance de nouvelle formation, d'un volume très» considérable, paraissait avoir la même structure que celle qui réunit ua nerf simplement divisé.
Cest aussi après avoir vu échouer la résection entre ses mains que
(1) p. Bérard, aixi. Névralgie faciéle, Diet. en 80 vol., t. XII, p. 601.
Boyer s'éliit déclaré pari ban de lacaulérisalinn du nerf. Mais }a cauténii^ Ijon^ ijiïi a ti'aiLk'iii's éié fort peu étudiée^ peut manquer mn effet 91 oUi uVsi pas tit^s-rorte, comme il esl an ivé à Dcscot; et danj les cas ou elli réusait le mieux, elle [irudutt, après la cicatiii*aiîoïi de la plaie, les mè mes ËÎTets appareriU que rexcisiim. En eonséquenecj je ne vois aucuiu raison de lui accorder plus de confiance qu'à rexclaloD, lorsque Jft pliû deci'lle-ci a suppuré.
Sans donie il y a des névralgies que reicision ne guérit point, paro que le nerf u*a pas été coupé à une hanleur surfisante; mais alors la récî di^e est promple et quand la guérison s'est soiilentte huit mois, ' faut bien croire que l'opération avait été sagement appliquée, et que 1 formation d'une cicatrice intermédiaire aux ImjuIs du nerf en a seul fait manquer le résultat. Après avoir longtemps songé auï moyens c prévenir ces récidives, je m'étais demandé s'il ne sei^it pas plus sûr, t lieu d'ex ciaer 11 ne portion du nerf, de distéquer à qucIquesmillimÈtressc extrémité périphérique et de la retourner dans les ihair^^ de façon qu'el oflre une sorte dVnse vis-à-vis de la portion centrale, et que !enévnlcmi] extérieur ta^m obstackà la Iransmissîon de Tagent nen^eui. même apr la réunion de la plaie. Je n'ai pas eu occasion de mettre à exécution procédé, indiqué déjà dans ta première édition de cet ouvrage; M. ï gaud de Stra^hourg et. d*aulres paraissent ravoir employé avec m ces (I), Peut-elre encore pourrait-on délactier un petit lambeau de cba laignantcs, et rinterposer entieles deui bouts du nerf pour mieux emj cher sa réuni (^n.
La ligature des nerfî* n'est point employée à dessein ; maisquelqnefc sans le vouloir, un chirurgien étreint un nerf avec une aitêre. J'j précédemment quels étaient sur le neif les réstillais immédrais ligalure; lorsqu'elle a détruit la continuité des filets médullaires, li raîy^ie survient ; mats dès que te lien est tombé, la cicatrisation se 1 le nerf reprend seiî fonctions* Nous savons par Lafaye qtre Thibaut rurgieiî de TH^teUDieu, en liant rartère pour un anévrisme, conprei dans la ligalnre la veine, le nerf, et encore un peu <'e chair. J. L. P prenait soin au contraire de séparer le neiT; mais Lafaye n'y atta pas une grande importance {%}. Valsalva lia ainsi le neif médian Parière, sur un chirurgien âgé de 22 ans; le membre perdit aussil senti me ni et le mouv^jnent ; mais à la longue il recouvra to
tu Gù3êUf médkak de Sîraâbfturg, I8ST, coL !&&«
STRUCTUkE ET PROPRIÉTÉS. 40S
fonctions. MolinelH put disséquer ce bras 30 ans après Topération; le nerf avait pris un yolunit* considérable, ei paraissait renflé en forme de ganglion au point où il avait été lié. MolinelH lui-môme avaii lié deux fois le même nerf; le premier sujet s'écria, au moment de la ligature, qu'on lui avait enlevé toutes les parties situées au-dessous; mais au bout de 30 heures, le sentiment était revenu. L'autre opéré, après la guérison de son anévrisroe, disait avoir plus de force dans son bras. Molinelli en concluait qu*il ne fallait pas craindre de lier le nerf avec l'artère; conclusion d'autant plus hasardeuse, qu'en tôle de ses deux observations il en avait rapporté une autre de Guattani, où la ligature du nerf avait laissé à sa suite une contracture irrémédiable (I).
11 est parfaitement inutile, après un cas pareil, de rapporter les arguments de ceux qui regardent celte ligature comme insignifiante, et par exemple les expériences de Thierry de TouU qui prétend avoir lié sur des chiens les artères principales des membres avec les nerfs adjacents sans aucune sorte de paraly3ie (2). Sans doute, la ligature des nerfs peut n'avoir pas de suites fâcheuses, en ce sens que la paralysie inévitable se dissipe quelquefois; si Ton élreint un nerf déjà coupé, comme après une amputation, il n'y a même pas de paralysie à craindre; J. Hunter dit avoir quelquefois lié à dessein les nerfs avec l'artère à la surface du moi* gnon, sans qu'il en fût jamais résulté rien de fâcheux (3). Mais un chirurgien prudent devra toujours laisser le nerf à l'écart, dans un cas comme dans l'autre; Roux, pour une plaie de Tarière crurale, ayant compris le nerf crural dans la même ligature que Tartère, vit son blessé mourir en moins de trois jours par le tétanos (4).
11 7 a une autre façon d'agir sur les nerfs qui permet d'engourdir la sensibilité sans exposer à aucun accident; c'est la compression. M. Bounlceau dit qu*on fait cesser les accès de migraine en iO, 20 ou 30 secondes au plus, en comprimant le nerf sus-orbitaire (5). Dès le siècle dernier, Moore, réfléchissant sur l'engourdissement que produit dans le membre inférieur la compression du nerf sciatique, par l'effet d'une pos^- Inre mauvaise, s'était demandé jusqu'à quel point une compression plus
(I) Molioelli, Sur fanévritmê de i'artèr$ brachiale; Mémoires de V Académie de Bologne, t. H; et Collection académique, Partie étrangère, i. X, p. 340.
(i) Thierry, Thèse $ur Fanévrismëy 17&0; dans les Disputât, chirurgicœ de Relier, t. y, p. 218.
(S) HuDter, Œuvres complétée, trad. franc., 1. 1, p. 601.
(4) Roux, Quarante années de pratique chirurgicale, t. Il, p. 372.
(5) Bouniceaa, Découverte du vrai siège de (a migraine et des mojfsns de tet r, ete.
^rt<? pmirrait porter cet engourdi&spment 11 s*appliqu!i Afmf à It rtriae du mcmbrt? un bandage qui comprimait é^tmt pari Ee Tti^rf ^cidtlqirc, ée l'&utrâ le uerfci-ural, et on ajoute r«>bUirat*nir. ce qtii roo panlt Tort HîT' ficile. La compression Rtosi faite ne déltM'mina pas Te n^mirdf «sentent pé* nihJe qu*on rossent <i'nrdmaire; mais, f\n Imut d'une dêmUhcurff If membre devint insensible dans presque toute aoti étendue , ûv pomt qu^on fml piquer et irrilcr la peau de loules manières satis excîtt?r Ta ptuf )égèi% douleur. Peu de minutes suJfirenl en^uite^ npiè^s rablaliou de Tappardl, pour r<^tab)ir et le mouvement et la sensibilités
Celte métbode ftit essayée sur un hommt* h qui l'on défait couper Ift jambe, au moyen d^uu tourniquet ijui. avec le nn f ^tciaîique, m; cumpri» mait que Le neif et l'artère crurale en laissant la ^^irre Lihre, pf^ciiiliofi jugde nécessaire pour éviter Tengor^emer^t dtj memlirc* Aprèf %me h^ora fit demie de compres^ ton J'ampu talion Tut faiU^ au-desp^iuif du ^enoi^par Rurtter; le malade n'accu&a aucune dnulmr pemJi'iu! qu'on dlirbait It peau #L leîS muscles; mtils il se plaignit un peu durnnt 1% ^evimn de Toi- Le tourniquet enlevé, et unn dernière arUriole resUnt h lier, l'opéni « plaignit bien davantage:, et afiirma qu'il û^avail pu» autant soulîi'rl tUoi tout k reste de Topération (M-
Tai essaye d'appliquer ce procédé dans iiu ais de Tausse aDk|lose du genou que je voulais détruire- Après une dt*nii*heure de compressiEiii sur le nerf sdalique et le ntrfcrurai, j'avais obtenu i*n effet un eii9ottrdiS5&^ ment très*notable du pied et de la jambe jusqu'au genoit; moi» Li pam-
SeVELOPPEMEOT. Wl
oonpte Les dent autres cordons du plexus, qui se rendent à la partie poetérieure du ttras et de l'avant-bras, formaient une anse analogue (i). Depuis lors, Lairey avait rencontré plusieurs Oatits du même genre, qui faisaient partie de sa collection anatomique, où j-ai pu les examiner.
Cette réunion est bien remarquable; et si, comme le pense M. Cm- ▼eilbier, les nerfs sont homogènes et: ne difTèrent que par les organes auxquels ils se rendent, il en résulterait qu'en rattachant le bout supérieur d'un nerf quelconque, cutané ou autre, au bout inférieur d'un autre nerf paralysé par une lésion locale située plus haut, on pourrait faire passer de l'un à Tautre Tagent nerveux et guérir la paralysie. Cela réussirait probablement mieux avec des nerfs de fonctions analogues; et si, par exemple^ le cubital était détruit dans une grande étendue vers la partie supérieure du bras, ne pourrait^on couper en travers le nerf médian, et avec son bout encéphalique réunir à la fois son bout inférieur et le bout inférieur du cubiUil? Là se trouve un sujet d'expériences qui nonseulc»mest intéresseraient la physiologie, mais peut-être ouvriraient une voie nouvelle à la chirurgie ; j'avais également songé à mVu occuper; vains projets, que je laisse à d'autres le soin de réaliser.
I 8. — Développemeat.
Je n'ai que peu de choses à dire du développement normal du système nerveux. Il se développe comme les artères par deux moitiés latérales ; M. Serres a mis ce fait hors de doute; mais la chirurgie, qui est notre point de vue spécial, n'a rien à en déduire.
Les accidents qui peuvent Tentraver durant la vie intrà-utérine ont pour nous un intérêt plus direct. En eflot, les luxations congéniales ont été rapportées par divers auteurs à des lésions dos centres nerveux. Bédard, par exemple, rattachant le pied-bol à uu affaiblissement de l'action nerveuse* expliquait sa fréquence chez les acéphales par la destruction plus ou moins complète de la moelle épinière. Rudolphi, en 1823, Tattribuait à des convulsions intra-utérines; et enfin M. J. Guérin , s'emparant de cette idée, a rapporté toutes les luxations congéniales à une rétraction convulsive des muscles sollicitée par une lésion des centres nerveux. Les faits allégués à Tappui de cette théorie sont : !<> des cas de monstruosités montrant une destruction partielle ou totale des centres
■ i (1) Larrey, Note sur quelques phénomènes pathologiques observés dans la section des nerfs et dans leur dcatrisatiim ; Bévue Médicale^ IS24, 1. 1*' , p. iO$.
m DU SYSTÈME NÎERVEOT.
nerveui, associée à une rétimtioii plus uu inûins §éQérml€ dit ^ièmf ^ [DiiflCulaiL-e et à des luxatium plu^ au moim iiunitireiiiei; %* \û râpfxjrl en Ire les losions du système nerveux ei le^ luxation» prmiuites : aiui^i Tabse^ce de la portiiin liirérJeurti de la moelle col tidd&ul avec des iink* Uûna bonjëi's aux inumbtYis iarérieurs; Tdb^enee de la {KirUuii tii|»érieui% enlraîoant dos Itixalîons des meinbn's correipoiidanti ; rab4«9Ki£ d'anc moi lié du cerveau déterminant de.^ luxalioris d'un seuE côlé dti corps^
Il y aurait d'abord, chose djffiuîlej à concilier ces préletidui!» tHjiocl* deticf^saveu les dontiëes de la plLysiologie. Cummenl la deulructian de la moelle* source unique de reKcilabilité et des nmuvemetU^^ pourrnit-iîUe concorder avec une exagérai ion convuisivc de» uioyvemt'îrïts? Mdi«cc o'tfst pas la peine de s'arrêter à des d if Lieu l tés de t^e genre ; les ci>ïncideQc^ aq* noiicées sont de pyre invenlton- L'auleur lui-même a dressé rinvenUire iU tous les cas i^uit avait eu t occasion de rerwmtn^: et eti écariant tcj luialioa^ observées sur le vivant qui ne sauraient édatrcir réijûlogie, et un vas d'absence du radius, ton Les ses dissections se bornaient à sept aujelSj Eavoir :
] Fœ^ut ffm^f^, ûBTrant dfË Bublunatlnïis des deux tlaTlcuî» tur ieilemum, des deiix humérus^ des i\eu\ cubllufl, des deux tibias lut le» fémur«; H t^TIn dr^ luxatltina compièieg des deux rémurs en liaut et en delif^ra i
1 Fœiiis agéïifisnme, oITrani un dlo^ta^tâ de» pubis, des InxiU^aade TtiOdii léinurii «n Imul, de l'autre fémur en haut ei en avnnt ;
t Ftutus ijgf^fwiome^ avec i^ubluKciUon de$ deux ft'muri en arrière tî tu haol i
I fcetuid'^rencëphaU^ avec iuïalioo de la mlcïjçlraj
DËYELOPPEMENT. 409
Restent donc eii monstres^ dont les trois premiers, les plus riches en luxations» sont un monstre $ymèle et deux aginosomes. Or, les monstres symëles sont caractérisés par la fusion des deux membres inférieurs, les agénosomes par une évcntralion avec absence plus ou moins complète des organes génitaux; mais ces deux monstruosités n'affectent en rien le cerveau ni la moelle.
11 en va tout autrement pour les autres. Dans les dérencéphales et les anenciphales^ il y a absence plus ou moins complète du ceiveau et de la moelle. Quoi, pour un dérencéphalc^ une simple luxation de la mâchoire ! Quoi, pour un anencéphale, une simple subluxation occipitoaxoidienne en arrière ! Encore cette subluxation est-elle singulièrement hypothétique ; car, plus tard, Tauteur lui-môme la déclarait impossible^ et la transformait en subluxation en avant (i).
Ajoutes que Tanencéphalie et la dérencéphalie, où se voient les plus grandes défectuosités des centres nerveux, remontent au premier ou au deuxième mois de la vie intrà- utérine, époque à laquelle il n'y a pas encore trace de muscles, et que les muscles ne possèdent la faculté de se contracter que vers le quatrième mois de la grossesse. Toutes les luxations où l'on fera intervenir l'action musculaire sont essentiellement postérieures au 3* et même au 4* mois. Les luxations et subluxalions qu'on rencontre parfois, mais non constamment chez les monstres, s'expliquent d'ailleurs par Tattitude qu'ils affectent dans l'utérus, et qui les expose à des pressions anormales de la part des parois utérines (2).
Les nerfs se modiûent peu dans les divers âges. C'est entre 30 et 40 ans, selon Chaponnier, que les névralgies s'observent le plus communément chez l'homme, chex la femme entre 20 et 30. D'après les calculs de Masius, comprenant les deux sexes et portant sur 200 cas, c*est entre la 30* et la 60* année que la plupart se rencontrent ; au-dessus de 60 ans, il n'en a trouvé que six, et six également au-dessous de 30 (3). Enfin Yalleix a réuni un toUl de 296 névralgies qui modifient un peu les résultats précédents, tout en les confirmant dans les points les plus généraux (4). Voici son tableau.
De 1 à 10 ans 2
De 10 à 20 ans 72
(1) Voir GasutU médicale, 1861, p. 227 et saiv. ; — et Bêvw médica-chirurgi' €alê, 1861, t. IX. p. 316.
(2) Voir mon Traité des Lusati(ms, p. 270 et sulv.
(3) Halliday, Considérations sur les névralgies de la face, p. 117.
(4) Valleiz, Traité des Néwrulgiet, p. 639 et 683.
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DU SÂNÔ
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De âO à tiO ans.., ^, 47
De (;0 à :0 ans .« 31
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Quatil à la proportion de^ névralgies cbet Thotnme eiches 1a femmes «lie se résume dans cet autre tableau, «-
De 1 4 JO ans„ De ta É 30 ans..
Dp 30 à 30 ana..
De :jO à 40 ans.
De 40 I fiO an^..
Itt
Jç remarque toutefois que (e chiffre 12 pour les hommes eutre 20 d ^d
ans est prohabiemeot une erreur ; puisqu'on n^'aorait ainsi que li$ pourlea deux iexes^ landis que le labli^au pi^cédenleo accuse G8,
On dit que les nerfs diminuent du volume cbes les vieillards; celte mtnutiou est an moins bleu eonitalée pour Tencéphale, comme nous le ferons voir en temps et llt^u.
IM
QUANTITÉ PRWORTIONNELLE. 414
Mali les. liquides proprement dits, existant à part des solides, sont bean^ cx)Qp iQoios considérables ; ce sont d'abord les produits des sécrétions, bile, urine, matières intestinales, etc., destinés pour la plupart à être éliminés^ et ne faisant déjà plus partie de l'organisme ; puis les deux grands liquides vivants et réparateurs, le sang et. la lymphe. La lymphe est trop peu connue pour prêter beaucoup à des considérations pratiques; je me bornerai à ce que j'en ai dit à l'occasion du système lymphatique. Mais c*est le sang dont Tétude mérite toute notre attention, le sang qui joue un si grand rôle en physiologie, en pathologie, en thérapeutique, sans parier des opérations. Je parlerai successivement, 1* de la quantité proportionnelle du sang; 2^ de sa composition; 3<»de ses propriétés physiques, chimiques et vitales ; 4<» enfin de sa formation et de son développement.
I !• — > De 1» «naatlté proportlOBselle dn ssnir-
Le sang est renfermé dans le cœur, les artères, les veines et les capiU laires; mais il y est réparti d'une manière fort inégale. 11 suffit généralement pour emplir le système artériel d'une injection d'un kilogramme; on évalue au double la capacité du système veineux ; reste le cœur, dont les quatre cavités ne sont jamais remplies à la fois, et les capillaires, qui en contiennent fort peu en dehors des réseaux veineux et artériels. Du reste, un fait capital est que, dans l'état ordinaire, jamais les vaisseaux ne sont remplis^ surtout les veines et les capillaires; on peut apprécier la difiëreoce en considérant les veines et les capillaires de la main libre, et ceux de la main gonflée par une ligature qui comprime les veines du bras. Je me suis fait appliquer par M. Juuod une de ses grandes ventouses renfermant la jambe jusqu'au tiers inférieur de la cuisse; au bout de quelques miiuites, le mollet avait gagné plus de 6 centimètres en circonférence, qu'il reperdit rapidement après Tenlèvement de la ventouse.
Jugez par là combien on aurait tort d'apprécier la quantité du sang d'après la capacité de ses vaisseaux ; puisque sur le même individu, la même veine peut contenir trois où quatre fois plus de sang qu'elle n'en contenait quelques minutes auparavant. La pesanteur y Tait beaucoup ; ia main devient rouge lorsqu'on la laièse pendre un certain temps, pâlit presque aussitôt qu'on l'élève verticalement ; je reviendrai plus tard sur ce» phénomènes et sur le parti qu^on peut en tirer en thérapeutique.
Pourquoi cependant celte capacité des vaisseaux plus grande que la masse du sang qu'ils ont à recevoir? Probablement c'est afin qu'ils puissent se prêter sans entrave aux. accroissements ejt aux diminutions que subit si
fri^quemmenl le sang, toit dans sa niasse générale, iolt dftni i régions^ La masse gëni^rale ai!gmeTite inëvilahtfmi iit quand thorarique y ver^e à flcila le ch^le provenant de la digesliofij comme elle doit diminuer parrëfTet d'une sécréUon subite et ahondaQle, telle qu^me forte sueur. On sait aussi qu'aprt'^s une cuutm violente, les veines et les capilïairt's des membres et de la face sont gorges de aang, et oGreiit rimage d'une pkUhore partiehe ; tandis que dans 1a tynca^ej ta pâleur extérieure accuse la rétrocession du sang à rintérietir*
Comment après cela tHahlir d'une maaière précisa la quantité dtj sang de rhomm^^^ relativement à la masse du corps ? Car^ non-seulement cette quantité varie iheE le même individu, elii; vurie f^urtout chez des sujetf dîfl'éji'nts. Tu ut ce qu'on peut faire t' s E de rapprèner aussi appraiimati* vemenl que possible; et la question rdduilc à ces tejmes n'en garde pas moins une haute importance > soil pour l'operateur qui a besoin de ménager le s^n^j soit pour le médecin qui le verse quelquefois a?ec une ii imprudente prodigalité.
11 n'y aut-ait qu'un seul moyen d'estimer avec quelque sécurité la qunniitiî du sang chez Thomme en sauté : ce serait de recueillir et de peser compara tivemeut le sang perdu par les condamnés qui ont subi la décapitation. Selon Wrisiberg, on aurait ainsi recueilli S4 livres de sang chez une femme pléthorique ; mais Burdach cite ce fait sans aucun détaU, et sans indiquer même te puid:! du cnrps (1), En attendant que celte eipérience se répète sur un nombre de sujets s^unisant, et atee toute la
QUANTITË PROPORTIONNELLE. 413
quer à llioinine la plus forte proportion^ elle eût donc ëlé d'un vingtième.
Haller rejeta cette conséquence. H opposait d'abord des résultats tout contraires obtenus par Drelincourt, Moor, Slegel, Hales^ qui auraient trouvé environ un douzième de sang chez des chiens et des bœufs (1) ; puis il objecta aux expériences mêmes, qu'on ne saurait extraire ainsi la totalité du sang ; et eiifin^ après avoir rapporté des histoires merveilkuses de malades qui avaient perdu par bémorrhagie, 10, i 5, 18 et jusqu'à 30 livres de sang, il consentait à en accorder à Thomme 27 à 28 livres.
le laisse de côté ces prétendues observations cliniques, auxquelles ceux qui les citent n'ajoutent eux-mêmes aucune fui (2) ; quant à la petite quantité de sang qui reste dans le cadavre, Allen Moulin, en en tenant compte, avait fait voir combien elle était insignifiante; et assurément elle n'équivaut pas aux dillérences qui peuvent résulter de la constitution ou de l'état d'embonpoint des individus. Seulement il fallait dire que les expériences étaient en trop petit nombre, et s'attacher à les multiplier. (Test ce que fit Herbst en 1822. Je donnerai ici le résumé des expériences tentées sur des quadrupèdes, en indiquant la proportion du sang retiré au poids du corps (3).
Rat I à î2 1/2
Laptn de 6 mois 1 à 24 1/3
Jeunelapio 1 à 20 1/6
Chat de 7 mois 1 à 21 —
*- d'un an 1 à 22 —
— delSmois 14 22 —
(1) Hiller s'est qoelque peu ëcarlé en cet endroit de son exactitude ordinaire. NI Drelincourt ni SIegel n'ont donné le poids de leurs animaux ; Haies évalue celui de son tœuf à bbO livies, mais sans pesage, et dit qu'on en retira dixhuit pintes et une chofineàe sang, c'est-à-dire, selon lui, plus de 46 livres. Jamais la pinte anglaise n'a pesé 2 livres et demie, de quelque poids qu'on se serve. — Yoyex Drelincourt, Fxperimenta Ânat.; Canieidium I;-— et Haies, Philosophieal Ea^erimenit; traduit sous le titre é'Expéritnces physiques, 1741, p. 1S4.
(2) Burdacb, par exemple, aux histoires de Haller, en ajoute deux de Wrisberg, une relative à la femme décapitée; l'autre, plus frappante encore, concerne une femme morte de mëtrorrhagie, après avoir perdu vingt^six livres de sang; et il conclut qu'un homme bien portant en poêféée vingt livres. M. Bérard, du moins, n'ose pas appeler cela une concluf ion : « Je vous propose, dit-ll k ses auditeurs, d^mdmittre avec moi que, ehet un homme bien constitué et pesant de 1 60 à 160 iivrer, il y a environ 20 livres de sang. > {Cours de Physiologie, t. III, p. 13 ) On ne saurait y mettre une meilleure grâce ; par malheur la science ne se fait pas rrec de pareilles pr opofttioni.
(3) Herbst, Comnifftfalto de sangumis quantitaie, etc. ; Goettiog., 1822.
lié
Renard de i mois ,.,*,,»
Chèvre de 4 Jgurt- ,*
Trois vcaiiï, i , * . - , de
t 4 31 l/l là 30
Jn?que4à, la moyenne n'atteint pas \jl(fi mais on ^a voir les réstUtats varier. V <
BcËuf de 600 livres ; 50 IWres de lang^ , . . . j i ]2 ^,
ChiËQ de 4 semaines. , , 1 à 30
— de 3 tfiuU .,, J É I4 î/3
♦ ^ de 0 mois ,,...... ( ft fî 4/T
^r^ — de I an , *4.é£vv^« '^^1 A •^3 ;<
, r,. ^ de 3 ana ^i ...*.•». *:*..*<.^« 14 12 1/2
^ deMiins .iv-f<--ji" I A £2
Ces derniers cliilTrrs présentent une diseordinee telle, <|uM Oil étnngii que ruuteur n'en ait pas chcrcbi^ rexplîcalîon. Cela nt ttcndraït-jj pAi k remhonpoint dei an t maux? tin liœuf de 600 livres ne devait pM% èitt bien gras; un chien de 4 sein ai nés, au contraire, a un enit>onp(rint qu7t ne tardera pas à perdre, et ii eût été utile de noua faire sa v^^ir en c[ud état était celui de 14 ans. . *>
M. Piun y, e:tpt.ni m entant sur des chiens, a trotivt! aussi la proporiion du sang assez rorte^ savoii : . , ,
Chjen de 4 ansJ. . .
^ de lU mulA.
— âge omis..
tt — 1 à IS 1/3
QUANTITÉ PROPORTIONNELLE. 4i5
Ud lapin de 3 kilogrammes ne douoa que 12 grammes de sang, I sur 25.
On peut juger de la différence proportionnelle du sang chez les boeais engraissés pour la consommation, et le pL>tii bœuf de Herbst, qui ne pesait même pas moitié; mais, en même temps, il semble qu'il faille tenir compte aussi des races^ et les chiens, par exemple, paraissent avoir en général une plus forte proportion de sang que les chats ou les lapins.
Le résultat de toutes ces expériences, autant qu'il est possible de rappliquer à rhomme, c'est que la proportion du sang atteindrait dans cer~ tains cas presque à la proportion d'un neuvième, pour descendre dans d'autres à celle d'un vingtième, et môme plus bas encore, soit en raison de Tobésité, soit pour d'autres causes constitutionnelles.
Ainsi rhomme, à 40 ans, pesant en moyenne 64 kilogrammes, pourrait avoir de 3 à 7 kilogrammes de sang ; tandis que la femme au même âge, pesant IS kilogrammes^ n'en aurait que 2 kil. 3/4 à 6 kilogrammes.
Ainsi an nouvean-né bien nourr'r, du poids de 3 kilogrammes, ne posséderait que 150 à S30 grammes de sang, et, très- probablement, une quantité plus rapprochée du premier que du dernier chiffre.
On peut déjà par là se rendre compte d*un fait bien connu de tous les médecins, savoir, la résistance plus ou moins grande des divers sujets aux émissions sanguines. Entre deux individus du même âge, du même sexe, d*un égal développement, l'un perdra 600 grammes de sang presque sans s'en ressentir; une saignée de 300 grammes fera tomber l'antre en déùtillaoce. Que Ton allègue l'action nerreuse, une différence possible dans la composition du sang, je n'y contredirai point ; mais j'estime que la quantité proportionnelle de la masse sanguine y joue le plus grand rôle.
La conséquence est qu'il n'y a pas de règle générale pour la quantité de sang à tirer, à moins qu'on ne s'arrête au plus bas chiffre possible ; mais ce chiffre même n'a jamais été scientifiquement déterminé; et comment eût-on fait, alors qu'on n'avait sur la quantité du sang circulaiit aucune notion, même approximative? Aussi tout ce qui a été écrit sur la saignée est plein de confusion et d'incertitude. Galien n'admettait pas la saignée avant l'âge de 14 ans, et, à cet âge, il défendait de tirer plus d'un cotyle de sang (environ 12 onces ou une livre). Chez l'adulte, il en tirait de 3 à 4 livres; et il dit même en avoir vu perdre 6 livres sans notable inconvénient. Fernel, au seizième siècle, appliqua la saignée autx entants de 5 à 6 ans, sans la porter d'ailleurs au delà de 3 ou 4 onces. Botal, chez les adultes, tirait jusqu'à 5 livres de sang par jour en denx
satgndes; son frèrtï faisait Souvent âts saignées de S llvr«i| H M* ê&tjmait qti'trn homme de \n\\]e niédiocre peut Fupparter ^n un jour, une perîe de 6 livre» de sang, et mÊme au besoin d^ 8 à 9 livres* D'autres ont encore élé plus lain ; Pitcairn se vaïïte 4*erï avoir fait Ujtt h un adulte jusqu'à 'JO livres en deuï joors pour ua rtitimatUmi* aigu. Enfin, dans ces derniers temps, Guei'âant, régularisant Frmploj û** U saignée pour les premiers âges de la vie, a établi qn*on pouvait ejîle^er en 24 tjeures, suit par Les sangsues, soi! par la laneelU%
De la nalasancê jusqu'à 3 ana. *
De la premièff^ deaUUon à [a seconde De ta teconde à ta puberté
et M^ Piorry n'a pas craint d'avancer que, lonsque les organes gastnques
et pulmonaires sont eiempts de téston, la saignée peut èirt port^% du premier coup, sarî,? graves mconvénmUs^ au 2iî% it miine au 20» du poids du corps. \\ n'y met qu'une seule reslri^^ii^m ; en rfénémlf njimte't*!!, il faut approj:imativemeni déduite de lu pesant mr du û^rps crik ^' dépend de la graisjie (1).
Il ne s'agit encore ici, notei^le bien, <p(e de l:i première i^aiguee, nu tout au plus des saignées à faire en 2i heures, s^ns préjudice de ûeUei qui pourront suivre. Or, si J*ou considère que, de la nai^iiiance à i ani« J'enlant varie en poids de 3 à 11 kilogramme»: — qu'entre Ja première fît ta seconde dentition, de 2 à 7 ans, it mout^jle fi kib^amini» à 40:
QUANTITË mOPORTlONNELLE. 417
primitive, il n'y ea a que quatre qui aient subi du premier coup une perte de sang variant du 20« au 25« de leur poids. Examinons-les au point de vue de la question en litige.
Chien de 22 livres (ea:p. 7); stignée de 14 onces, un 3&«;— nal phénomène notable, si ce n'est It défécation survenoe immédiatement après Thémorragie; le eblen est peu affaibli.
Chien de 37 livres («xp. 6) ; saignée de 24 onces d'abord, un 25« ; pas d'accidents; après un quart d'heure, nouvelle saignée de 4 onces; ce qui porte la proportion k un 21*. Syncope imminente, contractions tétaniques ; une heure après, les forces semblent presque rétablies.
Chien de 21 livre (exp. S.) ; saignée de 14 onces, un 21*; — ranimai est peu aifoibii.
Chien de 28 livres et demie {exp. 9) ; saignée de 23 onces, un 20* ; — la respiration devient petite, presque insensible ; après quelques minutes, il tombe comme mort. On élève les extrémités postérieures, il reprend un peu de force. Il perdait encore un peu de sang, qu'on s'occupait d'arrêter; tout à coup, cessation des baitements du cœur, selle Involontaire; mort tellement apparente qu'on procéda immédiatement à l'autopsie.
On voit que la conclusion dépasse un peu la portée des expériences. Quant aux observations rapportées, je n'en ai trouvé qu'une seule un peu pertinente : il s'agit d'une malade maigre^ faible, vieille, sur le point d*expirer. En une demi-heure on tira près de A livres de sang ; la respiration se rétablit, et la malade fut deux mois sans éprouver d'accidents graves. L'observation ne donne donc ni le poids juste de la saignée, ni le poids de la malade. C*est une lacune à regretter.
Il m*est arrivé une fois, étant encore élève, de pousser la saignée à 5 livres et demie. C'était chez un homme d'assez haute taille, qui souffrait horriblement de tumeurs hëmorroîdales enflammées. Comme la douleur diminuait à mesure que le sang coulait, il ne voulait pas qu'on l'arrèt&t; jusqu'à ce que la quantité sortie m'effraya moi-même, et ce fut ainsi que je songeai à le peser. Peu de jours après il survint une hydropisie ascite qui céda aux diurétiques; mais les forces furent très-longtemps à revenir.
Je dis donc, sans nulle réserve, que des saignées d'un 20* et d'un 25* sont des choses efi*royables, qui seraient tout au plus tolérées chez des sujets ayant une surabondance de sang extraordinaire, et qui, hors de ces cas exceptionnels, pourraient, comme le prouve la 9' expérience de M. Piorry, entraîner directement la mort.
Y a-t-il quelque indice avant-coureur du danger, qui signale au phlébotomiste qu'il est urgent de s'arrêter? D'indice certain et absolu, il n'y en a point. Le sujet à qui je tirai 5 livres et demie de sang demandait I. a?
qu*on en tirAl encore ; le premier chien que M. Piorry essaya de tuer p hémorragie perdit 5 livres 12 onces de «ang, près du 10« de son poid sans au Ire phénomène que raccéiiï ration des battemeuU du cœin i2 once^ de plus amenèrent des c on trac lions téianiqueSHr la sjnco^ et là mort. Les mouvements tétaniqueîî, les convulsions survienneut a soï fréi^uemment dans les hémorragies eicessives, mais non toujoun la syncope est beaucoup plus commune, et c*esl même gënéraleme par la syE^ope que la motl arrive. Elle demande donc une atleoU^ spéciale.
Avant tout, quelle est la catise ûtîaoaiurii de la syncope? Oit u que Bichiit ta rapporlait à Pinlerruplîon de Inaction du cœur; le cerfCJ nVtait afTjcté que seconda ire nient, et parce que le cœur ne lui envoy. plus le S4iig nécessaire à sou aelion; en un mot, dan^ la syncope,suivi Blchat, c'est par le cœur que commence k mort générale [t),
11 y avait là une vérité et une erreur. La syncope consiste essenllal ment àam la suspension des fonctions céréitraies^ et peut eiister ta que le cœur ait cessé de battre ; mais ce qui est certain, c'est qu'ellAt Gonnalt pour cause l'interriiptièB de r4N>rd du sang au cerveau. J expériences de M. Pîorry ne laissent a cet égard ancuu doute ; ua«]j qu'on épuise par k saignée n'éprouve guère de syncope qu'au detl moment^ si on le laisse couché ; si on le met debout, k syncope eil lii| coup plus prompte. On peut varier reKpérience : lorsque le sang Cû sans accident dans la posilion horizontale, il suTlit de relever le cb pour le faire tomber en syucupe; quand il est en syncope^ il sulfil rétendre à terre pour ta faire cesser : ce qui signifie que le cœur aOlj n'est pa^ capable de lutter cunire les bas de k pesanteur, et de pr«|j au cervt;au à un niveau supérieur le sang qu'il lui envoie eneofff même niveau, et surtout à un niveau inférieur. On voit par kcomU dans les grandes pertes de ^ang, comme au reste dans toutépuiâem porté à l'citrême, il importe de ne pas tenir k tête trop élevée, D*yi^ chirurgiens, pour obtenir plus rapide ment la syncope avant de tenl|| réduction des luxations, avaient été conduits à saigner leurs mal^ debout; lors au contraire qu'on veut faire cesser nue syncope, de quel cause qu'elle provienne, le premier de tous les moyens est k p«>sitioi^ riionlale; et n cela ne sufût pas, M» Piorry recommande d'élevés même temps les bras et les jambi."s au-dessus du niveau de la tète. '
Il s'était laissé aller aussi à une autre conséquence motos naturd
(1) mthnX, RHhffcktt MUT la «t# et to mort, p, 332 et sui?.
QUANTITÉ PROPORTIONNELLE. fM
c Fretqim jtmai$% disait-il, U ne faudra saigner un malade dam une jm>siiion ieUe que la tête soit de niveau avec le tronc ; car, si une Sfne^fm survenait^ on serait privé des principaux moyens de la guérir, i» Chose curieuse, M. Marshall Hall, qui a rt^pëté et continué sans tes connaître les expériences de M. Piorry, en a tiré une conclusion plus rigoureuse encore : il ne veut pas qu^on saigne jamais dans la position horizontale^ par la raison qn^alors rien n'avertit le chirurgien du danger immédiat de la perte de sang, tandis que, dans la position debout, la syncope qui survient sert de limite à la saignée, et que le retour à la position horizontale conjure immédiatement le danger (\), Ce sont là, à mon avis, des craintes fort exagérées pour les phlébotomistes prudents, et pour les imprudents, des précautions un peu futiles. Au total, la véritable règle est d'user avec assez de modération des émissions sanguines pour ne pas exposer ses malades à de pareils dangers.
Je n'ai parlé jusqu'à présent que des saignées uniques; il reste à rechercher combien on peut soustraire de sang par des saignées successives, séparées par des intervalles d'un ou plusieurs jours, qui permettent à la masse sanguine de se réparer. Mais le problème est plus complexe qa'H ne semble au premier abord. Les saignées, comme il a été dit, sont déjà supportées différemment par différents individus ; elles ont aussi une action toute différente sur le môme sujet, selon qu'il est .daps ^q état de nutrition complète ou incomplète, selon qu'il est sain l^^mj^Ude,. .selon que, dans l'inteirvall^ dç^ i}aigp^s,.on le meta un ré* gime réparateur ou à une abstinence ^. pi ^]^ oq moins rigoureuse. L'îafluence des maladies n'est pas non plus la môme;. les phlegmasies, par exemple, permettent des saignées plus considérables^ tandis que d'autres affections se refusent môme aux saignées les plus faibles. J'y reviendrai en traitant de la composition du sang; ipais, dans l'état de sauté, la question du régime a surtout une haute importance, et l'abstinence lait décroître la masse du sang plus lentement sans doute, mais aussi sûrement que les saignées ; plus sûrement môme, ainsi qu'on le verra, que les saignées répétées dans certaines limites.
CoUard de Martigny a cherché à apprécier la diminution progressive du sang, en soumettant à Tabstinence des animaux de même Age fil dt môme forcer Sur 5 lapins de la môme portée, 2 furent tuà par la section de Tarière crurale; le sang recueilli, auquel on ajouta
' (4> Mtfsball-BalU An expérimental Investigation on the Effects of Loss of Blood ; Medico'Chirur, Transactiom, lSaS> voL XVII, p. 250; et Arehiv, gtn.ûe m^dectiM, lSSS,t.II,p.8S0.
celui que coiKenaieni encore les caviiés du cœur el les gros TaisseAi pesait :
Ch«E le premiÊT < S pOB M grilDS i
Chci le ÉCCùnd. , *,.,.., T groB 49 —
«Al
Le troîsjènip fut lue de même après trois jours d'abstinence; le qi trième après sopt jours, le cini|uicme au onzième jour, el leur sang cueilli de la même manière. On peut maintenant suivre les progrès éi déperdition du sang :
Troisième lapin, aprët 3 Jours & gros
Quatrième — , après 7 jours* - 3 gros
Cinquième — ,au ll'jour. 1 gros
^1 grains ï 1
Hème expérience faite sur trois autres lapins de mèmâ portée :
Le plus faible iaé imniédlatement. aTa[t. ... . S gros 21 grains de safl|
Le second* aprèâ 5 jours d'ab&Llnçnce. . ..... b gros 41 — r
Le troisième^ au Ht Jour.*. i gros ^7 ^ \
Le procédé pour recueillir le sang n'était pas sans doute irréprochl mais les resuHat^ sont assez accusés pour échapper k cette objectioi
Nous pouvot)s déjà présumer maintenanl ce que produirOTit des gnécs succes&ivts chez un aiiimal tenu à la diète. M, Piurrv a écrit;
a De$ safgnéês égalant k 30" ou le 40* au poidi du corpi peuvent réitérées un grand nombre dt foû, quoique l'animal soit à la diète > O» aimi tirer successiuemerU du 10' au 8" du poids total {2)„. i»
SI l'on induisait de ce texte que dételles saignées seront pratiquée! puuém'-nt, on tomberait dans une erreur des plus graves- L*auleuri|( pas même autorisé par ses expériences à dire qu'elles peuvent ètrft térées un grand nombre de fois; car, sur les quatre chiens qu'il m à la diète, eu leur laissant seulement de l'eau à boire^
j mourut le 6» Jour ^ après A silgnée^}
1 — le &* — , après a —
I — le 3i ^ après 3 —
1 — ]@ 3* » , après 2 saignées.
A la vérité^ M. Piorrj a Joint à ses expériences des observations dini| Toici la principale. (
(1) Gollard. Rech^ches empërimenialeM sur lei effeU dâ Vmbitinenùet ^.; nal de H^geudie, IBïS, t. VHI, p. tb2. {9} Pion y, Du prùtéûi optralmre^ eic, , p. Î24,