IV
A ce moment^ ou calcula qu'il a¥âil ptirdu an TDoins t20 ODCfis dasatigi 7 livres et ilemie. Ciiaqut? ^aigni^e le sotilugeaK beaucoup.
Le S* jour, la douleur était très-forte; on proposa de tirer de nouteaii du sang ; M. Marshall Hall s*y opposa. Ccp^tidant^ le lendematn encore, le pouls élait à 100, el avait acquis un développement particulier j il y avait un violent batlennent des carotides. Le 9* jour, Fétat était à peu prèi le même; si bien qu'ion songeait encore à appliquer des Tentouses scanlîées. On n'en eut pas le temps; rafTaissement surfint, fît des progrèf rapides, et le malade expira dans la nuit [1).
Ufie autre assertion de M, Piorry veut être aussi relevée : œ Le* ammatÊm à la diète absolue éiminuenl de poids à proportion du sang ^a'on leur tin. t' Cest utL Tail trop vulgaire que la dirninutloa rapide du poids du cotps par la seule abstinence; mais je ne connais pas d^'eipé rien ces oîi l'on ait mis €n regard la diminution opérée par les saignées. La sulTtiitéj due % M, Wanner, pourra cependant en donner quelque idée.
Un lapin du poids de 2,300 grammes fût saigné quatre Jours de suite.
Le l" Jour, on lui Ura n grammes de sang » L« 2* — 10 —
QUANTITÉ PBOPORTIONNELLE. 4»
«IroooitaDees capitales, lorsqu'on veut étudier ractkm des saignées s«r 4es sujets auxquels on permet de réparer le sang par l'alinientatioii.
M. Piorry a aussi abordé cette questioo. %ï l'on donne quelques aliments, dit-il, les saignées réitérées peuvent être portées beaucoup plus loin qqe chez les sujets à la diète. Cela ne soufTie pas de difOcullé; mais il ajoute : « St tanimal eùhiinué à manger et à boire, son poids varie peu, malgré Us évacuations sanguines. La formation du sang parait avoir lieu presque exclusivement auœ dépens des boissons et des aliments, en quelque petits quantité qu'ils soient, jt Cette conclusion si étrange, surtout en regard du résultat constaté par M. Wanner, s'appuie cependant sur une expérience, unique à la vérité, mais qui mérite d'être rapportée avec détails.
Un jeune chien de trois mois» pesant iO livres, est soumis à des saignées successives. Il perd ainsi :.
LeSadécembre 4 onces;
Le 24 a —
Le 26 I —
L'animal mange, boit, et perd peu de forces.
Le 2S décembre 3 onces,
Le 80 ' 2 —
Le 31 8 — 1/2
Le 2 Janvier 4 —
Le 4 6 —
Le chien ne paraît pas aTBsiibli; il reste cependant deux jours sans manager, mais il boit beaucoup.
Le 5 Janvier 5 oncei.
Lee 5 —
Le 7 4 —
Total, en 15 jours, 43 onces et demie, plus du quart du poids primitif àe ranimai. Or, à la fin de l'cxpériei^ce^ ses forces n'avaient pas décru ; il aautait à trois pieds de hauteur sur une table, et, bien qu'il eût très-peu mangé, son poids était resté le môme ( jQ.
Mais nous trouverons les effi^s des saignées successives, sur des chiens
(I) Piorry, ouvragé cité, p. 21S. — Je dois dire qa'on résamé de ces expériences avait déjà été imprimé dans tes Archives gén. de médecine, ]8?6, t. X. p. 138; et l'on y litqoe le petit cMen en question avait quatre mois, et avait perdu 4» mcins de qmksMê jours dsua liwrss de sang. C'est une dîfférenee à signaler.
iSimentéSj suivis arec plus de soin dans lee expériences de M. Ua,É
Hall, bien que l'auteur n'en ail pas toujours lire toutes les déduK qu*elles cooliennenL Comparez, par exemple, l^s deux cas suivatiïs,. juger combien la résistance dîiïêre chea les animaux eux-mêmes, '
Ctl«ii raéU», âgé de î im, pesant n livres, grai, lourd et Iriile. — Ou li 6 QDce» de sang ; 11 e^t aballu, ei Ton a beaucoup de peine à lui Fnlre man| pain irempédanâdu lait.— Le lendemain, saignée de 10 onces ; la murlâuil dt
A insif voilà un chien gras, notez ce points qui iïuccômbêen deux^ à une perte de sang équivalant au 15° de son poids. '
Gliieii hasaet, âgé de Ift mois, pesant H Uvref, lrè*-vlf et trèi-robni Saignée de 16 oncct; abBitemeni, refus de manger. Cependant» ie lendi l*appGlit est rerenu ; il prend du lait et du pain, et ronge un os ; te aoïr, tH de S un ces* — L^ 3" jour, refus de manger^ vers le soir seulement il pre peu de lait el de pain; eaignée de S onces. Appétit tout & fait perdu ^ U l après on le trouva mort,
Celuï-ci^ avec le mârae poids, a pu perdre 32 onces de sang, plui de son p^>îd8, avant de mourir. Mais voyea combien les fortes saf gonl puissantes pour dler Tappétit. Si on laisse l'animal tranquille, Ift et Tappétil reviennent ensemble; si Ton tire de nouveau du sang, est perdu.
Un chien métis, fort et gai, du poids de tO livres, succomba en lours à trois saignées, qui ne lui retirèrent que 28 onces de sang. Ui gneul, pesant 19 livres, Bupporla, dans le même espace de tempa perte de 29 onces et demie. L^appétit manquait; c'était donc comme les eût tenus à la diète; et probablement il en avait été de même el lapin de M, Wanner.
Mais nous allons voir, avec des saignées moins Tortes, Tappélit fli tenir, le sang se réparer, le poids de Tanimal se maintenir, comme ai dernière expérience de M, Piorry, et alors survenir des phénomènes \ bante importance, qui avaient échappé au premier expérimentaleill
Un basset âgé de 2 ans, maigre el très-vif, du poids de \Û lîvi^ soumis, le 6 novembre, à une saignée de M onces. C'était trop; il li louie la journée du lendemain, et ne reprît un peu de vivacité qti^ Ce jour- là, le pouls était monté de 120 à 160, et l'on s^aperçut qê bitlemenls du coeur s'accompagnaient d'un sifUement parttculié Saignée de^ oncts et demie. Celait beaucoup encore, l'animal n'a van eu le temps de se refaire. Aussi était-il tr^-abattu; il prenait dti U
QfJAimTÉ PROPMTIONNELLE. m
indifMraDee^ et reftiMU le pain. En conséquence^ on le laiSM trois joun sans noQTelle saignée.
Le 9 au soir, le sifflement ne s'entendait plus seulement dans le cœur, mais dans les artères; la carotide et la fémorale offraient des battements très-forts, et Ton en sentait dans plusieurs petites branches qui n'en donnent pas communément.
Le il au soir, saignée de 3 onces i quart. Le pouls retomba à 96 et 108. Mais le lendemain, Tanimal avait repris sa vivacité.
Le 13, saignée de 4 onces 3 quarts. Abattement, perte d*appétit; toutefois, quatre heures après, il mangeait avec avidité.
Le 14, saignée de 4 onces. Au bout de cinq minutes, il mange avidement de la viande.
Le 15, saignée de 4 onces 1 quart. L'appétit se soutient.
Le 16, saignée de 3 onces 3 qiuirts. Appétit excellent; le pouls à 156.
On était au !!• jour; Tanimal avait perdu 36 onces de sang, beaucoup plus que ce qui avail suffi à tuer en deux ou trois jours des chiens plus gros que lui. Mais on lui avait laissé quelque repos; il avait pu manger et se refaire; on le pesa, il avait gagné une demi-livre!
Suivons le reste de Texpérience. Le 17, saignée de 3 onces 1 quart; l'appétit diminue. — Le 18, saignée de 2 onces et demie ; le chien est languissant et triste. — Le 19, saignée de 2 onces 1 gros et demi.
On le voit, malgré son abattement, le pauvre animal n'avait plus de relâche. Dans ces trois jours cependant, on ne lui avait pas même tiré 8 onces de sang ; on le pesa, il avait perdu deuœ livres !
Le 20, l'appétit étant encore bon, on fit une saignée de 6 onces 3 quarts. Le pouls augmente de fréquence, variant de 160 à 21 6 : l'appétit diminue. Le 21 au soir, sans autre saignée, il avait de nouveau perdu 10 onces de ton poids.
Le 22, dernière saignée de 6 onces 5 gros; la mort suivit de près.
Le chien avait perdu en tout 56 onces 3/4 de sang ; à l'autopsie, laite immédiatement, on trouva le ventricule droit rempli, le gauche vide, Taorte contenant du sang en assez grande quantité ; on n'essaya pas de l'évaluer.
Ainsi, grâce aux ménagements dont on avait usé d'abord, l'animal conservait son appétit, réparait à mesure les pertes des saignées, et au li« jour, il avait même gagné en poids une demi -livre. Mais en même temps le pouls devenait plus fréquent, plus fort, et se propageait dans les plus petites branches artérielles ; le cœur et les artères laissaient entendre un bruissement particulier. C'est là ce que M. Marshall Hall
m DU SANG.
ippêllâ la réaction^ qui dans les perles de sang modérées succède à U syncope et à L'uOaiiâeinenl mûmetitant^ se borne parfois à ramener kl fonctions à l'état normal, mais qui d'autres fois devient excemt^e^ et pourrait limuler la fièvre pour un observateur inexpérimenté. Nais si Ton y regmide de près, on tûiL qu- alors la circulation est seule atTi^clée. La respiration peut être accélérée; mais TœU e^t brlUant^ Tappélil bon, et ranimai conserve toute sa Yivacilé* Quelle est cependant la nature de celte péaclioo excessive? M. Marshalt Hait Faltribue à une affection de cœurf ce qui ne paraît signitier pour lui autre chose sinon que l'action du eœur est augmentée. Quant a ces tiruits anormaux du cœur et des arlères, il remar^ que fort Justement qu'ils pourraient faire croire aune maladie du cœur et de ses valvules.
£n effet f lorsrjue le sang reneontre un point rétréci dans le cœur ou les artères, il se produit un bruit de souffle que Ton peut obteair même sur une artère saine en Ift comprimant un peu avec le slélKoscope; et ce bruit, avec ses diverses modifications, est un des signes qui concourent^ pour les médecins» au diagnostic des rétrécissements des orifices du cceur; pour les chirurgiens, au diagnostic des anévrismes externes. Mais déjà Laennec avait rencontré le bruit du souTûe et dans le cœur et dans les artères, ehei des sujf'ts exempta de toute aO'ection organique, notamment après des hémorragies; c'était bien le même phénomène que M. Marshall Hall venait de reproduire dans ses expériences ; et presque en même temps, 11. lloiaiUaud en faisait un des signes de la chlorose (t).
Comment se rendre compte de pareils bruits? Bien des théories ont été proposées ; et nous verrons à L'article suivant t|ue ta diminutlan de densité du sang ^ joue un Irèii^grand râle. Cependant on a pensé que des variations dans la quantité générale du sang auraient aussi leur inûuence, M. Hope, qui avait assisté M. Marshall Hall dans ses ex périenœsj en a conclu que la diminution du sang est une circonstance éminemment favorable h la production de ces bruits (2). D'autres expériences de M. Ver- Dois semblent venir en aide à cette opinion. Sur des animaux auxquels on avait coupe les ca roi ides j à mesure que le sang coulait à flots^ l'oreiUl! appliquée sur la région du cœur entendait un bruit de soufOc trèsmarqué, qui manquait au début de 1 hémorragie, et devenait de plus en
(]) Douillaud, RethfTChn rur Ui âîver$ bmiU du cœur el det artèrti i lùurmal kibdamadûirê^ lEU, L XI, p. âGQ.
{%) Hopn, A Treaîùe on îhe Diseuses of îhê Beari and $rêaî TiUêUt S^ adlL,
QUANTITÉ PIMM»OimONNELLE. 4V7
plus Ibrt jwqii^aiiz approches de la mort, le ne mTarrftterai paé> à êriliqaer cette eipérience, dont M. Yemoh Itii-même' faîsàtit 'tfsseA bon marché; mais il attachait plus de prix à la soivante. On ouvre à un chien les deia artères emraJes^ et en le tient debout léur les pattes de deniëre; dans cette position, le stéthoscope perçoit un bruit de soufQe très-distinct au cœor et aux carotides. La syncope survenant, on place ranimai sur les pattes de devant, la tête en bas; le cerveau recevait alors plus de sang, le chien rcpreiid connaissance^ et précisément alortf le bruit de souffle disparaît (1). M. Beau lui a opposé deux expériences bien autrement concluantes : d'abord, si l'on Tait à un chieh une sai*' gnée abondante, immédiatement après il n*y a pas de bruits artériels; IL Marshall Hall lui-même ne les a vus survenir qu'après pinsieurs sa^ gnées, et quand le sang avait perdu de sa densité normale. Maintenant Daites la contre-épreuve ; ehes des malades qui présentent le bruit du soufflé aux carotides, appliquez au membre inférieur la grande^ventouse de M. Janod; à mesure que l'attraction du sang par la ventouse vide les vaisseaux supérieurs, le bruit diminue, et finit par disparaître complètement (S). Si donc la diminution de la masse du sang influe sur la production du bruit des artères, on peut dire que cette influence est encore à démontrer.
M. Beau, à son tour, a émis une théorie tout à fait contraire ;'et consi* dérant ce bruit comme le résultat du frottement exagéré du sang sur les parois de Tarière, quand Tondée sanguine est trop forte pour la capacité du vaisseau, toutes les fois que Tartère est saine, il pense qvfïX y asnrabon-» dance de la masse du sang en drculatioUi La question est asses importante pour être traitée avec quelques détails.
On a décrit généralement deux afiections dépendant de variations notables dans la masse du sang: Tune par excès, o'est la pléthore; l^anlre par défaut, c*est l'aném^. Notez d'abord que la pléthore et Tanémie n'apprennent rien quant à la quantité absolue du sang que possède un individu ; elles indiquent seutement que ses vaisseaux en contiennent plus ou moins qu^^Télat normal. Tout portée croire, par exemple, que chez les sujets obèses la masse du sang est généralement plus faible en ^rd au poids du corps ; et cependant ils sont par excellence prédisposés à la pléthore. En conséquence, la tnème quantité de sang qui sera nor-
(1) Yernols, Étuda physhLei dMqum pour sertir à Vhittoirê ém bruit dm arUru; Thèse ioaug. Paris, 1S37, p. 92.
(2) Beau, Nouvellei recherches tur les bruits des artères; Arehites gin. de mUd., IS45, t. Vlll, p. 432, et t. IX, p. isV. -^ Traité etpérimenial et diniqus dtausekttatiwnt p. '481 et suiv.
m DU SANG*
maie ches tiii individu ^ pourra être eicessive cbes un Auire de poids égal, insuffisante cher, un iroisiàme, et concorder ainsi, selon l'état des Tâisseaun» avec la &aiilé, avec ta pléihore, avec l'ant^mie.
HaiSf ceci établi, est-il possible de rccoimâiire sur un sujet vivant $11 y a trop ou trop peu de sang» s*îl est pltUhoriqne ou anémique? Vérila' bkmentj il n'y avait pour cela aucun signe décisif. L'ampleur el ta réplélion des veines extérieures, ou leur petitesse et leur vacuité, étaîenl les indices les plus signiûcatirs ; et qui iw sait combien ces apparences peuvent varier, même dans la santé la plus complète l Quant aux ûoâdents atlribués à la plélliDre, verlîgea, éblouissementa, tiûleiueiits d'oreilles, dysspnéË, palpitations^ ils se retrouvent dans la ctilorose^ raog^ communément parmi les anémies. M» Andral» qui i-egarde comme im^ posMble de démontrer raugmentation du sang en masse, attribue la plëtbore à Tau gm en ta lion des globules ; mais alors pourquoi ranémie, ou ce qu'on appelle de ce nom, ne tiendrait-elle pas à la diminution des globules, diminution parfailement constatée, comme uoui le verroQi, tandis que la diminution absolue du sang ne Test pas?
Il y a sans doute des anémies réelles, comme celles qui sont produites par Fabstinence ou les perles de sang ; et encore n'esi-il pas toujours facile de dire quand là première commence et quand la deuxième Ëoil. M. Marshall Hall avait voulu étudier sur les chiens la défaitlanee graduelle produite par les saignées, en d^autres termes, les accidents dt r&némie pure. Il ne put pas y réussir Une saignée excessive amène un état d'anéantissement promptement suivi de mort; une saignée plut modérée est suivie d'une réaction qui permet au sang de se réparer, qui bien plutôt est déj^ l'indice d'une réparation partielle ou totale.
Quant à la pléthore, qu'il serait si aisé de produire artificiellement su r les aiitmaui, jamais encore cette étude n'a été tentée avec suite, et les rares expériences qui ont été faites n'ont guère d'autre utilité que de montrer le chemin. Rusa, en 1783, imagina de faire passer le sang de la carotide d*un veau dans la jugulaire d*un autre. Le premier, pesé avant et après, avait perdu 6 livres ; le second, qui avait uriné deux fois et sué beaucoup, fut encore ti'ouvé accru de 5 livres, 11 sembla d*abord se porter à merveille, puis il eut quelques ciïorts de toux et de vomisscTncnts, puis il reprit sa vivacité. Malheureusement on le Ina presque aussitôt. Une exp&lence plus complète fut faite sur un peliL âne, auquel on iuftisa, par le même procédé, tout le sang d'un âtie beaucoup plus gros que lui. Après Topération il parut d'abord mécontent, lourde étourdi ; cependant il essaya de manger* Mais comme les mouvements des mâchoires faisaJeni