‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 46 sur 65 · QUANTITÉ PROPORTIONNELLE · texte numérisé non relu

QUANTITÉ PROPORTIONNELLE

êoaler le wig de la jugulaire, ou le mit aux baissons pures pendant quelques jours. Du reste, il se porta toujours bien, et environ deux mois après, il se trouvait même engraissé. Cet âne pesait 286 livres; Tautre 421, il y eut à peine une livre de sang perdue; la pléthore était donc excessive. Elle ne donna cependant lieu à aucun accident, en dépit même de la complication de Topération subie (t). Rapprocherai-je de ce fait une expérience de DieiTenbach, qui injecta, à l'aide d'une seringue, 5 livres du sang d'un cheval morveux à un cheval sain? Dès les premières minutes, il y eut des symptômes de vertige ; Tanimal resta souffrant, et mourut le 8« jour. L*auteur incline à attribuer la mort à la réplétion des vaisseaux, attendu qu'à Tautopsie toutes les parties Turent trouvées dans un état naturel (2). Personne assurément n'admettra une telle conclusion sans autres preuves; mais le fait unique de Rosa ne sufQt pas non plus à établir une démonstration : c'est une étude à recommencer.

On comprend donc, au milieu de ces incertitudes, et en quelque sorte de ce vide de la science, l'intérêt qui devait s'attacher à l'idée de M. Beau, puisque dès lors on avait dans les bruits artériels un signe irréfragable de la pléthore réelle, c'est-à-dire de la surabondance du sang dans ses vaisseaux. Elle entraînait d'ailleurs d'autres conséquences : la chlorose, où les bruits artériels sont à peu près constants, devenait une pléthore spéciale, fiolyémie séreuse, ne dififérant de l'autre que par l'état aqueux du lang. Les sujets affaiblis par des hémorragies ou par l'abus des saignées, et qui offraient de pareils bruits, furent également déclarés polyémiques* Où étaient cependant ses preuves? Il faisait valoir, pour la chlorose, la singulière ressemblance de ses accidents avec ceux de la pléthore ordinaire, vertiges, dyspnée, palpitations, etc.; et il disait avoir trouvé aux artères un volume en rapport avec l'intensité du souffle. De même, dans l'anémie hémorragique, il signalait une plénitude insolite du pouls, coïncidant avec les bruits artériels et diminuant avec eux (3).

Par malheur, la théorie principale avait besoin elle-même d'être prouvée, et l'un des arguments invoqués en sa faveur se retournait directement contre. M. Beau admettait comme tout le monde la surabondance du sang dans la pléthore; il y avait annoncé d> avance l'existence du souffle caractéristique. Or, la pléthore est précisément un des cas où les ar-

(1) Rosa, Lettere fisiologiche, 3« edis., Napoli, 17SS, t 1, p. 121, 299 et suiv.

(2) Dfeffenbach, Recherches phytiologiquet tur la transfusion du sang; ArcK gin. deméd., 1830, t. XXII, p. 813.

(S) Beau, Recherches sur la cause des l)ruits anormaux des artères; Archives géa. de méd., 1838, t. 1, p. i87. — Traité eapérimental et clinique d'awculta- Mon. Paris, 1856, pag. 41 et salv.

119 DU SAKG,

tères restent mueUes; M* Andral affirme que le hmit de sottfBt ' rcnconlre jamais, à moins de complïcation, el &[. Beau a élé è pi réduite en conveïïir lui-même (J).

Ses idces élaient donc demeurées sans écho, quand une décc iingulLère vint leur prêter na secours inattendu. As&ce touvi femme* enceintes accusent des étourdissements, des étoNCTemeul palpiLaliciQs. t^iis le^ acnidents de la plelhore; la pléihoreéLait là \ lelletiient admise; aucun médecin n'eût matiqué de recourir à la fil on u&ail mêtae sans scrupule de saignées de pure précaulloD. ' coup, H. Andral annonça que dans la grossesse^ le sang était gé pient appauvri, aqueui. pareil au sang de la chlorose; el comme i piri il avait assez souvent renconlré lê bruit di3 souille chez des I enceintes, il conclut que, loiti d'être pîéthoriï^ueî, elles offraient ] plupart un commencement d'anémie (2), Le fait de Tal té ration d était irréfragable ; comment toutefois concilier l'idée d'anémie 4 ajecidentséprouvéii, et atirtoiit avec ramélioralion procurée pai gnée? MM. Becquerel el Rodier tranchèrent la question ; ih main que Tappauvrissement du sang en qualité n'impliquait rien pour U Ulé; qu'tl pouvait y avoir et qu'ils avaient couslalé des pléthorejl soit dans la grossefise, soit dans la chlorose; et finalement, ils reut en principe général (\Qe^ quelté qtm soit taGùmposition du smi sùU ficht ou pauvre m ghùtâes^ U peut y auoir amêi bitn danM Vautre cas pléthore ou anémié (3}, <

C'est là un principe très-beau sansdoulCjet qui séduit par une app d'évidence* Mais si Ton recherche sur quoi il se fonde, il Paul M pondre , sur rien, MM. Becquerel et Bodier disent avoir cong) pléthore dans la chlorose par exemple; c'est tout simplement nietî interprétation à la place du fait. Que celte interprétation soil déai toute vraisembliinœ, je me garderai bien de le dire; M. Beau a cib nerl, F, tlulTmann, Boerhaave, comme ay^ini émis des idées anal Bien plus, MM. Becquerel el Hodier s'étaient figuré qu'on n'obsoH de ftembîable après les perte» de sang ahondanles ; Dupuytren Tati serf é» et en avait donné une interprétation toute pareille. A prop hémorragies et des écoulemenla séro-puru lents auïqueb donnée

(î) Andrûl, mmûtoîogie pathoL, p. iS. — Beau, ^oitçf^jef r«eftercM

Ârehit^i gén. de m^d,, 1846^ t. Xl^ p. ^l. J

{2] Andral, ouvragt tUé. p. 42, 69 et 102»

(S) Btic{iuer«l el Rodier, Rteherthet lur ta c(»m|Wfitton du t

QUANTITÉ PBWORTIONNELLE. 4SI

qodqoefQls les-. iKMimlets hémorroldaux, et qui finisseiit par déter* miB«r use nëmie profonde : € Ces évacuations, auxquelles les maladéisont habitués de longue date, ne sont pas subitement arrêtées, disait Ihipuy tren, sans qu*il se fasse une réaction sur toute l'économie. Un état général de pléthore artiflcielle s'établit ; des congestions sanguines ont lieu vers le poumon, le foie, le cerveau, et des affections de ces organes peuvent survenir. Souvent les nuilades sont pris de syncope, de spasmes, d^étourdissements, «l tombent dans un état d'insensibilité alarmante ; leurs artères battent avec une telle violence, que Ton serait porté à les croire atteints d'une diathèse anévrismale, si ces pulsations anormales ne changeaient à chaque instant de siège et de forme. Et, chose remarquable, cet état de pléthore coïncide avec une couleur pâle, plus généralement jaune ou terreuse, de la peau et surtout de la face, avec une faiblesse particulière du malade (i). »

Qui avait pu cependant conduire Dupuytren à une pareille interprétation? C'est qu'il y a un grand fait qu'on ne doit pas oublier : après toute émission sanguine, pourvu, qu'elle ne soit pas exagérée, le sang tend à se réparer; à mesure que les vaisseaux se remplissent, le cœur .précipite aefttQouvemeiHso. c'est la réocttoti eœcesnvû de M. Marshall Hall. Sans éoute, lesang est plus aqueux, et nous aurons à revenir sur ce point.; flUais ili semble du moins avoir recouvré sa quantité. Ainsi, dans les ei^périences de M. Marshall flall» la position debout, qui faisait tomber le chien en syncope après les premières saignées, ne produit plus rien de semblable quand la réaction a commencé. Le poids de l'animal, conservé ou même un peu augmenté, est un autre indice de réparation complète ; enfin la propagation des battements dans les plus petites artères témoignerait même que le sang surabonde, s'il no fallait tenir compte aussi de sa plus grande fluidité. Qu'en pareil cas, Dupuytren et d'autres aient cru à la plëthore> rien de bien étonnant sans doute; mais resscntiel était ë^en donner la preuve.

.'M. Beau a cherché cette preuve; il a cru la trouver dans ces bruils anormaux que Mi Marshall Hall avait entendus dans le cœur et daqs ki artères, et il a refait à ce point de vue particulier les expériences de M. Marshall Hall. Si Ton fait à un chieuide 8 kilogrammes une saignée 4temiron i<M) grammes, le pouls^ affaibli d'abord, reparait dt'jà plus plein ie* lendemain ; en. recommençant tous les jours, au bout de 5 à 6 saignées, en lui retrouve un vokime.nuMiifestenient plus considérable qu'avant la premiàr^ et l'on peut constater le bruH de souffle à la carotide, à l'arr

(1) Lspofis oralu de CHm^ue ehir.^ 1682, t. 1, p. 854, et 1889, t. IV, p. 127.

DU SAIÏG.

ièra crurale, et mèma âu cœur. Cette coiocldente entra tes bruits artêriéli et le développemenl du [wjuls se prouve encore d'une autre manière ^ faites une nouvelle saignée, le pouls dimiaue, le bruit dtmtntie également ]usqri*ù ce que ranimai ait répare cette naurclle perte ; et il en é«t ajnai jusqu'au momenl où le sang eiit si séreux qu'il devieut impropre i entictenir la vie^ et que le chien meurt ë puise.

Eu conséquence, selon M. Beau, ta plénitude du pouls attesterait ta poJyémie^ qui déterminerait le bruit de souffle, lequel, à son tatir, téinoignerait de la cause qui Ta produit. 11 y a cependant, dans les eipé^ riences mûmes de M* Beau, une circonstance qui compromet quelque peu ladémoDslraiion; le bruit de suyfOe bien établi, une nouvelle saignée le fait diminuer^ mais non disparai Ire. Ësl-ce que ta &ai§:née laisserait la polyémie Intacte? Une expérience de M. Marshall Hall fuurnit des objections plus fortes encore. Chez ce chien qui subit 1^ saignées en tT jourv, après la 3% le bru il de souffle étant très-prononcé, on ess^aya la position debout, qui amena une syncope presque complète. Ceci déjà se concilie hes^s mal avec Tidée d'une surabondance de sang. Allons plut Initia Après la 7* saignée TanimoiL avait gagné en poids une demi-livre ; le cœur Taisait entendre un bruit de scie. Après trois jours et trois saignées nouvelles, il avait perdu deux livres de poids; le brntt du cœur était encore plus prononcé. 1>êui jours plus tard, après une auti^ saignée, l'tppetit étant perdu, le poids du corps diminué encore de 10 onces, le bruit du cœur continuait; ce fut le lendemain que ranimai succomba à une dernière saignée. Il n'est guère permis, dans ces derniers jours, d'attribuer les bruits anormaux à la polyémie.

Hais, rn^me avant ce dépérissement, quand l'animal était en pteiue réaction, la polyémie exislait-elle réellement? Il n'y a là qu'une preuve possible, c^ëst de mesurer comparativement la quantité du sang. H. 8eau l'a essayé ! il a pris des lapins di^ même taille et de même poids ; conservant l'un pour type^ il a soumis les autres à des saignées répétéei Jusqu^'à ce que le pouls fût bien dévdoppé (chez les lapins, la petitesse des artères ne permet pas d'entendre les bruits anojmaui) ; et alors il les a tous saeriliés par la section des carotides. Or» il f.iut le dtro^ par une causizou par une autre, reipêrience n'a pas réussi à son gré; et il déclare qu'il a renonce à l'idée de pouvoir apprécier e^nactemttit la quanliié reiuiivê du sang, M coiife^se que la ëurabondance sanguine ou polyémie ne lui paraU pas êuscepUble d'élre démontrée par une mensuration rigoureuse : ce qui ne Tem pèche pas de la maintenir comme nne cfiose rotionneUe {\]>

(1) ÀrehivtM gén. de méd,, lS4^ t. IX, p. tâl etiulv.

QUANTITÉ PROPORTIONNELLE. 4t)

la ne fpiipoM pu qu*un esprit d'un ordre aussi élevé ait prétendu m^ire la raison pure au même niveau que l'expérience. Uue oko9e rationnelle n^est assurément pour lui qu*une chose probable ; mais alors» ce n*était pas la peine de tant insister : toutes les opinions sont plus ou moins probables jusqu'à ce que Texpérience ait prononcé. Je regrette d^ailleurs aue M. Bea» ait sitôt renoncé à ki voie expérimentale. Au lieu de se perdre en frivoles distinctions sur la pléthore pour expliquer com- BMnt le bruit de souffla lui a fait défaut, que n*essayail-il de produire une pléthore réelle en renouvelant les expériences de Rosa? Il eût sa bien Tite à quoi s'en tenir sur le rapport de la pléthore' avec les bruits» artériels. 11 eût déterminé aussi facilement une polyémie séreuse en ùijectant de l'eau dans les veines^ comme a déjà fait Magendie; et enfin, personne n*adûDettra qu'il soit absolument impossible d'apprécier comparativement la quantité du sang. Seulement il faut choisir des animaux un- peu plus grands que des lapins, suivre un meilleur procédé pour vider les artèies, multiplier les expériences pour multiplier les termes de comparaison, toutes choses un peu plus difGciles que d'édifier des théories purement rationnelles ; mais il serait bien temps que la médecine, comme la chirurgie, comprît tout le vide de ces théories, et se re-r tournât franchement vers la réalité.

• Jl reste à dire quelques mots des moyens que l'art possède pour diminner on aecroitire la quantité du sang. L'abstinence la réduit à coup sûr, maisen diminuant parallèlement la masse des solides ; la saignée agit plus directement et plus -iromptement à la fois; mais, à moins qu^elle ne soit répétée outre mesure, le sang ne taide pas à se réparer, et en définitive, il semble qu'après quelques jours la saignée Tait bien plutôt appauvri en qualité qu'en quantité» Pour augmenter la quantité du sang, Talimentatien est la principale ressource; mais elle n'agit qu'à la longue, et, lorsque des hémorragies ont vidé les vaisseaux jusqu'à réduire les malades à un état désespéré, c'est du sang tout fait, qu* il faut leur rendre: la transfusion seule peut les sauver. La seule question à aborder ici est celle de la proportion du sang qu'il convient de transfuser. Comme on est obligé de le prendre sur un homme sain, on est bien sûr de n'en transfuser jamais trop ; la seule crainte serait de n'en pas injecter assez. Or, les expéHences rapportées plus haut montrent clairement combien il faut pm de sang pour entretenir la vie, même quand il a été appauvri perdes pertes répétées; à plus forte raison lorsqu'on infuse un sang nouveau,rieha en globules. Je ne sache pas que, dans les transfusions les plus benreuies, on ait été jusqu'à une livi» de sang ; et plusieurs sujets Qut L tS

éié rappelles à la vie et à la santé moyennant une îtijecUon de 10, $, tl mêniL' 4 onces. Nous aurons à revenir dans un autre arlide sur L^ œii* ditiuns du sang qui doit servir à cette opération.

§ 1. — Comi^OHillOB d« ftBBfi

Lu sang, au moment où il iorl de ses vaisseaux, nous apparaît ùommt un liquide épaiSp vjsqueui, homogène^ d'un rouge rulilant quand it vient des artère* ou des capilbiies, d*un r:3uge sorabre, tirant au noir, quand on l'extrait d'une veine. Cepindant, dans Téconomie rnême^ si l'on examine au microscope quelque partie transparente d^im animal vivant, on voit le isang qui se meut dans les capillaires formé de deui éléments bien dislincts, des glt^bules muges nageai4 dans un liquide légèrement jaun&lre. Hors de Féconomie, si on le n^çoit dans un vase^ après s^élic coagulé d'abord eu une ^eule masse, il ne tarde pas à se séparer en deui parties : le sérum^ liquide clair et jaunâtre, sur lequel surnage k caillot, coloré en ronge ou en noir. 11 ne faudrait pas croire quecesdeiu parties représentent les deui éli^menls du sang circulant; le caillot ren* ferme bien tous les globules, mais ils y sont emprisonnés entre les mailles d'une substance qui, liquide dans les vaisseaux, se* solidiûe au dehors : c*est ce que Ton nommait autrefois k lymphe cQagulabhi aujourd'hui la fibrine ; et U | reste également une certaine quantité de

quly à son fMissage dans les poumons, a absorbé de l'oxygène, et peutêtre aussi perdu un peu de vapeur d'eau. MM. Prévost et Dumas, examinant comparativement, chez un mouton, le sang de la carotide et le sang de la jugulaire, avaient trouvé dans le dernier plus d'eau, moins de ^obules et un peu plus d'albumine. M. J. Béclard, répétant l'expérience sur un cheval et deux chiens, a constaté Taccroissemcnt de l'eau et la diminution des globules, mais en même temps une légère diminution de Falbumine. Il semble aussi que le sang veineux contienne un peu plus de fibrine. Sur un chien, M. Lassaigne avait noté une dilTérence de 2,09 à 2,10, et M. Béclard, sur un cheval. Ta trouvée à peu près la même, de de 4,2 à 4.5(1).

n n'entre pas dans mon sujet d'étudier les variétés du sang veineux suivant les régions. Chez l'homme, on le tire généralement au pli du coude, et c'est le sang ainsi extrait qui a servi pour la plupart des analyses. Cependant, tant cette étude offre de difficultés, il faut bien savoir que ce sang ne se ressemble même pas au commencement et à la fin de la saignée ; différence dont il Taut tenir compte. Thackrah est le premier, si je ne me trompe, qui ait constaté par des chiffres les variations du caillot et du sérum. 11 pratiqua à un homme robuste qui souffrait d*une angine de poitrine, une saignée d'une livre environ qui fut reçue dans trois palettes, puis il attendit trois jours avant de Texaminer. Le sérum était au caillot dans les proportions suivantes :

l^* palette, comme 10 à 23,5 2« — 10 à 14,1

Sur un jeune homme saigné pour une affection du foie avec fièvre, le sang fut reçu en 5 palettes, et la proportion du sérum fut trouvée successivement dans les rapports de 10 à

L^expérience, répétée sur des animaux saignés jusqu'à la mort, donna des proportions tout aussi variables (2).

(1) Prévost et Damas, Annalex de chimie et de physique, t. XXIII, p. 67; •— Lassaigne, Journal de chimie médicale, t. 1, p. 34 ; — J. Béclard, Recherehei wpérimentales tur lee fonctions de la rate, sur celles de la vêine-porte; archivée gén. àê méd,^ 1848, t. XVUl, p. 196.

(2) Tiuckrab, An Inquiry into tke Nature a«d Properties of the Blaod ; Londoo « 1819, p. 63, 99 et 129.

On voit par là à quel péril on s'exposerait en jngûanl de PI saog par le rapport du sérum aa eaiilot; mais la com position J n'est pas moins sujette à vai î^r. MM. Bec<|ui?rci et R{>dier ont i le Ê4Tig de deui saign*^es de 400 grainmea chacune, faiies sur dciB dtlTërents, et qui avaient été divisées par quarts, 100 gramii 100 grammes. La proportion de iVau^ calculée sur 1^000 parties i et en négligeant les fraclions, avait ainsi monté : •

I" taignée.

Se aalgnée.*

3" quarU ♦* qutrt, 631 S3T

815 8lS

£a sorte que les matériaux solides avaient baissé de 161 à 1| 190 à 182^ mais sur quels éléments portait prlDdpalement la pi proportion des nxatëriaux solides du sérum fut recherchée surdei Têites âaignét^s; sut- 1,000 parties de serum^ ils avaient bàiê&é k BZj^^ et de Sd à èêfij diITérence iiuignifiante, La ûhrine, é| son tour, varia de 8^67 à â,59; et de 8,42 à 2,17, mais sans sf progression régulière* Ainsi, ihu^ h première saignée, IctroisiéD était le plus riche : 8,81 \ tandis que dans l'autre il était le plus 2,08. Au total, la perle portait cssi*ntieUement sur les gbbules ne laissait pas ^uc d'èlre assez notable (1).

Pour peu que la laignée dure longtemps, et pins encore 5Î faite en deux temps, Tût-ce à quelques minutes J'iutervalle, la lion de Teau est bien auîrenienl acirue, MM. Prévost et Dumason du sang tiré à un chat, d'abord de la can»tide, puis, 2 minutes î ta jugulaire externe, et 5 minutes plus tard, encore de la même f résultats furent les suivants :

Eâ«.

tt fibrine.

*Jbiioiît

Premier sang

\ÎU

Deuiièmc £aog,.... ..

ao&a

t\GZ

ÎIS

Troisiàm© sang

A la vérité, le premier sang provenait d'une artère; mais | deui autres saignées, on voit qtielïe difTéivnce peuvent amener 5 ^ d'intervalle dans la proportion de IVau et des gïobules [2).

ËnÛiit «les que le sang est recueilli^ il faut encore se méûer ââ

iî ) Becqirerel et Rodier» NouveUet Rethereh^i tur la cmapontitm 4

GaMêîU midicaiê, ttie, p, h2^- ^

it) Prévost et Dumas, toc. cit.^ p. 66,

COMPOSITION MJ SANG. 487

réf tpenatioB fêot Ini enlever. Da sang reçu dans des vases de pcreélàfiie d*iin diamètre de 6 centimètres pesait^ à sa sortie ^e la vefne, f3;28. Dienx hettreb après, il ne pesait plus qne 48^07 ; au bout de 24 heures, 11,51. 11 contenait en poids 2^45 de parties solides; ainsi, sur i,000 parties du même sang, elles auraient figuré d^alsord pour 185,01 ; deux heures plus tard, pour 187,4; et après 21 heures, pour 212,9. D'où la nécessité, si Ton ne procède pas immédiatement à Tanalyse^ de conserver le sang dans des vases bien fermés ( i ).

Ceci posé, voyons comment on parvient à déterminer la proportion des divers éléments du sang.

D'abord, pour séparer la fibrine, il y a deux procédés, selon que Ton opère sur le sang encore liquide ou sur le sang déjà coagulé. Dans le premier cas, on le fouette avec une vergette d'osier à brins raides et déliés. La fibrine ne tarde pas à se concréter ; elle appandt sous formé de ffiiHlHes qui s'attachent aux brins du balai et de flocons nageant dans le liquide. On jette le tout sur un linge fin à mailles serrées; le sérum, emportant avec lui presque tous les globules, passe à travers le filtre, sur lequel reste la fibrine encore colorée. On la lave sous un filet d*eail jus*- -qu^à ce qu'elle devienne complètement incolore ; alors on la dessèche et on la pèse. Mais si le sang est déjà coagulé, on met le caillot dans un nœud de linge à mailles serrées ; on le malaxe dans Teau avec précaution pour chasser le sérum et la majeure partie de la matière colorante; il reste sur le linge la totalité de la fibrine, qu'on lave et qu'on traite comme il a été dit. MM. And rai et Gavarret se sont assurés que Tun et l'autre procédé donnent des résultats tout semblables. •

On obtient donc ainsi la proportion de la fibrine; mais pour avoir en même temps celle des autres éléments, comme le lavage de la fibrine exposerait à perdre une partie de la matière colorante, il convient de diviser avant tout le sang en deux portions. MM. Becquerel et Rodier, sur une aaignée de 375 grammes, en recueillent d'abord 125 grammes pour l'analyse ultérieure. Cela est sans inconvénient pour la fibrine; pour les globules, ils s'exposent à en avoir un peu moins. MM. Andral et Gavarret, pour plus de sûreté, reçoivent dans une capsule le premier et le quatrième quart de la saignée, et le reste dans une autre capsule.

Cette deuxième portion du sang est abandonnée à elle-même; quand le caillot est formé, on décante avec soin le sérum^ que l'on pèse, et qite Ton fait dessécher ensuite. Le résidu sec, étant pesé à son tour^^ donne

(I) Becquerel et Rodier, Mémoire cité, p. 605.

m DU SANG.

ainsi directement le poirfs des maiérlaux solides du sérum^ et par sidîT te poids de Teau qui s'esl évaporée.

Le caillot est de mêine pesé et desséché. La quantité d'eâu qu^il perd dans la dessiccation est miiportée au sérum qu'il conteuait encore, et permet de calculer les matériaux solides reveiiatil au se ru m dans le caillot desséché. Cette défalcation faite, ce qui re&le rcpiéseule les globidei et la fibrine. Comrati ta première opération a donné k cluiîie de la fibrille pour une portion équivalente de sang, on n*a qu'à soustraire ce chiCTre pour avoir le poids des globules.

Enfin les matériaux solides du sérum contienneut de ralbumiue, des matières organiques diverses et des sels. Pour cannait re la proportion des seiSj on calcine le résidu sec du sérum dans un creuset de pbtinê; la raalîère blanche qui reste au fond du creuset l'eprésenle les sels.

Tel est le procédé suivi par MM. And rai et Gavarret, qui n'ont pas séparé ralbumine des autres matières organiques* B1\L Becquerel et Bodi€f ont été plus luin. Us pulvérisent le résidu sec du sérum et le traileiitptr Teau bouillanle» qui enlève les si'ls et lus matières eitraclives telles que la cholestérine, la matière colorante du sérum, etc.; le résidu séché et pesé de nouveau donne le poids des matières enlevées par IVau bouillante. Ou le traite ensuite par Talcool à 3(î'' bouillant, qui enlève toutes les matières grasses; le résidu insoluble tst Talbumine pure, dont on peut preudre le poids après ravoir desséchée (l)*

Avant d*aller plus loin, quelques remarques ne seront pas inutiles. Arac les variations que présente le sang d'une même saiguée, il serait déjà puéril de prétendre obtenir les proportions exactes de chaque élémeol pour le sang de Tindividu ; mais pour la portion de aang analyse*^ on n'agit même avec certitude que sur deux éléments* Teau et la fibrine; car lorsqu'on rapporte au sérum toute l'eau contenue dans le caillot et qu'on eu induit la quantité de l'albumine et des sels, on oublie qu*une portion de cette eau appartient à la fibrine, une autre aui globules, et que ces deui portions ne conlienneul probablement pas d'albumine. Le cbifTre de Talbumiiie, calculé sur la totalité de Teaii du sang, est donc très-probablement exagéré ^ et parcontrej celui des globules très-proba*

(1) And rai et (iavûrrel, Rechêrchu $ur îe§ moâificatiom de prùperUùn êê fuiiques prtncipei du sang dûm lêâ rna hâtes; Àtinatêt de chimie et dt ph^riqiêet IS^ûj t. LXXV, p. 225; — el fl^pntise awi pnncipaUs ohjfvtiimi contre Itt pro* cédés imint dan$ les anatytes du ^ang, eic, 1842, p, t4 el *ulv,j — Becquerel et B ad ter, Recherches sur ta (ompùtition du sang dam (Vfat de sanié et i'éioi éi maiaûie, tn-S, IU4, extrait de \q Galette médicale*

œMPOsmoN DU sang. ot

btamoit amoindri. Cette cause d*erreur se retrouTant dans tontes les analyses^ qu'il y ait ainsi une sorte de compensation, je le veux bien ; seulement ce serait à tort qu'on regarderait les résultats comme rigoureuse* ment acquis. De ce côté, ils sont seulement plus ou moins approximatifs.

Ceci tient au procédé. Une autre erreur peut s'introduire dans Tapprédation, soit des matériaux solides du sérum, soit de la fibrine même, par le fait de Texpérimentateur. C'est la dessiccation qui est surtout délicate et périlleuse : M. Denis, par exemple, a récusé en 1838 son analyse de 1830, reconnaissant qu'il na l'avait pas poussée assex loin (1). Sans doute la règle est de ne considérer la matière comme bien desséchée» que quand plusieurs pesées successives ont témoigné qu'elle ne perd plus rien de son poids; mais pour juger des difûcuUés de Tapplicalion, il suffira de dire que Berzélius fixait aux 3/4 la perte d*eau éprouvée par la fibrine, tandis que M. Chevreul l'a portée aux 4/5^.

On a cherché à simplifier les procédés d'analyse. M. Lecanu s'est dispensé de dessécher la fibrine, et admettant la proportion d'eau indiquée ]Mir M. Chevreul, il se contente de réduire à i/5« le poids brut de la fibrine humide. M. Frick de BaUimore, pour faciliter la dessiccation du sérum, en verse une quantité reconnue sur du papier qui en boit la partie liquide ; ce papier étant ensuite desséché et pesé, Texcédant de son poids primitif exprime la quantité des matières solides du sérum (2). Enfin M. Polli supprime toutes les dessiccations. 11 commence par recueillir une partie du sang au sortir de la veine dans une petite éprou- Tette, et en y plongeant Taréomètre et le thermomètre, il en détermine la température et la densité ; puis il réunit ce sang au reste de la saignée, en sépare la fibrine par le foueltage, remplit de nouveau l'éprouvelte de ce sang défibriné, et le faisant remonter dans un bain-marie à sa chaleur primitive, il y porte Taréomètre : la diflérence de densité exprime la quantité proportionnelle de la fibrine. Puis il laisse ce sang en repos jusqa*à ce que le cruor se dépose au fond, et que le sérum s'élève clair et limpide à la surface. Le sérum est décanté dans l'éprouvelte, soumis derechef au thermomètre et à Taréomètre ; la différence de densité donne la proportion des globules. Puis on fait coaguler par la chaleur

(1) Denis, Etsai de rajpplieation de la chimie à V étude du tang de Vhomme,

lias, p. &9.

(2) Lecann, nouvelles Recherchée eur le sang; Journal de pharmacie, 1S31, t XVII, p. 500; — Frick, Of the relative proportions of ihe différent organie mad inorganic Eléments of the Blood in différent Diseaees ; American Journal of tkê fned. Scienca, January, 1848.

t'aihumine du séruni^ après l'avoir étendue d'one qnantilé d'eau d^te*» iriinée ; on !a passe à Iravei-s une toile, et on en reprend la dcnsrté, qm donne la proportion de ralbumine. Ce qui r^ste e«t Icau charge àtâ sels et des raaUères organiques antres que l'albumiitô ; en comparant la

densité à celle d4^ Teau distiUëe {0** de raréumèlre), orr a k quantité dei maLiëies salïties et organtqm^s dissoutea dauB le sang. MIL Becquerel et Rodier objectent que râréf>mèh"e n'indique que U quantilé des liquides tenant des matièied en di^sulution et non des matières en &u$peii«îon comme les globules, et ils préfcrenl des pest^es très-aïadef ; encore ftentent-iU que ce moyen mérite peu de conûance [1). Un tel débat âorl^ ma compétence; mais j'exprime rormL'llemi'nt le vœu que les chimi^i^ sti mettent à la lecliei^he d'un piocédé qui réunisse à b fois osse^de facilité et de sécurité pour être à ia portée des praticiens.

Quoi qu'il en i^oit, yf>yons(^e que les analystes faites jusqu'ici ont révélé touchant la composition du satig^ d'abord dans l'état de âûiité, puis dâm Tétat de malaiJits Alais^ au premier pas, se pri^&enle unedirOculté telle qu'U serait à peu près inutile d'aller plus loin^ si nous ne parvenions k )t résoudre.

MM, And rai et Gavarret admettent que le sang normal contient :

Eau...,. im

* Matt:Haux sutidea du sérum» dont S pour

^q à \t» partieii tniirganiquea>i*#>«f^>«-^f * BÛ

GUîbul«3 .,,-* 137

COMPOSITUMI DU SANG. 441

^ te notttODt de^tuite, pour le feaog de lUiomme^ quelle «agmenUrtieft des globales;' et poar.les deux texes, quelle diminution dans laflbiiné: Que si, kiatant les moyennes^ nous interrogeons les proportions eitrémes» nous trou?ons :

Que la fibrine s'est élerée à 3,5 chez rbomme, à 2^5 chez la femme ;

Et qu'elle a baissé chez Thomme jusqu'à 15, chez la femine, à 1,8.

Quant aux gloloiles, la proportion a monté jusqu'à 152 chez Thomme » 137,5 chez la femme ;

Et elle a baissé chez Tbomme jusqu'à 131 ; chez la femme, jusqu'à ll3i

Les conséquences sont d'une gravité qui n'échappera à personne : ateb 4- de fibrine, TindWidu sera sain^'Selon M. Andral, malade selon ses con» tradicteurs;

Et avec 1,5 de fibrine, MM. Becquerel et Hodîer déclarent physiologique ce que M. Andral appellera pathologique.

Où est Terreur? où est la Térilé? On ne saurait s'en prendre aux procédés suivis : ce sont les mêmes. A la vérité, MM. Becquerel et Rodlet ont autrement partagé le sang à analyser; mais pour la fibrine, cela n'a pas d'importance, et pour les globules. Ils s*eiposaient précisément à en trouver moins. Ils avaient bien soupçonné que les chiffres admis par VM. Andral et Gavarret provenaient d'analyses faites sur du sang malade; mais ils n'en donnaient aucune preuve. Il ikHait cependant que l'erreur fût quelque part, et je me suis attaché à en retrouver l'origine.

Pour établir leurs moyennes, MM. Becquerel et Rodier ont analysé le lang de 1 1 hommes et de 8 Temmifs, tous en bonne santé, ou avec des affections si légères qu'il est à peu près permis de n'en pas tenir compte; Donc, rien à dire de ce côté. Au contraire, MM. Andral et Gavarret n\>nt point établi leurs moyennes eui-mémes; ils les ont acceptées de M. Lecann (I), et c'est à M. Lecanu à en répondre. Or, pour la fibrine, par exemple, M. Lecanu, après avoir mis en regard les chiffres fort divers de ses devanciers et ceux que lui avaient fournis ses analyses, est arrivé je ne sais comment à une moyenne de 2|048, qui n'est ni celle de tous ces chiffres réunis, ni celle de ses propres chifiVes. Ceux-ci ont dû pour'* tant y ■concourir, mais^ alors la cause d'erreur devient palpable; car les analyses de M. Lecanu avaient porté sur 22 saignées provenant de 21 sujets, dont 12 au moins étaient pris d'affections assez graves, et 3 enUre antres de pneumonie. Des 9 autres cas^ 5 seulement ne portent pa^ d'indication pathologique, encore y a-t-il une femme" enceinte ; 4 sont

(1) Andral et Gavarret, Recherches, etc., p. 329.

Ul DU SANG.

étiquetés éiottrdis§emfnt^ éiouffement, hystéfû, et cnÛTi Ctfjfottofi c memij^aiion chez une femme de 4SanSp J'ai relevé pour ces 9 indivîdui te chiQre de la fibrine humide ; et en la rédiiisanl au 5*^ j'ai trouTé pour moyenne 2,11^ M, Lecanu rapports un peu plus loin deux autres analyses de sang pris ^ur deux hommes vigaureur et bien portants. Le chiiTre de la Ûbrine était pour Tun de 2^1, pour l'autre de 3,565 ; en les joignant aux premîors, on arrive à mie moyenne de 2^29 (1). Nolei aussi que, dans les seules analyses faites par MM. And rai et Cavarrel du sang dHnditidus bien constitués etalleints d'aflections trop légères pour influer sur lef proportions de la fibrine, celle-ci ne varia que de 2 à 2,5 (2). Etsfin M. Denis, dans ses dernières recherchais, a également assigné à ia fibrine les proportions moyennes de 2,01> à 2,27*2; en sorte que le chilTre établi par MM. Becquerel et Bodier parait approcher bien près de la réalité.

Je sais que d'autres ont donné des proportions supérieures ; aiuii M. Denis, dans ses premières analyses, avait trouvé pour e:itrème$ les chifi'res 2 et 4; M. LetelUer 1,0 et 4,3; enfin M. Frick de Baltimore est arrivé aune moyenne de ^2,052^, équivalant à peu près à celle des deui précédents. Mais nous avons déjà vu que M. Dents avait renié son analyse, pour cause de dessiccation incomplète ; et très-évidemment M. LeieHier a commis Ja même faute, puisqu'il avoue n'avoir extrait de sa fibrine qu'un peu moirw des 3/4 d'eau, «n peu pius des 2/3, Je veux bien croire que M. Friek écliappe à ce reproche; mais il nous avertit que les 9 sujeti sur lesquels il a opéré étaient presque tous intempéranis : peut^tre un pareil choii n'était pas le meilleur pour éia(>lir une moyenne ntjrmale (3).

Voilà pour ce qui concerne la fibrine. Parviendrons-nous de même à expliquer ta disproportion des globules? D'abord^ tandis que la fibrine Yarie à peine en quantité dans les deux sexes, les globules varient beaiiiK>up, et MM. Andral et Gavarrel ne se sont pas aperçus que la moyenne qu'ils empruntaient k M. Lecanu regarde exclusivement le sang dliamme. M, Lecanu, dans sa thèie même, a exposé comparativement la proportion des globules dans les deux sexes (4), à la vérité sans respecter, pas plui que pour la fibrine, les résultats de ses propres analyses. En nous eo ten.int

(J) Lcoinu, Études chimiques sur le sang humain^ Thèie fûaug.» Parli, tB37, p, S9 et 62 ; — et Journal de pharmacie, lome cUé, p, 500 à S(f2,

(ï) Hécherche^ ^ur Us trivcit/tccihonf, ek., loe. cit.* p. 232»

{3) Denis, Recherches expéFimeniatei iur te sang humain^ îB%ù^ p. LetelUer, cité dans ta 1 hèse de M. Lecanu, p. 02 etllil ; — Friek, lût. cU.^

{k} Lecanu, Thète dtéSt p. 66.

COMPOSmOIf DU SANG. 441

à e«llei-cU les seules que Ton puisse contrôler, nous Toyons 4j[u*eUes ont porté sur 10 hommes et 10 femmes^ appartenant tous à la classe aisée, et saignés par suite de coups ou de chutes, conséquemment sans maladie préexistantes. Elles ont fourni en moyenne :

Hommes. Femmes.

Ban 78M204 S04,3712

Solides du sémin 78 J 890 79,6656

Globules et fibrine 132,4906 1 16,9632

De ces derniers chiffres ôlez la fibrine, il restera encore un peu plus de globules chez Thomme, et surtout beaucoup moins chez la femme que dans la moyenne générale adoptée par MM. Andral et Gavarret. Ajoutez que, chez un homme, la proportion des globules (mêlés à la iibrine) était montée jusqu'à 146, et qu*clle était descendue chez une femme jusqu'à 68(1).

Ce dernier chiffre achèvera de nous mettre sur la voie. En effet, pour aToir des moyennes, je ne dirai pas identiques, mais assez rapprochées pour ne pas se contredire, il faudrait des analyses beaucoup plus nombreuses; et lorsqu'on se limite à un si petit nombre, on ne saurait trop tenir compte de rétatdes sujets. Ainsi M. Lecanu a pris du sang de sujets saignés pour des causes traumatiques, d*abord sans nul égard à leur constitution ; bien plus, deux de ses femmes n'offrant que 02 et 68 de globules, n'étaient même pas dans un étal de santé régulière : une moyenne fournie par de tels éléments n'était tout au plus applicable qu'à des constitutions ordinaires et même un peu affaiblies. Au contraire, la plupart des sujets de MM. Becquerel et Rodier réclamaient des saignées de précaution; sur les 11 hommes^ 8 oflraient tous les caractères d'une forte constitution : ils ne pouvaient non plus servir à instituer une moyenne normale, mais seulement une moyenne pour les hommes fortement constitués; et chez deux individus de cette trempe, MM. Andral et Gavarret out trouvé pareillement le chiffre des globules dépassant 146 et 147 (2). En résumé, les moyennes de M. Lecanu et de MM. Becquerel et Rodier peuvent être toutes deux parfaitement légitimes, si on les rattache à des constitutions différentes. Déjà M. Denis, après de nombreuses analyses, avait classé les adultes en deux catégories ; l'une comprenant les tempéraments lymphatioo-tanguin et sanguin-wrveuœ ;

(1) Leeano, NauveUa RÊ€hereke$^ etc.; Jtmmal cité, p. 499, 646 et sniv. (S) HÊCherchêi twr lêt modifieatioiu, etc., p. 222.

êéi .N^^r OU SANG.

Tautrele tempéraineat sanguin âansmckage (i)^ Suivant lui^ premiers.

La Ûbrltie varierait de. . . . . ^,272 h t.isa Les globules de S2,aç»2 I 1 15,898

Chez les aulre^j

La flbi-ine larleralt de. . , .. 3,i <0 à 3,025 h&A globules de.... , 119,497 i l&i,Bâ5

*t Ainsi, an ralliaul et scrutant à fond tous les Taits» Il lumU inetice k se faire^ 1q moyenne ties globules dilTtirant dans les de et diGëranl am%i dans led diverses consliimions ; el déjà cette sang physiologique permet de suhslilucr aux vagues hjpothèsi sur les lempéraments quelques idées plus paiilives. L^abond globules coïncide presque tK^cessain-menl avec une moindre p d'eau ; le sang e&l riche, comme on dît ; cdui qu\in relire par ! est remarquable par sa Tarte coloration : le caillot est large, vob quelquefois mou et dr^pour^u de couenne. Cela se rencontre gêné chea les sujets rohusles, à la poiuine laige^ au teint coloré, tempérament sangmn^ el naïurellement prédisposés a la pléll peutj d*aulre pail, rapporler avec M. Dfois aux lempéramenls j que-san^in el mnguin-mrvmx, un sang moin^ riche en glob une proportion d'eau surabondaute ; cela se rencontre en elîel sujets de constilutton délicate^ ayant hatïiluellemeut le teint pi que parfois aussi de vives couleurs, et les mnsdes el la poîlrir développés. Les femmrsj qui ^e rallachenl pour la plupart à tempéraments, ont génémlemenl le sang pluf aqueni, et et dit, plus pauvre qm l'homme | le caillot est plus petit, mais peu plus dense que chez les sujets ricties en globules : M. Den ^tt'il y a nn léger surcroît de Obrine.

Je me demanderais volontiers si cette proportion surabondan fibrine dans le sang normal ne rendrait pis compte d'une idîoî Men connue^ quoique la science n^ail pas de nom pour la dési que le langage vnlî^aire a qualiûée de bonne chamure. Chei Cef

jets, piqûres, coupures, déchirures mèrne de la peau, tout guëril

\t} Oenli, outrage cité, p, tXd, WS, 3i6 et Buiv, — 11 mi TCfreital>le

leur, emporté par deâ idée* lljénriqneii, ne se s^-lt psâ contenté de dire i

avalent fourni ses analyie» réelles, et y nit Ajouté des VAîlêtéft de coc

qQtf de Mùn aveu^ Il n'avtit pas encore rencontrées, ^

coMPOsmoN m sang. 445

par eDchantenent et sans suppuration ; tandis que chei ô^Wfreê, la moindre incision ra suppurer, la moindre piqûre entraînera des accidents formidables. Ce ne sont pas les blessés les plus robustes qu! dfit l'avantage 8008 ce rapport. Une certaine constitution nÊl*veuse parait préférable ; mais cette disposition peut exister ou manquer avec toutes les constitutions, tous les tempéraments ; on est presque irrésistiblement poftssé i la rapporter à la composition du sang^ où la fibrine devrait jouer lé prin<* cipal rôle. Il est regrettable que cette question soit restée en dehors des' recherches de Thématologie moderne.

Vous remarquerez qu*il n'y a là en jeu que trois des éléments du sang, l^u/la fibrine et les globules; les autres ont été moins bien étudiés. Le< tempérament lymphatique poussé jusqu'à la tendance aux scrofules, eat resté au^si en dehors de ces recherches.

Je dirai à l'article du développement le peu que Ton sait de la composition du sang aux divers âges. Hais avant de sortir des conditions physiologiques, il convient de s'occuper d'un état quasi intermédiaire entra la santé et la maladie : je veux parler de la grossesse.

Nous ayons vu que M. And rai a signalé dans la grossesse un appauvrissement du sang bien opposé à Tidée qu'on s'en faisait d'ordinaire. Sur 34 femmes enceintes, une seule, arrivée à la fin du deuxième mois, offrait. 145 de globules, plus que la proportion ordinaire; une seconde, enceinte d|^un à deux mois, conservait la moyenne normale, 127. Mais chex les 32 autres, les globules allaient successivement en diminuant, de 125 à 95, au-dessous du minimum accusé daus if état de santé. En même temps,la fibrine mpntrait une tendance à augmenter, qui^ peu marquée dans les premiers temps, se manifestait surtout vers la fin <jle la grossesse. Ainsi, pftivdant les six premiers iiu>iSj la moyenne était die 2,5; pendant les trois derniers, elle toucbait 4, et dans le neuvième moi^, ellQ montait à 4,3. Gomme la fibrine est l'élément essentiel de la couenne, il n'y a donc pas lieu de s'étonner que les saignées pratiquées dans la grossesse se recouvrent si souvent d'une couenne»

Ce résultat, fort inattendu alors,, a été largement confirmé depuis. MM. Becquerel et Rosier ont examiné le saog de 9 femmes. enceintes de ^latre à sept mois; les globules ont été en moyenne de 11^,8; la fibrine de 3,6, En même temps, ils ont noté une légère diminution de l'albumine et des sels, et une légère augmentation de la matière grasse phusphorée. M. Regnauld a ani^ljsé le sang de 25 femmes, dont 8 étaient do^intes de 2 à 6 mois ; 6 étaient arrivées au 7^ mois, 4 au 8*, et 7 au 9^. Je donne ici les moiyennes. .;

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DU SAKG

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Du 2>auT«inois, 7" ïtiûi« **

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121,04 ï 09.90 Ï03,4à lOUjB

2,5fi 3,îà 3,92 4,1&

Un simple coup d'œil fail voir que Teau augmente à peu près dans li même proportion que les globules diminuent ; et la diminution de l'albtiinine semble aussi dans un certain rapport avec râccroissement de la tibrine (i).

Celle diminution des globules est assez marquée pour justifier la conclusïotide M. Andialj qui dtïdare les Temmes enceintes affectées pour la plupart d'un commencement d^'anémie ; et d'autre part^ elle est assez Umitée pour expliquer riimocuitë relative des saignées pratiquées sotis prétexte de plélbore. Mdis lapléihore nVst-elle pas accuîsée, du moins en certains cas^ par la céptialalgief les vertiges, les palpitations^ les étouCfemetitst A part la stirexcitation nerveuse, si commune dans Tanémie aussi bien que dans la grossesse* il faudrait encore tenir compte de la répiétion de rabdomen, qui entrave à la fois k circulation et la respiratiori. Que dire cependant du bënéRce que procure la î^aignée, et n'est-ce point La une démonstration suffisante de la p(d^»'mieî Sans rechercher si ce béoé^ fîce est apparent ou réel, passager ou durable^ je me bornerai, pour mon^ frer toute rincerlitude d\me pareille preuve, à citer la pratique de M. Car zeani* M. Caiet'aux, pressant les conséquunces de M. And rai, a proclamé que iêi irouUes fonctiùnneU de la grossesse atiTibués jiÂëqu'à présent à fo pléthore t sont ceux de ta chlorose ; des lors, a la saignée banale. Il a sub* stitué une alimentation animale et Taduiinistration des ferrugineux; et en tS56, après six années de cette pratique nouvelle, il n'avait encore vu qu'une seule fois les palpitations, les maux de tête, les étoulTements résister plus d'une quinzaine à l'emplm du fer. Quelquefois^ selon lui^ Il masi^e sanguine parait accrue^ comme cela arrive aussi dans la chlorose; et la saignée peut être utile pour désemplir les vaisseaux et remédier aui congestions locales. Mais, alors même que la gravité des accidents lui pa* ratt exiger une saignée de 200 à 250 grammes, il n'en commence pas

(t) Rfgnauld, Dn modificaf tans 4$ quetquei ftuidtt dt JVcanomif pendan^Ut ^Tûiieifi ; Thèse Innug , P&ri9, ]ft4?. — J'ul die^^ofté mon cadre autre qj en l qutt H. Regoauld, in»ls eu utâot ûa cbiffi et de gon tableau 1, p^ I.

moins immédisfaiiieot Tusage du fer^ et il est fort rare qu'il soit obligé de revenir aux émissions sanguines. Enfin^ la yéritable plëtliore peut se rencontrer elles les femmes enceintes, comme M. Andralencite un exemfle; mais elle y parait excessivement rare (I).

Maintenant, comment expliquer cette altération du sang? NVst-ce pas que la femme, obligée de pourvoir à la nutrition de deux organismes à la fois^ ne peut pas réparer sufflsamment le sang qu'elle dépense? Ainsi s'expliquerait la lenteur de Taltération pendant les premiers mois, lors* que le fœtus exige encore peu, et la déperdition rapide des derniers temps, alors qu'il croît si rapidement en poids et en volume. On n'a pas encore analysé le sang des nourrices ; je présume qu'il doit présenter, par une cause analogue, une semblable détérioration.

Dans l'anémie causée par une alimentation insuffisante, nous savons également que les globules diminuent. M. Lecanu cite le cas d'un jeune homme de 21 ans, tenu à la diète pendant 40 jours (il ne dit point pour quelle cause) et largement abreuvé pendant tout ce temps de boissons aqueuses. L'eau était montée de 770 à 801 ; les matières solides du sérum de 76 à 85; les globules, au contraire, avaient baissé de 154 à i 12 (2).

L*analyse n'a pas séparé ici la Obrine des globules, lacune regrettable, que le fait suivant aidera peut-être à combler. Un bomme était devenu anémique par suite d'une alimentation insuffisante ; l'eau du sang fut trouvée à 846,2; les solides du sérum à 82,2; les globules à 68,3; et enfin la fibrine à 3,3 (3). L.e cbiffre de la fibrine dépassait celui de la grossesse au 7« mois.

Mais ici nous sommes en plein état pathologique, tandis que la grossesse se rattache encore à l'état physiologique. A quoi tient cependant cet accroissement de fibrine, qui dépasse ce qu'on observe dans la plupart des animaux? Ce n'est pas le fait de la grossesse même; car chez la brebis, par exemple, vers la fin de la gestation, la fibrine et les globules diminuent à la fois. Je pense que, chez la femme, il faut accuser le malaise croissant, la fatigue, les douleurs que déterminent le développement et le poids de l'utérus, et qui sont bien moindres chez les quadrupèdes, à raison de leur position naturelle dans la marche et le décubitus. Le peuple dit que l'insomnie, la souffrance, toutes les excitations excessives et sur* tout répétées brûlent le sang : il y a dans cette expression un fond de Térité, et je pense que ce sont autant de causes d'un accroissement anor*

(1) Caxeaux, Traité des accouchements ^ b^ édit., 1866, p. 27S.

(2) Lecana, Thèse eitée^ p. 72.

(8) ADdral, iliiiialM de chisnie et de physiq^te, t. LXXV, p. 314.

448 DU SANfî,

mal dû la fibrine, lequel^ poussé un peu plus loin, doiiDerait au sajig te caraclè re i n fla m ma to i re,

J't^^time, par eiemple, que. lorsque le sang se répare à ta suite de sii* guides succesâives, mais incriagées, un ciment essi^nlit) de ia réactim excessive de M. MaishaU Hall, c'esl un surcroît de fibrine qui exdttle cœur et le fait baiirc comme dans la fièvre, Malbeut^usement le sangu't pas éltianal^^^é dans de tcileâ conditions, M. Andraia recherché ce <|uepro^ duiraient sur le cheval di:s saigniic^ quoUdi&nnes dâ 4 et 6 kilogrammei; c'étaient là des perles eice^sjvea qui ne laissaient pas à la réparai ian la temps de se faire; et cependant, sur un de ces animaux, ta fllinne avait augmenié à la deuxième saignée. Al. J. Béclard dit aussi qucj loutt^s lei fois qu'il a eu à examiner l'influence d'une saignéeianlérieui^e sur le sang de la saigtvee suivante, il a toujours ci>nsla té avec la diminution des globules nue légère augmeiitation de la fiLrîue (t). BIM^, Bi^cquerel et Rodior ont paunllement trouvé la fibrine augmentée h la deuiième saignée, d un peu diminuée à la troisième; l>ibumine, au contraire, baiiâailà la seconde j pour remonter un peu à la trpîsiènie, suivant ainsi, en gens iiivei'se les vai lations de la fibrine. Mais, dans tous ocs C3s« il s'agtâsait da malades (2), et pour en tirer des inductions Icg^itimes, il eùtralluspécilkr La nature des mnladies; caria saignée agit tout autrement, par exemple, dans la pneumonie que dans la ûi^vre typbuîde* U question n'est donepM résolue^ et appelle àa riou\elleif pxpériences; toutefois l'augnierUatiou dt lafîbrinei au uiolus à la deuiième saignée^ paraît le cai le plua L»iidinaif6t

et chei le seeond ane rougeur de la muqueuse gastrique (1). Il faudrait donc que ces altérations se fussent produites dès le 7* jour, chose peu probable ; et Ton a vu tout à l'heure la fibrine monter pareillement chez un homme débilité par un régime insuffisant.

Je sais bien que pour M. Andral, la proportion de fibrine 3,3 s'écarte à peine de la moyenne normale ; et de même il professe que dans la chlorose et l'anémie, le chiffre de la fibrine demeure stationnaire. Étudions donc la composition du sang dans cet ordre d'affections.

Le sang, dans la chlorose et raDémie, présente essentiellement une augmentation notable de Teau avec diminution des globules; cela n'est point contesté. M. Andral a vu, dans 16 cas d'anémie commençante, la moyenne des globules descendre à i09; et dans 24 cas d'anémie confirmée à 65. MM. Becquerel et Rodier, dans 6 cas de chlorose, (»nt trouvé une moyenne de 86. Mais, au delà de ces moyennes, il y a des degrés d'appau- Trissement bien autrement considérables; M. Andral a vu les globules tomber à 46, à 38, et même chez une jeune fille à moins de 28. Quelle est alors la proportion delà fibrine? Pour les 16 cas d'anémie faible, elle était à 3 ; pour les 24 cas d'anémie confirmée, à 3,3 ; et chez les cblorotiques de MM. Becquerel et Rodier à 3,4; une entre autres, sans aucune trace de phlegmasie, l'avait portée à 5. Cet accroissement n'est point en rapport régulier avec la diminution des globules; en revanche, on pourrait presque dire qa'il ne manque jamais. Qui nous assurera cependant qu'il est bien le fait de la maladie. Le voici : c'est qu'à mesure que les malades marchent à la guérison, les globules augmentent et la fibrine diminue. Dans le tableau dressé par MM. Andral et Gavarret, j'en trouve deux exemples remarquables. Une chlorotique n'avait plus que 46,6 de globules avec 3 de fibrine; on la met aux ferrugineux pendant un mois ; les globules remontent à 95,7 ; la fibrine descend à 2,5. Une autre offrait 49,7 de globules et 3,5 de fibrine ; après trois semaines de l'emploi du fer, les globules étaient déjà à 64,3, la fibrine à 3,3 (2). Herberger avait analysé le sang d'une jeune fille chlorotique à un haut degré,* il en fit une seconde analyse après deux mois de l'emploi du fer; j'en donnerai les détails complets (3).

^ ^ ' Staff ehloroUqiM. Après le traHtmal.

Fibrine 3,609 1,960

Albumine 78,200 81,609

Globuline 36,410 94,290

(t) Andral, HémaioloijU pathologique^ p. S«.

(J) AnnaUi de chimie et de physique, t. LXXV, p. 315.

(8) Arehiv. gin. de médecine, 1846, t. VII, p. 231.

430 DU skm.

AiAf «Il WrBUqEtt. Apre I i* Im ïUm.

Héfïiatofilne ...» 1,590 4,029

llALIèfïs gra&acji *......,..,,.. 3,aiO Î,I70

MnUèret eitlracilvet €l leti.... 8,1)31 8.363

Perte,, ,.,.,.,,.,.. &£MÏ 419

ËnÛn, comme pour montrer que le traitement n'agit pai sur

indépetidîimmçnt des globules, fempnmterni encore Je fait s tableau de MM. Andral et Giivirret. Un homme, affecté d'an^ tant^e, prit des Terrugineui pendant six mois sans bénéfice sens! laignëes h iro'm mois d'inlervalle monirërent en etret kà globi près au même puînt : 87,9 — 77,2 — 86,9. La fibrine ne varia ^ tâge; 3.6 — 3,4— 3,7.

Le même état du mn^ se remarque d'ailleurs dans toutes tei qnelle qu'en soit la cause, pourvu qu*e)ies ne soient pas arrivé riode d'épui^emenL M. Andral Ta retrouvé dans la cachexie i chez un snjct c^tlolé à la suite d'act:ès répétés de fièvre intermîtl un autre épuisé par le diabète sucré cheie un bydrcjpique d'une dilatation anéTiismale du cœur. On peut généraliser m ranlage : toutes les fuis que rorganisme est sous Tinfluence d* quelcMuquede débilité et d'épuisement, les globules dîminuet lùoins \ nous verrons ranëmie se montrer dans la convalesceac ladiea aigitës ; elle se mêle d'une façon presque inévilahle à I des in.iladie^ chroniques, et surtout mx suppurations proloug elle qui fait le (ond commun de toulcs k's cactieiies ; les sujets s cancer passent par randrnk^ avant d^airiverà la cacheiie; la syphilîliqne est fort rare, l'anémie sypbilitique se rencontre sou il est quelques airi-ctions dont la parenté avec Vanéinie mérite » tîon pat lîcnlière ; ]b veu% parler des névroses, des fièvres interi et des tubercules pulmonaires.

M, Andral a noté, dans beaucoup de caf de névroses, une pai marqua ble des globules. Il se bnrne à cet aperçu général, et n de la fibrine. MM. Becquei^l et Rodier ont analyse le sang de i gnées succt^^i^ives faites, à 24 heures d'iniervalle, à un homme i fortement constitué, pour deuK accès très-violents de tétanos int des ËXtrémitéi. Le chiffre des globules, à la première laigi de n4; à la seconde de 93 ; dans l'une et l'autre la fibrine dépas

Les fièvres intermitlentes sont dans le même cas. MM. Andral el oDt analysé le ^ang de 5 sujets ; la progression est curieuse k

(I) GaweiU mddk<ik, IS4Û, p. u^.

GlobilM. mria«.

Deaxième accès de fièvre tierce ^7,0 8,0

Troisième accès de fièvre tierce 1 05,8 3,8

Sixième acc^s de fièvre quotidienne 105,0 8,7

Ancienne fièvre tierce 109,5 3,5

Ancienne fièvre tierce, première saignée 1 10,4 3,4

— La même, deoxième saignée à l'accès snivant. 102,7 3,8

remets un dernier malade déjà cité à Toccasion de la chlorose, et qui, avec 68,8 de globules, avait 3,5 de fibrine (1).

Enfin, dans la phthisie pulmonaire, concurremment avec la diminution des globules, Taugmentation de la fibrine est telle, qu^elie dépasse même tes proportions observées dans la grossesse. D'après MM. Andral et Gavarret, quand les tubercules sont à Tétat de crudité, la diminution des globules n'est pas encore très-granie; ils se maintiennent au-dessus de toc, et déjà la fibrine offre une moyenne de 4. A mesure (]ue les tubercules se ramollissent, les globules baissent, la fibrine monte à 4,5. Quand enfin les poumons sont creusés de cavernes, les globules descendent aux environs de 80 : un sujet n'en offrit même que 72 ; et la fibrine s'élève Jusqu'à 5 — 5,5 — 5,7 — 5,9. L'albumine diminueen même temps, sorte de balance que j'ai déjà notée plusieurs fois.

Cet accroissement de la fibrine, dans la première période de la phthisie, semble avoir fait quelque peine à M. Andral ; car, revenant sur ce point dans son Hématologie, il dit qu'ayant examiné le sang de 7 malades porteurs de tubercules crus, en défalquant 2 cas de complications phlegmasiques, il a trouvé chez tous les autres la fibrine en quantité normale, variant de 2,7 à 3,5; aussi n'attribue-t-il point Taugmentation qui va suivre, dans la deuxième période, aux progrès de l'anémie, mais bien au travail d'élimination qui s'opère et qui n'est autre qu'un travail phlegmasique (1). Ceci est une question à débattre; mais pour la première période, sans recourir aux chiffres du premier mémoire, les proportions de 2,7 et de 3,5 dépassent encore évidemment la moyenne normale (2).

Ici se présente la question déjà posée à l'occasion de la grossesse : d'où vient cet accroissement de la fibrine, coïncidant avec Tappauvrissement de Talbumine et des globules?

Or, la cause qui le produit dans l'anémie n'est pas autre que celle qui le produit dans la grossesse. Peut-être nVt-on pas suffisamment étudié

(1) Annales de chimie et dephytique, t. LXXV, p. 299.

(2) Voir le premier mémoire. Annaleê de eAtm<f, t. LXXV, p. 267 ; ^ et i'f ftoi d^hématologie, p. t66«

les phénomènes de Têlaï anéiniqut*; comme j'en at moi-même été triifortement éprouvé, je puis en parler par expérience* A part U débllil^ générale^ la lassitude permanente, il y a une $aHe d^irrltatioii sotirde* sans localisai ion t>ieii Lrânchée, mw qni se manifesle par des phénomèoes tocaut, taiitât dans un point, tanlôl d^nis un antre* A la moindn^ fatigue, les yeux rougisse ni et [*t peuvent snpporler la lumière ; les getJ cives se tuméfient j la gorge fte sèche ; l'appdlil manque elle* digestums sant labarieuses. Vers le sotr particulièrement, il survient une sorte d'agiUtîon nerveuse, et comme une petite (ièvieque le repos dulitiie ralentit qu'à moitié ; le sommeil est lent à venir, aisé k interrompre, peu réparateur; aussi la faiblesse, la pdleur^ l'auuigriïïsement vontcroUsaiU; en sorte qu''on ea vient à se demander si loul cela ne dépeudrailpas dequL'lqwe aUération orçinique profonde. Cette fdtigue, ce malaise presque continuel, ces fréquentei insomnies, voilà, si je ne me irumpe, ci^ qui détermine la production d*un excès de fibrine dans le sang. L excès de fibrine 4 son tour entre tieni Tagitation, qnVlle pousse parfois jusqu'à la fièvre ; et ainsi s'explique cette étrange association de la débilité permanente avec la surexcitation permanente. llauS!>cK la tibrine d'un degré, vou^ arriverez à Télat phlegmaai<|ua* J*ai vu plus d'une fois des praticiens prendre la flèrre anémique pnur une fièvre inflammatoire, insister sur la dlète^ recourir mémo aux émissions sanguines. Ainsi, j'ai été appelé près d'aune jeune femme ri!cemmeai accouchée qui, grâce à un pareil Iraitt^menlj était arrivée à une {râleur 4e

COMPOSITION pu SANG. 453

calcul, et 2grtmine8 20 selon l'autre. Chlorotique à un haut degré, ayant perdu moitié de srs globules, environ moitié de son fer^ elle aurait donc besoin pour se refaire d'une quantité de métal variant de 32 centigrammes à 1 gramme. Sans doute^ une bonne alimentation surûrait à le lui rendre ; et par exemple^ on ne prescrit guère autre chose aux convalescents. Hais pour peu que lanémie ait des racines plus profondes, l'expérience a fait voir que l'emploi du fer est souvent fort utile^ et hâte singulièrement la guérison.

Seulement, il faut se tenir pour averti que le fer ne saurait suppléer aux bons aliments ; que ceux-ci même ne restaurent qu'à la condition d'être digérés, et qu'ainsi une condition essentielle pour la cure de l'anémie est le rétablissement des fonctions digestives; j'y ajoute le sommeil, sans lequel la réparation est toujours lente et peu sûre. Or, pour retrouver Tappétit et le sommeil, il n'est rien tel que le changement d'air, les distractions, l'exercice, la variété des mets ; quatre choses qui, à mon avis^ font à peu près tout le succès des bains de mer et de la plupart des eaux minérales. Si vous ne pouvez envoyer vos malades à quelque source renommée, envoyez-les prendre l'air des champs. Le séjour prolonge dans les hôpitaux est surtout, pour certains malades, la cause manifeste d'une anémie qjue j'appellerais volontiers anémie d'hôpital. Il faut alors de toute nécessité les en faire sortir, au moins pour un temps. J'ai eu à traiter wie jeune fille atteinte d'une carie profonde du tai-se^ que je fus obligé d'opérer à plusieurs reprises. Après deux ou trois mois de séjour à l'hôpital, elle commençait à pâlir, à maigrir, et les plaies demeuraient statlonnaires; je l'envoyais à la campagne, d'où elle me revenait grasse et colorée. Le traitement dura ainsi près de deux ans, et aboutit enfin à une guérison qui ne s'est point démentie. Un jeune garçon avait reçu aux journées de février une balle qui avait perforé la cuisse en rasant le fémur; l'os dénudé entretenait une suppuration abondante; le blessé était deveim anémique, et baissait si rapidement que je déclarai à ses parents qu'il était perdu s'a ne quittait l'hôpital ; l'air de la campagne lui rendit l'appétit et les forces; la suppuration diminua, et au bout de six semaines, je le retrouvai guéri.

J*ai parlé de Fanémie syphilitique, terminaison fort commune de la ▼érole, et peut-être plus encore du traitement. Quant elle vient à compliquer quelque accident secondaire ou tertiaire, si le chirurgien s'opi- DiAtre à donner des spécifiques, fréquemment le mal résiste avec une égale opiniâtreté. L'anémie est alors l'élément prépondérant, celui qu'il faut avant tout combattre; une saison passée aux eaux ou à la campagne.

en rétablissant les farcc!^, déicrmine du uiÊme coup une tendance marquée à tagudrîsuii.

Dans li^ caiicer même, lorsque tout espoir est perdu, naos {Kitivona beaucoup eticorc pour les nialad^'s^ en co m battant une anémia qui précipite t'in^ulîeie nient lenr tin. Je me ^onvieuH d'avoir été cousu Ité pour une jeune fïlle d'une rare beatité, qui porlait un cancer incurable de la matrice. Elle avait d'abord p^U, niaigrif pris tous les traits de la cacheite cancéreusf', en sorlequc sitn prtiniicT médecin, la jugcaul perdue, l'avail envoyée h la campagne pours^en déb-ivrasser. Après quelquesmûts,t*cai' bonpoint était levenu, avec les plus vives couleuis; ou eût cru au pvt^ mier abord à une sanLé iloi Isaante. Mais en même lemps, les douleurs «'étaient accrues, et c'est pourquoi elle dtait revenue à Paris. On ne put calmer les douteurs qu'avec ïa dièle et l'ofdum ; maiïs l'af^pélil se perdît, ranémie ElL îles progrès i apfdeE^, et la malude ne tarda pcis ù isuccomber* Les voyages, le changement de climat que l^on prescrit aui pfatbisique», et qui ne les guériîiseni pas, agissent probai)Iement de mème^ et pi\dougent la vie en arrêtant les progrcs de t'iinémief indépendants jusqu'à un certain point des progrès du mal.

Pour li's névroseSf on sait dés longtemps qu'une de leunt causes let plus piûssantes réside dans rankiblisijcment de la constitution ; et que les émissions simguines et la dièle contribuent à accroître les dé&urdre» nerveui, que Ton diminue au cou li aire, et rnème que Ton fait quelquefois disparaîlie par un bon régime et l'emploi des terrugineui. Cebt s*ftp-

f COMPOSITION DU SANG. 465

puiiement est porté au plus haut degré, et probablement il y a diminution dans la quantité proportionnelle du sang lui-même.

Collard de Martigny a recherché l'effet sur la composition du sang de Fabstinence absolue d*aliments et de boissons. 11 prit trois lapins de même portée et de même taille; réserva Tun pour avoir du sang normal, et examina successivement le sang des deux autres, après 5 et il jours d*abstinence. 11 eut les résultats suivants :

Im «I Mis. Aatns éléaiaiiU.

Sang normal S93,3 106,7

Après 6 Jours de diète 87S,0 122.0

Au ]1« jour 876,0 124,0

La même expérience fut faite sur deux chiens, mais en prenant le sang de chaque chien, au commencement et à la fln de Texpérience. Le bang normal était à peu près le mêui6 chez les deux animaux ; j'en donnerai seulement la moyenne :

Bm «l mU. lotrts «Matait.

Sang normal 832,6 167,4

Après 50 jours de diète 806,4 193,6

Après 36 jours de diète 776,8 223,2

J'ai ramené toutes les proportions à 1^000 parties de sang, pour rendre les résultats plus clairs. Parmi les éléments autres que l'eau et les •els, Collard avait essayé de séparer la ûbrine, et il l'avait vue très-rapidement diminuer. Ainsi sur ses lapins, elle était descendue.

De 21, chiffre normal, à 16, puis à 8;

Et sur ses chiens.

De 29, chiffre normal, à 23, puis à 10.

Il y a certainement ici une erreur, la fibrine chez le chien arrivant à peine au dixième du chiffre indiqué ici (1) ; et sans rechercher d'où i'er-

(1) Collard, Mémoire cité, p. 169. — Il est remarquable combien le sang do ehien se rapproche du sang de l'homme. Dans le mémoire déjà cité de MM. Andral, Gavarret et Delafosse, on trouve Tanalyse du sang de IG chiens; en voici les résultats :

MtfJMii Htaiiat. Moyeintt.

Eau 70S.5 744.6 774.i

Matériaux tolidet^utérum.... 88,7 60,9 75,5

Globolet 176,6 it7.S 148,3

Fibrine 8,5 1,6 1,1

La fibrine est presque exactement en même proportion ; les matériaux solides du sérum diffèrent à peine ; les globules seuls sont en surabondance, et Teao baisse d'autant, ce qui donne au sang une richesse plus grande.

DU SAKG.

reur a pu venir, évidenrniÊnt elle ne peiinel pas à'i^ouLer une blfiiv

grande foi nui résultais annoncés (1)* Je dois même dire <jue M. Andial, dans une expérience du même genre, en a obtenu de tout coTitraire&. Un chien privéd aUmenls el de buissons, véculjusqu^au 21' jour. La ôbriae avait ofTert avant IVipérience la ptxjpoiiion de 2,3 } le 7* joar, die était à 3,9; le ! 4* jour, à 4,3 . Cet accroisse me ni progreiâir étaiUil l'effet de l^abstint'nie^ ou bien, comme le croit M. Ândralj trulçetatioiiâ dévdoppées dans Teatomac? L'épuisement n'était- il pas assez considérable au 14* jour? Au total, des expérîencea qni se contredisent deniandeatà être répétées.

j'en dirai au Lan t d'autres etpérieuces tcutées aussi par M. Àndral sur les eïïei$ des saignées épuisantes. On pratiqua, à un cbcîal de 14 luis, sept saigntk'sded kilogramm^-s ctiatime^ a 24 h rares dHnlervalie Tuûede Tautre; chaque saignée augmenta ta pi^'oportîon de l'eau, en diminuant surtout les globules ; les matériaux solides du sérum dîminucrent Ju^u*i ta 6<^ saignée pour se relever un peu a la dernière; la fibrine oÛrit iticcessivemenl les proportions suivantes :

Mais une pneumonie avait éclaté dans le cours de rexpërioice, «t

M. Andial lui attribue à bon droit une très-grande part pour le moins dans l'accroîsseiuent de la Ûhriue. 11 a communiqué à M. Broca dei résultats oppoïiés» ifbtenus sur trois ci»evaux que Ton soumettait chaque joar

COMPOSinON DU SANG.

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