‹ Traite d'anatomie chirugicale et de cirurgie experimentale v.2Chapitre 57 sur 65 · Structure et rapports spéciaux · texte numérisé non relu

Structure et rapports spéciaux

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du

La peau^ dans totite cette région* mais principalement pour U ]

tie chevelue, a ce caractère d'être épaisse, dense, solidement adb^ rente à la couche musculeuse ou fibreuse sous^jacente. Elle est abondamment pourvue de cryptes sébacés; aussi est-ce sur le cr&net et plus spécialement an vertei et derrière les oreilles que Ton rencontre cm kystes sébacés dont j'ai exposé le développement en traitant des tégumenl^^ en général* ^H

Doublée dans plusieurs points par des fibres musculaires, elle est ionmise à des mouvements plus ou moins prononcés. En général, Tact ion du frontal ^t seule bien manifeste; it plisse profondément la peau du front dans les passions, dans les chagrins; et ces pHs deviennent d^

rides pennanentai par les progrès de Page. Chei les femmes, la peau est plus lisse et se ride moins facilement; au contraire, ches quelques sujets très-musculeuz, la contraction du fh)ntal et celle de Foccipital se succédant alternativement, font mouvoir en avant et en arrière presque toute la masse des cheveui.

La direction de ces fibres imprime quelque différence aux plaies des téguments du crâne. Qu*un coup de sabre divise le front perpendiculairement^ les fibres musculaires, conservant leur longueur intacte, loin d*agir pour écarter les bords de la plaie, tendront au contraire à les maintenir affrontés comme les lèvres d'une boutonnière; on n'aura donc à lutter que contre la rétractillté de la peau, dont les fibres offrent id, comme nous l'avons dit (voir p. 76), une disposition fort irrégulière. Si la plaie est transversale, la rétraction du muscle divisé s'ajoutera à celle des téguments, et la réunion exigera plus souvent la suture. Au cuir chevelu et même au niveau du muscle occipital, la peau plus épaisse n*obéit guère qu*à sa propre rétractilité ; la suture y est cependant quelquefois nécessaire pour obtenir une réunion exacte; mais alors il faut veiller avec soin à ce qu'il ne se fasse pas de suppuration dans la couche lamelleuse ; plus d'une fois j'ai dû détruire en pareil cas les points de suture, et je n*y ai recours que lorsque Técartement est très-considérable.

En conséquence, la direction des incisions chirurgicales, au cuir chevelu et même au niveau du muscle occipital, est à peu près indifférente; et la meilleure raison pour obéir au précepte purement théorique qui les veut parallèles à l'axe du corps, c'est qu'il n'y a aucun avantage à Ikire autrement. Au front même, où une incision verticale ménagerait les fibres du muscle frontal, elle laisserait une cicatrice plus fâcheuse que l'incision transversale qui se confondrait avec les rides naturelles.

Incisions chirurgicales ou plaies accidentelles, il faut savoir qu'elles exposent à des mflamma tiens d'autant plus imminentes que nulle autre portion de peau peut-être, à part la pulpe des diiigts, ne reçoit autant de vaisseaux et de nerfs que cette peau du crâne; d'autant plus redoutables que l'encéphale est proche et tend à y participer. Dans la portion chevelue, il y a une cause d'inflanmiation de plus, principalement quand la peau est coupée en dédolant; il reste dans les bords de la pUie des pointes de cheveux qui picotent et irritent les chairs. J.-L. Petit dit avoir vu cette circonstance produire cbei un blessé une inflammation éryslpélateuse et une fièvre considérable que les saignées n'apaisaient point; ayant RcooDU que plusieurs cheveux avaient été coupés dans l'épaisseur de la I où ils étaient implantés, il en arracha les pointes autant qu'il lui fut

{HM&ibte avec des plnceHcs à poil^ et tous les accidents ceMèrent Pour eelte cause^ ainsi que pour d'autres qui vont être déduites, une régie intportanle est de raser sûigEieuâement les tîords de toute plaie de lète d même les environi dans un asses large espace,

Le^ oiflamrtialLons sont de diverses sûrtes» et la texture des dUféretile couches en rend suffisamment raison. Dans cette couche serrée, qnuk âbreuse^ qui unit la peau aui paiiies sous^jacentes, rirtûarnuâatiGn phk%moneuse n'a pas de prise; il n'y a pas matière à des collections pumleik tes; aussi c*est l'iiiûammalion érysipéiateuse qui s'en empare, qui t domine, qui a pour cette région une réetle prédilection. La peau Bai continue avec celle des oreilles, des paupières et de toute la face, on idt fréquemment celk-ci piendre pari à la rubéractiûii et à l'enflure ; il est eitrèmement rare qu'il y ail suppuration; la violence de la phlogoaefe borne à y prodoire quelquefois de^ vésicules.

Si au contraire la plaie a atteint la couche eelluleuse sous-museuliiz^ dont la Imité est si remarquable^ f inQammalion est phl^rnoneuse et prime abord, et la suppuration en est la suite presque înévitaMe, Pott, qui a nettement distingué ces deux sortes d'inflammatious, remarque qw dans la dernière les téguments sont rouges, tendug. douloureux au toit* cher^ niais nioint» tuméliés que dans Tér^sipèle; et les oreilles et leipiiipîères sont comprises rarement, pour ne pas dire jamais^, dam iâ tinné- Ikction. J'ai vu la suppuration se faire sans celte inflammation emtérieuit; et je pense que, dans les cas observés par Fott, il y avait à la fois înlkm< matian érysLpélateusL» et pblegmoneuse réunies. Quant à ce qu^ll ijaote, que dans la première îiiïection la peau prend une teinte jaunâtre qui n*i pas lieu dans Tautre^ je puis affirmer, d'après ma propre expërjeuc^, que celte teinte jaune est un épi phénomène qui peut manquer ou se rencootivr dans les deux cas.

Il arrive quelquefois que l'inflammation de la couche eElluleuse, portée à un haut degré, occasionne des douleurs très-vif es et une Offre considérable. Cette exacerbation paraît tenir à une sorte d*éti-aii|lfr* ment oceasionné par la résistance de la couche dermo-aponévrotique^ qai empêche te développement des parties enflammées. Dans ces cas^ une simple incision de 15 à30 millimètres de longueur ^ allant jusqu^a ros^éct le meilleur moyen de diminuer les accidenta. C'était la pratique àt é*-h, Petit, et Pott Ta également recommandée.

Mais quand la suppuration n'a pu Hm prévenue, elle s*étend avec une incroyable facilité à toute l'étendue de la couche lamelleufe. Elle soulève d'abord les environs de la plaie, décolle le cuir cheirelu de la r^oo

ocdpito-fWmtalet puis' celui de la région temporale, et en dernier lieu les : portions de téguments sans poils, comme le front et la tempe. Elle est limitée en arrière par les limites de la couche lamelleuse elle-même ; c'est-à-dire qu*elle ne dépasse ni la région temporale, ni la ligne courbe su-.' përieure de Toccipital, où elle est retenue par les insertions du muscle occipital et de l'aponévrose épicrànlenne. On attendrait en vain, vu la so*' lidité des parties qui la recouvrent, quelle se fit jour d'elle-même à l'eilérieur; il faut lui ouvrir une issue par des incisions ïnultipliées en raison de son étendue.

Une autre collection de pus peut également se faire sous le périoste même, facile à décoller comme il a été dit; mais cela n'a guère lieu que quand les os sont affectés; et Ton dit avoir constaté que la collection souspériostale répond toujours à une suppuration de la dure-mère.

La différence de densité entre les téguments et la couche lamelleuse se révèle encore dans la formation des épanchements sanguins. Quand la contusion est légère, la couche superficielle seule paraît froissée; il se forme une tumeur vulgairement appelée bosse, dure, rénitente, ne cédant point même à une forte pression. Le sang se trouve citravasé dansles cellules fibreuses et étroites de la couche sous-dermique, qui le retiennent solidement et l'empêchent de se déplacer. Une contusion plus puissante rompt les vaisseaux des couches plus profondes ; le liquide alors se rassemble en foyer; J.-L. Petit et Pott ont remarqué que la tumeur eH dure à la circonférence où la contusion a été moindre, et molle et fluc» tuante au centre, où elle se laisse même déprimer de telle sorte que des chirurgiens inattentifs ont pris cette dépression pour un enfoncement des 08 du crftne. Quel est le lieu précis de cette congestion sanguine? Généralement elle occupe la couche lamelleuse; toutefois, dans deux observa» tions de Malaval, il est dit que l'ouverture de la tumeur laissa voit l'os à nu et le péricrftne séparé (1). Mais, dans la première observation, Malaval avait préjugé le siège de l'épanchement sous le périoste; et avec cette idée préconçue, il se peut qu*il ait cm voir à nu la substance osseuse, tandis qu'elle était encore recouverte du péricrftne. J.-L. Petit dit avoir vu plusieurs fois commettre une pareille erreur dans Tapplicatien du trépan ; appelé un jour pour assister à un trépan pour lequel on croyait avoir mis Tos à nu la veille, il trouva le périoste déjà épaissi par Tinflammation et fut obligé de Tenlever.

Ce n*e8t pas qu'il ne puisse y avoir un épanchement sous le péricrftne;

(I) jr^. de VAead.ésckirur$., 1. 1% p. 308.

J.-L. Petit parait en avoir observé ; in&iâ Û ajoute que les hos$eÊ sont moins considérables et pins douloureuses. Je rapporte ^n dire, wxsir quant de faits pour le confirmer ou rinfirmer. Duhamet a vu des gn»seurs au front dont les malades reportaient rorigirie à des coups rtçai dans leur jeunesse; et il lui parut qu'elles étaieiit constituées par ont eïostose (1). De sera blablesexostoses succédaient très-probabieuient à da bosses sanguines sous-periosiales.

Outre ces collections partielles, U en est qui peuvent occuper prcsfoi toute retendue du crÂne. Ten ai vu un cas remarquable cbex un entaor de ii nus, qui oUrait dans sa constitution quelque chose de scorbutique. Le moindre choc déterminait ehes lui d'énormes eeçh^fuioses ; à Uuiïte d'un coup reçu en jouant sur la bosse pariétale gauche, il se fit un épiachement de sang qui occupait te front, les deux tempes* le vi^Hei; Ifl régions mastoïdiennes et sous^occi pi taies seuks en étaient exemptes; ci qui s'explique parfaUement par les attar.bes du muscle occipital et Vtbsence de la couclie lamelleuse dans ces régions. Une iucîsiou à cbaqne tempe montra en effet que le foyer siégeait dans cette couche ; le recolla ment se ût d'ailleurs très*bieo.

Je ne dis rieu du péricrâne et de ses usages relalivement aux ot; j^ reviendrai en traitant spécialement de la balte osseuse du cràae.

Dans la région temporale, on conçoit qu'un ahcès puisse siéger beaucoup pluîi profondément; soit dans le tissu adipeux inter-apouévrotiquç, auquel cas le pus cerné dé toutes parts n^aurait paâ de tendance à fu^ au loin ^ et unirait probablement par user le feuillet aponévrotique a* terne et se faire jour à l'extérieur. Au contraire un abcès développé «wif Taponévrose, retenu par son double feuille t^ tendrait d^autant plus à i\i* ser dans la fosse zygomatique que le tissu adipeux se continue d'une région à l'autre^ Celte même coutiauité explique comment des tumeursiéei fongusnéi dans la fosse zygomatique^ viennent faire saillie dans la légion temporale^ je reviendrai sur ce sujet en temps et lieu»

La présence du muscle temporal en ce pointa paru à quelques aulears une raison de modifier les JncUions préliminaires du trépaa. Sabaliff veut qu'on leur donne la forme d'un V^ afin, dit-il, de ménager ce îbh^ de et d'intéresser aussi peu de ses fibres que possible^ M. Velpeau remir* que trë&-bten qu'on ne coupe pas moins de cette manière toutes les §br€s comprises entre la base du lambeau* l'ai conseillé^ û Ton tenait h lef ménager^ de diriger d'abord deux incisions suivant la direction des âbres

(I] DubameU Dêumém$ Mém* mr ks&s; Amd* d^iicimeêtf ITIt

DU CRANE- Srï

musculaires, et de les réunir inrérieurement par une incision transver-^ lale de manière à figurer un V tronqué à son sommet D'une part ta division deà libres et la cicatrice qui en résulterait seraient moins étendues; et de plus» rincision transversale intéressant plus ou moins Taponévrose d'iniettion du muscle» on diviserait moins de fibres en rëalilë. Mais après tout la section du mu^clei, dût-elle affaiblir sa force par la sutte^ serait de trop peu dimportance pour arrêter l'opérateur, s'il trouvait quelque avantage réel à dunncr à ses incistons une direction perpendiculaire à ses flbres.

Le même raisonne m eut s'applique bien mieux encore aux muscles de Ift région sous-occipitale, si Ton jugeait convenable d'y appliquer le trépan ; d'ailleurs ces ujuscles sont lellemenl adhérents à la peau et aui os, qu'à peine ^ aurait-il quelque rétraction à craindre. Le danger du trépan etttUleurs. Cette intime adhérence de la peau aui muscles sous^jaceuts est une raison de plus de séparer cette région de la région cervicale ou ouque proprement dite. Les auteurs disent en effet que la fossette de I& Duque est le lii'U d'éïectioe pour les exutoires^ sélons, cautères, etc, tl faut bien entendre que ce lim d'élecHon est purement pour la commodité du pansement; car jamais ou n'a démontré qu'un eiutoire ait plus d'eificacité ^ur ce point que partout ailleurs, ce qui revient à dire qu'ils n'en ont guère. Cependant, pour les bons praticiens qui y croient encore, j'ajouterai que le vrai lieu d'élection est la portion inférieure de la fossette; pour la supérieure, la présence des cheveux et l'adhérence des téguments aéraient un double obstacle. .

Les artères de la région pérlcrânienne sont peu volumineuses, et d'aîl* \ leurs la compression en est facile contre les os du crflne. Les règles qu'ont voulu donner les anatomistes pour lier les artères temporale^ auriculaire postérieure et occipitale, sont donc superflues. Lorsqu'ils sont béants danf une blessure, les troncs sont asses faciles à saisir el à lier; mais pour leurs ramiûcations» le tissu cellulo- fibreux dans lequel elles rampent est si dense et si serré que les pince» ne peuvent pas les isoler, et la ligature ou ta torsion offrent ici des difticultés presque insurmontables.

On pmtiquâit autrefois k saignée de l'artère auriculaire postérieure; aujourd'hui on n'attaque plus que la temporale, Magistel a donné des règles précises pour cette petite opération ; c'est sur le tronc de Tarière, avant sa division en deux blanches^ quM faut la pratiquer; et cette bifurcation ayant lieu le plus ordinairement à 3 centimètres environ au -dessus du milieu de l'arcade z^fgomatique, à 1 centimètres en avant du conduit auriculaire» le lieti d'élection est à 3 centimètre de ce conduit et à E cen-

timètres de rmcadê. Comme elle répond en ce point au muBcle tanponlj en faifianl contracier ce muscle, on j^end la tempe plus saillaiate el Tïnlit plus sensible. Nous avons vu d'aillenrs qu'elle rampe dans le tÈScuml>erRcîalis, séparée du muscle par TapopéTrose temporale, en iorteqo^io bistouri aigu peut tacitemenl la soulever el ta couper de dedans en debon^ sans \èmr cette aponevriis^e. Ce qui a été dît sur les divisions complèie ou incomplètes des arlêres en générali explique d'ailleurs eommefil, tt- Ion les cas, cette saignée donne tanldi très-peu de sang, et taoldt foanni une lîémorragie d'ailleurs facile à réprimer.

Les deui petites artères frontales ant acquis une certaine celébriit dt'puis que Blandin a montré qu'on pouvait les ménager toutef deutte le pédicule du lamlieau frontal^ liirs4|u'un pratique la rhinoplastl^ par II niéthode indienne. Il faut pour cela donner à ce pédicule 13 à llfûillinè^ Ires de largeur au-dessus de ta racine du nez, et laisser au lambeau tooli r épaisseur des parties molles, à part seulement le përiosle^ Les règles à ta dissection sont donc tontes diftéientes pour te trépan et pour la riiiilplastie; dans le premier cas, il faut enlever le périoste avec le reste le cfaairs ; dans le second, il ne faut pas dépasser la couche lamelletise.

Les; veines ne sont d'aucune importance. M, Vc1pe;iii a cb6rdléll^ mettre en honneur la saignée de la préparate ; mais si l'on songe quels fontractians munculaires sont presque indispensables au bras pmtrmii la quantité de sang convenable ; qu'au pied, faute de cette resKMitce, <• est obligé de recourir au bain cbaud^ et qu^aucun de ces moyens iM applicable au ctiîr cbevelu, on conclura que cette saignée donnenitli^ peu de sang, et c'est pml>âbtenient par ce motir qu'elle a été abandoonée-

l'ai indiqué le trajet des lymphatiques; mais il y a quelque cbcise â dere des ganglions où ils se rendent, et qui appartiennent aux réfim mastoïdienne et sous-occipitale.

Pendant fort Longtemps on n'a attaché à leur étude aucune tnifor* tance; tout au plus en décrivait-on deux ou trois petits derrière ToraUi. qui même, selon MeckeL n'avaient pas une existence constante ; cl j'ai reproduit par mëgarde (p. 350) le texte de ma première édition, qui r^ mail à cette époque Tétat de la science. Quelques années plus Iv4 Theile signalait en tout quatre à cinq petits ganglions^ deux en amèie t l'msertion des muscles trapèze et splénius; les autres sur rap&iphfte mastoïde, à la naissance du sterno^mastoïdien (t). On ignorait le fite qu'ils pouvaient jouer dans la syphilis constitutionnelle; et si que

(t} Entyeiopédie anaiomique, trad. par Jûurdant 1843, t. lUtP^QSâ*

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auteurs parlaient de bubons inguiniui, CËriric&ui, axillaires, ces bubons cervicaui «iégeaient uniquement souâ la mâchoire (!}. Enfin M, Ricord a ûié ratlention sur l'engorgement des ganglions de la régitm cervicale postérieure, qui seraient, selon lui, te négê de prédilection des bubons s«ïeondaires« caractéristiques de la période secondaire de la syphilis; il ne manque jamais d'aller à leur recherche; comme le premier mouvement du médecio est de tàter le pouls» le premier mouvement de H* Rkord est d'explorer la région cervicale posLérieure ; c'est là^ si j'osais me servir de cette eipression, qu'il tàte le pouls à la syphilis. I) devient important dès lors de Ûxcr avec précisiou le siège de ces ganglions. D'abord ils saut logés dans la couche sous-cutanée, ce qui le« rend plus faciles à découvrir; ensuite^ selon V* Ricbet Jcs mastoïdiens sont situés pripci paiement dans le sillon auriculo-mastoïdien, et les sous-occipitaux, au nombre de cinq à six, au-dessous de la ligne courbe sous-occipitale, sur le trajet de Tartëre occipitale (2|.

D'où Tient maintenant la fréquence de leur engorgement ? Contme ils reçoivent presque tous les lymphatiques du cuir chevelu, Hdée la plus naturelle est d'en rechercher la cause dans les éruptions du cuir cbeTelu; et M, Ricord a noté qu'ils succèdent ordinairement à une éruption superfîciclle. Mais il ajouie qu'il a trouvé des engorgements de ces ganglions cbe2 des sujets qui n'olf raient pas la moindre trace d'éruption ; et M. Ruche parait avoir fait la même observation. Il y aurait donc là une action élective du virus syphilitique, et en même temps une sorte d'antagimistue entre les adénites syphilitiques et les adénites se m fu le uses^ celles-ci ayant teur siège de prédilection au-dessous de la mâchoire et au'^devant du muscle sterno -mastoïdien.

Sans doute cela n'est pas absolument impossible; le fait valait cependant la peine d'être vérifié. M. Noël Guéneau de Mussy, placé pendant deux ans à la têled'ua service de syphilitiques, a examiné avec soin Tétat des ganglions lymphatiques dans la période secondaire de la syphilis sur plusieurs centaines de malades ; et d'abord il a constaté, avec M* Ricord, que dans l'immense majorité des cas, les ganglions sous- occipitaux et sous-mastoidiens sont plus ou moios engorgés. Hais dans tous les caSj à Peiception d^un seul, il a vu coïncider avec ces engorgements dm éruptions érythénmteuses, rubéoleus*is, pustuleuses, sur le do*, les épauleSpSur la nuque, sur la région occipitale du cuir chevelu; dans te

U) t-agneau^ Art. fluèon du dict, en 30 fol.. L IV, p* 99 ; — Ph. Boyer» additloDi au Traita des maL chir. de Boyer, laiÂ^ t. Il, p. 94 S.

seul fait OLi cette coïncidence faisait défayt, la malade accusait unealupécit très- prononcée , iûdtce irrécusable d'ua ti'av&U morbide dans lei tégilixienlâ dti crâne.

Il esl reconnu d'ailleurs que ces gang lient s'engorgent aussi bitn ^m rinfluence d'aUcclions d'une autre nature. Le» alTectiaDs pustuleuâet^âaé^ matt^uscs du cuir chevelu^ étrangères à la syphilis, en sont presque e«o*tammcnt accompagnées. Cbei un sujet qui présentait de \m lièf re el ime céphalalgie occipUale très-vive, la découverte d'un eni;or|^einent ganglkiînaire post-cervical a conduil M. Guéneau au diagnostic d'un éf7Sit»elÉ UmiLé au cuir chevelu, et qui plus lard s'est étendu à la face. Il FaosveiU rencuntré dans la rougeok^ la roséole, ïa scarlatine, ta tariiilà Ajoutons que dans touUs ces aifec lions, de même que M< Ricord Va noté pour la s^philî*, rmigorgement ganglionuaire est jïIus prononcé cbe* Ifi jeunes gens qu'à un âge plus avancé, el qu'il manque le plus lourait ches les vieillards (1).

Le seul nerf à noter ici est le sous-orbiiaire. Il mi qy^lquêfois wSkâé d'une névralgie pour laquelle on pratique ^a section ou sa résection; fii dit atUeurs (voir p. 405) que M* Bouniceau avait recommandé de le comprimer pour faire cesser les accès de migraine; il faut pour cela appliquer le pouc^ en travers sur tout le tiers interne de Tarcade sourci Itère, Ci mo^en peut réussir en eOel, quand la migraine n^occupe que les rmmeua du nerf sus^rbitaire; mais trop souvent elle envahit les autres n^t, et la compression, pour être efUcace, devrait s'exercer sur trop de points à la fois.

{ S. ^ Boite »Meii»« du çrân».

Le crâne, considéré uniquement dans l'&ge adulte^ fortne une \Mt ovoïde, assex régulière eu avant, en haut et en arrière^ aplatie sur \m côtés, et dont la hase vue à Tin teneur représente trois étages, dotitk postérieur descend le plus bas, l'antérieur est le plus élevé. De cette premlère vne^ on peut déjà conclure que les choses qui heurtent le criueDe renvoient pas des contrevenu ps toujours réguliers^ comme dans tint sphère ou un ovoïde paiTail, et qu'on ne saurait les soumettre aujc lois dû calcul ; c'est aussi ce que démontre rexpérience.

Le eràne est formé par la réunion de huit os, assemblés par sutur^^ mais d'une manière fort diflérenle. L'épaisseur de ces oa est fort ^

(i) Ricord, Miret ntr kt ff/P^u, IS&I, p. 243 j ^ N. Guén«au de Mmsêj, M^h nitmr dûs hâpitûu^, l«b5i p, lil. »>»

DU CBANE. m

de mémâ que leur résistance* C'est à la base qu'on trouve les plus épaîs^ comme au curps de Toccipilal et aux rocher:* des temporaux, el les plus mmces, comme aux gouttières elhmcïdales- A la base c^galemetit se trouve le tissu le plus spongieux, comme au corps de Toccipila], et le pia^ compacte, au rocher. Toute la voûte, ou tout ce qui est recouvert par les parties molies de la région péri crânienne, est forméj par deâ os plats, deux lames compactes st^parées par une couche diptoîque. Cest de œs os surtout qu^il importe pour l'opération du trépan de constater rcpaisseur* Elle est t'xlrêmenicnt variable selon les sujets, Blandin la portait, terme mo^en^ à 9 millimètres, ce qui est évidemment exagéré ; sur 4 crânes de fuppliciés, k miïyenne épaisseur des pariétaux, pri^e dans le point où elle était la plus grande, a été trouvée par M. Parehappe de 5 millimètres; les eiirêmes étaient de4 à 7 millimètres. L'épainscur du frontal et de Toecipital s'en rapproche en généi al i mais it est remarquable que les bosses occipitales iDrerieures et la portion écailleuse du temporal, qui sont recouvertes de muscles, sont beaucoup plus minces. Enfin il est trots points surtout ou répaisseur augmente singulièrement^ savoir : à la protubérance de Toccipitai, à k base du frontal et à la région mastoïdienne.

La moyenne de l'épaisseur de Toccipital, de la protubérance interne à IVxteriie, a varié, sur 18 individu* dont M, Parehappe a donné le tableau* de 6 à IS millimètres I moyt^nne !Q millimètres. Toute celte épaisseur est remplie par du diploé. La partie inférieure et antérieure du frontal est plus épaisse; 1^ deux lames de cet os sont là écartées comme ou sait par les sinus frontaux^ qui répondent en général à l'arcade sourcilière el ne dépassent pas sa limite externe, mais qui quelquefois aussi s'étendent jusqu*à l'apophyse orbilaïre externe du rroniai. Us sont plus développés cbei Thomme que chez la femme, et on ajoute chez le vietllard que chez Tadulte, ce qui demande à être vériûé. Sur 13 hommes de 31 à 7ë ans, M. Parehappe a trouvé pour moyenne 10 millimètres; pour extrêmes, 11 et 2'S millimètres. Or, pour 7 individus au*desâous de SOans^ je trouve en moyenne 17 millimètres, et 15 seulemenl pour les 0 sujets plus âgés. Sur 5 femmes, Tépaisseur variait de tO à !«>; moyenne i3 millimètres. Enfin, dans la région mastoïdienne, Tépaisseur est plus grande encore; entre les deux tables se trouvent les cellules mastoïdiennes qui communiquent avec Toreille interne, et sur lesquelles nous reviendrons en parlant de Tap pareil de Taudition.

On voit par là combien l'épaisseur de la voilie crânienne diffère suivant

ks sujets, suivant les régions, et dans divers points d'un même os. La

i meilleure preuve de la difïïcuUé d'établir ici des données précises^ c'est

que Gerdy professait qu'a» niveau des sutures Tëpaii LaDdis que M* Velpeau ioulîent qu'olle diminue. Cheî cei eiTet, le sinus longitudinal supérieur marque sou passage tiëre qui suit la suture sagitlalc^ et les os si^nt amincis i d'dulres, la gouttière s* écarte en dehors ou n'existe pas, el Oi sont plus épais* Le seul malheur des deux assertions op et de M. Velpeau, est d*ètre exclusives» Enfin, certains s du crâne irèa- minces, et sont par là même très- exposés ^^ * comme Benuati en a offert un déplorable exemple; d'autr^ '^^ épais, et j'ai eu en ma possession un crâne dont les pariél&^.«^ '^ qu'à % centimèlies d'épaisgeui , On a constaté que les ali^ général tes os du crâne épaissis. ,

De cette incerlitude sur répaisseur des os, résulte pour h qui pratique le trépan la nécessité d*alkr à tâtons, en retini temps à autre et sondant les divers points de la rainure circu creuse sur Tos, pour savoir s*il est traversé de quelque côfc des autres, et à quelle distance probable un est de Ja dure-mj défendu d'appliquer celte opération au niveau des sinus (ronti à cause de récartement ini^al des deux tat»les osseuses, qui] nétrer la scie beaucoup plus tôt dans le point où il serait moia saurait au besoin éluder celte difficulté en sciant la table exta courorme plus large, et Tinterne avec une couronne plus pet encore établi comme contre-indication au trépan Ja présence d des sinus de la dure-mère; doctrine qui sera examinée daiit

Les sutures du crâne ont été indiquées^ ainsi que leur traje partout^ d'après Hippocrate, le danger de les prendre pour è lorsqu'on a dénudé les os du crâne; erreur qui serait snrtouti mettre vers la partie antérieure de ta fosse temporale^ où lei très-mullipliées. Certaines anomalies y exposeraient davant^ Saucerotle rapporte le cas d'un ecclésiastique qui avait fait un^ ^^ l'occiput ; des incisions mirent à nu une division transversale ^ pital, et deui consultants voulaient trépaner* lorsque Nouvelle «'«o alléguant qu'il y avait là un os wormien. Le blessé guérit sans ti par reconnaissance légua, six ans plus tard, son crâne à Nouvelle en effet un os wormien, occupant la place de Tan^^le supérieur « pital, à peu près triangulaire, et ayant î> centimètres dans un $e dans l'autre (1)« Des notions snatomiques précises sucraient do

Saucerotle, Mélanget de^tkimtgiHl^ H» P* ^8^-

DU CBANE. It8

mettre à Tabri de Terreur; mai^i aujourd'hui eUe aurait mains d'impur* tance^ une simple fracluie du crâne ne devaut jamais servir de prétexte au trépan*

La dlsposlttun des «utures semble avoir été calculée pour résister de la maaière b plus favorable à tous le^ chocs eitérieurs. La voûte propre» ment dite, pa.r exemple^ résiste à ia ma ni ère des voûtes arriiiteclu raies, Celles-ei, par leur propre poids ou par les masses qu'elles supportent, tendeolà déjeter en dehors les murs ou les piliers quilessoutietinenl; on oppose à cet effort les murs- boutants et les arcs- boutants. Le crâne présente des appuis analogues*

Un choc tombant d'aplomb sur le sommet de la tête tend à êntoucef en dedans la suture sagitlalc, ou, ce qui est la même cbose, le bord supérieur de chaque pariétal ; ce qui ne peut se faire que le bord inférieur des pariétaux ne soit écarté et déjeté en dehors. Or, cVst a cet ccartement que s'opposent les temporaux; et k forme écaîUeuse de la suture, dont la biseau temporal s'applique de dehors en dedans sur le biseau pariétal^ est ainsi eipliquée. Les temporaux font ici ia fonction de véritables murs* boutants^ qui retiennent et assujettissent les pariétaux. Les grandes ailes du aphéooïde qui complètent la suture squammcuse, agissent de même quel^ temporaux, et soutiennent avec eux une partie du cboc qui porte sur la suture sagittale.

Un coup porté sur le bas des pariétaux fait tout le contraire; il tend à enfoncer en dedans la partie inférieure de ces os et à déjeter eu dehors leur partie supérieure. Ni la suture squammeuse, ni la sagittale ne tauraient s'^ opposer; la nature y a pourvu par un autre artifice. Le bord supérieur du frontal appuie d*ordinaiie sur les pariétaux par sa table citerne; mais sur ses parties latérales la forme de la suture ebauge; c'est la table, interne du frontal qui déborde l^autre et sur laquelle appuie la table externe des pariétaux; en sorte qu'un pariétal poussé en dedans par un coup dcnné à sa partie inférieure, ^t retenu par cette saillie de la table inlerne du frontal (t).

Telle est la théorie développée par Hunauld; et, «m effet, en quelque point que i*on heurte ou que l'on comprime le crdnef on trouve les sutures tellement disposées, qu*elles résistent soit à l*enfonccmeat direct, soit à récaitemcnL Aussi je ne dirai pas, avec quelques auteurs, quêteur disjonction est impossible ; mais elle me parait impossible sans fracture

et) Bunatitdt Sur kt ot d^ crâne d§i'ht>mme; Académie du teitnmt^ «D^ néi nao*

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