CHAPITRE U
m LA FACB.
La face, comprenant dans sa profondeur les organes des quatre sen« supérieurs avec leurs annejces, ceux de la mastication^ de la parole et de la déglutition, est certainement la portion du coi^s humain la plus compliquée et la plus difOcile à décrire. Je lui donne pour limitas : l"" supérieurement la limite oîj s'arrête le crâne ; 2** inférienrementla ligne qui réunit la tète au cou, et qui répond k Tus hjfoîde ; 3* de chaque côté une ligne idéale descendant de la partie antérieure de rapû|ihyse mastoîde à Teitrémité libre de la grande corne hyoïdienne. Celle circonscription peut bien prêter à quelques objections ; mais elle a ravanlage de réunir sous un titre commun tous les organes des sens supérieurs, et de rattacher à la
(J)Gall, Quvr. tUé, U 111, p. 63.
•tl DE Là TÊTE.
cavité buccale toutes les parties qui concourent à nnsalivatloti. à 11 maiticalion« etc. I^lle comprendra ainsi six grandes régions : î* l'apparfil omditif I 2*^ t* appareil ocutaiVe * 3* rapparett olfactifs 4* la région facidk inférienre^ ou te re»te du masque mol>iLe de la face qui ti' appartient k au» cune ÛG$ précédentes régions; ^"^Tappareil de la mastication^ ou squeHl^ de la rat'C avec ses muscles propres; 6*" enûn ïîLcamté btàccale.
Je remarquerai que Tordre danit lequel je décris les appareils desseoi semble indiqué par deux considérations anattimiques, 1^ Us se détachant d*autant plus du crâne quMIs sont plus iuréneurt ; l^oreille appartient exclusivement au crâne ; rorbite au tau t au crâne qu'à la face ; les fusses nasales beaucoup plus à la face ; le sens du goût à la Tace seule, î* En suivant le même ordre^ oa les voit se rapprocher de plus eti plus de It ligne médiane ; les oreilles sont séparées de toute Tépaisseurdu crâne; ïei yeux le sont déjà beaucoup moins; les fosses nasales n'oDt plus qu'un cluisoii extrême meut mince, et toute se para lion a disparu dans la ciTiîi buccaJ«3.
AariULE PREMIER,
àppàubil AUDIT! r«
A rextérieur, cet appareil est limité par les attaches da pavillon auriculaire. A rintérieur, il sVn fonce profondément dans le rocher et jusqoe dans Tapophyse mastoïde. Nous étudierons séparément rorellte eitenU} roreille moyenne et roreille interne.
g l«^ — €lr«ltle «ïterne.
Elle comprend le pavillon et le conduit auriculaire.
Le pavillon est placé presque tout en dehors. En ie dtsséquani de de* hors en dedans, on trouve la peau , les petits muscles intrinsèques^ f&tsceaui de fibres pâles et insignifiantes, un péricbondre très-dense, et enfin un cartilage d'un tissu très-lin, Irës-fiexible^ Si portion adhérente, ou la conque, figure un entonnoir irrégulier, et est unie au contour osseux du trou auditif par un tissu fibreux très-serré eu bas, très-làche sopérieurement.
Le conduit auditif s'étend de la conque à la membrane du tympan, artitaglneux à rextérieur^ osseux dans ta plus grande partie de stm étendue, tapissé d'ailleurs par la peau.
Les vaisseaux et les nerfs de Toreille externe sont purement capiLiaircs. M. Sappey y a trouvé un réseau lympbatique extrêmement rîcbe, doot
APPAREIL AUDITIF, ôa»
lei vftisseaui vont ie rendre, savoir : ceiii de la conque à un ganglion situé au-devani du trâgus, les autres aux gangtions sous-occipitaux.
Ces piemièrêii données su fli raient sans doutt^ pour diriger le histouri; mais m ne sont pas h beaucoup près les plus importantes* Reprenons chacun de ces éléments en particulier*
La peau du pavillon, Irès-ûne à sa face externe et antérieure à laquelle elle adhère fortement, est bien plus lâche à k face postérieure, où on peut lui faire former dt-s plis. Elle offre même uu repli normal et permanent le long du bord libre de l'beUx, lequel repli se continue en s'élargissant avec le lobuU de CoreiiUj portion du pavillon couslituéc par la peau seule el sans squelette cartilagineui. Cette laxité de la peau explique comment un gonflement érysipélat eux do cuir chevelu se propage à la face po.^térieure i^tau bord libre du pavillon auriculaire, et lui donne uu volume difîurmcj taudis que la Tace antérieure y participe à peine. Sur tout le paTillun, la peau est peu vasculaire et peu st^nsible ; aussi la perforation du lobule de roreille^ opération de pure coquette rie^ se fait sans écoulement de ssng et presque sans douleur.
Dans le conduit auriculaire, ces caractères changent* A l'entrée, elle est épai^, garnie de poils, doublée de follicules sébacés et de tissu cellulaire, et sa va^^cularité et sa sensibilité commencent à S'accroUre. U>rs donc qu^'une inflammatiou vient à s'en emparer^ son premier eÛet est de déterminer un t;ontlement qui rétrécit ou mêuie oblitère mo m en ta ne ment le conduit auditif; et si le gonflement persiste à rétat chronique, il entraîne une surdité plus ou moins complète. L'oblitération, pour peu qu'elle ait d*étenduej e^t sans remède ; le rétrécissement se traite par des canules en métal ou en bols, gardées à demeure dans le conduit, el dont on augmente peu à peu le volume, l'ai eu à trailer plusieurs cas de cette nature» A mesure que la peau avance dans le conduit, sa sensibilité sVxalte et aavascularité augmente, en sorte que le moindre fioissement des instrumentSf dans Texlraclion des corps étrangers, par exemple^ occasionne à la fois un écoulement de sang qui cache les objets, et une horrible douleur> Des polypes naissent aussi dans ce point, sans doute en t^ertu dea conditions, Enfln un nouvel élément se présente ici : les glandes font place aux glandes cérumineuses, dont le produit à demi solide s'accumule quelquefois de maaière à obturer le conduit auditif, et même à détruire, par une pression lente, la membrane du tympan. Cest la sécrétion altérée de ces glandes qui^ d.ms Totorrhée, communique à la matière puriforme une odeur si désagréable* Enfin ^ au point où elle se réfléchit eu cul*de-sac sur la membrane du
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tympan, la peau est réduite à une minceur épi dermique, et n'
glandes, ni vaisseaux. Sa sensibilité y esl d'une nature spécial dre tâlunnemeiit avec un instrumetU mutisme y développe ûi Undis que In ponction avec un trocart n'tïu détermine presqti
Le cartilage est tellemeiit mince et souple, qu'à peine paraf h\e de se rompre ; et bien que cette fracture ait été décrite pi avait été niée par tous les chirurgiens modernes^ lorsque U. a cité un exemple^ que j'ai reproduit dans mon Trttité dm ft puis, M. Jarjavay en a observé un autre sur un lutteur de pi fracture était située au-dessus de la conque, oblique en arriàr les deux fragments, bien qu^habitucllement enconiact, pouvai iacllemenl plies l'un sur Poutre comme les feuillets d'un li également à raison de sa minceur qU(% dans les divisions du,, roreille, on peut compreEidrele cartilage dans la suture sar^ convénient»
A sa partie antérieure^ près du tragus, le cartilage est perci trois petites feules transversales, bouchées dans Tétat frais { fibreni, et qu*on appelle inùisurts àt Sanimim^ bien qu'elles . crites avant lui par Duverney et Valsai va. On dît que le pus d'un dans la région parotidienne vient quelquefois se faire Jour d duit auditif à travers ces Incisures. il y a ici au moin» une ern Ce n'est pas par ces petites incîsures que passe le pus/mais bi lé tissu cellulo-fîbreux qui reunit l'un à l'autre le traguset [' attache lâchement tous deux à la partie antérieure et supérie auditif. Les attaches du cartilage au trou auditif sont en e( espèces : dans son tiers inférieur et antérieur, l'orifice osseux |^ surface rugueuse qui prèle au cartilage une insertion iuimédl Hde; quelques rugosités osseuses se voient également à sa rieure; tandis que le reste de son contour esi lisse et polr^ ei uni au pat i lion, qu'on peut faire mouvoir facilement en a va rière* Liaus ces deux derniers sens^ te pus venant du dehors a pDur traverser l** tissu cellulo-lîlïreux inu-rniédiaireenire l^ lage ; c'est ainsi que se font jour dans le conduit auditif, en a^ ces parotidiens, comme il a été dit; en arrière, les aln^ès dé^ Tapopbyse mastuïde. La laxité de ces adhérences permet de r Villon en haut et en arrière^ quand ou veut exploi^r le fond auditif.
Le conduit auditif, considéré sur l'adulte, présente une lûn|
(]) Jirjavay, TfaiU û'ûnaiùfn.it chirut^ùaU^ U 1, p.* &?S*
APPAREIL AUDITIF. e4l
largeur Târiables wlon les individus. Son oriflce est situé à la partie an» térieure et interne de la conque, qui se porte un peu en avant oomine pour le rétrécir, tandis que le Iragus semble sMncliner en arrière pour le ma;«quer à son tour; il faut donc, pour que Tceil puisse pénétrer dans son intérieur, attirer d*abord le tragus en avant, puis relever la conque en arrière et un peu en haut en tirant le pavillon tout entier en ce sens ; mais cela ne suffit pas toujours, et il est quelquefois nécessaire d'en dilater rentrée avec le spéculum de Toreille. Après celte portion externe^ entièrement formée de parties molles, on arrive à la portion interne, toute creusée dans l'os tempordl. Cette portion osseuse se dirige obliquement en dedans et un peu en avant et en bas, et offre dans ce sens une légère courbure à convexité supérieure et postérieure; son extrémité interne est brusquement coupée par la membrane du tympan, tendue obliquement en bas et en dedans, en sorte qu'elle semble se continuer avec la paroi supérieure du conduit, et qu'elle forme, au contraire, un angle très-aigu avec la paroi inférieure.
La longueur totale de ce conduit, mesuré en ligne droite, a été trouvée par M. Sappey de 20 à 22 millimètres, ainsi que l'avait déjà indiqué Valsai va. Dans sa portion externe, il a la forme d%me ellipse avec 11 mililmètres de diamètre vertical et 6 millimètres dans le sens antéro-postérieur ; mais sa portion moyenne se rétrécit sensiblement, n'offrant plus que 7 à 8 millimètres de diamètre vertical ; enfin, dans sa portion la plus interne il s'élargit de nouveau, mais uniquement dans le sens antéro-pof* térieur, où il atteint à un diamètre de 9 millimètres.
£u égard à ces circonstances, on Toit qu*un corps étranger égalant dans ses diamètres l'urifice externe du conduit, ne pourrait pas être poussé même jusqu'à sa portion moyenne, et que, si ce corps étranger est de forme sphéiique, il laissera toujours aux deux extrémités de l'ellipse an léger intervalle pour conduire les instrumeuts destinés à l'extraire. Cest donc avec raison qu'il est recommandé de glisser les instruments par Tune uu l'autre des extrémités de l'ellipse; mais je n'admets pas de même cet autre précepte de suivre toujours la paroi inférieure. D'abord il est trop absolu, et ne conviendrait tout au plus que pour l'âge adulte, comme nous le verrons à l'article du développement; mais, pour les adultes mêmes, la seule raison sur laquelle oo l'appuie, c*est que la paroi inférieure est plus longue que les autres, et permet de pénétrer plus pro» fondéfnent sans léser la membrane tympanique. Cela serait vrai si Tlostrumeiit >uivait exactement cette paroi ; mais comme on doit le porter derrière le corps étranger pour le nuneoer en avant, on est obligé et se