DE LA TAILLE DE LHOMBIE
yeloppement ne se fait pas également dans les diverses parties du corps. Je ne parle pas de Tàge de croissance que nous étudierons plus tard ; mais de Page adulte^ de Tàge parfait, dans lequel telles ou telles portions du squelette prédominent d'une manière remarquable.
Avant le dix-builième siècle, les sculpteurs et les peintres seuls avaient songé à mesurer les proportions du corps ; et pour ne parler ici que de la hauteur comparative du tronc et des membres abdominaux, ils admettaient que le point dMntersection entre la moitié supérieure et la moitié inférieure du corps se trouve au niveau des organes génitaux. Telle est encore Topinion de Mascagni, de Salvage et de Gerdy (1). Toutefois, dès 1750^ le professeur Sue, après avoir mesuré dans un but purement scientifique plusieurs sujets de 20 à 25 ans, plaçait le point central du corps à la symphyse pubienne^ et il ajoute que^ chez les sujets de 30, 40, 80 et 60 ans, il n'a trouvé aucun changement dans ces proportions (2). M. YUlermé ne s'est pas occupé de cette question ; il se borne à dire qu'on sait en général que, chez les personnes d'une petite stature, le corps est, proportion gardée, plus large, plus épais, et les membres inférieurs plus courts que chex les personnes d'une grande taille. Telles sont les seules notions, bien incomplètes, que j'ai trouvées chez les anatomistes.
Mais dans un ouvrage d'un autre genre, où l'observation sagace et profonde se revêt toujours des formes les plus attrayantes, la Physiologie du Goût, Brillât-Savarin avait partagé la moitié masculine de l'espèce en deux grandes classes, selon que, les os des membres inférieurs étant plus raccourcis, les muscles gagnent en épaisseur pour ainsi dire ce qu'ils ne sauraient acquérir en longueur; cette première classe brille par l'ampleur de ses mollets; ou bien selon que les membres s'allongent aux dépens du tronc ; tout le développement des muscles se fait en longueur, et les formes restent grêles ; ce sont les individus de cette classe, selon l'auteur, qui ont inventé les pantalons. Il n'est personne qui ne soit à même chaque jour de vérifier l'exactitude de cette distinction ; et les médecins légistes avaient noté spécialement que chez les femmes les
(1) Maseagni, Ànatomia per usa degli studiosi di seultura e pittura, opéra postuma. Firenze, 1S16; — Salvage, Anat. du gladiateur combattant; — Gerdy, Anat. des formes extér. du corps humain^ p. 318. — Maseagni, après avoir mesuré un certain nombre de cadavres de choix, donne pour un sujet de 6 pieds
5 pouces les proporUons suivantes : du vertex à la symphyse pubienne, 2 pieds
6 pouces 3 lignes ; de cette symphyse au talon, 2 pieds 10 pouces 9 lignes. Salvage place le milieu du corps au-dessous de la symphyse.
(2) Sur les proportions du squelette de l'homme, etc., par Sue ; Académie des sciences, Mém, des savants étrangers, t. II, p. 573.
18 AT^ATOMIE CIIIRURGICALE,
cuisses sonl moins longues que chez rhûmme^ fin sorte que U moitié de la hauteur du corps ne correspond plus^ comme chei celui-ci, au pubis même, mais au-dessus (1)*
A ces variétés dans ies proportions des membres et du Lronc se rmllient de^ considérations de quelque importance en Physiologie et eu Cbirurgie, sur lesquelles je reviendrai plus lard, ot qui me faisaient désirer de les voir étudier plus eiactement qu'on ne Tavait fait jusqu^'alor^?. J*ai trouvé les éléments d*un semblable travail dans un tableau publié par OrÛla à la Un de sa Médecine Légale. Ce sont des séries de mesures prises sur 51 cadavres, 44 hommes et 7 femmes, de 1â à 70 ans, et indiquant la b auteur totale du corps, la longueur du ver tel à la symphyse et de la symphyse à la plante des pieds, la longueur du fémur et du tibia, etc. En interrogeant ces chilires avec soin^ séparant les hommes des femmtjs, et rapprochant les sujets analogues, voici ce que j'ai trouvé.
Sur 44 hommes, sept seulement avaient le centre du corps à la sympiiyse pubienne.
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