DE LA TAILLE DE L'HOMME
bien que raisance d'un pays ayant la plus grande influence sur le déf»* loppement de la taille, notre mode de répartition du contingent militais est extrêmement ncienx, en ce qu'il demande autant d'hommes à telle localité qui 8*épuise sans les fournir, qu*à telle autre où la grandeur commune de la taille ne fait du recrutement qu*un impAt à peine sensible sur la population. L'intérêt de Tannée s'en trouve même compromis ; en eSi^il est d'obserration constante que là où la taille commune est petite, il y a en même temps plus d'infirmités, de difformités et de maladies qui rendent impropre au senrice militaire. Les historiens noteront que les hommes de fer qui firent les triomphes de la république et des premiers temps de Fempire étaient choisis d'une stature de i m. 60, et que lorsqu'on prit des soldats de i m. 54 et au-dessous, la plupart furent emportés par une seule campagne.
Du reste, la hauteur exagérée de la taille n'est bien favorable ni à la vigueur du corps^ ni à la résistance de la constitution ; la plupart de ces individus observés de temps à autre, et qui ont mérité le nom de géants, sont d'une santé médiocre; les chirurgiens militaires <fai observé que ces corps d'élite qui demandent 1 m. 76 de taille, résistent moins bien à la fatigue et aux privations que les autres; et déjà même, en Angleterre, on n'accepte plus les recrues d'une taille trop au-dessus de la moyenne. 11 serait intéressant de rechercher quelle influence exercent ces hautes statures sur le résultat des grandes opérations; mais aucun essai que je sache n'a encore été tenté dans cette direction.
La hauteur de l'homme est représentée par la hauteur du squelette, plus les ligaments qui séparent les corps des vertèbres, plus le cuir chevelu, et la peau épaisse qui recouvre les saillies osseuses de la plante des pieds ; en sorte qu'en médecine légale, lorsqu'on a un rachis desséché avec la tête et les os des membres, en ajoutant à la longueur de ce squelette 4 à 8 centimètres, on a à très-peu près la taille de l'individu. On sait que la taille diminue un peu le soir après une journée de fatigue, ce que les uns ont attribué à l'affaissement du coussin adipeux de la plante du pied, les autres à l'affaissement des cartilages intervertébraux. Ces deux causes me paraissent fort hypothétiques, et l'expérience peut nous conduire à une explication meilleure. Lorsque nous sommes fatigués soit dans la
de 20 à 2i ans, a avancé que des conscrits pris de l'âge de IS à SI ans offriraient un Uers moins d'infirmes que si on les prenait de 21 à 24 ans. Quiconque a observé les effets du recrutement dans les hôpitaux militaires, appréciera la valeur de cette opinion hasardée. Voyez le Rapport de Richerand sur les conscrits du département de la Seine {Jot^mal génér. de méd,, t. XX, p. 249.)
stalion, soit dans la position assise, nous laissons volontiers \e tronc s'af-* faissêr sur lui unième; et il est probal^le que la fatigue de la journée produit spontanément le même elîeL Or, si vous vous tenez debout eu redressant le Ironc le plus possible, à côté d'un mur, avec une rè^le appliquée horizontalement sur la tête pour marquer à Vœ^ sur le mur la hauteur la plus élevt^e de votre ULiUe ; et qu'ensuite , tenant les membres inférieurs bien étendus, voua laissiez le tronc s*alTaisser sur lui-même j vous ver^ rez que la règle descend le long du mur, et que votre taille diminue ; et vous observerez aisément que cela se fait, d'abord par une sorte de bascule du bassin sur les fémurs qui abaisse déjà la base du sacrum en même temps qu'elle élève la symphyse pubienne ; secondement par une forte flexion des vertèbres lombaires en avant qui rapproche le sternum du pubis; peut-être y a-t-il aussi dans les vertèbres du cou une légère flexion du même genre; et enfin , chez: quelques sujets^ 11 peut s*y joindre une courbure latérale de Tépine dans la région lombaire. Dans la position asâiscj le tronc seul perd de sa hauteur , et la bascule du bassin et la courbure de la région lombaire jouent alors le principal r6te ; dans la station debout, il s*y joint un autre élément d'une grande valeur ; c'est le mouvement par lequel le tronc se reportant tout entier sur uu seul membre, fait avec ce membre un angle saillant en dehors. En déûnitivCf c'est donc par des Ûeiions à angle ou par des courbures que te corps diminue de hauteur ; ce phénomène semble d'ailleurs avoir été