DIMENSIONS DU BASSIN
Hommes.
Femmes.
Entre les épines iliaques anléro-supérieu-
7 poucesS 1.
8 pouces 6 1.
Enlre le milieu des deui crêtes iliaques. Détroit supérieur : diamètre Iransverse. .
— diamètre oblique. . .
— antéro- postérieur. .
Excavation : diamètre Iransverse. .
— diamètre obliipie. . .
— diam. anléro-i)Ost. . .
Détroit inférieur : diamètre transverse. .
— diamètre antéro-post.
(1) Voyez Bullelin$ de la Faculté de mçdccine, 1818, t. V, p. lill.
(2) GaseU9,médic., 1832, p. 684.
Au reste, la plupart des accoucheurs ont donné des cliiffres un peu différens pour chacune de ces dimensions , et il serait fastidieux de chercher à concilier des différences qui sont toutes dans la nature. Ajoutons seulement que le diamètre antéro-postérieur du petit bassin peut s'agrandir de six à huit lignes par la rétrocession du coccyx.
§ II. Articulations du bassin.
1° Symphyse sacro-iliaque. — Elle est formée par la réunion des facettes ovalaires du sacrum et de l'os iliaque , recouvertes chacune d'une lame cartilagineuse mince , un peu plus épaisse du côté du sacrum ; ]M. Velpeau prétend même qu'elle n'existe pas sur l'os ihaque. Ces lames ne se touchent point ; elles ont entre elles une substance molle, jaunâtre, disséminée par flocons isolés. Leur surface est rugueuse chez l'adulte seulement; chez les enfans , elle est lisse , et semble même recouverte d'une synoviale peu apparente (H. Cloquet). L'articulation est entièrement entourée de faisceaux ligamenteux très forts , parmi lesquels deux seulement ont reçu un nom particulier ; le ligament sacro-iliaque, qui occupe en arrière l'espace que laissent entre eux le sacrum et l'os iliaque, et le ligament sacro-épineux, étendu entre le sacrum et l'épine iliaque postéro- supérieure.
Le sacrum se trouve ainsi enclavé , comme un double coin , entre les os iliaques, de manière à ne pouvoir être déplacé , soit en bas, soit en arrière, sans écarter fortement les deux os et léser la symphyse pubienne ; le déplacement en haut et en avant paraîtrait plus facile , bien que toujours empêché par la nature et la puissance des liens articulaires. La science ne possède que quelques cas de cette luxation , et encore n'a-t-elle lieu le plus souvent que d'un côté.
2° Symphyse sacro-coccygicnne. — La base du coccyx est unie au sommet du sacrum par une lame fibro-cartilagineuse qui même, selon M. Yelpeau, dégénérerait au centre de l'article en un véritable cartilage diarthrodial, et par des ligamens en avant et en arrière. On a cru que dans l'accouchement le coccyx pouvait être repoussé assez loin en arrière pour se luxer, ce qui paraît fort difticile à raison de l'étendue du diamètre coccy-pubien ; mais J.-L. Petit a vu cet os luxé ou plutôt renversé en avant , par suite de chutes sur le siège. Il est toujours très facile de le ramener à sa place naturelle, en appuyant avec le pouce sur sa face postérieure , et sur sa face antérieure à l'aide de l'indicateur introduit dans le rectum.
3"^ Symphyse pubienne. — Cette articulation est formée par lieux surfaces ovalaires appartenant au pubis, et réunies par une
lame fibro-cartilagineuse. Celle-ci est plus épaisse en avant qu'en arrière ; mais beaucoup plus encore en bas et en haut ; d'où il résulte déjà qu'on l'attaquera plus sûrement dans ces deux sens que dans tout autre. Vers le centre on rencontre chez les jeunes sujets, et même souvent dans l'âge adulte, une synoviale très fine, humectée par un liquide visqueux. Enfin, la symphyse est assujétie de tous côtés par des faisceaux fibreux allant d'un pubis à l'autre , et qui , plus marqués en avant et en bas , prennent le nom de ligament pubien antérieur et ligament sous-pubien.
Il est bien démontré maintenant que, dans la plupart des cas, cette articulation se relâche vers la fin de la grossesse , quelquefois au point que la démarche en devient vacillante ; et les symphyses sacro - iliaques participent à ce relâchement. De là l'idée de la thviser complètement lorsque le bassin est trop étroit. On fait généralement une incisioii longitudinale sur le mont de Vénus, pour attaquer la symphyse en avant ; procédé qui , au désavantage d'une large plaie , et au danger d'enfoncer le bistouri jusqu'à la vessie , offre encore cet autre inconvénient que la symphyse est assez difficile à rencontrer en ce sens. Ainsi Baudelocque a figuré le bassin d'une femme opérée par Alphonse Leroy , où la section avait porté sur le pubis gauche, et un autre sur lequel l'incision faite par Demathiis avait divisé la branche descendante de cet os. Ce procédé a été avantageusement modifié par M. Imbert , qui , après avoir séparé le clitoris de l'arcade pubienne , et pénétré ainsi au dessous et en arrière de la symphyse , passe dans cette première incision \u\ fort bistouri boutonné à tranchant convexe , le tranchant tourné en haut , pour diviser l'articulation de bas en haut et un peu d'arrière en avant. Pour obtenir un écartement convenable, il est cependant à peu près indispensable de couper luie des racines du clitoris (1).
Mais il s'est élevé sur la valeur de l'opération de graves débats, qui ne pouvaient trouver leur solution que <lans des expériences rigoureuses. Baudelocque, adversaire déclaré de la symphyséotomie, lui opposait les expériences suivantes :
Le sujet placé sur le bord dune fable , les cuisses médiocrement écartées et soutenues par des aides , la section de la symphyse fit écarter le pubis immédiatement de trois à six ligues. l:-t portant les cuisses en dehors le plus possible, on obtint un écartement de deux pouces et denù ; toujouis alors les symphyses sacro-ihaques étaient décliirées plus ou moins , selon la forme particulière du bassin, et scion leur plus ou moins de souplesse. Sur un bassin «le trois pouces et quart de diamètre antéro-
^1) Faure-Picquct , Thètc inaug.; Paris, 1854, n" 233.
postérieur , et cinq pouces de largeur transversale , les pubis étaient à peine écartés d'un pouce, qu'une dos symphyses sacro-iliaques parut ouvert(! d'une ligne et demie, et l'autre d'une ligne seulement. L'écartinnent de la première alla jusqu'à six lignes, et celui de la seconde jusqu'à trois et demie ; le périoste s'en était détaché assez au loin , et leurs ligamens antérieuis s'étaient déchirés bien avant que l'éloignement des pubis ne fût de deux pouces et demi.
En répétant ces expériences sur un grand nombre de femmes, Baudelocque remarqua que l'un des pubis se déjetait en dehors d'ordinaire plus que l'autre ; et de là l'inégalité de l'écartement des symjihyses sacro- iliaques, qui variait depuis deux lignes jusqu'à sept. La plaie extérieure, qui était de deux pouces et demi, se déchirait, dans tous les cas, tant du côté de son angle supérieur qui; de l'inférieur, et quelquefois de l'étendue de plusieurs travers de doigts.
Mais du moins quel est l'agrandissement produit au prix de ces désordres? Il varie, selon la forme particulière du détroit supérieur, l'étendue respective de ses diamètres, et le chemin parcouru par chaque os pubis. Sur le bassin de trois pouces et quart cité plus haut , la distance de l'angle du pubis droit au sacrum , par un écartement de deux pouces et demi, s'était augmentée de cinq lignes et demie ; celle du pubis gauche , de deux lignes seulement; le diamètre transversal s'était élargi de dix lignes. Sur un autre de quatre pouces sept lignes de diamètre sacro-pubien, l'angle de chaque pubis s'était éloigné de cinq lignes du centre de la saillie du sacrum, le diamètre transversal étant augmenté de dix lignes. Toutes les expériences donnèrent à peu près les mêmes lésultats. Le diamètre transversal du détroit inférieur s'élargissait beaucoup plus que celui du détroit supérieur (1).
Ces essais sont curieux sans doute ; mais ils ne sauraient emporter la conviction. Premièrement, Baudelocque ne fait état que de la dislance qui existe entre le sacrum el l'angle symphysien des pubis ; mais, comme l'observe M. Ansiaux, la première douleur, lorsque la tète est en bonne position , fait engager dans l'écartement l'une des bosses pariétales. Deuxièmement, en expérimentant sur des bassins bien conformés , on ne saurait conclure pour les bassins mal conformés ; et nous verrons en eflét dans un instant que les résultats sur ces derniers paraissent plus avantagcv.x. Si l'on pousse ensuite l'écartement jusqu'à désunir les symphyses sacro-iliaques, le sacrum peut être repoussé eu arrière par la tète de l'enfant ; et Devcnter, cité par Baudelocque,
(t) Baudelocque , L'arl det accouchemens , 3' 6ilH., i. Il , p. 403.
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Ssl ANATOMIE CHIRURGICALE,
pensait même que c'était de cette rétrocession plutôt que de l'écartement des pubis, qu'on devait attendre l'ampliation du bassin ^ La déchirure des symphyses est à la vérité un accident assez grave , mais beaucoup moins cependant qu'on ne l'a dit ; car, en définitive , elles ne sont pas dans un état différent de cehii de toute articulation luxée ; et , pourvu que l'air n'y péiiètre pas , nous savons assez qu'il est rare d'y voir survenir une inflammation bien vive.
Mais cette déchirure n'a pas même lieu aussi facilement sur le vivant que sur le cadavre, et M. Ansiaux a signalé cette nouvelle cause d'erreur dans les expériences de ce genre ; c'est que lorsqu'on ne tente pas la symphyséotomie iuunédiatement après la rfort de l'accouchée, les parties contractent bientôt une roideur qui ne permet pas une ampliation considérable. Par exemple , l'expérience ayant été faite avec toutes les conditions favorables, dans les trois cas suivans, voici ce qu'on obtint :
l°La symphyse ayant été divisée sur un bassin qui avait deux pouces et un quart d'avant en arrière, trois pouces d'écartement donnèrent dix ligues de plus à ce diamètre.
2" Sur un bassin de deux pouces une hgne , on obtint :
A un pouce d'écartement. 1 lig. 1/2.
A deux pouces 7 lig.
A trois pouces 9 lig. i[2.
L'écartement porté plus loin, les symphyses sacro-iUaques se déchirèrent ;
La coutre épreuve fut faite sur quatre autres femmes, mais à un intervalle de 36 à 48 heures après la mort ; les résultats furent les suivans :
1° Sur un bassin de deux pouces et demi, on obtint une augmentation de huit lignes par un écartemcnt île deux pouces trois quarts; au-delà de ce terme, les ligamcns sacro-iliaques furent rompus.
3" Sur les trois autres, l'écartement des pubis ne put être porté qu'à un pouce un tiers ou un pouce et demi, ce qui concorde avec les résultats obtenus par Baudelocque.
En conséquence , M. Ansiaux établit la proposition suivante : M Toutes les fois que le bassin présentera deux pouces et quart de diamètre antéro-postérieur au détroit snpéiieur, on pourra pratiquer la section de la symphyse avec succès; mais lorsque la dilïormité sera plus considérable, il faudra faire l'opération césarienne (1). »
(1) Ansiaux , Clinique chirurg., p. 09.
Cette proposition est en eft'et assez d'accord avec ce que l'on a observé sur le vivant ; toutefois je ne pense pas que le dernier mot ait encore été dit sur la synipliyséotomie. Aux expériences de M. Ansiaux, tout importantes qu'elles sont, il a manqué toujours cette condition si simple et si naturelle, il fallait placer une tète de fœtus dans chaque bassin, et voir comment elle se serait accommodée pour en sortir. Nous avons vu en effet que, soit que la tète s'engage obliquement ou transversalement dans le détroit supérieur, le diamètre bipariétal ne répond peut-être jamais exactement au diamètre sacro-pubien ; et d'autre part, la compression réduit encore ce diamètre de quelques lignes. Je crois aussi que les nouvelles ressources qui nous sont oflértes par l'accouchement prématuré artificiel doivent donner une plus grande extension à la section de la symphyse, puisqu'à sept mois le diamètre bipariétal n'est que de deux pouces et demi environ à trois pouces (1).
J'aurai quelques mots à dire du développement des os illaques en parlant de l'articulation coxo-fémorale ; pour le présent il suffira de noter que dans l'extrophie de la vessie, le bassin participe au défaut de développement, et les pubis ne sont point réunis sur la ligne médiane.
(1) Voyez t. l", p. 52-4 et suiv. — J'ajoaterai aux tableaux que j'ai dressés alors pour apprécier lé volume de la tête du fœtus aux diverses époques de la grossesse, les données suivantes, dues aux recherches consciencieuses de M. P. Dubois. Il a mesuré 77 têles de fœtus de l'âge de 7 à 9 mois , et il a trouvé pour résultat que le diamètre bi-pariélal , terme moyen, est :
A 9 mois, de 5 pouces 6 à 7 lignes.
A 8 mois, de 5 pouces 1 à 2 lignes.
A 7 mois, de 2 pouces 6 à 7 lignes.
Le diamètre occipito-fronlal, moins important, suit des proportions analogues ; et outre ces différences de volunc , il faut tenir compte de la différence soos le rapport de la réduciibilité. — P. Dubois, Théte de concours pour la chaire d'aêcouchemens , Paris, 1834.