‹ Traité d'anatomie chirurgicale et de chirurgie expérimentaleChapitre 4 sur 57 · CHAPITRE PREAIIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREAIIER

' * DU RÀCHIS.

Le raclas est la partie fondamentale du corps humain , celle qui naît la première, et à laquelle se rattachent toutes les autres ; si hien que des intelligences élevées ont pensé que la vertèbre , élément du rachis, était également l'élément rudimentaire de tout l'organisme ; que chaque parue du corps n'était qu'une vertèbre surajoutée aux autres; et ce système, appuyé sur des raisons puissantes lorsqu'on le restreint au bassin et au crâne , a eu comme tout système ses exagérations, lorsqu'on a voulu l'appliquer à la formation des membres.

Le rachis nous présente à étudier 1° les parties molles qui le recouvrent , région rachidicnnc ou spinale ; 2° le squelette ou co~ lonne cpinière ; S" sa ç^vUp jivec les organes qui y sont contenus.

§ 1. Région spinale.

1° Limites.

Les liniites de cette végion sont assez bien marquées supérieurement par la racine des cheveux , inférieurement par le spmmet du coccyx, facile à sentir sous la peau ; mais sur les côtés elles ne sont pas aussi nianifesles. Ponr la partie postérieure du cou, M3L Yclpeau et Blandin prennent c\ peu près poiir limites le bord antérieur du tiapèzo, en allant toutefois en haut jusqu'au nivpaii du bord antérieur de l'apophyse masto'ide , où cette région confine avec la région parotidienne; et il y a des avantages réels à adopter colle circonscription. ÎNIais au dos , ils n'éteudcut pas la région plus en deliors que le relief du muscle sacro-spinal ou le talon des côtes. Cela me paraît peu logique, et puisque toute la largeur du trapèze a été comprise pins haut dans la région , je ne vois pas de raison pour l'en exclure plus bas. Ainsi , à partir de l'attache du bord anl( rieur du trapèze à Lxçlavicule, je «lonne pour limites A la région spinale les attaches du même muscle à l'omoplale, puis le hoid postérieur de cet os ; et à partir de son angle inférieur seulement, je rétrécis la région spinale jusqu'à l'angle des côtes et au bord externe du muscle sacro-spinal; toul-à-Jait en bas elle se limite d'ellemême dans les gouttières du sacrum.

Ce vaste espace a été clivisé par les auteurs en quatre rx-gions secondaires , 1" la nuque ou région çeivicale , limitée en bas par jiçie ligue tirée de l'apophyse épineuse de la 7^ vertèbre à l'attachç clayiculaire du trapèze ; 2° la région dorsale terminée par le bord libre des dernières côtes ; 3° la région lombaire j et enfin 4" la région sacrée.

Cette divisiojj est très naturelle si l'on ne considère nue le squelette ; elle l'est beaucoup moins quand on l'applique aux parties molles j ef il serait plus simple de décrire en totalité la région spuiale , comme a fait Meckel, avec ses quatre cquches jiiusculaires ; la première formée 4u trapèze et du grand dorsal , et occupant presque toute la région ; la seconde , moins régulière , constituée par le rhomboïde, Tangulaire de l'omoplate, les dentelés postérieurs et le splénius ; la troincn\e par le sacjo-spinal, te grand et le petit complexus ; enfin la quatrième, constituée par les inter-épineux elles inler-transversaires, auxquels se ralhent les muscles droits postérieurs , les deux obliques et le droit latéral de la tète. J'ai suivi cependant la marche ordinaire , dans le buf de préciser mieux l'étude des rapports en les considérant sur des surfaces moins étendues.

2" Anatomie des plans.

Région cervicale. Les couches à traverser pour aiTirer aux yertèbres sont :

1° La peau, très dense et très épaisse, d'autant plus adhérente qu'on la considère plus haut et principalement sur la ligne médiane j

2° Une couche cellulo-graisseuse dense, où il est assez difficile de reconnaître le fascia superficialis , et la lame d'enveloppe du trapèze ;

3" Sur la ligne médiane, le ligament cervical , très mince et presque réduit à la texture fibro-celluleuse ; sur les côtés , dans presque toute l'étendue de la région, le muscle trapèze ; en haut et en dehors seulement, l'extrémité du sterno-mastoïdien , laissant entre lui et le précédent un espace où l'on aperçoit une partie du splénius et de l'angulaire de l'omoplate ; V' "'»*"

4° Un second plan charnu sous-jacent au trapèze et ari'stertfdmasioidien , constitué en haut et en dedans par le splénius de la tète ; en dehois par le splénius du cou et l'angulaire de l'omoplate ; en bas et en dedans par une petite portion du rhomboïde qui remonte jusque vei's l'épine de la sixième ou même 'de la cinquième vertèbre cervicale , et qui recouvre en ce point IjÇ splénius ;

4 ANATOMIE CUIRUKGieALE.

5° La troisième couche inusculeuse, formée en dedans par le grand, en dehors par le petit complexus;

6° La quatrième couche musculeuse , formée en haut, entre l'axis et l'occipital, par les muscles grand et petit droit» postérieurs, l'oblique supérieur et l'oblique inférieur, et enfin le droit latéral ; plus bas , par les inter-épineux et les inter-transversaires du cou, et par la portion supérieure du sacro-spinal;

7° Enfin, le squelette, ofl'rant au centre les apophyses épineuse» , latéralement les gouttières vertébrales ; plus en dehors les apophyses transYCrses. Les gouttières cervicales sont formées , à partir de l'axis , par des lames osseuses qui se recouvrent parfaitement et protègent avec efticacité la cavité rachidienne; mais entre l'axis et l'atlas , et entre l'atlas et l'occipital , il reste des vides remplis seulement par des ligamens assez lâches, et par lesquels un instrument arriverait facilement jusque dans le canal. Mais je reviendrai plus bas sur cette disposition.

Région dorsale. Les couches successives sont :

1° La peau ;

2" La couche cellulo-graisseuse ;

3^ Le trapèze , dont le bord externe monte obliquement de la dernière épine dorsale à l'épine de l'omoplate ; il laisse donc entre lui et le bord postérieur du même os un espace triangulaire où la couche suivaiiie est à nu sous les deux premières ;

4" En haut le rhomboïde, dont le bord inférieur descend de la quatrième ou cinquième épine dorsale jusqu'à l'angle inférieur de l'ouioplale ; en bas le grand conunencement du grand dorsal dont les attaches vertébrales montent en général jusqu'à la septième épine dorsale, et quelquefois jusqu'à la quatrième.

5° Une troisième couche fibro-niusculeuse fort incomplète , formée en haut par le petit dentelé sujiérieur et postérieur, qui naît par une très mince aponévrose du ligament surépineux cervical et des deux ou trois premières épines dorsales pour se rendre aux deuxième , troisième , quatrième et cinquième côtes ; en bas par une portion tlu petit dentelé inférieur, né des trois dernières épines dorsales et des trois ou quatre premières lombaires, et qui se rend aux ijuatre dernièies côtes ; -» 6" L'aponévrose vertébrale ;

7" Les muscles des gouttières verlébiales, réunis en bas ea utt faisceau presque inextricable, dont se dégagent supérieurenieut le spWînius et les deux complexus ;

8 En lin le squelette, constitué par les gouttières vertébrales, les articulations verlébro-coslales, et une portion des côtes et des «6pacc« intercostaux. En laissant à la région intercostale les mus-

DU KÀCUIS. 6

des qui en empruntent leur nom , les petits muscles surcostaux reviennent encore à la région dorsale.

Région lombaire. On y trouve :

1° La peau ;

2° La couche cellulo-graisseuse ;

3° Le grand dorsal , et au dessous de lui l'origine d'une portion du petit dentelé inférieur, confondu en ce point avec l'apo»' névrose du grand dorsal.

4° L'aponévrose vertébrale ;

5° La masse du muscle sacrO' spinal , dont le bord externe qui sert de limite à la région est très saillant chez les individus secs et rnusculeux ;

6° En dedans le squelette des gouttières vertébrales ; plus en dehors un plan formé par les apophyses transverses des vertèbres lombaires , les nuiscles intcr-transversaires et le feuillet moyen de l'aponévrose du muscle transverse, qui recouvre la face postérieure du muscle carré des lombes. Mais nous retrouverons ce dernier muscle et les parties sous-jacentes en traitant de la cavité abdominale.

Région sacrée. Le squelette en est uniquement formé par les gouttières du sacrum, si l'on en excepte les épines iliaques postérieures qui leur servent supérieurement de limites externes. Ces gouttières sont d'autant moins profondes qu'on les examine plus inférieurement ; ainsi en haut il faut encore traverser pour y arriver ; 1° la peau ; 2° une couche cellulo-fibreuse qui admet peu de graisse dans ses cellules; 3° l'aponévrose du grand dorsal; 4° l'aponévrose très forte du sacro-spinal et l'origine charnue de ce muscle. Mais tout-à-fait en bas , la peau n'est séparée du coccyx que par du tissu cellulaire et quelques productions fibreuses.

Vaisseaux et nerfs. Les artères de cette région sont de haut en bas ; Y occipitale, la vertébrale, la ceri>icalc profonde, la cervicale transi>erse , les branches dorsales des intercostales , et enfin les branches postérieures des artères lombaires et des sacrées latérales.

Uartèrc occipitale arrive dans cette région après avoir passé entre l'apophyse transverse de l'atlas et l'apophyse mastoide ; elle 'monte innnédiatement dans la région sous-occipitale. Les rameaux qu'elle fournit aux muscles postérieurs du cou et aux tégumens sont nombreux, mais sans Importance.

Uartcre vertébrale n'occupe également qu'un très petit espace de la région spiuale ; entre l'axis et l'atlas, elle abandonne le canal qui lui est formé par les trous des apophyses transverses , et forme au dessous du petit complexus une courbure verticale dont la convexité regarde en arrière , en haut et en dedans. Elle

é ANAtOHiiÊ CHIHURClCALfi.

passé ensuite Jans le trou de l'apophyse transverse de l'atlas; ptiîà entre cette vertèbre et l'occipital , elle se porte de nouveau eh arrière et en dedans , et forme une courbure transversale à convexité postérieure, qui occupe l'espace triangulaire dés miiscies droits postérieurs et obliques de la tète , et qui est recouverte par le grand complexus et le grand droit postérieur. Après ces deux «létours, l'artère pénètre dans le crâne par le grand trou occipital. Elle envoie aussi aux muscles cervicaux des raineaux assez nombreux , mais d'uji calibre trop exigTJ pour avoir quelque im por tance.

La ceri'icale tra/isferse arrive dans la région cervicale , à deux travers de doigt environ au dessus de la clavicule, sous les muscles trapèze et angulaire de l'omoplate. Elle descend presque aussitôt obliquement en arrière, gagne l'angle supérieur et postérieur de Tomoplatq, et descend verticalementlc long du bord postérieur de cetos,au dessous du muscle rhomboïde. Elle envoie des rameaux peu volumineux aux muscles déjà nommés et à quelques autres , et aux tégumens delà région dorsale.

La ccvi'icale profonde sort d'entre les apophyses transverses dé la sixième et de la septième vertèbre cervicale, monte en arriéré et en dedans entre la portion cerviciàle du sâcro-spinàl et le gtand couiplexus, et se perd dans les muscles el les tégiimens.

Les branches dorsales des intercostales sortent entre les apophyses transverses des vertèbres, comme les artères occipitale et cervicale profonde q«i les représentent au cou ; elles se perdent presque immédiatement dans les muscles des gouttières vertébrales.

Les branches postérieures des lombaires sont fort grêles comriié les précédentes, suivent la même marche, et ont la même distribution.

Les rameaux qui arrivent aux gouttières sacrées des arùrès sacrées latérales, ne valent pas la peine d'être décrits.

Les veines suivent partout le tiajet des artères; toutefois, M. Blandi» décrit, d'après le docteur Godman, une veine super- 6cielle, peu volumineuse, placée sur la région dorsale sur la ligne médiane; simple en bas où elle a son origine, séparée supérieurement en deux branches qui se rendent en perçant le trapèze dans la veine cervicale transverse; c'est la veine azy'gos du dos i qui paraît constante, mais qui n'a pour nous aucun intérêt.

Les lymphatiques superficiels de la nuque et du dos vont aux ganglions de l'aisselle ; ceux des lombes aux ganglions inguinaux. M, Velpeau dit aussi avoir rencontié deux ou trois jpetits ganglions sur le splénius, entre le trapèze et le sternomastoidioB , à un pouce environ au dessous de la ligue courbe de ^'occipital. Quant aux lymphatitiues j)rofonus, ceux de la nuque se rendent aux ganglions latéraux du cou ; ceux du dos âlix gan-

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