SECTION VIL
Du corps humain.
L’assemblage des régions dont nous venons de faire l’étude constitue le corps humain. Considéré d’une manière générale, il présente les formes arrondies des corps organisés. Il est compris dans un ovale , dont les parties latérales passeraient sur les côtés, dont la grosse extrémité correspondrait à la tête, et la petite aux pieds. Sa forme propre ne peut être comparée à celle d’aucun corps qui nous soit connu, en sorte que l’on peut dire qu’il ne ressemble, en vérité, qu’à luimême.
Sa direction est à peu près verticale dans la station debout, c’est-à-dire que la plus grande partie des segments dont il est formé sont superposés les uns aux autres suivant leur axe. Le pied seul est situé à angle droit sur la jambe par l’intermédiaire de la région du coude-pied. Mais l’exercice de la marche, les relations avec le monde extérieur les inclinent les uns sur les autres sous mille angles, et donnent lieu à des altitudes variées.
Dans ses dimensions, le corps humain offre une prédominance considérable de sa longueur sur les autres dimensions, on ne saurait en donner une mesure rigoureuse. Celte longueur varie, en effet, suivant les sexes ,.sjuiv:antles âges, les peuples et les individus. On l’évalue , en moyenne, à un mètre 70 centimètres environ. Le milieu de la taille correspond, chez la femme, au-dessous de la symphyse des pubis, et, chez l’homme, à la partie supérieure de cette articulation.
La première a des membres inférieurs dont la longueur est un peu plus grande cpie celle du tronc et de la tôle réunis; ceux du second ont, au contraire, une longueur égale à celle partie du corps. Il en résulte que les différences de la taille tiennent non au tronc, mais à ces membres. Ces notions, utiles aux peintres, sont pour nous d’un médiocre intérêt. Il en est de meme des détails suivants que nous ne ferons qu’indiquer : la hauteur du corps équivaut, chez un sujet adulte bien conformé, à huit fois celle de la tête; la circonférence du corps , prise au niveau des fausses côtes, représente à peu près la moitié de la longueur de la taille. Ajoutons que la plus grande circonférence du corps est au niveau des épaules chez l’homme, au niveau des hanches chez la femme.
Le corps humain présente dans son aspect général un centre où sont empreints des rétrécissements et des ventres d’une part, de l’autre des appendices. Celui-là constitue le tronc; ceux-ci , les membres, dont deux , supérieurs , sont appendus au thorax , et deux , inférieurs , tiennent au bassin qu’ils supportent. Le cou , intermédiaire à la tête et à la poitrine, est la partie la plus étroite du tronc; on remarque encore une ligne circulaire peu prononcée au-dessus des hanches. Nous avons eu soin d’exposer , dans l’étude des régions en particulier, toutes les particularités relatives à la configuration extérieure du corps. Toutefois , nous dirons encore que le tronc, légèrement aplati d’avant en arrière, peut être étudié’sur quatre faces : l’une antérieure , l’autre postérieure et deux latérales.
Le tronc est symétrique à l’intérieur. Un raphé quelquefois très-prononcé existe sur la ligne médiane du corps, et indique les traces de l’union de deux parties latérales primitivement distinctes. On en trouve un exemple remarquable dans le scrotum , dans le périné. Quelques aponévroses d’enveloppe présentent encore un entre-croise-
DU MEMBRE ABDOMINAL
menl évident de leurs fibres; telles sont celles de la région sterno-costo-pubienne, dans la ligne blanche. Enfin celte division médiane se traduit encore profondément par
des cloisons ou des plans fibreux ou séreux plus ou moins
complets : telle est la grande faux du cerveau, les replis sereux des médiastins, la cloison du dartos. Cependant il no faudrait pas croire que la symétrie des deux parties latérales du tronc est d’une rigueur mathématique. La moitié droite est plus volumineuse, plus forte que la gauche; elle est même portée plus en avant. Cette différence est primordiale et non consécutive à l’exercice. Il est probable que c’est à celte disposition qu’est due la propension naturelle de l’homme à se servir plutôt du membre droit que du membre gauche.
A mesure que l’on pénètre dans la profondeur du corps, la symétrie diminue de plus en plus. De là une symétrie d’équilibre , qui consiste dans la présence d’organes, qui se contre-balancent plus ou moins par leur volume et leur poids.
Il n’existe aucune symétrie d’avant en arrière. Celle qu’a voulu établir Meckel entre les parties supérieures et les parties inférieures, en assimilant le diaphragme à un plan transversal, est basée sur des analogies insuffisantes.
Le développement du corps humain se trouve étudié à l’occasion de chaque région ; nous avons également signalé les modifications que l’àge apporte dans le squelette et les parties molles. Ce serait s’exposer à des redites inutiles que d’entreprendre ici son élude générale. Pour la composer, le lecteur n’a qu’à se rappeler les détails qui sont disséminés dans les diverses parties de cet ouvrage.