‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planchesChapitre 20 sur 76 · Les Nerfs · texte numérisé non relu

Les Nerfs

Ils sont tous donnés par le plexus lombaire : d’abord enveloppés dans les fibres du muscle psoas , sous l’aponévrose,

DE L ABDOMEN

ils rampent plus ou moins long-tems sous cette lame avant de la percer.

a. L’inguino-cutané se porte obliquement entre elle et le muscle iliaque, jusqu’auprès de l’épine iliaque antérieure et supérieure 5 il traverse même l’échancrure qui sépare cette épine du tubercule antérieur et inférieur, et ne traverse le feuillet fibreux qu’en arrivant à la cuisse; sa position profonde s’oppose à ce que l’S iliaque du colon, ou le cæcum remplis de matières fécales dures, puissent le comprimer dans les constipations opiniâtres.

b. Le génito -crural repose sur la face antérieure des psoas dans la couche celluleuse sous-péritonéale, et marche parallèlement à l’artère iliaque, presque toujours sur son côté externe , et quelquefois sur sa face antérieure ; en sorte que , tantôt il est très-facile de l’éviter en liant ce vaisseau, et que, d’autres fois , il est tellement engagé dans les lames qui le recouvrent, qu’il serait dangereux de chercher à l’isoler. Alors, dans ce dernier cas , il vaudrait mieux le saisir avec des pinces , et le couper en travers, que de le comprendre dans la ligature. Si cependant il était déjà pressé dans le fil, on devrait se borner à serrer un peu plus fort, afin d’anéantir complètement son action. Ses deux branches ne se séparent, en général, qu’assez près du ligament de Poupart : l’inguinale se réunit bientôt aux vaisseaux testiculaires et au canal déférent , pour entrer avec eux dans le canal sus-pubien ; la fémorale suit la première direction du nerf, et s’engage dans la portion externe du canal crural; mais elles n’ont, ni l’une ni l’autre, un volume assez considérable pour jouer un grand rôle dans les maladies chirurgicales.

c. L’obturateur descend perpendiculairement sous le psoas, et perce l’aponévrose qui cache la symphyse sacro -iliaque, pour traverser le bassin, où il reste derrière l’artère et la

Ï j6 DÜ L ABDOMEN.

veines iliaques : nous le reverrons d’ailleurs dans l’excavation pelvienne.

d. Il en sera de même du nerf lombo-sacré qui réunit les deux plexus dont il porte le nom, en croisant le devant de l aile du sacrum.

e. Le crural est ici le nerf principal; en descendant, il s’isole peu à peu de la face postérieure du psoas, de manière que, vers le tiers inférieur de la fosse iliaque, il se voit sous le fascia iliaca , dans la rainure qui réunit les deux faisceaux charnus de la région; très-écarté de l’artère jusque-là par l’épaisseur du muscle sous lequel il passe, il s’en rapproche tellement ensuite, qu’à son entrée dans le canal crural, l’aponévrose seule les sépare; mais alors, elle est très-épaisse; et de toute manière, dans les opérations qu’on pratique sur l’artère , le nerf peut toujours et facilement être évité, il faut dire même que, renfermé dans le même canal fibreux que les muscles iliaque et psoas, il s’engage comme eux sous l’arcade crurale, par le canal iliaque, dont il remplit l’angle interne, et que la cloison fibreuse, qui le sépare alors de l’artère ou du canal crural, se continue jusqu’à la cuisse, en formant ce que M . /, Cloquet a nommé septum crurale.

9°. Le Tissu cellulaire.

Lamelleux , abondant et très-souple , ne renfermant qu’un assez petit nombre de cellules adipeuses, le tissu cellulaire de la fosse iliaque forme deux couches bien distinctes : l’une que nous avons déjà examinée, entre le péritoine et le fascia iliaca , et qui va s’épanouir dans le fascia superficialis de la cuisse par le canal inguinal et par le canal crural; l’autre plus profonde, qui entoure les muscles et le tronc nerveux, séparée de la précédente par l’aponévrose iliaque, se continue avec le tissu cellulaire profond ou inter- musculaire delà cuisse

DE L ABDOMEN. xyj

par le canal iliaque, et sert de filtre au pus, dans la plupart des dépôts par congestion.

ioo. Le Squelette.

Formé par la portion osseuse à laquelle se rapporte le nom de la région, il ne comprend, en conséquence, que l’os ilium proprement dit* encore, 1 examinerons-nous plus particulièrement à l’occasion de la région fessière. Remarquons seulement ici que les deux fosses iliaques forment presqu en totalité ce qu on appelle le grand bassin , qui est beaucoup plus large chez la femme que chez l’homme, et que cette différence d amplitude est surtout en rapport avec les fonctions sexuelles. Les dimensions plus grandes du bassin chez les femmes, ne peuvent avoir lieu sans entraîner un écartement plus prononcé des épines iliaques, ce qui fait qu’alors , 1 arcade crurale est très-considérable, et, comme le canal inguinal est très-petit , il en résulte que les hernies fémorales sont aussi frequentes chez les personnes du sexe que les hernies inguinales chez l’homme. La preuve que telle est la cause de cette différence dans la fréquence des hernies crurales, c’est que, dans 1 enfance, ou le bassin se ressemble dans les deux sexes, les hernies inguinales sont presque aussi communes que les crurales chez les petites filles. Il arrive quelquefois que les crêtes coxales se déjettent en arrière, et que tout l’os iliaque se rapproche de la direction horizontale; en un mot , que la fosse iliaque devient plane, ainsi qyxeM.. Ribes en a vu deux exemples, et chez des femmes très-âgées; cette disposition d’ailleurs, favoriserait singulièrement l’inclinaison de l’utérus pendant la grossesse, si elle avait lieu chez des femmes assez jeunes pour devenir enceintes; elle nous paraît dépendre de la pression douce mais continuelle qu’exercent les viscères sur les os mal soutenus par les parois abdominales relâchées, soit par les

DE L ABDOMEN

progrès de l’âge simplement, soit par suite de grossesses multipliées, soit encore dans les cas de maigreur qui succède à la polysarcie ou même à l’embonpoint ordinaire, chez un grand nombre de femmes sur le déclin de leur existence. Lorsque, au contraire, chez la femme adulte, les crêtes iliaques restent trop relevées, c’est-à-dire, lorsqu’elles sont disposées comme dans l’homme, elles favorisent la descente de matrice pendant la gestation, si toutefois l’excavation pelvienne, de son côté, n’est pas rétrécie. En sorte que , chez une femme bien conformée, il doit y avoir neuf pouces et demi environ d’écartement entre les deux épines iliaques antérieures et supérieures, el dix pouces et demi entre la partie moyenne des deux crêtes iliaques. Mais, nous reviendrons sur ce point, après avoir examiné les diverses régions du bassin.

La fosse osseuse est unie d’une manière si lâche au muscle iliaque, que, dans les inflammations, elle se trouve promptement dénudée par la suppuration ; ce qui explique l’extrême facilité avec laquelle l’os coxal se nécrose ou s’altère à la suite des phlegmasies profondes du tissu cellulaire, du psoïtis7 etc. ; et de là, l’indication de combattre activement ces maladies dès leur principe, si l’on veut éviter la perte des sujets.

Jetons maintenant un coup-d’oeil sur les dilférens organes renfermés dans la cavité de l’abdomen.

SECTION VI

Page 1