‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planchesChapitre 28 sur 76 · C. LE SCROTUM OU LES BOURSES · texte numérisé non relu

C. LE SCROTUM OU LES BOURSES

Cette espèce de sac contient les testicules et leur cordon; il est ferme, peu volumineux , plus large à sa base qu’à son sommet, chez les enfans, les jeunes sujets , et lorsqu’on kest subitement saisi par le froid; il est assez allongé, mou, pendant, et comme fixé par un simple pédicule aux pubis , chez les vieillards et dans l age adulte ; supérieurement , il semble se bifurquer pour embrasser la racine du pénis f et se continuer avec les anneaux sus- pubiens ; en bas, il se prolonge sur la ligne médiane du périnée , par une saillie molle , et se trouve séparé des cuisses, sur les côtés, par deux rainures en général très -profondes, et dans le fond desquelles se remarquent souvent des excorations , chez les enfans très-jeunes surtout. Enfin, on a vu ses deux portions rester isolées et

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simuler, jusqu a un certain point, les grandes lèvres de la femme ; et de là sans doute plusieurs de ces histoires d’hermaphrodisme, si communes chez les anciens.

PARTIES CONSTITUANTES

i°. La Peau.

La peau du scrotum est, comme celle de la verge, trèsmince, molle , extensible, et jouit aussi d’une grande mobilité ; mais, elle est, de plus , couverte de poils et de follicules qui forment autant de granulations à sa surface libre; sa couleur est toujours plus foncée que sur les parties environnantes, et son aspect est rugueux; elle se relâche et s’allonge, quand le corps est échauffé par le travail; au contraire, elle se resserre et se plisse, quand on a froid, et dans beaucoup d’autres circonstances. Il résulte de ses caractères anatomiques, que son action sécrétoire est très-active, et que la matière sécrétée, s’accumulant dans les rides qu’elle présente, reçoit facilement les corpuscules extérieurs, dê manière à former promptement une sorte de crasse plus ou moins irritante, qui entre comme cause principale dans la production d’un grand nombre de maladies dont elle est souvent le siège, telles que les éruptions cutanées, les dartres, par exemple. Bien des raisons portent à croire que la maladie si bien décrite par Percival Pott , sous le nom de cancer des ramoneurs , tient également à cette particularité. Sur la ligne médiane, se remarque une espèce de couture qui se continue , d’une part, sous la racine de la verge, et se prolonge de l’autre, en arrière, vers l’anus; cette ligne constitue le raphé, et peut servir à diriger dans les incisions qu’on pratique sur les bourses. La grande extensiblilité de la peau du scrotum fait que , pour enlever les tumeurs qui se développent au-dessous d’elle, on peut, sans inconvénient, en emporter une bien

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plus grande portion que dans toute autre partie du corps , et que , dans le sarcocèle , par exemple , en saisissant la partie à pleine main, selon le conseil donné par le docteur Kern , de Vienne , pour en faire la section d’un seul coup , comme on le pratique pour l’amputation de la verge , la cicatriee finit par se faire, et se fait même quelquefois immédiatement beaucoup mieux que dans les cas où l’on a disséqué les tégumens avec la plus minutieuse attention.

Notons aussi que les poils peuvent devenir la cause de douleurs assez vives , lorsqu’ils ont été coupés chez l’adulte, si le sujet se trouve obligé de marcher beaucoup pendant les premiers jours qui suivent cette opération. En effet, leur extrémité libre reste dure alors, jusqu’à ce qu’ils aient acquis assez de longueur pour fléchir, et, comme ces pointes exercent des frottemens sur la peau delà partie interne des cuisses, il en résulte des douleurs plus ou moins cuisantes, des excoriations même , dont on recherche quelquefois bien loin la cause.

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