La Couclie sous-cutanée
On pourrait, à la rigueur, la diviser en plusieurs lames, mais qui ne sont , en réalité , que divers feuillets du fascia superficialis . Cette couche, qu’on appelle dartos , est double, c’est-à-dire , qu'il y en a une de chaque côté. Pour en avoir une idée claire, il faut la considérer chez le fœtus avant la formation du scrotum , et comme un fragment du fascia souscutané général : alors, effectivement, on voit quelle envoie dans 1 abdomen un prolongement canaliculé, en forme d’entonnoir, par l’anneau inguinal, jusqu’au testicule, qui repousse ensuite en descendant peu à peu cette espèce de doigt de gant devant lui, de manière à i’epanouir complètement, quand il est tout- à- fait tombé dans les bourses. Lorsque les choses en sont arrivées à ce point^ les dartos constituent
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vraiment deux poches indépendantes l’une de l’autre, adossées seulement par la partie interne de leur face externe, pour former la double cloison qui sépare les testicules, au -dessous de l’urètre et de la verge. Cette membrane, d’ailleurs, se continue d’une manière évidente avec la couche celluleuse du périnée, de la région inguinale , de l’abdomen et du pénis; chez quelques sujets, ses fibres sont souples^ cotonneuses et rougeâtres, de manière que les anciens anatomistes qui expliquaient par les contractions du dartos le plissement du scrotum et la rétraction des testicules, se fondaient sur cet aspect, pour lui accorder la texture musculaire. Il est vrai que le muscle crémaster rend assez bien compte de ces mouvemens de la peau et des glandes séminales ; il est également vrai que cette opinion, sur la nature musculaire des dartos , est depuis long-tems entièrement rejetée; cependant, nous avons sous les yeux un cadavre sur lequel cette structure charnue est évidente dans la couche que nous indiquons ; ses fibres sont parallèles , ondulées , villeuses , molles , très-souples , rougeâtres ; elles présentent , en un mot, tous les caractères de la membrane musculaire de l’estomac, au moment où l’œsophage s’épanouit, pour ainsi dire, sur ce viscère. Ce fait est encore plus distinct sur la portion périnéale de l’urètre, en sorte que, si nous osions émettre notre opinion à cet égard , nous dirions qu’il est dans la nature du tissu cellulaire de pouvoir se transformer en tissu charnu : mais , ce n’est point ici qu’il convient de discuter ce point d’anatomie générale.
C’est dans la couche sous-cutanée que siège l’hydrocèle par infiltration , et l’on conçoit que cette maladie puisse être la suite dune affection semblable des parois abdominales, du périnée ou des membres pelviens ; c’est dans ses lames aussi que se font ces fusées de jpus, qu’on remarque assez souvent
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à la suite d’abcès de toute espèce qui se sont développes dans les régions environnantes, que s’infiltrent encore les urines, dans le cas de perforation de l’urètre, ainsi que le liquide qu’on cherche à pousser dans la tunique vaginale lorsque la canule n’est pas convenablement maintenue, et le sang, dans les blessures des artères honteuses externes ; la disposition de ces lames explique, du reste, la facilité avec laquelle ces diverses sortes d'épanchemens produisent si vite de grands désordres, et fournissent, dans tous ces cas, l’indication de diviser promptement et largement la peau, quand on craint la formation d’une collection purulente sous les tégumens du scrotum.
Sur les bourses proprement dites , les cellules adipeuses sont en très-petit nombre ; mais, en remontant sur le cordon, ou en se portant vers le périnée , elles deviennent plus abondantes : aussi , dans la polysarcie , ces derniers points deviennent-ils plus ou moins épais , tandis que sur la poche testiculaire, la couche sous-cutanée reste la même : d’où il suit que le scrotum semble beaucoup moins volumineux, toute proportion gardée, chez les hommes qui ont de l’embonpoint que chez ceux qui sont maigres.
3°. La Tunique fibreuses
C’est la première qui soit moulée sur le testicule et son cordon ; nous avons déjà vu, en parlant du canal inguinal , quelle naissait du pourtour de l’anneau du grand oblique, et qu’elle se continuait d’une manière évidente avec la trame fibro-celluleuse de l’aponévrose de ce muscle. De texture assez serrée d’abord, elle se relâche ensuite, et revêt bientôt la mollesse et tous les caractères du simple tissu cellulaire , en descendant ; tout-à-fait en bas , elle se confond tellement avec la précédente , qu’il est le plus souvent presque impossible
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de les séparer. Dans les hernies anciennes, cette tunique acquiert quelquefois une grande épaisseur , et de telle sorte que, si les viscères s échappaient par une de ses déchirures , il pourrait en résulter tous les phénomènes de l’étranglement. Remarquons , toutefois , que cet accident n’est guère possible que dans sa moitié supérieure et sur sa portion antérieure , à cause de l’extensibilité plus grande dont elle jouit dans les autres points.
4°. La Tunique musculeuse ou le Cremaster.
Nous avons déjà vu que cette gaine était une dépendance du muscle petit oblique , et que ses fibres formaient autant d’anses, rentrant toutes par leur extrémité dans l’anneau inguinal , et dont les plus longues embrassent le testicule. Formé de fibres grêles et peu distinctes chez un grand nombre de sujets , ce muscle est, au contraire , très -fort chez d’autres personnes , et l’on sait, à n’en pouvoir douter , qu’il joue le principal rôle dans cette action par laquelle les bourses se relèvent et le testicule s’applique contre l’anneau , chez quelques individus jeunes, forts et robustes. Dans les hernies anciennes, il éprouve des changemens qu’il est bon de faire remarquer : d’abord, il acquiert parfois une telle épaisseur, qu’on l’a supposé capable de faire rentrer seul les hernies par ses contractions (1) ; et depuis Sharp et Monro , tous les chirurgiens , à l’exception de Pott , Richter et Walter , ont indiqué que le muscle crémaster était quelquefois très-épais autour du sac herniaire ; il faut dire même, avec Scarpa, que cet épaississement delà tunique charnue, joint à un état semblable des autres gaines, a fait croire au plus grand nombre des praticiens qui ont écrit sur ce sujet, que, dans les
(1) J. L. Petit, tome ier, page 288.
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hernies volumineuses et anciennes, le sac péritoneal proprement dit, devenait, par degrés, d’une épaisseur considérable. Dans l’hydrocèle, il a produit le même genre d’erreur, et , plus d’une fois , l’on a mis sur le compte de la tunique vaginale ce qui n’appartenait réellement qu’à la tunique érythroïde et aux enveloppes extérieures. Quoi qu’il en soit , on doit s’attendre, quand on pratique l’opération de la hernie étranglée ou la ponction pour l’hydrocèle, si la tumeur est volumineuse et quelle existe depuis long - lems , à rencontrer une épaisseur considérable de parties, tandis que, si ces maladies sont récentes , toutes les membranes seront plus minces que dans l’état naturel ; ce qu’il importe de bien connaître, pour ne pas s’effrayer de la profondeur à laquelle il faut quelquefois pénétrer , ou de la promptitude avec laquelle on arrive dans le sac herniaire ou la tunique vaginale.
Dans ce cas aussi, la gaîne musculaire, long-tems distendue par le collet du sac , finit par sembler naître de la circonférence de Vanneau, et se confondre avec la tunique fibreuse, de telle manière que ces deux lames ne forment plus qu’une couche aponévrotique et charnue. Dans tout état de choses, il est rare que la graisse s’accumule entre ces deux lames , et qu’il s’y fasse des infiltrations.
5°. La Tunique celluleuse. ■»
Désignée généralement sous le nom de tunique propre du cordon , cette gaîne est une des plus remarquables ; elle est essentiellement formée par le fascia propria , ou , si on l’aime mieux, par le tissu cellulaire qui double le péritoine; mais, on peut dire quelle est, en outre, enveloppée par une autre tunique appartenant au fascia transversale, puisque le testicule n’a pu l’entraîner qu’en traversant l’ouverture de ce dernier fascia , ou plutôt, en le poussant devant lui pour en
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former un entonnoir. De cette manière, la gaine clu cordon n’enveloppe pas la tunique vaginale; elle s arrête à l’endroit où le canal déférent s’enfonce dans le testicule : d’où il suit, comme l’a très-bien fait remarquer Scarpa , que, dans les hernies inguinales, à moins qu’elles ne soient congéniales, les viscères et le sac s’arrêtent au-dessus de la glande séminale qui , toujours repoussée en dedans et en arrière , est unie d’une manière peu serrée, par sa face externe, à la membrane charnue; souvent, chez les sujets gras, on trouve la surface de cette membrane couverte d’une couche graisseuse assez épaisse , ou simplement de pelotons adipeux d’un volume variable , qui peuvent être la cause première de quelques hernies, et qui forment eux-mêmes, quand ils parviennent à un volume considérable, de véritables hernies graisseuses. C’est une disposition qui ne laisse pas que d’être embarrassante, lorsqu’on cherche à découvrir le sac dans les hernies proprement dites. Scarpa dit avoir observé une fois de la sérosité épanchée entre cette tunique et le muscle erémaster. Au reste , elle tient aux parties constituantes du cordon , à l’aide de lamelles ou de filamens celluleux assez serrés ; de sorte que les fluides peuvent s’y rassembler d’espace en espace , et former ainsi des sortes de poches , de kystes isolés , qui constituent ce que l’on nomme hydrocèle enkystée du cordon . A cette occasion , il faut noter que ces tumeurs seront toujours placées entre le testicule et l’anneau, puisque la membrane propre se termine à l’entrée des vaisseaux dans la glande : néanmoins , comme le tissu cellulaire se prolonge en arrière , le long de l’épididyme , pour se fixer aux autres tuniques , on conçoit la possibilité d’une hydrocèle enkystée dans ce sens. Dans cette maladie , le cordon est presque toujours rejeté en dedans et en arrière , parce que c’est en avant que les lamelles celluleuses sont le moins adhérentes ;
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ce quil ne faut point oublier, quand on veut faire l’opération, afin d’inciser ou de porter le trois-quarts sur la partie antérieure et externe de la tumeur. De toute manière , on voit que ces cavités accidentelles ne communiquent aucunement avec l’intérieur du péritoine , et qu’on peut en toute sûreté y injecter des liquides irritans, pour en déterminer l’oblitération ; qu’en un mot , cette maladie est susceptible de recevoir les différentes espèces de traitemens recommandés contre l’hydrocèle de la tunique vaginale.
6°. La Membrane séreuse.
Chez l’adulte, elle représente un petit sac sans ouverture, qu’on peut considérer comme formé de deux portions : l’une, qui adhère par sa face externe au cul-de-sac de la membrane fibro-musculaire ; l’autre, qui est intimement unie à la surface du testicule , mais de manière à ne pas recouvrir cet organe en totalité, et à laisser, en quelque sorte, sa racine, c’està-dire, la portion qui reçoit les vaisseaux et le canal déférent, enveloppée par le tissu cellulaire, et fixée à la face interne des autres gaines. Cette particularité permet d’expliquer trèsnaturellement ce qui arrive lorsque la cavité de cette membrane se remplit de liquide 5 savoir, que le testicule est toujours vers la portion interne, postérieure et supérieure de la tumeur. Aussi , doit-on , comme dans l’hydrocèle enkystée , constamment porter l’instrument sur le point antérieur externe et inférieur. Supérieurement, la tunique vaginale se continue jusqu’à l’ouverture postérieure du canal inguinal, par le moyen d’un cordon , qui n’est plus que le vestige d’un canal existant naturellement avant la naissance, entre cette poche et le péritoine, dont elle n’est qu’un prolongement. Or, les viscères peuvent s’introduire dans ce canal pendant la vie intra-utérine, et l’enfant naîtra avec une hernie,
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dans laquelle le testicule et les organes déplacés seront en contact immédiat. Cette hernie, appelée congéniale ou congénitale, persistant après la naissance, expose aux mêmes accidens que tout autre; mais il ne faut point oublier ici que le sac herniaire est la tunique vaginale ellemême; en sorte qu’en opérant, on ne devra pas s’attendre à trouver la surface externe de l’enveloppe immédiate des viscères , libre et susceptible d’être séparée facilement des autres. Ici, l’étranglement est rare, attendu que tout le canal, et l’anneau surtout, sont ordinairement très-dilatés. En outre , quand ce phénomène se manifeste , il est presque toujours produit par le collet du sac, l’ouverture du fascia transversalis , ou par ces deux causes en même tems. Nous avons vu plus haut que, dans la hernie ordinaire, la tunique celluleuse arrêtait les organes au-dessus du testicule; dans celle qui nous occupe , au contraire , la tunique vaginale leur permet de descendre beaucoup plus bas; mais toujours, comme dans l’hydrocèle, la glande et son cordon se trouvent répoussés en dedans et en arrière. Chez le fœtus à terme, ce canal est habituellement oblitéré ; seulement il arrive quelquefois que sa cavité reste libre dans différens points de sa longueur, quoique toute communication avec l’abdomen ait cessé. Dans ces cas, s’il se fait un épanchement de fluide dans ces cavités particulières, il en résulte une espèce distincte d’hydrocèle enkystée du cordon, qui diffère essentiellement de celle que nous avons indiquée, quant au siège quelle occupe, mais qui doit être traitée de la même manière.
Dans l’état naturel, la tunique vaginale est mince; son intérieur est lisse, et forme une cavité très-régulière; mais, quand le fluide qui la lubréfie naturellement s’y accumule en grande quantité, ou lorsque l’hydrocèle existe depuis longtems, elle se distend quelquefois énormément, peut remonter
vers l’anneau, passer en partie clans le canal inguinal, et donner alors à la tumeur la forme d’un bissae, par l’étranglement qui en résulte, comme l’a vu M. Bupuytren (i). Elle devient inégale, se couvre parfois de plaques cartilagineuses, se durcit, en un mot, devient dense, en sorte que le troisquarts peut éprouver quelques difficultés à la traverser, et qu’après la ponction , loin de s’affaisser et de permettre à ses parois de se mettre en contact, elle reste distendue comme une espèce de coque. Dans ce cas , l’excision est le seul traitement qui convienne, attendu qu’il n’est pas possible de produire l’adhérence des surfaces; plus souvent encore, la tunique vaginale s’épaissit de deux autres manières : d abord , par lépaississement des enveloppes déjà examinées ; ensuite, par la superposition des couches albumineuses qui s’organisent sur sa face interne , et en cela, elle se comporte comme les plèvres chroniquement enflammées. Quoi qu’il en soit, on doit noter cette disposition , qui rend le diagnostic de la maladie beaucoup plus difficile, à cause de la transparence qui est empêchée; elle oblige également à pénétrer plus profondément pour arriver dans la poche. Ainsi, l’on conçoit que, pour guérir l’hydrocèle, il suffit de faire disparaître la cavité vaginale, et que, pour atteindre ce résultat, on peut effectivement mettre en usage l’incision, l’excision, la cautérisation, le séton, la tente et l’injection, puisqu’il s’agit simplement d’enflammer ce sac, de manière que ses parois finissent par se souder.
D après la formation de cette membrane, si le conduit péritonéal persiste à la naissance, par la même raison qu’il peut se former une hernie congéniaîe, il peut arriver aussi quelle se remplisse de liquide qui produise une hydrocèle du
(i) Sabatier, tome 3, page 20
même genre. Cette espèce d’épanchement, décrit d’abord par Viguerie , mérite attention dans ie traitement, car l’inflammation que l’on détermine alors doit se transmettre facilement au péritoine ; le procédé par injection surtout paraît dangereux, à moins qu’on n’oblitère complètement l’anneau inguinal par une pression convenablement exercée pendant l’introduction du liquide irritant, comme nous l’avons vu faire une fois avec succès. Il arrive encore que la tunique vaginale, poussée par la sérosité, pendant que le testicule est retenu dans le ventre ou derrière l’anneau, forme une hernie congéniale, dans laquelle on n’aurait aucun organe à ménager pendant l’opération.
Au résumé, la disposition anatomique de la gaîne séreuse du testicule permet d’admettre une hydrocèle simple, sans communication avec le péritoine ; une hydrocèle congéniale , ou avec communication , et qui peut coexister avec une hernie du même genre; une hydrocèle uniloculaire ou multiloculaire, depuis la glande séminale jusqu à l’anneau, par l’oblitération incomplète dans un point ou d’espace en espace du canal naturel de communication, et qu’on peut appeler hydrocèle enkystée de la tunique vaginale; enfin, une hydrocèle enkystée, hors de cette tunique, ou dans le tissu cellulaire du cordon : ces dernières espèces, existant quelquefois sous forme d’hydatides dans le canal inguinal, ou très-près de son orifice externe, peuvent en imposer pour un bubonocèle, et, plus d’une fois, ont été prises pour cette affection.
Dans toutes ces variétés, lors de l’opération, les organes à ménager sont toujours placés dans le même sens et nécessitent les mêmes précautions, à part celles qui se rattachent à la présence du testicule derrière l’anneau, et à la communication péritonéale. Mais , lorsqu’on suit le procédé de fin-
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jection , l’arrangement des membranes exige une autre attention, dont 1 oubli pourrait avoir les suites les plus fâcheuses : nous voulons dire que, pendant l’écoulement du liquide, les tuniques se resserrant et revenant sur elles-mêmes, si la canule est tenue de manière à ne pas suivre ce mouvement rétractile, son bec, quoique bien placé d’abord dans la cavité séreuse, pourra s’en échapper, et se placer entre elle et les autres couches; en sorte que, si le chirurgien ne s’en aperçoit pas à tems , le liquide sera poussé dans l’intervalle des enveloppes du scrotum, et l’on devine tous les accidens qui pourront en résulter.
Quoi qu’il en soit, dans l’opération de l’hydrocèle, on n’arrive dans le sac qu après avoir traversé : i° la peau; 20 la couche sous-cutanee, ou le dartos ; 3° la couche fibreuse externe ; 4° la tunique charnue ou éryihroïde ; 5° la couche celluleuse ou fibreuse interne, mais seulement dans les cas où la maladie est une tumeur enkystée de la tunique vaginale ou du cordon; 6° la tunique séreuse ou vaginale.
Puisque, dans la hernie congéniale, les viscères sont rassemblés dans le même sac que le testicule , quand on veut opérer le débridement, on est obligé de couper les mêmes enveloppes dans l ordre qui vient d’être indiqué.
7°. Le Testicule.
La marche que suit cet organe pendant la vie intra-utérine, pour sortir de l’abdomen, fait qu’il peut s’arrêter en arrière de l’anneau du grand oblique ou du canal inguinal ; en sorte que quelquefois, chez l’adulte même, on ne trouve pas cet organe dans le scrotum. Telle est sans doute l’origine de ces histoires d’absence prétendue des organes sécréteurs du sperme: du moins, n’a-t-on pas d’exemple bien authentique d’hommes , chezdesquels ces glandes n’existassent réellement
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pas. Le cas rapporté par Cabrole , de Montpellier, quoique cet auteur dise avoir disséqué le sujet, n’est pas de nature à faire exception sous ce rapport.
Du reste, quand le testicule est arrêté dans le canal, ou lorsqu’il tend à franchir l’anneau , la pression qu’il éprouve et la tumeur qu’il forme ont fait croire à l’existence d’une hernie commençante, même d’une hernie étranglée; et l’on conçoit les accidens graves qui suivraient cette méprise, si l’on s’obstinait à faire rentrer la saillie, et surtout si l’on voulait la maintenir avec un bandage. Il est possible cependant de le repousser ainsi sans de graves inconvéniens, chez quelques enfans, de manière qu’il pourra rester derrière le ligament de Poupart , et ressortir plus tard par l’arcade crurale, comme il en existe un exemple cité par Scarpa , et sur lequel nous reviendrons, en parlant de la hernie crurale.
L’espèce de coque fibreuse, de membrane albuginée qui enveloppe immédiatement la substance propre du testicule, est tellement unie avec la face externe de la tunique vaginale, qu’il est à peu près impossible de les séparer par la dissection : cependant, il se forme quelquefois entr’elles des hydatides, ou d’autres petits foyers, qui acquièrent un volume plus considérable en se rapprochant du bord postérieur de l’organe, attendu que le tissu cellulaire lamelleux y est un peu moins serré ; la face interne de cette membrane donne bien aussi , comme celle de la tunique fibreuse de la verge, des filamens qui s’entre-croisent dans l’intérieur de sa cavité, pour servir de soutien aux canaux séminifères; mais ils sont très-lins, et présentent peu de solidité : d’où il suit que, dans les plaies du testicule, la substance sécrétoire se vide, s’échappe promptement. On se rappelle, à cette occasion, l’observation relatée par J.-L. Petite dans laquelle un chirurgien faisait tous les jours l’extraction d’une portion
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des conduits séminaux , en croyant enlever du tissu cellulaire mortifié, et de telle sorte qu’il vida ainsi complètement cette glande, en la déroulant comme un peloton de fil.
C’est elle qui constitue le corps d'Hygmore , que viennent traverser tous les canaux qu’elle renferme ; elle semble aussi se continuer sur l’épididyme et le canal déférent, où elle offrirait alors beaucoup moins d’épaisseur. Il résulte de là que, même dans le gonflement qui suivrait un écoulement blennorrhagique ou autre de la verge, sa tuméfaction reste quelquefois plusieurs jours bornée à l’épididyme, avant de se manifester dans le testicule lui-même; quoique la tunique albuginée soit forte, épaisse, et peu extensible, le gonflement testiculaire se fait cependant avec une grande promptitude; mais cela dépend du tissu cellulaire, fin, extensible, trèssouple et assez abondaut, qui se trouve mêlé aux filamens glanduleux. Néanmoins, le volume de cet engorgement ne dépasse que rarement certaines limites, sans que la membrane se désorganise; et, comme elle cède plus tôt dans un point, plus tard dans un autre, il en résulte que la tumeur est ordinairement bosselée et inégale, ainsi qu’on le remarque dans les cancers, par exemple; ensuite, lorsqu’elle est déchirée ou perforée dans un ou plusieurs points, le tissu gonflé que renferme sa cavité , tend à sortir par ces ouvertures, et bientôt elle est couverte de végétations. Ses rapports anatomiques font qu’elle peut être affectée généralement de deux manières différentes : ou bien la maladie lui sera transmise par la tunique vaginale ; ou bien , au contraire , elle se désorganisera consécutivement au tissu particulier qui la remplit. Le premier cas est ordinairement peu grave; il se remarque dans les hydrocèles aiguës ou lentes, et disparaît en général avec la maladie qui le produit. Le second, qui comprend les différentes espèces de gonflement du testi-
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cule proprement dit, soit simple, soit vénérien, soit cancéreux, est beaucoup plus dangereux.
L’épididyme, étant à la partie postérieure et supérieure du testicule, est fixé d’une manière assez solide aux membranes qui forment le scrotum; c’est sur lui que le gubernacuium îestis exerçait ses tractions , et qu’il reste attaché même chez l’adulte; en sorte que cette adhérence empêche toujours la glande d’être tout-à-fait libre dans la membrane séreuse , et fait que, dans les épanchemens de diverse nature, la tumeur est constamment en avant et en dehors. Au reste , il convient de noter que, chez quelques personnes, son volume est assez considérable pour faire croire à l’existence d’un gonflement pathologique, et qu’ effectivement, il peut être légèrement engorgé pendant long-tems , sans que, pour cela , le sujet ait rien à craindre.
Ainsi, la structure du testicule explique, d’une part, comment il se fait que l’hydrocèle persiste pendant des années , toute la vie même, sans que les fonctions de l'organe en soient interverties. Sa tunique fibreuse forme là une espèce de barrière que la maladie franchit rarement ; de l’autre , elle fait comprendre pourquoi le squirrhe, qui commence par le centre de l’organe, ainsi que toutes les autres affections qui arrivent, si l’on peut ainsi parler, par le canal déférent, tels que les engorgemens gonorrhéiques , etc.; comment, dis-je, ces maladies ne déterminent que très-tard l’altération de la membrane, pas même l’épanchement séreux, dont elle est d’ailleurs si fréquemment affectée. Elle explique aussi les dangers qu’il y aurait à ne pas réunir immédiatement les plaies qui pénètrent jusqu’aux conduits séminifères, ainsi que la difficulté de guérir les ulcères fistuleux qui résultent de ces plaies , quand elles ne sont pas traitées convenablement; enfin, elle rend compte de la nature des douleurs qu’on éprouve, quand
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folgane sécréteur du sperme est heurté ou comprimé d’une manière quelconque.
8°. Le Cordon testiculaire.
En examinant le cordon spermatique dans le canal inguinal, nous avons déjà indiqué les organes qui entrent dans sa composition et le mécanisme de sa formation ; par conséquent, nous savons qu’il est constitué par le canal déférent, l’artère et les veines spermatiques, l’artère de l’épigastrique, le nerf génito-crural , le plexus testiculaire du grand-sympathique, le vestige du canal de communication de la tunique vaginale avec le péritoine ; enfin , par du tissu cellulaire qui unit ces diverses parties entre elles.
a. Le canal déférent est ici l’organe essentiel ; le plus souvent, il est placé en dedans et en arrière; de manière que, dans la hernie crurale, chez l’homme, si on débridait en haut directement, l’instrument l’atteindrait avant de diviser les vaisseaux. Sa forme aplatie, sa couleur grisâtre et sa position permettront toujours de l’isoler facilement. Quoiqu’il ne reçoive pas de nerfs du système cérébro-spinal, on ne peut cependant le comprendre, dans une ligature, sans danger et sans produire des douleurs extrêmement vives, d’un caractère particulier, et qui tendent à déterminer promptement la syncope.
b . lé artère spermatique est à peu près constamment en dehors et en avant du canal conducteur de la semence; elle reste ordinairement unique jusqu à la partie inférieure du cordon, et quelquefois son volume est assez considéiable, pour que sa blessure puisse faire naître une hémorragie inquiétante, par exemple, dans lés hernies et les hydrocèles anciennes et volumineuses; alors, comme ie cordon est, pour ainsi dire, décompose, cette artère peut se trouver sur un
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point de la tumeur où elle n’est pas ordinairement située ; aussi, tous les auteurs ont-ils recommandé de l’observer avec soin, lorsqu’on approche du sac, dans l’opération de la hernie; et Scarpa , en particulier, a-t-il fait voir quelle pouvait être blessée , en pratiquant la ponction pour l’hydrocèle ; d’autant mieux que , dans ces maladies , chacune de ses branches de terminaison est quelquefois plus grosse que le tronc lui-même.
c. U artère donnée par Y épigastrique est rarement d’un gros volume, et n’arrive pas toujours jusqu’au testicule, c’est-à-dire, quelle se distribue dans les Ïambes du scrotum; en sorte que, dans la paracenthèse, pour vider la tunique vaginale, ce n’est pas sa piqûre qui est à redouter; mais, après l’opération du sarcocèle, elle exige habituellement une ligature aussi bien que la précédente. C’est alors qu’il convient de se rappeler que l’une est en dehors, l’autre en dedans, et que toutes les deux sont en avant du canal déférent. Fines , relativement à leur longueur, flexueuses, molles et renfermées dans une couche de tissu cellulaire lamelleux, elles se rétractent promptement après leur section, et deviennent quelquefois difficiles à retrouver, quand on n’en fait pas immédiatement la ligature; il est vrai qu’en liant le cordon en masse, on est sûr de les comprendre; mais, cette manière de faire n’entraînerait-elle pas d’autres dangers? Nous y reviendrons tout à l’heure.
d. Les reines spermatiques , tortueuses, ondulées, trèsgrosses, au nombre de deux, trois, quatre et même davantage, se distinguent assez bien jusqu’à l’épididyme, et se placent en général en arrière des autres canaux et sur les côtes. Leur longueur est considérable; leurs parois sont très-molles; elles sont continuellement tiraillées par le poids du testicule, enveloppées dans des lamelles çelhüeuses
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peu serrées, èxposëes à la compression dans le canal inguinal , à cause de la double courbure qu’ elles sont obligées de subir ; pouvant être également pressées dans la fosse iliaque sur le devant des muscles psoas, il n’y a rien d’étonnant qu’elles soient souvent affectées de dilatations variqueuses, et que les varicocèles deviennent parfois très-volumineux. L’espèce de chaîne noueuse quelles forment dans cet état, augmente graduellement à mesure qu’on se rapproche du testicule , par la raison que leurs rameaux sont d’autant plus nombreux quon arrive plus près de l’extrémité inférieure du cordon.
e. Les nerfs sont disposés de telle sorte, que le faisceau du trisplanchnique reste appliqué sur l’artère spermatique, que le génito-crural se trouve en arrière, et que l’ilio-scrotal marche dans les fibres du muscle crémaster , hors du cordon, par conséquent; de manière qu’on explique facilement, par ces deux derniers, les douleurs plus ou moins vives que ressentent les malades vers la crête iliaque et la région des lombes, pendant qu’on injecte un liquide irritant dans la tunique vaginale ; et cette autre espèce de douleur produite par la même opération ou par toute compression du testicule, douleur qui porte au cœur, disent les malades, et qui entraîne en effet très -vite la syncope, doit être rapportée au plexus spermatique. Enfin, ce plexus et les vaisseanx qu’il acompagne, ayant des rapports intimes avec le rein , il devient aisé de comprendre la retraction du testicule observée dans les coliques néphrétiques, et la formation des calculs rénaux. En liant séparément les artères, après l’ablation du sarcocèle, on a pensé pouvoir éviter plus sûrement Des nerfs; mais, le plus souvent, ils sont trop fins et trop rapproches des artères, pour qu on puisse toujours les mena» ger ; d’ailleurs, en serrant le cordon en totalité, il suffit d’agir
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avec force et promptitude, pour interrompre entièrement toute action , et faire cesser immédiatement ces douleurs.
j ’ Le tissu cellulaire de ces diverses branches communique directement avec celui qui tapisse la face externe du péri» toine , où il leur fournit à chacune une gaîne ; il appartient , à proprement parler , à la tunique propre de la tige testiculaire; c’est dans l’intervalle de ses feuillets que se développent particulièrement les hydrocèles enkystées du cordon; feuillets qui permettent aussi l’infiltration des liquides épanchés dans les lames du jascia propria.
g. Quant au ligament de la tunique vaginale , il en a été question plus haut , et nous y renvoyons.