‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planchesChapitre 4 sur 76 · RAPPORT VERBAL · texte numérisé non relu

RAPPORT VERBAL

de rendre compte. Ce n’est pas un livre élémentaire , destiné à faire connaître les organes par des descriptions particulières et analytiques. L’auteur, employant une marche tout-à'-fait différente, isole pour ainsi dire chacune des régions du corps, qu’il limite et qu’il circonscrit, afin de la considérer dans l’ensemble des parties qui la composent. Il se borne à décrire très-exactement, et à indiquer, dans une intention expresse, l’étendue et la disposition relative de chaque portion d’organes, indépendamment de leur continuité, de leur structure intime et de leurs usages.

Le but de l’auteur, en publiant cet ouvrage, est de ramener le médecin qui desire se livrer à la pratique , et surtout à celle des opérations chirurgicales, à l’application raisonnée de ses études partielles et analytiques de l’anatomie, mais en lui présentant des tableaux d’ensemble tels qu’ils se trouvent dans la nature, à l’aide d’une méthode synthétique, nécessaire pour se représenter les parties dans leur véritable situation respective. En effet, avant de pratiquer une opération sur une portion du corps, le chirurgien doit pouvoir se rendre compte de tous lés organes qui s’y rencontrent et qui seront intéressés, ceux qu’il peut attaquer, ceux qu’il doit diviser ou ménager ; autrement, il agit en aveugle, en ignorant, et compromet son art et la vie de l’individu qui se confie à sa science et à son adresse.

Cependant, ces descriptions partielles des régions ne sont pas uniquement consacrées aux détails anatomiques : en exposant avec ordre , et du dehors au dedans ,

FAIT A LINSTITUT.

depuis les tégumens jusqu’aux parties solides du squelette, les diverses portions d’organes qui s’y rencontrent, l’auteur saisit constamment l’occasion de rappeler toutes les affections maladives et locales auxquelles ces parties sont sujettes, et il décrit alors, avec les plus grands détails , les moyens employés pour y remédier, en insistant plus particulièrement sur les opérations qu’elles exigent , et sur les procédés différens mis en usage par les praticiens les plus célèbres de la capitale, dont il a suivi les cliniques, et ceux qui se trouvent consignés dans les ouvrages des auteurs anglais, allemands et italiens, qu’il a pu se procurer; de sorte que ce travail devient en même tems une sorte de répertoire chirurgico-anatomique .

Ce premier volume contient la description des régions qui appartiennent à la partie supérieure du corps ; il est divisé en quatre chapitres, qui traitent de la tête, du cou, des membres thoraciques et de la poitrine. Chacun de ces chapitres se trouve distribué en articles, et ceuxci en sections ou régions, qui, pour la plupart, offrent successivement, et dans l’ordre suivant , les organes à considérer : la peau, la couche celluleuse, les aponévroses, les muscles, les artères, les veines, les lymphatiques, les nerfs et les os.

Dans sa Préface, M. Kelpeau indique, avec beaucoup de modestie, les sources diverses auxquelles il a puisé. La première idée d’un pareil travail semble avoir étd saisie par Desault. Notre estimable confrère, M. le baron Boyer , en a présenté une esquisse dans son Traité

xvj RAPPORT VERAAL FAIT A LINSTITUT.

d’A ncitomie . Son gendre habile, M. le professeur Roux , avait professé la science suivant cette méthode, dont il a consigné les bases dans V Anatomie descriptive de Richat qu’il a rédigée en partie. Béclard , dont nous déplorons la perte, suivait aussi cette marche dans quelques-unes de ses leçons sur l’anatomie, à la Faculté de médecine, où, dans des résumés, il offrait ainsi une anatomie des régions, qu’il nommait topographique, et dont il a publié beaucoup d’articles dans le Nouveau Dictionnaire de Médecine. Enfin, M. Velpeau a commencé ce travail en 1822 sous M. J. Cloquet , l’un de ses anciens maîtres. Attaché à la Faculté de médecine comme aide d’anatomie, et à différens hôpitaux de la capitale, il s’y est fait distinguer de la manière la plus honorable; il avait, d’ailleurs, été formé al’école de l’un des praticiens les plus habiles et les plus ingénieux de nos départemens, M. le docteur Bretonneau , médecin en chef de l’hôpital général de Tours.

Nous ne balançons pas à regarder X Anatomie chirurgicale de M. Velpeau comme un ouvrage qui sera très-utile à la science et à la pratique de la médecine.

Page 1