‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planchesChapitre 47 sur 76 · P.EGION ANTÉRIEURE, OU DU GENOU PROPREMENT DIT · texte numérisé non relu

P.EGION ANTÉRIEURE, OU DU GENOU PROPREMENT DIT

A l’extérieur, elle présente, au milieu, une saillie très-prononcée, mais qui se dessine beaucoup plus pendant la demiflexion que dans l’extension et la flexion complètes: cette saillie a la forme d’un triangle dont la pointe serait tournée en bas, et correspond à la rotule; au-dessus, les membres étant étendus et les muscles dans l’inaction, on trouve une échancrure transversale, sur laquelle on applique l’une des compresses graduées qui doivent maintenir rapprochés les deux fragmens de la rotule, lorsqu’elle est fracturée en travers; au-dessous, une autre échancrure qui correspond au devant de l’articulation, et sur laquelle on place l’autre compresse graduée, dans les fractures mentionnées tout à l’heure. Lorsque la contraction musculaire a lieu pendant la demi-flexion, chacune de ces deux rainures est divisée en deux fossettes ; l’une , par la tension du ligament rotulien , l’autre par celle du tendon du muscle droit antérieur de la cuisse ; au-dessous de l’inférieure, on remarque une nouvelle saillie immobile qui se continue avec la crête du tibia : c’est la tubérosité tibiale, qui proémine en avant. Sur les côtés de la rotule, nous remarquons d’abord, en dedans, une troisième rainure, mais qui est parallèle à l’axe du membre , et qui se continue en haut et en bas avec les fossettes internes des deux échancrures précédentes. Notons qu’un instrument porté sur l’un de ces points, pénètre directement dans l’articulation ou plutôt dans

DES MEMBRES PELVIENS.

la membrane synoviale, et que, dans l’hydartrose, c’est là qu’on sent le plus facilement la fluctuation Plus en arrière, se trouve la saillie formée par le condyle interne du fémur, saillie qui en présente elle-même deux autres : l’une , plus antérieure, borne la gouttière précédente; l’autre, plus en arrière, fait partie du bord interne de l’espace poplité; audessous de ces deux tubérosités, on sent une rainure étroite et transversale qui conduit directement dans l’interligne articulaire ; puis, un peu plus bas, le condyle interne du tibia, qui se continue avec le bord interne de cet os ; en haut, cette saillie interne est prolongée par une espèce de corde, qu’on aperçoit facilement quand le membre est demi-fléchi, et qui correspond au tendon du troisième adducteur, corde, au devant de laquelle on remarque le relief formé par la fin du muscle vaste interne. En dehors de la rotule , il existe aussi une gouttière , comme en dedans , mais qui n’est bien marquée que pendant l’extension ; cette gouttière se perd dans les deux fossettes externes des rainures d’abord indiquées , et dont la supérieure correspond à l’intervalle qui sépare l’espèce de tendon du vaste externe de celui du droit antérieur; un peu plus en dehors , se voit la saillie formée par le condyle externe, et qui est moins considérable que l’interne; au-dessous de lui, on aperçoit une petite rainure placée en travers , qui indique aussi l’articulation ; enfin , le condyle externe du tibia ; puis, en dehors et plus bas, la tête du péroné.

Ces particularités , que tout le monde peut reconnaître au premier coup-d’œil , ne peuvent manquer de trouver de nombreuses applications en chirurgie, soit pour déterminer le lieu où il convient de porter le couteau, dans la désarticulation de la jambe, soit pour pénétrer dans l’anicie, lorsque quelque maladie l’exige, soit quand il s’agit de porter son

DES MEMBRES PELVIENS.

pronostic ou son diagnostic dans les plaies de cette région , soit , enfin , pour apprécier les déplacemens et les fractures. Mais, il ne faut pas oublier, pour sen servir utilement, que certaines positions, et les maladies qui entraînent du gonflement, les font en grande partie disparaître. Disons , en passant , que l’aspect extérieur du corps , pris ainsi par portions , est beaucoup plus important que les chirurgiens ne paraissent l’avoir pensé jusqu’à nos jours, et que si, aux yeux de quelques personnes , M. Lisfranc paraît avoir poussé trop loin cet examen dans quelques points , on doit au moins lui savoir gré d’avoir appelé l’attention sur cet objet, que chacun peut étudier sur soi-même.

PARTIES CONSTITUANTES

io. La Peau.

Comme au coude, elle est épaisse, rugueuse, et plus ou moins ridée sur la saillie moyenne , plus fine et plus souple en dedans ; elle renferme , d’ailleurs , des follicules sébacés en grand nombre, et supporte quelques poils en haut, en dehors et en bas ; en sorte que ses plis , ses follicules et ses poils la disposent à diverses pustules , aux dartres, etc., qui l’affectent, en effet, souvent.

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