‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou Anatomie des régions, considérée dans ses rapports avec la chirurgie; ouvrage oneé de quatorze planchesChapitre 51 sur 76 · Le Squelette · texte numérisé non relu

Le Squelette

Il ne comprend que la partie postérieure de l’articulation, et rentre dans celui de la région antérieure .'ainsi, il se compose de la surface triangulaire du fémur; d une surface à peu près semblable, qui appartient au tibia; delà partie postérieure des condyles du fémur, et de Téchancrure qui les sépare. Ces derniers doivent être remarqués, surtout à cause de la saillie qu’ils forment en arrière, attendu qu’ils dépassent ainsi l’artère, et que, dans la désarticulation, si le membre n’était pas fléchi , l’instrument aurait divisé les vaisseaux, bien avant d avoir traversé l article.

Maintenant, si nous examinons l’ordre de superposition des parties dans les points principaux du genou , nous trouverons :

a. Dans la portion fémorale de la région poplitée , i°. la peau, assez souple et extensible, pour fournir au développement énorme de certaines tumeurs; 20 la couche sous-cutanée, ne renfermant aucun organe remarquable, et dans laquelle se forment les abcès superficiels; 3° l’aponévrose, forte et à fibres transversales, simple au milieu, et se dédoublant sur les côtés , pour envelopper les muscles des bords du jarret; 4° le creux poplité, rempli par de la graisse, des lamelles fibro -celluleuses, des ganglions lymphatiques, et surtout par les nerfs, la veine et l’artère poplités, qui se présentent dans l’ordre où ils viennent d’être nommés ; espace , qui est, par conséquent, très-bien disposé pour la formation des abcès et le développement de toutes sortes de tumeurs; 5° en dedans de ce creux, sa limite interne, ou le bord tibial du jarret , constitué par les tendons ou muscles demitendineux, grêle interne, couturier, demi-membraneux et troisième adducteur, abstraction faite des branches arté-

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rielles et de la veine saphène interne; 6° en dehors, le bord externe de cet espace, formé par le biceps ; y° enfin , le fémur.

b. Dans la portion jambière : i° la peau un peu plus résistante que dans le point précédent; 20 la couche souscutanée, qui renferme la fin de la veine saphène externe, et la branche superficielle du nerf poplité interne; 3° l’aponévrose , moins épaisse , mais encore assez forte néanmoins; 4° Ie triangle tibial de la région, rempli par de la graisse aussi, et par les mêmes organes qui se trouvent dans le triangle supérieur, à l’exception du nerf poplité externe et des ganglions lymphatiques; 5° sur les côtés de ce triangle, l’origine des muscles jumeaux et du plantaire grêle; 6° la saillie postérieure des condyles, le ligament postérieur de l’article, et plus bas, le muscle poplité; 70 enfin, le tibia et la tête du péroné ; en sorte que toutes les parties molles, réunies entr’ elles et séparées des os, peuvent former un lambeau d’une assez grande épaisseur.

c. Dans la région du genou, au-dessus de la rotule : i° la peau, couverte de poils et ridée; 20 la couche sous-cutanée; 3° l’aponévrose mince ; 4° Ie tendon du muscle droit antérieur; 5° une sorte de bourse muqueuse derrière ce tendon; 6° le muscle crural; y° le prolongement de la synoviale et le faisceau musculaire qui la couvre en s’y attachant; 8° le fémur.

d. Au-dessous de la rotule: i° la peau, très-épaisse et peu extensible; 20 la couche sous-cutanée, épaisse et lamelleuse; 3° l’aponévrose; 4°leligamentrotulien; 5°la poche muqueuse, qui sépare ce ligament du tibia, le coussinet graisseux; 6° le ligament adipeux; 70 l’intérieur de l’article, dans lequel on rencontre la poulie cartilagineuse des condyles du fémur, les fibro-cartilages sémi-lunaires , le ligament croisé antérieur , 1 épine du tibia entre les deux cavités articulaires de

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cet os, et le ligament croisé postérieur • 8° la région poplitée, en sorte que , pour arriver au ligament postérieur de 1 articulation, si l’on voulait enlever la jambe, il faudrait d’abord chercher avec le pouce et l’indicateur, en dedans et en dehors, au-dessous des tubérosités condyiiennes , la rainure articulaire, afin d’ouvrir largement cette jointure, en pratiquant une incision en demi-cercle au-dessous de la rotule : alors, en divisant avec la pointe du couteau les ligamens latéraux, l’un après l’autre, on peut traverser l’articulation, en coupant les ligamens croisés, et en laissant sur le tibia les fibro-cartilages sémi-lunaires ; mais, il faut avoir soin de ne pas porter la pointe de l’instrument trop en arrière, car on blesserait trèsfacilement 1 artère poplitée. Gela étant fait, il ne reste plus qu’à former un lambeau aux dépens des muscles du mollet, en renversant le couteau à plat sur la face postérieure des os de la jambe, sans toucher aux vaisseaux, jusqu’à ce qu’un aide adroit ait pu glisser son pouce au devant de la base de ce lambeau, entre l’os et les chairs, pour les comprimer pendant que l’opérateur les divise à quatre ou cinq pouces au-dessous.

De cette manière, on conserve la rotule et une espèce de lambeau antérieur, qui empêche qu’on soit obligé de donner autant de longueur à celui qu’on taille en arrière. Toutes les craintes que la présence de cet os inspiraient à J.-L. Petit sont chimériques, à la vérité; mais, cette opération n’en doit pas moins être proscrite de la bonne chirurgie. En effet, la largeur des surfaces osseuses rendra toujours la réunion immédiate très -difficile, et si l’on peut trouver assez de parties saines en arrière, pour les recouvrir, il sera rigoureusement possible d’amputer plus bas ; ensuite , quand même le malade guérirait, il paraît qu’il n’est pas exact de dire que le moignon peut être appuyé sur le membre artificiel, et qu’au contraire, les malades n’en sont pas moins

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forces Je se servir d’un cuissard. En sorte que , sous ce rapport, la désarticulation du genou est loin d’avoir des avantages sur l’amputation de la cuisse au-dessus des condyles. Si M Richerand n’avait avoué l’an passé , dans son cours de médecine opératoire à la Faculté, qu’il ne pratiquerait plus cette opération, quoiqu’il vînt de l’exécuter chez un jeune homme eui a fini par guérir, nous pourrions entrer dans de plus bngs détails anatomiques, pour faire voir quelle doit être à amais bannie de la pratique chirurgicale.

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