Le Squelette
Formé par le devant de l’articulation tibio-tarsienne, il n’offre à examiner que le devant de la mortaise des os de la jambe, et une partie de la face supérieure de l’astragale. La membrane synoviale n’étant soutenue dans ce sens que par une lame fibreuse lâche, faible et très-souple, on conçoit que, s’il s’y accumulait une grande quantité de fluides, elle ferait aisément saillie au-dessous du ligament annulaire, et spécialement dans les excavations latérales ou malléolaires du coudepied. La surface articulaire de l’astragale étant convexe d’avant en arrière, et formant une espèce de poulie, permet une flexion assez prononcée du pied sur la jambe ; flexion, qui est encore favorisée par l’échancrure qu’on trouve au devant de cette surface articulaire et qui la sépare de la tête de l’os. D’un autre côté, cependant, cette même échancrure, arcboutant contre le bord antérieur de celle du tibia , s’oppose presque invinciblement aux luxations de la jambe en avant, à moins que la pointe du pied ne porte à faux, ou que le poids du corps ne soit augmenté par une chute ou par un fardeau plus ou moins pesant. Lorsque ce déplacement a heu, le tibia se trouve reporté sur l’échancrure postérieure du calcanéum, et n’est arrêté que par le tendon d’Achille, Alors, le dos du pied doit se renverser fortement sur le devant de la jambe; et, quand il n’y a pas de complication, la réduction ne paraît pas devoir être très -difficile. Il suffit de faire attention à la manière dont l’astragale est emboîté dans la mortaise péronéo-tibiale , pour se convaincre qu’il n’en est pas de même dans les luxations en dedans ou en dehors. Tout le monde sait, en effet, que cette dernière espèce de déplacement s’effectue rarement sans entraîner la déchirure des ligamens latéraux, l’écartement des os de la jambe*
DES MEMBRES PELVIENS.
la fracture des malléoles , ou la luxation simultanée de l’astragale sur le calcanéum.
Remarquons, avant d’abandonner ce point, que l’articulation est assez mal protégée dans la région que nous étudions , pour qu’un corps étranger, un instrument piquant ou tranchant, puissent facilement l’ouvrir, en pénétrant surtout par les différentes fossettes indiquées, en parlant du coudepied à l’extérieur.
SECTION iv.
REGION INTE RM ALLÉOU AIRE POSTERIEURE, OU DTJ TENDON d’acHII/LE.
Cette région ne présente, à proprement parler, que la fin du tendon d’Achille qui mérite quelque attention, attendu que le talon, qu’elle semblerait comprendre en bas, rentre nécessairement dans le pied. On peut dire, cependant, quelle renferme toutes les parties qui reposent sur l’échancrure postérieure du calcanéum, ainsi que sur la face postérieure de l’articulation tibio-tarsienne , à l’exception, toutefois , de celles qui ont été examinées dans la région précédente. A l’extérieur, elle est séparée des malléoles par la partie la plus large des gouttières péronéo et tibio-calcaniennes. Le tendon d’Achille forme là une corde parfaitement isolée, très-écartée de l’articulation de la jambe; en sorte que c’est par ce point, dit la fable, que la mère d 'Jckille saisit ce héros encore enfant, pour le plonger dans les eaux du Styx. Quoi qu’il en soit, toujours est-il que plus cet écartement est considérable; plus le bras de la puissance du levier que représente le pied a de longueur, et plus, par conséquent, la station doit avoir de solidité et la progression de facilité. Il suit de cette disposition aussi qu’une épée, ou autre corps vulnérant semblable, pourrait facilement traverser la jambe de part en part au devant du tendon d’Achille , sans blesser cette corde et sans
toucher également aux vaisseaux non plus qu’aux tendons et muscles profonds.
PARTIES CONSTITUANTES
i°. La Peau.
Cette membrane très-épaisse , rugueuse, se gerçant avec une grande facilité, surtout en arrière, s’amincit graduellement sur les côtés , et revêt bientôt les caractères de celle qui recouvre les malléoles. Il est extrêmement rare quelle se recouvre de poils ; mais, elle renferme beaucoup de follicules sébacés.
2°. La Couche sous-cutanée.
Très-dense, filamenteuse, comme fibreuse, contenant beaucoup de vésicules graisseuses, réunies en pelotons, elle adhère d’une manière fort serrée aux lames aponévrotique et cutanée. En se rapprochant du talon , elle devient élastique; son épaisseur augmente; en un mot, elle commence à faire partie du coussinet fibro -graisseux , que nous verrons bientôt à la région plantaire du pied. Audessus du talon , elle est déjà assez serrée pour que les piqûres, les contusions ou autres blessures, y produisent promptement des inflammations , accompagnées de douleurs extrêmement vives. On y trouve, d’ailleurs, dès filets nerveux en assez grand nombre, fournis par le tibial postérieur, par le saphène interne en dedans, et par le saphène externe en dehors. Quelquefois, aussi, les rameaux veineux, qui vont se rendre dans les saphènes, forment là une sorte de plexus de chaque côté, d’où cet aspect bleuâtre que présentent alors les tégumens.
3°. L’Aponévrose.
(lest ici que viennent se terminer les trois feuillets de la ré*
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gion jambière postérieure; en sorte que, d’une part, ces lameS vont se continuer, comme nous l’avons vu, avec les bandelettes fibreuses calcanéo-malléolaires et les coulisses des tendons, et que, de l’autre, elles se fondent tout -à-fait en arrière, dans la couche élastique sous-cutanée. Gomme elles sont séparées les unes des autres par un tissu semblable à celui qui forme la dernière couche indiquée, il en résulte que les limites naturelles qui pourraient exister d’abord entre les inflammations phlegmoneuses profondes et superficielles , sont bientôt franchies, et que les abcès de cette région pénètrent presque toujours à une grande profondeur.
4°. Le Tendon d’Achille.
Remarquable ici, comme dans toute son étendue, par sa force et son volume, il l’est encore par la manière dont il s’insère sur le calcanéum. En effet , il ne s’attache que dans la moitié inférieure de la face postérieure de cet os ; en sorte qu’il est séparé de l’autre moitié de cette même face par une bourse synoviale très-distincte , et qui se remplit quelquefois de fluides. Ainsi disposé, le tendon d’Achille peut agir avec plus de force sur le talon; mais, aussi, une division transversale pourrait encore le séparer complètement du calcanéum , à un pouce au-dessus de sa terminaison; il n’a, d’ailleurs, que des rapports très-éloignés avec l’articulation tibio-tarsienne , et sa rupture présente, dans cette région, les mêmes particularités, qu’en bas de la région jambière; seulement, si cette rupture avait lieu tout-à-fait en bas, l’adhérence des parties étant plus forte, sa rétraction serait beaucoup moindre; et c’est ainsi que nous semble s’expliquer assez naturellement l’observation rapportée par A . Paré.
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5°. Les Artères, 6». les Veines, 7°. les Lymphatiques, et 8°. les Nerfs.
Ils ne sont ici d aucune importance chirurgicale.