Les Lymphatiques
Ils suivent en partie la veine précédente , et quelques-uns remontent dans la région jambière antérieure ; ils sont presque tous superficiels, et généralement peu nombreux.
8°. Les Nerfs.
Le saphène externe est le seul qu’on voie aux environs de
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la malléole externe ; donnant d’assez nombreux rameaux au tissu cellulaire de la face externe du talon, il peut et doit concourir à rendre très-douloureuses les inflammations phlegmoneuses de cette partie. Comme il est toujours très-rapproché de la veine du même nom , on s’expose à le blesser , en pratiquant la saignée sur ce vaisseau ; mais, la saphène interne étant également accompagnée par son nerf collatéral, cet accident n’est point particulier à l’externe.
». Le Squelette.
Le cinquième inférieur du péroné le constitue particulièrement , et l’on peut y joindre une partie de la face externe de l’astragale et du calcanéum; il comprend, par conséquent, l’articulation péronéo- tibiale inférieure, dont l’appareil fibreux se compose des ligamens péronéo -tibiaux antérieur et postérieur, et du tissu jaune, qui fixe le péroné dans la cavité sygmoïde du tibia , et que l’on connaît sous le nom de ligament interarticulaire. Quoique immobile, et très-serrée, cette articulation est, cependant, susceptible de diastasis ou d’écartement , et cet accident paraît même accompagner fréquemment les entorses un peu graves. En se prolongeant plus bas que l interne , la malléole externe est mieux disposée pour soutenir le pied, qui, par sa position, tend continuell ement à se renverser en dehors. Les ligamens qui la fixent sur le calcanéum et l’astragale, sont assez forts pour que le pied, violemment porté en dedans, produise plutôt la fracture du péroné , en agissant sur cet os comme sur un levier du premier genre , que leur rupture; d’un autre eôté, enfin, comme l’interne, cette malléole cache l’articulation tibio-tarsienne , et présente une gouttière encore plus profonde sur sa face postérieure; elle protège aussi la membrane synoviale de cet article; mais, celle de 1 articula-
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tion calcanéo-astragalienne est si lâche , que souvent elle s’échappe entre les deux péroniers latéraux, en avant même ou en arrière de leurs gaines, et de manière à former de véritables nodus , ou ganglions , qu’il faudrait se garder d’ouvrir.
SECTION III
RÉGION INTERMAT, DEOLAIRE ANTERIEURE , OU DU COUDEPIED,
Comprise entre les deux malléoles, la tête de l’astragale, et la région jambière antérieure, cette partie présente à l’extérieur, de dedans en dehors : i° la saillie formée par le tendon du jambier antérieur ; 2° la dépression triangulaire qui sépare ce tendon de celui du muscle extenseur du gros orteil; 3° une autre dépression triangulaire, plus large, mais plus superficielle, dont la base renferme la tête de l’astragale; 4° enfin, le relief formé par le paquet tendineux des muscles extenseur commun des orteils et péronier antérieur. En dedans et en dehors, ces objets sont séparés des malléoles par les deux excavations qui limitent de chaque côté ces deux saillies.
PARTIES CONSTITUANTES
*o. La Peau.
Chez les habitans de la campagne , chez ceux surtout qui n’ont pas l’habitude de porter des bas , la peau du coudepied est très-épaisse et rugueuse ; chez l'homme adulte, en général , elle est un peu plus épaisse que dans les régions environnantes , et présente souvent des rides transversales , qui dépendent évidemment des mouvemens du pied sur la jambe; rides, qui ne sont cependant jamais assez prononcées, pour exiger que les incisions nécessitées par les maladies qui se développent sur cette partie , soient faites en
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travers; des poils lombragent quelquefois; des follicules s’y rencontrent en assez grand nombre, et sécrètent en abondance une matière qui explique pourquoi cette partie du pied se salit plus promptement que les autres.
2°. La Couche sous-cutanée.
Faisant suite à la couche semblable de la jambe, elle renferme, par conséquent, une assez grande quantité de cellules graisseuses ; cependant , ses lames se serrent, et se rapprochent en descendant, de manière que, d’une malléole à l’autre, les tégumens sont assez fortement unis au ligament annulaire antérieur du tarse, et que les infiltrations souscutanées sont généralement arrêtées par cette bride : aussi , les abcès superficiels se propagent-ils difficilement du bas de la jambe sur le dos du pied, et les enfans ainsi que les sujets gras ont-ils le coudepied comme étranglé. En un mot, on trouve ici la répétition de ce qui existe sur la face dorsale du poignet.
3°. L’Aponévrose.
Continuant celle de la région jambière antérieure , elle est d’abord très-mince, et presque simplement celluleuse; après avoir formé le ligament annulaire antérieur, elle s’amincit de nouveau , pour donner naissance à l’aponévrose dorsale du pied. Cette bandelette transversale, qui réunit les deux malléoles, est remarquable, comme toutes celles du même genre, par les gaines quelle fournit aux tendons. En effet, il est évident que, sans elle, tous les muscles fléchisseurs du pied s’éloigneraient considérablement, en se contractant, du devant de l’articulation tibio-tarsienne, et qu’en perdant une grande partie de leur force, ils déformeraient le membre. Elle est assez souple , néanmoins , pour que ces tendons la soulèvent fortement, en faisant un relief de plusieurs lignes
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pendant leur contraction. Prise sur le bord antérieur de la malléole interne , elle est large et forte ; presque aussitôt après, elle paraît formée de deux bandelettes placées lune au-dessus de l’autre, et qui doivent se dédoubler toutes les deux pour former une coulisse au tendon du muscle jambier antérieur, mais de manière que la portion supérieure est beaucoup plus forte dans sa lame antérieure que dans la postérieure, et qu’en se terminant sur le devant de l’extrémité inférieure du tibia, elle fixe très-solidement le tendon qu elle enveloppe dans cet endroit, en l’isolant complètement des autres. La lame postérieure de la partie inférieure, au contraire, est plus forte que l’antérieure, et c’est particulièrement celle-ci qui constitue le ligament annulaire antérieur du tarse. Après avoir engaîné le tendon du jambier antérieur, elle se dédouble de nouveau pour embrasser celui de l’extenseur propre du gros orteil d’abord, et ensuite ceux de l’extenseur commun et du péronier antérieur; de sorte que le premier est séparé des seconds par une cloison mince, mais forte, qui ressemble plutôt aux toiles tendineuses synoviales qu’aux lames véritablement fibreuses.
4°. Les Muscles ou les Tendons.
On en trouve sept qui traversent cette région : celui du jambier antérieur, renfermé dans sa double coulisse, et qui descend obliquement en dedans et en avant, vers le premier os cunéiforme; celui du gros orteil, qui glisse dans une gaîne plus molle et séparée de l’anneau commun des extenseurs par une simple lame fibro -synoviale, et marche obliquement aussi de derrière en devant et de dehors en dedans, vers la face dorsale du premier os métatarsien ; les quatre branches de l’extenseur commun, rassemblées en faisceau jusqu’à leur sortie du ligament annulaire, et s eparpillant ensuite pour se
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porter vers la racine des quatre derniers orteils ; enfin , celui du péronier, qui ne doit être considéré que comme une cinquième branche de l’extenseur commun , et qui passe dans la même gaine. Ces divers tendons, comme tous ceux qui traversent des coulisses fibreuses, sont tapissés par une membrane synoviale qui les accompagne sous forme de toile jusque sur le dos du pied, et communique , d’autre part , avec la synoviale de l’articulation tibio- tarsienne; en sorte que les blessures qui pénètrent dans ces gaines sont extrêmement dangereuses; que les inflammations sous - aponévrotiques s’étendent rapidement, et deviennent promptement trèsgraves ; enfin, que, dans les opérations, le chirurgien doit faire tous ses efforts pour ne pas les ouvrir.
5°. Les Artères.
La tibiale antérieure , qui prend le nom de pédieuse dans cette région, est la seule branche un peu volumineuse qu’on y rencontre; les malléolaires s’en détachent ordinairement un peu plus haut, et la dorsale du tarse est plus en avant. Placée alors entre le muscle extenseur commun des doigts du pied et l’extenseur propre du gros orteil , cette artère est toujours un peu plus rapprochée de la malléole interne que de l’externe. Pour la découvrir, il faudrait inciser dans la fossette médiane du tarse, parallèlement au bord externe du tendon extenseur du premier orteil , et l’on aurait à diviser la peau, la couche sous- cutanée, le ligament annulaire, puis ujie couche cellulo-graisseuse , lamelleuse, très-solide et difficile à déchirer avec la sonde cannelée ; mais , cette ligature lie doit jamais être tentée, d’une part, attendu que l’artère est trop profondément située; de l’autre, parce qu’il n’est pas toujours facile de laisser intactes les coulisses tendineuses, et de s’opposer à l’inflammation; en troisième lieu,
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parce que l’opération, très-facile au-dessus des malléoles, offre les mêmes avantages sans faire courir les mêmes dangers.
6°. Les Veines.
Celles qui accompagnent l’artère pédieuse et qui l’entourent sont les principales. En effet, la couche sous-cutanée nerenferme que quelques rameaux qui vont se jeter dans les saphènes, et qu’il est rare de voir passer à l’état variqueux.
7°. Les Lymphatiques.
Ils forment deux couches, et sont en général peu fournis; les vaisseaux superficiels, irrégulièrement disséminés, passent dans les régions jambières interne et antérieure; ceux qui accompagnent les vaisseaux sanguins suivent le trajet de ces derniers, et sont, au dire de quelques anatomistes, interrompus, chez certains sujets, par un petit ganglion; du reste, ils n’ont rien qui doive nous arrêter plus long-tems.
8°. Les Nerfs.
Les deux nerfs superficiels du dos du pied , branches de bifurcation du musculo -cutané, se trouvent dans les lames profondes de la couche sous-cutanée, et marchent en divergeant vers le métatarse; en sorte qu’ils peuvent être tiraillés ou divisés dans les incisions même superficielles qu’on pratique sur le coudepied. Les nerfs profonds, continuation du tibial antérieur, suivent à peu près la même direction; la branche interne reste, en général, sur le côté correspondant de l’artère pédieuse ; mais, l’externe s’en écarte ordinairement beaucoup : toutes les deux, comme leur nom l’indique, sont très-rapprochées des os et recouvertes par les tendons.
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