L'Aponévrose épicrânienne
Au-dessus de la fosse temporale, elle est forte, épaisse, très-résistante et peu extensible ; ses rapports avec le péricrâne et la peau sont les mêmes que dans la région frontale ; en conséquence, elle peut donner Ueu aux mêmes considérations chirurgicales. C'est à cette lame fibreuse sm'lout que les anciens chirurgiens faisaient jouer un grand rôle dans les plaies de tête, à cause de la sensibilité exquise qu'ils lui accordaient. Quoi qu'il en soit, sa texture dense et serrée, empêchant les liquides morbides de se rassembler en foyers audessous, d'elle, ces produits s'infiltrent promptement, et en-
traînent bientôt la dénudation et même la nécrose des os. Quand le tissu cellulaire sous-ëpicrânien s'enflamme , la résistance opposée par Taponévrose au gonflement phlegmasique sous-jacent, expli4|ue encore les douleurs vives qui se manifestent alors , et rend nécessaires les diverses incisions qu'on a conseillé de pratiquer dans ces cas.
Sur la fosse tçmporale, l'aponévrose est plus mince; audessus de Tarcade zygomatique, elle se confond avec \àfascia êupeificialis^ et passe dans la région parotidienne : c'est elle qui supporte les branches de l'artère temporale superficielle , de rauriculaire, etc. En bas et en avant, elle est percée par le nerf temporal superficiel de la cinquième paire, et se trouve, en général, assez fortement unie à Taponévrose temporale , quoiqu'inférieurement elle en soit séparée par quelques cellules graisseuses. A un pouce environ en arrière de l'orbite et audessus de l'arcade zygomatique , ces deux lames sont fixées sur l'aponévrose temporale par une espèce de pédicule, dans lequel on trouve un ou plusieurs filets nerveux, des rameaux artériels et quelques veinules qui viennent de la fosse zygomatique.
4^. L'Apont^vrose temporale.
Cette lame, de forme ovalaire, s'attache à toute la ligne courbe de la fosse temporale; par sa face interne, elle donne attache aux fibres musculaires dans les cinq sixièmes supérieurs et postérieurs de son étendue; dans le sixième antérieur et inférieur, elle en est séparée par un tissu adipeux peu consistant. Ici, cette membrane est bifoUée, et ses deux lames se continuent sur les deux faces interne et externe de l'arcade zygomatique avec le périoste. Ces deux feuillets sont séparés par de la graisse qui concourt , lorsqu'elle est trè^ abondante, à faire saillir la région temporale, comme cela se remarque chez les personnes qui ont beaucoup d'embonpoint;
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l'absence de cette graisse, au contraire, soit chez les gens na* turellement maigres, soit à la suite de longues maladies, produit l'excavation plus ou moins profonde de cette partie.
L'inflammation se manifeste assez fréquemment dans ce tissu cellulaire graisseux ; et, il importe , quand la suppuration en est la suite, d'évacuer le pus de bonne heure, afin d'em* pécher ce fluide de se faire jour dans la fosse zjgomatique , en perforant le feuillet interne de l'aponévrose , qui est plus mince que l'externe. Ces deux lames sont aussi traversées ei) avant vers le point où elles se réunissent, par le pédicule que nous venons d'indiquer à l'occasion de l'aponévrose épicrânienne.
5o. Les Muscles.
Quelquefois le frontal se prolonge un peu dans la partie supérieure de cett^ région; les trois auriculaires ont été notés \ il n'y a donc que le temporal à remarquer ; la direction convergente de ses fibres et leur insertion sur le tendon aponévrotique central qui vient embrasser l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur, ont fait admettre généralement qu'on devait les inciser en V dans l'opération du trépan , afin de conserver leur action. Ce conseil ne peut entraîner aucun danger; mais Vidée sur laquelle il repose ne nous paraît rien moins qu'exacte. En effet, que les fibres soient incisées transversalement ou presque parallèlement à leur axe, puisque le lanabeau doit être relevé, il n'en faudra pas moins qu'elles soient divisées. Or, une fois coupées, on sait que les fibres charnues ne se réunissent qu'au moyen d'une cicatrice fibreuse; la direction de l'incision devient donc indifférente dans cette circonstance.