‹ Traité d'anatomie chirurgicale ou Anatomie des régionsChapitre 28 sur 116 · La Paupière infërieare · texte numérisé non relu

La Paupière infërieare

Celle-ci a moins d'étendue transversalement et de haut en bas que la précédente; elle se continue avec l'arcade orbitaire inférieure : ses parties constituantes sont , comme pour la supérieure, la peau, qui est également fine; une couche lamelleuse, dans laquelle il se développe quelquefois en petite quantité des vésicules graisseuses; la moitié infé* rieure du ligament palpébral; rarement un muscle abaisseur; le cartilage tarse; du tissu cellulaire fin; la conjonctive. Le bord libre, moins concave que celui de la paupière supérieure, n'en diffère pas autrement.

Chaque élément de ces voiles membraneux est remar* quable par quelque particularité qu'il convient d'indiquer.

A» La Peau.

Elle est extrêmement mince, molle et vasculeuse, ce qui fait qu'elle devient promptement bleuâtre ou livide dans certaines indispositions; jamais elle ne se couvre de poils; chez le vieillard, elle est ridée en arcs de cercle, et est, chez

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tous les sujets, très-lâchement unie au tissu laniineux sous-* jacent. C'est en vertu de cette texture peu serrée que le tissu cutané des paupières s'allonge quelquefois assez pour per- mettre aux cils de se renverser en dedans ^ et de produire des ophthahnies qu'on ne peut guérir qu'en enlevant une pbrtiûu plus oti moins considérable de la peau ainsi re* lâchée.

B. Le Tnsu lamineux.

Cet élément ne renferme jamais de graisse; et il en résulte que les paupières paraissent enfoncées chez les sujets qui ont beaucoup d'embonpoint. Cette disposition, et la grande laxité des lamelles de ce tissu, font que, d'un autre côté, les infiltrations y sont iiréquentes et faciles. C'est encore pour cette raison qu'il s'y forme de si larges ecchymoses après l'application des sangsues, et qu'il serait BÛeux, dans beau-* ( coupvdf cas, de j^oer ces annéUdes sur la conjonctive même, comme nous l'avons fait midntefois avec succès (i).

Le tissu cellulaire qui unit le muscle naso-palpébral au liga* ment des paupières, au cartilage tarse ou à la conjonctive, quoique lamelleux, est cependant plus dense, et ne permet pas les infiltrations. C'est ^itre les lames de ce tissu cellulaire que se développent les tumeurs enkystées des pau^ères : d'où il suit qu'étant plus rapprochées de la conjonctive, il vaut mieux découvrir ces tumeurs par la faoe inleme du vchIç ^pii les renferme, que par la £ice externe*

Ù. Les Muscles.

On ne trouve à la paupière inférieure que les arcades correspondantes de l'o^biculaire, tandis que la paupière supérieure renferme un muscle propre : d*où vient la grande mo*

(t) Nmivéam joarnal; etc. iSSi.

bilité de celle-ci ^ quand , au contraire, la première n*est presque susceptible d*aucun mouvement. Les fibres du muscle commun sont d*autant plus pâles , moins courbes, et forment une couche d'autant moins épaisse, qu*on approche davantage du bord libre. Leur insertion sera examinée en parlant du grand angle.

D. Le Ligament palpébral.

Il s'attache à la moitié externe des deux arcades orbitaires, et se trouve placé entre le muscle orbiculaire et la conjonctive; il semble se continuer avec l'extrémité externe des car* tilages tarses; sa présence en dehors de l'orbite y rend les inflammations plus douloureuses, à cause de la résistance qu'il oppose au gonflement des parties; il empêche ausn plus long-temps les tumeurs qui se forment entre lui et la conjonctive) ou dans la cavité de l'orbite, de faire saiQie en dehors.

JS, Les Cartilages tarses.

Les cartilages tarses sont beaucoup plus minces à leur bord convexe que vers l'ouverture palpébrale. Dans le premier sens, ils tiennent au ligament des paupières, et, de plus, à l'âévateur propre dans la supérieure; dans le second, fls ne sotit enveloppés que par la peau et la membrane muqueuse, auxquelles Us sont unis d'une manière très-serrée : ce qui fait que les petites phlegmasies qui naissent dans ce lieu sont toujours très-doulourenses, et produisent l'orgeolet.

Le cartilage tarse est recouvert par le muscle orbiculaire 4 il ajypuie sur la conjonctive, dont il est séparé seulement par les glandes de Meibomius. Celui de la paupière supérieure estj de plus, en rapport avec les conduits de la glande lacry* maie; il a cinq lignes, de haut en bas, et cinq à «x, transversalement; Fautre a bien aussi six lignes en travers, mais, de

haaZ en Imi$, fl B*a qu'environ deux lignes; leur £ice posté* nearc est ooncaTe et moulée sur la convexité de Fœil; en sonmie^ ces plaques foiment, à pro|Hienient parler^ le squelette des paupières.

^. La ConjonctÎTe.

Cette membrane est dense , unie d'uue manière très-serrée sur le bord libre et jusqu*à une ligne environ sur les faces internes des paupières; elle devient ensuite molle et souple^ à mesure qu'elle se rapproche de son point de réflexion sur le globe; elle est supposée s'enfoncer dans les orifices des canaux de la glande lacrymale, qui forment une arcade vers le point correspondant au bord convexe du cartilage tarse. Comme cette membrane adhère beaucoup moins en se rapprochant de Tœil, qu'auprès du bord libre des voiles palpébraux, quand on en veut faire l'excision pour remédier à lectropion, il vaut mieux couper plus loin que trop près de ce bord.

G. Les Follicules palpëbranx ou Glandes de Meibomius,

. Ces petites granulations sont réunies en lignes perpendiculau^es sur des rainures que présente la face oculaire du cartilagts tarse; elles s'ouvrent toutes sur la crête postérieure du bord libre des paupières. Peut-être la conjonctive s'insinuet-elle dans leurs orifices. C'est dans les ophthalmies dépendantes de l'ajOection de ces petits organes que les pommades dessiccatives de Desault^ de Régent^ etc., paraissent avoir poduit de bons résultats. D'après cette idée , l'onguent doit être appliqué en arrière, tout le long du bord de la paupière , et non pas simplement dans l'un des angles.

H, Les Artères.

Ce soutien dedans, les deux palpébrales internes, fournies

Dis LA TETS. 6t

par rophthalmique; en dehors, les deux palpëbrades externes que donne l'artère lacrymale; en haut^ quelques ramuscules de la sus-orbitaire; en bas^ la sous-orbitaire en fournit ausffl quelques-unes y ainsi que la faciale.

Les quatre premières forment deux arcades qui ont la même direction que la courbure des paupières, et sont placées à quatre ou cinq lignes du bord libre, derrière le muscle naso-palpébral. Ces arcades représentent assez exactement les coronaires des lèvres; on doit avoir égard à leur position et à leur volume dans toutes les opérations qui doivent intéresser les paupières; elles sont assez éloignées du bord de ces voiles, pour qu'on puisse en enlever une assez grande étendue, dans les maladies cancéreuses ou autres, en suivant le conseil donné par MM. Dubois^ Riche" rand et Dupuytren, sans blesser les vaisseaux. Au contraire, si Von est obligé de suivre la méthode ancienne, c'est-à-dire de renfermer la tumeur morbide dans un triangle de tissu sain, pour en emporter un Y renversé, ces artères seront nécessairement divisées.

/. Les Veines.

EUes vont presque toutes se rendre dans rophthalmique; quelques-unes seulement se jettent dans l'angulaire; elles sont plus grosses que les artères , et communiquent directement avec celles du cerveau : cette communication explique en partie les douleurs, la rougeur, et l'état pathologique des yeux qu'on remarque assez souvent dans les maladies de l'encéphale.

K- Les Lymphatiques.

Ceux de la portion externe de la paupière supérieure vont seuls à la région parotidienne ; tous les autres traversent la &ce, et se dirigent au-dessous de la mâchoire. .

6a DE LA. TETE.

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