‹ Traité d'anatomie chirurgicale ou Anatomie des régionsChapitre 36 sur 116 · Lei Muscles · texte numérisé non relu

Lei Muscles

Ce sont les mêmes que dans la lèvre supérieure , si ce n est

que le labial reçoit sur sou bord convexe l'extrénuté de la

houppe , du carré et du tnangulaire, au lieu de ceux qui

entrent dans la composition de cette dernière.

4"- ^^9 Artètes.

Elles sont un peu différentes. Ainsi , la coronaire , pour ; arriver, se sépare de la faciale, à une distance plus considérable de la commissure; ensuite, l'arcade, qu'elle forme arec sa semblable, ne donne point de branche verticale inférieure: de sorte qu'une plaie en travers sur la ligne méiliane, ne produirait pas ici d'hémorragie; de plus, elle n'est pas tout-àfait aussi rapprochée du bord hbre que la coronaire supérieure, si ce n'est au milieu. Il suit de cette disposition qu'en divisant la lèvre de haut en bas, on tomberait d'autant plus promptement sur l'artère , qu'on opérerait plus loin de son ongine. Au reste, il est facile de recsnaaitre assez exactement le trajet de ce v;iî^si-au : il suffit d'imiigiMcr une courbe passants trois lignes du bord de la lèvre, et tombant par ses ejttrémiw au devant de la partie inférieure du masséter. La lèvre inférieure reçoit encore quelques ramuscides de la mentaJf, la coronaire l'iic-niènie lui donne, en outre, une biaoï'tn d'un certain 1 alilnp , qui s'en sépare peu après «AJj la faciale.

Sl-. Les Veine» el les Lym

Ces vaissciiiix présentent les n ton et à la livre supérieure. Jj

128 D£ LÀ TBTB.

ce dernier, y forme une espèce de cul-de-sacy qui rend le lo-* bule beaucoup moins épai&- qu'on ne serait tente de le croire r en l'examinant à Textérieur; ce qui fait que, dans Tablation ou la cautérisation des boutons cancéreux, il faut se garder d'aller trop profondément, si on ne veut s'exposer à produire des plaies qui communiqueraient avec l'intérieur du nez, et qui resteraient fistuleuses. Un cas de ce genre se voit maintenant dans l'Hôpital de la Faculté. Un ulcère chancreux occupait le côté gauche du lobule chez une femme de soixante-dix ans. On extirpa le tissu désorganisé, et la pâte arsenicale fut appliquée. Cette femme est guérie; mais il lui reste une ouverture entre le lobule et l'aile du nez.

C'est entre l'aile du nez et la membrane niuqueuse que sont placés les vaisseaux et nerfs venant de l'orbite. Une artériole et une veinule assez grosses traversent l'os vers son milieu, pour se porter au lobule, ou rester sur le dos de l'organe, dont la rougeur habituelle est produite chez certains sujets, par l'état variqueux des capillaires- de la veinule. La circulation activée dans l'artériole expUquè aussi Is^ coloration . qui se manifeste dans les mêmes parties pendant le cours de quelques maladies; coloration qui indicjue, en général, un épistaxis, et qui dirigea le célèbre pronostic de Galien. Le nerf naso-lobaire est renfermé dans un petit sUlon qui le conduit au bord inférieur de l'os, là où une petite échancrure lui permet de passer sur la face externe des cartilages.

D'après ce qui précède , on voit que cette partie de la paroi supérieure des fosses nasales est très-solide, et disposée de manière à présenter une grande résitance aux agens externes qui tendraien^à la décimer, à la fracturer, etc.

La seconde portion, ou partie moyenne, est horizontale, et correspond à la fosse ethmoïdale du crâne. Elle a deux ou

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trois lignes de largeur seulement. La muqueuse , dans cet endroit, est épaisse, molle et vitreuse : la lame criblée de iedunoïde et, en an*ière, une très-petite portion des apophyses ilngnusias en forment le squelette. Gomme ces lames osseuses sont extrêmement minces et fragiles, c'est par-là (pie les projectiles, les corps étrangers de toute nature, poussés avec une certaine force, peuvent, en pénétrant dans le nez, arriver dans le crâne, et tuer sur-le-champ en dilacérant le cerveau. De toute manière, c*est le point où les blessures sont le plus dangereuses; car, quand bien même leur effet ne s'étendrait pas jusque dans la boîte encéphalique, elles produiraient au moins la perversion de Todorat, à cause de l'épanouissement du nerf olfactif dans la membrane de Schneider, C'est à l'endroit où cette portion de la voûte s'unit à la précédente que se trouve sur les cotés de Tapophyse crista-galli^ la petite fente de la lame criblée, qui laisse passer du crâne dans le nez le filet ethmoïdul du nerf ophthalmique et l'artère du même nom.

La fréquence des maladies dans cette portion des narines , le peu d'épaisseur de l'ôs, qui est souvent carié dans la syphilis invétérée, et ses rapports anatomiques avec le crâne, expliquent comment pourraient s'effectuer dans le nez les hernies du cerveau, dont parle M. Boycr.

La troisième portion, ou la plus reculée, correspond à la selle turdque; elle est inclinée en bas et en arrière. La membrane muqueuse, un peu plus serrée dans ce point, présente des follicules, et se continue avec celle de la voûte du pharynx. Le squelette est formé par un prolongement de l'apophyse orbitaire de Vos palatin, un, aileron du vomer, qui, avec le corps du sphénoïde, constitue un petit canal, que parcourent l'artère et le nerf ptérygo-palatins; plus en devant, par le corps du sphénoïde encore et les cornets de Ber.in, ici.

l3o DE LÀ TETB.

se trouve une ouverture inégale, qui varie pour les dimensions, et qui conduit dans les sinus du sphénoïde. S'il était plus facile de reconnaître les maladies de ces sinus, on j pé« xiétrerait assez aisément, comme nous le dirons en parlant de la paroi externe. Quelques raisons portent à croire que Todeur infecte qu'exhalent certains sujets dépend d'ulcé* rations de la mem])rane qui tapisse ces cavités , dont la ca« pacité est susceptible de variations nombreuses, et qui sont, toutes choses égales d'ailleurs, d'autant plus grandes que l'âge est plus avancé. C'est en général dans cette partie de la voûte que viennent se perdre les divers rayons du mouvement dans les coups portés sur le vertex; mais comme Fos est spongieux et fort épais , les fractures s'y effectuent rarement.

3». Les Parois internes.

Elles sont formées par les faces de la cloison. La membrane pituitaire y est très-épaisse, vasculeuse, et doublée par une lame fibreuse extrêmement forte, qui existe bien dans toute l'étendue des fosses nasales , mais qui n'est nulle part aussi prononcée qu'ici. Cette lame paraît donner naissance aux polypes fibreux, tandis que les polypes mous ont surtout leur siège dans la piembrane villeuse ; cette remarque, au reste, est applicable à tous les autres points de l'intérieur du nez. Quoique assez fortement unie à la cloison, cette espèce de périoste lui adhère moins cependant qu'à la tunique muqueuse. Outre les rameaux nerveux internes de la première paroi, qui se distribuent entre ces deux lames, le nerf nasopalatin s'y trouve également interposé. La cloison osseuse est formée par la totalité du vomer; plus en avant et en haut^ par la lame perpendiculaire de l'ethmoïde; puis, en devant tout-à-jait, par le cartilage de la cloison. Il faut encore y joind];e en haut la crête du sphénoïde , engainée dans le vo-

De là TEt£. l3t

mer; Vépine nasale du frontal , appuyée sur la lame de Tethraoïde, et, en bas, l'espèce de crête que forment en s'adossant les os maxillaires supérieurs et les palatins. Les deux épines nasales forment les extrémités antérieure et postérieure du bord inférieur de la cloison. Comme toutes ces parties sont minces et faciles à rompre, Tintroduction du doigt ou des instrumens dans le nez exige beaucoup de précautions , si Ton ne veut pas s'exposer à faire communiquer entre elles les deux cavités nasales , et à déranger ainsi plus ou moins Tolfaction et le timbre de la voix. La pression exercée par les polypes sur cette cloison peut en déterminer aussi la perforation, qui d'ailleurs est quelquefois congéniale, comme nous en avon$ vu plusieurs exemples.

4^. La Paroi infërieure ou Piancbcr.

Formée par la face supérieure de la voûte palatine, cette paroi a deux pouces environ de longueur, et trois pouces, si on la prolonge jusqu'à l'extrémité du nez. Elle est concave et régulière en travers; plane d'avant en arrière, et légèrement inclinée vers le pharynx; son bord antérieur est un peu relevé : ce qu'il ne faut pas oublier, quand on veut sonder le canal nasal.

La membrane de Schneider j présente les mêmes caractères que sur la cloison, mais elle reçoit beaucoup moins de nerfs, et devient rarement le siège de polypes ; les ulcères syphilitiques et cancéreux, au contraire, s'y remarquent fréquemment.

L'apophyse palatine du maxillaire supérieur et la por* tien horizontale de l'os du palais forment le squelette de cette paroi; on y voit par conséquent une suture trans* versale qui réunit ces deux os; et il en existe quelquefois une seconde en avant, qui indique la persistance de l'os intermaxillaire. Cette dernière a été vue chez l'homme par Fe-

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sale (i), Colombus (a), etc., et, dans ces derniers tems en-* core, par M. Lobstein, C*est Técartement de cette suture anor* maie qui co-existe si souvent avec le bec-de-lièvre double ou simple ; entre elle ou le point qu elle occupe , quand elle existe et la cloison , tout près du bord antéiieur, se remarque Touverture nasale du canal palatin antérieur : c'est par cette ou* yerture que le nerf naso -palatin va se jeter dans le ganglion du même nom. Cet orifice est bouché par la membrane muqueuse, et ne peut se yoiry[ue sur les os dénudés.

'' 5®. La Paroi externe.)

C'est la plus compliquée et la plus importante. Aussi étendue que la précédente en bas, elle est plus longue au milieu de sa hauteur, et plus courte tout-'à-fait en haut. La membraae muqueuse y est plus épaisse, plus rouge, plus yasculeuse que partout ailleurs ^ seulement elle devient fine et mince en pénétrant dans les cavités accessoires , ou plutôt sa doublure fibreuse Fabandonne alors. Sur le bord libre de chaque cornet, elle forme un repli , qui semble donner plus de largeur à ces coquilles, et les prolonger davantage en avant et en arrière. Son adhérence au squelette est très-forte, et , comme elle renferme beaucoup de vaisseaux , il suffit d'une congestion très-légère pour produire l'épistaxis: de là, la fréquence de cette hémorragie. Les anfractuosités qu elle est obligée de tapisser sont probablement la cause principale des engorgeinens, des tumeurs et des maladies de nature diverse qu'on y rencontre si souvent. Il faut être en garde contre le boursouflement des replis qu'elle forme sur le bord des cornets , parce que plus d'une fois ils ont été pris pour des polypes , et déchirés comme tels ; plus d'une fois aussi ils ont été ar-

(0 De Fabric, corpons launani, etc. .

(a) De re anatomicà, etc., lib. i".

DS I«A TÊTE. l33

lachés en cherchant de ces mêmes productions qui n'existaient pas 9 et l'on a vu des chirurgiens irréfléchis prendre ces lam-^ beaux pour des portions de la tumeur qu'ils voulaient trouver à toute force. Cette membrane rétrécit aussi la plupart des ouvertures que nous allons examiner plus bas^mais nulle part eUe ne renferme de fibres charnues.

Tout4-fait en haut et un peu en arrière de cette paroi , on trouve une courte raimire, peu profonde, séparée de la voûte par une petite crête, dans laquelle entre ce que Gaspard appelait Lamelle carrée de Veihnunde. Cette rainure ne conduit à aucune cavité importante. Plus bas , se voit le cornet supérieur ou de Morgagni^ qui finit, en avant, vers le milieu de la longueur de la paroi. La gouttière qui circonscrit ce cornet est plus large et plus superficielle en arrière qu'à la partie antérieure. Dans le premier sens , elle conduit à deux ouvertures. L une, supérieure, communique avec les cellules ethmoïdales postérieures et le sinus sphénoïdal , dans lequel on arriverait assez facilement en faisant glisser un stylet au-dessus du cornet mojen, tout le long de la paroi externe du méat supérieur, pourvu que, vers la fin de cette gouttière, on eût soin de releva un peu l'extrémité de l'instrument, en le portant en arrière. L'autre est inférieure, et placée sur la paroi externe; elle va directement dans les fosses ptérygo-maxillaire et zygomatique. C'est par elle qu'arrivent dans le nez les vmsseaux et nerfs sphéno- palatins, Des polypes peuvent aussi la traverser, passer des fosses nasales dans la fosse zygomatique, et se prolonger ensuite jusque dans l'épaisseur de la joue, au devant du masséter. Nous avons vu, en 1824) un exemple remarquable de ce genre sur un jeune homme de vingt ans, qui est resté long-temps dans l'hôpital de l'Ecote de Médecine. Cette ouverture est située juste audessous de l'extrémité postérieure du cornet supérieur, et

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l'an y conduirait très-facilement un stylet dont on aurait légèrement recourbe l'extrémité; en avant , le méat se termine sur une surface plane, qui ne présente rien de notable.

Au-dessous, se trouve la coquille ethmoïdale ou moyenne, qui se prolonge en pointe jusque près de l'ouverture pharyngienne des narines ; l' extrémité antérieure de ce cornet se relève un peu, et finît à quatre ou cinq lignes de l'os naaal. I) s'ensuit qu'il est plus saillant, et conséquemment que le méat moyen est plus profond au milieu que vers les deux bouts. Ce méat est beaucoup plus évasé en avant qu'en arrière. On y rencontre deux ouvertures qui méritent de fixer notre attention : l'une, plus élevée que l'autre, est placée sous l'extrémité antérieure du cornet; une petite excavation y conduit de derrière en devant, de bas en haut et de dedans en dehors : c'est l'orifice inférieur des cellules etfamoïdales antérieures, ou de \ Infundibulum par lequel on pénètre dans le sinus frontal. C'est par cette communication que des vers, etc. , ont pu s'introduire du nez dans le sinus du front, et tromper quelques personnes sur leur véritable origine. Elle fait aussi que les plaies du sinus frontal avec perte de substance restent, en général, fistuleuses; que les divers produits morbides formés dans le nez peuvent s'introduire entre les lames du frontal, et réciproquement les polypes, le pus, etc., du sinus descendre dans les fosses nasales, A la rigueur, il serait possible de faire des injections par cette ouverture, si on les croyait utiles.

L'autre ouverture est située vers le milieu de la longueur

du méat, un peu plus haut que le bord inférieur du cornet,

à un pouce et demi environ Je l'ouverture nasale antérieure.

pans cet t-ndroit, la gouttière nasale est exçavée; ce qui

^jmiPfi^ à l'orifice enquestion de regarder légèrement en bas

^ dedans : d'où il résulte que, pour y pénétrer, l'instru-

DE ui t£te. i35

nent devrait être porté de bas en haut et de dedans en dehoi^. Cette petite opération est extrêmement aisée sur le cadavre , si on se conduit de cette manière. Au contraire, si le cathéter est d*abord porté trop haut ou trop en arrière | on rencontre le plus souvent beaucoup de difficultés, et c'est à cette circonstance sans doute qu est dû l'abandon dans lequel les chirurgiens ont laissé cette opération , tant vantée par Jourdin et par Alouelle fils, qui la rapportait à son père. La membrane muqueuse qui borde cette ouverture est épaisse , et forme un repli circulaire, dans lequel se trouvent en grand nombre des follicules volumineux, dont plusieurs ana« tomistes ont fait une glande. Ce repli, comme tous ceux qu on voit sur le bord libre des cornets , est susceptible de se boursoufler, et de fermer ainsi l'ouvertiu'e de Tantre SHygmore\ mais il ne forme point de valvule, et ne renferme point de spliincter qui puissent empêcher d'arriver dans cette cavité. L'antre iHHygmore^ ou le sinus maxillaire , est une partie fort importante dans la face : sa figure est pyramidale; sa paroi supérieure répond au plancher de l'orbite, et c'est dans cette paroi que se trouvent le nerf et tes vaisseaux sous-orbitaires* Lantérieure correspond à la fosse canine, et renferme les nerfs dentaires antérieurs et supérieurs venant du sous-orbitaire : la rupture, la déchirure, ou une lésion quelconque de ces nerfs, peiivent expliquer, jusqu'à un certain point, les ac« cidens très-graves que l'on remarque quelquefois à la suite de l'extraction de la dent canine. On a vu que cette paroi était perforée, dans le procédé de Desault^ pour arriver dans le sinus.

La paroi inférieure appuie sur les alvéoles des dents mo« laires, et il n'est pas très-rare de la voir percée par la racine de ces organes. C'est la troisième ou quatrième dent de cet ordre qui se rapproche le plus de la cavité maxillaire ; aussi

l36 DB UL T£T£.

'•^ est-on dans l'habitude de choisir leurs alvéoles pour la perforation de ce sinus. Ce procédé assez généralement suivi est encore préféré, parce que l'ouverture artificidle correspond au point le plus déclive; ce qui favorise la sortie du pus ou de tout autre corps étranger que Ton veut extraire. Les rapports des grosses dents avec Fantre d'H/gmore expliquent aussi les fistules et autres accidens qui suivent

.^ chez certains sujets l'arrachement de ces os. La paroi postérieure est arrondie et concave; elle renferme les filets ner* veux qui vont se rendre aux racines des dents molaires y et correspond à la fosse zygomatique ; le sonunet se prolonge dans léminence molaire, et là, se rapproche quelquefois

^.assez de l'extérieur pour avoir fait penser à quelques chi» rurgiens que c'était le point le mieux disposé pour permettre la térébration, entre anitres k Lamoriery qui conseillait d'entrer dans le sinus maxillaire en le perforant au-dessous de la pommette. La base en est la paroi la plus large; elle correspond à toute l'étendue du méat moyen , et c'est dans son milieu qu'est percée l'ouverture dont nous parlions à l'instant, un peu plus près cependant de la partie supérieure que • de l'inférieure : ce qu'il est utile de noter, afin de comprendre comment il se fait que le pus, ou les autres matières accumulées dans le sinus , en sortent mieux par une ouverture artificielle pratiquée à travers les. alvéoles ou au bas de I^ fosse canine , que par l'orifice naturel qui se trouve dans le nez.

Au reste, le méat moyen ne présente plus rieh de remarquable jusqu'à sa partie postérieure,, qui conduit dans la trompe d!Eustache,

Après ce méat, vient le cornet maxiUaire ou inférieur, le

.^ .plus long et le plus large de tom, <pii se termine en point» allongée en approchant de l'ouverture pharyngienne, et par

nti LA TÊTS. liy

un repli légèrement incliné en bas vers Fouverture faciale des narines. Le bord libre de ce cornet est tantôt éloigné de trois , quatre et même cinq 'lignes du plancher et de la paroi externe des fosses nasales; d autres fois, au contraire, il en est tellement rapproché, que le méat inférieur est converti en un véritable canal. On trouve ensuite tous les degrés intermédiaires ; et de là les résultats différens obtenus par divers chirurgiens, dans les tentatives qu*ils ont faites pour pénétrer dans le canal nasal, comme l'avaient conseillé Blanchi^ Laforesty etc. Cependant, comme cette opération ne paraît pas mériter Toubli dans lequel elle est tombée; comme dans ce moment même quelques chirurgiens distin^ gués, entre autres M. Gensoul^ de Lyon, cherchent k la remettre en vogue, en conseillant d'agir sur le canal nasal, quand il y a tumeur ou fistule lacrymale, de la même manière que Ton agit sur le canal de l'urètre, par la méthode de Ducamp , dans les rétrécissemens de ce conduit , nous croyons devoir nous arrêter un peu sur la disposition anâtomique du méat inférieur. C'est une gouttière for» mant les trois quarts d'un canal, qui correspond en d^ors, et de derrière en devant, à la portion verticale de l'os palatin, à la face interne de la portion nasale de l'os maxillaire supérieur, c'est-à-dire au quart inférieur de la base du sinus maxillaire ; enfin, à la gouttière inférieure de l'apophyse montante de ce même os. En haut, elle est formée par la face concave du cornet inférieur, et en bas par la partie externe du plandi«r des fosses nasales. Le canal nasal s'ouvre dans ce méat à l'union de ses parois interne et externe, niais de manière à se prolonger utie ligne et demie de plus sur cette dernièrej c'est-à-dire qu'il est taillé en biseau aux dépens du cornet, et qu'il regarde en dedans et un peu en arrièiv; ce qui fait que le biseau de la canule doit regarder aussi dans ce

i38 DE LÀ tItx.

sens, quand on opère la fistule lacrymale par le procédé de Foubert; de même que pour le cathétérisme, il faut que le bout de la sonde se relève de derrière en devant et de dedans en dehors. L*orifice de ce canal est situé à six lignes environ de Fouverture du nez, et nous ne pensons pas que cette distance soit aussi variable que le prétend Morgagniy et qu on l'a répété depuis. En efïet, sur cent têtes, M. Vésigm (i) n'a trouvé que de très-légères différences; après avoir nous-même recherchai ces variations, nous n'en avons rencontré que de très-peu prononcées, et qui n'étaient point capables d'empêcher d'entrer aisément' dans le conduit. Il est hmité en devant par un renflement qui tient au bord postérieur de la base de l'apophyse mon teinte ; en haut, sous le cornet, cette sail« lie est séparée de l'ouverture du canal nasal par une espèce de petit cul-de-sac, dans lequel la sonde a beaucoup de tendance à s'engager, si on n'y fait pas attention, et d'après nos propres essaie , il nous semble que c'est là une des difficultés qu'on a le plus souvent rencontrées. Une autre cause de difficulté aussi tient à ce que Ton ne courbe pas assez l'instrument : en effet , il convient de relever son extrémité plus qu'à angle droit sur le manche; sans cela, on archonte contre la paroi postérieure du canal, et l'on pénètre dans le sinus maxil* laire si on fait quelques efforts. La raison de cette particularité se trouve dans la direction du canal lui-même , qui est oblique en haut, en avant et très-légèrement en dehors, et surtout dans la membrane qui rétrécit cette ouverture. Ce repH est disposé de manière que l'orifice par lequel il remonte dans le canal, est plus près du demi -cercle postérieur du conduit osseux , que de sa moitié antérieure.

Au résumé, nous croyons que généralement il serait facile, en se rappelant les particularités anatomiques qui viennent

^i) Thèse, 1824.

SB L4 TÂTB* xSp

decre rdatëes, avec un peu d'habitude, d'introduire dans le canal nasal, par le méat inférieur, des sondes , des bougies ^ des stylets, dans le but d'y fiiire des injections, de le désobstruer, de le cautériser, etc.

C'est encore par le méat inférieur que la sonde peut être conduite du nez dans le pharynx, pour arriver dans la trompe d'Eustache^ mais alors'il faut se donner de garde de relever trop l'instrument ^ parce qu'on ne manquerait pas de fracturer le cornet. C'est pouf éviter cet inconvénient que, dans la ligature des polypes ou le tamponnement des fosses nasales, il vaut mieux porter les instrumens sur la paroi inférieure, entre la voûte et le cornet, que de les glisser par le méat même.

Les os qui entrent dans la composition de la paroi externe des cavités nasales ne sont remarquables que par leur plus ou moins de fragilité. Ainsi, en arrière, le squelette est assez solide, parce qu'il est formé par la face interne de l'apophyse ptérygoïde et les parties postérieures des maxillaires supérieurs, sur lesquels s'applique la portion verticale de l'os du palais. Dans la partie moyenne, il est extrêmement facile à briser, \u qu'il ne comprend là que les lames foliacées de Tethmoïde et la paroi interne du sinus nasal, qui sont très-minces et très-cassantes. Aussi les opérations pratiquées dans ce point entrainent*elles presque toujours la destruction de ces lames osseuses. En avant, la solidité est considérable, parce que Vapophyse nasale du maxillaire supérieur remplace toutes ces lamelles. Il convient de remarquer, avant de finir, que si cette fragilité des os est nuisible dans une foule de cas , on a essayé néanmoins de l'utiliser dans quelques autres. Par exemple, c'est sur le peu de résistance de l'os unguis que l'on s'est appuyé poiu* conseiller d'établir une route artificielle aux larmes, soit en suivant le procédé de

i4o DS Uk. T£TB.

ff^olhousey soit en adoptant celui de Hunier^ de Scarpa^ etc. On sait que le but de toutes ces opérations est de taàre oom* muniquer le canal nasal avec le bas du méat moyen, et que Hunier voulait qu'une plaque d'ébène fût appliquée entre les cornets supérieur et moyen, pour servir de point d'appui à son emporte-pièce. Quant à cette plaque, la disposition des parties permet de croire qu'il ne serait pas impossible de s'en servir, si l*on voulait tenter la méthode du chirurgien anglais. Du moins cette question nous parait mériter un nouvel examen.

6^. L'Ouverture postérieure des Fosses nasales.

Cette ouverture est double et formée par la terminaison des quatre parois. Sa figure est celle d'un carré allongé verticalement; elle est un peu plus large en bas qu'en haut; son diamètre perpendiculaire est d'un pouce environ; transversalement en bas, elle n'a que six lignes. Il faut se rappeler ces dimensions quand on est obligé de porter le doigt, des tampons, etc., du phaiynx'dans le nez, afin de mettre la plus grande largeur des corps étrangers en rapport avec les plus grands diamètres des ouvertures que Ton veut traverser.

Il nous reste peu de choses à dire sur* les vaisseaux et les nerfs des narines.

J. Les Artères.

Elles viennent de la maxillaire interne, parle trou ptéiygojxUiUin; de Tophtlialmique, par les rameaux etfamoîdaux; de la faciale, par la coronaire labiale, etc. Le calibre de ces vaisseaux est trop peu considérable pour donner lieu à des remaix|ties chirurgicales importantes; seulement il convient il^ dire quVn se ramifiant dans la membrane maqnewse , ils dt^vit^tuient très-superficiels, ce qui les dispose aux hémor-

nS LA TÊTB* <4^

B, Les Veines.

Une veine collatérale accompagne chaque artère, qu'elle Surpasse en volume; mais il y en a de plus qui communiquent par le trou borgne avec la pointe du sinus longitudinal de la ciure-mère, et d'autres qui vont dans le sinus coronaire, par les porosités du sphénoïde, etc. Vicq^éCAzyr pensait que ces dernières pouvaient expliquer les hémorragies actives qui ont lieu dans les maladies cérébrales. Toujours est-il que ces veinules lient la circulation des fosses nasales à celles de Tencéphale.

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