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La Peau

Généralement très*épaisse dans toute l'étendue de cette tégioui elle conserve cependant une certaine souplesse sur leminence thénar; partout ailleurs elle est dense, serrée, très-peu extensible; les poils nes*j développent jamais, et les foUicules sébacés n'y ont point encore été observés. Le poli naturel de sa surface est remplacé , chez ceux qui se livrent , aux travaux pénibles de la campagne, par des callosités rugueuses qui augmentent plus ou moins son épaisseur, et rendent chez eux les inflammations de cette partie plus dangereuses et plus graves.

Outre les lignes que nous avons indiquées plus haut, ob en rencontre un grand nombre d'autres qui tiennent à l'arrangement des papilles du corps muqueux. Ces lignes papillaires sont disposées de telle sorte, que, sur Téminence thénar, elles forment des courbes dont la concavité regarde le pouce, tandis que, sur l'hypothénar, elles constituent des cercles en arrière, dans sa moitié postérieure, et deviennent presque transversales en avant. Celles du creux de la main divergent en arrivant à l'intervalle des doigts, de manière à recevoir dans leur écartement la convexité du petit groupe de lignes courbes qui avoisinent la racine des appendices digitaux. La peau des cicatrices ne présente rien d'analogue à cette disposition.

ao. La Couche superficielle.

Devant la tête des os métacarpiens et sur leminenee hy« pothénar, cette couche est composée d'un tissu cellulaire

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filanftenteux très-dense, qui unit solidement les tissus profonds à la peau, et dans lequel se voient des vésicules adi* peuses en grand nombre, mais non susceptibles d'acquérir un gros voliune. Cet arrangement constitue une espèce de coussinet élastique, dont l'épaisseur varié peu, et qui se piAonge sur les doigts. Sur Vénânence thénar, l'élément cellulaire est plutôt lamelleux que filamenteux , d où résulte une moindre adhérence entre l'aponévrose et la peau; d'où' il suit aussi que les inflammatiQns, les abcès, les tumeurs sç comportent ici à peu près conune dans tous les autres points du corps, tandis que, dans le reste de la région, la texture serrée des parties fait naître des accidens fort graves. Dans le creux de la main, cette couche est beaucoup plus mince; les filamens, les lamelles sont plus rapprochés, et pour ainsi dire confondus avec l'aponévrose et la peau; il n'y a plus de vésicules graisseuses, et partant plus de coussinet élastique.

y*, L'Aponéyrose.

Cette lame, prise dans l'excavation palmaire, comme nous l'avons déjà dit , est d'abord très-forte ; ensuite elle s'amincit graduellement en dehors, et n'est plus qu'une simple lame celluleuse sur l'éminence thénar, où elle se perd dans la couche précédente. En se portant vers le bord interne de la main, elle se comporte de la même manière, et donne naissance au petit muscle palmaire cutané. Si on la suit du côté du poignet, on voit qu'elle n'est qu'une continuation du tendon palmaire grêle et du ligament annulaire antérieur du carpe ; les fibres divergentes du premier, et transversales du second, quoiqu'assez intimement entre^crobées , se retrouvent encore cependant dans les points où l'aponévrose est le plus forte. En approchant de la partie antérieure de la main, çdles du petit radial se rassemblent, et forment les quatre

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bandelettes divergeotes qui se bi&irquent pour embrasser la racine de chaque doigt, en s'appliquant sur les tendons fléchisseurs, ou plutôt, en se confondant arec la gaine de ces tendons. Celles du ligament annulaire, ou les transversales^ deviakent de moins en moins distinctes, à mesure qu elles avancent, et ne forment bientôt plus que de petits arcs de cercle qui s'apphquent aussi sur les tendons, avant leur arrivée sur la première phalange , et semblent, de cette manière, donner insensiblement naissance aux gaines tendineuses proprement dites.

L'aponévrose palmaire présente un nombre variable d'où* vertures qui dépendent de ce que ses fibres s'écartent à l'endroit de leur entre-croisement. De ces .ouvertures , les unes sont très-petites, et d'autres sont assez larges; elles sont de plus en plus nombreuses et grandes, à mesure qu'on approche des doigts; du tissu cellulaire ou des pelotons graisseux les remplissent, et font communiquer ainsi les parties superficielles avec les profondes. Ces sortes de trous semblent concourir à la production des vives douleurs qui se manifestent à l'occasion des inflammations dans le creux de la main, par l'étranglement que leurs bords doivent exercer sur les parties tuméfiées; et de là la nécessité de débrider de bonne heure

dans ces maladies.

4°. Les Muscles.

Les uns appartiennent à l'éminence thénar, les autres à l'éminence hypothénar; la paume de la main renferme aussi les siens.

Les premiers constituent la masse musculaire externe , et sont : i^ le court abducteur qui couvre plus particulièrement ' l'articulation carpo-métacarpienne du pouce, et qui est fortifié là par le tendon du long abducteur : c'est un de ceux qui désistent le plus forrement aux luxations du premier métacar-

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pien en ayant ; 2^ le court fléchisseur et l'apposant , qui em-« pèchent aussi le d^lacement dans le ipéme sens et en dedans ^ non pas en s'apf^quant sur l'artide , mais bien «d agissant sur l'os connue sur un levier du troisième genre; comme ils sont fixés très-loin du point d^appiii, ils doivent agir avecheaucoup de force; 3^ enfin, Tadducteur, sorte de petit éventail placé en travers, qui agit dans le même sens que les deux derniers, pour s'opposer auK luxations, surtout eh dedans : il résiste même encore plus énergiquement, attendu qu il s'in* sère à angle droit sur Tos que l'effort tend à renverser.

Les seconds forment la saillie musculaire interne. On 7 rencontre d'abord, dans la couche cellulaire, le palmaire cutané, étendu sur le quart supérieur de l'aponévrose • qu'il fixe à la face interne de la peau, vers le bord cubital de la main : c'est lui qui produit cette petite fossette qu'on remarque en dedans et au-dessous de l'os pisiforme, dans le mouvement d'opposition forcée du pouce et du petit doigt; ensuite, l'adducteur fixé sur l'os pisiforme, et qui semble se continuer avec le tendon du cubital antérieur : aussi, daps l'adduction prononcée du petit doigt, ce dernier est-il fortement tendu ; enfin , le court fléchisseur, qui se trouve souvent confondu avec le précédent, et plus profondémait l'abducteur, qui est l'un des interosseux palmaires.

Les troisièmes sont les lombricaux , qui ne peuvent être considérés que comme une dépendance des tendons du muscle fléchisseur profond, dont ils favorisent l'aclîon sur les dpigts , en s'insérant eux-mêmes sur la face dorsale des premières phalanges; et les deux premiers interosseux palmaires qui ne présentent rien de particulier.

Outre ces divers fiaisceaux musculaires, tous les tendons fléchisseurs des doigts traversent encore cette région ; 01^ trouve par conséquent les cpiatre cordons du fléchisseur si\-.

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blime, ainsi que ceux du profond, qui tous se portent, en divergeant, vers ratticulalion métacarpo-phalaDgienne, où ils s'engagent dans leurs gaines. Celui du pouce glisse entre 1» deux portions du muscle court fléchisseur, et va se porter «usù dans sa coulisse. Sous l'aponévrose, tous ces tendom sont enveloppés en masse et séparément dans une membraiu synoviale, semblable en tout à celle dont il a été question ea parlant du poignet, et dont elle n'est que la continuation. Cette toile peut être ici le siège des mêmes maladies, fÙK naître les mêmes dangers, et de plus redoutables encore, à cause de la résistance qu'oppose la aiend>rane fibreuse au gonflement phlegmasique des parties.

5". Les Artéret.

Cest ici que se terminent les artères cubitale et radiale, en formant deux arcades appelées crosses palmaires. L'une de cei arcades est superficielle, et placée entré l'aponévrose et la peau; sa convexité reg-drde en bas, et se trouve à quinze lignes environ au-dessous du ligament annulaire; son extrémité externe se continue avec la radiale, à travers la radoe de l'émineuce thénar. De ce côté , l'arcade palmaire supofidelle est grêle, à moins que l'artère ne donne une branche antérieureplusgrosseque dans l'état habituel. En dedans, elle se porte vers la cubitale, dont elle est la continuation , et par conséquent, son volume est plus considérable qu'en dehors; on la trouve immédiatement sur'le côté radial de l'os pisil'urme, et pour suivre sa direction, au reste, il est &cile d'imaginer un demi-cercle de quinze lignes de profondeur, -!-«• les extrcmités seraient fixées sur le pisiforme et la % scaplioîde. D'après cette disposition, on voit que isse artérielle est très-exposée à l'action des corps s, et que, si elle était divisée, sa ligature serait tm-

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<iue bien difficile dans le lieu de la blessure, par la texture serrée des tissus. Il faudrait nécessairement, si on Toulail opérer sur-le-duimpi lier en même tems la radiale et la eu* bitale; liiais il n*est pas toujours utile d en irenir à cette extré> mité , Taponévrose offrant assez de résistance pour que la compression puisse, le plus souvent, arrêter Thémorragie. C'est de la convexité de cette arcade que naissent les artères digitales, au nombre de quatre principales, qui vont se bifurquer à la base des doigts , dans Vintervalle des bandelettes fibreuses de Faponévrose ; elle donne , en outre, plusieunh branches assez volumineuses qui vont se ramifier dans les éminences thénar et hjpothénar; en sorte que sur toute la face palmaire de la main , la peau et la couche superficielle reçoivent de grosses et nombreuses artères, ou se laissent traverser par ces vaisseaux.

La crosse palmaire profonde forme un arc de cercle moins courbe que la superficielle : sa convexité est un peu tournée en dedans et en arrière; elle est placée entre les tendons des fléchisseurs et les muscles interrosseux ; son extrémité interne vient de Tartère cubitale, dont elle forme la branche profonde. En se séparant du tronc, cette branche s'est* engagée à travers l'extrémité postérieure du muscle court fléchisseur du petit doigt, pour arriver derrière les tendons. L'autre extrémité se porte entre les muscles adducteur et court fléchisseur du pouce , dans la partie postérieure du premier espace interosseux, où elle communique avec la radiale, à laquelle elle appartient réellement, et qui fournit aussi profondément deux branches très-grosses aux muscles de Téminence thé* nar, le long des bords cubital du premier métacarpien , et radial du second. La convexité de l'arcade palmaire profonde donne quatre ou cinq petits rameaux qui smvent la direction des espaces interosseux , et qui conununiquent, près de la

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léle des métacarpiens, avec les rameaux de la dorsale du métacarpe ; cette crosse fournit en outre en avant, en arrière et par sa concavité, d'autres brandies qui s'anastomosent avee les artères superficielles, 'dorsales, etc., mais cpii sont en général d'un petit calibre.

n résulté de l'arrangement de ces deux areades, que tontes les artères 'de la main communiquent largement entre elles, et que la cubitale et la radiale forment une anse très-allongée , doid>le inférieurement, où est sa base, simple à l'avant-brasyoù elle se prolonge jusqu'au tronc de la brachiale. Aussi, quand l'une des branches de cette anse est ouverte , ne peut-on arrêter sûrement l'hémorragie qu'en appliquant un fil sur ckicun des bouts de l'artère; et, quand elles sont le siège d'un anévrjsme spontané, est-il prudent de lier au-dessus etaadessous de la tumeur.

Nous avons vu dans les mains du froiesseeœ Béclard une pièce sur laquelle toutes les artères de l'avant-hras et de h main étaientfortement dilatées, en même temsque leurs parois étaient épaissies. Les arcades palmaires représentaient ua plexus extrêmement compliqué, puisque toutes les branches avaient le volume d'une plume à écrire ; elles étaient tortueuses, ondulées; enfin, leur disposition était exactement semblable à celle de ces larges pelotons variqueux que présente souvent la veine sapbène : on peut dire <pie ces arims étaient hypertrophiées. Il n'est pas besoin de fahre remarqua que, chez le sujet sur lequel cette pièce avait été trouvée, b moindre blessure dans la paume de la main eât été suhrie d'une hémorragie dangereuse.

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