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DES DOIGTS

Placés parallèlement les uns aux autres, coniques et plus déliés dans l'enfance et chez les femmes; cylindroïdes chez la plupart des hommes, tous les doigts sont loin d'avoir la même longueur. Le médius est le plus long de tous; l'indicateur et l'annulaire se' terminent sur la même ligne > quoique en réalité l'indicateur soit plus court, attendu que. son métacarpien est plus long; le petit doigt se termine au niveau de la dernière articulation de l'annulaire, et le pouce à quelques lignes en arrière de la première articulation phalangienne de l'indicateur. L'articulation phalangienne du pouce est exactement sur la même ligne que l'articulation métacarpo-phalangienne de lindicateur, et cette particularité est une des plus importantes à noter, quand on veut pénétrer dans ces articulations.

SECTION PREMIÈRE

RfiGIOrr PAIAAXHK DES DOIÛTS.

Sur cette face, les doigts présentent un assez grand nombre

46o Btt mnwmi» rmomàciqvmB*

de siDoDs qQ*fl est utile de hiai connaître : il en existe un seul au devant de chacune des dernières articulations pbalangiennes, et, en incisant perpendiculairement sur lui, on tombe environ uùe ligne en arrière de lartide. Il y en a plusieurs, mais deux surtout au devant des articulations moyennes. P^umi ceuK<â, le postérieur est le plus constant,* c'est lui (jui répond à Farticle, et qui permettrait de tomber tout au plus une denûJigne en arrière. Une rainure du même genre se voit à la réunion des doigts avec la face palmaire de la main; mais cet autre sillon n a plus les mêmes rapports avec les articulations que les précédens. C'est à près d*un pouce dans la région antérieure de la main, que se rencontre Tunion métacarpo-phalangienne des doigts ; il faut néanmoins en excepter celle du pouce, au devant de laquelle on remarque un sillon disposé comme aux jointures moyennes. On tomberait au reste d'une manière certaine sur larticulation métacarpo-phalangienne du pouce, en prolongeant sur sa base, lorsqu'il est dans l'abduction forcée, une ligne parallèle à la direction du doigt indicateur^

Entre ces diverses rainures, on remarque aussi quelques rides qui tiennent au plissement de la peau, et qui sont parallèles à la direction des doigts,

PARTIES GONSTITUAVTËS.

|o. La Peau.

Cette membrane est lisse, ferme, très-épaisse, dense, serrée, glabre, et sa couleur est peu foncée. On n'a pas examiné jusquici.si elle avait des follicules sébacés; mais, conmie nous avons acquis la conviction que sur les autres parties do corps les pustules varioliques avaient le plus souvent ces organes pour siège (i), et conune il se développe des boo-

(i) Voyez Archives générales de Médecine, Cahier de Juillet iSaS.

tons de petite-vérole sur le devant des doigts, nous sommes

portés à croire que ces follicules y. existent réellement. Cçtte

membrane est couverte d'une innombrable quantité de lignes

papillaires, qui affectent des directions variées, mais qui ont

en général, sur la pulpe, la forme d'autant de petits cercles

elliptiques,

a^*. La Couche sous-cutanëc.

Sur la partie antérieure du corps de chaque phalange, cette couche forme un coussin élastique trè^-remarquable, et dont répaisseur varie suivant les sujets, sans jamais sortir cependant de certaines limites même assez bornées. Ce coussinet est toujours plus épais sur la phalangette, qu'il dépasse de quelques lignes en formant la pulpe des doigts; il est composé de filamens fibro-celluleux qui semblent s'être détachés de la peau pour s'entrecroiser un grand nombre de fois entr'eux , et former ainsi une infinité de petits compartimens , dans lesquels les vésicules adipeuses se trouvent emprisonnées : ces vésicules sont fines, ne disparaissent jamais en totalité , et ne deviennent non plus jamais assez grosses poiir déformer les doigts. Quand elles s'affaissent en partie chez les sujets maigres, les doigts s'aplatissent, et leurs articulations paraissent plus saillantes ; si elles se distendent, au contraire, ils s'arrondissent, et les sillons articulaires de- . viennent plus profonds. C'est au mélange de vésicules cellulo-graisseuses avec des filamens fibreux, que cette couche doit son élasticité , son peu d'eitensibilité. Son union avec la peau est intime; avec la gaine fibreuse des tendons, ,

elle n'est pas beaucoup moindre. Il faut ajouter que tous les nerfs, ainsi que les vaisseaux, la parcourent, et s'y distribuent même. Devant les articulations, le tissu fibreux existé seul, et fixe la peau d'une manière très-solide sur les couUsses tendineuses; à l'extrémité libre des doigts, la subs-

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t3sc« pTiIp«tiâe s\âtrjche direrteraent à Fos ; en arrière des d^smièiTS r.iiiiares craosrersdes , eHe forme la partie élasû'jaie ant'^rienre da rreux de la main.

n resuite de oftre dL^positioD aiiatoiiiiipie, que les phiegmaM!» ^i^Z^jè^ doiTt^rtc se déTetopp»* aisément dans cette coiKtie. puLscpetle renfcrnoe da tissa cellulaîre et beaucoup de Tai»&eaux: qae les îniLumiations doivent produire des douMTurs extrèmeHient Tires, en raison de la densité du tissu, des nerfs qui sj ramifient , et de la résistance que la conrhe cntanée doit apporter au gonflement. Qu'on suppose en effet an^ piqûre d"ai^Tîe, et que l'instrument ait traverse la peau, si la eouiiie eellulo-graisseuse s*enflamme, les éléroens que la maladie tend à gonfler, se trouveront pressés entre deux artit-uLtions, d'une part, et de l'autre, entre la gaine fil>reuse et la peau; 3s seront ainsi comme étranglés, et d'autant plus fortement serrés que la phlegmasie sera plus vive*: aussi est-il reconnu que, pour faire cesser les douleurs quelquefois atroces causées par les panaris, le meilleur moyen consiste à pratiquer de profondes incisions sur la face palmaire du doigt enflammé. Que Tinflammation soit plus avancée, et que le panaris ait déjà produit du pus, l'espèce de sac dans lequel ce fluide sera forcé de se rassembler, rencontrant de tous cotés une résistance extrême, à cause de l'épaisseur de la peau , on conçoit que l'inflammation se reportera dans le reste du doigt, dans la main, Tavant-bras même, et delà tous les dangers de ne pas débrider convenablement dès le principe dans cette maladie. S'il est trop vrai de dire que le panaris qui a son siège dans cette coucbe, soit une maladie grave, il faut bien se garder de le confondre avec l'espèce de Tnal cTat^enturc ou de tourniole qu'on a nommée panaris de la première espèce , et qui n'est qu'une simple phlegmasie dn corps muqueux de la peau. En effet, celui-ci n'est jamais

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fies MEMBRES THORÀGIQUES. 4^3

inquiétant, et ne mérite attention qu'en raison de la tendance continuelle du pus à décoller Tépiderme au loin, et surtout autour de l'ongle; particularité qui dépend de. la grande épaisseur de la' couche épidermique sur les doigts, et qui exige, si Ton yeut arrêter le mal, qu'on enlève de bonne heure toute la cuticule ainsi décollée, afin de mettre à nu la surface malade.

3o. Les Gaines tendineuses.

Ces coulisses remplacent ici l'aponévrose palmaire, dont elles ne sont pour ainsi dire qu'une modification. Les bandelettes de terminaison de cette dernière, en effet, se continuent d'une manière évidente avec leurs fibres longitudinales, et les petits arcs de cercle qui forment la plus grande partie de la gaine, semblent n'être que la suite des fibres transversales de l'aponévrose. Ces canaux sont complétés , en arrière , par la face antérieure des phalanges; leur coupe transversale a la forme d'une ellipse , dont le peut diamètre a moins d'étendue sur les articulations que devant le corps des phalanges ; leur moitié antérieure ou fibreuse est principalement formée de courbes transversales ; des fibres très-fortes et très-rapprochées forment une couche très-épaisse, et dont les bords sont fixés sur les côtés de la partie osseuse. Cette lame est moins épaisse au devant des articulations, surtout de la moyenne, que dans l'intervalle de ces brisures : il n'est pas rare de voir entre leurs fibres de petits écartemens qui font communiquer l'intérieur de la gaine avec la couche précédente, et par lesquels s*engagent, de Tune dans l'autre, ou de petits pelotons graisseux , ou quelques prolongemens de là membrane synoviale des tendons ; c'est aussi par ces ouvertures , que les inflammations dont il a été question plus haut , se transmettent à la tunique séreuse de la gaine, et que cette dernière peut s'échapper lorsqu'elle est enflammée, de manière à s'étran-

464 BSS MSMSBSS THORjLCIQUSfl.

gler, et à faire naître des douleurs extrêmement violentes* G*est ainsi , du moins, que quelqpies personnes ezplicjuent ks souffrances aiguës de certains malades affectés de panaris de la troisième espèce , qu on suppose avoir leur si^e dans la coulisse tendineuse même. Lorsque ces gaines ont dépassé la troisième articulation, leur tissu se raréfie, et elles se confondent avec la pulpe et le périoste : leur intérieur est tapissé par une yéritable membrane synoviale qui ne communique point avec celle des articulations. En arrivant à la paume de la main, cette membrane se fond dans la toile fibro-celluleuse qui enveloppe les tendons fléchisseurs , ou plutôt elle forme une sorte de cul -de-sac au devant du ligament métacarpien transverse, et constitue de cette manière une petite poche allongée qui na point d'ouveiture, et dont les fonctions, ainsi que les maladies, sont jusqu'à un certain point indépendantes de celles des autres organes du même genre. II convient de remarquer qu'au devant de toutes les articulations, et notamment de celles du métacarpe avec les phalanges, ces gaines sont entièrement fibreuses; ce qui tient k ce que le ligament transverse en forme ici la moitié postérieure, tout en recouvrant la surface articulaire.

4<>. Les Tendons.

Chaque coulisse en renferme deux, excepté celle du pouce, qui n^en reçoit qu'un. Ces tendons sont disposés de manière que celui du muscle sublime, d'abord appliqué sur l'autre, se divise graduellement pour former deux bandelettes qui s'écartent assez pour laisser passer le profond : d'où il suit qu'avant cette division , le premier est concave sur sa face profonde, tandis qu après, c'est î>a face superficielle qui offre une gouttière. Enfin, les deux bandelettes retournées et rapprochées au-dessous, s'attachent en avant et sur les côtés de la

JDBS MSMfiflES TfiORACsiQUfiS. 4^5

seconde phalange, en se confondant avec le périoste et la gaine fibreuse. Le tendon du muscle profotid, au contraire ^ ne se termine que sur la face antérieure de la phalangette; mais il s'en détache une lame fibreuse plus ou moins forte, et aplatie transversalement, qui se fixe sur la première pha^ lange, tout en lui permettant néanmoins de se mouvoir librement. Cette bandelette, appelée^fcj/or/7w par quelques anatomistes, pourrait expliquer la faciUté que conservent les personnes , auxquelles lés deux dernières phalanges ont été amputées, de fléchir néanmoins la première, quand même les bouts des tendons ne se seraient pas confondus, par l'effet de l'inflammation, dans le lambeau relevé sur l'extrémité du moignon. Les chirurgiens qui ont conseillé l'amputation dans l'articulation métaçarpo - phalangienne , alors que le mal aurait permis d'opérer dans la jointure du milieu du doigt , avaient sans doute oublié cette particularité anatomique, quand ils ont avancé que la phalange conservée ne pouvait que nuire , puisqu'elle devait nécessairement rester immobile. Il en est probablement de même de ceux qui ont proposé de faire plusieurs incisions profondes sur la face palmaire de cette phalange, dans le but de déterminer l'adhésion du tendon aux parties qui l'entourent, pour amputer plus tard la phalangine et la phalangette seulement.

Le pouce n'a point de tendon fléchisseur sublime, d'où il suit que les mouvemens de sa première phalange sont plus bornés qu'aux autres doigts. Au reste, tous ces tendons sont d'une texture très-senée ; leurs fibres, presque toutes parallèles, sont très-fortement rapprochées; revêtus par la membrane synoviale qui tapisse leur gaîne , ils sont blancs, lisses et presque inertes : aussi , dès qu'ils restent quelque tems en contact avec l'air, ils se nécrpsent et deviennent corps étrangers. Il en est de même quand l'intérieur de leur gaîne suppure, ou I. 3o

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du moins alors ils se soudent avec les autres lissus, et les doigts restent immobiles.

S». L^ Artères.

Chaque doigt en présente deux principales; ces deux artères 9 nommées collatérales, sont di^iosées de la manière suivante : au moment où les tnmcs les plus remarquables de Tarcade pgJmaire superficielle arrivent vis-à-vis de l'intervalle qui sépare la tète des os métacarpiens, ils se bifurquent, et les deux branches de cette bifurcation se portent immédiatement sur les cotés des deux doigts correspondans ; chacune d'elles alors se place sur le côté de la gaine tendineuse, qu elle touche presque immédiatement, quoique enveloppée dans la couche superficielle; près de lextrémité libre des doigts, les deux artères de chacun d'eux se contournent Tune vers lautre , et s'anastomosent en formant une anse ou une arcade dans la pulpe digitale. Dans leur trajet, ces branches donnent beaucoup de petits rameaux à la couche cellulograisseuse, dans laquelle elles finissent par se distribuer en entier J elles sont très-grosses relativement aux organes qui les reçoivent, et tout le monde sait, en effet, que le système artériel des doigts est très-riche. Cependant on peut se dispenser d'en faire la ligature dans les amputations de ces parties, parce qu'il est, en général, facile de les comprimer assez exactement "pour éviter l'hémorragie. Elles sont toujours situées derrière les neifs. collatéraux, et de telle sorte qu'un instrument tranchant pourrait diviser transversalement la face palmaire du doigt jusqu'à sa coulisse tendineuse, sans les atteindre; il en résulte aussi que ces vaisseaux ne seront blessés que dans les incisions faites sur le côté, soit en travers, soit parallèlement à Taxe des doigts ; enfin, que dans les amputations métacarpo-phalangiennes, deux lîga-

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tures seùteiilent seront nécessaires, soit que la division des tissus ait compris le tronc artériel lui-mênle avant sa bifurcation, soit, au contraire, que Viilstrument n'ait agi que sur luné de ses branches, de chaque côté.

Quelques artérioles se distribuent encore à la face palmaire des doigts; ce sont des rameaux de terminaison des branches fourtlies par l'arcade palmaire profonde \ mais elles ne sont imj)brtantes que sous le rapport de la nutrition des organes.

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