DU THORAX
SECTION PREMIERE
niOIOH ▲VTK&IKUB.X OU STKaaTlXJE.
Ses limites sont : en haut, les régions sous-hyoïdienne et sus-ciaviculaire ; en bas, une ligne courbe qui réunit lepigastre à la poitrine, et, sur les côtés, les deux lignes clavi'coxales qui la séparent de la région axillaire en haut, et de la région costale proprement dite, en bas. A Textérieur, cette région présente, au milieu et de haut en bas, réchancrure sus-stemale, bien plus profonde chez les personnes maigres que chez les sujets gras; une dépression qui correspond à Tos primi-sternal (Béclard)\ une saillie qui n existe pas toujours , et qui dépend de la soudure plus ou moins angulaire des primi et duo-sternaux ; une seconde dépression , plus constante que la première , dont elle est quelquefois la suite , et qui augmente en général détendue et de profondeur, à mesure quelle s approche du devant de l'appendice xiphoïde, sur lequel se voit presque toujours une excavation, et dont la pointe forme assez souvent un relief marqué sous la peau ; sur les côtés, la proéminence due à la tête des clavicules; au-dessous, chez les individus maigres, une série de creux et de reliefs qui sont en rapport avec les espaces intercostaux et les cartilages qui les circonscrivent ; chez les personnes qui ont de Tenibonpoint, au contraire, on remarque une saillie allongée parallèlement à Taxe du corps, et qui est due aux muscles et au tissu cellulo-graisseux. L'enfance , le sexe , Tembonpoint et la constitution apportent de nombreuses modifications à ces
diverses particularités. Ainsi, dans le premier âge, cette région est en générai fortement bombée, et forme une voussure considérable ; il n'y a point de relief sur les côtés. Chez la femme'^ elle est plus aplatie, plus courte^ mais les seins font paraître la rainure médiane plus enfoncée, et l'extrémité claviculaire est- plus saillante; chez quelques adultes , la région sternale proémine comme dans l'enfant, et cette disposition, qui coïncide fréquemment avec le rachitisme, fait craindre la phthisie pulmonaire. Chez d'autres, au contraire , elle est plus déprimée que dans l'état de bonne conformation, comme cela se remarque surtout chez les artisans qui travaillent, le tronc habituellement courbé en avant, et qui se servent de leur poitrine comme d'un point d'appui, les cordonniers par exemple; enfin , il n'est pas très-rare de rencontrer une certaine mobilité sur la ligne médiane, et quelques inégalités qui dépendent de l'union incomplète ou irrégulière d^ différentes pièces du sternum. Il importe surtout de se rappeler ces variétés, lorsqu'il s'agit de prononcer sur l'existence de fractures ou de tumeurs qui se manifestent assez souvent dans cette région.
PARTIES COirSTITUA.NTES.
i<>. La Peau.
Dans les deux sexes , elle est beaucoup plus épaisse au milieu que latéralement; chez l'homme adulte, elle est ombragée, sur toute l'étendue de la rainure moyenne, de poils dont les racines sont entourées de follicules gros et nombreux ! aussi les loupes, les tannes, des pustules semblables à celles qu'on remarque souvent au visage, ont-elles fréquemment leur siège au devant du sternum , tandis qu'elles sont trèsrares sur les côtés, où la peau ne présente pas les mêmes caractères. Chez les femmes , toutes choses égales d'ailleurs , la peau est plus fine, plus lisse, plus égale, et surtout beau- I. 3i
4^2 DE hX H>1TRIN£.
coup phiA blanche en se rapprochant des seins. Son extensihi^téj plus grande en dehors que sur la ligne médiane, fait que les tumeurs qui se déyeloppent au-d.essous d'elle, acquiik^nc pkis faâlemoit un vcdume considérable dans le premier sens que dams l'autre.
a». La Couche soos-cutanée.
Composée d'un tissu cellulaire lamelleux et filamenteux dan» l'état de maigreur, elle forme alors une toile assez épaisse et très-extensible surlesnnscles, où efie remplace l'aponévixise; en arrivant sur la partie moyenne, elle devient plus dense, comme fibreuse, et se confond avec les ligamens stemo-costaux. On peut en séparer une lame qui adhère plus particulièrement à la peau, et dans laquelle se développent les vésicules graisseuses. Ce dernier feuillet n'est qu'une continuation de la couche superficielle du cou, des membres thoraciques, etc. ; en un mot, ce n'est qu'une portion àxifisLscia superficialis général. La disposition d« ces lames est telle, qu'en dehors elles sont décomposées en trois couches : k première appartient aux tégumens ; 1 autre est immédiatement appliquée sur les musclés , et la troisième est intermédiaire ; mais sur la ligne médiane, elles sont fondues l'une dans l'autre , i^e renferment jamais , ou du moins que très-rarement , de la graisse; et, comme elles unissent d'une manièire trèsserrée les os à la peau, il en résulte que les plaies de ce point sont difficiles à réunir par première intention, et que, dans les opérations qu on y pratique, il convient de ménager le plus possible la couche cutanée, si on ne veut pas s'exposer à produire des solutions de continuité ^esque interminables. H en résulta aussi que, dans les infiltrations et dans les cas d'embonpoint considérable , le sternum paraît beaucoup plus enfoncé. Ce tissu cellulo-graisseux, au reste, en se recourbant
DB LA POITRINB. 48^
sôus le bord inférieur du muscle grand pectoral, se continue directement avec celui de Faisselle , et favorise ainsi le passage des fluides altérés de Tune de ces régions dans lautre*
3^. L'Aponévrose.
I)epuis la clavicule jusqu en bas du grand pectoral , elle n est constituée, sur les côtés, que par une simple lame cellulaire déjà indiquée^ et qui se confond au devant du ster* num avec le périoste et la couche précédente. Plus bas, on remarque un feuillet véritablement fibreux, et qui devient d'autant plus épais qu*on approche davantage de Tépigastre. Sa forme est rubanée , et ses fibres se portent obliquement en bas et en dedans, pour se continuer avec les aponévroses du ventre. Il recouvre particulièrement les muscles droits , qu il maintient appliqués sur les côtes.
4^. Les Muscles.
a. Le grand pectoral est le plus épais et le plus puissant des muscles qui slnsèrent dans cette région ; comme il s'attache sur une ligne courbe , dont la convexité regarde celle du côté opposé , Vespacé libre que les deux muscles pectoraux laissent entre eux sur le sternum, est plus large en haut , et surtout inférieuremeitt , qu'au milieu ; cette disposition se dessine très-bien à travers la peau, chez les personnes dont le système musculaire est très- développé. Séparé de la peau par la partie la plus épaisse de la couche sous-cutanée^ le stemohuméral permet encore le plus souvent au tissu cellulaire superficiel de communiquer avec la couche cellulo-adipeuse profonde, par la rainure qui sépare ses faisceaux claviculaire etsternal. Cette communication explicjue le transport de l'inflammation, du pus, etc., dans le creux de l'aisselle, quoiqu'il se soit primitivement développé ou formé sous la peau, dans la région stemale.
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( U miacW Jr>U Je ViMomei, vient ensuite. En garni r>«.ininc« , ce muâdc s atli*««>ise ordinairement en delier. ."C ù ifcn"" dentdrae dn precédenti il >im«be ™rf<pe(oi. on W cité de 1. bue de Ijppendice stenij, n U,„,om. «« le» "T»*" «Inwiéme cotes; en sorte <p« t.nneneiM pin. jnsto-m <««lo-p»bien çte stemo-pdiie. S» 6hres«»t poJlèles, et de».»d,m perpendicolainmM;
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.j^i-uo-nustoïdiea ou steim » muscles anormaux pearent
JDB LA POITRINE. 4^^
</• Tous ces muscles sont immédiatemekit appliqués sur les os ou les cartilages ; mais les espaces qui séparent ces derniers sont aussi remplis par le tiers antérieur des intercostaux internes j dont les fibres, dirigées en bas et en dedans^ sont un mélange de faisceaux charnus et de rubans aponévro» tiques ; ils sont séparés des précédens par une couche celluleuse d'autant plus distincte qu on s'éloigne davantage de la ligne médiane,
^.Profondément, derrière le squelette, entre les cartilages et la plèvre, on rencontre le muscle triangulaire du sternum ^ qui semble se continuer en dehors avec les intercostaux internes , et qui joue un rôle important dans les fractures des os auxquels il se fixe. Enfin, tout-à-fait en bas, la portion antérieure du petit oblique (ilio-abdominal) et du diaphragme^ s'attachent encore à la face interne du bord inférieur de la partie solide de cette région.
5°. Les Artères.
Ces vaisseaux appartiennent à trois ordres : ils viennent de l'artère axillaire, de la spus-clavière et de l'aorte thoracique.
Les premiers ne sont que des rameaux en général d'un petit calibre, fournis par les branches thoraciques antérieures^ acromiales et mammaires externes. Ils se perdent dans la peau^ la couche celluleuse superficielle, le grand pectoral et la couche lamelleuse profonde, en s'anastomosant avec les branches externes de l'artère sous-sternale.
CeUe-ci, ou la mammaire interne, appartient au second ordre, et constitue l'artère la plus important^ de cette région. Née de la sous*clavière, vis-à-vis de l'artère vertébrale, elle descend, en se portant en avant ^ derrière le cartilage de b premièïve côte, ou quelques lignes en dçbor^ d^
t. Le iiiu^i
hors avec la quelquef«ii> s toujours MU Tappelleriilt | Se» fibres Sun elles sont a-, elles aban<lr>[i 'me inters,! r, •Trière, oii ,1, ïemem àl'aj», lï n'est pas droit se pon.j tant même (|i, dien,etrepi.
tnammifères, I muscle, et d<> renspointsd.'i particulier, (jii nuiD , où il si tinue avec le sterni>*costat] \ au contrairL', sterno-humt'r Dans tous l*- ■i pead
BB hk POITAXNB* 4^7
qui se ramifie dans la glande mammaire ; ka esitemes, se por« teut en dehors, et completlent les arcades intercostales. Ces altères augmentent de volume à mesure quelles sont plus in* iérieures; enfin, le ti^nc lui-même se bi£urque près du carti^lage ensiforme, et Tune des branches donne immédiatement un gros rameau qui passe au devant de cet appendice, pour former une arcade avec une branche semblable du côté opposé^ arcade quelquefois assez volumineuse pour qu'on en puisse distinguer les battemens à travers la peau, et pour ~ qu'une hémorragie soit la suite de blessures faites par instrumens tranchans oupiquans dans le bas de la région stemale.
6». Les VeÎDcs.
On en trouve souvent deux pour l'artère mammaire
interne, et toujours une pour chacun des autres canaux
artériels. Ces vaisseaux n'ont rien de bien important sous
le rapport chirurgical; seulement il arrive quelquefois que les
plus superficiels se dilatent , de manière à former des cordons
variqueux plus ou moins gros sous la peau, comme cela se
voit, par exemple, chez les femmes affectées de squirrhe ou
'le cancer au sein; bhez celles aussi qui ont allaité plusieurs
cnfans , ou qui sont tombées dans le marasme après avoir eu
!*(^aucoup d'embonpoint; chez les personnes enfin dont la
irculation veineuse des systèmes supérieurs est depuis long-
< ins gênée par une lésion organique des viscères du thorax.
est encore aupc veines sous-cutanées que sont dues ces sortes
«* vergetures que présente la peau de certains sujets sur le,
'vant de la poitrine.