‹ Traité d'anatomie chirurgicale, ou, De l'anatomie dans ses rapports avec la pathologie externe et la médecine opératoireChapitre 38 sur 38 · SECTION XII · texte numérisé non relu

SECTION XII

De l’appareil de la guslalion.

Comme les appareils des autres sens, celui de la gustation présente, d’une part, comme partie essentielle, la langue, ou, pour être plus exact, quelques régions de la muqueuse qui la recouvre ; de l’autre, des parties accessoires qui en facilitent l’exercice. Mais, en même temps qu’elle sert à la perception des saveurs, la langue appartient aussi à l’appareil de la digestion par le concours qu’elle porte à la mastication , à la déglutition ; elle est aussi l’organe principal de l’articulation des sons. Au point de vue des lésions qui l’atteignent , elle a de nombreux rapports avec le plancher de la bouche dont elle fait partie ; souvent elle est altérée en même temps que les éléments qui l’avoisinent. Relativement au sens du goût, son anatomie chirurgicale est, au contraire, stérile. Nous nous bornerons donc, comme pour l’appareil de l’olfaction, à quelques généralités, renvoyant à l’étude des régions, celle de la langue en elle-même et des diverses parties de la muqueuse buccale.

Les recherches de MM. Guyotet Admirot(l)onl démontré que les points de la surface de la muqueuse buccale, qui sont sensibles à l’impression des corps sapides , sont seulement au niveau de la base de la langue derrière le trou borgne , et sur toute la circonférence dont la sensibilité est exquise à

(1) Mémoire sur le siège du goût chez l’homme. Paris, 1S30.

la poinle, et s’étend un peu plus à] la face dorsale qu’à la face inférieure. Une petite étendue de la muqueuse du voile du palais , sans limites bien précises, située environ à deux millimètres au-dessous de l’insertion sur les os palatins, et ne descendant pas jusqu’à la base de la luette, perçoit aussi les saveurs. QuanL aux autres parties de la muqueuse buccale, elles ne jouissent que de la sensibilité générale.

Nous avons signalé, à l’occasion de l’appareil de la digestion , un épiderme épais avec les couches molles du prétendu corps muqueux de Malpighi, un derme très-résistant qui donne insertion aux muscles intrinsèques de la langue. Une grande quantité de vaisseaux se rendent dans les papilles qui sont coniques, filiformes, arondinées, lenticulaires, fungiformes sur la partie antérieure, et boulonnées ou à calice en arrière et au niveau du Y de la langue. Des ramifications des nerfs glosso-phafyngien et lingual leur donnent la sensibilité spéciale dont elles sont douées. Ces nerfs détruits ou interrompus dans leur continuité, il en résulte une perle du goût ; on y suit encore, en arrière, un filet du laryngé supérieur. Enfin, à la muqueuse linguale, se trouvent annexées des glanduleS arrondies et nullement pédiculées, situées sous cette niembrane qui glisse sur elles; elles entretiennent, avec la salive, l’humidité habituelle de la bouche.

La muqueuse linguale est munie d'un admirable réseau de vaisseaux lymphatiques qui vont se rendre dans les ganglions sous-maxillaires.

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