‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 102 sur 128 · DE LA MOELLE ÉPINIÈRE · texte numérisé non relu

DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

Préparntion. — Isoler ie crâne et la colonne vertébrale de toutes les autres parties du corps; puis ouvrir le canal rachidien, avec la cavité encéphalique, parleur surface supérieure, comme dans la fig. 170, en faisant sauter, à l'aide du rognc-picd et du marteau, la voûte crânienne et la portion annulaire de toutes les vertèbres. On pourra étudier d'abord l'organe ainsi mis à nu, couché dans son tube osseux et enveloppé dans ses membranes, puis extraire en entier l'axe cérébro-spinal compris dans la dure-mère, et inciser cette dernière sur le trajet de la moelle pour mettre celle-ci entièrement à découvert.

§ I . — Conformation extérieure de la moelle épinière.

Idée générale. — La moelle épinière est cette portion des centres nerveux qui occupe le canal rachidien ; c'est un gros cordon blanc irrégulièrement cylindrique, commençant au niveau du trou occipital, où il fait suiteau bulbe rachidien, se terminant en pointe vers le tiers supérieur du canal sacré ou un peu plus en arrière, donnant naissance sur son trajet , et de chaque côté, aux racines supérieures et inférieures dos nerfs du tronc.

Poids. — Sur des animaux de taille moyenne, le poids de la moelle est représenté par les chiffres approximatifs qui suivent : 300 grammes pour le cheval, 150 pour l'âne, 220 pour la vache, 50 pour le mouton et la chèvre, 70 pour le porc, 35 pour le chien, 8 pour le chat, 5 pour le lapin.

Forme et volume. — Le cordon médullaire est légèrement déprimé de dessus en dessous dans toute son étendue ; aussi, siu' quelque point qu'on examine .sa

DK î. AXli CK.NTH AL DU SYSTÈME NEUVEl'X.

v.:oiipe transversale, on verra toujours son diamètre latéral plus grand (|ue le vertical, et celle coupe apnaraîti'a régulièrement elliptique.

Son volume est loin, du reste, d'être uniforme. En suivant l'organe d'avant en arrière, on remarque d'abord qu'il présente les mêmes dimensions jusqu'à la cinquième vertèbre cervicale, et qu'entre ce point et la deuxième vertèbre du dos il forme un renflement oblong désigné sous le nom de renjlement ou bulbfi brachial. Au delà la moelle reprend son volume primitif en diminuant ])eu à peu, et devient même un peu moins grosse que dans la région cervicale. Puis vers le milieu des lombes, elle augmente de nouveau pour constituer le renflement ou bulbe crural, qui s'étend jusqu'à l'entrée du canal sacré. Enfin, à la suite de cette dilatation, vient un prolongement conique dont la pointe représente l'extrémité terminale de la moelle.

Si l'on compare le diamètre de cet axe médullaire à celui du canal racliidien, ou reconnaît, comme on l'a déjà dit, que la capacité du contenant est généralement en ra|)purt avec le volume du contenu, et que ceîui-là présente les plus grandes dimensions au niveau des renflements cervical et lombaire. On peut même remarquer que la dilatation olîerlc à ces deux points par le canal spinal est relativement plus considérable que ne le comporte l'excès de volume de la moelle. C'est que la mobilité du lachis, justement très grande dans ces deux régions , commande cette différence pour assurer l'axe spinal contre toute espèce de contusions pendant les mouvements exécutés par la colonne vertébrale. Cette combinaison protectrice se retrouve même ailleurs, par exemple au niveau de l'atlas, où la mobilité est, comme on le sait, considérable, et dans toute l'étendue de la région cervicale, qui l'emporte, sous ce rapport, de beaucoup sur la région dorsale.

Surface extérieure de la moelle. — Cette surface, recouverte parla pie-mère, présente une disposition extrêmement simple. On y remarque sur son plan supérieur et son plan inférieur, de chaque côté, la double série des racines sensitives et des racines motrices des nerfs rachidieiis, racines implantées sur une même ligne longitudinale, à droite et à gauche du plan médian, et lassemblées en faisceaux en regard des trous de conjugaison du rachis.

Sur la ligue médiane régnent, dans toute la longueur de l'organe, deux sillons profonds et très étroits, l'un aupérieur, l'autre inférieur, dans lesquels s'enfonce la pie-mère.

Fig. \'0, — Vue générale de l>i ■•lotllo r/nnU're. — \, R('!ill''iiici,t cei vical. B, Roiillcmenl luinl) lire.

DE L.V MOELLE KriMKHE.

Quatre autres sillons ont été décrits au niveau du point d'émergence des racines nerveuses, sous les noms de sillons collatéraux , supérieur et inférieur; mais les deux supérieurs cxistenL seuls, et même ils sont le plus souvent à peine sensibles.

s II. — Conformation intérieure et structure de la moelle épinière.

Ya\ coupant une moelle en travers, daiîs n'importe ([uelle p;;rtiu de son étendue, on peut se convaincre que c'est un organe plein, n'offrant aucune trace de cavité intérieure. Cette coupe montre seule mont les deux sillons médians dont nous venons de parler dans la description de la suiface externe de l'organe.

Ces deux sillons s'avancent l'un au-devani de l'autre, mais ne se rejoignent pas de manière à diviser complètement la moelle en deux moitiés latérales ; ils restent séparés par deux minces rubans Jiorizontaux et superposés de matière nerveuse, régnant dans loule la longueur de

^ZACMRmUERIffX.

( ) F'g- l'I. SegmeiUde la moelle épinière pris an niveau du renflement cenncal (fitre siine'rieiire avec (<s nicmes des nerfsj-achidietis).

(53/| DE l'axe central DU SYSTÈME NERVEUX,

l'axe médullaire; l'un, inférieur, formé de substance blanche, répondant au fond du sillon inférieur; l'autre, supérieur, constitué par de la substance grise, sur laquelle arrive le sillon supérieur. On donne à ces rubans les noms de commissure blanche et de counnissure (irise de la moelle épinière.

Mais, malgré la présence de ces deux commissures jetées entre les deux moitiés latérales de l'axe spinal, celles-ci n'en constituent pas moins deux systèmes symétriques, dont nous allons étudier le mode de constitution.

Chaque cordon médullaire représente un demi-cylindre de substance blanche, au centre duquel existe un amas de substance grise.

Celle-ci varie un peu en quantité dans les différentes régions de la moelle; mais elle affecte une disposition qui est partout la même. Ainsi elle s'unit en dedans avec la commissure grise. En haut, elle envoie un mince prolongement qui traverse toute l'épaisseur du cordon médullaire pour arriver au fond du silloiî collatéral supérieur. Par en bas, elle donne naissance à un prolongement analogue, mais plus épais, plus irrégulier, qui se dirige bien au-devant des racines nerveuses inférieures, mais sans atteindre la surface de la moelle.

Quant à la substance blanche, il résulte de cette disposition de la maiière grise qu'elle se divise, dans chaque moitié latérale de l'axe spinal, en trois cordons ou faisceaux secondaires : un supérieur, parfaitement isolé, compris entre le sillon médian supérieur et l'insertion des racines sensitives; un autre inférieur^ uni ;i celui du côté opposé par la commissure blanche, limité en dedans par le silloii médian inférieur, en dehors par la ligne d'insertion des racines nerveuses me irices; un troisième, latéral ou intermédiaire, plus épais que les autres, confondu superficiellement avec l'inférieur, et formé par toute la portion de la mofili' ([ui se trouve située entre les lignes d'insertion des racines supérieuies cl inférieures. De ces trois faisceaux de l'axe médullaire, le premier est sensible; le deux autres, qui n'en forment qu'un à proprement parler, sont moteurs.

Chez les Oiseaux, les deux faisceaux supérieurs sont écartés l'un de l'antre vrrle renflement lombaire par un espace elliptique. Déplus, la moelle, prolongée jusqui' dans les vertèbres coccygiennes, offre à son centre un canal longitudinal.

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