‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 103 sur 128 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

DE l'encéphale.

Art. I. — De l'encéphale dans son ensemble.

L'encéphale est cette portion de l'appareil nerveux central qui se trouve logée dans la boîte crânienne. Il succède, sans ligne de démarcation, à la moelle épinière, dont il peut être considéré, au figuré, comme une sorte d'efflorescence.

Forme (jénérale et constitution. — Il représente une masse ovoïde allongée d'avant en arrière et très légèrement déprimée de dessus en dessous.

DE L'ENCÉPBALE dans SON ENSEMBLE. 635

Quand on le considère par sa face supérieure (fig. 172), on découvre d'abord, en arrière, un pédicule blanc, prolongement de la moelle épinière, et un lobe impair de couleur grise, désigné sous le nom de cervelet. En avant de celui-ci, se remarquent deux aulres lobes séparés du premier par une profonde scissure transversale dans laquelle s'enfonce la tente du cervelet; isolés l'un de l'autre sur la ligne médiane par une autre scissure non moins profonde , ces deux lobes constituent le cerveau, et sont appelés communément les hémisphères cérébraux.

En retournant l'encéphale pour en (examiner la face inférieure, on voit que le pédoncule postérieur de l'organe , suite de la moelle spinale, se prolonge en dessous du cervelet , qui est soudé sur les parties latérales de sa face supérieure, et se plonge ensuite dans les hémisphères cérébraux, en pénétrant par leur face inférieure, derrière deux gros cordons blancs, les nerfs optiques, lesquel niarquent la limite antérieure de ce prolongement (fig, 173): on lui a donné le nom d'isthme encéphalique parce qu'il représente, en effet, un lien intermédiaire aux trois renflements qui forment la masse principale de l'encéphale.

La partie crânienne de la masse nerveuse centrale se compose donc de trois appareils : Visthme de Vencéphale, prolongation de la moelle épinière, le cervelet et le cerveau, lobes renflés, greffés sur la face supérieure et l'extrémité antérieure de ce pédoncule. Ces trois appareils se montrent fort bien dans leur ensemble et dans leurs rapports réciproques sur la ligure 178. Nous les étudierons séparément les uns après les autres.

Volume de l'encéphale. — Contrairement à ce qui existe pour la moelle, les dimensions de l'encéphale représentent à peu près celles de la cavité qui le contient; en effet, le feuillet viscéral de l'arachnoïde se trouve ipimédiatement appliqué sur l'enveloppe propre de la masse nerveuse, c'est-à-dire la pie-mère, partout où i n'existe point d'espaces sous-aracbnoïdiens; d'un autre côté, la cavité arachnoïdienne est pour ainsi dire nulle, et la dure-mère est comme collée sur les ])aroisdu crâne dont elle constitue, à proprement parler, le périoste interne. L'encéphale n'a donc point de place pour se mouvoir dans sa cavité de réception ; et il en résulte

(•) Fig. i~2. — Fue générale de l'encéphale {face supérieure). — l. Bulbe rachidieu. 2. Lolie moyCj, du cerveliît. 5, 5. Lobes laléraux du niènio. 4,4. Hémisphères cérébraux. S. Scissure inteilohaire 0, G, I.obciles l'tbniuidiiux.

6S6 DE l'axiî central du système nerveux.

pour lui une immobililé presque absolue , qui coïncide justement avec celle des

sutures ou des articulations crâniennes.

Poids. — On peut représenter par les chiiïres suivants le poids total de l'encéphale chez les animaux de taille ordinaire : dans le cheval 650 grammes, dans l'àne 360, dans la vache /i80, dans le mouton et la chèvre 130, dans le porc 160, dans le chien 180, dans le chat 30, dans le lapin 10 grammes.

En comparant ces chiffres à ceux donnés pour la moelle, on reconnaît (|ue le rapport du j)oids de l'axe médullaire à celui de la masse encéphalique diffère notablement dans les différents animaux ; c'est chez le chien qu'il est le plus élevé, et dans le lapin qu'on le tiouve le plus faible. Voici du reste ce rapport indiqué pour chaque espèce: chien, 1: 5,14; chat, 1: 3,75; mouton et chèvre, 1: 2,60; àne, 1 : 2M ; porc, 1 : 2,30 ; cheval, 1 : 2,27 ; vache, 1 : 2,18 ; lapin, 1 : 2. Nous indiquons ces nombres, parce qu'on a cherché de tout temps à trouver dans la prédominance de l'encéphale la cause du développement de l'intelligence, et que la meilleure mesure de cette prédominance est justement le rapport de l'axe spinal à la masse encéphalique. On a voulu aussi mesurer cette prédominance de l'encéphale en comparant le poids de cet organe à celui du corps tout entier; u^ais il suffit de jeter les yeux sur les tables dressées, dans cette vue, dans plusieurs ouvrages d'anatomie et de physiologie pour se convaincre que cette base n'a point toute la valeur désirable.

Préparation de l'encéphale. — Pour étudier l'encéphale, il f;iiU d'abord l'e\lraire de la boîte crilriionnc, et l'on arriveàce résultat par deux procédés.

I-e premier procédé consiste à ouvrir le crAue par sa voûle, à l'aide du rogne-pied et du riiarleau, après avoir débarrassé celte voûte de toutes les parties qui la recouvrent on qui l'avoisineiit, On excise ensuite la dure-mère avec des cis:'aiix, et l'on arrive ainsi directement sur l'eucépliale, qu'on isole complètement en soulevant son extrémité postérieure, et en coupant d'arrière en avant tous les nerls engaf;és dans les trous de la base du cràtie, avec la tige pituitaire, ainsi que l'extrémité des lobes olfactifs. Ce procédé est très expéditif ; mais il ne permet point de conserver la glande pituitaire, qui reste forcément incrustée dans la selle turciqiie, inconvénient qu'on évitera en employant le deuxième procédé.

Pour appliquer celui-ci, on ouvre le crâne par sa base ou son plancher, après avoir sépanla tète du tronc, enlevé la mâchoire sujjéricure, la langue, l'hyoïde, et mis à nu les surfaces osseuses en excisant toutes les parties molles. La tête, ainsi préparée, est tenue par un aide, la voiile crânienne appuyée sur une table ou un billot. Armé du rogne-pied et du marteau, l'opérateur fait sauter d'abord les arcades zygomatiques et les apophyses styloïdes de l'occipital; puis il entame progressivement les condyles du même os, l'apophyse basilaire, le sphénoïde, les palatins, l'ethmoïde; et il revient alors sur les parties latérales qu'il abat successivement de l'occipital à l'ethmoïde. L'encéphale étant sufûsamment découvert, on le débarrasse de la dure-mère comme dans le premier procédé, et on le soulève avec la main gauche pour rofiijire, à l'aide des ciseaux tenus dans la main droite, les adhérences qui li' tiennent encore tixé à la voùle du crâne, adhérences établies priucipalen)ent par les veines de l'encéphale, lesquelles vont se dégorger dans les sinus de la dore-mère. En fouillant ensuite avec la pointe d'uu scalpel dans les fosses ethmoïdalcs,on en détache les lobes olfactifs ; et la masse nerveuse est rendue tout à fait libre. Ce procédé est une application plus difficile que le premier, mais il a sur lui plusieurs avantages : non-seulement on conserve, en l'employant, la glande i)ituilaire, mais on obtient encore les lobes ethmoïdaux plus intacts, et I'cju peut avoir, si on le désire, les ganglions des nerfs crâniens, avec une étendue plus ou moins considérable de ces nerfs eux-mêmes.

Après a^oir indiqué les moyens d'extraire l'encéphale de sa cavité osseuse, nous devons dire (pieiques mots de lu marche à suivre pour jirocéder fructueusement à son étude.

Il sera bon d'avoir pour cette étude deux encéphales, dont un durci par un séjour de quelques semaines dans l'alcool ou dans l'eau additionnée d'un dixième d'acide azoli(|ue, durcissement qui a pour résultat de contracter la substance nerveuse, et de faire apparaître ainsi d'une manière plus manifeste les reliefs et les cavités.

DK L ISTHMIi. 637

On commencera par examiner rapidement l'ensemble de l'appareil, et l'on passera inimédialcment à IVHude de l'isthme, dont il imi)urte de prendre tout d'abord une idée bien nettement arrêtée. On isolera donc, snr la pièce durcie, celte partie de l'encéphale, telle qu'elle se trouve représentée dans la ligure 17 i ; et pour cela, il suflira de i)rati(iner la section des pédoncules du cervelet, et d'exciser les hémisphères cérébraux en procédant de bas en lumt et d'arrière eu avant; les débris de ces hémisphères et le cervelet seront conservés pour en analyser la structure. L'isthme, ainsi isolé, se prête parfaitement à l'examen de sa conformation extérieure et de ses cavités intérieures, c'est-à-dire le ventricule des couches optiques et l'aqueduc de Sylvius, dans lesquels on pénétrera par une incision longitudinale et supérieure.

Après l'isthme on étudiera le cervelet : dans sa conformation extérieure, sur la pièce intacte; dans sa conformation intérieure et sa structure, sur la pièce entamée.

On terminera jiar le cerveau, qui sera bientôt examine à sa superficie, et dont l'étude intérieure devra être faite de la manière suivante : 11 faudra commencer par s'assurer de l'existence des ventricules des lobes olfactifs, et de la communication de ces cavités avec tous lesautrescompartiments intérieurs du cerveau, ce qui sera facile à l'aide de l'insufflation pratiquée sur l'un de ces organes avec un chalumeau de paille, insufflation qui soulèvera la glande piluitaire, les lobes cérébraux et le cervelet. On passera ensuite au corps calleux, qui sera découvert comme dans la figure 179, par une coupe horizontale des hémisphères, passant à travers le centre ovale. Puis on excisera le corps calleux de chaque côté de la ligue médiane, pour arriver dans l'intérieur des ventricules latéraux ; et cette grande commissure du cerveau devra, après l'étude du septum lucidum, être coupée en travers sur la ligne médiane et renversée comme dans la figure JSO, afin de mettre en évidence le trigone cérébral. On s'occupera alors du trou deMonro, du corps strié, de rhi()pocampe, de la bandelette demi-circulaire, du plexus choroïde et de la toile choroïdienne, qu'on découvrira par l'ablation des hippocampes et du trigone. Enfin on reviendra au trou de Monro pour étudier sa communication avec le ventricule des couches optiques; il sera bon de revoir celui-ci ainsi (pie l'aqueduc de Sylvius et le ventricule du cervelet, dans lequel on arrivera en fendant l'organe sur son milieu et en écartant les deux moitiés.

Deux coupes longitudinales et verticales de l'encéphale, l'une médiane (fig. 177), l'autre pratiquée de côté (fig. 178), ue seront pas sans utilité pour l'étude de ces particularités. Ou les exécutera au moyen de la scie, l'organe restant renfermé dans la cavité crânienne.

Art. II. — De l'isthmr.

Nous niions ôludicr successivement la conforaiation exlérieuie de cet oigaiie, sa confi)iaiaiioii inlcrieure et sa slructiire.

§ I. — Conformation extérieure de l'isthme,

l'isthme est un prolongenieut prismatique de la moelle épinièfe, suppoitant le cervelet, se terminant dans les hémisphères céréhraux, augmentant d'épaisseur d'arrière en avant. On peut y considérer qualrc faces et deux extrémités.

La face inférieure (fig. 173), sur laquelles'aperçoivent nettement et sans aucune préparation les limites naturelles de l'isthme, se trouve croisée à peu près dans sou milieu psr un épais faisceau de fibres arciformes constituant h protubérance annulaire, le pont de Varolcon le mésocéphalc. Tout ce qui est en arrière de ce faisceau appariieni au /juI/jc rachidien. Ce qui existe en avant forme les pédoncules cérébraux.

La face supérieure (fig. 17/i), coiiverle par le cervelet et par l'exlrémité poslérieure dos lobes céréi)raux, est plus mamelonnée (|uc la précédente. On y remanpiL' d'arrière en a\anl la face supérieure du bulbe rachidien, la coujie des pédoncules du cervelet, la valvule de Vieussens, les tubercules quadri jumeaux et les couches optiques.

l.ci faces latérales (fig. 175), cachées dans leur partie antérieure tous les

638 DE l'axe central du système nerveux.

hémisphères du cerveau, montrent le profil du bulbe rachidiei), de la protubérance, des pédoncules du cervelet , des pédoncules cérébraux, des tubercules quadrijumcaux et des couches optiques.

Vextrérnité postérieure de l'isthme appartient au bulbe rachidien et fait suite à la moelle, dont on ne la distingue qu'artificiellement.

Quant à Vextrérnité antérieure, elle est enveloppée, en bas et par côté, par les faisceaux obliques qui forment les deux nerfs optiques, faisceaux sous lesquels s'insinuent les fibres de l'islhme pour se plonger dans la partie des hémisphères cérébraux qui portent le nom de corps striés.

Après cette énumération de tous les organes dont l'assemblage constitue l'isthme de l'encéphale, nous allons les examiner avec détail en procédant dans l'ordre suivant : 1° le bulbe rachidien, 2° la protubérance annulaire, 3° les pédoncules cérébraux, lx° les pédoncules cérébelleux, 5" la valvule de Vieussens, 6° les tubercules quadrijumcaux, 1° les couches optiques, à la suite desquelles nous signalerons les 5'/«/îC?fS j3»îâ</e cl pituitaire, petits lobes appendiculaires placés, l'un sur la face supérieure, l'autre sur la face inférieure de l'isllime (1).

1° Du BULBE BACHIDIEN (flg. 173. l 7 i. 175;.

Le bulbe rachidien constitue la partie postérieure de l'isthme encéphalique; il lait suite à la moelle épinière, et s'étend en avant jusqu'à la protubérance annulaire.

C'est un épais pédoncule, de couleur blanclie, plus large en avant qu'en arrière, et déprimé de dessus en dessous, auquel on pt-ut reconnaître quatre faces: une inférieure, une supérieure et deux latérales.

Face inférieure ((ig. 173). — Cette face repose dans la gouttière de l'apophyse basilaire. Convexe d'un côté à l'autre, et Hmitée antérieurement par une scissure transversale qui la sépare de la protubérance, elle n'offre en arrière, de même que les autres, rien qui la distingue de l'axe médullaire.

On y remarque, sur la ligne médiane, un sillon bien marqué, prolongation de celui qui règne sur la face inférieure de la moelle, sillon creusé entre deux saillies très allongées, quelquefois fort peu apparentes, qui doivent à leur forme le nom de pyramides du bulbe (fig. 173 et 18/i, 2). La base de ces pyramides touche la protubérance, et leur sommet se perd insensiblement en arrière, en arrivant vers la moelle.

En dehors existe une surface presque plane (fig. 173, 3), bordée antérieurement

(1) On est loin d'être d'accord sur le nombre des parties qui doivent composer l'isthme de l'encéphale : les uns en niellent plus, les autres en mettent nioius. Les limites de ce petit appareil se montrent cependant parfailement circonscrites, si on les cherche sur les animaux, et particulièrement chez le cheval. Une coupe antéro- postérieure de l'encéphale, pratiquée sur le côté du plan médian, nous semble tout à fait propre à fixer définitivement l'esprit sur cet objet. Celte coupe, rei)rcsenlée par la figure 178, fait, voir de la manière la plus nette que le proloii^eiiient encéphalique de l'axe spinal s'élend jusqu'aux corjis striés, et qu'il comprend le bulbe rachidien, la protubérance annulaire, les pédoncules cérébraux, les pédoncules cérébelleux, les tubercules quadrijumcaux et les couches optiques. Tous ces organes ai)partiennent donc a un seul et même système, c'esl-à-dire au pédoncule médullaire qui sert de trait d'union entre les trois masses principales de l'encéphale, et qu'on désigne sojs le nom d'kthiite. Ajoutons que celle manière de considérer l'isthme encéphalique s'accorde parfailement avec les renseignements fournis par la physiologie.

DE l'istume. 639

par une bandelette transversale ((ig. 173, /i et 18^, 5) qui se trouve placée immédiatement denièie la protubérance ; couverte quekiuefois, dans la plus grande

oartie de son étendue, d'une très

mince expansion de fibres arci-

formes (fig. 18/i, k) ; laissant voir, sur les pièces durcies par leur séjour dans l'alcool ou l'eau acidulée, entre le bord antérieur de cette expansion et la bandelette transversale signalée cidessus, une légère saillie oblongue qui répond à ce qu'on a désigné chez l'homme sous le nom iV olive, {\) ; isolée de la pyramide par un sillon longitudinal, d'où émergent, en avant les racines de la sixième paire crânienne, en arrière celles de la douzième ; limitée en dehors et séparée du corps rèstiforme par l'origine de la plus grande partie des racines du glossopharyngien et du pneumo gastrique.

Face supérieure. — Couverte par le cervelet, elle est creusée dans son milieu d'une excavation (fig. 17^, 5) qui constitue le plancher du ciuatrième ventricule. Cette excavation , prolongée en avant au-dessus de la protubérance, entre les pédoncules cérébelleux , présente en arrière un angle taillé en forme de bec de plume, et nommé pour cette raison cfl/amws scriptorins.

Deux épais cordons, prolongements des faisceaux supérieurs de la moelle, bordent de chaque côté le calamus scriptorius. On les désigne sous le nom de

(') Fig. ilô. — Fue générale de l'encéphale (face inférieure), — l . 'Extrémité postérieure du bulbe nichi'licn. 2, 2. Pyramide du bulhe. 3, 3. Faisceau lale'ral ou intermédiaire du bulbe. 4, 4. Bandelette transverse qui borne te faisceau eu avant. S. Protubéraucc aunuiaire. 6, 6. Pédoncules cérébraux. 7. Glande pituitaire. 8. Tubercule cendré. 9. Hémisphères cérébraux. 10. Lobule masîoïde. H. Noyau exlra-venlriculaire du corps slrié, compris entre les deux racines du lobe olfactif. 12. Scissure de Sylvius. 13, 15. Lobules olfactifs. 14. Commi>suro des m-rfs optiques. 15. Troisième paire crânienne. 16. Racine sensitive de la cinquième. 17. Racine motrice de la même. IS. Ganglion de Gasser. 19. Tronc commun au nerf maxillaire supérieur et au nerf ophthalniique. 20. Origine du uerf maxillaire inférieur. 21. Sixième paire. 25. Septième paire. i3. Huitième paire. 24. Neuvième paire. 23. Dixième paire. 26, Onzième paire. 27. Douzième paire. 28. Plexus choroïde du cervelet.

(1) Celte saillie répond à Volive de l'homme par sa position seulement, car elle n'en possède pas la structure.

^^!i^ d:; i.'axk ciîntral du systèmI': nekvelïx.

co/ys /■e.s/ifurntes. Accolés l'un à raiilie sur la ligne médiane à leur cxlréniiu'; posléricuic, ils s'ccarieiU par leur exlréniité anlérieure, de manière h représenkr les branches d'un V (0;^. 17^, 1).

Faces latérales. — Beaucoup plus étroites que les deux aulres et représentant, en quelque sorte, ûnnx bords épais, ces faces montrent le profil du corps rcsliforme (fig. 175, 2), de la pyramide (/i) et du faisceau intermédiaire à celle-ci clan corps resliforme (3).

2° De la rnoTL'iiÉRANCE annulaire (fig. 173, 5. 175, îi).

La protubérance nnmdnire, encore appelée pont de Varole ou mésocépliale, est cette partie de l'encéphale qui se dessine en saillie transversale sur la face inférieure de l'isthme entre le bulbe rachidicn et les pédoncules cérébraux, saillie logée dans la dépression antérieure de l'apophyse basilaire.

ha protubérance représente une bande demi-circulaire de fibres blanches transverses, jetées, comme un pont, d'un côté à l'autre du cervelet. Elle est convexe dans tous les sens, plus large dans son milieu que sur ses parties latérales, et parcourue d'arrière en avant par un sillon médian peu profond, dans lequel rampe le tronc basilaire. Elle offre à considérer, avec la surface libre dont nous venons d'indiquer les princi|)aux caractèi-es, deux bords et deux e:^trémités.

Le bord postérieur, légèrement convexe, est séparé du bulbe par un léger sillon.

Lq bord antérieur, également convexe, mais échancré dans son milieu, surplombe de beaucoup les pédoncules cérébraux, qui se trouvent limités de ce côté par une scissure très prononcée.

Les extrémités se recourbent par en haut, pour se plonger dans l'épaisseur du cervelet, sous forme de deux gros cordons constituant les pédoncules cérébelleux moyens (fig. 175, 6). Elles présentent l'origine apparente des nerfs trijumeaux.

La protubérance n'existe point chez les oiseaux.

s» Des pédonodles cérébraux (fig. 173, 6. 175, 7).

On nomme ainsi deux énormes faisceaux blancs, visibles à la surface inférieure et sur les côtés de l'isthme, couverts supérieurement par les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques, lesquels faisceaux font suite, au-dessus de la protubérance, aux fibres du bulbe rachidien, et se plongent, par leur extrémité antérieure, dans les hénii.sphères du cerveau.

Ces pédoncules sont séparés l'un de l'autre par une scissure médiane dite interpédonculaire, qui se bifurque en avant pour circonscrire Véminence mamil' /a/re encore appelée tubercule pisiforme {fig. \11 , 18), petite saillie impaire, arrondie, de couleur blanche comme les pédoncules eux-mêmes, couverte par la glande pituitaire dont le point d'implantation, représenté par le tubercule cendré, se trouve situé en avant de cette saillie. [Voir plus loin la description de la glande pi fui taire).

Eu airière les pédoncules cérébraux sont limités par le bord antérieur de la protubérance. — En avant, ils se trouvent circonscrits par les nerfs optiques, qui

bE L'iSTUMJi. iSUl

se développent obliquement autour de l'extréinité auiérioure de ces pédoncules, et viennent se réunir sur la ligne médiane en avant du tubercule cendré, on formant une commissure appelée chidsma des nerfs optiques (fig. 173, \k). — Sur les côtés, leur tissu se confond a\ec celui des tubercules quadrijunieaux et des couches optiques, qu'on sait être su|)crp()sés aux pédoncules du cerveau. Il est à remaniuer que la partie de leur face latérale située au-dessous des tubercules lestes forme une surface triangulaire assez bien circonscrite, désignée par les noms de rubait de lieil , faisceau triaufjulaire latéral, faisceau latéral oblique de r isthme.

4° Des pédoncules céuébelleux.

Le cervelet se trouve attaché sur la face supérieure de l'isllime par deux gros et courts funicules latéraux de substance blanche, entre lesquels est compris le ventricule postérieur : ce sont eux qui constituent \es pédoncules cérébelleux. ^''^- *'^^ '•

Trois faisceaux entrent distinctement dans la composition de chacun de ces fiHMCules : un antérieur, ww postérieur, un inoijen.

Celui-ci, ou le pédoncule cérébelleux moyen, est le plus gros des tr<;is; il est formé parle prolongement des extrémités de la protubérance (lig, ilU^h.

Le pédoncide cérébelleux postérieur, le plus mince de tous, est formé par le corps restiforme, dont une portion se rélléciiit sous la racine postérieure du neif acoustique pour gagner la substance du cervelet. Il s'unit de la manière la plus intime avec le précédent, dont on a beaucoup de peine à 'e distinguer (fig. ilU,o).

Quant au pédoncule cérébelleux antérieur, il représente un faisceau bien distinct des deux autres, faisceau accolé, en dedans, au pédoncule moyen , qu'il croise obliquement, se perdant

dans le cervelet par son extrémité postéro-supérieure, arrivant derrière les tubercules testes et pénétrant sous ces petits organes par son extrémité antéro-infé-

(') Fig. 174. — f^ite supérieure de Visthnie encéphalique. — \. Corps restiforme. 2. Coupe du pédoncule cérelieUeiix moyen. 3. Coupe du pédoncule céréliellnix postéiieur. 4. Pédoncule C(ré))eneux iintéiieur. 5. Plauclier du veniricule postérieur. 6. Vulvulf de Vieusstns. 7, 7. Tubercules testes. 8, 8. Tubercules nates. 9, 9. Couches optiques. 10. Corps genouille interne. 11. Corps genouillé externe. 12. Corps strié. 15. Bandelellp demi-circulaire. 14. Glandf pinéale. l.S. Pédoncule de colle plandc. 10. Ouverture commune anterieuie. 17, 17. Piliers antérieurs du trigone. 18. Nerf trijumeau, 19. Nerf facial, 20. Nerf auditif. 21. Nerf glosso pharyngien, 22. Nerf pneumo-gaslririue. 23. Nerf .spinal.

6^2 DE l'axe central DU SYSTÈME NERVEUX.

ricuie, eu com|)agiiic du ruban de Rcil, ou faisceau supéro-latéral des pédoncules cérébraux.

Ou verra, dans l'étude de la structure du cervelet, comment ces pédoncules se comportent à l'intérieur de cet organe.

5° De la valvule de Vieussens (fig. 174,6).

On appelle ainsi une fort mince lamelle blanche qui réunit l'un à l'autre les deux pédoncules cérébelleux antérieurs.

Elle présente à peu près la forme d'un parallélogramme. Sa face siqtéincure est couverte par le cervelet ; Vinférieure concourt à former le plafond du ventricule cérébelleux. Les deux bords latéraux sont soudés aux pédoncules que celte valvule \xm\.',V antérieur s'attache en arrière des éminences testes; le postérieur adhère à l'éminence vermiforme antérieure du cervelet.

Gall a considéré celte lame comme une commissure des pédoncules cérébelleux antérieurs; et nous croyons qu'il a eu raison, car on la voit formée presque cxclu- >ivenienl de fibres transversales qui se portent d'un de ces pédoncules à l'autre. Ces libres sont surtout apparentes en avant, où la membrane est beaucoup plus épaisse. En arriè^'e, elles se mêlent à quelques faisceaux longitudinaux.

6" Des tobehcules quadrijumeaux ou bigéminés (lig. 174,7, 8).

Ce sont quatre éipinences arrondies, accolées deux à deux, qui surmontent en arrière les pédoncules cérébraux. Les deux postérieures, plus petites, portent encore le nom d' éminences testes, et les deux antérieures celui û! éminences yw.tes.

Les tubercules quadri jumeaux postérieurs, ou éminences testes, sont en rapport en avant avec les antérieurs, en arrière avec les pédoncules cérébelleux antérieurs et la valvule de Vieussens, dont ils se trouvent séparés par un sillon transversal, dans le fond duquel naissent les nerfs pathétiques. Une bandelette oblique les unit en dehors à la partie de la couche optique qu'on désigne sous le nom de cor^ps genouillé interne.

Les tubercules quadrijumeaux antérieurs, ou éminences nates, se distinguent des précédents, non-seulement par leur plus gros volume, mais encore par leur couleur, qui est grise, celle des tubercules testes étant blanche. Ils sont aussi mieux arrondis, plus près l'un de l'autre, et couverts par les hémisphères cérébraux, tandis que les postérieurs le sont plutôt par le cervelet. Un sillon courbe les isole en avant des couches optiques.

Chez les Oiseaux, il existe deux tubercules seulement, creux à l'intérieur.

T Des couches optiques (fig. 174,9).

Le nom de couches optiques est donné à la région de la face supérieure de l'isthme qui se trouve située en avant des tubercules quadrijumeaux. Ces couches optiques sont donc placées au-dessus de la partie antérieure des pédoncules cérébraux.

Plus larges, dans leur ensemble, que les tubercules quadrijumeaux, et plus encore en avant qu'en arrière, elles représentent l'une et l'autre une surface de couleur

DE l'isthme. 6/) 3

grise, légèrouient convexe, très irrégulièreniciii quadrilalèic, couverte par la toile choroïdieniic, qui sépare cette surface de la corne d'Animou et des piliers postérieurs du trigoiie cérébral.

En dedans, elles s'inclinent l'une vers l'autre, en formant sur la ligne médiane une gouttière assez profonde, dans laquelle courent d'avant en arrière deux tractus blancs longitudinaux, que nous signalerons plus loin sous le nom de pédoncules

FiG. 175 (*).

antérieurs de la glande pinéale. Cette gouttière aboutit en arrière à V ouverture commune postérieure, en avant h Vouverture commune antérieure, orifices que nous ne faisons qu'indiquer ici, car leur étude doit être faite avec celle de la conformation intérieure de l'isthme.

En dehors, la couche opti(iue offre deux saillies dites corps g enoui liés, d'où naissent les nerfs de la deuxième paire : placées l'une au-devant de l'autre, la postérieure plus près de la ligne médiane que l'antérieure , ces deux saillies se distinguent en externe et en interne. — Le corps genouillé externe est toujours |)lus volumineux, mieux circonscrit et situé sur un plan plus élevé que l'iM^en^e. Celuici est uni aux tubercules quadrijunieaux postérieurs par une bandelette oblique (fig. 174 et 175, 10, 11).

En arrière, les deux couches optiques sont comme échancrées pour recevoir leséminences nates, qu'elles enclavent légèrement.

En cwant, elles se trouvent séparées du corps strié par un sillon dans le fond duquel nous retrouverons plus loin une étroite lanière désignée sous le nom de bandelette demi-circulaire.

8° De la glande pinéale ou conarium (fig. 174, 14).

Ce nom a été donné à un petit tubercule de couleur rouge brun, en forme de pomme de pin, enveloppé par la toile choroïdiemie, ayant son sommet tourné en

(*) Fig. 173. — Vue latérale de l'islhme. — 1. Bulbe rachidieii. ?. Corps rpsliforme. 7i. Fnisreau luU'iul du bulbe. 4. PyiamiJe ou fuisceau iufriieur tlu bulbe. V>. Protubérance annulaire. G. Pédoncule moyen du cervelet. 7. Pédoncule cérébral. 8. Tubercule testis. 9. Tubercule natis. 10. Corps genouillé inlcrnc. 11. Corps genouillé eslerne. 12. Nerf optique. 13. Nei 1 pathétique applique sur le ruban de Reil. 14. Rucine sensilive du trijumeau, 15. Bacine motrice du même. IG. Nerf facial. 17. Nerf auditif.

tiUU DE l'axe central du système nerveux.

haut, reposant, par sa base, sur rouverlure commune postérieure, qu'il bouche, et

au pourtour de laquelle il se trouve attaché par une lamelle circulaire.

De cette lamelle se détachent en avant deux tractus fibreux désignés sous le nom de pédoncules antérieurs du conarium.

Ces pédoncules aïttérieurs {ÙQ,. 17/;, If») représentent deux étroites bandelettes blanches, qui partent de la base de la glande pinéale et se dirigent en avant, parallèlement l'une à l'autre, dans le fond de la gouttière des couches optiques, auxquelles elles adhèrent fortement. Elles arrivent ainsi vers l'ouverture commune antérieure où elles se réunissent, dit-on, aux piliers antérieurs du trigone cérébral. Quelquefois ces pédoncules sont fort étroits et séparés par un intervalle. Le plus souvent ils sont relativement larges et immédiatement en contact sur la ligne médiane.

Le conarium est loin d'offrir toujours le même volume. On l'a représenté dans la figure 174 avec ses dimensions les plus ordinaires. Dans la figure 177, il se montre incomparablement plus gros.

La structure de la glande pinéale paraît fort simple. Elle ne comprend qu'une seule substance d'un gris brunâtre, d'apparence amorphe, parsemée quelquefois de granulations calcaires, sans cavités au centre de l'organe.

Cet organe et celui dont la description va suivre n'appartiennent point, à proprement parler, au système de l'isthme encéphalique. Ce sont plutôt, connue nous l'avons déjà dit, des ganglions appcndiculaires qui mériteraient d'être décrits à part, au même titre que les trois énormes ganglions cérébelleux et cérébraux. On n'oubliera pas que si nous avons fait entrer leur description dans l'étude de l'isthme, c'est comme moyen de simplification.

9° De la glande riTUiTAinE (Gg. 173, 7, et 177, 19).

Jîncore appelée hypophyse et appendice sus-sphénoidal , la glande pituitaire représente un petit tubercule discoïde, fixé à l'extrémité antérieure de la scissure interpédonculaire par l'intermédiaire de la tige pituitaire et du tubercule cendré.

a. L^ tubercule cendré, ou tuber cinereum, est une petite cminence de couleur grise, située sur la ligne médiane, entre le tubercule mauiillaire et le chiasma des nerfs optiques, c'est-à-dire tout à fait sur la limite antérieure de l'isthme encéphalique. Cette éminence est creuse intérieurement; sa cavité n'est qu'un diverti culum du ventricule moyen.

b. La tige pituitaire n'est autre chose qu'un très court prolongement conique, implanté par sa base sur le tubercule cendré, et par son sommet sur la face supérieure de l'appendice sus-sphénoïdal. La cavité du tubercule cendré se continue dans la tige pituitaire, et se termine en cul-de-sac vers le sommet de celle-ci. Ce prolongement, formé aussi de substance grise, se distingue par sa grande fragilité ; aussi faut-il prendre quelques précautions, quand on veut l'obtenir intact en ouvrant le crâne par sa base.

c. La glande pituitaire, logée dans la selle turcique, où elle est enveloppée par le repli sus-sphcnoïdal de la dure-mère, a la forme d'un petit corps arrondi,

DE l'istume. 6^5

presque circulaire, déprimé de dessus en dessous, et plus ou moins épais suivant les sujets.

Sa face inférieure repose sur le corps du sphénoïde, par l'inlermédiaire de la dure-mère, à laquelle celle face adhère fortement; la supérieure recouvre l'éminencemamillaire, avec une portion des pédoncules cérébraux, et reçoit, tout à fuit en avant, l'insertion de la tige pituitaire. Quant à la circonférence, elle répond de tous côtés au repli sus-sphénoïdal, dans lequel se trouvent creusés les sinus caverneux.

Il n'existe point de cavité à l'intérieur de la glande pituilaire.

La substance qui constitue celle glande semble élre à peu près amorphe; elle est jaune dans la moitié antérieure de l'oigane, et brune dans la moitié postérieure.

§ II. — Conformation intérieure de l'isthme (fig. 177).

L'isthme encéphalique se trouve creusé, au niveau des couches optiques, d'une cavité centrale appelée ventricule moyen , cavité prolongée en arrière, sous les tubercules quadrijumeaux, par un conduit uommè aqueduc de Sylvius, qui aboutit, sous la valvule de Vieussens, dans le ventricule postérieur, autre cavité comprise entre le cervelet et le bulbe rachidien. Nous allons étudier successivement ces trois diverticules.

1° Du VENTRICULE MOYEN OU VENTRICULE PES COUCHES OPTIQUES (fig. 177, 13).

Le ventricule moyen est une cavité irrégulière, allongée d'arrière en avant, déprimée d'un côté à l'autre, olTrant à étudier deux parois, un plancher, une voi'de et deux extrémités.

Les deux parois sont lisses, presque planes ou 1res légèrement concaves de haut en bas.

Le plancher, extrêmement étroit, ne forme qu'une gouttière dont le fond répond à la scissure inler-pédonculaire, qui s'en trouve beaucoup plus éloignée en arrière qu'en avant, à l'émincnce mamillaire et au tubercule cendré. La cavité intérieure de celui-ci (fig. 177,20), cavité prolongée dans la tige pituitaire, communique, ainsi qu'on l'a déjà vu, avec le veniricule moyen, el concourt à sa formation.

La voûte, non moins étroite que le plancher, el disposée comme lui en gouttière, est constituée par les deux couches optiques, qui se soudent l'une avec l'autre au-dessus du veniricule, en formant une épaisse commissure grise (fig 177,16). Elle se termine, près des extrémités, à deux orifices signalés déjà sous les noms à' ouvertures communes, postérieure et antérieure. — V ouverture commune postérieure (ùg. 177,15) s'élève derrière la commissure grise, et se termine à la base de la glande pinéale par un cul-de-sac irrégulièrement renflé. Elle est limitée en arrière par la commissure blanche jjostérieure , mince faisceau de fibres transversales placé en avant des tubercules quadrijumeaux, au-dessus de l'entrée de l'aqueduc de Sylvius, se perdant par ses extrémités dans l'épaisseur des couches optiques (fig. 176,9). — V ouverture commune anteriewe, encore appelée ^/ot^ de Monro (fig. \ll,\h), fait commniquer le veniricule moyen avec les ventricules

FiG. 17 G (*).

n?l6 DE l'axe central DU SYSTÈME NERVEUX.

lali'iaiix, ot livic passage au cordon vasculaire qui réunit les deux plexus choroïiles. Elle est percée en avant de la commissure grise, sons le sommet du Iri-

gone cérébral , qui concourt à la circonscrire au moyen de ses deux piliers, entre lesquels on aperçoit la cœnmissure blanche antérieure. Celle-ci est un petit ruban de fibres transversales analogue à celui qui constitue la commissure postérieure, mais plus fort, passant en avant des piliers antérieurs du trigone pour s'aller plonger, par ses extrémités, dans l'épaisseur des corps striés, où il se perd.

L'extrémité postérieure du ventricule moyen , plus étroite que l'antérieure et placée sur un plan plus élevé, se continue avec l'aqueduc de Sylvius, dont l'entrée ((ig. 176,10), se trouve percée an-dessous de la. commissure postérieure, vers l'ouverture commune.

Vextrériufé antérieure, plus dilatée que la postérieure, est placée immédiatement au-dessus du cliiasma des nerfs optiques, et ne se trouve séparée du fond de la grande scissure interlobaire du cerveau que par une petite lame grise fort mince attachée sur ce chiasma, et appelée par les auteurs, pour celte raison, racine grise des nerfs optiques. Cette lame s'aperçoit fort bien quand on rabat la commissure optique sur la glande pituitaire ; il suffit de la traverser pour pénétrer dans le ventricule moyen.

Une couc/ie séi'cuse , d'une extrême minceur, tapisse les parois de cette cavité; elle se prolonge, par l'aqueduc de Sylvius dans le ventricule postérieur, par l'ouverture commune antérieure dans les ventricules latéraux, et de là dans les cavités creusées au sein des lobes olfactifs.

2° De l'aqueduc de Sylvius (Gg. 177, 6).

C'est un conduit longitudinal et médian creusé sous les tubercules quadrijumeaux au-dessus des pédoncules du cerveau.

Son extrémité antérieure communique avec le ventricule moyen. La postérieure s'ouvre au-dessous de la valvule de Vienssens dans le ventricule cérébelleux.

Il se prolonge dans les deux tubercules bigéininés chez les Oiseaux.

(*) fig. i^6.— Coupe trnnsuersnle de renrépliale, pratiquée nu nireau de rouferlure commune postérieure. — 1. Substance hlanihp de riiernisphèie, ou cenlie nvule de Vieussens. 2, 2, 2, 2. Substuuoe giise formant la couche extérieure des circonvolutions. 3. Coupe du corps calleux. 4, 4. Intérieur des ventricules lale'raux. 5. Coupe de la grande veine d(' Galicn. G, G. Pédoncules cérébraux. 7, 7. Coupe de l'isthme. 8. Ouverture commune postérieure. 9. Commissure blanche postérieure. 10. Entrée de l'aqueduc de Sylvius.

DE J.'lSTHME. <)^i7

3° Du VENTRICULE POSTJCUIEUR OU CÉRÉBELLEUX (Og. 177, 5).

Ce ventricule (1), situé sous le cervelet, entre les pédoncules de cet organe, audessus du bulbe rachidien et de la protubérance annulaire, représente une cavité allongée d'avant en arrière, qui est presque entièrement remplie par les éminences vermiformes.

Suparoi supérieure est formée par ces deux éminences, la valvule de Vieussens et celle de M. Renault. V inférieure, ou \e plancher de la cavité, est représentée par l'excavation de la face supérieure du bulbe rachidien, excavation prolongée, en avant, au-dessus de la protubérance annulaire, jusqu'auprès des tubercules lestes.

Vextrémité antérieure communique avec l'aqueduc de Sylvius. La postérieure occupe le sommet du calamus scriptorius.

§ III. — Structure de l'isthme,

L'isthme encéphalique n'étant qu'un prolongement de la moelle, doit se rapprocher de celle-ci par sa structure, et c'est effectivement ce qui s'observe, surtout dans la partie postérieure de l'organe, les caractères communs d'organisation s'elTaçant au fur et à me'sure qu'on se rapproche de l'extrémité antérieure.

En se reportant à ce qui a été dit sur la conformation extérieure du bulbe rachidien, on sait déjà que cet organe présente, sur chacune de ses moitiés latérales, les traces d'une division en trois faisceaux principaux : l'un supérieur, formé par le corps rest i forme ; l'autre inférieur, représenté par h pi/raniide du bullie; le troisième, intermédiaire aux deux premiers. Ces trois faisceaux ne sont autre chose que la continuation de ceux que nous avons reconnus dans la moelle, et ils en partagent toutes les propriétés, c'est-à-dire que le premier est sensible et les autres moteurs.

Le faisceau supérieur ou le corps restiforme, accolé, par son extrémité postérieure, à celui du côté opposé, s'en trouve séparé, dans la plus grande partie de son étendue, par l'excavation qui constitue le plancher du ventricule postérieur. Il repose sur la partie externe du faisceau latéral. Au niveau do l'extrémité de la protubérance, il abandonne une petite branche qui constitue le pédoncule cérébelleux postérieur ; puis il continue son chemin sur le côté du ventricule postérieur, se réunit bientôt au pédoncule cérébelleux antérieur qui lui est superposé, et va s'engager avec lui sous les tubercules quadrijumeaux.

Le faisceau inférieur, le plus mince des trois, comprend, avons-nous dit, toute la portion du bulbe qui constitue la pyramide. Mais quand cette éminence est nulle ou peu marquée, on doit recoimaître les limites (|ui le séparent du faisceau latéral dans la ligne d'insertion des racines du grand hypoglosse, prolongée par la pensée jusqu'à la protubérance, auprès du point d'émergence du nerf oculaire moteur externe. Ses fibres s'entrecroisent en partie avec colles du faisceau opposé,

(1 Le corvelpt concourant à la formation de celte cavité, on fera bien d'en aborder l'étude après celle du cervelet lui-mOme.

6/i8 DE l'axe central du système nerveux.

dans le fond du sillon médian. Elles passent toutes au-dessus des faisceaux Iransverses de la protubérance ou à travers ces faisceaux, pour aller constituer le plan inférieur des fibres des pédoncules cérébraux.

Quant au faisceau latéral ou intennédiaire du bulbe, faisceau compris entre la ligne d'insertion des racines de l'hypoglosse et celles des racines niotricos propres aux nerfs glosso-pharyngien, pneuniogastri([ue et spinal, il se distingue peu^ profondément, du cordon inférieur. C'est lui qui forme, par une partie de sa face supérieure, le plancher du quatrième ventricule. Après avoir franchi la protubérance à la manière du faisceau pyramidal, il va concourir à la constitution des pédoncules cérébraux, et particulièrement de leur faisceau triangulaire oblique.

En prenant dans leur ensemble, au niveau de ces pédoncules, les faisceaux médullaires prolongés dans l'isthme, on reconnaît encore à peu près le même ordre de superposition que dans le bulbe ; mais il n'est plus possible de les distinguer nettement les uns des autres ; ils se confondent même avec ceux du côté opposé. On voit donc leurs fibres se prolonger en masse sous les tubercules quadrijumeaux, à travers la substance propre des couches optiques, et s'épanouir de chaque côte, en une belle gerbe rayonnée, au sein des hémisphères cérébraux, en passant d'abord dans les corps striés.

A cet important système de fibres blanches longitudinales, prolongation de celles de la moelle, se trouvent annexés, comme éléments complémentaires de l'organisation de l'isthme encéphalique, plusieurs systèmes de fibres transversales, également blanches, et des amas de substance grise. Voici une exposition sommaiie de la disposition présentée par ces nouveaux éléments.

En procédant d'arrière en avant, on trouve à signaler, parmi les fibres blanches transversales :

1° L'expansion de fibres arciformes qui couvrent quelquefois la face inférieure du bulbe l'fig. \SU, U) : leur extrémité supérieure se perd sur le corps restiforme; l'inférieure s'enfonce dans le sillon intermédiaire à la pyramide et au faisceau latéral.

2° Les fibres propres de la protubérance ; elles constituent un très épais faisceau semi-anrmlaire, dont les extrémités forment les pédoncules cérébelleux moyens et se plongent dans le cervelet ; ce faisceau enveloppe, par en bas et sur les côtés, les fibres longitudinales de l'isthme ; il est traversé par quelques-unes.

3" Les fibres transversales de la valvule de Vieussens et celles des commissures blanches, qui ont déjà été signalées.

La substance grise de l'isthme, dont il nous reste à parler maintenant, est loin d'être aussi abondante que la substance blanche, et, connue dans la moelle, elle se trouve reléguée profondément dans l'épaisseur de l'organe, du moins sur le plus grand nombre des points.

Dans le bulbe, ou n'en trouve point sur le trajet des fibres des faisceaux supérieurs et inférieurs ; mois les faisceaux latéraux en sont pénétrés, et il en existe une couche sur le plancher du ventricule postérieur.

On en trouve également dans les pédoncules cérébraux, surtout sur le prolongement des faisceaux latéraux du bulbe.

C'est une petite masse de cette substance grise qui constitue chacun des tuber-

DU CERVELET. 6/l9

cules qiiadrijumeaux ; masse recouverie d'une légère pellicule de substance blanche à peine sensible dans les émincnces antérieures.

La couche optique n'est autre cjiose qu'une masse semblable, beaucoup plus volumineuse, plus foncée en couleur, et dépourvue, sur sa face superficielle, d'un revêtement de Gubstance blanche.

Art. m. — Du cervelet.

Le cervelet ou le renflement postérieur de l'encéphale, est celte masse impaire supportée par l'isthme, séparée du cerveau par la cloison transverse constituant la tente du cervelet, logée dans le compartiment postérieur de la cavité crânienne, qui donne à peu près exactement la mesure de son volume.

1° Conformation extérieure du cervelet.

Le cervelet, isolé par la section de ses pédoncules latéraux du prolongement médullaire, sur lequel il se trouve fixé, se présente sous la forme d'une masse presque globuleuse, légèrement ellipsoïde, allongée transversalement, parcourue à sa surface extérieure par un grand nombre de sillons, dont deux principaux régnent circulairement, de chaque côté de la ligne médiane, tout autour de l'organe qu'ils partagent en trois lobes, un médian et deux latéraux.

Les trois lobes du cervelet ne se distinguent pas toujours très nettement les uns des autres, à cause du peu de profondeur et de l'irrégularité des deux sillons qui les séparent. Nous les étudierons cependant l'un après l'autre pour revenir ensuite d'une manière générale sur les sillons qui rampent à leur superficie.

Lobe moyen (fig. 172, 2). — On l'a comparé à un ver à soie enroulé circulairement autour de la partie moyenne du cervelet, et dont les deux extrémités viendraient se rejoindre, sans se confondre, sous la face inférieure de l'organe. Cette disposition vermiculaire se distingue mal dans la partie moyenne et supérieure du cervelet, où le lobe moyen se montre presque toujours plus ou moins subdivisé en gros lobules multiples irréguliers ; mais on l'observe mieux en avant et en arrière, c'est-à-dire dans les points qui répondraient aux deux extrémités de l'animal signalé comme terme de comparaison. Là, en effet, se remarquent deux saillies longitudinales, annelées transversalement à leur surface, et recourbées sous le cervelet de manière à venir se mettre en contact l'une avec l'antre. Ces saillies constituent les éminences verrai for)iies ou vermiculaires antérieureei postérieure. Leur extrémité, logée dans le ventricule postérieur, concourt à former le plafond de cette cavité.

Sur Véminence vermi forme antérieure vient s'insérer le bord postérieur de la valvule de Vieussens.

V éminence vermiculaire postérieure \'Qço\[ aussi l'insertion d'une valvule déjà signalée, sur laquelle nous devons revenir en quelques mots. Cette valvule, signalée pour la première fois par M. Renault, forme une lame d'une certaine épaisseur tendue au-dessus du calamus scriptorius. PMle a exactement la forme triangulaire de cet espace, et présente : une face supérieure, recouverte par l'étninence ver-

650 DE l'axe central du système nerveux.

miculaire postérieure; une face inférieure, hérissée de petites houppes vasculaires dans quelques points de son étendue ; une base, fixée au vermis, près de l'extrémité libre de cette saillie et sur ses parties latérales ; deux bords latéraux, attachés sur les corps restiformes de chaque côté du calamus scriptorius; un sommet qui répond à l'angle rentrant de cette excavation. Cette lame n'est sans doute pas autre chose qu'une cloison formée par la pie-mère extérieure, et sur laquelle s'étend la membrane intérieure appliquée contre les parois du ventricule cérébelleux. Elle est, du reste, en continuité directe, vers sa base, avec une dépendance évidente de la pie-mère, c'est-à-dire avec les plexus choroïdes (1).

Lobes latéraux, (fig. 172, 3, 3). — Ils ont la forme de deux segments irréguliers de sphère. Leur surface, sillonnée et lobulée en tous sens, ne présente rien d'intéressant en dehors, en haut, en avant, en arrière. C'est par leur partie inférieure que les pédoncules pénètrent dans l'épaisseur du cervelet. En arrière de ce point d'insertion, se trouvent appliqués, sous leurs parties latérales, les plexus choroïdes cérébelleux. — Ces lobes manquent chez les Oiseaux,

KiG.177(*).

Des plexus choroïdes cérébelleux (fig. 173, 28). — On nomme ainsi deux

(•; Fig. 177. — Coupe médiane et verlicale de l'ence'phale. — 1. Coupe du bulbe rachidieii. 2. Coupe de la protubérance annuluire. 5. Coupe des peiloucules cérébraux. 4. Coupe du cervelet montrant l'arbre de ..:« K \7„„i..:„..l 1 .;„: „ . i . i . /> . i . i .- i ■ w /> i - i . .. . i i „ i - \t: „.. -

sur la pièce quia servi à l'exécution de celle figure). 11. Gran le veine de Galien venant de la toile choroidioDiie et du plexus choroïde (12). 13. Ventricule moyen. 14. OuverUire commune antérieure ou trou de Monro. lo. Ouverture commune postérieure. 16. Commissure gri'-e. M. Commissure blanche antérieure. 48. Coupe du tubercule mamillaire. 19. Coupe de la glande pituitaire. -0. Intérieur de la tige pituitaire communiquant avec le ventricule moyen. 21. Coupe du chiasma des neris optiques. 2-2. Coupe du Irigone cérébral. 23. Coupe du corps calleux. 24. Septum lucidum. 25. Circonvulutious cérébrales. 26. Lobule olfactif.

(1) Celle cloison est représenlte ctiez l'homme, à l'élat rudimeuiaire, par les valvules de Tarin,

petites masses j2;renues et rougeâtres, formées de houppes vasculaires, allongées d'aviinl en arrière, déprimées de dessus en dessous, comprises par leur bord interne, entre les corps restiformes et la face inférieure des lobes latéraux du cervelet, à laquelle ils adhèrent fortement par leur face supérieure. Ces deux plexus sont réunis l'un à l'autre, au moyen de la valvule de Renault, qui se trouve soudée avec eux vers sa base.

Sillons et lobules du cervelet. — En considérant dans leur ensemble tous les sillons qui entament la surface extérieure du cervelet, on reconnaît qu'ils pénètrent à des profondeurs très inégales dans l'épaisseur de l'organe, et qu'ils le découpent en segments successivement décroissants, dont on peut prendre une idée suffisante sur les figures 175 et 177.

On trouve donc d'abord un certain nombre de lobules principaux, divisés euxmêmes en lobules secondaires ; et ceux-ci se partagent à leur tour en courtes lamelles représentant les termes extrêmes de la lobulation du cervelet.

2° Conformation intérieure et structure du cervelet.

I.e cervelet concourt, par son plan inférieur et la face interne de ses pédoncules, à former la cavité déjà décrite sous le nom de ventricule postérieur ou cérébelleux, mais dans la masse elle-même de l'organe on ne rencontre aucune trace d'excavation ni, du reste, aucune autre particularité de conformation intérieure. C'est ce que démontrent, de la manière la plus évidente, les coupes pratiquées à travers la substance du cervelet, soit dans le sens antéro-postériour, soit dans la direction latérale. Sur ces coupes se dessinent seulement les sillons auxquels est due la division de l'organe en lobules.

Ces coupes sont aussi parfaiteuient propres à mettre en évidence la structure du cervelet, et elles le montrent formé, comme toutes les autres parties de l'axe encéphalo-rachidien, de substance blanche et de substance grise.

Celle-ci, répandue sur toute la surface de l'organe, constitue la couche corticale des différents segments dont il se compose. Elle apparaît avec des caractères particuliers rappelant exactement ceux qui appartiennent à la couche corticale des circonvolutions du cerveau. {Voir plus loin.)

Quant à la substance blanche, enveloppée de tous côtés par la première, elle forme deux épais noyaux occupant le centre des lobes latéraux, noyaux réunis et confondus sur la ligne médiane, dans l'épaisseur du lobe moyen.

Ces deux noyaux, en continuité de chaque côté avec les pédoncules du cervelet, ne sont autre chose que le prolongement ou la partie intra-cérébelleuse de ces pédoncules. Ils envoient, au sein de chaque lobule principal, une épaisse et longue branche ramifiée dans les lobules secondaires en divisions moins fortes, d'où s'échappe une nouvelle série de ramuscules qui s'enfoncent dans les plus petits segments: ce qui constitue pour l'ensemble du cervelet une fort belle arborisation, désignée justement sous le nom d'arbre de vie par les anciens analomistes. {Voir les figures 175, 177 et 178 pour l'étude de Varbre de vie.)

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