CHAPITRE IV
Préposé à la perception des images extérieures rendues visibles par les rayons lumineux, le sens de la vue dépend de l'activité du nerf optique, dont l'extrémité terminale s'épanouit en une mince membrane au fond de Vœil, organe globuleux pair, logé dans la cavité orbitaire, mû par des muscles qui lui font exécuter des mouvements en tons sens, protégé par des voiles membraneux et mobiles dési-
gnés SOUS le nom de paupières, voiles dont le jeu sur la surface de l'œil est facilité par l'humeur lacrymale, liquide qui humecte constamment leur face interne.
Nous décrirons d'abord le globe de l'œil, ou V organe essentiel de la vision; puis sous le nom de parties accessoires de V appareil visuel, nous ferons connaîlre le réceptacle du globe, ou la cavité orbitaire, les muscles qui le meuvent, les voiles qui le protègent, c'est-à-dire les deux paupières et le corps clignotant ou la paupière accessoire, et enfin Yappareil lacrymal qui concourt à la protection du globe oculaire, par l'humeur qu'il verse incessamment à sa surface.
Art. I. — Organe essentiel de la vision ou globe de l'oeil (fig. 192).
Le globe ou bulbe de Vceil est une coque sphéroïdale, dont l'intérieur se trouve rempli de parties liquides ou semi-fluides appelées milieux de Vœil.
Les parois de cette coque sont formées par une enveloppe continue, très résistante, enveloppe incolore, limpide et translucide dans sa partie antérieure qui constitue la cornée transparente, blanche et opaque dans le reste de son étendue qu'on désigne sous le nom de sclérotique.
Sur la face interne de la sclérotique s'étend une seconde membrane, la choroïde, membrane noire, que tapisse, en dedans, l'expansion du nerf optique, c'est-à-dire la rétine, et qui, aux environs du point de réunion des deux parties constituantes de l'enveloppe externe, projette, dans l'intérieur de l'œil, Viris, diaphragme elliptique percé à son centre d'une grande ouverture.
Immédiatement en arrière de ce disque, se trouve soutenu et comme enchatonné, à la manière d'une rose en brillants, au centre d'une zone circulaire dépendance de la choroïde, une lentille biconvexe, le cristallin, l'un des milieux de l'œil, qui divise ainsi l'intérieur de la cavité oculaire eu deux compartiments : un postérieur, très vaste, occupé par V humeur vitrée ; un antérieur, partagé lui-même, par l'iris, en deux chambres d'inégales dimensions, que remplit {'humeur aqueuse.
Considéré à l'extérieur, dans son ensemble, l'organe résultani de la réunion de toutes ces parties représente un corps globuleux, dont la région antérieure, qui répond à la cornée, est plus bombée que les autres points, ce qui tend à augmenter le diamètre antéro-postérieur de l'œil ; mais comme le sphéroïde oculaire, auquel s'ajoute en avant ce segment d'un autre sphéroïde plus petit, est sensiblement déprimé d'avant en arrière, il en résulte que les deux autres principaux diamètres du globe, c'est-à-dire le vertical et le Iransverse, présentent sensiblement les mêmes dimensions que le premier; Girard a pu avancer même que celui-ci est le plus court.
Deux paragraphes vont être consacrés à la description des parties constituantes de ce globe : l'un pour les membranes, l'autre pour les milieux.
^ I.. — Des membranes de l'oeil.
1° De la sclérotique (fig. 192, h).
La sclérotique est une membrane blanche, très solide, formant à elle seule les quatre cinquièmes environ de la coque extérieure du globe de l'œil.
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Sa face externe, en rapport avec les muscles droits et du tissu adipeux, reçoit à son fond, non pas au milieu, mais plus bas, l'insertion du nerf optique, qui traverse à ce point celte membrane et la choroïde pour aller former la rétine. Sa face interne est unie d'une manière assez lâche à la choroïde, par des vaisseaux, des nerfs et du tissu cellulaire.
La sclérotique offre en avant une ouverture ellipsoïde, dont le grand diamètre est transversal, et dont le bord, taillé en biseau du côté interne, s'unit de la manière la plus intime à la circonférence de la cornée.
Vépaisseiir de cette membrane traversée par des vaisseaux et des nerfs nombreux, n'est pas la même dans tous les points. C'est vers le fond de l'œil, autour de l'inserlion du nerf optique que celle épaisseur est le plus considérable.
L'étude de la structure de la sclérotique montre cette partie entièrement formée par une expansion de tissu fibreux blanc, qui reçoit des vaisseaux sanguins, peutêtre quelques nerfs et « qui semble se continuer avec le névriième du nerf optique. Ce tissu y est disposé par faisceaux entrecroisés en différents sens, et c'est à tort qu'on a voulu y distinguer deux couches, et surtout les rapporter aux différentes enveloppes des centres nerveux.
» On trouve souvent dans l'âne, surtout lorsqu'il est vieux, le fond de la sclérotique incrusté d'une couche osseuse bien marquée. Ce fait a échappé à Carus, qui avance que nulle part dans les mammifères cette membrane ne présente d'ossifications.
» La sclérotique ne présente pas de différences notables dans les mammifères domestiques. Dans les oiseaux, elle porte à sa partie antérieure un cercle composé d'écaillcs osseuses, imbriquées, pouvant glisser les unes sur les autres et modifier la forme du globe de l'œil (1). »
2" De la cornée transparente (fig. 192, e),
La contée est une membrane transparente, comme son nom l'indique, formant la partie antérieure ou la vitre de l'œil, à l'intérieur duquel elle permet l'entrée des rayons lumineux. Elle bouche l'ouverture antérieure de la sclérotique et complète ainsi l'enveloppe ou la coque extérieure du globe, dont elle représente la cinquième partie environ.
Ellipsoïde comme l'ouverture qu'elle ferme, la cornée présente : 1" deux faces parfaitement polies, l'une externe, convexe, l'autre interne, concave, formant la paroi externe de la chambre antérieure; "1° une circonférence taillée en biseau aux dépens de la lame externe de la membrane, circonférence reçue dans le biseau de l'ouverture de la sclérotique, à la manière d'un verre de montre dans le cercle qui le soutient.
Trois couches entrent dans la composition de la cornée : L'externe, coniinuation de l'épiderrae de la conjonctive, et Vinleine qui fait partie de la membrane de l'humeur aqueuse, toutes deux extrêmement minces, seront décrites plus tard. Quant à la couche moyenne, ou la cornée proprement dite, couche remarquable
(1) F. Lecocq, Trailé de l'extérieur du cheval, etc.
« Th8 APPAREILS DES SENS.
par son épaisseur, elle est de nature fibreuse. Lorsqu'on presse cette membrane entre deux doigts, on peut aisément faire glisser ses deux faces l'une sur l'autre, preuve que ses fibres constituantes se disposent en plans superposés et parallèles ; il est possible, en effet, de décomposer la cornée en plusieurs lames et lamelles ; mais le nombre de ces coucbes étant susceptible de varier suivant le degré d'habileté que l'on peut consacrer à leur séparation, on doit les considérer comme un produit artificiel de la dissection.
Entre ces fibres, ou dans leur épaisseur, se trouve répandue « une sérosité transparenle comme la cornée, qui entretient sa souplesse, et qui, comme elle aussi, perd sa transparence sous l'influence de différentes causes. Il suffît, sur un œil encore frais, de comprimer le globe pour amener dans la cornée un trouble en rapport avec le degré de compression, et cependant la membrane reprend sa transparence aussitôt que la compression a cessé. Serait-ce à un semblable effet déterminé par le gonflement de l'œil, que serait dû le trouble de la cornée dans l'oplithalmie? » (M. F. Lecoq.)
On n'a pas encore démontré analomiquement les vaisseaux de la cornée. Les nerfs y manquent sans doute d'une manière absolue.
3" De la choroïde (fig. 192, c).
La choroïde est une mince membrane de couleur noire ou brun foncé, étalée sur la face interne de la sclérotique, dont elle répète la conformation générale ; membrane qui transforme en une véritable chambre noire la cavité postérieure du globe oculaire.
Sa face externe répond h la sclérotique. — La face interne se met en contact avec la rétine, mais sans y adhérer. — A son fond, cette membrane offre l'orifice qui livre passage au nerf optique. — En avant, c'est-à-dire près de l'ouverture antérieiiri! de la sclérotique, elle est bordée par le ceirle ciliaire, zone circulaire blanchâtre, apparente seulement du côté externe de la membrane, continue avec la grande circonférence de l'iris. Au même point, mais du côté de la face interne de la choroïde, apparaît une autre zone beaucoup [)lus large, et de couleur noire foncée, constituant le corps ciliaire, qui embrasse le cristallin par sa petite circonférence.
Cercle ciliaire [ùg. 192,^).^ — Le cercle ou ligament ciliaire présente une largeur qui varie entre 1 et 2 millimètres. Sa face externe adhère intimement à la sclérotique ; l'interne se confond avec les procès ciliaires. Le bord postérieur se continue avec la choroïde. L'antérieur donne attache à la grande circonférence de l'iris. Ce cercle semble avoir la texture fibreuse. On a voulu le considérer comme un véritable ganglion nerveux , parce qu'il reçoit les nerfs ciliaires, ou encore comme un muscle; mais l'étude de son organisation ne justifie ni l'une ni l'autre de ces deux manières de voir.
Corps ciliaire {fig. 192, h). — La zone représentée par le corps ciliaire étant beaucoup plus large que la première, dépasse celle-ci en avant et en arrière ; elle s'étend donc, d'un côté, sur la face interne de la choroïde ; de l'autre, sur la face postérieure de l'iris. Quand on a enlevé la cornée et la sclérotique, de manière à
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découvrir le ceicle ciliaire, on ne voit nullement la zone dont nous nous occupons maintenant. Il faut, pour la mettre en évidence et l'étudier convenablement, exciser toute la partie postérieure de la coque de l'œil au moyen d'une incision circulaire,
ei faire évacuer le corps vitré. On remarque alors autour du cristalliii un large cercle très noir, formant des plis radiés d'un aspect très régulier, se projetant en dedans par leur extrémité interne, qui apparaît dans la chambre postérieure de l'œil, après l'excision de l'iris, et aboutissant tous, par cette extrémité, sur la circonférence du cristallin, qui se trouve ainsi soutenu et enchatonné au centre du corps ciliaire. (Jes plis de la zone choroïdienne interne sont, dit-on, contractiles. Leur vascularilé est remarquable, lis sont couverts, en arrière, d'une couclic épaisse de pigment.
Structure de la choroïde. — Trois couches superposées concourent à former la membrane choroïdienne : une moyenne, une externe, une interne.
La couche moyenne est une expansion cellulo-vasculaire, d'un tissu lin et serré, plus épaisse dans le fond de l'œil que partout ailleurs, lisse sur sa face interne qui reflète une belle teinte azurée ou verdàlre très brillante, dont le ton diminue d'intensité du centre à la circonférence, expansion qui présente en dehors un magnifique réseau de veines tourbillonnantes , sur lequel rampent les artères de la membrane.
(') Fig. 19i2, — Œil de clieval [coupe IhéoiirjUé).— a. Nerf optique, b. SclérolitlUc. f. Choroïde, d. RéliilC. c. Corufe./. Iris, g. II, Cercle et corps ciliaires, de'pendaiices de la choroïde, dont ils ont ete représentes isole's pour mieux indiquer leurs limites, i. Insertion des procès ciliaiies sur le cristalliu. /. Ciislalliii. /r. Capsule cristalline, l. Corps vitré, m, h. Chambres de l'humeur aqueuse, o. Indication théorique de la membrane de Thunieur aqueuse, p. Cartilage tarse, q. Wenibraue fibreuse des paupières, r. Muscle releveur de la paupière supérieure, s, Orbiculaire des paupières, l. Peau des paupières, ii. Membrane conjonctive, t'. Lame èpidermique qui représente cette membrane sur la i orne'c. x. Muicle droit postérieur. /. Muscle droit supérieur, z. Muscle droit inférieur, w. Gaine fibreuse de l'orbil>-.
La couche interne constitue un revêtement de pigment noir formé de belles cellules polyédriques, couche extrêmement mince dans le fond de l'œil, au-dessus de l'insertion du nerf optique, où la couleur azurée de la tunique moyenne se distingue parfaitement à travers le revêtement pigmeniaire, et forme une tache brillante, triangulaire, très nellement accusée vers sa base.
La couche externe, noire comme la précédente, représente un lacis de fibres de tissu cellulaire dans lequel se trouvent déposés un grand nombre de granules pigmentaires , le plus souvent rassemblés en amas confus sur le trajet des faisceaux celluleux, parfois contenus dans des cellules très irrégulières.
4° De l'iris (fig. 192,/"),
L'iris forme dans l'intérieur de l'œil, au niveau de l'ouverture antérieure de la sclérotique, en avant du cristallin, un véritable diaphragme, percé d'une ouverture centrale elliptique, h pupille, qui se resserre ou se dilate suivant l'intensité plus ou moins prononcée des rayons lumineux et la distance plus ou moins rapprochée des objets sur lesquels se fixe la vue.
Ce diaphragme partage l'espace compris entre la cornée d'une part, la face antérieure du cristallin et l'extrémité interne des procès ciliaires d'autre part, en doux compartiments ou chambres d'inégale grandeur : l'un antérieur, le plus considérable ; l'autre postérieur, n'existant pour ainsi dire que virtuellement, l'iris se trouvant h peu près immédiatement appliqué sur le cristallin.
L'iris affecte la forme elliptique, comme la cornée et l'ouverture de la sclérotique.
Sa face antérieure, plane ou très légèrement convexe, présente des sillons circulaires, très prononcés et des stries rayonnées, sensibles seulenieiu vers la grande circonférence de la membrane. Elle est diversement colorée, non-seulement suivant les espèces, mais encore suivant les individus. Chez les Solipèdes, elle reflète presque toujours une teinte brune, plus ou moins jaunâtre; on la trouve parfois presque blanche, ou tout au moins gris très clair, et l'on dit alors que les yeux sont vairons. Elle offre une couleur analogue chez le bœuf. Dans le chien, elle se montre le plus souvent d'un jaune doré plus ou moins vif. C'est la teinte jaune verdàtre qui se remarque ordinairement chez le chat adulte, et la nuance bleu clair dans les individus jeunes.
La face postérieure, en rapport avec le cristallin et les procès ciliaires, est enduite d'une couche très épaisse de pigment noir, désignée sous le nom à'mée, pigment dont une portion, supportée par un petit pédicule, traverse souvent l'ouverture pupillaire et vient faii e hernie dans la chambre antérieure de l'œil ; on appelle ordinairement fongus ou grain de suie ce peiii peloton noirâtre.
La grande circonférence de l'iris est attachée sur le cercle ciliaire, qui l'unit à la choroïde ; elle répond aussi au pourtour de la cornée ainsi qu'à l'ouverture de la sclérotique.
La petite circonférence, ou la circonférence interne, circonscrit l'ouverture pupillaire. Elliptique chez le cheval et chez le bœuf, elle se présente avec la forme circulaire dans le chien. Chez le chat, elle est ronde également quand la pupille est
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très dilatée; mais lorsqu'elle se resserre, elle devient elliptique de haut en bas, et arrive même à ne plus représenter qu'une étroite fente verticale.
On a beaucoup discuté sur l'organisation de l'iris. Aujourd'hui tout le monde admet, comme élément fondamental de cette organisation, des fibres contractiles circulaires, ayant pour fonction de resserrer l'ouverture pupillaire. Quelques anatomistes reconnaissent de plus d'aulres fibres contractiles, afTectant la disposition rayonnée, et produisant par leur action la dilatation de la pupille. Mais d'après plusieurs auteurs, ce dernier phénomène serait purement passif et s'expliquerait par une sorte d'érectilité ou d'élasticité des tissus de l'iris. Cette dernière opinion ne nous paraît pas la mieux fondée. L'iris est, du reste, très vasculaire. Ce sont les nerfs ciliaires qui animent sa contractilité.
Dans le jeune fœtus, la jeune pupille est bouchée par un très mince feuillet transparent désigné sous le nom de membrane pupillaire.
5° De la rétine (flg. 192, d).
La rétine^ partie essentielle du globe de l'œil, considérée comme l'expansion terminale du nerf optique, s'étend sur la face interne de la choroïde, dont il est facile de la séparer, entre cette membrane et le corps vitré. Arrivée sur le corps ciliaire, elle se moule exactement sur les plis radiés de sa face postérieure, et se prolonge avec eux jusqu'à la circonférence du cristallin, où elle semble se confondre avec la membrane d'enveloppe de cette lentille, membrane à laquelle elle se trouve, en tout cas, très solidement fixée. Elle adhère également de la manière la plus intime aux procès ciliaires, dont il est presque impossible de la détacher sur l'œil tout à fait frais. La disjonction des deux parties s'opère au contraire très facilement sur les yeux déjà flétris : on enlève la cornée et une certaine étendue de la sclérotique ; puis, après avoir partagé l'iris en plusieurs lambeaux, à l'aide d'incisions rayonnantes, on renverse chacun d'eux en dehors, en exerçant une légère traction qui déchire la zone ciliaire et la choroïde; la rétine étant ainsi dépouillée des |)arties qui la recouvrent dans sa région antérieure, on voit cette membrane former autour du cristallin une sorte de collerette plissée comme une fraise du temps de la Renaissance, et engrenée avec les procès ciliaires. C'est à cette collerette qu'on a donné le nom dc;o/ie de Zinn. Le plus grand nombre des anatomisles la considèrent, à tort, comme un organe distinct de la rétine, pour avoir négligé de l'étudier, disons-le, sur des yeux provenant d'animaux récemment tués.
Si la rétine est la plus importante des trois membranes de l'œil, c'est aussi la plus mince et la plus délicate. Elle forme une expansion molle, pulpeuse, de couleur blanche, opalescente. Le microscope démontre dans son organisation cinq couches distinctes, que nous allons indiquer successivement en procédant de dehors en dedans.
La couche externe, la plus épaisse, se sépare spontanément des autres quelques
heures après la mort. Elle est constituée par des cylindres dits W^onne^s, rangés de
champ, les uns à côté des autres, perpendiculairement à la surface de la membrane.
La deuxième couche représente une agglomération de petits noyaux réguliers,
ayant à peu près le volume des globules du sang.
75'J APPAREILS DKS SKNS.
La troisième cùuc/œ couiprend de fort belles cellules à noyau, rappelant les corj)uscules ganglioiuiaircs, el reliées entre elles, dit-on, par de petits prolongements qui leur donnent l'aspect étoile.
La (ju'.itrième couche est formée de libres divergentes, partant de rextrémilé du nerf optique, et se répandant dans toutes les directions, ens'écartant de plus en plus les unes des autres.
La couche interne est une expansion celluleusc dans laquelle se raniilie l'artèic centrale de la rétine.
^ II. — I>es milieux de l'œil.
1° Du CRISTALLIN (fig. 192, j).
Le cristallin représente de la manière la plus parfaite une lentille trau.'<parente soutenue dans la petite circonférence de la zone formée par les procès ciliaires, lentille bi-convexe plus plane sur sa face antérieure que sur la postérieure.
Celte lentille est enveloppée d'une membrane transparente, qu'on désigne sous le nomdecapsule cristalline, etquiest sans adhérence avec le tissu propre du cristallin.
Quant à ce tissu, il est disjjosé en couches concentriques que le microscope démontre cire composées de libres, couches |)resque lluicles à la surface de l'organe, et dont la consistance augmente de l'extérieur à l'intérieur. Il n'y a ni vaùsseaux, ni nerfs, dans cette substance du crislaliin, l.a capsule cristalline reçoit, chez le fœtus jeune, de l'arlère centrale de la réiine, une branche qui traverse le corps vitré d'arrière en avant, el aborde le cristallin par sa face postérieure; mais celte artère disparaît longtemps avant la naissance.
2" Du CORPS VITRÉ (fig. 192, l).
Le corps vitré, ou \lmmeur vitrée, occupe toute l'étendue de la cavité de l'œil qui se trouve située en arrière du cristallin, c'est-à-dire la plus grande partie de cette cavité.
C'est une sorte de gelée incolore et transparente, beaucoup plus fluide que la substance du cristallin, entièrement amorphe, d'après M. Ch. Ilobin, composée, d'après le plus grand nombre des anatomistes, d'une trame celluleuse dont les mailles sont remplies de liquide, et qui se dispose à la surface de la masse vitrée en un très mince feuillet, désigné sous le nom de membrane hyaloïde, membrane en rapport, par sa face externe, soit avec la rétine, soit avec la face postérieure du cristallin (1).
3" De l'humeur aqueuse.
C'est un liquide qui doit son nom à sa grande fluidité, liquide renfermé dans la partie de l'œil située en avant du cristallin, c'est-à-dire dans la chambre antérieure et la chambre po^iérieure du globe oculaire.
(I) Ou a décrit autour du cristallin, entre la nienibraue hyaloïde et la zone de Ziun, un conduit, circulaire api)elé canal godrunc ù cause de sa forme. Je regarde ce conduit comn;e le produit arliliciel des moyens employés pour le mettre eu évidence, chez l'homme comme chez les animaux.
Il est sécrété par une membrane particulière, la membrane de V humeur aqueuse, de Descemet ou de Demuurs, sorte de séreuse extrèmemoni mince, qui se distingue assez nettomenlsur la face postérieure de la cornée, et qu'on admet théoriquement sur toute l'éieiidue des parois dos chambres de l'œil, c'est-à-dire sur les deux faces de l'iris, l'extrémité interne des procès ciliaircs et la face antérieure du cristallin ((i<,^ 192, o).
AUT. H. — OlKiANES ACCESSOIRES DE l'aPPAREIL DE LA VISION. § I. — Cavité orbitaire.
Située sur le côlé de la tête, au point qui répond à l'union du crâne et de la face, celte cavité est circonscrite, à son entrée, par un contour osseux, à la formation duquel concourent l'apophyse orbitaire, le frontal, le lacrymal, l'os malaire et une petite portion de l'apophyse zygomalique du temporal.
Mais, à son fond, elle ne présente plus de parois osseuses et se trouve confondue, dans le squelette, avec la fosse temporale. C'est un cornet fibreux qui, chez nos animaux domestiques, complète la cavité orbitaire et en fait un compartiment spécial, tout h fait distinct de la fosse précitée.
Désigné sous le nom de gahie oculaire, ce cornet fdoreux s'attache par son fond au pourtour de l'hiatus orbitaire. Le feuillet qui le forme se fixe, en avant, sur la face interne de l'orbite, et se prolonge au delà du sourcil extérieur de ce contour osseux, pour former la membrane fd^reuse des paupières. Forte en dehors, la gaîne oculaire est assez mince du côté interne qui répond à une paroi osseuse. Elle est traversée par des vaisseaux et des nerfs, et se trouve entièrement composée de libres blanches inextensibles.
Ainsi complétée, la cavité orbitaire présente la forme d'un cône creux, assez régulier, ouvert à sa base, fermé à son fond, qui correspond à l'hiatus orbitaire. Dans la position la |)lus habituelle de la tète, l'ouverture de ce cône regarde en avant, en bas et en dehors.
Indépendamment du globe de l'œil, la cavité orbitaire loge les muscles qui le meuvent, la paupière clignotante et la glande lacrymale.
§ II. — Muscles moteurs du globe de l'œil (fig. d03).
Ils sont au nombre de sept : cinq désignés sous le nom de muscles droits, et distingués en postérieur, supérieur, inférieur, externe et interne-, deux appelés muscles obliques de l'œil, l'un grand, l'autre petit.
1° ïHuscie droit postérieur. — Ce muscle enveloppe complètement la portion extra-crânienne du nerf optique. C'est une gaîne nmsculeuse dont la forme rappelle assez bien celle du cornet fibreux de la cavité orbiiiiire. Ses fibres, disposées loiii^iludinalemenl, prennent leur origine auprès du trou optique et se terminent sur la partie postérieure de la face externe de la sclérotique. Ce muscle est toujours plus ou moins fascicule; on peut le séparer le plus souvent en quatre portions régulières, une supérieure, une inférieure, une externe, une interne.
II tire le globe de l'œil au fond de l'orbile, en se counactaiil. Ou verra plus loin la finalité physiologique de ce mouvement.
2° Muscles droits supérieur, inférieur, externe et interne. — Ccs quatre
muscles sont apjiliqués longitu- FiG. 193(*). dinalement sur le précédent, et
répètent, plus en grand, la disposition de ses quatre faisceaux.
Comme ils se touchent par leurs bords, ils forment autour de lui une gaîne charnue analogue à celle que le droit postérieur forme luimême autour du nerf optique.
Exactement ressemblants les uns aux autres, ils constituent, à eux quatre, un groupe tellement naturel que leur description ne peut se séparer.
Chacun d'eux représente une bandelette musculeuse aplatie , formée de fibres parallèles, attachée fixement, par son extrémité postérieure , dans le fond de la gaîne oculaire , sur le sphénoïde, et suivie antérieurement d'une mince aponévrose qui s'insère sur la sclérotique au pourtour de la cornée. Séparés les uns des autres et du droit postérieur par le peloton adipeux qui complète la paupière clignotante, ces petits muscles répondent extérieureaient à la gaîne oculaire.
Comme traits particuliers, ils n'offrent rien autre chose à signaler que leur position, qui est, du reste, suffisamment indiquée par le nom de chacun d'eux.
Ils ont pour usage de porter l'ouverture pupillaire à la rencontre des rayons lumineux, en tournant la cornée transparente du côté de ces rayons, soit en haut, soit en bas, soit en dehors, soit en dedans, soit encore dans des positions intermédiaires, ce qui arrive lorsque deux mu.'^cles adjacents, le droit inférieur et l'externe, par exemple, agissent au même uioniont en condjinatit leur action.
3° Muscle grand oblique. — Couclié à côtédu droit interne et du droit supérieur, formé, comme eux, d'une bandelette charnue terminée par une mince aponévrose, ce muscle diffère des précédents par son trajet brisé. Il pari, en effet, du fond de l'orbite, se dirige en avant, contre la paroi interne de cette cavité, gagne une forte bride libro-cartilagineuse dépendante de l'aponévrose de l'orbite, sorte de poulie de renvoi fixée par ses extrémités sur l'os frontal, à la base de l'apophyse orbilaire, s'engage sous celte bride, et, de ce point, se réfléchit en dehors, pour s'insinuer sousi'extrémiié terminale du muscle droit supérieur, et aller s'insérer sur la sclérotique, entre ce dernier muscle et le droit externe.
Ce muscle fait pivoter le globe de l'œil dans la cavité orbitaire, de dehors en
^•) Fig. t!lj. — Muscles iitotetirs du glohc de Vœil. — 1. Muscle droit supérieur. 2. Muscle ùroil enternr. 5. Muscle tliuil poblerieiii. i. Mii.clc giiiiul oblicjuc'. fi. Insertion de ce muscle sur le globe de l'œi!. G. Bride l'bro-caîtilagiuïu.se qui lui seit de poulie de renvoi. 7. Muscle petit oblique,
OKGANES ACCESSOIRES bE LA VISION. 755
dedans ot de bas en haut, c'est-à-dire qu'il porte en haut la partie externe de l'œil, et la partie inférieure en dehors. C'est à sa réflexion sur sa poulie cartilagineuse que le grand oblique doit de pouvoir imprimer à l'œil ce mouvement de rotation, ce muscle agissant comme s'il avait son insertion fixe au niveau du coude qui le brise en deux parties.
W Muscle petit oMiqiio. — PIus épais, mais beaucoup plus court que le précédent, et presque entièrement charnu, ce muscle est placé sur le globe de l'œil dans une direction transversale, c'est-à-dire analogue, à peu près, à celle de la portion réfléchie du grand oblique. 11 prend son origine dans la fossette lacrymale, se porte en dehors, et se termine à la sclérotique entre le droit externe et le droit inférieur.
Antagoniste du grand oblique, il fait pivoter l'œil en sens inverse. Il est à remarquer que le double mouvement rotaloire exécuté par les muscles obliques est tout à fait involontaire, et qu'il se produit constamment à l'insu de l'animal quand la tête s'incline de côté, sans doute pour maintenir l'axe visuel dans des rapports toujours identiques avec le même point de la rétine. Ce mouvement s'observe fort bien sur l'homme lorsqu'il penche la tête sur l'une ou l'autre épaule ; l'œil pivote alors dans l'orbite en sens inverse de l'inclinaison de la tête, en sorte qu'une tache, placée à la partie supérieure de l'iris quand la têle est droite, occupe encore la même position après le mouvement d'inclinaison. Simultané dans les deux yeux, ce pivotement est exécuté par des muscles différents pour chacun d'eux, le grand oblique pour l'un, le petit oblique pour l'autre, suivant le sens de l'inclinaison de la tête.
§ III. — Des voiles protecteurs de l'œil. 1" Des paupières (fig. 192).
La surface de l'œil se trouve couverte et protégée, en avant, par les deux voiles membraneux et mobiles qui constituentjes paupières: l'une supérieure, l'autre inférieure.
Attachées sur le pourtour de l'orbite par leur contour extérieur, les paupières ont une surface externe convexe, formée par la peau, et une surface interne concave, moulée sur la face antérieure du globe oculaire et tapissée par la membrane conjonctive.
Chacune d'elles présente en outre un bord libre, qui regarde celui de la paupière opposée, en s'unissani angulairement avec lui J^ar ses extrémités, de manière à former deux commissures. Ce bord, légèrement taillé en biseau du côté interne, offre une série de petits trous, orifices excréteurs des glandes de Meibomius, et une rangée de poils dressés qui constituent les cils : glandes et poils dont il sera traité dans l'étude de la structure des paupières.
Quand les deux paupières se rapprochent l'une de l'autre par leur bord libre, elles couvrent l'œil complètement, et forment une fente étroite qu'on peut comparer à une boutonnière parfaitement fermée. Lorsqu'elles sont écartées, elles circonscrivent une ouverture ovalaire, dont le grand axe est obliquement dirigé
de haut en bas, d'arrière en avant et de dehors en dedans. J.a lèvre ou le contour supérieur de cette ouverture, formé par le bord libre de la paupière d'en liaut, est toujours plus courbe que l'inférieur. Son extrémité ou commissure supérieure a encore été appelée angle temiporal de l'œil. L'angle nasal, constitué par la commissure inférieure, est toujours plus arrondi que le premier ; il loge la caroncule lacrymale.
Structure des paupières. — Un feuillet fiby^eux terminé, vers le bord libre de la paupière, par un petit fibro-carlilage qu'on désigne sous le nom de cartilage torse-, un muscle sphincter, Vorbicidaire des paupières, appliqué sur la membrane fibreuse; un muscle releveur de la paupière supérieure, logé en partie dans la gaîne oculaire, et terminé antérieurement par une très large et très mince expansion qui se place sous le feuillet fibreux supérieur; une enveloppjc tégmnentaire formée de deux lames, Y m\Q externe cutanée, l'autre interne de nature muqueuse, constituant la conjonctive, lesquelles lames, continues l'une à l'autre vers le bord libre des paupières, comprennent entre elles les parties précédemment indiquées: tels sont les éléments qui entrent dans l'organisation des voiles protecteurs de l'œil.
1" Membrane flbreuse. — Ordinairement plus épaisse à la paupière inférieure qu'à la supérieure, cette membrane s'attache par son bord adhérent sur le sourcil de l'orbite, où elle se continue avec le périoste et le feuillet fibreux de la gaîne oculaire. Son bord libre est bordé par le cartilage tarse, dont la desciiplion suit.
2" Cartilage tarse.' — C'est une lamelle iibro-carliiagineuse qui forme une charpente solide pour le bord libre de la paupière, lamelle allongée, rélrécie à ses extrémités, amincie à son bord adhérent qui se confond avec la membrane fibreuse, creusée sur sa face interne de plusieurs petits sillons transversaux, parallèles entre eux, qui logent les glandes de Meibomius. La présence de ce petit cnriilage régularise la coniraciion de l'orbiculaire, et l'empêche de froncer les bords de l'ouverture palpébrale h la manière d'une bourse à cordons en coulisse; c'est lui qui, par la rigidité qu'il donne aux paupières, permet à ces organes de se rapprocher bord à bord, sans se plisser, quand l'orbiculaire entre en action.
3" Muscle orbieuiaire des paupières. — Ce muscle représente uu large et mince sphincter, commun aux deux paupières, appliqué sur le feuillet fibreux palpébral et les os formant le pourtour de l'orbite. Sa face externe, recouverte par la peau, adhère à cette membrane de la manière la plus intime. Un petit tendon, qui se rend du tubercule lacrymal à l'angle nasal de l'œil, est généralement considéré comme le point de départ des fibres de ce muscle : les unes, les plus nombreuses, se dirigent en haut, et se disposent circulairement dans l'épaisseur de la paupière supérieure ; les autres gagnent la paupière inférieure, et vont rc^'oindre les premières vers l'angle temporal de l'œil.
C'est la contraction de ce muscle qui détermine l'occlusion de l'ouverture palpébrale.
On peut regarder comme annexe de l'orbiculaire un pelit faisceau musculeux court et aplati, qu'on désigneordinairement sousle nom de muscle fronto-sourcilier , à cause de ses attaches : ce faisceau part, en effet, de la face externe du frontal, se dirige en bas et en dehors, et vient confondre ses libres avec celles de l'orbiculaire, au niveau du trou sourciller, qu'il recouvre, et de la peau du sourcil. Il a été
considéré, à tort, comme un muscle releveur de la paupière supérieure; quand il se contracte, il se borne à froncer la peau du sourcil en tendant légèrement l'angle nasal de l'œil, rôle qu'il remplit aussi bien si les paupières sont écartées que si elles sont rapprochées.
k" IVIuscle releveur de la paupière supérieure OU orbito-palpébral. —
Quand le sphincter oculaire cesse de se contracier, la paupière inférieure s'abaisse en vertu de son propre poids. Mais la paupière supérieure avait besoin de l'aide d'une puissance musculaire spéciale pour s'écarter de la première en se relevant, puissance représentée par le muscle que nous allons décrire maintenant.
Ce muscle n'est qu'une très mince, très étroite bandelette charnue, logée dans la gaîiie oculaire, avec les organes moteurs du globe, et appliquée sur le muscle droit supérieur, dont elle suit le trajet. Arrivé sous la glande lacrymale, il s'épanouit en formant une large et mince membrane aponévrotique, qui se porte enirela conjonctive et le feuillet fibreux de la paupière supérieure pour se terminer au cartilage tarse.
On remarquera que ce muscle s'infléchit sur le globe de l'œil comme sur une poulie de renvoi, et qu'il doit à celle disposition la propriété de relever la paupière supérieure. Si l'œil manquait, ce muscle orbito-palpébral tendrait à tirer au fond de la cavité orbitaire le bord libre du voile qu'il est chargé de soulever.
5° Téguments des paupières. — Les différentes couches qui viennent d'être signalées sont comprises, a-t-on dit, enlre deux feuillets légumentaires, la^j^'a^^ et la membrane conjonctive^ continues l'une à l'autre vers le bord libre des paupières, Nous allons examiner ces deux feuillets et leurs dépendances, c'est-à-dire les cila et les glandes de Meibomius.
a. Peau. — Intimement adhérente par sa face interne au muscle orbiculaire des paupières, cette membrane est mince et couverte de poils fins, courts et nombreux. Chez le fœtus, elle présente au niveau du contour de l'arcade sourcilière, quand elle est encore nue partout ailleurs, un arc de poils bien apparents, constituant le sourcil.
h. Conjonctive. — La conjonctive, comme l'indique son nom, a pour usage de joindre les paupières au globe de l'œil. Très fine et très vasculaire, cette membrane muqueuse se continue avec la peau sur le bord libre des paupières, tapisse la face interne de chacune d'elles, enveloppe la portion antérieure du corps clignotant dans un repli particulier, recouvre la caroncule lacrymale et se prolonge dans les points lacrymaux, puisse réfléchit, au niveau du bord adhérent des voiles palpébraux, sur le globe oculaire, en tapissant la sclérotique et l'expansion aponévrotique terminale des muscles droits. Mais, arrivée au pourtour de la cornée, il devient impossible de la suivre sur la face antérieure de cette membrane. Elle y est cependant représentée par une fine lamelle d'épithélium pavimenteux, que le microscope met facilement en évidence.
c. Cils. — Ce sont deux rangées de poils implantés sur le bord libre des paupières, et chargés d'arrêter les petits corps en suspension dans l'air qui tendraient à venir se déposer sur la cornée. Ils sont beaucoup plus abondants, plus longs et plus forts à la paupière supérieure, où leur présence est plus utile qu'à la paupière inférieure, le poids des particules solides qu'ils sont chargés d'ar-
rèter entraînant toujours ces particules de haut en bas. Mais si ceux de la paupière inférieure sont tout à fait rudimentaires, on trouve en plus, à la surface de ce voile, quelques longs poils roides, disséminés cà et là, exactement semblables aux tentacules des lèvres.
Comme tous les poils, sans exception, les cils sont flanqués à leur base par deux ou trois petites glandes sébacées, s'ouvrant dans leur gaine ou follicule.
d. Glandes de Meibomius. — Ce sont de petites grappes allongées, logées dans les sillons transversaux qui existent à la face interne des cartilages tarses. L'humeur onctueuse et grasse qu'elles sont chargées de sécréter est versée sur le bord libre des paupières, et lui communique ainsi la propriété de retenir plus facilement les larmes en dedans de l'ouverture oculaire. C'est le dépôt formé par cette humeur à la base des cils, dans les cas maladifs, qui prend le nom de chassie.
6° Vaisseaux et nerfs ties paupières. — Ces voiles membraneux reçoivent le sang principalement par les artères sourcilière et lacrymale, et par la branche orbitaire de la dentaire supérieure. On voit s'y ramifier l'extrémité terminale des trois nerfs sensitifs de l'œil, formés par la branche ophthalmique de la cinquième paire, et celle des rameaux orbitaires de la branche maxillaire supérieure. C'est le nerf auriculaire antérieur qui provoque les contractions du muscle orbiculaire. Les filets nerveux moteurs de l'orbito-palpébral viennent delà troisième paire.
2" Corps clignotant.
« Cet organe, que l'on appelle aussi troisième paupière, paupière clignotante, est placé dans le grand angle de l'œil, d'où il s'étend sur le globe pour le débarrasser des corps étrangers qui pourraient s'y attacher.
» Le corps clignotant a pour base un fibro-cartilage de forme assez irrégulière, épais et presque prismatique à sa base, s'amincissant h sa partie antérieure, qui est recouverte par un repli de la conjonctive, et se continuant en arrière par un fort coussinet graisseux, qui s'insinue entre tous les muscles de l'œil et contracte avec eux des adhérences peu intimes.
» Aucun muscle ne concourt d'une manière directe h l'exéculion des mouvements du corps clignotant, qui sont entièrement mécaniques. Lorsque l'œil est dans sa position habituelle, on n'aperçoit de ce corps que le repli de la conjonctive qui le termine en avant; le reste est caché dans la gaine fibreuse de l'œil. Mais si ce dernier vient à être retiré en arrière par la contraction de ses muscles droits, le globe comprimant le peloton graisseux qui fait suite au cartilage, ce coussinet tend à s'échapper au dehors et pousse devant lui le corps clignotant, qui cache entièrement la vitre de l'œil et l'essuie dans toute son étendue. Ce mouvement est instantané; maison peut fixer momentanément cet organe en appuyant légèrement sur l'œil, que l'animal relire alors vers le fond de l'orbile.
» L'usage du corps clignotant est, comme nous l'avons déjà vu, d'entretenir la netteté de la surface de l'œil en enlevant les corpuscules que les paupières ont pu laisser arriver jusqu'à lui; et ce qui démontre parfaitement cet usage, c'est le rapport inverse qui existe constanunent entre le développement de ce corps et la facilité qu'ont les animaux de se frotter l'œil avec le membre antérieur. C'est ainsi
([ue, dans lo cheval et le bœuf, dont le nionibie tlioracique ne peut servir à cet usage, le corps clignolant est très développé ; qu'il devient plus polit dans le chien, (lui peut déjà un peu se servir de sa patle pour le remphicer, plus petit encore dans le chat, et rudimentaire dans le singe et dans l'homme, dont la main est parfaite.
» Dans le tétanos, le corps clignolant reste souvent en permanence devant le globe de l'œil par suite de la contraction constante des muscles droits.
« La membrane clignotante des oiseaux correspond h l'organe qui nous occupe, et sert, en outre, chez ces animaux, à modérer l'aclion des rayons lumineux. » (F. Lecoq.)
Glande de Harder. — A cette troisième paupière se trouve annexée, chez le porc, les ruminants, les carnassiers, les lapins, les oiseaux, la glande de Barder, située avec le corps clignotant dans l'angle nasal de l'œil, et remplacée, dans les solipèdes, par quelques granulations éparses. L'humeur que cette glande sécrète, humeur épaisse et blanchâtre, est versée par un ou deux orifices sous la troisième paupière. Elle a sans doute pour usage de favoriser le mouvement de cet organe sur la surface de l'œil et des paupières proprement dites.
§ IV. — Appareil lacrymal.
« Cet appareilcomprend:l° uneglande sécrétant les larmes; 2° une série de canaux qui transmettent le superflu de ce liquide à l'orifice externe des cavités nasales.
» Glande lacrymale. — Cette glande, située entre l'apophyse orbilaire et la partie supérieure du globe de l'œil, dont elle est séparée par les muscles droit supérieur et orbito-palpébral, présente une face supérieure convexe, et une face inférieure concave, pour s'accommoder à la disposition de ces parties. Elle est peu développée et formée de granulations très ténues, réunies par un tissu cellulaire très fin, et donnant naissance à des radicules déliées, dont la réunion forme un certain nombre de canaux très étroits, qui viennent s'ouvrir à la face interne de l'angle temporal des paupières, et que l'on désigne sous le nom de canaux hygrophthalrniques.
» La glande lacrymale sécrète les larmes destinées h lubrifier la surface antérieure de l'œil. Ce liquide aborde à l'organe par l'angle temporal, et se porte entre les paupières et le globe, vers l'angle nasal. Sa sécrétion, qui a lieu continuellement, est activée par toutes les causes qui peuvent irriter la conjonctive, et sa nature peut changer sous les mêmes influences.
» Caroncule lacrymale, — On appelle ainsi un petit corps arrondi , légèrement rugueux, que l'on remarque dans l'angle nasal de l'œil, et qui n'est autre chose qu'un léger repli de la conjonctive recouvrant quelques follicules agglomérés et les bulbes de quelques poils fins, que l'on voit facilement à sa surface.
» La caroncule lacrymale est assez souvent noirâtre ou marbrée de cette couleur. On la regarde soit comme destinée à diriger les larmes vers les points lacrymaux, soit comme servant à séparer de ce liquide les corpuscules qu'il pourrait entraîner,
» Points lacrymaux. — Ce sont deux petites ouvertures, situées une à chaque paupière, à peu de distance de la commissure nasale, et par lesquelles les larmes passent de la surface oculo-palpébrale dans les conduits lacrymaux.
» Conduits lacrymaux. — Ces deux petits canaux font suite aux points du même nom; ils sont comme eux très étroits, et conduisent les larmes dans le sac lacrymal.
)) Le conduit supérieur est plus long que l'inférieur, et gagne le sac lacrymal en arrière de celui-ci.
» Ces conduits sont formés par un prolongement fin de la conjonctive, qui s'introduit par les points lacrymaux et tapisse la surface interne de tout l'appareil excréteur des larmes.
» Sac lacrymal. — Ce petit réservoir, logé dans l'infuudibulum qui précède le trou lacrymal de l'os de ce nom, reçoit les larmes des deux conduits lacrymaux, et les réunit pour les faire passer ensuite dans le canal lacrymal. La muqueuse qui le forme fait suite à celle des canaux précédents.
» Canal lacrymal. — Les larmes que recueille le sac lacrymal passent dans le canal de même nom , long conduit qui s'étend jusqu'à l'orifice inférieur de la narine. La moitié environ de son trajet a lieu dans le conduit osseux de l'os lacrymal qui le protège, et se termine entre les deux cornets. Le reste du canal est placé sous la muqueuse nasale, vient passer à la face interne de l'aile externe de li narine, et se termine par un orifice, quelquefois double, qui semble percé à l'einporte-pièce, vers la commissure inférieure, près du point où s'établit la ligne de démarcation entre la couleur foncée de la peau et la teinte rosée de la muqueuse.
» Cet orifice constitue ce qu'on appelle l'e^oî<if nasal.
3 Dans toute son étendue, le canal lacrymal est tapissé par la continuation de la muqueuse du sac lacrymal. Dans les solipèdes, ce canal s'ouvre sur la surface cutanée de l'entrée de la narine. Il en résulte que, chez ces animaux, la conjonctive, avec ses dépendances, forme une muqueuse particulière réellement séparée de la grande muqueuse gastro-pulmonaire.
Dans l'âne et dans le mulet, l'orifice du canal lacrymal se trouve situé à la face interne de l'aile externe de la narine, et non vers la commissure inférieure, comme dans le cheval. » (F. Lecoq, Extérieur du cheval, etc.)