‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 119 sur 128 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le sperme est élaboré au sein des deux testicules, glandes globuleuses pourvues chacune d'un conduit excréteur, replié un très grand nombre de fois sur lui-même à son origine qui forme ïépididyme, et dépourvu de sinuosités dans le reste de son trajet qui prend le nom de canal déférent. Ce conduit transporte la liqueur fécondante dans les vésicules séminales, réservoirs à parois contractiles, où cette liqueur s'accumule et d'où elle est expulsée, lors de l'accouplement, en suivant la voie des canaux éjaculateurs et du canal de Vurèthre. Ce dernier, pourvu sur son trajet de trois glandes accessoires, la prostate et les glandes de Cowper, est un canal iiupair, commun aux deux appareils de la génération et de la dépuration urinaire. Il est supporté par une tige érectile, le corY^s caverneux, avec lequel il forme un organe allongé, le pénis ou la verge, qui, dans l'acte du rapprochement des sexes, est introduit dans le vagin, au fond duquel il va porter le fluide spermatique.

Nous considérerons successivement les organes sécréteurs ou les testicules, et Vappareil d'excrétion, comprenant tous les autres organes.

§ I. — Des testicules ou organes sécréteurs du sperme.

Les testicules sont deux glandes suspendues, de chaque côté de la verge, dans »e pli de l'aine, où elles occupent une poche séreuse particulière, la gaîne vaginale.

Nous commencerons par décrire cette riivilc pour revenir ensuilc ;i l'organe qui s'y trouve contenu.

1" Description de la gaîne vaginale.

La (jahie vaginale n'est, chez nos animaux domestiques, qu'un diverticule de la cavité abdominale, dont la membrane séreuse (le péritoine) a fait hernie dans le trajet inguinal, en passant par l'anneau inguinal supérieur, et s'est prolongée audessous de Tanneau inférieur, de manière à former un sac séreux enveloppé de parois membraneuses.

Nous devons étudier dans la gaîne vaginale : 1° son intérieur ; 2" les membranes enveloppantes qui en forment les parois extérieures et auxquelles on donne communément Iè nom de bourses.

Imérielr. — Le sac séreux qui constitue la gaîne vaginale est allongé verticalement, un peu oblique en bas, en dedans et en arrière. — Son extrémité inférieure, formant le tond ou cul-de-sac de la cavité, est renflée en poire et loge le testicule avec l'épididynic. — Sa partie moyenne, rétrécie en conduit étroit, contient le cordon testiculaire. — Son extrémité supérieure, ou Ventrée de la gaîne vaginale, est ouverte pour établir la communication avec la cavité abdominale; elle livre passage aux vaisseaux spermatiques et au canal déférent.

C'est le péritoine, avons-nous dit, qui forme le sac vaginal. Comme dansla cavité abdominale, il se divise en deux feuillets, l'un pariétal et l'autre viscéral. Celui-ci recouvre le testicule et le cordon testiculaire. Le premier tapisse la plus interne des membranes enveloppantes qui servent de paroi h la gaîne vaginale. Ces deux feuillets sont mis en continuité par un frein séreux, frein analogue au mésentère qui soutient le côlon flottant, et formé, comme lui, de deux lames adossées. Aplati d'un côté à l'autre, allongé de haut en bas et étendu verticalement d'une extrémité à l'autre de la gaîne, ce frein est attaché, par son bord postérieur, à la paroi postérieure de celle-ci, et s'insère, par son bord antérieur, en arrière du cordon testiculaire; son extrémité inférieure se porte sur l'épididyme, et de là sur le testicule; à son extrémité supérieure, il se continue dans la cavité abdominale, en accompagnant les différents canaux qui composent le cordon.

!>Jembranes enveloppantes. — Les couches stratifiées qui forment les parois extérieures de la gaîne vaginale, et que l'on décrit généralement, dans les traités d'anatomie, avec ses deux feuillets séreux eux-mêmes, sous le no\w à! enveloppes du testicule, se trouvent au nombre de quatre. Ce sont, en les comptant de dedans en dehors : 1° la tunif^ue fibreuse, '2° \e muscle crémaster, 3° le dartos, WIq scrotum.

Tiinifine fibreuse. — C'est elle qui forme à la gaîne vaginale son revêtement le plus complet; elle s'étend, en effet, sur toute la surface externe du feuillet séreux pariétal, avec lequel elle est très intimement unie. Fort mince, dans les points surtout qui correspondent au crémaster, celte membrane se continue, au pourtour de l'anneau inguinal suj)érieur, avec le fascia transversalis, dont elle n'est qu'une dépendance. Sa face externe est en rapport avec le crémaster et le dartos.

Crémaster. — Ce muscle, que l'on est dans l'habitude de décrire comme une enveloppe testiculaire .sous le nom de tunique érythrotde, constitue, chez nos ani-

maux domestiques, une bandelette d'un rouge vif, qui s'attache en haut h la surface interne ou péritonéale de l'aponévrose lombo-iliaque. Il descend dans le trajet inguinal, enveloppe, en dehors seulement, la partie moyenne de la gaîne tesliculaire et s'épanouit inférieurement sur son cul-de-sac, où l'on voit ses fibres se terminer par de petits tendons, qui s'insèrent à la surface externe de la tunique fibreuse. L'enveloppe que le crémaster forme à la gaîne vaginale est donc très incomplète ; la plus grande partie du testicule et le côté interne du cordon ne sont nullement protégés par celte tunique musculeuse. Elle est en rapport, en dedans, avec la membrane fibreuse à laquelle elle est unie par un tissu cellulaire assez abondant ; par sa face externe, elle répond à la paroi postérieure du canal inguinal et au dartos.

C'est la contra:ction du crémaster qui détermine les mouvements d'ascension brusque du testicule.

Dartos. — Le tissu qui forme cette tunique est contractile; il tient le milieu, pour ainsi dire, entre le tissu cellulaire proprement dit et la fibre musculaire organique. — La tunique dartoïque ne remonte pas dans le canal inguinal ; elle ne recouvre point , conséquemment, la partie de la gaîne vaginale qui s'y trouve engagée. Elle forme une poche au-dessous de l'anneau inguinal, et se répand au pourtour de celui-ci sur les parties environnantes, auxquelles elle adhère assez intimement. C'est ainsi qu'on la voit se prolonger, en s'amincissant graduellement, dans le fourreau et sur la verge elle-même, sur la tunique abdominale et dans l'entre-deux des cuisses, — Les deux poches dartoïques sont parfaitement indépendantes l'une de l'autre; elles ne se confondent point, mais s'adossent seulement sur la ligne médiane, en formant une double cloison dont les lames s'écartent supérieurement pour livrer passage à la verge. — Le dartos est en rapport, en dedans, avec les tuniques fibreuse et érythroïde, dont il se trouve séparé par un tissu cellulaire abondant et lamelleux , tissu cellulaire très condensé vers la queue de l'épididyme, et formant, à ce point, une espèce de cordon qui se porte de la tunique fibreuse au dartos, en adhérant fortement à l'un et à l'autre. Extérieurement le dartos est recouvert par le scrotum.

C'est le dartos qui détermine les mouvements vermiculaires dont les bourses sont le siège.

Scrotum. — Les différentes membranes que nous venons d'examiner sont paires, c'est-à-dire qu'il en existe une pour chaque gaîne vaginale ; le scrotum, qu'il nous reste à examiner, constitue une poche unique enveloppant les deux testicules à la fois. Cette tunique est tout simplement la portion de peau qui recouvre la région tesliculaire. On observera que la peau du scrotum est mince, et si adhérente au dartos qu'on l'en isole difficilement; elle est recouverte d'un duvet très court et très fin; et des follicules sébacés extrêmement nombreux, contenus daris son épaisseur, sécrètent une humeur onctueuse qui rend sa surface douce au toucher.

2° Description des testicules (fig. 153 et 154).

Conformation extérieure. — Chaque testicule représente un ovoïde comprimé d'un côté à l'autre, logé dans le cul-de-sac de la gaîne vaginale, et suspendu à l'ex-

trémité du cordon tesliculaire. La descriplion de cet organe est extrêmement simple ; elle comporte l'étude de deux faces, de deux bords et de deux extrémités.

Les faces, l'une externe, Vaulre iîiterne, sont lisses et arrondies. — Le bord inférieur est convexe, et libre comme les faces. Le supérieur, à peu près droit, se trouve en rapport avec l'épididyme, qui lui adhère par sa tète et par sa queue. — Les extrémités sont régulièrement obtuses; \îi postérieure descend toujours plus bas que V antérieure.

Moyens de fixité'. — Le testicule est libre au fond de la gaine vaginale, où il ne peut cependant éprouver de grands déplacements, à cause de l'élroitesse de l'espace qui le renferme. De plus, il est suspendu par son bord supérieur, au cordon tesliculaire ou spermatique (1), gros funicule contenu dans la partie moyenne de la gaîne vaginale, et formé par l'accolement des vaisseaux spermatiques avec le canal déférent. Ce cordon est soutenu lui-même dans la gaîne vaginale par le frein qui établit la continuité entre les deux feuillets séreux de cette cavité.

Structure. — Indépendamment du feuillet séreux qui revêt le testicule extérieurement, il entre dans la structure de cette glande : 1° une membrane fibreuse , 2" un tissu propre^ 3° des vaisseaux et des nerfs. Le conduit excréteur sera étudié à part.

Membrane fibreuse. — Cette membrane, qui a reçu le nom de tunique albuginée, forme autour du testicule une espèce de coque extérieure épaisse, extrêmement résistante, creusée dans son épaisseur de vacuoles sinueuses qui logent les gros vaisseaux spermatiques. Elle est tapissée à sa face externe par le feuillet viscéral de la gaîne vaginale, qui lui adhère d'une manière très-intime ; sa face interne envoie dans la substance propre de la glande de minces cloisons, qui s'interposent aux lobules spermatiques. — Vers le bord supérieur du testicule et en avant, la tunique albuginée présente un épaississement peu marqué, auquel on a donné le nom de corps d'Highmore ; c'est à ce point que les conduits séminiféres la traversent pour gagner l'épididyme.

Tissu propre. — La substance propre du testicule ressemble à une pulpe d'un jaune grisâtre, renfermée dans la coque albuginée ; elle est divisée, par les prolongenienls que cette tunique envoie dans son intérieur, en petits lobules distincts et indépendants les uns des autres. — Ces lobules, dont le nombre varie de 2 à 300, ont tous la même organisation. Chacun d'eux résulte du pelotonnementde deux ou trois tubes filiformes ayant jusqu'à un et deux mètres de longueur. Ces tubes, appelés vaisseaux ou canalicides séminiféres, s'anastomosent très fréquemment ensemble, s'entortillent les uns sur les autres, et sont déroulables comme un peloton de fil. L'ne de leurs extrémités se termine en cul-de-sal ; l'autre se détache du lobule et aboutit à un système central de canaux excréteurs dont nous avons maintenant à nous occuper.

Quand on incise un testicule verticalement et suivant sa longueur, de manière à partager le corps d'Highmore en deux moitiés latérales, on voit, dans la substance testiculaire, une traînée blanchâtre, souvent peu apparente, qui s'étend, en décri-

(I) En anntomie chirurgicale, on comprend aussi quelquefois dans le cordon testiculaire la partie moyenne de la gaîne vaginale et toutes ses enveloppes, c'est-à-dire les tuniques séreuse, fibreuse et érylhroïde.

vaut une courbe à concavité supérieure, du corps d'Highniore vers l'extrémilé postérieure du testicule, où elle se perd insensiblement, et l'on découvre une grande quantité de prolongements fibrillaires partant de cette traînée, et rayonnant dans toutes les directions. Une injection mercurielle, poussée par le canal déférent, permet de reconnaître que cette partie du testicule est formée principalement par un faisceau ramifié de canaux rectilignes, h parois très minces, qui se jettent les uns dans les autres, et se réunissent, en arrivant près du corps d'Higlimore, en une vingtaine de branches principales de 0,3 à 0,6°"" de diamètre. Ces canaux, auxquels on a donné le nom de canalicules droits pour les distinguer des canalicules pelotonnés, reçoivent ceux-ci à leur sortie du lobule auxquels ils appartiennent. Ils sont entourés par de nombreux vaisseaux sanguins, etsoutenus par les tractus fdjreux de la tunique albuginée, qui semblent converger vers le point qu'ils occupent. Arrivés au niveau du corps d'Highmore, les canalicules droits le traversent d'outre en outre, en formant dans son épaisseur un réseau anastomoiique connu sous le nom de i^ete testis, et ils se continuent dans l'épididyme par les canaux efferents.

Vaisseaux et nerfs. — Le sang est apporté au testicule par l'artère grande testiculaire, qui lui est presque exclusivement destinée. Cette artère, après avoir décrit, dans le cordon, un grand nombre de flexuosités très remarquables, arrive sur le testicule et le j)énètre, par son bord supérieur, un peu en arrière de l'épididyme. Elle ne se plonge pas immédiatemeut dans la substance glandulaire ; on la voit suivre, dans l'épaisseur même de la tunique albuginée, les bords de l'organe, qu'elle entoure dans un cercle complet. De ce cercle partent des divisions qui se répandent sur les faces, et d'où s'échappent les fines ramifications artérielles qui pénètrent dans le tissu propre du testicule, en accompagnant les cloisons inter-lobulaires.

Les veines, très volumineuses et souvent variqueuses, se comportent comme les divisions artérielles ; elles se réunissent en un tronc unique, qui se dégage dans la veine cave postérieure, près des veines rénales.

Les lymphatiques existent surtout sous le feuillet séreux; ils gagnent les ganglions sous-lombaires.

Les nerfs^ fournis par la chaîne sympathique, forment autour de l'artère un petit plexus particulier.

DÉVELOPPEMENT. — Chcz le fœtus très jeune, le testicule flotte dans la cavité abdominale, suspendu à la région sous-lombaire, vers le flanc, par un large repli péritonéal, au bord antérieur duquel si; trouvent les vaisseaux spermatiques (fig. 197, e). La gaîne vaginale n'existe donc pas encore. Le mécanisme qui préside h sa formation est des plus simples, et facile à comprendre avec l'aide de la figure ci-contre.

On constatera d'abord que le feuillet viscéral de la gaîne, c'est-à-dire celui qui enveloppe le testicule et le cordon, se trouve déjà tout formé, ainsi que le frein séreux qui établit, chez l'adulte, la continuité entre ce feuillet viscéral et la lame pariétale. Il ne reste donc à expliquer que le procédé employé par la nature pour créer cette dernière, c'est-à-dire la poche vaginale elle-même.

Or, on remarquera qu'à l'extrémité postérieure du testicule se trouve attaché un gros funicule arrondi, engagé d'autre part dans l'anneau inguinal supérieur, enveloppé par le péritoine, et fixé au bord postérieur de la lame séreuse qui lient

le testicule en suspension; ce funicule, nommé gubernaculumtestis, se continue, par son extrémité inguinale, avec le dartos, dont il paraît partager la structure, et qui remplit à lui tout seul le sac scrotal ; le feuillet séreux qui le recouvre est double en dehors, sur sa face adhérente, par le muscle crénias- • ^^'^ ^"'' ter, muscle attaché sur l'aponévrose lombo-iliaque, aux environs de l'anneau inguinal, s'engageant dans le tube séreux formé par le revêtement péritonéal du gubernaculum, ets'avançanl jusquoauprèsdu testicule par son extrémité terminale. C'est à cet organe qu'est dû le rôle principal dans la formation de la poche vaginale.

Quand la marche du travail de développement du foetus pousse le testicule vers la région inguinale, le gubernaculum lui sert de guide, comme son nom pittoresque l'indique suffisamment. C'est donc lui qui descend le premier dans le trajet inguinal, tirant le testicule à sa suite. Mais en exécutant ce mouvement, il entraîne également avec lui son enveloppe péritonéale , qui l'abandonne peu h peu pour se mettre en rapport, par sa face adhérente, avec les parois du canal inguinal, et se retourne ainsi à la manière d'un bas dont on dépouillerait la jambe en le renversant de haut en bas, jusqu'au pied, représentant ici le testicule.

Le feuillet pariétal de la gaine vaginale n'est donc autre chose que le tube séreux qui enveloppe, chez le fœtus, le gubernaculum teslis encore contenu dans la cavité abdominale, tube retourné sur le testicule et le cordon tesiiculaire après leur des-

(■)'.Fig.'107. — Les organes génito-tirinaires internes, avec l'estomac , le foie et la rate, chez le fœtus de jument. — R, Rein g;iuclie. K. Vessie. Z'. Tesliciile. at. Artère giaiidc tesiiculaire. G. Gubernaculum teslis. <". Epidiiiyme (cette lettre e se trouve placée au centre de la lame séreuse qui suspend à la région sous-lombaire le testicule et les vaisseaux du cordon tesiiculaire, lame séreuse formant, après la discente du testicule dans les bourses, le frein qui établit la continuité entre les deux feuillets de la gaîue vaginale). E. Estomac. F. Foie. /. Lobule de Spigel. P. Veine porte. C. Cordon ombilical. O. Veine ombilicale. O'. Trajet ialra -hépatique de cette veine, indiqué par un double trait ponctué.

centedans le sac scrotal, et présentant alors le muscle crémaster sur sa face adiiérenle de venue extérieure.

Le travail de la descente du testicule commence à s'opérer avant la naissance dans toutes les espèces. Dans l'espèce bovine, il est même achevé dès les premiers mois de la vie intra-utérine. 3Iaischez les Solipèdcs, le testicule reste le plus souvent engagé dans le canal inguinal jusqu'à l'âge de six à dix mois.

Différences. — Chez les Ruminants, les testicules sont très volumineux, ovoïdes et allongés verticalement. La masse qu'ils représentent à l'extérieur, avec leurs enveloppes, est pendante, et occupe la région inguinale.

Ceux du Chien, du Chat et du Porc, placés dans la région périnéale, au-dessous de l'anus, se montrent plus ou moins arrondis, et sont toujours très peu détachés.

Dans les Oiseaux, ces organes sont placés dans la cavité abdominale, à la région sous-lombaire, en arrière des poumons et sous l'extrémité antérieure des reins. Leur forme est généralement ovoïde. Le volume qu'ils présentent, variable d'une espèce à l'autre, diffère également selon les saisons; à l'époque des amours, ils sont toujours énormément développés.

§ II. — Appareil d'excrétion du sperme.

1° De l'épididyme et du canal déférent (fig. 153, 154, 191)..

Épididynoe. — L'organe ainsi appelé commence le canal excréteur du testicule; c'est un corps allongé d'avant en arrière, appliqué contre le bord supérieur et un peu en dehors de l'organe sécréteur du sperme. On y considère une partie moyenne et deux extrémités.

La partie moyenne, rétrécie, aplatie d'un côlé à l'aiilre, est libre en dehors; elle répond, en dedans, aux vaisseaux spermatiquesel au testicule auquel elle se trouve attachée par une lame séreuse très courte.

Les extrémités sont renflées et adhèrent intimement au testicule. Vantérieure, la plus grosse, porte le nom de tétc de l'épididyme [glohiis major). La postérieure, ou la queue de l'épididyme {globus minor), est plus détachée du testicule que la première; elle se recourbe en haut pour se continuer par le canal déférent.

L'épididyme reçoit ses rameaux artériels et ses fdcis nerveux des mêmes sources que le testicule. Il est constitué par un long conduit à parois très minces, replié un très grand nombre de fois sur lui-même, et dont on voit très bien les différentes circonvolutions à travers la membrane séreuse après une injection au mercure. Ce conduit résulte de la réunion de douze à vingt petits tubes, les canaux efférents, parlant du rete testis et s'abouchant ensemble, à des distances variables, dans la tête de l'épididyme. Vers la queue de l'organe, la membrane muqueuse qui forme le conduit se double d'une tunique dartoïque. Il devient alors plus volumineux, moins flexueux, et finit par se détacher du lobe postérieur de l'épididyme pour constituer le canal déférent.

Canal déférent. — Celui-ci, de la grosseur d'une plume à écrire, est d'abord flexueux, puis recliligne. 11 s'accole aux vaisseaux spermatiques, qu'il suit en arrière et en dedans jusqu'à l'ouverture de la gaîne vaginale, franchit cette ouver-

ture pour pénétrer dans la cavité abdominale, et gagne l'entrée du bassin, où il croise obliquement la direction de l'uretère et du cordon oblitéré de l'artère ombilicale. Puis il s'infléchit en arrière, se place au-dessus de la vessie, se renfle alors tout à coup, et se prolonge ainsi jusqu'au col de ce réservoir, où il se termine, après avoir pénétré sous la glande prostate, par un rétrécissement subit, à l'origine duquel vient s'ouvrir, en dehors, la vésicule séminale, et qui se continue par les canaux éjaculateurs.

Le canal déférent est soutenu, à l'intérieur de la gaîne vaginale, par un très court repli séreux, dépendance du frein qui développe ses deux feuillets autour des vaisseaux spermatiques, en dedans et en arrière desquels se trouve situé ce conduit excréteur. Dans la cavité abdominale, il est fixé par le prolongement de ce repli séreux. Sa portion renflée ou pelvienne, en rapport supérieurement avec les vésicules séminales, s'unit au renflement homologue, dont on la voit se rapprocher déplus en plus, au moyen d'une lame péritonéale triangulaire, qui comprend entre SCS deux feuillets une petite poche en forme de massue, sur le compte de laquelle nous revenons plus loin.

La lumière du conduit déférent est très étroite dans ses portions vaginale et abdominale, mais elle est plus large vers le renflement pelvien, où les parois du conduit présentent une disposition aréolaire bien marquée.

Le canal déférent est formé à l'intérieur par une membrane muqueuse très fine, à laquelle s'ajoute, en dehors, une couche de tissu dartoïque, très épaisse dans la partie renflée, couche dont la grande densité donne au conduit déférent la consistance d'un cordon dur et rigide.

Dans les Oiseaux, il n'y a pas à proprement parler d'épididyme. Le canal déférent s'échappe en dedans de l'extrémité postérieure du testicule, se dirige en arrière, en décrivant des flexuosités, se rapproche del'urèthre de son côté, passe avec lui le long du rein et arrive au cloaque, où il se termine par un orifice sur lequel nous reviendrons dans l'étude de l'organe copulateur. Chez le canard, il présente, près de sa terminaison, une petite vésicule ovale, toujours remphede fluide spermalicjue.

2° Des vésicules séminales et des canaux éjaculateurs (fig. 191. 198).

Lcsvésicules séminales sont deax poches ovoïdes, dont le volume varie avec l'élat de plénitude, poches placées dans la cavité pelvienne, au-dessus de la vessie et du canal déférent.

Chaque vésicule séminale présente à étudier une partie moyenne et deux extrémités.

La partie moyenne, enveloppée par un tissu cellulaire lâche et abondant, est en rapport en haut avec le rectum, en bas avec la vessie et le canal déférent.

Vextrémité antérieure, la plus grosse, forme un cul-de-sac arrondi, recouvert, de la même manière à peu |)rès que la vessie, par la membrane péritonéale, qui fournit h ce point un très petit frein triangulaire destiné à unir les deux vésicules séminales.

Vextrémité postérieure s'effile en un col ou goulot étroit, qui s'insinue sous la

FiG. 198 (

prostate et s'abouche, à angle très aigu, avec l'extrémité terminale du conduit déférent pour consliluer le canal éjaculateur.

Les parois de celle poche comprennent dans leur structure deux membranes : l'une interne, muqueuse^ l'autre externe, tmisculeuse.

La couche muqueuse, continue avec celle des canaux éjaculateurs et du conduit déférent, est très mince, très délicate et très folliculeuse. Elle présente sur sa face interne de nombreux plis effaçables par la distension.

La couche externe appartient bien évidemment à la classe des membranes mus-

culeuses. L'examen à l'œil nu ou armé du microscope démontre l'identité la plus complète entre les fibres qui la constituent et celles de la vessie. Vers le fond du cul-de-sac, on en voit se détacher plusieurs faisceaux qui s'irradient à la surface extérieure du péritoine.

Ces deux membranes reçoivent le sang par l'artère vésico-prostatique. Leurs nerfs proviennent du plexus pelvien.

Quant au canal éjaculateur, c'est un conduit très court qui succède au goulot de la vésicule séminale , après que celle-ci s'est abouchée avec le canal déférent. Les deux canaux éjaculateurs rampent entre la prostate et l'urèthre, et vont s'ouvrir, après un trajet de un à deux centimètres, dans l'intérieur de celui-ci, sur le côté du verumontanum, tubercule dont il sera question plus loin.

En avant et très près de ce tubercule se remarque un troisième orifice, très étroit, embouchure de la poche comprise entre les deux feuillels de la lame séreuse qui réunit les deux canaux déférents. Improprement désignée sous le nom de troisième vésicule, cette poche sécrète un liquide qui est versé à l'intérieur du canal de l'urèthre.

Différences. — Chez les Ruminants, on trouve à la place des vésicules séminales, et dans la même position, deux corps glanduleux allongés, bosselés à leur surface extérieure, présentant un canal intérieur fort étroit qui renferme un fluide dans lequel on ne rencontre point de spermatozoïdes.

Dans le Chien et le Chat, on ne rencontre ni les vésicules proprement dites, ni les deux glandes qui les remplacent chez les animaux ruminants.

(') Fig. 198. — Ftie supérieure de la portion peli>ienne des canaux déférents, des vésicules séminales, de la prostate, des glandes de Cowper, et de la portion intra peU'ienne du canal de l'urèthre. — 1. Canal déférent gauche. 1'. Son renflement pelvien. 2, 2'. Les mêmes du côté droit. 3, 4. Vésicules séminales. 5. La tioisième vésicule. C. Lame séreuse unissant les canaux delorenls. 7. Celle qui se trouve con)prise entre les deux vésicules séminales. 8. Pro.stale. 9. Vessie urinaire vue à travers le repli sérenx des canaux déférents. 10. Portion menibrancnse ou intia-pelvienne du canal de l'urèthre, recouverle par le muscle de Wilson. U, 11. Glandes de Cowper enveloppées par ce même muscle. 12, 12. Muscles ischio-caverueux. 15. Muscle accélérateur.

3° De CANAL DE L'URÈTHRE.

Le canal de l'urèihre esl un conduit impair, à parois membraneuses et érectiles, commençant au col de la vessie et se terminant à l'extrémité de la verge.

Trajet. — Quand on le suit de son origine à sa terminaison, on le voit marcher d'abord horizontalement en arrière, puis contourner l'arcade ischiale de haut en bas, sortir du bassin, en se plaçant entre les deux racines du corps caverneux, se loger alors dans la gouttière dont celui-ci se trouve creusé sur son bord inférieur, et arriver ainsi vers la tête du pénis, où le canal se termine en formant un petit prolongement désigné par le nom de tube uréthral. Le canal de l'urèthre se décompose donc dans son trajet en deux portions bien distinctes: l'une intra-pelvienne, la plus courte ; l'autre, extra-pelvienne, la plus étendue, supportée par le corps caverneux. Celle-ci se trouvant seule enveloppée, ainsi qu'on le verra plus loin, par le tissu éreciile qui entre dans la composition des parois du conduit, on l'appelle encore portion spongieuse du canal de l'urèthre, et la première porte le nom de portion membraneuse.

Intérieur. — Étudié à l'intérieur, ce conduit ne se présente pas avec le même diamètre dans toute son étendue. Très rétréci à son origine, c'esi-à-direvers le col de la vessie, il s'agrandit presque subitement au niveau de la prostate; sa dilatation, improprement appelée, chez l'homme, cul-de-sac du bulbe et mieux ventricule, s'étend jusqu'à la courbure décrite par le canal, sur l'arcade ischiale, où celte dilatation s'éteint peu à peu. Le conduit uréthral conserve alors les mêmes dimensions réduites dans tout le reste de son étendue, dimensions susceptibles d'augmenter pendant le passage de l'urine ou du sperme.

Lisse dans toute la portion extra-pelvienne, la surface intérieure du canal de l'urèthre présente, près du col, et sur sa paroi supérieure, les orifices d'excrétion de la prostate, formant deux lignes latérales de très petits tubercules perforés. Entre ces deux lignes, on trouve la crête uréthrale ou le verumontanum, petite éminence allongée d'avant en arrière, sur les côtés de laquelle viennent s'ouvrir les canaux éjaculateurs. Plus en arrière se montrent les orifices excréteurs des glandes de Cowper.

Rapports. — La portion intra-pelvienne du canal de l'urèthre est en rapport, en haut, avec la prostate, qui lui adhère intimement, et avec le rectum, auquel l'unit le tissu cellulaire lâche et abondant confiné dans le fond du bassin ; en bas, le conduit repose sur le muscle obturateur interne; et il répond, de côté, aux muscles et aux lames ligamenteuses ou aponévroliques qui closent latéralement la cavité pelvienne. Hors du bassin, le canal de l'urèthre se trouve uni de la manière la plus étroite au corps caverneux.

Structure. — Le canal de l'urèthre comprend dans son organisation: 1° une membrane muqueuse, T une enveloppe êrectile, 3" des muscles, Ix" des vaisseaux et des nerfs.

1° Membrane muqueuse. — C'est une membrane assez délicate, formant le revêtement intérieur du canal de l'urèthre, se continuant en arrière avec celle de la vessie, et en avant avec le tégument qui enveloppe la lêie du pénis, se prolon-

géant dans les canaux excréteurs des glandes annexées au conduit uréthral, et dans les canaux éjaculateu*s.

2° Eoveioppe éreciîic. — Celte enveloppe, appliquée sur la face externe de la membrane muqueuse, ne recouvre point la portion intra-pelvienne du canal. Elle commence un peu au-dessus du contour ischial, en arrière des glandes de Cowper, par une portion très épaisse et renflée à laquelle on donne le nom de bulbe de Vurèthre. En avant, elle se termine par un autre renflement extrêmement développé, dans lequel se plonge l'extrémité antérieure du corps caverneux, et constituant la tête de la verge.

Le tissu qui forme cette enveloppe présente l'organisation de tous les appareils érectiles. Il est donc creusé d'aréoles veineuses, communiquant entre elles, et séparées par des cloisons élastiques ofl'rant dans leur structure quelques éléments contractiles.

3" Muscles. — En arrière de la prostate, la membrane muqueuse du canal de l'urèihre est doublée, à l'extérieur, d'une couche charnue disposée circulairement , et formant le muscle de Wilson. Une autre enveloppe musculeuse, constituant le bulbo-caverneux ou Vaccélérateur, recouvre le tissu érectile de l'urèlhre, qu'il accompagne jusqu'auprès de la têledu pénis, où ce muscle se perd insensiblement, A ces deux principaux muscles du conduit uréthral s'ajoutent deux paires de faisceaux secondaires, qu'on nomme muscles ischio-uréthral et transverse du périnée. Voici la description résumée de cet appareil musculaire.

a. Muscle de Wilson. — Nous décrivons ce muscle comme un organe impair, composé de deux portions, l'une inférieure, l'autre supérieure.

Touies deux sont formées par des fibres transversales jetées sur la portion membraneuse du canal de l'urèlhre, et réunies, les inférieures avec les supérieures, à leurs extrémités, qui s'atlachent, par l'intermédiaire de fascicules aponévrotiques, sur les parois latérales du bassin.

En arrière, les fibres du i)lan supérieur recouvrent les glandes de Cowper et se confondent, de même que les inférieures, avec le muscle accélérateur.

b. Muscle bulbo-caverneux. — Composé de fibres transversales qui entourent circulairement l'urèthre, depuis l'arcade ischiale jusqu'à l'exlréraité libre du pénis, ce muscle sera aussi étudié comme un organe impair, séparé en deux portions latérales par un raphé médian régnant tout le long de la face postérieure de l'urèthre. Les fibres partant de ce raphé se porienl h droite et à gauche, s'enfoncent dans la gouttière du corps caverneux, et gagnent la face supérieure du canal, en s'avançant h la rencontre les unes des autres; mais elles ne se rejoignent pas sur la ligne médiane, en sorte que le canal formé autour de l'urèlhre par le muscle accélérateur est nécessairement incomplet.

c. DIuscle iscliio-uréthrol. — C'est une mince bandelette charnue, paire, située en dessous et sur le côté de la portion membraneuse du canal de l'urèthre. Attaché par quelques fibres aponévrotiques à l'arcade ischiale, ce muscle se dirige en avant en se portant sur la glande de Cowper, dont il recouvre exactement la face inférieure. 11 est confondu sur la périphérie de cet organe avec la portion du muscle de AVilson qui en enveloppe la face supérieure.

d. Muscle transverse du périnée. — Ce petit organe foiinc un faisceau rubanô

très mince, souvent peu distinct du muscle ischio-anal. Il s'étend transversalement de la tuhérositc ischiale, sur laquelle il s'atlache par l'intermédiaire du ligament sacro-isciiialique, à la ligne médiane du périnée, où ses fibres, confondues avec celles du muscle homologue du côté opposé, semblent s'insérer sur le muscle bulbocaverneux, à l'origine même de celui-ci.

€. Usages des muscles uréthrovx. — 1° Le muscle de Wilson, quand il se contracte, comprime entre ses deux couches la portion membraneuse du canal de l'urèthrc. C'est un véritable sphincter qui s'oppose à la sortie de l'urine et qui, lorsque le sperme est chassé des vésicules séminales dans le canal de l'urèlhre, empêche ce fluide d'entrer dans la vessie, en permettant ainsi an muscle accélérateur de vider d'avant en arrière la dilataiion initiale du canal de l'urèlhre. 2" Le bulbo-caverneux doit justement son nom de muscle accélérateur au rôle qu'il remplit dans la projection du sperme hors du canal de l'urcthre, projection dont il est l'agent essentiel. 3" Vtschio-urclhral tire en arrière la portion membraneuse du canal de l'urèlhre, avec les glandes de Cowper, à l'égard desquelles il joue, de même que le muscle de Wilson, le rôle de muscle compresseur. Li° Quant au (ransverse du périnée, il dilate la portion bulbeuse du canal en la tirant par côté.

h" Vaisseaux et nerfs. — Le sang arrive au canal de l'urèthrc par les artères bidbcuses et les deux paires d'artères dorsales du pénis. Ce conduit reçoit ses fdets nerveux du cordon honteux interne.

4° Des glandes annexées au canal de l'urèthre.

A. Pro.s<atc (fig. 19S, 8). — Celle glande, impaire et syméirique, se trouve située tout h fait h l'origine du canal de l'urèthrc, appliquée en travers du col de la vessie.

Un étranglement moyen la divise en deux lobes latéraux volumineux se déviant légèrement en avant.

Sa face supérieure répond au rectum par l'intermédiaire du tissu cellulaire du fond de la cavité pelvienne.

Sa fare inférieure, mnulécsnr le col de la vessie, l'endirasscen haut et par côté, en s'unissant assez élroiteinent avec lui ; elle recouvre l'oxtrémité leriiiinale des canaux déférents, le col ou goulot des vésicules séminales et les canaux éjaciilalcurs.

Le ti.'-su qui cnnstitue cet organe est creusé de cellules communicantes, plus larges dans l'âne que chez le cheval, cellules dans lesquelles s'accumule un fluide visqueux sécrété par leurs parois, et qui le versent, à leur tour, à l'inlérieur du canal de l'urèlhre, par deux rangées d'orifices disposées sur les côlés du vérumontanum.

P>. Glandes de Cowper. — En analomie vétérinaire, on les appelle encore assez soinonl petites prostates. Elles manquent chez le chien, mais on les rencontre dans le chat. Ce sont deux corps globuleux d'une texture plus dense, plus serrée que la prostate proprement dile, mais présentant du reste les mêmes caractères d'organisation. Ces petites glandes, situées sur le côté du canal de l'urèthrc, dans la région périnéale, au-dessus de l'arcade des ischions, se trouvent eniière-

78G APl'AhEILb DE LA GÉNÉKATlUN.

meiil enveloppées par une couche cliarnue assez épaisse (juc forment autour d'elles ies fibres du muscle de Wiisou et de l'ischio-uréthral.

Le iicjuide qu'elles sécrètent est versé dans le canal de l'urèthre parde nombreux orifices disposés sur plusieurs rangées.

Ce fluide présente les mêmes propriétés physiques que celui de la prostate. Tous deux sont versés en abondance à l'intérieur du canal de l'urèthre dans le moment qui précède l'éjaculatioii et facilitent ainsi l'expulsion du liquide spermatique.

5° Du CORPS CAVERNEUX.

Le corps caverneux est une tige érectile qui forme la base du pénis et supporte le canal de l'urètiire, tige située entre les deux cuisses, prolongée sous le ventre, attachée en arrière sur l'arcade ischiale, et terminée en avant par une extrémité libre qui est englobée dans le renflement érectile de la tête de la verge.

Conformation extérieure. — Déprimée d'un côté à l'autre, cette lige offre à étudier deux faces latérales, deux bords et deux extrémités.

Les faces sont planes et dépourvues de toutes particularités dignes d'intérêt.

Le bord supérieur ou bord dorsal est le plus épais. Il est arrondi d'un côté à l'autre. — V inférieur est creusé dans toute son étendue d'une gouttière profonde qui loge le canal de l'urèthre.

V extrémité postérieure est bifurquée. Les deux branches de cette bifurcation, constituant les racines du pénis, sont fixées sur l'arcade ischiale, l'une à droite, l'autre à gauche, et recouvertes par les deux muscles ischio-cavcrncux, muscles courts, épais et puissants, entrecoupés de nombreuses intersections tendineuses, cachés eux-mêmes en partie par les muscles demi-membraneux, prenant leur origine sur la crête ischiale, et se terminant sur la membrane d'enveloppe des racines du pénis, qu'ils enveloppent en arrière et en dehors. — Quant à Vextrcniitc antérieure du corps caverneux, elle forme une pointe mousse entourée par le tissu spongieux de la tête de la verge.

Moyens de fixité propres au corps caver^neux. — Le principal est constitué par l'insertion des deux racines de l'organe sur l'arcade ischiale. On trouve de plus un double ligament suspenseur procédant de la symphyse ischio-pubienne, où il se confond avec les attaches supérieures du muscle du plat de la cuisse, et se portant sur le bord dorsal du corps caverneux, un peu en avant du point de réunion des deux racines.

Structure. — L'organe érectile représenté par le corps caverneux est formé extérieurement d'une enveloppe fibreuse, blanche, élastique, remarquable par la grande épaisseur qu'elle présente, surtout au bord dorsal de la verge, et laissant écha|iper de sa face interne un certain nombre de trabécules lamelleux, qui cloisonnent la cavité intérieure limitée par cette membrane. Une de ces lames, dirigée verticalement du bord supérieur au bord inférieur, divise le corps caverneux en deux moitiés latérales, et semblerait indiquer que les deux racines de l'organe ne se confondent |)as à leur point de réunion, mais s'accolent simplement l'une à l'autre en opérant leur soudure. Chez le cheval, celte lame est généralement très incomplète, et on ne la retrouve même point dans toute la longueur de la tige caverneuse.

Ces prolongements lamclleux soutiennent, à la manière d'une charpente, les larges aréoles veineuses, base fondamentale de tous les tissus érectiles, aréoles cornnuiniquant entre elles, et présentant, dans leurs parois, des fibres musculaires d'une nature particulière, qui exercent sans doute une grande influence sur le mécanisme de l'érection.

Le sang versé dans ces cellules est apporté par les artères caverneuses et dorsales de la verge. Leurs parois reçoivent de nombreux fdets du nerf honteux interne,

6° Dn PÉNIS ou DE LA VERGE.

Le pénis ou la tw^/e, organe de copulation du mâle, résulte de l'accolemcntdu corps caverneux et de la portion spongieuse du canal de l'urèthre.

On a fait une deïcriplion particulière de ces deux parties ; il reste à considérer dans son ensemble l'organe qu'elles constituent.

La verge commence au niveau de l'arcade ischiale, descend entre les cuisses, passe entre les deux sacs dartoïques, qui logent les testicules, et se prolonge sous le ventre, où elle se termine par une extrémité libre.

Toute la partie comprise entre l'arcade ischiale et les bourses, cachée et maintenue profondément entre les tissus environnants, prend le nom de portion fixe du pénis. Le reste de l'organe, c'est-à-dire la moitié antérieure, s'appelle au contraire/Jrt;tîe libre de la verge, parce qu'elle forme, en effet, un appendice détaché, soutenu dans le repli cutané qui constitue le fourreau.

La portion fixe occupe la région périnéaie et l'entre-deux des cuisses, oii elle est enveloppée d'artères, de veines, de nerfs déjà connus, et d'une grande quantité de tissu cellulaire.

La portion libre, logée dans le fourreau pendant l'état d'iiiactivité de l'organe, sort de ce repli quand la verge s'allonge et se gonfle au moment de l'érection. On la voit alors couverte d'une membrane légumentaire lisse, onctueuse, très papillaire, de couleur variable, mais le plus souvent noirâtre ou marbrée. — Sa base présente un léger renflement circulaire dii à l'accumulation, sous la muqueuse, d'une petite masse annulaire de tissu dartoïque. — Son exfrénntc, ou la tète de la verge, constitue un renflement circulaire, échancré par en bas, qui prend, au moment de l'éjaculation, un développement considérable, et présenic alors la forme d'une pomme d'arrosoir, renflement ayant pour base l'expansion terminale du tissu érectile de l'urèthre, et présentant sur son plan antérieur : l"au centre, une saillie arrondie due h la pointe antérieure du corps caverneux ; 2" au-dessous, le tube uréthral, entouré d'une fosse circulaire; 3" au fond de celle fosse et sous l'urèthre, l'orifice d'une cavité biloculaire dite sinus uréthral ou fossette naviculuire, cavité élargie à son fond, dans laquelle s'accumule une matière sébacée et qui se diucit parfois au point de gêner l'écoulement de l'urine en comprimant le tube uréthral ; h" tout à fait en bas, Véchancrure wus-uréthrale.

Pour achever la description d'ensemble de la verge nous n'avons plus qu'à faire connaître: l''deux cordons suspenseurs et rétracteurs qui concourent, avec l'élasticité naturelle de l'enveloppe fibreuse du corps caverneux, à ramener la verge à sa position de repos quand cesse le phénomène de l'érection ; 2" le repli tégnmen-

taire qui enveloppe la partie libre de l'organe, dans celte même position de repos, c'est-à-dire le fourreau.

A. Cordons susjicnseurs et rétractcurs de la verge. — Au nombre de deux, ces cordons prennent naissance à la face inférieure du sacrum, descendent, sous forme de bandelettes aplaties, en avant du sphincter anal, entre le muscle rélracteur de l'anus et la paroi du rectum, auquel ils abandonnent de nombreux et courts faisceaux émanés de leur bord postérieur, puis se réunissent sur la ligne médiane, en dessous de l'ouverture postérieure du canal alimentaire, en formant aiiisi, au-

FiG. 199 (•*).

ûa..:>.

tour de l'exlrémiié terminale du rectum, un véritable anneau suspenseur. Puis ils se prolongent, accolés l'un à l'autre et intimement unis^ sur le muscle bulbocaverneux, dont ils suivent le raphé médian, pour aller se perdre dans son tissu, auprès de l'extrémité libre du pénis.

Ces cordons sont formés de fibres musculaires de la vie organique,

B. Fourreau. — Le fourrcau est une cavité formée par un repli de la peau

(*) Fig, 190. — Vue extérieure du fourreau et des bourses chez idne.

alKlomiiiale, cavité qui îi'g ' l'cxlrémité libre de la vergo, et qui s'eiïace entièrement au moment de l'érection, quand l'organe copuîateur grossit et s'allonge.

En considérant la peau à l'entrée du fourreau, on la voit s'enfoncer dans cette cavité, arriver à la partie libre du pénis, et former un cul-de-sac circulaire en se repliant sur cet organe qu'elle enveloppe.

Ce tégument interne du fourreau est fin, très irrégulièrement plissé, entièrement dépourvu de poils, et lient le milieu, par ses caractères d'organisation, entre la peau proprement dite et les muqueuses. Il renferme dans son épaisseur ou sous sa face adhérente un nombre considérable de glandules dites prépucialcs, qui sécrètent une matière sébacée, onctueuse, répandue comme un enduit à la surface libre de la membrane.

En haut, le tégument interne de la cavité du fourreau est appliqué sur la tunique abdominale. En bas et par côté, le repli cutané qui constitue cette cavité contient entre ses deux lames une expansion de tissu fibreux jaune élastique, dont les parties latérales, attachées sur la tunique abdominale, prennent le nom de ligaments suspcnseurs du fourreau.

Différences, — Chez l'Ane, existe, piès de l'entrée du fourreau et de chaque côté, un petit tubercule, trace du trayon mammaire de la femelle (fig, 199),

Dans le Bœuf (fig. 200), la verge est longue, mince, 1res prolongée sous le ventre.

FiG. 200 (*

(M Fig. 200. — Pénis et muscles dit fnireau chez le bœuf. ~ t. Muscle protracleur du fouireau, 2. Muscle letratteur. 5. Testicules reulerme's .luiis le suc fcmtiii. 4. I/S peuienne. 5. Cordons suspcnseurs de la verge, fixés sur la seconde courbiii e de l'S pënieiine. 0. Veine sous culance abdominale, ^

Elle décrit, en arrière des bourses, deux courbures superposées, l'une inférieure, à convexité antérieure, l'autre supérieure, à convexité tournée en arrière. Sur celle-ci viennent se terminer les cordons suspenseurs de la verge.

La partie libre de l'organe, fortement effilée, se trouve couverte d'une muqueuse rosée, fine, papillaire et très sensible.

Elle est logée dans un fourreau étroit, qui s'avance sous le ventre beaucoup plus loin que dans les solipèdes, et qui porte à son entrée un bouquet de poils longs et roides. Cette gaîne cutanée est mue par quatre muscles peauciers: ù&n\ postérieurs ou réfracteurs (fjg. 200, 2), tirant le fourreau en arrière et concourant ainsi à découvrir la verge au moment de l'érection; dienx cmtérieurs on protracteurs (fig. 200, 1), ramenant le manchon prépucial dans sa position première; ces derniers muscles se retrouvent chez la vache, où ils paraissent sans usages.

Les deux parties constituantes de l'organe copulateur ne se mettent point en rapport de la même manière que chez les solipèdes; car la gouttière destinée à loger l'urèthre est transformée en un canal complet par une lame étroite de l'enveloppe fibreuse du corps caverneux.

Celui-ci est peu développé. Il présente intérieurement un cordon longitudinal fibreux, et se dilate très peu pendant l'érection. Aussi la verge, à ce moment, s'allonge-t-el!e par l'efTacement des courbures de l'S pénienne, plutôt qu'en augmentant réellement de longueur; et quand l'érection cesse, le pénis est retiré dans la cavité prépuciale par la contraction de ses cordons suspenseurs, qui reforment la double inflexion décrite par l'organe en arrière des bourses.

Chez le Bélier et le Bouc, la disposition est à peu près semblable.

Dans le Porc également. Mais cet animal manque de muscles du fourreau, et présente une poche prépuciale particulière bien étudiée par Lacauchie.

« Chez le Chien, le pénis est long et terminé en pointe. La moitié postérieure est constituée par le corps caverneux peu développé et pourvu d'une cloison médiane complète. La moitié antérieure a pour base un os qu'on reirouve chez plusieurs autres mammifères, et qui est destiné à favoriser l'introduction de la verge dans les organes génitaux de la femelle.

» Vos pénien ou pénial est allongé, conoïde et incurvé de manière à constituer une gouttière inférieure, dans laquelle se loge l'urèthre en quittant la gouttière fibreuse du corps caverneux ; son sommet, antérieur, fait partie de la pointe du pénis; sa base est intimement unie à la partie antérieure du corps caverneux; la cloison médiane, devenue très dense, s'imjilante sur cet os; il en est de même pour l'enveloppe fibreuse, qui se confond avec le périoste.

» L'os pénien, presque en totalité, constitue la base de toute la portion du pénis comprise dans le fourrreau; en outre, cette partie possède deux renflements éi^ecaies distincts, l'un antérieur, l'autre postérieur.

» Le premier, analogue à celui de la tête pénienne chez le cheval, est l'épanouissement du tissu érectile de l'urèthre; taillé en massue, à base antérieure, il forme de ce côté une pointe brusque dirigée en bas et au-dessous de laquelle est percé l'orifice uréthral; postérieurement il s'amincit et recouvre en partie l'autre masse érectile.

iLc second renflement est supplémentaire; il commence îi la base de la partie libre

(lu pt'iiis, an poiiiloù le tégument du fourreau se replie circulaircmonl sur cei organe.

» Dans une longueur de 3 à ^ ccntimèlres, il embrasse le bord supérieur el les faces latérales de l'os pénien ; de forme pyramidale, sa hase, postérieure, est épaisse de 2 à 3 centimètres; en avant il s'amincit sous le tissu érectile de la lète.

M Telles sont ces deux masses érectiles dont les sommets se chevauchent, de sorte que la partie libre de la verge, renflée en avant et surtout en arrière, présente un volume moindre vers son milieu.

» Bien que contigus, ces deux renflements vascuiaires sont indépendants l'un de l'autre; le postérieur est également sans communications avec le corps caverneux, et possède deux veines particulières qui se dirigent postérieurement dans un sillon latéral.

» Chacun d'eux s'érige isolément pendant la copulation ; ils prennent alors un développement considérable, et le grand volume du renflement postérieur prolonge forcément la durée de cet acte, jusqu'au retour de la flaccidité; cette particularité est une conséquence de l'absence de réservoirs spermatiques,

I) On rencontre, chez le chien, deux petits muscles qui paraissent destinés à relever le pénis et à le diriger convenablement pour son introduction dans les parties sexuelles de la femelle, en raison de ce que son érection préalable est toujours faible ; ce sont deux faisceaux qui procèdent des racines pénienues, se portent en avant et se réunissent par un tendon commun, implanté sur le bord dorsal de la verge. Ils représentent ainsi la corde d'un arc,

» Les cordons musculeux sous-péniens existent comme dans les autres animaux.

» Le fourreau, étroit et long, présente, comme chez les didactyles, des ïn\i%des pi'otracfeurs, et le tégument qui le tapisse est mince et rosé comme celui qui revêt la portion libre du pénis.

» Chez le Chat, le pénis est court et dirigé en arrière; mais en état d'érection, il se dirige en avant pour l'accouplement.

» La partie libre de la verge présente encore ici des dispositions particulières.

» Elle est conique ; son sommet, près duquel est percé l'orifice uréthral, a pour base un petit os pénien incomplet, qu'entoure une couche de tissu érectile, épanouissement de celui de l'urèthre.

» Celte partie libre est revêtue d'un tégument hérissé de petites papilles, un peu rudes, dirigées vers la base et susceptibles de se redresser pendant l'éreclion ; ces pointes, qu'on retrouve dans presque toutes les espèces du genre c/iaf, sont analogues aux poils, aux écailles, aux fortes épines et même aux scies cartilagineuses que présentent certains autres animaux, el qui paraissent être en rapport avec le degré de sensibilité des organes sexuels de la femelle. » (A. Lavogat.)

Dan? les Gallinacés, l'orgauc copulateur n'est représenté que par une petite papille placée en bas, près de la marge de l'ouverture du cloaque, entre les deux orifices des canaux déférents.

Chez les Palmipèdes, cet organc est beaucoup plus développé et offre une disposition singulière. Rentré dans une cavité lubuleuse du cloaque, il devient extérieur au moment de la copulation par le renversement de cette cavité, qui se retourne à la manière d'un doigt de gant. Il apparaît alors sous forme d'un appendice long, pendant, contourné en tire-bouchon.

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