‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 120 sur 128 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Ces organes rappellent ceux dii mâle par leur disposition générale. Ainsi, on trouve dans la femelle: 1" deux organes sécréteurs semblables aux testicules, et chargés de la fabrication du germe : ce sont les ovaires ; 2° la trompe ^dérive, disposée, comme l'épididynie et le canal déférent, en un tube flexuenx dans lequel s'engage l'ovule à sa sortie de l'ovaire ; 3" YiUériis, réservoir impair, formé de deux moitiés latérales qui rappellent les vésicules séminales: c'est là, en effet, que séjourne le germe jusqu'à son entier développement; Zi" le vagin^ canal membraneux analogue à l'urèllire, et livrant passage au nouvd être qui s'est formé dans la matrice : ce canal, qui reçoit le pénis pendant l'accouplement, présente môme à son ouverture extérieure, désignée sous le nom de vulve, un appareil érectile appelé clitoris, véritable rudiment du corps caverneux du mâle. Les femelles présentent enfin des glandes particulières qui, dans beaucoup d'espèces, existent à l'étal de vestige chez le mâle ; nous voulons parler des mtmiclles, organes préposés à la sécrétion du lait, première nouriiture du jeune sujet.

On peut remarquer, d'après cet énoncé, que les appareils génitaux mâle et femelle sont construits d'après un type unique, caractère qui se montre encore plus clairement dans les premiers temps de la vie intra-utérine, où il est impossible de disiinguer le sexe des individus.

1" Des ovaires (fig. 201).

Situation. Forme. Rapports. — Les ovaires, organes essentiels de la génération chez la femelle, sont deux corps ovoïdes, plus petits que les testicules, mais de même forme, situés dans la cavité abdominale, et suspendus à la région sous-lombaire, où ils répondent aux circonvolutions iniestinales, un peu eu arrière des reins. Lisses à leur surface, ces organes présentent, sur le milieu de leur plan supérieur, une scissure profonde plus ou moins oblique, qui ra|)pelle le liile du rein, et qui donne attache au pavillon de la trompe.

Moyens de fixité. — Les ovaires flottent au bord aniéricur des ligaments larges. Ils sont encore soutenus par les vaisseaux qui les pénètrent.

Structore. — L'organisation des ovaires comprend une membrane séreuse, une tunique albwjinée, un tissu propre, et les vésicules de Gra/if, noyées dans ce tissu.

Membrane séreuse. — Continue avec les ligaments larges, elle enveloppe lont l'organe, en adhérant intimement à la tunique albuginée.

Tunique albuginée. — Celle-ci, exactement semblable à la membrane propre du testicule, représente une coque fibreuse très résistante, qui envoie des prolongements lamelleux dans la substance de l'ovaire.

Tissu propre. — Beaucoup plus dense et plus dur que celui du testicule, il

crie sous rinslrument tranchant, et s'offre aux yeux avec une teinte grisâtre plus ou moins marbrée. Il ne possède point la texture des glandes ; c'est une gangue cellulo-vasculaire, dans laquelle se trouvent disséminées, comme dans un nid, les vésicules de Graaf. Les auteurs allemands lui ont donné le nom de stroma.

Vésicules de Graaf. — C-es vésicules sont remplies d'un liquide citrin et contiennent l'ovule. Leur nombre, leur volume, leur position, varient suivant les sujets. Nous ferons connaître les principaux traits de leur organisation quand nous étudierons le fœtus. Bornons-nous à dire ici qu'elles arrivent tour à tour près de la surface de l'ovaire, et qu'elles se crèvent alors, h l'époque des chaleurs, pour laisser échapper l'ovulr.

Vaisseaux et nerfs. — Les divisions artérielles, grosses et flexueuses, viennent de Vartère nîéro-ovarienne . — Les veines satellites sont d'un calibre énorme et se dégorgent dans le tronc de la veine cave, près des veines rénales. — Les lymphatiques vont aux ganglions sous-lombaires. — Les nerfs émanent du plexus de la petite mésenlérique.

DÉVELOPPEMENT. — L'ovairc des solipèdes présente un volume énorme chez le fœtus; il est souvent aussi gros que dans l'animal adulte.

La figure 201 montre la proportion qui existe entre ce volume et celui de l'utérus dans un fœtus de six mois.

Cet organe s'atrophie chez les bêtes âgées.

Fonctions, — Organes producteurs du germe, les ovaires sont les testicules de la femelle. Leur ablation condamne celle-ci à la stérilité.

Différences. — Chez la Vache, les ovaircs sont rolaliveiuoni beaucouji plus petits que dans la jument, (^eux de la Truie présentent un aspect lobnléqui rappelle la grappe ovarienne des oiseaux; c'est

que Ils vésicules de Graaf bien développées, au lieu de rester englobées dans le stroma, font saillie à la surface de l'organe, sur lequel elles semblent comme implantées. Dans la Chienne et la Chatte, on trouve une disposition nnalogiio.

Chez les Oiseaux, il n'existe qu'un seul ovaire, celui du côté gauche, le droit s'atrophiant de très bonne heure dans la presque unanimité des espèces. Cet ovaire, situé., comme les testicules, dans la cavité abdominale, à la région sous-lombaire, constitue une grappe plus ou moins volumineuse, composée d'un nombre variable

(*) Fig. 201. — Ovaires, oviductes et iilcrus d'un jeune fo'lu.'s.

d'ovules on voie de développement : les uns, très jeune?, petits et l)lanchàtrcs, les autres, plus avancés en âge, offrant un volume plus considérable et la couleur jaune. Ces ovules sont enveloppés d'une membrane cclluleuse très vasculaire, qui, à l'époque de leur maturité, se fend circulairement suivant une ligne équatori.ilc, et laisse échapper son contenu, partie essentielle de l'œuf désignée sous le nom de jaune ou vitellus.

2° Des trompes utérines, trompes de Fallope ou oviductes.

La trompe utérine est un petit canal flexueux logé dans le ligament large, près du bord antérieur de cette lame séreuse. Il commence sur l'ovaire par une extrémité libre, évasée, formant \q pavillon de la trompe, et se termine sur le cul-desac de la corne utérine en s'aboucliant avec celle-ci. Son calibre intérieur ne peut guère admettre qu'un très mince chalumeau de paille dans la partie moyenne ; il est encore plus étroit vers l'extrémité utérine; mais il s'agrandit près de l'ovaire au point de permettre l'introduction d'une grosse plume à écrire.

L'orifice de Vextrémité utérine est percé sur un tout petit tubercule très dur.

Vexirémité ovarienne présenle, chez tous les mammifères, une disposition fort remarquable. Elle s'ouvre dans la cavité du péritoine, près de la scissure de l'ovaire, au centre de l'évasement que nous avons appelé le pavillon de la trompe et qui porte encore le nom de morceau frangé : pavillon fixé au côté externe de l'ovaire, offrant une circonférence fort irrégulière, découpée en plusieurs prolongements lancéolés, inégaux, qui flottent librement dans l'abdomen. Il y a donc là deux faits anatomiques importants: la discontinuiié entre une glande et son canal excréteur, et la communication d'une cavité séreuse avec l'extérieur.

Structure. — L'oviducte est formé de deux membranes : une externe, de nature dartoïque, comprise entre les lames du ligainent largo; une interne, muqueuse, plissée longitudinalement et couverte d'épithélium vibratile. Cette dernière membrane s'épanouit autour de l'orifice abdominal pour former le morceau frangé; elle s'arrête brusquement sur le bord des franges et se continue, à ce point, avec le péritoine.

Fonctions. — Canal excréteur de l'ovaire, la trompe utérine saisit l'ovule chassé de la vésicule de Graaf, et le transporte dans la matrice. Il faut donc qu'au moment de la rupture de chaque vésicule, le morceau frangé s'applique sur l'ovaire pour recevoir le germe et l'amener à l'orifice abdominal de la trompe. Ce mécanisme est (juelquefois insuffisant ; l'œuf tombe alors dans la cavité abdominale, s'y greffe et s'y développe, s'il a été préalablement fécondé; fait qui constitue la variété la plus remarquable des gestations extra-utérines.

C'est encore l'oviducte qui porte la liqueur fécondante du maie à la rencontre de l'œuf.

DifTérences. — Dans les Oiseaux, l'oviducte forme avec l'ovaire l'appareil génital femelle tout entier. Ce conduit est long, très large, très dilatable, très flexueux. Il commence près de l'ovaire par un pavillon non frangé, et se termine dans le cloaque par un orifice assez étroit, qui s'agrandit considérablement au moment du passage de l'œuf. Celui-ci, constitué, à son entrée dans l'oviducte, par la

partie fondamenlale désignée sons le nom de jaune ou de vitoJlns, s'enveloppe en clieminanl vers le cloaqne d'une sphère albumineuse, puis d'une coque protectrice. L'oviducte des oiseaux ne joue donc pas seulement le rôle d'un canal excréteur, puisqu'il participe à la formation de l'œuf. Il est formé de trois membranes : une interne, muqueuse; une moyenne, charnue; wnQ externe, séreuse, maintenant le tube replié.

3" Dr l'utérus ou de la matrice.

L'utérus est un sac membraneux dans lequel arrive et se développe l'ovule.

Situation. — Il est situé dans la cavité abdominale, à la région sous-lombaire, à l'entrée de la cavité pelvienne, où son exlrémilé postérieure se trouve engagée.

Forme et rapports. — Dans sa moitié postérieure, la matrice représente un réservoir simple, cylindrique, légèrement déprimé de dessus en dessous, et nommé le corps de iatérus. Dans sa moitié antérieure, il est bifide et divisé en deux cornes recourbées par en haut.

Le corps répond, par sa face supérieure, au rectum, qui s'applique sur lui après avoir passé entre les deux cornes; il reçoit, sur les côtés de cette face, l'insertion des ligaments larges; ses faces latérales et inférieure sont en rapport avec les circonvolutions intestinales. — Son extrémité antérieure se continue, eans délimitation, avec chacune des cornes; la postérieure est séparée du vagin par un rétrécissement qui prend le nom de col de l'utérus.

Les cornes, mêlées aux diverses portions de l'intestin qui occupent la même région, offrent : une courbure inférieure convexe et libre; une courbure supérieure concave, sur laquelle s'attachent les ligaments suspenseurs; une extrémité postérieure ou base, fixée au corps de l'organe ; une extrémité antérieure, ou sommet, arrondie en cul-de-sac, tournée en haut, présentant l'insertion de l'oviducte.

Moyens de fixité. — Flottant dans la cavité abdominale à la manière des intestins, l'utérus se trouve attaché comme eux par des liens lamelleux, qui le suspendent à la région sous-lombaire, et qui ont reçu pour cette raison la dénomination de ligaments larges ou ligaments suspenseurs de l'utéinis.

Ces liens, au nombre de deux, sont plus développés en avant qu'en arrière, et irrégulièrement triangulaires. Rapprochés l'un de l'autre en arrière, écartés en avant comme les branches d'un V, ils partent de la paroi sous-lombaire et descendent vers l'utérus pour se fixer, par leur bord inférieur, sur les côtés de la face supérieure du corps et sur la petite courbure des cornes. Leur bord antérieur est libre; il soutient les oviductes et les ovaires : l'oviducte est compris entre les deux lames séreuses du ligament; l'ovaire, placé en dedans de ce ligament, reçoit une lamelle détachée de la lame principale, et formant avec elle, en dessous de l'ovaire, une sorte de petite cupule.

Une autre petite lamelle, étroite et longue, existe en dehors du ligament large. Onpeutla suivre postérieurement jusqu'à l'anneau inguinal supérieur; sntérieurement, elle offre un petit appendice renflé; entre les deux feuillets qui forment ce repli se trouve un muscle grêle tout à fait semblable au crémasterdu uiille, avant

la descente du icsticide dans les bourses. On doit voir dans cette lamelle l'analogue du ligament rond de la femme.

L'utérus se trouve encore fixé par sa continuité avec le vagin.

Intérieur. — La surface intérieure de cet organe oflre des replis muqueux qui existent déjà chez le fœtus. Ces replis, rangés en séries longitudinales, sont ineffaçables par la distension ; mais ils disparaissent pendant la gestation, sous l'influetice du travail d'agrandissement dont la cavité utérine est le siège.

Cette cavité présente trois compartiments: la cavité du corps elles cavités des cornes. Celles-ci sont percées à leur fond par l'orifice utérin de la trompe de Fallope. Celle-là communique avec le vagin par im étroit canal qui traverse le rétrécissement postérieur de la matrice, et qui s'appelle, en anatomie humaine, la cavité du col. Chez toutes les femelles domestiques, la lapine exceptée, on voit le canal utérin se prolonger au fond du vagin, à la manière d'un robinet dans un tonneau, et former ainsi une saillie toujours très prononcée,. C'est sur cette saillie qu'est percé l'orifice vaginal du canal dont nous parlons. Au pourtour de cette ouverture, la muqueuse utcro-vagiuale présente des plis transversaux, disposés circulairement, qui donnent au prolongement tapissé par cette membrane l'apparence d'une fleur radiée ; aussi appelle-t-on celte saillie du col fleur épanouie, dans le langage de l'anatomie vétérinaire; c'est le museau de tanche chez la femme.

Structure. — Les parois de la matrice sont composées de trois membranes: une externe, séreuse ; une moyenne, charnue ; une interne, muqueuse ; avec des vaisseaux et des nerfs.

La tunique séreuse enveloppe tout, l'organe; c'est une expansion des ligaments larges, laquelle se prolonge en arrière sur l'extrémité postérieure du vagin et se replie ensuite circulairement autour de ce canal pour se porter soit sur le rectum, soit sur la vessie, soit sur les parois latérales du bassin, lùitre les deux cornes, cette membrane forme un frein particulier tiès peu développé chez les solipèdes.

La couche charnue comprend des fd^res longitudinales et des fibres circulaires, analogues à celles de l'intestin grêle. Elle émci, vers l'insertion des ligaments larges, une série de faisceaux qui se prolongent entre les deux lames de ces ligaments.

(^iiez la femelle eu état de gestation, le nombre des fibres ([ui composent cette couche est beaucoup plus considérable que dans les circonstances ordinaires. Cet accroissement a pour but de permettre la dilatation de l'utérus sans trop amincir les parois de ce réservoir; elles s'amincissent cependant, plus ou moins, suivant les espèces.

La membrane muqueuse nous occupera spécialement quand nous traiterons du développement et de la greffe de l'embryon. Sa texture ne diffère point des auires muqueuses. Cette membrane n'offre point de villosités; mais elle est criblée d'orifices folliculeux dans lesquels s'enfoncent les villosités placentaires, lors de la gestation.

Le sang, amené dans l'utérus par les artères utérines et niéro-ovarienncs, est transport! hors de l'organe par les ue/îîes correspondantes à ces derniers vaisseaux.

Chez les femelles qui ont eu plusieurs portées, ces vaisseaux se distinguent par leur énorme volume et par les flexuosités qu'ils décrivent.

Les lymphatiques qui sortent de la matrice sont aussi remarquables par leur nombre que par leurs dimensions. Ils gagnent la région sous-lombaire.

Les nerfs qui abordent l'organe viennent du plexus de la petite mésentériquc et du plexus pelvien.

Développement. — Étroit dans le fœtus et la femelle adulte qui n'a point (ucore été fécondée, l'utérus prend plus d'ampleur chez les bêles qui ont mis bas plusieurs fois.

Fonctions. — La matrice est le lieu où se développe l'embryon. C'est sur la membrane muqueuse de ce réservoir que l'œuf se greffe par son appareil placentiiirc, pour puiser indireclcment dans le sang de la mère hs matériaux de son dévcloppLment. Cette funclion de l'ulérus donne lieu aux considérations anatoniiques et physiologiques les plus intéressantes. Nous aurons à y levenir en faisant l'histoire de l'œuf.

Différences. — L'utérus de la vache, comparé à celui de la jument, iio présenlc que liés peu de caractères différentiels, eu égard à sa disposition générale dans les cavités pelvienne et abdominale; seulement, il s'avance un peu moins dans cette dernière cavité. En effet, l'utérus étant supposé parfaitement horizontal, une ligne transverse tirée dans le plan de l'abdomen, en avant de l'angle externe de l'ilium, se trouverait dépassée tout au plus de 4 à 5 centimètres par l'extrémité des cornes, ce qui revient à dire que l'animal étant sur le dos, l'utérus se prolongerait seulement jusqu'au niveau de la quatrième ou de la cinquième vertèbre lombaire.

Étudié au point de vue de la forme, l'utérus présente chez la vache une disposition fort remaïquable qu'il importe de noter : la courbure concave des cornes regarde en bas, tandis (juc celle môme courbure est tourné en haut dans l'utérus (le la jument. Or, cliez l'une et l'autre femelle, l'attache des ligaments sous-lombairis se fait sur la concavité des cornes ; il arrive donc chez la vache, si l'on con- .sidere l'ulérus libreuient suspendu dans l'abdomen, que l'extrémité des cornes se montre tordue en dehors ot en haut, tandis que la base, bien que tirée dans le même sens par ces ligaments, conserve sa direction, maintenue qu'elle se trouve, d'une manière fixe et invariable, par le corps de l'ulérus. Celui-ci leçoii, connue les cornes, l'insertion des ligaments larges sur son plan inférieur. Aussi proéminet-il au-dessus de cette insertion, tandis que celui de la jument fait saillie par dessous. Ces ligaments sont, du reste, 1res amples, surtout à leur bord antérieur, et fortement écartés l'un de l'autre, en avant, vers leur attache sous-lombaire, qui se prolonge même sur les parois du flanc : on pourrait les comparer dans leur ensemble, à une cravate triangulaire dont l'angle impair serait ailaché au fond de la cavité pelvienne, et les deux autres aux tubérosités des hanches; sur cette cravate reposeraient le corps et une partie des cornes de l'utérus (1).

(1) Ces détails sont cmpruutcs à la note que nous avons publiée eu 1848 dans le Recueil rie médecine vétérinaire, alors que nous étions encore sur les banrs de l'école d'Alfort. Je saisis cette occasion |)0ur déclarer que des fautes d'innpressioii nombreuses rendeut quelques points de celle note à peu i)rcs incompréliensibles.

798 Al'l'AUKlLS DE LA GÉiNElUllON.

La cavité inlérieurc de la matrice, chez la \aclic, est moins ample que dans la jument. Cette cavité se montre parsemée de tubercules arrondis désignés sous le nom de cotylédons, et (jui seront étudiés dans l'histoire du fœtus.

Sous le rapport des pariiculariiés de structure générale, nous n'avons rien à signaler, sinon que la membrane charnue est généralement plus épaisse que chez les solipèdes.

Dans la Brchis et dans la Chèvre, on retrouve la disposition décrite chez la vache. Riais les cotylédons sont creusés en cupule à leur centre. Aussi méritentils parfaitement leur nom.

Chez la Truîe, le corps de la matrice est fort court, et les cornes, excessivement longues, flottent avec les circonvolutions intestinales. La même remarque s'applique

à la Chienne et à la Chatte.

La Lapine a réellement deux matrices, chaque corne venant s'ouvrir par un orifice distinct au fond du vagin.

4° Du VAGIN.

Le vagin est un canal membraneux à minces parois, faisant suite à l'utérus et se terminant en arrière par l'ouverture extérieure désignée sous le nom de vulve. Situé dans la cavité pelvienne, qu'il traverse horizontalement d'avant en arrière, entre le rectum et la vessie, il répond par côté aux parois latérales du bassin et aux uretères.

Sa surface intérieure, toujours lubrifiée par un mucus abondant, est plissée longitudinaleinent. On y remarque en avant, au fond du canal, la saillie formée par le col utérin, c'est-à-dire le museau de tanche ou h fleur épanouie. En arrière, cette surface se continue avec celle de la vulve.

Étudié dans sa structure, le vagin se montre formé par deux membranes : Vinterne, ou la couche muqueuse, se continue avec celle de la matrice; V externe, de nature dartoïque, est entourée, dans la plus grande partie de son étendue, d'une couche abondante de tissu cellulaire, qui la met en rapport avec les organes renfermés dans la cavité pelvienne; mais en avant, elle se trouve enveloppée par la membrane péritonéale, repliée circulairement autour du canal vaginal pour se porter sur l'utérus.

Le sang est apporté h ces membranes par V artère honteuse interne; il en sort par des veines nombreuses qui sont disposées en plexus autour de l'organe et se dégorgent dans le tronc satellite de l'artère. — Les nerfs viennent du plexus pelvien.

Fonctions. — Le vagin reçoit l'organe mâle pendant l'accouplement, et livre passage au fuHus à l'époque de l'accouchement.

Différences. — Dans la l'ache et la Tmic, les parois latérales du vagin sont parcourues, jusqu'à une certaine (iislaiice, par un canal muqueiix (jui s'ouvre dans la cavité vulvaire, à côté du méat urinaire. Ces conduits, dont la signification est inconnue, sont désignés sous le nom de canaux de Gœrtner.

5° De la vulve.

Orifice extérieur du vagin, la vulve se trouve située dans la région périncale,

OUGA-NliS (JÉNITAUX DE LA lEMELLE. 799

iiiiuiédialeineiil au-dessous de l'anus. Nous considérerons successivement son ouverture extérieure, sa cavité intérieure, sa structure.

OuvEiiTURii EXTÉRIEURE DE LA VULVE. — C'est uue fente allongée verticalement, présentant doux U'vres et deux coimnissures. — Les lèvres, tapissées en dehors par une peau riche en pigment colorant, fine, lisse, onctueuse et dépourvue de poils, sont recouvertes en dedans par la muqueuse; sur leur bord libre, se trouve la limite nette et précise des deux téguments. — La commissure supérieure est très aiguë et répond presque à l'anus, dont on la voit néanmoins séparée par un espace étroit constituant le périnée. — La commissure inférieure est obtuse et arrondie ; elle loge le clitoris.

Cavité intérieure de la vulve. — Celte cavité est décrite dans tous les auteurs d'anatomie vétérinaire comme appartenant au vagin, dont elle forme l'entrée ; la considération des analogies qui existent entre les parties génitales de la femme et celles de brutes femelles exige cependant qu'on dislingue cette cavité du canal vaginal. Elle offre à étudier la membrane hymen, qui la sépare de celui-ci, le méat iirinaire et sa valvule, et enfin le clitoris.

Du clitoris. — Exactement semblable au corps caverneux du mâle, dont il représente une véritable miniature, long de 5 à 8 centimètres, le clitoris commence par deux racines fixées sur l'arcade ischiale, et recouvertes d'un muscle ischio-caverneux rudimentaire. Après s'être attaché sur la symphyse ischiale, au moyen d'un ligament suspenseur analogue à celui du mâle, il se dirige en arrière et vient faire saillie dans la cavité vulvaire, vers la commissure inférieure. -Son extrémité libre, ainsi logée dans cette commissure, s'enveloppe d'un capuchon muqueux constituant le pr^épuce du clitoris, prépuce plissé en diiïérents sens et creusé, vers le centre du tubercule clitorien, d'une cavité folliculeuse qui repré- !-enle celle de l'exlrémilé de la verge du mâle. L'organisation du clitoris rappelle de tous points la structure du corps caverneux pénien : charpente fibreuse, tissu érectile, vaisseaux caverneux, tout se ressemble de la manière la plus exacte. C'est rattouchement exercé par la verge du mâle sur cet organe, pendant la copulation, qui développe principalement l'excitation vénérienne.

Du méat urinaire et de sa valvule. — Le caual de l'urèthre, chez la femelle, est excessivement court. It s'engage immédiatement sous le muscle sphincter antérieur de la vulve, et après un trajet de quelques centimètres, dans l'épaisseur de la paroi inférieure du vagin, il s'ouvre à l'intérieur de la cavité vulvaire, par un orifice couvert d'une large valvule muqueuse : c'est là le méat urinaire et sa valvule. — Vorifice urinaire, percé sur le plan inférieur de la cavité de la vulve, h 10 ou 15 centimètres de l'ouverture extérieure, est plus large que le canal uréthral du mâle, et peut admettre ainsi des sondes d'un assez fort calibre, pour le cathélérisme de la vessie. — La valvule a son bord libre tourné en arrière; elle semble ainsi diriger les urines vers l'ouverture extérieure de la vulve, et empêche leur rellux au fond du vagin.

De la membrane hymeu. — Cette membrane, quand elle existe, sépare do la manière la plus nette la cavité vulvaire de la cavité vaginale. 31ais elle se rencontre fort rarement ; nous avons pu cependant l'observer plusieurs fois chez la jument adulte. Elle forme une cloison circulaire, fixée par son contour sur les parois vulvo-

vaginales ainsi que sur la valvule du méat urinaire, et percée d'une ou plusieurs ouvertures, quelquefois fort étroites, chargées de faire communiquer la vulve avec le vagin. Maintes fois nous avons trouvé sur les vieilles juments poulinières des appendices pédicules, débris de celte cloison muqueuse.

Structure de la \ulye. — La vulve offre h étudier dans sa structure : 1" la nmnbrane muqueuse qui tapisse sa cavité intérieure; 2° un corps érectile appliqué sur cette membrane, et désigné sous le nom de bulbe vaginal ; 3° deux muscles constricteurs, l'un antérieur, l'autre postérieur; h" deux ligaments viusculeux ; 5° la peau extérieure.

1" Membrane muqueuse. — Continue avec celle du vagin et de la vessie, celle membrane offre une couleur rosée qui peut passer au rouge vif à l'époque des chaleurs. Souvent elle présente, près du bord libre des lèvres, des taches pigmentaircs (|ui la coloieiu. en noir, ou lui donnent une teinte marbrée; c'est le cas ordinaire du capuchon clitorien. Elle possède dans son épaisseur une grande quantité de follicules muqueux et de glandes sébacées. Celles-ci existent près du bord libre, et se trouvent surtout accumulées sur le clitoris, ainsi que dans l'espace compris entre cet organe érectile et la commissure inférieure de la vulve, où on les voit confluer dans plusieurs petits sinus,

2° Bulbe vaginal. — C'est un organe entièrement formé de lissu érectile à larges aréoles, et divisé en deux branches, qui parlent des environs des racines cliioriennes, pour se porter sur les côtés de la vulve, où on les voit se terminer par un lobe arrondi. Recouvert par le constricteur postérieur de la vulve, le bulbe va"inal communique inférieurement avec les veines caverneuses. L'afdux du sang dans les cellules de son tissu resserre la cavité vulvaire, et concourt à rendre plus parfaite la coaptation des organes copulaleurs pendant l'acte de l'accouplement.

3" Muscles de la vulve. — Imparfaitement décrits et déterminés dans les ouvrages d'anaiomie vétérinaire , ils appartiennent à la catégorie des muscles volontaires. îNous en reconnaissons deux que nous décrivons sous les noms de constricteurs postérieur et antérieur.

Constricteur postérieur de la vulve. - - Analogue au constricteur du vagin de la femme, ce muscle forme un véritable s|)hincter compris dans l'épaisseur des lèvres de la vulve. Supérieurement, ses hbres se confondent avec celles du sphincter anal, ou s'attachent au sacrum par l'intermédiaire des ligaments suspenseurs. Inférieurement, les plus antérieures se fixent sur la base du clitoris; les postérieures se contournent en anses sous la conunissure; les moyennes se prolongent dans l'enirc-deux des cuisses, et s'insèrent sur la face interne de la peau.

En dedans, il lépond au bulbe vaginal et à la muqueuse de la vulve. Sa face externe est sé|)arée de la peau des lèvres i)ar un tissu cellulo-fibreux très vasculaire, susceptible d'éprouver la contraction tonicjue, tissu au milieu duquel on rencontre toujours plusieurs faisceaux rouges isolés, dépendances du muscle principal.

Ce muscle, en se contractant pendant la copulation , resserre l'entrée du vagin et comprime la verge ; et comme en raison de son attache au clitoris il ne peut entrer en action sans relever cet organe érectile, il l'applique sur l'organe du mâle, en rendant ainsi les attouchements plus sensibles. Chez les femelles en chaleur, on voit souvent les mouvements du clitoris amener cet organe au dehors,

siiriout après l'expulsion de l'iirine; dans ce cas, les fjbres du consiricleur altachées sur le clitoris relèvent celui-ci par sa base, et celles qui prennent leur appui sur la peau de l'entre-deux des cuisses abaissent la commissure inférieure de la vulve; celte double action découvre nécessairement le tubercule érectile logé dans cette commissure.

Constricteur antérieur do la vulve. — Analogue au muscle de Wilson du mâle, ce constricteur est formé de fibres arciformes qui enveloppent, en dessous et par côté, les parois du vagin, à l'entrée même de ce conduit, et dont les extrémités sont continuées, au moyen de faisceaux aponévrotiques, jusque sur les côtés du rectum, où elles se perdent. Par son bord antérieur, ce muscle se confond avec le précédent.

^o Ligaments musculeux de la vulve. — Trace des cordons suspenseurs de la verge du mfde, ces ligaments se montrent disposés de la môme manière à leur origine. Après s'être réunis sous le rectum, ils descendent en plusieurs faisceaux dans les lèvres de la vulve , et se perdent parmi les fdires du constricteur postérieur.

5° Peau extérieure. — Elle est fine, noire, dépourvue de poils, lisse, onctueuse, et fortement adhérente aux tissus sous-jacents.

6° Des mamelles.

Les mamelles sont des organes glanduleux chargés de sécréter le fluide qui doit nourrir le petit sujet dans les premiers mois qui suivent la naissance; organes rudimentaires dans la jeunesse, se développant à l'âge où les femelles deviennent aptes à la reproduction, prenant tout leur volume à la fm de la gestation, entrant en pleine activité après la mise bas, se tarissant et revenant sur elles-mêmes quand la période d'allaitement est terminée.

Elles sont au nombre de deux, accolées l'une à l'autre, et placées dans la région inguinale, où elles occupent la place des bourses, chez le mâle.

A l'extérieur, elles représentent deux masses hémisphériques, séparées l'une de l'autre par un sillon médian peu profond, présentant chacune dans leur centre un prolongement dit trayon, mamelon ou tétine, prolongement percé à son extrémité libre de plusieurs orifices, d'où s'échappe le lait, et par lequel le petit sujet opère la succion.

Ces deux masses sont fixées dans leur position par la peau qui les recouvre, peau mince, noirâtre, couverte d'un duvet court et fin, et tout à fait dépourvue de poils aux environs du mamelon ainsi que sur ce prolongement, où la surface cutanée se montre lisse, grasse et onctueuse. Elles se trouvent de plus attachées à la tunique abdominale à l'aide de plusieurs lames élastiques, larges et courtes, rappelant les ligatnents suspenseurs du fourreau chez le mâle.

Étudiées dans leur structure, les glandes mammaires offrent à considérer : 1" une enveloppe fibreuse jaune; 1° ww tissu glandulaire ; ^^ les sinus ou réservoirs galactophores ; h" les canaux excréteurs proprement dits , ou les conduits du

mamelon.

Venveloppe de tissu élastique, adossée sur la ligne médiane avec son homo-

logue, se confond avec les lames de suspension qui descendent de la tunique abdominale , et envoie dans l'épaisseur de la glande un certain nombre de cloisons interposées entre les principaux lobules.

Le tissu glandulaire se décompose en grains ou acini, rassemblés eu grappes sur les canaux lactifères. Ceux-ci commencent par des extrémités en cul-de-sac, se jettent les uns dans les autres, et finissent par constituer un certain nombre de canaux principaux, qui s'ouvrent dans les sinus galactophores.

Placés à la base du mamelon, ces sinus, ou réservoirs galactophores, sont généralement au nombre de deux principaux, quelquefois trois et même quatre, communiquant ensemble presque toujours, et prolongés dans le mamelon par un nombre égal de canaux excréteurs définitifs parfaitement indépendants, dont les orifices, toujours très étroits, se montrent les uns à côté des autres à l'extrémité libre de la tétine. Une fine membrane muqueuse tapisse la face interne de cet appareil d'excrétion, membrane doublée, dans le mamelon, par une couclie épaisse de tissu dartoïque susceptible de contractions ; et cette couche est elle-même enveloppée par la peau, qui lui adhère intimement.

Du tissu cellulaire, des vaisseaux et des nerfs connus complètent cette organisation.

Chez la Vache, chaque masse mammaire latérale, quoique enveloppée dans une seule capsule fibreuse, se compose de deux glandes bien distinctes, ayant chacune leur traijon. Cet animal possède donc réellement quatre mamelles et quatre tétines.

On trouve même souvent, en arrière de celles-ci, deux petits trayons rudimcntaires et imperforés.

Au centre de chaque glande, et à la base de la tétine, existe un seul sinus galactop/iore, confluent général de tous les conduits lactifères, vaste cavité ouverte à l'extérieur par un seul canal excréteur àèCmiûL

Dans la Brebis et dans la Chèvre il n'y a que deux mamelles, comme chez la jument ou l'ânesse; mais ces mamelles sont exactement conformées sur le même plan que celles de la vache. La chèvre présente souvent deux mamelons postérieurs rudimentaires.

Chez les femelles multipares, c'ost-à-dire la Lapine, la Truie, la chienne, la Chatte, les mamelles sont en nombre approximativement proportionnel à celui des petits de chaque portée. Ainsi, on en trouve habituellement dix dans les trois premières, et huit chez la dernière. Ces mamelles sont disposées sur deux rangées latérales étendues depuis le pli de l'aine jusque dans la poitrine; aussi sont-elles ou inguinales ou abdominales, ou pcctorcdes, suivant leur position. Elles n'offrent plus, comme dans les autres femelles, de réservoirs galactoi)horos , les canaux lactifères se réunissant directement en un nombre variable de conduits délinilifs, qui traversent le mamelon pour s'ouvrir à son extrémité par cinq à dix orifices.

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