CHAPITRE PREMIER
DES AUTICULATIONS EN GÉISÉUAL.
Les différentes pièces qui constituent la charpente solide de l'animal sont unies entre elles, avons-nous dit, de manière à pouvoir jouer les unes sur les autres. De cette union résultent les articulations ou ]cs Jointures articulaires, que nous allons faire connaître d'une manière générale avant de nous livrer à l'étude particulière de chacune d'elles.
Pour former les articulations, les os se correspondent par les points déterminés de leur périphérie, auxquels on a donné le nom de surfaces articulaires. Toute articulation est donc essentiellement constituée par deux surfaces osseuses opposées, r moulées l'une sur l'autre.
Celles-ci sont tantôt contiguës, in(lr|)endanlcs et très mobiles; tantôt continues entre elles, à l'aide d'une substance ciutilagiiiciise (pii lescondamne, sinon à l'immobilité, du moins à des mouvements très bornés; tantôt réunies l'une à l'autre par un tibro-cartilagcdunt l'élasticité permel le déplaeeuienl des pièces osseuses en contact.
Dans le premier cas, les articiilaiioiis premienl le nom de diartJiroscfi ou {Vnrticulatioiis mobiles.
Dans le deuxième cas, elles s'appellent synnrf /n'oses, sutin^es, ou encore (û'tindutions immobiles.
Dans le troisième, ce sont des amphiart/iroses ou des articulations mixtes, ainsi nommées parce qu'elles participent h la fois des deux autres classes d'articulations : des synarthroses, par la continuité établie entre les surfaces articulaires; des diarthroses, par l'étendue des mouvements dont elles permettent l'exécution.
Nous étudierons successivement les caractères généraux qui distinguent chacune de ces trois grandes classes d'articulations.
§ I. — Caractères généraux des diarthroses.
On doit considérer dans les diarthroses : 1° les surfaces osseuses contiguës qui les forment; 2,1,1a couche culïh^lïniuse {cctrtilages (rencroûtement) qui recouwe celles-ci; 3" le tissu fibro-cariilagineux {fihro-cartilnges articulaires] qui les complète, quand elles ne sont p;is configmées pour s'adapter réciproquement l'une à l'autre; a" les ligaments qui les maintiennent en contact; 5° les membranes séreuses {capsules synoviales) qui tapissent la face interne de ceux-ci et qui sécrètent la synovie, sorte d'huile animale ayant pour usage de faciliter le glissement des surfaces articulaires; 6° les mouvements dont ces articulations peuvent être le siège; 1° ]em' classification méthodique ; 8" leur nomenclature.
Surfaces articulaires. — Ces surfaces ont pour caractère commun d'être dépourvues d'aspérités et de pouvoir glisser avec la plus grande facilité sur les surfaces opposées. Elles sont désignées, suivant leurs formes, sous les noms de facettes, de tètes, de condyles, de cotyles, de glènes, de poulies, etc. Nous n'avons pas à revenir ici sur leur description «générale, car elles ont été suffisamment étudiées eu nstéologie ; nous nous bornerons à rappeler qu'on les trouve aux extrémités des os longs, sur les faces des os courts et sur les angles des os larges. Nous dirons encore qu'elles sont souvent creusées d'une ou de plusieurs fossettes dites synoviales, sortes de réservoirs naturels qui reçoivent le liquide onctueux sécrété par les membranes séreuses inter-articulaires.
Cartilages d'encroûtement. — On appelle ainsi des lames de matière cartilagineuse appliquées comme un vernis sur les surfaces articulaires, auxquelles elles adhèrent fortement par leur face profonde ; leur face libre se distingue par un brillant et un poli remarquables. Plus épais au centre qu'à la circonférence quand ils revêtent des éminences osseuses, ces cartilages présentent la disposition inverse lorsqu'ils tapissent des cavités. — Ils sont élastiques, d'un blanc nacré, résistants, (luoique assez mous pour se laisser entamer par l'instrument tranchant; ils possèdent, en un mot, tous les caractères physiques du cartilage primitif des os. — Ils semblent être constitués par des fibres parallèles, perpendiculaires aux surfaces osseuses et implantées sur celles ci par une de leurs extrémités ; l'extrémité opposée répond à la face libre du cartilage. Sous le microscope, ils se montrent formés d'une matière amorphe et homogène, dans laquelle sont déposés des corpuscules spliériques ou ovoï^les renfermant un nombre plus ou moins considérable de gros
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noyaux. Ils ne reçoivent ni vaisseaux ni nerfs, et doivent par conséquenl être classés (ians la catégorie des matériaux organiques inertes, c'est-à-dire parmi les substances épidermoïdes. — Leur mode de production les rapproche encore d'une manière remarquable de la nature de ces substances. En effet, ce sont (du moins che/ l'adulte) des produits de sécrétion versés sur les surfaces articulaires par les capillaires du tissu spongieux des os. Ces cartilages se reproduisent donc par l'addition de nouvelles couches sous les anciennes, pendant que les plus superficielles, soumises à un frottement presque continuel, disparaissent par l'usure. — La présence des cartilages d'encroûtement dans les articulations mobiles est de la dernière nécessité, Quand ils sont usés, résorbés ou transformés en os à la suite de certaines maladies articulaires, les mouvements deviennent douloureux et très difficiles. Pour conclure sur le rôle qu'ils remplissent dans l'économie, nous dirons : 1° qu'ils lavorisiiit par leur poli le glissement et le déplacement des pièces osseuses ; 2° qu'ils amortissent, par leur souplesse et leur élasticité, les secousses violentes auxquelles sont exposées les articulations; 3° qu'ils s'opposent à l'usure et à la déformation des surfaces articulaires.
FiBRO-CARTiLAGES COMPLÉMENTAIRES. — On trouvc dcux sortes de fibro -cartilages complémentaires : — Les uns représentent des bourrelets circulaires qui matelassent le sourcil de certaines cavités, en bouchant les échancrures qui peuvent l'interrompre. Ils augmentent la profondeur de ces excavations et protègent leurs contours contre la violence des chocs. — Les autres sont interposés aux surfaces articulaires quand elles ne s'emboîtent pas exactement l'une dans l'autre, lorsque, par exem|)le, elles sont toutes deux convexes. Ainsi, on se rapi)elleque les tubérosités latérales du tibia présentent, pour répondre aux condyles du fémur, deux surfaces iliarthrodiales convexes : la coapiation est rendue parfaite par l'interposition entre chaque condyle et chaque surface tibiale correspondante d'un fibro-cartilage en forme de croissant, qui a reçu pour cette raison le nom de ménisque. Dans d'autres jointures, ces fibro-cartilages inter-articulaires représentent des disques ou des lentilles biconcaves. — Ces organes sont formés, comme leur nom l'indique, |)ar du tissu fibreux et du tissu cartilagineux , dont nous n'avons point à rechercher ici le mode d'association. Nous ferons cependant observer que le cartilage se trouve accumulé surtout dans tous les points qui frottent contre les surfaces articulaires. Jls reçoivent des vaisseaux et ntème quelques nerfs.
LlGAMEiNTS. — Ce sont des liens qui unissent entre elles les surfaces contiguës des diarihroses. Ces liens sont formés, tantôt par du tissu fibreux blanc, tantôt par du tissu fibreux jaune; d'où la division des ligaments en deux grandes classes : les ligaments blancs et les ligaments jaunes.
a. Les ligaments blancs se distinguent par la blancheur nacrée de leur tissu et par leur inextensibilité. Ceux qui existent au pourtour des articulations constituent les ligaments périphériques ; ceux qu'on trouve à leur intérieur prennent le nom de ligaments infer-osseux ou inter-articulaires.
Les ligaments périphériques sont généralement formés de fibres parallèles qui se rassemblent en faisceaux ou s'étalent en membranes. Dans le premier cas, on les dit funiculaires ou rubanés ; àd^ns le second, ils s'appellent //^/owfnAf me/?/ broni formes ou capsulaires. — Les ligaments funiculaires constituent de courtes