DES AKTICULATIONS EN GÉNÉRAL
bandelettes arrondies ou aplaties, attachées parleurs extrémités sur les deux pièces osseuses qu'elles réunissent, tapissées à leur face interne par la capsule synoviale, recouvertes en dehors par des tendons, des aponévroses, des muscles, des vaisseaux ou des nerfs. — Les ligaments capmlaires sont souvent complets, c'est-à-dire qu'ils entourent l'articulation de toutes parts, h la manière d'un manchon. D'autres fois ils sont incomplets, et représentent alors de simples membranes chargées de relier entre eux les différents liens funiculaires d'une même jointure.
Les ligaments inter-osseux, moins nombreux que les précédents, sont formés souvent de fibres croisées en sautoir. Ce sont toujours des liens funiculaires fixés par leurs extrémitésdansdesexcavatioiis ménagées au centre des surfaces articulaires.
b. Les ligaments jaunes, tous périphériques , funiculaires ou membraneux , jouissent d'une élasticité très prononcée, qui leur permet de ramener mécaniquement dans leur position habituelle les leviers osseux momentanément déplacés. Ces ligaments, véritables auxiliaires des puissances musculaires, sont destinés à faire équilibre, d'une manière permanente, au poids de certaines parties du corps qui tendent incessamment h tomber vers le sol.
Capsules synoviales. — Ce sont des membranes fort minces, de la nature des séreuses, chargées, avons-nous dit, de sécréter la synovie. On admet généralement qu'elles se comportent comme les autres membranes séreuses, c'est-à-dire qu'elles forment des sacs clos de toutes parts. D'après cette manière devoir, une synoviale, après avoir tapissé la face interne des ligaments périphériques d'une diarthrose, se prolongerait sur la surface libre des cartilages d'encroûtement, qui lui devrait son brillant et son poli. Mais il faut dire que c'est là une pure hypothèse contre laquelle s'élèvent une foule de faits scrupuleusement observés. La discussion de ces faits appartient à l'anatomie générale ; nous l'exposerons cependant dans ce livre aussi brièvement que possible.
1" Si l'on consulte l'observation directe, elle donne sur cette question litigieuse les renseignements les plus précis : les cartilages sont bien à nu ; il n'y a point de membrane synoviale à leur surface. Les anatomistes qui ont pris pour cette membrane la mince pellicule qu'il est possible de rendre évidente sur les cartilages, en coupant obliquement leur substance et achevant de séparer par déchirure le morceau entamé, ceux-là, dis-je, se sont bien évidemment trompés. Et en effet, cette pellicule n'a point la texture des séreuses ; elle n'est pas vasculaire, car il n'a jamais été possible d'injecter des vaisseaux à la surface des cartilages, pas plus que dans leur épaisseur ; elle n'est point recouverte d'épilhéliura ; enfin, soumise à l'inspection microscopique, elle se présente avec tous les caractères de la matière amorphe du cartilage. On doit donc la considérer comme une pellicule cartilagineuse détachée des couches superficielles du vernis articulaire, pellicule qu'il a toujours été impossible de mettre en évidence sur des cartilages tout à fait frais, et qu'on n'a pu obtenir sans donner, par une dessiccation préalable, un certain degré de ténacité à la substance cartilagineuse que l'on voulait examiner.
2' Les faits pathologiques ne prouvent rien en faveur de l'existence d'une membrane synoviale sur les cartilages. On n'a jamais vu , en effet, l'hypertrophie de cette prétendue membrane. Les fongosités qu'on a considérées comme un résultat de cette hypertrophie proviennent d'une autre source. On démontre qu'elles s'éten-
dent, dans certains cas, des marges articulaires sur la surface des cartilages, où l'on peut suivre souvent leur envaliissemenl successif. Dans d'autres cas, la membrane végétante qui les constitue apparaît sur le centre des surfaces articulaires dans des points dépouillés de cartilage; elles se répandent ensuite, à une certaine distance, sur le cartilage restant (J. Béclard).
3" On peut demander enfin aux partisans de l'opinion que nous combattons comment ils comprennent qu'une membrane séreuse puisse exister entre deux surfaces articulaires sans être exposée à être broyée et détruite mille fois par jour. Se sont-ils bien rendu compte des pressions supportées par certaines articulations, et de l'énergie des frottements auxquels sont soumises leurs surfaces composantes? Ont-ils mis l'intensité de ces causes de destruction en parallèle avec la texture délicate des membranes séreuses et leur grande susceptibilité inflammatoire? C'est assez faire toucher du doigt le côté faible de nos adversaires, et nous avons hâte de conclure sur celte troisième partie de notre argumentation : Il y a frottement entre les cartilages de deux surfaces articulaires juxtaposées, donc il y a usure ; c'est une loi physique à laquelle n'échappe aucun corps, fût-il dur comme le diamant, élastique et mou comme le caoutchouc. Or s'il y a usure des surfaces frottantes, il ne peut exister de membrane irritable et sensible sur l'enduit inerte et insensible qui les constituent.
On trouve généralement à l'intérieur des articulations des pelotons graisseux qui repoussent en dedans la membrane synoviale et s'en enveloppent. Considérés, h tort, par Cloplon Ilavers, comme des glandes chargées de sécréter la synovie, ces pelotons graisseux ont reçu le nom de franges synoviales. On les trouve surtout aux environs des marges articulaires, c'est-à-dire au pourtour des surfaces diarthrodiales.
La synovie est un fluide visqueux, incolore ou légèrement coloré en jaune, ressemblant beaucoup à l'huile par ses caractères physiques. Elle n'en possède cependant pas la composition , car l'analyse chimique n'y démontre pas la présence des principes gras. C'est l'albumine qu'elle renferme qui lui donne sa viscosité, et qui la rend propre à lubrifier les surfaces articulaires sur lesquelles elle est versée. Son rôle dans l'économie animale est, du reste, absolument identique avec celui des corps gras employés pour graisser les rouages de nos machines.
MOLVEMENTS. — Lcs mouvcments dont les diarthroses sont le siège se divisent en sept classes principales :
1° Le glissement simple, seul mouvement possible entre deux facettes planes ou ondulées.
2° La flexion, qui rapproche l'un de l'autre deux rayons osseux, en fermant de plus en plus leur angle de réunion.
3" l'extension , mouvement inverse pendant lequel deux rayons osseux se redressent l'un sur l'autre.
h" V adduction, (\n\ rapproche de la ligne médiane l'extrémité inférieure du rayon osseux mobile.
5" V abduction, mouvement opposé au précédent.
6° La circumduction, ou mouvement en fronde, qui fait passer successivement un rayon osseux par les quatre dernières positions.
7" l.a rotation, qui fait pivoter l'une des pièces sur l'autre.
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Classification des diarthroses. — On a pris pour l)aso do coite classification la configuration des surfaces articulaires et la nature des mouvements qu'elles permettent. Celte double base a servi h établir cinq genres d'articulations diarlhrodiales:
1° L'énartfirosc, caractérisée par la réception d'une tôle articulaire dans une cavité de forme appropriée. Cette articulation ]ieut être le siège des mouvements les plus étendus et les plus variés: flexion, extension, abduction, adduction, circumduction, rotation. Exemple : l'articulation coxo-fémoralo.
2° V articulation trochléenne, le, ginglyme angulaire ou la charnière parfaite, dont les surfaces articulaires sont configurées en trochlées de manière à s'emboîter réciproquement, et dont les mouvements (flexion et extension seulement) s'exécutent avec la précision d'une charnière. Exemple : l'articulation libio-tarsienne. '~ ± <>oiJU*
3" V articulation condylienne ou charnière imparfaite, qui permet, comme la précédente, deux mouvements principaux, l'extension et la flexion, et de plus quelques mouvements accessoires, soit la rotation, soit l'inclinaison latérale. Les surfaces articulaires, très diversement configurées, présentent néanmoins dans toutes. les articulations un ou plusieurs condyles qui s'opposent à un nombre égal d'excavations ovalaires. Exemple : l'articulation fémoro-tibiale.
h" V articulation pivotante, la trochoïde ou le ginglyme latéral, diartlirose formée par un pivot qui tourne dans une cavité demi-cylindrique. Mouvement unique, la rotation. Exemple : l'articulation axoïdo-alloïdienne.
5° Vartkrodie ow hdiarthrose /jlaniforme, constituée par des facettes planes ou presque planes. Le glissement est le seul mouvement possible. Exemple : l'articulation carpo-métacarpienne.
Nomenclature. — Le nom des articulations rappelle celui des pièces osseuses qui les forment. Ainsi l'articulation scapulo-humérale est la jointure qui réunit le scapulurn et l'humérus; les articulations inter-vert ('braies joignent entre elles les diverses pièces du racliis. Quand le nom qualificatif d'une articulation est composé de deux éléments, comme dans le premier cas, il est bon de placer en tête le mol qui indique là pièce osseuse la plus habituellement fixe.
§ II. — Caractères généraux des synartbroses.
Les sutures sont des articulations temporaires qui n'existent que dans le jeune âge. Elles disparaissent presque toutes chez l'animal adulte, par suite de la soudure des pièces osseuses qui les constituent. Elles appartiennent presque exclusivement aux os de la tête.
Surfaces articulaires. — Ces os se correspondent par leurs bords ou leurs angles, qui présentent à cet effet des surfaces de contact généralement très aiifraclueuses. Tantôt ils sont coupés perpendiculairement et simplement rugueux; tantôt ils sont taillés en biseau et s'engrènent au moyen de fines lamelles ou de potiios inégalités; tantôt ils sont découpés en dentelures profondes et sinueuses; tantôt, enfin , l'un des os s'enfonce dans un sillon creusé dans l'autre. On comprend qu'une pareille conformation des surfaces articulaires doive singulièrement resireindre leurs mouvements et assurer la solidité do leurs rapports.
122 DES AUTirULATlONS.
Moyens d'union. — Un cartilage interposé à ces surfaces synarthrodialcs les unit élioilement les unes aux autres. Il possède absolument la même texture que le cartilage primitif des os, et jouit comme lui de la propriété de s'ossifier après s'être vasculaiisé. Cette ossification, qui amène la disparition des sutures, survient plus tôt en dedans qu'en dehors. — Le périoste, en passant d'un os sur l'autre, adhère intimement au cartilage suturai et concourt encore à assujettir les synarlhroses. On doit donc le ranger aussi au nombre de leurs moyens d'union.
Mouvements. — Ils sont très ob.scurs , et sensibles seulement chez le jeune animal par l'élasticité qu'ils communiquent aux parois osseuses du crâne ou de la face. Chez l'adulte, on peut dire qu'ils sont nuls.
Classification. — On distingue quatre espèces principales de sutures :
i" Quand deux os larges se correspondent au moyen de dentelures engrenées les unes dans les autres, la suture est dite vtrae ou dentée. Exemple : les articulations qui réunissent les trois pièces du pariétal. — 2° Si les bords opposés de deux os en contact sont taillés en large biseau, l'un en dedans, l'autre en dehors, il y 2^ suture c'cailleuse ou squameuse.E\emp\e:\es articulations pariéto-temporales. — S^Quand l'union des os a lieu par des surfaces planes ou rugueuses taillées perpendiculairement sur leurs bords ou leurs angles, on dit qu'il y a suture harmonique ou par juxtaposition. Exemple: les articulations occipito-temporales. — h" On appelle eni\n se hind y lèse, mortaise ou articulation en soc de charrue, la suture qui résulte delà réception d'une lame osseuse dans un sillon plus ou moins profond. Exemple: les articulations sphéno-frontales et sus-inaxillo-nasales.
§ III. — Caractères géiiéraus des amphiarthroses ou symphyses,
SuRFACiiS ARTICULAIRES. — Elles sont souvcnt lisses et conformées sur le même modèle que les surfaces diarthrodiales. D'autres fois, elles sont plus ou moins rugueuses, sans jamais présenter néanmoins la disposition anfraclueuse de la plupart des surfaces synarthrodialcs.
iMOYENS d'union. — Les organes qui remplissent cet office sont : 1° le fibrocartilage qui établit la continuité entre les surfaces articulaires; 2° des ligaments rubanés et périphériques. — Ceux-ci ne diffèrent pas des liens analogues qui sont préposés à l'attache des articulations diarthrodiales. — Quant au fibro-cartilage, il se distingue des disques complémentaires de ces mêmes articulations par un mélange plus intime des éléments cartilagineux et fibreux qui entrent dans sa composition. Ce dernier manque quelquefois, ainsi que les liens périphériques ; l'articulation ne diffère alors des synarlhroses que par l'étendue des mouvements qu'elle permet.
Mouvements. — Ils sont de même nature à peu presque ceux des diarthroses, et leur étendue dépend de l'épaisseur du fibro-cartilage intermédiaire aux surfaces articulaires. Cellts-ci ne glissent pas l'une sur l'autre; elles basculent.
Classification. — On ne reronn;iît(iu'une seule espèce d'amphiarihrose, dont Jes articulations des corps verlébraiix représentent l'exemple le plus remarquable.
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