ARTICULATIONS DES MEMBUES ANTERIEURS
2° AnTlCltLATlON PU COUDE OU HUMÉRO-RADIALE (fis. t)5).
Trois os concourent à former celle arliculation, qui présente un exemple remarquable de gynglyme angulaire: l'humérus, par son extrémité inférieure, et les deux os de l'avant-bras, par leur extrémité supérieure,
Surfaces articulaires. — La surface
FiG.
lannérale , déjà décrite page 72 , est allongée transversalement et convexe d'avant en arrière. Elle présente: 1" une gorge médiane creusée d'une fossette synoviale; 2° une gorge latérale (troclilée humérale] moins profonde que la précé; dente , et située à son côté externe- 3° nn condyle volumineux qui borde en dedans la gorge médiane, et dont le diamètre antéro-postérieur est beaucoup plus grand que celui de la trochlée située au côté opposé. — La surface anti-brachiale, brisée en deux parties, se moule sur la surface humérale ; elle est donc concave d'avant en arrière et se compose : 1° d'une double gorge externe, et 2" d'une cavité glénoïde interne, creusées toutes deux sur l'extrémité supérieure duradius; 3° d'un reliefmédian répondant à la gorge médiane del'humérus, séparant les deux surfaces précédentes, et se prolongeant sur le crochet cubital où il forme l'échancrure sygmoïde. Ce relief offre une pelile fossette sinoviale creusée à la fois sur le radius et sur le cubitus.
Moyens d'union. — Trois ligaments : deux latéraux et un antérieur.
a. Le ligament latéral externe (fig. 55, 8) est un funicule gros, court et très fort, quis'attache en haut sur la crête de l'épitrochlée et dans la petite ca\iié placée au côté externe de la trochlée humérale. II s'insère en bas sur la tnbéroMté externe et supérieure du radius. Son bord antérieur, confondu avec le ligament capsulaire, est longé par l'extenseur principal des phalanges, qui prend sur lui de
gaiiiL-iii. .luiL-iiKiu. lu. iuuscK? aiicone ou pulil e<tenseur di; l uvant-Iiins. 1 1. l)iisi"<^ "" ""i^*^" '" ' "'^'" externe du iiicUcarpe. 12. BIiiiclc court flc-hisseiii- de Pavant-bras. — A. Tiilicrosile' «le Peiiiiic biannlaii — B. Fosse sus-ojiinensi-, — C. Fosse soiis-e'iiiiiciise. — /). Convexile du liocliitci-. —E. Smiuin-t du l!Oiliil<
nombreux points d'atlnchc. Par son bord postérieur, il répond au fléchisseur externe du métacarpe. Sa face interne est tapissée par la synoviale. Sa face externe se trouve séparée de la peau par ra|)onévrose anti-brachiale et quelques-uns des faisceaux d'origine du muscle extenseur latéral des phalanges. Ses fd)res superficielles sont verticales, et se continuent en arrière avec les trousseaux ligamenteux arciformes qui vont du cubitus au radius. Ses fd}res profondes sont légèrement obliques de haut en bas et d'arrière en avant.
b. Le ligament latéral interne (fig. 78, A], également funiculaire, est plus long, mais moins fort que le précédent. Il part de la petite tubérosilé placée en dedans du condyle de l'humérus, et descend, en s' élargissant, sur l'os principal de l'avant-bras. Ses fibres médianes, les plus longues, se dirigent verticalement en bas pourgagner lesempreintes situées sous la tubérosité bicipitale ; ses fibres antérieures, incurvées en avant, se réunissent au tendon du coraco-radial ou se confondent avec le ligament antérieur; les postérieures se contournent en arrière, près de leur extrémité inférieure, pour se joindre aux faisceaux fibreux arciformes qui unissent en dedans le cubitus au radius. Ce hgament recouvre par ses fibres médianes l'insertion inférieure du court fléchisseur de l'avant-bras et, en partie seulement, celle du long fléchisseur. Il est recouvert par le nerf cubito -plantaire, l'artère et la veine radiale postérieures.
c. Le ligament antérieur ou capsulaù'e [ûg. 55, 9) est un Uen membraniforme, attaché par son bord supérieur au-dessus de la surface articulaire humérale, et par son bord inférieur au pourtour antérieur de la surface radiale. Par ses bords latéraux, il est confondu avec les ligaments funiculaires. Sa moitié interne est formée de fibres Verticales qui , de l'humérus, descendent en rayonnant sur le radius, où elles s'unissent au tendon inférieur du coraco-radial. Dans sa moitié externe, il est extrêmement mince et se compose de fibres entrecroisées qui affectent des directions variées. Tapissé en dedans par la synoviale , ce ligament se trouve en rapport, par sa surface extérieure, avec les vaisseaux et les nerfs radiaux antérieurs, les deux fléchisseurs de l'avant-bras, l'extenseur antérieur du métacarjie et l'extenseur antérieur des phalanges. Ces deux derniers muscles s'attachent même sur lui d'une manière très évidente.
L'articulation du coude, affermie en avant et sur les côtés par les trois ligaments que nous venons de décrire, est dépourvue en arrière de liens particuliers. Mais elle est puissamment consolidée de ce côté par l'insertion olécrânienne des muscles extenseurs de l'avant-bras, et par les tendons d'origine des cinq muscles fléchisseurs du métacarpe ou des phalanges.
Synoviale. — Cette membrane, très étendue et déployée sur la face interne des ligaments précédemment décrits, forme en arrière trois grands culs-de-sac de prolongement : un supérieur, qui occupe la fosse olécrânienne et se trouve recouvert par un coussinet adipeux ainsi que parle muscle petit extenseur de l'avant-bras (1); deux latéraux, qui descendent de chaque côté du crochet cubital, et se distinguent en externe et en interne ; le premier tapisse le tendon du fléchisseur externe du
(I) Quelques fibres grisùtrcs et élastiques , doublant ce cul-de-sac à l'extérieur, ont été décrites à tort tomme uu ligament membraniforme postérieur.
ARTICULATIONS DES MKMBRES ANTÉRIEURS. \l\i
mélacarpc ; le second facilite le frottement sur l'exlréniité supérieure du radius dos quatre muscles fléchisseurs du pied ou des doigts qui sont attachés en commun à l'épicondyle. Celte synoviale fournit aussi à l'articulation radio-cubiialc undiverticulum qui descend entre les os de l'avant- bras jusqu'au-dessous des facettes diarthrodiales adjacentes.
Mouvements. — Flexion et extension.
Dans la flexion , les deux rayons osseux ne se rapprochent pas directement l'un (le l'autre ; l'extrémité inférieure du radius se dévie un peu en dehors. Ce résultat est dû à une légère obliquité des gorges articulaires, plutôt qu'à la différence de grosseur qui existe entre l'extrémité interne et l'extrémité externe de la surface humérale.
Ij'extension est bornée par la réception du bec de l'olécràne dans la fosse olécrànienne et par la tension des ligaments latéraux , en sorte que les deux rayons osseux ne iieuvent jamais se redresser l'un sur l'autre d'une manière complète, c'est-àdire se placer sur la môme ligne.
Différences. — Chez les Carnassiers, le ligament latéral externe est très épais. 11 forme, dans sa moitié inférieure, une calotte fibro-cartilagineusc fixée sur le cubitus et le radius, et réunie en avant au ligament annulaire de la jointure radiucubilale supérieure. Cette calotte complète avec ce dernier ligament l'anneau ostéofibreux dans lequel tourne l'extrémité supérieure du radius, — Le ligament latéral interne s'insère, par deux faisceaux très courts, sur le cubitus et le côté interne de la lête radiale. Un troisième faisceau, profond et médian , beaucoup plus développé que les premiers et recouvert par 1 insertion inférieure des fléchisseurs de l'avant-bras, descend entre le radius et le cubitus, gagne la face postérieure du premier et s'y insère très près de l'attache inférieure du ligament externe, à la rencontre duquel il semble vouloir aller.
3° Articulatio.v radio-cubitale.
Surfaces articulaires. — Les deux os de l'avant-bras se correspondent par des surfaces diarthrodiales et des surfaces synarthrodiales.
a. Les surfaces diarthrodiales consistent en quatre facettes ondulées, allongées transversalement, deux radiales, et deux cubitcdest, Les premières bordent en arrière la grande surface articulaire qui forme la jointure du coude. Les secondes se trouvent situées sous l'échancrure sigmoïde.
b. Les surfaces synorthrodicdcs, planes et chagrinées, sont aussi au nombre de deux surchaque os : l'une, supérieure, s'étend sous les facettes diarthrodiales jusqu'à l'arcade radio-cubitale; l'autre, inférieure , plus étendue, occupe sur le cubitus toute la face antérieure, depuis l'arcade précitée; sur le radius, elle forme une empreinte triangulaire très allongée qui descend jusqu'au quart inférieur de l'os. ( Voy. pages Ih et 75. )
Moyens d'union. — Deux ligaments intcr-osseux et deux ligaments périphériques.
a. Les ligaments inter-osseux , interposés aux surfaces synarthrodiales, sont formés de fibres blanches extrêmement courtes qui vont d'un os à l'autre, et qui sont douées d'une force de résistance très lemarquablc. L'inférieur s'ossilie consfam-
I'l2 DES AimCULATIONS.
ment, longlemps mcmo avant que les animaux soient arrivés h l'âge aduUc, en sorte (ine les anciens anatomislcs vétérinaires ont pu décrire, avec quelque apparence de raison, le radius et le cubitus comme un os unique. L'ossification du ligament su|)érieur est très rare.
b. Les liens périphériques sont des trousseaux de fibres arciformcs qui, depuis le bec de l'olécrâne jusqu'à l'arcade radio-cubitale, partent des faces latérales du cubitus pour se porter, les unes en dedans, les auires en dehors, sur la face postérieure du radius. — Les libres du ligament externe se confondent avec le ligament liuméro-radial externe. — Les fibres internes s'unissent au ligament huméro-radial interne cl au petit tendon cubital appartenant au court fléchisseur de l'avant-bras. ~ On retrouve des fibres analogues au-dessous de l'arcade radio-cubitale ; mais elles sont beaucoup plus courtes et moins apparentes.
Mouvements. — Très obscurs dans le jeune âge ; presque nuls quand la soudure des deux os est opérée.
Différences. — //2wn'?jfln/5. — Chez ces animaux, l'ossification du ligament inter-osseux supérieur survient constamment à l'époque de l'âge adulte.
Carnassiers. — On sait déjà ( voy. page 77) que le radius et le cubitus ne .se soudent point entre eux. Ils restent indépendants pondant toute la vie de l'animal, s'unissent dans leur partie moyenne au moyen d'un ligament inter-osseux, et se joignent par diarthrose à leurs deux extrémités. Le Chien et le chat présentent donc à étudier : 1" un ligament inter-osseux; 2" une artieulation radio-cubitale supérieure ; 3° une articulation radio-cubitale inférieure.
Ligament inter-osseux. — Il se compose de fibres blanches très résistantes, attachées par leurs extrémités sur le corps des deux os. Malgré leur peu de longueur, elles sont assez lâches pour se prêter aux mouvements des articulations radiocubitales.
Articulation radio-cubitale supérieure. — ■ C'est une trochoïde qui permet seulement des mouvements de rotation ou de pivotement.
Les surfaces articulaires qui forment celte articulation sont : du côté du cubitus, la petite cavité sigmoïde, surface exavée dans le sens latéral, et sen)i-circulaire ; du côté du radius, un demi-gond cylindrique reçu dans la précédente cavité. On cite comme moyen d'union un ligament annulaire, sorte de cravate fibreuse jetée autour de l'extrémité supérieure du radius, fixée en dedans sur le cubitus près de l'extrémité interne de la petite cavité sigmoïde, attucliée en dehors sur le ligament latéral externe de l'articulation du coude, et confondue supérieurement avec le ligament antérieur de la même ariiculalion. On remarquera que celle cravate fibreuse, eu s'unissant à la calotte fibro-cartilagineuse du ligament huméroradial externe, et en rejoignant par son extrémité interne la petite cavité sigmoïde, transforme celte dernière eu un anneau complet, revêtu de cartilage dans sa portion osseuse, cl tapissé par la synoviale (celle de l'articulation du coude) dans sa |)orlion ligamenteuse. On remarquera encore que la téie ou l'extrémité supérieure du radius est cncroùlée sur tout son contour d'une couche de cartilage, et que celle disposition lui permet de glisser, non seulement sur la facclle concave qui forme la petite cavité sigmoïde, mais encore sur la face interne des deux ligamcnis (jui complètent celle-ci.
AUTICULATIUNS DES MEMBRES ANTÉRIEURS. ih2>
Avlicvlation rudio-cubiUiic inférieure. — C'est également une Iroclioïdc analogue à la précédeiUc, mais inversement disjjosée. Ainsi, la surface articulaire concave est creusée sur le radius, en dehors de i'exlrémité inférieure; la surface convexe se trouve eu dedans du cubitus. Ces deux facettes sont très peu étendues et maintenues en contact par une petite capsule fibreuse périphérique. Ijw fort ligament inter-osseux , situé sous les facettes articulaires, consolide encore cette diarthrose, et concourt par son bord inférieur à former la surface anti-brachiale de l'articulation radio-cnrpicnne. Une petite synoviale est affectée spécialement à cette trochoïde.
Mécanisme des trocJioidcs radio-cubitales. — Le jeu de ces deux articulations est simultané et tend au même but, c'est-à-dire à l'exécution du double mouvement rolatoire qui constitue la suijincdion et la pronation.
Il y a supination quand, le cubitus restant immobile, le radius pivote sur ce dernier de manière à porter sa face antérieure en dehors. On constate alors que son extrémité supérieure tourne de dedans en avant , et même d'avant en dehors si le mouvement s'exagère, dans la ceinture articulaire formée par la petite cavité sigmoïdc du cubitus et les ligaments qui la complètent. On constate encore que l'extrémité inférieure roule sur la facette du cubitus en décrivant un mouveuîcnt analogue, et que la tubérosité interne de cette extrémité se trouve portée en avant.
Dans le mouvement de pronation, cette tubérosité est ramenée en dedans, et la face antérieure du radius revient en avant, par un mécanisme opposé.
Le rayon inférieur du membre antérieur, étant articulé par charnière avec le radius, suit cet os dans ses mouvements rotatoires, c'est-à-dire que la face antérieure du métacarpe regarde en dehors pendant la supination, et qu'elle est ramenée en avant lors de la pronation.
4" Articulations du carpe (fig. 56 et 57j.
Elles comprennent : 1° les articulations qui unissent entre eux les os carpiens de la première rangée; 2" les articulations analogues de la seconde rangée; 3° l'articulation radio-carpienne; 4° l'articulation des deux rangées entre elles; 5° l'articulation carpo-métacarpiennc.
Articulations qui unissent entre eux les os carpiens de la première RANGÉE. — Ces os, au nombre de quatre, se joignent par les facettes diarthrodialcs qu'ils présentent sur leurs faces latérales, en formant de petites arthrodies (1). Ils sont maintenus en rapport par six ligaments, trois antérieurs et trois inter-osseux. — Les lifjarnents antérieurs représentent de petites bandelettes aplaties qui se portent du quatrième os au premier, du premier au second, et de celui-ci au troisième. Le premier, placé en dehors plutôt qu'en avant du carpe, est recouvert par le ligament latéral externe elle tendon inférieur du fléchisseur externe du métacarpe ; les autres adhèrent au ligament capsulaire. — Les ligaments inter-osseux s'implantent dans les rainures d'insertion qui séparent les facettes diarthrodiales. L'un d'eux , dérobé par le ligament commun postérieur, unit l'os crochu au prc-
(I) Oii saibqiie la facclte (|ui unit l'os sus-carpien au premier os u'cst pas silut'C sur uuc de SCS faces, m;jis bien sur la parti'; antérieure de sa circonférence.
IkU DES AltTICULATlÛNS.
luier os. Les deux aulies, siliiôs entro les trois preaiicrs os carpiens, se confondent avec les ligaments antérieurs corrcspondanls.
Articulations qui unissent E.NTr.ii: lux les os carpiens de la deuxième RANGÉE. — Ce sont des anhrodies tout à fait semblables aux précédentes, mais au nombre de deux seulement. Elles sont assujetties pai- deux liijaments antérieurs et un nombre égal de ligaments inter-osseux. — Un des ligaments antérieurs joint le premier os au second, et adhère fortement au ligament capsulaire ; l'autre, entièrement recouvert par le ligament latéral interne, attache l'un à l'autre les deux derniers os. — Des deux ligaments inter-osseux, le second seul vient se confondre avec le ligament antérieur correspondant. Celui qui est situé entre les deux premiers os se trouve séparé du ligament antérieur par une des facettes diarthrodinles qui établissent le contact de ces os.
Artigl LATION RADio-CARPiENNE. — L'extrémité inférieure du radius, en s'uuissant aux os carpiens de la rangée supérieure, constitue une diarlhrose qui peut être considérée, par la nature des mouvements qu'elle permet, comme une charnière imparfaite.
Surfaces articulaires. — La surface radiale, allongée transversalement et très iirégulière, présente : 1" en dehors, une large gorge, limitée en avant par une petite cavité glénoïde, et bornée en arrière par une excavation non articulaire qui reçoit un prolongement du second os dans le mouvement de flexion ; 2" en dedans, un condyle d'une courbe plus étendue que la gorge précédente, et complété comme elle par une petite cavité glénoïdale antérieure. — La surface carpienne, moulée exactement sur la surface radiale, offre en creux ce que celle-ci présente en relief, et vice versa.
Moyens d'union. — L'articulation radio-carpienne est assujettie par trois liga ments qui lui appartiennent en propre, et par quatre forts ligaments qui lui sont communs avec les articulations suivantes. Ceux-ci seront étudiés plus loin, après la description particulière de ces articulations.
Des trois ligaments propres à l'articulation radio-carpienne, l'un forme un gros funicule arrondi, étendu du radius au troisième os, dans une direction oblique de haut en bas et de dehors en dedans, et caché sous le ligament connnun postérieur. Le second (fig. 57, 5), beaucoup plus petit, se porte de l'os crochu au côté externe de l'extrémité inférieure du radius, et est recouvert en partie par le ligament commun externe. Quand la synoviale est distendue par une hydropisie, elle peut faire hernie au côté externe du carpe, en passant entre ce petit ligament et le ligament commun postérieur. — Le troisième, fort délicat, mais constant, se trouve situé très profondément sous ce dernier. Il s'insère , d'une part, sur le radius près du premier ligament propre; d'autre part, sur le deuxième os et sur le ligament inter-osseux qui unit l'os sus carpien au premier os.
Synoviale. — Après avoir tapissé les trois ligaments indiqués ci-dessus et les quatre grands ligaments non encore décrits, elle se prolonge entre les trois premiers os carpiens, pour aller revêtir la face supérieure des ligaments inter-osseux ([ui unissent ces différents os. Llle descend même le plus souvent dans l'articulation qui joint l'os sus-carpien au premier os. Mais il arrive aussi quelquefois que cette arthrodie possède une synoviale particulière.
AUIICULAÏIONS DES ME.MBUES AMÉRlELUS. 1^5
ARTICULATION DES DEUX RANGÉES ENTRE ELLES. — C'est, comiuc la précédente jointure, une charnière imparfaite.
Surfaces articulaires. — Elles sont toutes deux allongées transversalement, fort irréguliùros dans leur configuration et brisées en trois pièces, — L'inférieure offre: en arrière, trois petits condyles placés côte à côte; en avant, deux facettes légèrement concaves. — La supérieure répond à la première par trois cavités glénoïdales et deux facettes convexes.
Moyens d'union. — On compte pour cette articulation, en sus des grands ligaments communs , trois ligaments particuliers. — Deux de ces ligaments , fort courts, sont situés en arrière du carpe sous le grand ligament postérieur. On les aperçoit facilement, après avoir détruit le ligament capsulaire, en fléchissant fortement le carpe. « Le plus fort s'étend verticalement de l'os interne de la rangée supérieure au second et au troisième os de la rangée métacarpienne ; l'autre descend obliquement du premier os de la rangée anti-brachiale sur le second de la rangée inférieure. » (Rigot). — Le troisième ligament propre, beaucoup plus fort que les deux autres, se rend de l'os crochu au premier os de la rangée inférieure et à la tète du métacarpien externe. Il se confond en dehors avec le grand ligament latéral externe; en dedans, avec le ligament commun postérieur. Son bord postérieur donne attache à l'arcade fibreuse qui complète la gaîne carpienne (fig. 57, h).
Synoviale. — Elle tapisse tous les ligaments, et se prolonge en haut et en bas entre les os carpiens pour favoriser le glissement de leurs facettes articulaires. Deux prolongements supérieurs remontent entre les trois premiers os de la rangée anli-brachiale pour aller revêtir la face inférieure des ligaments inter-osseux qui les réunissent. Deux autres prolongements descendent entre les os carpiens de la seconde ranj^ée; l'externe, après avoir tapissé le premier ligament inter-osséux, passe entre celui-ci et le ligament antérieur correspondant, et vient communiquer avec la synoviale de l'articulation carpo-métacarpienne. L'interne forme un cul-de-sac qui s'appuie sur le ligament inter-osseux.
Articulation carpo-métacarpienne. — Les os carpiens de la seconde rangée s'articulent avec l'extrémité supérieure des métacarpiens en formant une diarthrose planiforme.
Surfaces articulaires. — Ce sont, des deux côtés, des facettes planes, plus ou moins inclinées les unes sur les autres et continues entre elles. La plus grande, située au milieu , est généralement creusée d'une petite foSsette synovijjle fort peu profonde.
Moyens d'union. — Nous citerons encore les quatre grands ligaments conirauns, plus six ligaments spéciaux , deux antérieurs , deux postérieurs et deux inter-osseux.
Des deux ligaments antérieurs (fig. 56, !2,2), l'un, dédoublé en deux bandelettes distinctes, unit le deuxième os au métacarpien principal ; l'autre, caché par le ligament latéral externe, attache le premier os à la tète du métacarpien externe.
FlG. 06
l ) Fig. 06.— yue antérieure des arliculalions du caific. — 1,1. Li<;amciils niilciicilrs destines n 1 union des os carpiens de chuque rangée. 2, -2, Ligaments aulerieiirs propres à rarliciilutiun cai po-métacarpieiine. 5. LigamcDl commun cxleine. 4. Ligament commun inlerne.
l/i6 DES ARTICULATIONS.
Les deux ligaments postérieurs décrits par Rigot ne nous semblent pas assez distiiicls du grand ligament postérieur pour que nous en fassions une description spéciale. Nous les citons ici pour mémoire.
Les deux ligaments inter-osscux , complètement oubliés par cet habile anatomistc, partent des interstices qui séparent le métacarpien médian des métacarpiens latéraux, et vont se réunir aux ligaments inter-osseux de la seconde rangée: ils sont gros et courts. Nous avons vu quelquefois manquer l'un ou l'autre.
Synoviale. — Elle communique, par la voie indiquée plus haut, avec la synoviale de l'articulation précédente. Elle fournit un cul-de-sac supérieur qui va s'appuyer sur le ligament inter-osseux interposé aux deux derniers os carpiens de la seconde rangée. Deux culs-de-sac inférieurs descendent dans les arthrodies intermétacarpiennes.
LiGAMEJNTS COMMUNS AUX TROIS ARTICCLATIONS PRÉCÉDENTES. — Ils SOUt au nombre de quatre, avons-nous dit : deux latéraux, un antérieur, un postérieur. a. Le ligament latéral externe (fig. 56 et 57, 3) est un gros cordon funiculaire formé de deux ordres de libres, les unes profondes, les autres Fjg. hl ( ). superficielles, légèrement croisées en X. Il part de la tubérosité externe et inférieure du radius, descend verticalement sur le côté du carpe, envoie un faisceau au premier os de la rangée supérieure, abandonne un autre faisceau qui s'arrête sur l'os externe de la seconde rangée, et vient se terminer sur la tête du métacarpien correspondant. Traversé obliquement par l'extenseur latéral des phalanges , ce ligament recouvre les os carpiens externes. En avant, il s'unit avec le ligament capsulaire. Près de son extrémité inférieure, il se confond avec le fort ligament qui joint l'os sus-carpien au premier os de la rangée inférieure et à la tète du métacarpien externe.
h. Le ligament latéral interne (fig. 56, tx), analogue au précédent et situé du côté opposé, se trouve être et plus large et plus épais. Il commence sur la tubérosité interne du radius, et se termine sur l'extrémité supérieure du métacarpien médian et du métacarpien interne, après s'être attaché, par deux faisceaux distincts, sur le troisième os carpien de la rangée supérieure et sur les deux derniers de la rangée métacarpienne. En rap|)ort par sa face externe avec le tendon de l'extenseur oblique du métacarpe, ce ligament répond, par sa face profonde, aux membranes synoviales du carpe et aux os sur lesquels il prend des points d'attache. Par son bord antérieur, il s'unit au ligament capsulaire. Son bord opposé se confond intimement avec le ligament postérieur, dont il est impossible de le distinguer.
c. Le ligament antérieur ou capsulaire est un lien membraneux qui recouvre la face antérieure des articulations carpiennes. Son bord supérieur est attaché sur le radius. L'inférieur s'insère sur l'extrémité supérieure du métacarpien prin-
i>\ pig. 57. — Vue Irite'rnle îles arliculatlons carpiennes. — 1,1. Lignments antcrieiirs reunissaut entre eux les os carpiens de chaque r;iiigée. 2.2. l.i::;iiniciils aiiU'ricurs propres à rarticulation carpo-nictacarpieune. 3. Li-'amcnl eommini extei ne. 4. L'un des lig^menls propres à l'iirticnlation des deux rangées ( me'tacarposus-carpien). b. L'un des rigamenls propres a l'arliculaliiin radio carpienne ( radio-sns-carpien ). — A. Coulisse de {;lissemeiit praliquée sur la face externe de Tos irucliii pour le passage du flechisseui- externe du iViélacarpe.
ARTICULATIONS DES MEMBKES ANTÉIUEURS, iUl
cipal. Les deux bords droit et gauche s'unissent aux ligaments latéraux. Sa face externe est en rapport avec les tendons des muscles extenseurs antérieurs du métacarpe et des phalanges. Sa face interne , tapissée dans certains points par la membrane synoviale , adhère dans d'autres aux os carpiens et aux ligaments antérieurs qui les unissent les uns aux autres. Ce ligament, formé de fibres transversales plus ou moins obliques et croisées en sautoir, se prête par son ampleur aux mouvements de flexion du genou.
d. Le ligament postérieur, l'un des plus forts de l'économie animale, recouvre la face postérieure du carpe en nivelant les aspérités qui le hérissent. Il s'insère î en haut, sur la crête transversale qui surmonte la surface articulaire du radius ; dans sa partie moyenne, sur tous les os carpiens; en bas, sur la tête du métacarpien principal. Confondu en dedans avec le ligament latéral interne, uni en dehors au lien qui attache l'os crochu au métacarpien externe et au premier os carpien de la rangée supérieure, le ligament qui nous occupe se continue, par son extrémité inférieure, avec le ligament suspenseur du boulet et avec la bride carpienne qui soutient le tendon perforant. Sa face postérieure, parfaitement lisse, est tapissée par la synoviale tendineuse de la gaine carpienne.
Mouvements des articulations carpiejxnes. — Le carpe est le centre de deux mouvements opposés très étendus, la flexion et Vextension, auxquels s'ajoutent trois mouvements accessoires fort bornés, Y adduction^ X abduction et la circumduction.
Toutes les articulations carpiennes ne prennent point une part égale à l'exécution de ces mouvements. En effet, il est facile de constater qu'ils se passent principalement dans la diarlhrose radio-carpienne et dans la charnière imparfaite qui réunit les deux rangées d'os carpiens. Chacune de ces articulations participe aux mouvements du carpe à peu près dans la même proportion , et toutes deux fonctionnent d'une manière identique. Leur mécanisme est des plus simples.
Dans la flexion , la première rangée roule d'avant en arrière sur le radius , la rangée inférieure se meut dans le même sens sur la supérieure , le métacarpe est porté en arrière et en haut, le ligament commun postérieur se relâche, le ligament capsulaire se tend, et les surfaces articulaires, celles de la seconde jointure surtout, s'écartent en avant les unes des autres. Dans Vextension, le métacarpe est ramené en bas et en avant par un mécanisme inverse. Ce mouvement s'arrête quand le rayon de l'avant-bras et celui du métacarpe se trouvent situés sur la même ligne verticale. On remarquera que dans la flexion ces rayons osseux ne se rapprochent pas directement l'un de l'autre; l'extrémité inférieure du métacarpe se porte toujours en dehors. On remarquera encore que les légers mouvements d'abduction , d'adduction et de circumduction du carpe ne sont possibles qu'au moment où le pied est fléchi sur l'avant-bras.
Quant aux diarthroses planiformes qui articulent entre eux les os carpiens d'une même rangée, elles ne permettent qu'un simple glissement des surfaces de contact; l'arihrodie carpo-métacarpienne se trouve absolument dans le même cas. La mobilité restreinte de ces diverses articulations ne peut donc avoir qu'une influence fort secondaire sur les mouvements généraux du carpe ; mais elle les favorise néanmoins en permettant aux os carpiens de changer leurs rapports réciproques et
148 DES AlvnCULATlONS.
de se prêter par là, peiidanl le jeu des deux charnières radio-carpiennc et iiilercnrpicnnc, à une coaplation plus exacte des plans articulaires qui les constituent. DiiTEUENCiiS. — Chez les autres animaux, les articulations carpiennes se présentent, dans leurs dispositions essentielles, avec les caractères que nous venons d'assigner aux animaux solipèdes. Ainsi, les quatre principaux liens périphériques diffèrent peu de ceux qui appartiennent à ces animaux. On remarquera cependant (|uc leur laxité permet chez les Carnassiers des mouvomenls latéraux assez étendus.
L)" ArTICLLATIONS INTEr.-MlirACAnPlENNES.
chaque métacarpien latéral s'articule avec le métacarpien médian au moyen do surfaces diarlhrodiales et de surfaces synarthrodiales, pour la descrijjtion desquelles nous renvoyons à la pa^e 80. Un ligament inter-osseux, composé de faisceaux très courts et très forts , s'interpose aux surfaces synarthrodiales et les fixe solidement l'une à l'autre. Son ossification est un fait assez fréquent. Les facettes diarthrodiales sont maintenues en contact par le ligament précédent et par les ligaments carpiens qui viennent s'insérer sur la tète des métacarpiens latéraux. — Les articulations inter-mélacarpiennes ne permettent qu'un mouvement de glissement vertical fort obscur.
Différencias. — Chez le Bœuf, il n'existe qu'une seule articulation inlermétacarpienne, beaucoup plus simple encore que celles du cheval.
(Jiez le i»orc, les quatre métacarpiens se correspondent, à leur extrémité supérieure, au moyen des petites facettes diarthrodialcs qu'ils présentent par côté. Des faisceaux fdjreux, dépendances des grands ligaments antérieur et postérieur du car|)e, protègent en avant et en arrière ces articulations inter-mélacarpiennes. D'autres libres, situées entre les faces adjacentes des métacarpiens, représentent de véritables ligaments inter-osseux.
VÀ\ci les Carnassiers, les quatre grands métacarpiens s'articulent entre eux de la même manière à peu près que ceux du porc. On doit observer cependant que leur mobilité est plus étendue.
6" Articulation MÉTACAnro-niAi.ANGiExsE (fig. j8 cl o9).
(charnière parfaite formée par l'extrémilé inférieure du métacarpien nîédian, d'une part, et d'autre part, par rcxtrémilé supérieure de la première phalange et les grands sésamoïdes.
Surfaces articulaires. — Du côté du métacarpien , deux condyles latéraux et luie arête médiane à courbe aiitéro-postérieurc. — Du côté de la ])rcmièrc phalange, deux cavités gléno'ùialcs cl une gorge intermédiaire, prolongées en arrière sur la l'ace antérieure des giands sésamoùles. Biisce ainsi en tiois pièces, la surface digitale se trouve dans d'excellentes conditions de solidité, parce que les pressions transmises à la région digitée sont atténuées et décomposées par l'élasticité naturelle des liens (jui unissent ces trois pièces les unes aux autres.
Moyens d'union. — ils se divisent en deux catégories : 1" ceux qui joignent entre elles les pièces osseuses de la surface inférieure ; T ceux qui maintiennent en rapport les deux surfaces arliculaires opposées. v
AnTICULATIONS DES MEMBRKS ANTÉRIEURS. 1^9
A. Les premiers ont reçu le nom générique de ligaments sésamoï/Iiens, et sont an nombre do six : un ligament inter-sésamoïdien, qni rassemble les deux' os complémentaires de la surface digitale ; troia ligaments sésamo'idiens inférieurs et deux latéraux, chargés d'unir ces os à la première phalange.
a. Le ligament infer-sésamoïdicn est constitué par de la substance fibro-cartilagineuse, qui semble être la gangue primitive dans laquelle les deux sésamoïdes se sont développés; elle se répand, en effet, autour de ces os après s'être fixée solidement sur leur face interne. En arrière , ce ligament forme , en commun avec la face postérieure des sésamoïdes, la coulisse (fig. ^S, h) sur laquelle glisse les tendons fléchisseurs. Il occupe en avant le fond de la gorge articulaire inier-sésamoïdienne.
0. Les ligaments sésamoïdiens inférieurs, situés h la face postérieure de la première phalange, se distinguent en superficiel, moyen et profond.
Le ligament superficiel (fig. 58, 5), le plus long des trois, représente une bandelette étroite, aplatie d'avant en arrière. Il naît du milieu de la masse fibro-cariilagineuse qui complète en arrière la surface articulaire supérieure de la seconde phalange, et s'élève, en s'élargissant légèrement, jusqu'à la base des grands sésamoïdes, sur lesquels il s'insère eu se confondant avec le ligament inter-sésamoïdien. Sa face postérieure, tapissée par la synoviale dite grande gaine sésamoïdienne, est recouverte par les tendons fléchisseurs. Il recouvre en partie le ligament moyen.
Le ligament moyen, triangulaire et rayonné, est formé de trois faisceaux particuliers: deux latéraux (fig. 58, 6), et un médian que l'on a généralement confondu avec le ligament superficiel , quoiqu'il s'en distingue nettement par son insertion inférieure. Fixés en commun aux empreintes postérieures de la première phalange, ces trois faisceaux montent en divergeant sur la base des sésamoïdes et y prennent leur insertion supérieure.
Le ligament profond est constitué par deux jictites bandelettes cachées sous le Ugament moyen. Minces, courtes, aplaties d'avant en arrière et croisées en sautoir, ces bandelettes se fixent , d'une part , sur la base des grands sésamoïdes, d'autre part , sur l'extrémité supérieure de la première phalange, près du contour de sa surface articulaire. Ce ligament est tapissé à sa face antérieure par la synoviale de l'articulation (I).
c. Les ligaments sésamoïdiens latéraux sont représentés par deux minces lamelles, étendues de la face externe de chaque grand sésamoïde au tubercule d'insertion que la première phalange présente sur le côté de sou extrémité supérieure. Ils sont recouverts par les vaisseaux et les nerfs digités, par la bride fibreuse qui se détache du ligament suspenseur du boulet pour se porter sur le tendon de l'extenseur antérieur des phalanges, et par le faisceau superficiel du ligament métacarpophalangien latéral. A leur face interne, ils sont revêtus par la membrane synoviale.
B. Les ligaments destinés à réunir les deux surfaces articulaires de la jointure métacarpo-phalangienne sont au nombre de quatre : deux latéraux , un antérieur, un postérieur.
a. Chaque ligament latéral comprend deux faisceaux, l'un superficiel , l'autre
(1) Les deux bandelettes latérales décrites par Rigot comme faisant partie de ce ligament appiirliennent aux faisceaux latéraux du ligament moyen.
profond, solidement unis ensemble par leurs faces adjacentes. — Le faisceau superficiel (fig. 59, 1 ) commence sous le boulon du métacarpien latéral, en s'attachant sur le métacarpien médian, et descend verticalement pour se terminer à l'extrémité supérieure de la première phalange. Il recouvre l'insertion phalangienne du ligament sésaraoïdien latéral et le faisceau profond. — (^ekii-ci, attaché supérieurement dans l'excavation latérale de l'extrémité inférieure du métacarpien principal, se dirige en rayonnant sur le grand sésamoïde et l'extrémité supérieure de la première phalange, où il se fixe en confondant ses fibres avec celles du ligament pésamoïdien latéral. Ce faisceau est tapissé à sa face interne par la synoviale articulaire.
b. Le ligament antérieur appartient à la classe des ligaments capsulaires. C'est une expansion membraniforme très résistante qui enveloppe la face antérieure de l'articulation. Attachée par son bord supérieur sur le contour antérieur de la surface métacarpienne, et par son bord inférieur sur la première phalange, cette expansion se confond par côté avec les ligaments latéraux. Elle est recouverte par les tendons extenseurs des phalanges, qui glissent à sa surface au moyen de petites bourses séreuses. Sa face interne adhère dans toute son étendue à la capsule synoviale.
c. Le ligament postérieur (1), nommé très heureusement ligament suspenseur du boulet (fig. 58, 2), représente une longue et forte lanière formée de tissu fibreux blanc, et contenant souvent des faisceaux charnus dans son épaisseur. Cette lanière, comprise entre les deux métacarpiens latéraux, en arrière du métacarpien médian, se continue par son extrémité supérieure avec le ligament commun postérieur du carpe. Elle est bifide à son extrémité inférieure; et ses deux branches, après s'être fixées sur le sommet des os sésamoïdes, donnent naissance à deux brides fibreuses qui se dirigent en avant et en bas pour se réunir, chacune de leur côté, au tendon de l'extenseur antérieur des phalanges. Le ligament suspenseur du boulet est en rapport, par sa face postérieure, avec le tendon perforant et sa bride carpienne; par sa face antérieure, avec le métacarpien médian, des artères et des veines; par ses bords, avec les métacarpiens latéraux , les vaisseaux et les nerfs digités.
Synoviale. — Cette membrane se prolonge en cul-de-sac entre les branches terminales du ligament précédent. C'est la distension de ce cul-de-sac qui produit les molettes articulaires.
Mouvements. — L'articulation métacarpo-phalangienne permet X extension et la flexion du doigt, et quelques légers mouvements de latéralité quand le rayon osseux mobile est porté aux limites de la flexion.
DiFFÉRiiNCES. — Ruminants. — L'articulation métacarpo-phalangienne de ces animaux à deux doigts constitue une double charnière, qui ressemble assez au ginglyme simple des animaux monodactyles.
On compte trois ligaments inter-sésamoïdiens : deux latéraux, ayant pour destination d'unir l'un avec l'autre les grands sésamoïdes de chaque doigt; un médian, qui joint entre eux les sésamoïdes intei'nes. — V appareil ligamenteux sésamo'idien
(i) Il répond , chez l'homme, avec deux muscles qui le longent, par côté, aux muscles inter-osseux palmaires. (Voyez les muarles du pied.)
ARTICl'LATIONS DES MEMBRES ANTÉRIEURS. 151
inférieur est loin d'oiïrir le même développement que chez le cheval ; il se réduit pour chaque doigt à quatre petites bandelettes qui rappellent assez bien le ligament profond de ce dernier animal, tel qu'il a été décrit par Rigot : deux bandelettes latérales se portent directement des sésamoïdes à l'extrémité supérieure de la première phalange; les deux autres, situées entre les premières, s'entrecroisent en X et se confondent avec celles-ci par leurs extrémités. — Un ligament sésamoidien latéral unit la première phalange au sésamoïde externe.
Il existe pour chaque doigt deux ligaments métacarpo-phalangiens latéraux : un externe, analogue'à celui du cheval, mais moins compliqué, s'attache par son extrémité inférieure sur la première ])halange seulement; un autre interne, fixé supérieurement dans le fond de l'échancrure inter-articulaire du métacarpien, s'insère, d'autre part, sur la face interne de la première phalange, en confondant ses fibres avec celles du ligament inter-digité supérieur. — Ce dernier ligament, situé entre les deux premières phalanges, se trouve constitué par des fibres courtes et croisées en sautoir, attachées sur les empreintes qui couvrent en partie la face interne des deux premiers os phalangiens. Chez le Mouton, ce ligament interdigité n'existe qu'à l'état de vestiges, et chaque ligament métacarpo-phalangien interne donne naissance , près de son insertion phalangienne , à une bride fibreuse qui se dirige en arrière, sort de l'espace inter-digité et se termine à l'osselet de l'ergot, qu'il soutient. — Le ligament antérieur ou capsulaire , unique comme chez les solipèdes, réunit les deux ligaments latéraux externes. — Le ligament suspenseur du boulet, simple supérieureiîient , se divise inférieurement en huit rameaux : deux vont se réunir au tendon perforé, pour former avec lui le double anneau dans lequel passent les deux branches du perforant. Quatre autres rameaux, accolés deux à deux, se rendent au sommet des grands sésamoïdes. Celui qui est destiné à chaque sésamoïde externe envoie sur le côté de la première phalange une bride de renforcement pour le tendon extenseur propre du doigt. Les deux derniers, profonds et médians, descendent dans l'échancrure inter-articulaire du métacarpe après s'être réunis en un seul faisceau ; ils passent ensuite entre, les deux ligaments métacarpo-phalangiens internes, se séparent l'un de l'autre et se dirigent en bas et en avant sur le côté interne de la première phalange , pour se joindre au tendon extenseur propre de chaque doigt.
Porc et Carnassiers. — Chez ces animaux, les articulations métacarpo-phalangiennes ressemblent beaucoup à celle du pouce de l'homme. On trouve pour chacune d'elles : une synoviale propre; un ligament inter-sésamoïdien ; un ligament sésamoïdien inférieur composé de deux bandelettes croisées; deux petits ligaments sésamoïdiens latéraux ; deux ligaments métacarpo-phalangiens latéraux, attachés inférieurement sur la première phalange et les sésamoïdes; un ligament capsulaire antérieur, au centre duquel on rencontre un petit noyau osseux , sorte de sésamoïde antérieur sur lequel glisse l'une des branches du tendon extenseur commun des doigts. Le ligament suspenseur du boulet est remplacé par de véritables muscles inter-osseux palmaires (voyez les muscles du pied antérieur). Quelques fibres situées entre les premières phalanges des grands doigts , chez le porc, rappellent le ligament inter-digité supérieur du bœuf.
DES ARTIClir„\TIONS.
7° Articulation de la première phalange avec, la seconde, nu PREMit.nE articulation
INTER-PHALANGIENNE (fig. j8 et S9).
FiG. 58 C). C'est une charnière imparfaite.
Surfaces articulaires. — Sur l'extrémité inférieure de la première phalange, deux condyles latéraux séparés par une gorge. Sur la face supérieure de la deuxième phalange , deux cavités gléiioïdales et un relief anléro-postérieur.
Cette dernière surface est complétée en arrière par un fibrocartilage, dit glénoldien, très dense et très épais, faisant aussi l'oflice de ligament. En eiïet, il est attaché, d'une part, sur la seconde phalange, entre la surface articulaire supérieure et l'espèce de sésamoïde fixe qui la borde en arrière; et il s'insère, d'autre part, sur la première phalange au moyen de six brides fibreuses (fig. 59, /i, 5, 6) : deux supérieures qui embiassent les ligaments sésamoïdiens inférieurs moyen et superficiel , deux moyennes et deux inférieures qui gagnent les côtés de l'extrémité inférieure de la première phalange. Ce fibro-cartilage, moulé en avant sur la surface articulaire de ce dernier os, forme par sa face postérieure une surface de glissement pour le tendon perforant ( fig. 58, 81 II se confond par côté avec les deux branches du perforé, et reçoit dans le milieu de son bord supérieur l'insertion du ligament sésamo'ulien inférieur superficiel.
Moyens d'union. — Deux ligaments latéraux (fig. 59, 7 ), auxquels s'ajoutent, en arrière, le fibro-cartilage qui vient d'être décrit, et en avant, le tendon de l'extenseur antérieur des phalanges. Ces ligaments, larges et épais, obliques de haut en bas et d'avant en arrière, s'insèrent supérieurement sur les tubercules latéraux que la première phalange présente à son extrémité inférieure. Ils s'attachent en bas sur les côtés de la seconde phalange. Leurs fibres les plus inférieures se prolongent même au delà de cet os pour gagner les extrémités du petit sésamoïde, et constituer les ligaments latéraux postérieurs de l'articulation du pied.
Synoviale. — Cette membrane tapisse le tendon de l'exlenseur antérieur des phalanges, les ligaments latéraux et le fibrocartilage glénoïdien. Elle forme en arrière un cul-de-sac qui remonte entre celui-ci et la face postérieure de la première phalange.
(*) Fig. 58. — }'uc postérieure des arliciilntinns tiie'lntnrso-phnlangienne et inter-phnlaniiieiines. — \. Coupe de la liride taisipiine dcstiiice au lendou perlorunt. '2. Lig.iment siispciiscur du boulet. 5 5 Si-s deux hranrlies leiniiiuiles. 4. Sur lace de gli.sseimiil jioiir les tenilnus ile'chisseuis foiniée par la farc posléricuce des grands sesanjoides cl le liKanieiit i.itei-sesamoïdicn. 5. Ligiinient sésamoïdien infeiieur superficiel. 6,G. Faisceaux latéiaux du ligament sesamonlien iuferieur moyen. 7,7. Brides supérieures du fibro-carlilage glenoïdieu de la pieniière articulation iiiler-phalangieune. 8. Suriace de glissement pour le perf.>i aiit formée par le lihro- carlilage de la deuxième phalange. !t,9. L'insertion au petit sésamoide du li;^ament latéral postérieur de l'arliciilalion du pied. — A, A, Coupe des branihc'S terminales dujtendon pei Tore. — B. Faie postérieure du petit sésamuide.
Fifi. 59 (*).