‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 29 sur 128 · DES MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

DES MOUVEMENTS

Le thorax peut augmenter on diminuer de diamètre dans le sens antéro-postérieur et dans le sens transversal : d'où la dilatation et le resserrement de cette cavité; d'où les mouvements d'inspiration, qui s'accompagnent de l'entrée de l'air extérieur dans le poumon, et les mouvements d'expiration, c\w\ chassent l'air contenu dans cet organe.

Les variations du diamètre antéro-postérieur de la poitrine étant le fait des changements de forme du muscle diaphragme, nous n'avons point à nous en occuper ici. Mais les variations du diamètre tiansversal étant le résultat du jeu des arcs costaux sur le rachis et le sternum, il importe d'étudier le mécanisme qui préside à l'exécution de leurs mouvements.

Rappelons d'abord que les arcs costaux sont inclinés en arrière sur le plan médian ; l'espace qu'ils circonscrivent dans leur concavité est donc loin d'être aussi étendu que s'ils étaient perpendiculaires à ce plan. Rappelons encore qu'ils sont mobiles sur le rachis, grâce à la double arthrodie qui unit à celui-ci leur extrémité supérieure. Rappelons enfin que leur extrémité inférieure prend un point d'appui également mobile, soit direct, soit indirect, sur l'os sternum. — Si donc les côtes sont tirées en avant par leur partie moyenne, elles pivoteront sur leurs extrémités et tendront à se rapprocher de la direction perpendiculaire, qui se trouve être la condition la plus favorable à la plus grande étendue de l'espace qu'elles peuvent délimiter. Il y aura donc agrandissement du diamètre latéral du thorax, c'est-à-dire dilatation de cette cavité. — Le mouvement inverse amènera, par un mécanisme opposé, le resserrement de la poitrine.

On dit que les côtes s'élèvent pendant le mouvement en avant ; elles s'a/j/iissent pendant le mouvement en arrière. Ces expressions, parfaitement applicables à l'homme, qui se lient en station verticale, sont assez impropres dans le langage de l'anatomie vétérinaire.

Akt. IV. — Articulatioms des membres antérieurs.

1" Articulation scapulo-humérale.

Pour constituer cette articulation, qui appartient au genre énarthiose, le scapulum s'unit à l'humérus en formant avec lui un angle obtus ouvert en arrière.

Surfaces articulaires. — Du côté du scapulum , la cavité glénoïde, fosse ovale peu profonde, allongée dans le sens antéro-postérieur, échancrée en dedans, creusée, à son centre ou piès de l'échancrure interne, d'une petite fossette synoviale. Vnc bride ligamenteuse, attachée sur le sourcil de la cavité, bouche cette échancrurc et représente le vestige du bourrelet glénoïdien de l'homme. — Uu côté de l'Iuimérus , la lète articulaire, enchâssée entre le trochiter et le trochin , souvent creusée d'une fossette synoviale peu profonde.

Moyen d'union. — Un seul ligament capsulaire (fig. 55, 1), sorte de manchon

à (Iciiv oiiverlurcs : l'une inférieure, qui embrasse la tûle de riuim('M'us; l'aulio supérieure, qui s'insère au-dessus du sourcil de la cavité glénoïde. Cette capsule présente en avant deux faisceaux de renforcement, qui descendent en divergeant de l'apophyse coracoïde sur le irocliilcr et le trocliin. L'expansion' aponévrolique qui la constitue, très mince et assez lâche pour permettre entre les surfaces articulaires un écartement de 1 à 2 centimètres, est loin d'être suffisante pour lixer convenablement l'un à l'autre les deux rayons osseux qui forment l'articulation, Aussi celle-ci est-elle consolidée par les puissances musculaires qui l'entourent, et parmi lesquelles nous citerons particulièrement : 1" en avant, le coraco-radial , séparé de la capsule fibreuse par un coussinet adipeux; 2'' en arrière, le gros extenseur de l'avant-bras, et le muscle scapulo-huméral grêle qui semble chargé de soulever cette capsule pendant les mouvements de flexion , pour empêcher qu'elle ne soit pincée entre les surfaces articulaires; 3'^ en dehors, le court abducteur du bras et le tendon du sous-épineux; k^en dedans, le large et fort tendon du muscle sousscapulaire. Ajoutons à ce puissant appareil d'assujettissement la pression atmosphérique, dont l'action ne laisse pas que d'avoir une certaine importance. On prouve, en effet, qu'elle suffit pour empêcher le relâchement de la capsule fibreuse après la destruction des muscles environnants ; il est alors nécessaire, pour obtenir fécartement des surfaces articulaires, d'ouvrir cette capsule et de faire pénétrer l'air dans l'intérieur de l'articulation.

Synoviale. — Elle est très lâche et entièrement renfermée dans la capsule périphérique, dont elle tapisse la face interne.

Mouvements. — L'articulation scapulo-humérale permet, comme toutes leslênarthroses, Vextension, la flexion , Vabduction, Vaddiwtion , la circumduction et la rotation. On remarquera que ces divers mouvements sont loin d'être aussi étendus que chez l'homme, parce que le bras, chez nos animaux domestiques, n'est point détaché du tronc, et se trouve, au contraire, fixé avec l'épaule contre les parois latérales du thorax. — L'opposition dans le sens do la flexion et de Vextension est, du reste, le mouvement le moins borné et le plus souvent répété. Son exécution entraîne toujours un déplacement des deux rayons osseux, lesquels sont à peu près également mobiles. Et en effet, dans la flexion, l'angle scapulo-huméral se ferme, non pas seulement parce que l'extrémité inférieure de l'humérus est ramenée en arrière et en haut, mais surtout encore parce que le scapulum pivote sur ses attaches supérieures, de manière à porter en avant et en haut son angle glénoïdien. Vexten-. sion se produit par un mécanisme inverse. — Pendant l'exécution des autres mouvements, le scapulum reste fixe; l'humérus seul se déplace, entraînant avec lui les rayons inférieurs du membre. S'il est tiré en dehors, il y a abduction; s'il est ramené en dedans, il y a adduction ; si le membre passe successivement de la flexion à l'adduction , de celle-ci à l'extension, etc., en décrivant un cercle par son extrémité inférieure, il y a circumduction ; s'il pivote de gauche à droite ou de droite à gauche, il y a rot/ition.

Différencias. — Chez le Porc, le Chien et le chat, la membrane synoviale n'est pas exactement renfermée dans la capsule fibreuse, i lie forme, en avant, un cul-dcsac <|ui descend dnns In coulisse bicipitale pour favoriser le glissement du coracoradial.

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