‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 52 sur 128 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

COINSIDÉ[\AÏIONS GÉNÉRALES SUR l'aPPAREIL DE LA DIGESTION.

Nous venons de considérer l'animal comme une machine composée de divers leviers el suscepUble de divers mouvemenls. Or, on conçoit sans peine que le jeu de cette machine détermine dans les organes dont elle est formée l'usure ou la décomposition de leurs molécules constituantes. Ces ressorts ou ces rouages animés exigent donc, pour leur entretien, l'apport incessant de nouveaux matériaux destinés h réparer leurs pertes continuelles. De là la nécessité, pour les animaux, de prendre des aliments, desquels ils extrayent les principes réparateurs qui, répartis ensuite dans tous les organes, sont assimilés à la substance propre de ces ortjancs.

L'appareil dans lequel s'opère ce travail de préparation et d'absorption de la matière organisable est Vappareil digestif, l'un des plus importants parmi ceux que nous verrons successivement venir compliquer et perfectionner la machine animale.

Cet appareil ne constitue pas, à proprement parler, un caractère essentiellemen distinctif de l'animalité, puisqu'il y a des animaux sans cavité digestive ; mais c'est à coup sûr l'un de ses attributs les plus saillants, car les exceptions dont nous parlons sont fort peu nombreuses. Considéré chez les vertébrés, il représente un long tube, le plus souvent replié maintes fuis sur lui-même, rende de distance en distance, et pourvu sur son trajet de plusieurs organes appendiculaires qui sont, pour la plupart, de nature glanduleuse. Ce tube parcourt le corps de l'animal dans toute sa longueur, et s'ouvre à l'extérieur par deux orifices, l'un servant à l'inlroduction des aliments, l'autre à l'expulsion du résidu de la digestion; c'est aux deux extrémités du canal alimentaire que ces ouvertures se trouvent pratiquées.

La conformation de cet appareil n'est pas identiquement la même chez tous les individus de l'embranchement des vertébrés ; elle présente au contraire des variétés fort nombreuses, en rapport avec les habitudes et le genre de vie de ces individus. Aussi son étude est-elle doublement intéressante : au point de vue do la zoologie pure, et à celui de l'hygiène vétérinaire, qui lire de cette étude de précieuses indications pour le régime des animaux domesti(|ues.

Mais cette diversité de caractères ne suffit pas pour établir des limites bien tranchées entre les conformations qu'elle distingue. Il n'y a effectivement qu'une forme type pour l'appareil digestif, et c'est le même principe qui a présidé à sa création dans la série tout entière. Ainsi, quel que soit le vertébré que l'on considère, son tube alimentaire sera composé d'une suite de cavités renflées ou tubuli-

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formes, qui se succèdent d'avant en arrière dans l'ordre suivant : la houclit', \uri'icre-bouche, l'œsophage, Vestomac et Xintestin.

Ce système de cavités se divise pliysiologiquement en deuxseciions principales : la picuiière comprend la bouche, l'arrière-bouche et l'œsophage, c'est-à-dire les compartiments dans lesquels s'opèrent les actes digestifs diLs préparateurs, parce f\vi'\\'i prépurent, en effet, les aliments à subir les modifications qui constituent les phénomènes essentiels de la digestion; la seconde section est formée parl'esiomac et l'inlesiin, où s'accomplissent ces derniers phénomènes.

Chacune de ces deux sections est pourvue sur son trajet d'organes annexes qui sont chez la plupart des vertébrés : les glandes salivaires, pour les cavités de la première catégorie ; le foie, le pancréas et la rate, pour celles de la seconde.

En considérant la position générale de ces diverses parties, principalement dans les mammifères et les oiseaux, on trouve que la première seciion du tube digestif et ses organes appcndiculaires sont logés sous la mâchoire supérieure et la base du crâne, et sous la portion cervico-thoracique de la colonne vertébrale. La seconde seciion occupe, avec ses annexes, la grande cavité abdominale.

Chez l'homme, ces deux sections sont distinguées en sus-diaphragmatique et sous-diap/tragmatiqiœ, a cause de leur situation par rapport au di;ipliragme.

On pourrait encore appeler, en raison de leurs usages, les parties constituantes de la première catégorie, organes préparateurs de V appareil digestif, et les autres, ou celles de la portion abdominale, organes essentiels.

Si l'on jette un coup d'œii d'ensemble sur la structure du canal alimentaire, on reconnaît dans les parois de ce conduit trois membranes principales, des vaisseaux et des nerfs.

La membrane la plus interne a reçu le nom de membrane muqueuse, à cause du mucus qui recouvre constamment sa surface libre. Cette membrane présente la même texture que la peau, et se continue avec celle-ci vers les ouvertures extérieures du tube digestif; aussi l'a-t-on appelée peau intérieure ou peau rentrée. Comme le tégument externe, elle comprend une partie profonde ou le derme, et une pellicule superficielle généralement fort mince et tout à fait inerte, qui constitue Vépiderme ou Vépithélium. Sa surface libre est hérissée de petits prolongements très variés dans leur forme et leur volume, et désignés sous le nom de vil/osités on papilles; elle est criblée d'une multitude d'orifices, souvent microscopiques, qui pénètrent dans les /b///c^;/es, petits organes creux, simples ou ramifiés, placés dans l'épaisseur même du derme ou immédiatement au-dessous de lui. Quant à la surface extérieure, elle est doublée par une lame de tissu cellulaire condensé, décrite par beaucoup d'auteurs sous le nom de membrane fibreuse, et chargée d'unir la muqueuse à la membrane moyenne.

Celle-ci est de nature musculeuse. C'est elle qui, par sa contraction, force les aliments à cheminer de l'ouverture antérieure à l'ouverture postéiieiire du tube digestif, A l'origine de l'appareil, cette membrane est foimée par des muscles rouges et volontaires, c'est-à-dire des muscles de la vie animale. Dans l'œsophage, les fibres qui la composent sont encore rouges ; mais leur contraction est involontaire. Quant aux fibres contractiles répandues autour de la muqueuse stomacale et intestinale, elles ressemblent à celles de l'œsophage par lems propriétés, c'est-à-

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(lire qu'elles entrent enjeu sans que la volonté ait besoin d'intervenir; mais elles en (liiïcreiit essentiellement par leurs caractères physiques et anatomiques. Ces libres soni, en effet, roses ou blancbàlres, beaucoup moins Vdlumineiises que les libres rouges, non slriées, i)ourvuessur leur trajet de noyaux très a!lon2;és, et enliu plus difficilement décoiiiposaI)Ies en fibrilles primitives. Ce sont ces fibres qui lonsliiiient principalement les musclesde la \ie organique ou les muscles viscéiaux. >ers l'ouverture postérieure du tube digestif, les fibres rouges reparaissent a^ec li'uv caractère de conlractilité volontaire, sous forme d'un large muscle annulaire.

La troisième membrane ou la plus externe n'est pas répandue sur toute l'étendac du tube digestif; elle existe seulement dans la portion postérieuie. C'est une lame séreuse fort mince qui tapisse d'abord la cavité abdominale, et se replie ensuite autour des organes contenus dans cette cavité, pour les envelopper d'une manière plus ou moins complète. Elle a donc une face adhérente, appliquée, soit contre les parois de l'abdomen, soit sur la surface externe des organes abdominaux, et une face libre, toujours en contact avec elle-même. Celle-ci, recouverte d'un épitliélium, est parfaitement lisse cl lubrifiée par de la sérosité limpide pour favoriser le glissement des parties que la séreuse tapisse.

Les oiganes glandulaires annexés au canal digestif proprement dit ne sont autre chose que des dépendances de la membrane muqueuse, comme on le prouve en histologie. On doit les considérer comme des follicules considérablement développés, et chargés, ainsi que les follicules simples, de sécréter les lluides c|ui participent, dans des limites plus ou moins étendues, à l'accomplissement de la fonction digestivc.

Quant à l'organe glandiforme désigné sons le nom de rate, sa structure toute spéciale ne permet pas de le comprendre dans les vues générales que no';s exposons ici (4).

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