‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 54 sur 128 · DE L OESOPHAGE · texte numérisé non relu

DE L OESOPHAGE

table dans la plus grande partie de son étendue, chargé de conduire les aliments de l'arrière-bouclie dans reslomac, et d'achever ainsi le mouvement de déglutition.

Ce canal part du pharynx et communique avec lui au moyen de l'ouverture postérieure située au-dessus de la glotte. Il descend ensuite derrière la trachée jusqu'au milieu du cou, et commence alors à se dévier pour se placer au côté gauche du conduit aérien. Il pénètre ainsi dans la cavité thoracique, en passant au côté interne de la première côte gauche, se replace bientôt au-dessus de la trachée, franchit la base du cœur, et gagne l'ouverture du pilier droit du diaphragme, en passant entre les deux lames du médiastin postérieur. On le voit alors traverser cette ouverture, pénétrer dans la cavité abdominale, et s'insérer presque immédiatement sur la petite courbure de l'estomac, par un orifice appelé cardia, qui sera étudié en même temps ({ue ce dernier viscère.

Voici les nombreuses connexions qu'affecte l'œsophage dans son long trajet :

A son origine, il est compris entre la poche gutturale et les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs.

Dans la région cervicale, il est enveloppé d'une couche épaisse de tissu cellulaire, qui l'unit d'une manière lâche aux organes environnants. Les rapports que l'œsophage entretient avec ces organes varient suivant qu'on le considère en haut ou en bas. En haut, il occupe dans le plan médian l'espace compris entre la trachée et le long du cou, et est longé de chaque côté par l'artère carotide primitive, accompagnée de ses nerfs satellites, c'est-à-dire le cordon commun au grand sympathique et au pneumogastrique, et le laryngé inférieur. En bas, le canal œsophagien se trouve en rapport avec la trachée, du côté interne, et, du côté externe, •avec le muscle scalène inférieur, les vaisseaux et les nerfs de la gouttière cervicale gauche, y compris la veine jugulaire (Ij.

A son entrée dans la cavité thoracique, l'œsophage, encore dévié à gauche et appliqué sur le côté de la trachée, répond en dehors au ganglion cervical inférieur, aux branches nerveuses afférentes et émergentes de ce ganglion, aux artères et aux veines vertébrales, cervicales supérieures et dorso-musculaires, vaisseaux qui croisent obliquement sa direction. Plus loin il se replace entre la trachée et le long du cou, passe au-dessus de la bronche gauche, à droite de l'aorte thoracique. Puis, arrivé entre les lames du médiastin postérieur, il se met en rapport, par leur intermédiaire, avec la face interne des poumons, qui sont creusés l'un et l'autre d'une gouttière pour le recevoir, accompagné alors par l'artère œsophagienne et les cordons œsophagiens du nerf pneumogastrique.

La très courte portion logée dans la cavité abdominale répond, à droite, à une échancrure du bord supérieur du foie, et se trouve enveloppée par le péritoine.

ÉtucUé à l'intérieur, le canal dont on vient de faire connaître successivement le trajet et les rapports ne présente rien d'intéressant. On remarquera seulement que ses parois sont toujours affaissées et en contact avec elles-mêmes, hormis le tempsdu passage des aliments.

(t) il u'est pas absolument rare de voir l'œsophage dévi(^ à droite, en bas du cou. On conçoit alors que les rapports s'intervertissent. Jamais nous n'avons vu ce conduit entrer dans la poitrine en restant dans le plan médian du corps.

352 DE l'appareil DIGESTd' CUEZ LES MAMMIFÈRES.

Structure. — Il entre dans la coiislitiitioii do rœsoj)hage deux tunicjiies : une muqueuse et une couche charnue.

La membrane muqueuse, continue avec celles du pharynx et de l'estomac, est blanchâtre, recouverte d'un épidémie épais et résistant, et présente de nombreux plis longitudinaux qui permettent la dilatation du canal. Elle n'adhère que faiblement à la tunique charnue, sur laquelle elle peut glisser avec la plus grande facilité.

La membrane charnue commence à la partie postérieure du pharynx par les muscles aryténo-pharyngiens et par deux petites bandelettes superficielles qui se détachent do la partie postérieure des crico-pharyngiens. Cette membrane est formée de fdjros longitudinales superficielles, souvent rassemblées en cordons, et de fibres spiroïdcs ou circulaires plus profondes, qui s'entrecroisent vers l'extrémité terminale du canal d'une manière à peu près inextricable. Celte couche charnue, dans la portion cervicale de l'œsophage et une grande partie de la portion thoracique, présente la couleur rouge des muscles de la vie animale ; elle devient blanchâtre comme les fibres de la vie organique, après que l'œsophage s'est engagé dans le médiastin, et acquiert alors une épaisseur considérable et une rigidité très prononcée. Il est à remarquer que cette disposition de la membrane charnue est surtout évidente vers l'insertion du conduit dans l'estomac, et que le tube musculeux formé à ce point par celte membrane est si étroit, qu'il est rempli, h peu près exactement, par les plis de la membrane muqueuse renfermée dans ce tube. Aussi peut-on insuffler un estomac par le pylore sans appliquer de ligature sur l'œsophage ; la lumière de ce canal étant si bien bouchée qu'il ne laisse échapper aucune bulle d'air. Nous reviendrons, en décrivant l'intérieur de l'estomac, sur les conséquences de ce fait anatomique intéressant.

Le sang est apporté à l'œsophage par des divisions émanées de la carotide primitive ainsi que des artères bronchiques et œsophagiennes. Les nerfs viennent presque exclusivement du pneumogastrique, par l'intermédiaire du rameau laryngé inférieur et dos cordons œsophagiens.

Fonctions. —Ce canal opère le transport dos aliments de l'arrière-bouche dans l'estomac ; il n'a point d'autre usage.

DiFFÉKLNCES. — (]hoz tous los auimaux domestiques autres que les Solipèdes, la couche charnue de l'œsophage est rouge dans toute son étendue, et offre partout le même degré d'épaisseur et la même flaccidité. Au"^si la lumière du conduit est-elle aussi largement ouverte vers l'extrémité stomacale que vers l'extrémité pharyngienne.

La dilatabilité de ce conduit est d'ailleurs fort remarquable chez ces mêmes animaux : dos chiens avalent des morcear-x de viande énormes; dos vaches et des bœufs ont pu introduire dans leur œsophage de très grosses raves, ou des corps étrangers volumineux, comme des souliers.

Art. II. — Organes essentiels de la digestion.

Ces organes étant tous renfermés dans la cavité abdominale, nous étudierons d'abord ce réceptacle commun, pour voir ensuite successivement l'e^Yo/zu/c, Vintestin, et les organes annexes.^ c'est-à-dire le foie, le pancréas et la rate.

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